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  • 03/31/13--07:27: Morse attaque par PoinG
  • Devant ma fenêtre il y a la vie. La vie des autres, ceux que je ne rencontrerais jamais. Pourtant au milieu, en plein milieu posé contre la vitre, il y a ce carré noir. Il s’allumera aux environs de19h. Je note l’heure dans mon carnet, noir lui aussi, comme cette fenêtre qui s’allume sur la ligne en plein milieu de cette barre, des immeubles réglés comme partition en béton. Et chaque soir la fenêtre s’éteindra à horaires variables et je sais que c’est idiot mais souvent je ressens un pincement au cœur en me demandant si demain elle se rallumera encore. De ma fenêtre on ne voit rien de ce qui se passe à l’intérieur de l’autre, c’est trop loin. Qui pèse sur l’interrupteur m’importe peu, ni si c’est un homme, une femme, un enfant, s’il s’agit d’une suspension dans une cuisine, un salon, une salle à manger, le plafonnier d’une chambre. Je suis sûre qu’il ne s’agit pas d’une salle d’eau dans laquelle on allume, on éteint en fonction de la durée des ablutions. Alors que là, l’éclairage s’inscrit sur une plage longue, sans nécessaire efficacité. Que ça serve ou pas, ça dit : Ici il y a quelqu’un qui respire. C’est comme une étoile à moi, elle se substitut à ce ciel éteint dont les lumières de la ville occultent toute perspective. En ville, la nuit est en paradoxe, n’est que par ses lumières artificielles. Je suis habituée à ne plus côtoyer la nuit totale au point que quand je me retrouve à la campagne, j’ai l’impression d’étouffer sous le poids du noir, ce sombre presque poudreux qui bave comme le toner d’une imprimante. Il colle mes yeux et il me faut faire un effort pour forcer le regard à voir, comme si mes yeux manquaient d’air. Chaque lumignon d’étoile est comme une bulle qui m’aide à respirer l’univers. Dans ce ciel noir de geais, quand l’air est pur et dégagé, je cherche une étoile particulière, un peu comme cette fenêtre, elle n’est pas toujours allumée ou plus exactement, je n’arrive pas toujours à la repérer. J’en ai fait un signe du destin : si je la vois, c’est que ça baigne, en revanche, si elle n’apparaît, c’est que quelque chose ne va pas. Alors, je commence à fouiller le quotidien, qu’est-ce qui ne tourne pas rond ou risque de ne pas aller droit ? Je finis toujours par trouver quelque chose, un truc qui donnera crédit à mon signe quand l’univers se met en tête de m’adresser la parole. Et ça va mieux. Par exemple, je comprends pourquoi j’ai décidé de prendre le train ce matin pour aller m’enfermer dans cette campagne qu’au fond je déteste, où je m’ennuie et me force à sortir, à parcourir ces kms à pieds sur ces sentiers balisés avec une carte topographique qui me tient la main. Avec un peu de chance je tomberais sur une petite auberge où j’oserais m’installer seule à une table, entre la porte des toilettes et le battant qui ouvre sur la cuisine, juste là où les humeurs se combinent pour couper l’appétit. Mais peut-être renoncerais-je à pousser la porte du restaurant, visant une alimentation encore ouverte à cette heure ou une boulangerie et je me concocterais un repas sur le pouce en pensant à ce que je m’achèterais avec l’argent du repas économisé, une écharpe, une paire de boucles d’oreilles ou même, tiens, un roman. Cela fait si longtemps. D’habitude je lis les « nouveautés » quand la bibliothèque les choisit. Rien que d’y penser, le crouton de pain, qui ferait office de déjeuner, aurait le goût des mots fraichement encrés, mélangé à une saveur de papier tout juste tranché. Puis je rentrerais le soir harassée, le corps vidé jusqu’aux velléités. J’arriverais trop tard pour voir la lumière de la fenêtre d’en face s’allumer ou s’éteindre. Mais je regarderais à tout hasard, comme le réflexe de chercher mon étoile particulière et je noterais sur le carnet noir, la date, l’heure et le statut de la fenêtre à ce moment là. À moins que la fenêtre ne soit éteinte quand j’allumerais la mienne, à moins qu’elle ne se mette à clignoter, à moins que je ne m’amuse à répondre en actionnant l’interrupteur à la même cadence, à moins que je ne connaisse l’alphabet morse, à moins que je ne note rapidement les signaux sur mon carnet pour réunir les lettres en mots, à moins que je ne réponde aux signes par trois allumages longs suivis d’un autre long, puis un court, puis encore d’un long.

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    Vous me manquez … Effrontément je mets votre chemise au-dessus de la pile, Sans dessous dessus je tergiverse et change d’avis Pour vous traiter au gré de mon humeur Et vous froisser quand bon me semble, Puisque c’est là la seule liberté que vous m’autorisez. Votre habit cher Monsieur, cher Ami, c’est selon, En privé s’épanche, s'étire, quand en public esquisse et bouloche En temps et en heure me prends des présents, Alors que j’avais cédé des passés Et que mon intendance n’avait cure du futur. Il me plait de vous fuir par ma présence toujours acquise Allégeant de votre bienséance l’agrément de ma faiblesse. Salutations divaguées.

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    Nous nous sommes rencontrés simplement. Pas sur pcc, ni sur Meetic. Tout simplement au marché. J'y étais allé pour acheter un bouquet de petrushka, elle avait l'air un peu perdue et de s'ennuyer ferme entre le pépiniériste et le poissonnier. C'est je crois son teint très pale et son apparente timidité qui m'ont poussé à l'aborder. Ce fut une affaire rondement mené je dois le dire : nous sommes repartis ensemble. Assez curieusement elle parlait peu pour une femme, acquiescer du menton ou tourner les talons semblait lui suffire. Quand elle tournait les talons je la suivais des yeux tant sa démarche chaloupée ravissait mes sens. Mais elle écoutait tellement bien la musique. Particulièrement Chostakovitch et sa symphonie N° 7 qu'elle écoutait les yeux fermés, ou alors « Le chant des forêts » qu'elle tentait d'accompagner de la voix. Jamais longtemps car elle chantait horriblement faux et elle en était bien consciente. Les premiers jours furent un vrai bonheur, l'eau lui manquait, je lui fit construire une piscine, toujours souriante et de bonne humeur mais cela ne dura pas. La faute au voisin qui se mit a lui rendre visite sans d'ailleurs se préoccuper de ma présence ou non. J'imagine ce qui devait se passer en mon absence. Je ne me suis jamais senti propriétaire de mes amours mais dans ce cas de figure je tiquais quand même un peu. Jusqu'au jour alors qu'elle se baignait avec son margoulin je les vis sortir précipitamment pour aller batifoler hors de ma vue dans le jardin. Quelques instants plus tard un cri dépourvu de toute ambiguïté me laissa fort déconfit. Sans doute prit elle conscience de ma déconvenue, depuis cet épisode elle refuse de sortir de sa chambre, c'est à peine si je la vois pour manger une fois par semaine. Je l'imagine dépressive, mais au fond qu'en est il ?

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    ______________________________________ Quand Dieu M'a Fait " A-t-il pensé l'ensemble de mon pays Ou la couleur de ma peau ? A-t-il pensé ma religion Et le chemin que j'adorerai ? M'a-il juste créé à son image Ou comme chaque chose vivante ? Quand Dieu m'a fait (Bis) A-t-il seulement projeté pour les croyants Ou pour ceux qui ont juste confiance ? A-t-il envisagé toutes les guerres Qui s'accomplissent en son nom ? Pensait-il qu'il n'existerait qu'un seul chemin Enclos pour lui ? Quand Dieu m'a fait (4x) Nous a-t-il doté du don d'aimer Dire qui nous pouvons choisir ? Quand Dieu m'a fait (4x) M'a-t-il doté du don de la voix Tellement que cela me réduit au silence ? M'a-t-il doté du don de vision Sans savoir ce que j'aurai la force de voir ? M'a-t-il doté du don de la composition Pour aimer mes semblables ? Quand Dieu m'a fait (4x) " _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ___________ Neil Young __________________ Well Neil I go on... Quand Dieu m'a fait M'a-t-il doté de raison pour comprendre Le monde et choisir ? M'a-t-il doté du pouvoir de lire Tous les livres ou un seul ? M'a-t-il doté de la vie Pour l'aimer ou la nier ? Quand Dieu m'a fait (Bis) M'a-t-il sexué Pour Ève ou pour Marie ? M'a-t-il doté d'un corps Qui ignore désirs et pulsions ? M'a-t-il doté du don de donner la vie Sans en jouir ? Quand Dieu m'a fait (3x) N'a-t-il pas pensé la terre féconde Pour que nous gouttions tous ses fruits ? N'a-t-il pas conçu l'homme 'immortel' Dans un paradis d'interdits ? N'a-t-il pas inventé tout ceci En enveloppant le rôle dont l'homme l'a honoré Dans le plus monumental scénario de fiction politique ... Jamais produit...( ! ). . . Quand Dieu m'a fait (...) Aura-t-il l'Oscar cette année...? ( r é é d i t i o n ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . http://www.youtube.com/watch?v=u5QjKLcod9Y . . . . . . . . . . M .

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    Pas pu résister à l'envie de partager ce papier de Jacky Durand, paru en ligne sur le Libé de ce jour. _______________ Agneau pascal par colis postal M. Prost attache son vélo avec une grosse chaîne sur la place de l’hôtel de ville qu’il traverse tête baissée en retirant ses gants, avant de découvrir la vitrine entièrement recouverte de blanc d’Espagne. Sur la porte, il y a une affichette découpée dans un carton pour gâteaux où une main appliquée a écrit au feutre : «Après quarante ans de bonheur à vous servir, nous sommes désormais en retraite et nous sommes désolés qu’aucun successeur ne poursuive notre activité.» M. Prost contemple l’affichette les bras ballants, il est comme sonné. Allez acheter son œuf de Pâques ailleurs, il ne l’imagine même pas une seconde tant son rite reposait sur sa fidélité à la maison Gâchot. Désemparé, il s’en va s’attabler au café de la Mairie. Commande un ballon de sauvignon. Puis un autre. Le vin lui plante des crocs dans le ventre. Il se laisse tenter par un plat du jour : une tranche de gigot d’agneau avec une copieuse assiette de flageolets égayée d’une tombée de persil plat. Et c’est là qu’un peu grisé par le vin, l’idée lui vient : expédier un gigot au fiston, on va voir ce que l’on va voir. A la boucherie des Arcades, M. Prost choisit le plus beau des spécimens et remonte sur son vélo avec un sourire canaille en imaginant la tête de la bru découvrant le beau morceau de barbaque au milieu du colis. C’est qu’il a son idée, M. Prost. D’abord, il va rentrer avec son gigot de Pâques sur le porte-bagages. Il va lui raccourcir l’os pour le loger dans une jolie caisse qu’il fabrique avec des planches de peuplier. Puis, pour qu’il emporte l’air du pays, il masse le gigot avec une giclée de vieux marc et s’en va emprunter au gros Gérard un peu de son foin qui sent encore le serpolet et les autres fleurs de l’été et dont il garnit copieusement la caisse. Il ajoute quelques têtes d’ail d’Arleux, un peu de thym et de romarin séchés de son jardin et y dépose délicatement le gigot. Et s’en retourne fissa à la poste affranchir son butin au prix fort afin qu’il arrive à temps dans l’assiette. Au soir du dimanche de Pâques, M. Prost s’en revient de la pêche, où il a taquiné la fario quand il trouve ce message téléphonique qui, pour une fois, lui arrache un petit sourire : «Jamais une poignée de foin ne m’a fait aussi plaisir.» http://www.liberation.fr/vous/2013/03/28/agneau-pascal-par-colis-postal_892069

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    Vous lire… je ne colle pas les mots comme vous le fête : Poser sur l'étagère avec soin, dessiner les contours, remplir les vides, laisser chanter les blancs, pianoter le verbe, estimer les hauteurs … astucieuxjoyeuxheureuxpoignantdansantlibretricotésmouvementésgrimpés … (là pour les bigleux les astigmates les rhumes des foin les Naaxia ça louche fort et ça lard-moi j'connais) J'astuce comme j'peut ces liens tissés par écrans interposés et même si parfois je me maille à l'envers... je m'ayonnaise - ça me fait rire, alors rillons alors :-) Et donc, un dimanche de festoyage entre potes et … un thème : chapeau rose Ah là je me marre en pensant à PCC …. j'image Calamity Jane "Ma Pétroleuse" fait Yeh Yeh yeh yeh Bises ;°) PS volontairement aucun extrait du film "les pétroleuses" je suis dénuée - mais pas dénudée juste parfumée - d'esprit de compétition et de bagarre en tout genre, it's just for fun PS2 Dégainez la zique on lâche tout http://www.youtube.com/watch?v=2Z4T81ZvpXE https://www.youtube.com/watch?v=KtOP-yedChQ http://www.youtube.com/watch?v=fmaSCvN5YDE

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  • 04/01/13--10:51: N u a g e s par Persone_sz
  • ________________________________________ N u a g e s Le coeur perd lentement mémoire du soleil Sous le ciel bas et lourd l’âme s’angoisse Pourtant la lumière des pluies lave La blessure où le sang noircit Les nuages passent et éclatent les saisons Changeant le destin D’un ciel vide et clair Avec matin orphelin de soleil Pourtant le parfum des roses monte du jardin Même si le ciel a perdu son éclat de faïence bleue Seuls les cris des corbeaux noirs s’agrippent à la voûte céleste Au loin le large étang s’envase Le bois à côté a l’air d’un vieux dessin à l’encre Le vent raconte en silence l’ultime lumière du jour baissant A l’heure immobile S’échange dans l’obscur un son qui s’élève de la terre jusqu’aux cieux La pluie abrège ses infinies traînées Et s’élève un arc-en-ciel irisé “ J’aime les nuages... Les nuages qui passent là-bas là-bas... Les merveilleux nuages... “ * ( r é é d i t i o n ) * Ext. " L'étranger " Baudelaire M .

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    Pourquoi ? Parce que Sébastien est là, pardi ! Allez un petit effort... Ecoutez le son, juste un peu... Puis revenez-y... Au début vous allez trouver ça très kitch puis au fur et à mesure (oui parce qu’il faut persévérer)... Votre corps va bouger (ou pas... c'est pas obligé), c’est lui qui décidera si vous aimez ou pas. C’est lui qui mènera la danse. Les paroles ? Heu... On s’en fout un peu, mais elles sont pas mal en fait en réfléchissant... Non ne réfléchissez pas ! Pardon... C'est pas là que ça se passe... «coiffeur pour lui.... Coiffeur pour elle... Mais c’est quoi cette histoire de coiffeur ? C'est n'importe quoi ! Oui, mais c'est beau !» ou «Dis moi ce que tu penses... de ma vie, de mon adolescence. Dis moi ce que tu penses... Moi j’aime aussi... l’amour et la violence ! Dis moi ce que tu penses...» Et ça recommence... en boucles... ou «Prosterne-toi... Danse... Rêve ! !» Je n’ai choisi presque que des extraits tirés des «chansons du 5ème étage» car c’est du live et ça me rappelle le concert de vendredi dernier. Sinon en vrac : - Première partie de la tournée de Air en 2001, - Notre représentant à l’eurovision en 2008 (j’ai loupé ça, il a perdu, bien sûr), - Adore manger des pépitos devant la télé, - Se prend pour un gourou à ses heures bleues (c’est pas sérieux !), - «Fantino» morceau inclus dans la bande son de «Lost in translation», - Fait la couv des Inrocks n° 855 en avril 2012 Je mets en premier un extrait d’un spectacle de cirque contemporain que j’avais beaucoup aimé...Il y a un an. Découverte pour moi, je ne le connaissais pas du tout. Une chorégraphie sur «Sexual sportswear» de l’abum «Sexuality», très sensuelle et hypnotique. A vous de voir... et d’écouter aussi ! Extrait - Sexual sportswear : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_GkZOuvmtms Chansons du 5ème étage : Fingers Of Steel & Russian Attractions http://www.youtube.com/watch?v=CqAclNhZBsU Against The Law & Cochon Ville http://www.youtube.com/watch?v=PPKa0Q2lyjw My Poseidon & Kilometer http://www.youtube.com/watch?v=S5Zg4zPqcvo La Ritournelle & L'Amour et la Violence http://www.youtube.com/watch?v=VhvAx1hizMs Et puis j’aime quand il passe sa main dans ses cheveux pour se recoiffer.... Ça décoiffe ! Et puis la combinaison fleurie du mec qui est au synthé... Ça faisait longtemps que j'avais pas ressenti autant de plaisir à un concert. C'est une musique qui ne s'écoute pas qu'avec les oreilles et ça j'adore ! Mais vous l'aurez compris...

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    Et encore un comprimé d'Oxycodone. Je ne sais même plus combien j'en ai pris depuis ce matin. Il faut que je demande à mon amie Minnie d'aller me chercher d'autres munitions chez le droguiste qui ressemble à Mickey Mouse. Quand je prends beaucoup de ces comprimés magiques je suis capable de demander en mariage ma voisine de palier ou de téléphoner à l'ambassade d'Iran pour leur dire que je les emmerde. Je suis avec Martin Sheen dans "Apocalypse now". Je fais un trip d'enfer. Avec Francis Ford Coppola, nous buvons des cocktails multicolores glacés. Je me vois dans un miroir : je suis jeune et belle. Je n'ai pas encore mes cheveux blancs. La plafond danse et j'ai envie de bouger sur de la musique disco. Les Bee Gees. Je danse, je vole, je ris. Je suis souple et légère. Un inconnu me caresse la main. Je le regarde et lui souris. C'est Frederic Forrest. J'ai envie de coucher avec lui. Je l'embrasse en gardant les yeux ouverts. Frederic m'entraîne dans un couloir sombre. Je le suis. D'un seul coup, Frederic a disparu. Je suis seule dans une pièce où il y a une lumière blanche et rose. Je suis morte ? Comment savoir ? Je n'ai pas mal. Je dois donc être morte. J'entends toujours cette musique disco. Je tape la mesure avec mes mains et mes pieds. Martin Sheen est revenu. Je danse avec lui comme dans "La Fièvre du Samedi Soir". Ma jupe rouge se soulève. Je regarde mes jambes qui sont fines et musclées. Les mains de Martin sont douces. Il me serre la taille pour mieux me faire tourner en rythme. Les Bee Gees chantent bien et je suis heureuse. Martin me sourit et me parle. Je n'entends rien à cause des oiseaux qui piaffent et du bruit du torrent. L'air est frais. Le jour se lève. Je commence à avoir mal aux pieds. Mes souliers rouges me font souffrir. J'ai mal. J'ai très mal. Au secours, je ne peux plus bouger. Martin n'est plus là. Je suis seule au bord du torrent. Je pleure de douleur. Je plonge. C'est la seule chose qui me reste à faire.

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    Âme Animale Gueule de bois Humeur de chien Fièvre de cheval Froid de loup Pattes de mouche Chat dans la gorge Essaim d'abeilles Entre les oreilles Âme Végétale Frisson de mousse Pétale de pluie Crosse de fougère Fleur de coton Lierre grimpant Comme murmure Bourgeons d'étoiles Dardant l'envie de ciel Âme Minérale Paresse de sable Sommeil de gemme Langue de dune Galet de rivière Poussière de lune Travail des volcans Silex frottés Jusqu'à l'étincelle Âme humaine En fin de règne Mais pour qui se prend-elle ? Mémoire d'éléphant Pollens au vent Matière des cimetières Tout se mélange Je suis ver Je suis lichen Je suis pierre Au carrefour De l'être Ange De ma conscience. V.V

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    Sur le bord de la page, quelques personnes discutent. Une autre qui les observe depuis un bon moment, se penche au dessus d’elles. -Bonjour, que faites-vous là, sur cette page ? En chœur : - On attend celui ou celle qui voudrait nous mettre en scène, nous faire vivre, nous écrire. - Parce que là, vous ne vivez pas ? - Si, on attend, on existe, mais c’est long ce hors temps ! - Moi je veux bien essayer, mais j’ai un rendez vous qui tarde. - C’n’est pas sérieux ça !!! -C’est Madame l’inspiration, mais elle n’est pas arrivée au rendez vous fixé, quelle chipie ! Les personnages s’animent, s’indignent, crient au scandale, comme ça, on ne les considère pas ! -L’inspiration, l’inspiration !!! Non mais est- ce qu’on a pas une tête d’inspiration, nous ? Ils se dirigent fâchés vers le bord de la page pour sauter dans le vide. -Ne partez pas, non ne partez surtout pas, en fait, je voulais qu’elle m’aide cette maudite inspiration pour écrire à un ami poète, c’est son anniversaire le 1er avril ! -Mais nous sommes là nous, le peuple de l’imaginaire, qu’espères-tu, tu n’as nul besoin d’elle, nous le connaissons ton ami poète. Nous sommes du même univers, évoluons dans la même galaxie, là ou les muses, les animaux, la vie végétale, la femme s’épanouie, dans des rivières longeant les prairies, et les arbres tissent des lianes de chevelure………… -Met un poème de sa plume ! -Non ,dis lui simplement les mots de circonstance ! -S’adresser ainsi à un poète !!! Ça recommence, tous se disputent. Je m’éloigne…….. Ho pauvre de moi le peuple de l’imaginaire m' encercle. Mais maintenant souriant, il forme une ronde ce peuple: merveille c’est pacifique, l’eau des mots est translucide tous les poissons sont heureux, les dauphins sautent de joie, allez, venez avec nous pour lui dire : - Joyeux, merveilleux anniversaire ami poète ! Offre- nous toujours ta poésie, ta généreuse plume trempée dans l’encrier de l’humanité, avec fraternité, joie de vivre, densité et amitié ………. Venez les amis, il y a de la place pour tous la page est ouverte…………………… A vous : …………….

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  • 04/01/13--10:49: Le paradis blanc par Cypou
  • Le Paradis blanc Ce soir je suis allé au lit très tôt : 22 heures Une pièce de théâtre avec Pierre Arditi n’a eu raison pour me tenir les yeux en eveil. Il est 1 h 30, j’ai mal au bras droit, est-ce pure coïncidence pour mener avec toi, qui peut-être ne dors pas, réflexion sur le sens de la vie ? Jamais je ne me suis posé autant de questions. Cela fait 1 mois ½ que tu es hospitalisée et étrangement le temps n’est pas long pour moi, propice à gamberge sur le sens de ma vie ; cette vie pas toujours très simple mais ô combien riche en enseignements. Je te sais en sécurité et il n’y a plus d’urgence même si ton cœur peine toujours alors j’essaie d analyser la situation avant que les derniers résultats d’examens ne disent si tu es opérable ou pas. Comme je le fais souvent j’essaie de m’effacer, de ne plus résonner en pensant que tu es celle que je ne veux pas perdre. Depuis le jour où nous avons convenus, après avis initié de ta petite fille adorée, que l’on n’ouvrirait pas celui qui, fragile, te fait aller encore de l’avant, je me parle en disant tes mots. J’essaie de me mettre à ta place ; tu me dis que tu es perdue, que tu oublies parce-que tu n’es pas dans ton environnement mais moi j’écoute et j’essaie de traduire quand tu t’adresses a moi. -« Je veux vivre pour vous, pour vous voir vous et mes petits enfants, vous êtes tout pour moi : TOUT tu comprends ! » C’était il y a un mois déja ; tu avais levé les bras vers moi en brandissant les poings et tes yeux qui depuis longtemps ne peuvent plus pleurer, s’étaient brouillés. Alors j’ai réfléchi, et un jour je t’ai posé une question : -« Maman si nous n’étions pas là que ferais – tu ? » -«je m’en foutrais » C’était il y a 15 jours alors j’ai réfléchi ; mes réflexions se nourrissent des tiennes que tu exprimes en paroles et dont je vois l’évolution. -« Par la fémorale oui » C’était il y a 3 semaines -« Tu sais l’opération je n’y tiens pas ; j’ai déjà 84 ans » C’était il y a 15 jours . -« Je ne veux pas me faire opérer » C’était hier , avec des yeux supplicatifs . Cette nuit je ne dors pas et je me dis que je dois t’écouter. Je sais que le pronostic vital est engagé à moyen terme si on ne fait rien. Nous en avons parlé mais comme tu as perdu la mémoire récente, je pense que tu as oublié. Serais-je en train de me persuader que je veux te garder ? Comme disent les médecins, « il faut évaluer le rapport risque bénéfice ». Tous s’accordent à dire que l’intervention, quel qu’elle soit, est à risque. J’ai toujours eu pour principe de ne jamais vouloir que l’on fasse ou pense comme moi alors je viens de trancher. Je n’ai plus envie de te dire ce que je sais parce que je ne sais pas, pas plus qu’eux d’ailleurs. Je dois m’effacer devant ce qui était ton désir de vivre pour nous ; tu ne dois vouloir vivre que pour toi maman et ce con qui a dit à ma frangine qu’il y avait « non assistance en personne en danger » ne fera pas trembler mes convictions de respect que je te dois. Je veux que tu sois libre, toi seule doit choisir, je te répéterais encore une fois si tu le veux ce que je sais c’est-à-dire pas grand-chose ; des choses bassement matérielles face à la vie ; face à la mort devant laquelle je n’a i déjà été confronté que par de brèves et moins éprouvantes épreuves parce que ce n’était pas toi qui était concerné, toi qui m’est si chère. L’évolution de tes souhaits, me laisse à penser que tes choix on été dicté par cette raison que l’on pense perturbée quand tu me demandes dans un moment d’errements : « tu crois que l’on peut la changer la valve ? » Maman je t’ai répondu oui en souriant ; sourire d’un fils qui passe de longs moments à tes côtés et qui s’interpelle lui-même pour éviter de répéter sans cesse à toute fin de te convaincre. Ce mot n’est plus d’actualité, c’est le mot de l’égoïsme de celui qui veut s’approprier l’autre. Tant d’autres l’ont fait dans d’autres domaines idéologiques que je combats et qui mène à des dérives meurtrières que l’on connaît. Ma décision est prise ; tu nous à laissé le temps, le temps t’a laissé du temps pour réfléchir et je rejoins ta sérénité un instant brouillé par l’urgence pour t’accompagner dans tes vœux. Voilà maman pour la suite du chemin je serai là, même si je suis absent pour le jour où tu décideras de partir. Hier encore tu voulais que je t’apporte du jus de fruits et du sel. C’est vrai elle est dégueulasse cette bouffe. Maman je ne peux pas apporter la boîte à épices à l’hôpital, je vais déjà remettre un peu de cette eau défendue dans la carafe ; ils ne vont quand même pas « nous manger » ; tu as bien raison ….d’ailleurs ils le savent…et tu as bien compris que bien qu’ils le disent je ne les laisserai pas t’attacher sur ton lit….dont les barrières sont bien trop peu hautes pour qu’elles ne t’empêchent de sauter même avec cette saloperie de sonde qui va désormais t’accompagner et qui parfois te rappelle a l’ordre…. Tu vas regagner ta maison ; il y a bien longtemps que je n’ai dicté ta raison en matière de bouffe, d’ailleurs tu ne m’aurais pas écouté comme un jour je l’ai fait quand j’ai décidé de partir de la maison ; ton job était alors terminé ; quel cadeau tu m’as fait maman pour prendre ce chemin de la vie ! Quel cadeau ! Je ne te dis pas tout mais je vis de passion et la passion m’aide à vivre. VIVRE ce mot que d’autres que j’aime emploient pour signifier que le temps passe trop vite ; je ne m’en étais pas encore aperçu…. VIVRE parce que je sais que tu as choisis ce mot pour me dire de te foutre la paix. VIVRE parce que te toute façon même si tu pars je mènerai l’enquête pour te retrouver et te chérir encore. Maman avant de partir de la maison qui est la tienne où je t’attends pour t’installer je referai le stock de confiture et de chocolats ; la salière et ta bouillotte seront au même endroit. Si je peux me permettre maman je voudrais juste te demander une chose : tu sais que j’ai 5 heures de route pour venir te voir…… Quand j’arriverai tu pourras alors me comprendre comme tu le fais déjà en lisant sur mes lèvres alors passe moi un coup de fil d’accord ? Je voudrais bien que, comme papa, tu sois dans mes bras pour te déposer dans ce paradis blanc. Cypou le 30/03/2013

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    Cette attente en détresse Devient chagrin quand tu la blesses Tous ces mots que tu as dits Mots que j' ai dû fuir Où sont-ils allés ? Rester comme ça attachée A tes mots , à ton souvenir Ca ne peut rien changer Que de fantasmes Et d' illusions Je m' amuse semble-t-il Mais si c' est un jeu Ce sera non Demain peut-être Tu comprendras .... Je ne dois plus rester liée Laissons le vent emporter tout Laisse le vent prendre soin de moi Je te rêve encore .... Homme ou Névé .... Là j' irais bien te chercher Mais j' ai tellement peur , tu sais Je n' ai pas oublié mes promesses J' écrirai à la même adresse Reste chez toi Efface tout Déchire cette lettre Tout ce qui s' est passé Doit disparaitre et glisser de côté Comme l' eau sur les joues ....

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    _______________________________________ Au delà du réel Entre rêve et action... il neige Imaginer ou concevoir Sortir du rêve ou du virtuel Transformer et convertir Créer ou passer à l'action Modifier la trajectoire... Au delà du réel rêvons Au delà du réel envolé Le virtuel non crédible Monde merveilleux facile Le rayon blanc et glacé Expérimente son euthanasie La vie nit l'inutile ! Considérons notre horizon Emondons cette vie furtive ( Sans aucune forme poétique ) C'est un cri de l'esprit Qui retourne au-dedans Et qui est bien décidé A faire table-rase De cette alternative Le virtuel est mort Alors tuons le... encore... Arrêtez de jouer com' à la récrée Ici ce n'est pas la vie Ici c'est du pâle reflet Ici c'est un ensemble vide Ici c'est un étrange miroir où tout le monde il est beau où l'envers c'est l'endroit Ici mieux vaut être terrien ! Ici l'inspiration reconnue acceptée et pratiquée est une faculté de non exercice Ici on n'écrit que selon une méthode... Ouvrons les portes du rêve A tous ceux pour qui la nuit est avare... Brisons les chaînes et bannissons le virtuel... Demandons l'abolition des prophètes... Et l'abolition des associations de malfaiteurs... ! ' Ne te laisse pas étonner par les inventions des praticiens. Sers-toi de leurs machine, et méprise les, eux et leurs machines, tranquil- lement. Une voiture roule toute seule; un grand casier de bois et de toile s'élève dans l'air. Il n'y a que l'âme qui importe. ' * * ' Manuel de Déification ' Jules Romains Edition E. Sansot & Cie ( 1910 ) ( r é é d i t i o n ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . http://www.youtube.com/watch?v=qjO5b4QbEAU . . . . . . . . M .

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    Il y a bien sûr les arcades. Elles soutiennent tout le corridor ambré qui joue à saute lumière de voûte en voûte. Viennent des mots, des phrases, par bribes, qui se cognent sur le lisse d’une paroi, ou dans les aspérités d’une autre, et se figent là, guettant une brèche, puis peut-être une envolée. S’insinuent aussi des images. Il y a bien sûr l’allée de platanes. Elle supporte tout le bleu du ciel et tend comme un arc de verdure au-dessus de la tête ; dans les yeux mosaïques, la couleur fixe la lumière et l’ombre, en petites touches frémissantes : Cézanne peint. Puis c’est le chemin de la carrière et l’éblouissement. On fête ici les noces de la pierre chauffée à blanc avec « un invincible été ». Il y a aussi sous le soleil et dans le vent, le linge blanc battant pavillon dans le fond du jardin, et larguant les amarres à la moindre occasion. Et la mer à l’horizon. D’autres images, mais plus tendres, émergent du fond d’un vieux bassin...sous un pont japonais. Des nymphéas flottent, indolents, sur une écharpe fluide de reflets moirés....pendant que s’y noie un nuage narcisse piégé par l’éclat du miroir. "Effets du jour, effets du soir ou du matin"....Cette fois encore, sous l’œil las de Monet, les saisons se chevauchent et se fondent. C’est qu’il vient honorer l’invisible... Tout s’emmêle : et les lieux et les ans, et les choses et les gens. Mes souvenirs, mes impressions se brouillent. Il y a distorsion. Et parfois prescription. En vérité, j’aime assez ce désordre. Cette confusion me ravit. Elle allège mon pas. Mon barda est moins lourd. Il reste bien sûr les arcades. Et s’avancer sous les arches à petits pas scelle la réconciliation. Désormais rien ne bouge ni ne déroge. L’élastique du temps pourra s’étirer jusqu’à la brisure, je ne tremblerai pas.

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    Modiano , c'est mon écrivain préféré . Je le suis depuis le lycée et j'ai lu tous ses romans, sauf le dernier " l'herbe des nuits " qui traine depuis des mois dans ma chambre .Ne vous inquiétez pas , j'arriverai bien à le lire avant l'été . Faut dire que lire tout Modiano n'est pas vraiment un exploit , car c'est court et écrit bien gros ! Donc très facile pour les ados qui ont terminé la Bibliothèque Rose et Verte ( mais dommage y'a pas d' images ) et agréable pour les quarantenaires atteints de presbytie !... " Qui aime bien châtie bien " . Allez ...j'te kiff mon patoche , et bonne continuation ... Vinzou , pas mal ma critique littéraire , non ? C'est mon premier article et j'assure grave ! Désolé , les bobos parisiens , je sais... ouais... je ne vais pas relever le niveau ! Chu de la province moi ... C'est bon là ? Je les ai mes 400 caractères ? Je peux valider mon article ? ... A bientôt

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    Bras ballants , cheveux de laine entremêlés .... Yeux ancrés dans les fils étroitement tissés , la tête fléchie sur son coeur de poupée de chiffon .... Almalotte est ma poupée rousse .... Elle m' en veut , je le sais bien . Elle me regarde avec ses yeux vides et moi je tourne en rond dans la confusion de mes pensées sans dessein .... La peau sèche , son regard éternellement figé , elle se rêve mortelle pour pleurer la vie et lui demander où sont passés les jolis bras qui la berçaient : " - Je suis vieille , flétrie , orpheline , perdue dans la souffrance et l' oubli . Morte ou vive , jetez-moi au feu . Brûlez-moi toute entière pour que j' oublie que j' ai été aimée ." Almalotte est complètement disloquée et moi absolument névrosée , je me crois bien condamnée au même sort que ma pépée iconic' .

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    L’exposition est intitulée : Guy Debord. Un art de la guerre La salle d’exposition a pour nom François Mitterrand. On ne sait qui de l’un ou de l’autre se retourne le plus bruyamment dans sa tombe. bnf.fr/fr/evenements_et_culture/calendrier_expositions/f.debord.html « Guy Debord a été « secrètement incinéré le lundi 5 décembre 1994, à 14h15, au crématorium de Saint Etienne, en présence d’Alice Becker-Ho et d’un autre. Quelques jours plus tard, Alice Becker-Ho disperse dans la Seine les cendres du défunt, depuis la pointe du Vert-Galant, sur l’île de la Cité (Paris 1er) .» Christophe Bourseiller : VIE ET MORT DE GUY DEBORD (1999) Je viens, après beaucoup d’autres et avant d’aller voir l’exposition, dire un mot sur Guy Debord. Mais à quoi bon ? Est-ce bien nécessaire ? Je pourrais recourir à la formule un peu mégalomane : « Parce que c’est lui, parce que c’est moi ». Plus simplement, je dirai que je l’ai beaucoup lu et que je le lis encore parfois. Et que j’ai fini par continuer de l’apprécier malgré les défauts manifestes du personnage. Je n’ai jamais rencontré Guy Debord. Je l’ai découvert sans le connaître en 1976 dans un petit livre intitulé LA VERITABLE SCISSION DANS L’INTERNATIONALE SITUATIONNISTE . J’avais 20 ans et je venais de débarquer à Paris. La tête farcie de lectures plus ou moins mal digérées : les surréalistes, André Breton, Antonin Artaud, Georges Bataille, Céline, Lautréamont… Politiquement plutôt anarchiste, j’avais voulu mettre de l’ordre et de la rigueur dans mes idées et tenter de lire Hegel, Marx, Feuerbach, Althusser, Lénine et Mao… J’ai même lu du Sollers. Bien sûr; quand on passe de Marx à Lénine, de Bataille à Sollers, on mesure combien la pensée s’appauvrit. On dira que Lénine n’a pas seulement écrit des théories, mais qu’il a agit dans l’histoire réelle. C’est pas faux et je reviendrai sur ce personnage qui, sans doute, a inspiré à Debord certains comportements. Mais Sollers n’a pas cette excuse, d’avoir participé à l’histoire réelle . Et le comble est atteint, dans la confusion, quand il écrit des théories sado-marxistes, lénino-lacaniennes, artaud-maoistes… Je plaisante à peine : avec ses complices de la revue TEL QUEL, il avait organisé des colloques, l’un sur Bataille, l’un sur Artaud… Une intervention était consacrée Artaud… et Mao. L’orateur expliquait doctement qu’Artaud était « travaillé par la Chine ». Je crois qu’il s’agissait de Jacques Henric. Je l’ai entendu depuis à la télé et à la radio. Il a plutôt bien vieilli, a l’air sympathique, intelligent et cultivé, et il écrit, semble-t-il, beaucoup moins de conneries. A cette époque, je les lisais, ces conneries. C’est pourquoi j’en parle ici. Parce que, quand j’ai lu la prose claire, vive, brillante de Debord et de Sanguinetti, j’ai éprouvé un choc. Le langage politique pouvait ne pas être ennuyeux. Ce livre, LA VERITABLE SCISSION DANS L’INTERNATIONALE SITUATIONNISTE, par lequel j’ai découvert les situationnistes, je ne le conseillerais pas cependant pour les découvrir. Mais, pour deux ou trois idées (la pollution, les cadres…), il peut être lu avec profit sans connaître l’histoire des situationnistes. Certains, qui sont déjà retraités, ont pu connaître l’agitation situationniste lorsqu’ils étaient étudiants. Mais beaucoup, je crois, ont découverts les situationnistes plus tard à travers les rééditions des deux livres parus en 1967 : LA SOCIETE DU SPECTACLE de Guy Debord ; et LE TRAITE DE SAVOIR VIVRE A L’USAGE DES JEUNES GENERATIONS de Raoul Vaneigem. Ceux-là ont généralement lu avec entrain le livre de Vaneigem et ses pages sur la « subjectivité radicale ». Mais beaucoup ont sans doute parcouru en diagonale le livre plus austère de Guy Debord avant de le ranger dans leur bibliothèque, notant seulement quelques formules afin de briller en société. Pour découvrir les sitautionnistes, je conseillerais plutôt de commencer par la lecture des 12 numéros de leur revue. LA REVUE L’INTERNATIONALE SITUATIONNISTE (1958-1969) La lecture des 12 numéros a été pour moi comme une relecture des années de mon enfance. Et ça commençait par une préoccupation de la fin de mon adolescence : « AMERE VICTOIRE DU SURREALISME ». Il y était question de politique et d’art, de littérature et de révolution, et de révolution dans la vie quotidienne. Et un style percutant, je l’ai déjà dit. Les derniers textes publiés (dans le numéro 12, septembre 1969) sont un échange de correspondances avec les Editions Gallimard. Entre les deux, des titres comme « THEORIE DE LA DERIVE » (n°2), « PERSPECTIVES DE MODIFICATIONS CONSCIENTES DANS LA VIE QUOTIDIENNE » (n°6) signés Debord. Mais aussi des textes que je trouvais plus savoureux signés Asger Jorn : « LES SITUATIONNISTES ET L’AUTOMATION » (n°1), « LA FIN DE L’ECONOMIE ET LA REALISATION DE L’ART » et « ORIGINALITE ET GRANDEUR » (n°4). Debord n’a signé que neuf textes dans la revue (Guy Ernest), mais il passe pour être l’auteur de nombreux éditoriaux et de textes politiques « LE DECLIN ET LA CHUTE DE L’ECONOMIE SPECTACULAIRE-MARCHANDE » (n°10 : sur les émeutes à Los Angeles en 1965) ; « LE POINT D’EXPLOSION DE L’IDEOLOGIE EN CHINE » (sur la Révo Cul dans la Chine Pop) et « DEUX GUERRES LOCALES » (n°11). Je suivais aussi le feuilleton des exclusions et des insultes. J’avais déjà trouvé ces pratiques chez Lénine (Que faire ? etc…) et chez Breton. Mais là je trouvais aussi une part d’humour. Ceci dit, avec le recul, je crois pouvoir affirmer que Debord a toujours éprouvé un sentiment confus de détestation et d’admiration pour ses deux devanciers (en disant cela, je vais me faire des ennemis chez les debordistes orthodoxes). LA SOCIETE DU SPECTACLE (1967) C’est le titre du livre « culte » de Guy Debord, puis celui de son film. Produits dérivés : le court métrage « REFUTATIONS » , puis le livre « COMMENTAIRES SUR LA SOCIETE DU SPECTACLE » . On peut ranger dans cette époque LA VERITABLE SCISSION, et les textes politiques déjà cités. C’est le style qui a fait le succès de Debord : des analyses audacieuses, des formules péremptoires, des jugements définitifs, de détournements . C’est aussi ce style qui peut déplaire, et qui a déplu aux intellectuels de gauche. Il faut dire que ceux-ci étaient ouvertement méprisés et même régulièrement insultés par les situationnistes. Mais certains intellectuels de cette génération avaient une réelle consistance (Castoriadis, Lefebvre, Morin) et il est judicieux de les lire aujourd’hui, même si on les a vu tournés en ridicule par les affreux situs. DE IN GIRUM IMUS NOCTE ET CONSUMIMUR IGNI A CETTE MAUVAISE REPUTATION « Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu ». Palindrome latin. A partir de son dernier film et jusqu’à ces derniers livres : les 2 « Panégyriques » , il a cultivé « Cette mauvaise réputation » et sa légende avec un certain succès. Les intellectuels de gauche, surtout ceux qui n’avaient pas mérité le privilège d’être nommément insultés par les situs, ont pu alors dévoiler le vrai visage de Guy Debord : celui d’un homme de droite qui méprisait le peuple, finalement, puisqu’il les méprisait, eux, les représentants du peuple de gauche. Exception, parmi eux, il y avait Sollers, naguère maoïste de salon, qui, après avoir découvert la papauté réelle dans le personnage de Jean Paul II, découvrait tardivement Debord. Sollers reprochait seulement au « pape des situationnistes » de préférer les bourgognes aux bordeaux. En dehors de ce péché véniel, il lui vouait une admiration qui n’était pas réciproque, cela va sans dire. André Breton, dans le Second Manifeste, reprochait à Rimbaud d’avoir « permis des interprétations déshonorantes de sa pensée genre Claudel » (je cite de mémoire). On pourrait reprendre la formule à propos de Debord et Sollers. Debord aura donc mérité d’être admiré par Sollers. Mais enfin il lui aura été épargné l’admiration de Gluksmann et de BHL, qui après des parcours assez voisins, ont terminé, l’un sarkozyste critique, l’autre royaliste sévère. Cependant les choses ne pouvaient en rester là. Il y a quelques jours, Frédéric Taddeï a réuni sur son plateau Hervé Le Bras, Emmanuel Todd, Daniel Cohn-Bendit et Alain Finkielkraut. Comme d’habitude, Emmanuel Todd a taquiné ses camarades. Ainsi, comme « ancien stalinien », il a rappelé à Cohn-Bendit que l’émission avait lieu un « 22 mars ». Mais Finkielkraut n’était pas en reste puisqu’il n’a pas hésité à citer Guy Debord. Guy Debord dont une légende disait qu’il s’était fait gifler par Daniel Cohn-Bendit lors d’une assemblée générale en 1968. Je crois en avoir dit assez pour cette fois sur Debord. Je reviendrai plus tard sur ses complices, ses opposants, etc…

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  • 04/01/13--10:44: Fin de partie par Rolando68
  • Le voyageur était assis sur un banc du quai désert, une valise posée à côté de lui. Une jolie valise de cuir marron avec, collée sur la tranche, une étiquette verte sur laquelle était inscrit "Festival de Bayreuth". Il n'avait jamais mis les pieds à Bayreuth, d'ailleurs il n'aimait pas l'opéra, ou à la rigueur quelques airs du belcanto. La valise était d'occasion, achetée au "Marché aux Puces". Il attendait A.... Depuis des mois A. lui donnait rendez-vous dans des lieux improbables par un coup de fil ou un sms laconique. A. programmait tout. Les balades, le restaurant, les lieux de leurs étreintes. Parfois, sans une explication, elle ne venait pas. Il commençait à être fatigué de ce jeu dont il ne maîtrisait pas les règles. La gare était à ciel ouvert et on apercevait des pavillons construits tout le long de la ligne de chemin de fer. D'une fenêtre pendaient des draps sur lesquels était posé un traversin comme un guignol mort sur son castelet. Il imaginait des femmes prématurément fanées par les tâches ménagères, des vies ternes de couples, scandées par le passage régulier des trains comme des appels incessants au voyage, à la fuite, à la désertion. - Vous attendez quelqu'un? C'était le chef de gare. un type long et maigre sous sa casquette blanche. -Oui. - Un rendez-vous d'affaires? ou une femme peut-être? Ah! les femmes... Venez je vous offre un café, il n' y a pas de train avant midi. Le chef de gare se prénommait Yvon. Il vivait là depuis dix ans. Sa femme l'avait quitté quelques mois plus tôt pour rejoindre un musicien en tournée dans le sud de la France. Comme dans la chanson: "il est cocu le chef de gare..." disait-il en plaisantant mi-figue mi-raisin. Au début il avait tenté de la persuader de revenir. Il l'avait attendue, mais en vain. Maintenant il n'attendait plus rien ni personne. Parfois lui aussi avait envie de prendre le train comme les autres voyageurs mais pour le bout du monde et pour ne plus revenir. Du café il passèrent aux apéritifs et après le train de midi ils déjeunèrent d'un sandwitch qu'ils firent glisser avec du cognac. Jeune, Yvon voulait devenir marin car il était Breton. Et puis il avait rencontré Solène qui travaillait à la SNCF. Non il n'avait pas eu d'enfant... pour finir Yvon avoua qu'il était stérile. Heureusement depuis toujours il avait une passion pour le modèlisme. Il construisait jour après jour avec un soin maniaque des reproductions de "brigantins" toutes voiles dehors et devenait alors un Surcouf sillonnant tous les océans et les mers du monde. Comme le jour baissait le voyageur reprit sa valise et monta dans le premier train qui le rapprocherait de la capitale. Sur le quai Yvon donna le signal du départ en lançant deux longs coups de sifflet comme un arbitre à la fin d'un match.

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  • 03/27/13--14:20: Chanson par Cello49
  • CHACUN SON POT Certains offrent des bouquets de roses Des chocolats ou des fourrures Des parfums à vous rendre tout chose Moi, j’offre un pot de confiture Y’a pas plus doux, plus sucré Sauf tes baisers C’est idéal comme cadeau Chacun son pot De la mirabelle Pour les plus belles De la rhubarbe Pour les femmes à barbe Et pour les diabétiques Bernique! La vie, c’est un pot de confiture On peut la siffler d’un seul trait (Mais après y’en a plus!) Ou on peut l’étaler pour qu’ça dure Et lentement la déguster C’est un pot d’oranges amères Avec les pépins Moins sucré qu’on ne l’espère Figue et raisin Mais ça rend plus belles Les mirabelles Ca tire la barbe Des femmes à barbe Et pour les diabétiques Bernique! Toi, tu es mon pot de confiture C’est fou parfois comme tu colles Non, ne fais pas la tête, j’rigole J’aime ton goût de fruit nature Y’a pas plus doux, plus sucré Que tes baisers T’es le plus beau des cadeaux J’en ai du pot T’es la plus belle Des mirabelles Et à force de Te dévorer des yeux J’finirai diabétique Bernique!

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