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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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  • 04/26/13--05:35: POETE ? par Minos36
  • Le poète ? J’étais poète. Celui dont la nostalgie Forgeait les mots pour rendre L’éternité à l’enfance. Celui dont l’envie de vivre Créait les mots pour inventer le futur. J’écrivais des hymnes à l’amour Et les anciens me montraient le chemin. Pur et sans crainte j’avançais dans la vie. Sans ombre hostile mais le soleil ami, La poésie cultivait en elle Et me prodiguait caresses sensuelles. Mais vint le jour inexorable Où les vers se changèrent En barbelés pour enfermer Les terres brûlées par la haine. L’automne lui-même Portait dans ses couleurs Les signes exacts, précis De l’indifférence cruelle. Toujours la poésie pour l’homme Fut moteur puissant de rêve : Il rêva que la lumière se fasse Et sous le chant elle se fit. Aujourd’hui la Voie Lactée N’a plus de sens Et la grande Ourse N’indique plus le Nord. Le poète désarmé que peut-il faire ? Comment sortir son frère De son profond sommeil Standardisé, télévisé, climatisé ? Faudrait-il que dans la douleur Ton coeur s’ouvre à la douleur de l’autre ? Que ton sang coule lentement En un tempo long et monotone ? Que le poète boive à cette source ? Il n’y a de création poétique Que dans le silence et l’amour. La poésie est une prière ! J’ai en moi des blessures Que pour guérir me demandent la vie. Reste au fond, bateau amarré Dans un vieux port, l’illusion de la thérapie. Le poète n’a plus que le choix Entre la dérision et la révolte.

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    Dimanche 21 avril, il faisait beau et je traînais dans le Jardin des Tuileries. Je m’étais installé sur un banc, côté quai des Tuileries, et je lisais un livre. Aux environs de 16 h, j’ai entendu quelques clameurs et des coups de klaxon au loin, côté rue de Rivoli. Je savais que des événements avaient été organisés autour du mariage dit « pour tous ». Des opposants « de droite » devaient défiler sur la rive gauche et des partisans « de gauche » devaient se réunir à la Bastille. Quelques incontrôlés avaient pu échouer rue de Rivoli. Je fus piqué par la curiosité. Je traversai le parc pour voir les enragés. Aux couleurs bleues qu’ils agitaient, j’ai conclu qu’il s’agissait probablement d’un escadron de « la manif pour tous » ou du « printemps français ». Mais ce n’était pas un commando de crânes rasés. Quelques jeunes garçons et jeunes filles de bonne famille qui faisaient preuve d’audace tout simplement. Leur audace était toute en modération d’ailleurs et leur rage se limitait à bloquer un peu la circulation à un feu rouge. Celui de la rue Rivoli à la hauteur de la rue du Vingt Neuf juillet qui permet aux visiteurs d’accéder au jardin et de le quitter. Les clameurs étaient celles des jeunes gens et les klaxons ceux des automobilistes qui voulaient les soutenir ou leur demander de se retirer. Comme pour me contrarier, ces jeunes ont d’ailleurs décidé de se retirer au moment où je m’approchais. Ils sont entrés dans le jardin et j’ai entrepris de les suivre. Ils l’on traversé par la gauche, en sont sortis au quai des Tuileries et ont emprunté le Pont Royal. Je les avais estimés à une vingtaine environ lorsqu’ils étaient dans le jardin, mais sur le pont ils ne me semblaient plus qu’une dizaine. Ils ne cherchaient plus à importuner les voitures (point trop n’en faut) et se contentaient d’agiter leurs couleurs sous le nez des passants. Je les ai suivis encore le long du quai Anatole France, mais je les ai quitté au niveau du pont Léopold Sedar Senghor en renonçant à les interviewer (point trop n’en faut). Les jeunes enragés s’enfonçaient dans l’avenue Solferino, peut-être dans le but d’envahir les locaux du parti qui est majoritaire depuis moins d’un an. Je me suis interrogé un temps sur les réelles motivations de ces enfants. Ils semblent épouser avec tant de ferveur les passions de leurs parents. Ceux-ci sont entrés en « résistance » sitôt élu l’usurpateur. Et nous ne sommes plus en 1981 où des enfants de la bourgeoisie, après avoir « écouter pousser leurs ch’veux », pouvaient avoir voté à gauche pour faire la nique à leur parents . (1) http://www.youtube.com/watch?v=OW9VUoMKgF4 Le « conflit des générations » que moquait Brel semble avoir quitté cette bourgeoisie, petite et moyenne, en perte de repères et de valeurs, qui déclare se lancer dans « la guerre civile ». C’est la peur qui domine cette bourgeoisie et ses enfants : peur de l’avenir et déclassement ; peur de perdre une situation, des privilèges, des illusions. Les enfants sont perdus, en outre, entre la peur et l’envie de perdre un pucelage, d’être des « paumés du petit matin ». http://www.dailymotion.com/video/xhntp_jacques-brel-les-paumes-du-matin_news Perdus entre l’envie de dire, avec Paul Nizan (2) et un peu d’anticipation : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. » Et de dire avec Rimbaud et un peu d’impatience : On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! On va sous les tilleuls verts de la promenade. (3) Cependant, les ressources de la psychologie sont nécessaires pour comprendre comment ils peuvent être transportés par les figures tutélaires de Frigide Barjot et Béatrice Bourges. Lorsque j’avais leur âge, il m’était arrivé de défiler dans la rue, mais ce n’était pas dans des manifestations qu’avaient organisées des amis de mes parents. Le livre que je lisais une demi-heure avant de croiser ces enfants, c’était l’HISTOIRE ANACHRONIQUE DES FRANÇAIS de Louis Chevalier. (1) Ils pouvaient même aller jusqu’à entonner des chansons un peu irrévérencieuses, quoique plutôt convenues lorsqu’on se limite au refrain : http://www.dailymotion.com/video/x1138t_jacques-brel-les-bourgeois-1964_music (2) ADEN ARABIE (1931). Paul Nizan est le grand père d’Emmanuel Todd. (3) On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! On va sous les tilleuls verts de la promenade. Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ; Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin A des parfums de vigne et des parfums de bière... Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon D'azur sombre, encadré d'une petite branche, Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond Avec de doux frissons, petite et toute blanche... Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser. La sève est du champagne et vous monte à la tête... On divague ; on se sent aux lèvres un baiser Qui palpite là, comme une petite bête... Le coeur fou robinsonne à travers les romans, Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère, Passe une demoiselle aux petits airs charmants, Sous l'ombre du faux col effrayant de son père... Et, comme elle vous trouve immensément naïf, Tout en faisant trotter ses petites bottines, Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif... Sur vos lèvres alors meurent les cavatines.. Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août. Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire. Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût. Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire !... Ce soir-là..., vous rentrez aux cafés éclatants, Vous demandez des bocks ou de la limonade... On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.

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    Parfois, quand je vois mon chat, je me dis : "Quelle larve !" en le voyant affalé de tout son corps, devenu liquide, pour lézarder, végéter, ronfler au rythme de ses cycles d’endormissement qui n’en finissent plus. Et puis là, dans un jardin, je découvre l’amère réalité. Celle qui casse toute mon argumentation, celle qui remet en cause ma propre dialectique, celle qui sauve le matou de l’infamie sémantique. Je découvre que mon interjection est d’une grande insulte pour les larves ! Je suis dans un jardin à l’ombre d’un haut sorbier. C'est le premier mai (c'est en 2011 ; ben oui, ch'uis pas voyante). Le temps est beau, la chaleur du soleil est doucement compensée par la petite brise qui transporte le cri des petits merlichons et des tourterelles. Le chat est là, à rêvasser près des oiseaux, sans illusion sur ses chances d’en attraper un mais que ceux qui ne croient pas à la belle princesse lui jettent les premières croquettes. Pour les zhumains, c’est aussi le temps de rêvasser. T’es pas un dimanche 1er mai pour te triturer le cervelet, quand même ! Soudain, je dis soudain pour marquer ma stupéfaction, et aussi le suspens dramatique (la musique devrait m’accompagner), car tu vas le voir, il y a un drame qui se noue, soudain, donc, j’aperçois en focalisant mes étendards visuels… une larve, une vraie larve. Enfin, une chenille toute verte. C’est l’époque. Mais ma chenille à moi, elle est particulière, elle joue au saut à l’élastique. Enfin, c’est ma première réflexion car à ma deuxième observation, j’en conclus qu’elle est pendue le long d’un fil de soie. Je l’avais crue au début prisonnière d’une méchante araignée, mais non, elle maîtrise, c’est son fil à elle, et même s’il n’est pas rouge, elle cherche à le suivre. Bon, je te résume le tableau : à un mètre du sol, voici une belle et appétissante petite chenille verte qui se tortille le derrière sur un fil de soie. Ma tête, alors, esquive une brève rotation d’un quart de tour pour regarder l’autre extrémité du fil de soie : une branche du sorbier, à trois-quatre mètres du sol. Au début, donc, je me dis que la chenille est sympa, qu’elle m’offre un spectacle digne des meilleurs cabarets et que son multi-déhanché sensuel aurait une influence nette sur ma libido. C’est là que l’œil aguerri comprend le subterfuge. Ma chenille ne se dandine pas pour mes beaux yeux ; son objectif est clair, elle veut remonter jusqu’à la branche. Dès que je comprends sa mission, je téléphone à mes services techniques et un gros camion de la TDF arrive sur les lieux à toute allure avec tout le matos : caméras infrarouges, micros hypersensibles, appareils photos dernier cri, télescopes hyperboliques, bref, toute l’instrumentation pour suivre dans les meilleures conditions, secondes après secondes, les efforts de ma chenille. Je mets les meilleures agences de communication sur le coup pour me trouver un nom à ma chenille. Je ne vais quand même pas l’appeler "chenille verte"… Je l'appellerais bien Ariane, tiens. Ariane la chenille. Rien à voir avec les blindés. Juste pour son fil. Celle-ci est courageuse et laborieuse. C’est une travailleuse musclée. C’est digne des pires parcours du combattant des meilleurs commandos. Elle se tortille pour remonter. Et malgré le vent, malgré la hauteur, malgré son vertige prénatal acquis lors d’une prise de coke de la maman, la chenille est d’une efficacité redoutable : elle monte à vue d’œil. Mieux qu’à vue de caméras, incapables de focaliser correctement sur la sportive car elle bouge un max, avec sa forme physique et surtout, avec le vent qui la balance sur plusieurs mètres, de quoi avoir le mal de mer. Pourquoi les chenilles n’ont-elles pas le mal de mer ? Question à trois millions. Soudain, une tourterelle vole pas loin et se niche dans l’arbre. Je me dis alors que la Nature risque d’être sans compassion, sans pitié. Tous ces efforts pour terminer dans le bec d’un volatile. Comme ce serait affreux. Au bout d’une vingtaine de minutes (mon gros camion de TDF est déjà reparti), mon héroïne va bientôt réussir son pari. Contre toute attente, en défiant impunément les lois impitoyables de la Nature ainsi que la loi de la gravitation universelle et le second principe de thermodynamique cumulés. La chenille est à cinq centimètres de la cible. Elle va retrouver sa maman. Elle va pouvoir se reposer un peu en sirotant un peu de grenadine préparée amoureusement par sa douce ascendance. Hélas, trois fois hélas. Le vent est un coup trop fort. N’ayant pas serré assez fort ses mousquetons, la pauvre chenille est éjectée de son fil de soie et retombe jusqu’au sol. Heureusement, son coefficient de raideur est tel qu’elle peut rebondir et amortir tant bien que mal le choc. Mais le souci, c’est que la voilà maintenant de nouveau en bas, et sans moyen de locomotion. Étant donné que le matou s’est réveillé (il vient de se délarver) et qu’il commence à s’intéresser à cette petite vermine qui gigote dans tous les sens, il est appelé aux commandes le grand Deus ex machina de la Nature (à savoir moi-même) qui, d’un bond majestueux, emmène la brave chenille sur une feuille de charme, tel un tapis volant dans les plus fabuleux des contes pour enfants, vers de nouvelles zaventures. Ah non, ce n'est pas une feuille de charme mais d'un hêtre. Un moyen mnémotechnique simple de se rappeler : le charme d'Adam, hêtre à poils (les feuilles de hêtre sont poilues et de charme sont dentées). La chenille débarque alors à la verticale sur le tronc dudit sorbier. Tout de suite, suivant en son fors intérieur une intelligence supérieure, elle se remet à galoper vers le haut, à la recherche maternelle. Cela redandine un max. Les dernières observations de sa nouvelle épreuve laisseraient entendre qu’elle s’est trompée de chemin, n’empruntant pas la bonne branche. Par ailleurs, l’arbre est "jonché" de toiles d’araignées qui attendent avec gourmandise qu’on vienne sonner à leur porte. Ma chenille arrivera-t-elle à bon port ? Saura-t-elle déjouer tous les pièges de la Nature ? Pourra-t-elle contourner les méchantes toiles d’araignée ? Parviendra-t-elle jusqu’à sa Big Mother ? Devra-t-elle faire appel à l’émission "Perdu de vue" pour retrouver sa môman ? Ce sont toutes ces questions qui vont rester en suspens à la fin de ce commentaire, car vois-tu, aimable lecteur, observer une chenille pendant une demi-heure, ça va encore, mais trois heures, franchement, ça me fatigue… Et surtout, ne dis plus que les loques sont des larves. Les larves, c’est rudement bien sportif, j’te dis. Une chenille verte, Qui volait dans l’air. Je l’attrape par les hanches, Je la montre à ces matous. Ces matous me disent : Trempez-la dans l’huile, Trempez-la dans l’eau, Ca fera une grenouille tout chaude. Je la mets dans mon chapeau, Elle me dit qu’il fait trop chaud. Je la mets dans un tiroir, Elle me dit qu’il fait trop noir. Je la mets dans ma culotte, Elle me fait trois têtes de linotte ! Musique : http://www.youtube.com/watch?v=1JTWpvWBnj0 http://www.youtube.com/watch?v=1TdpJQJXnJM

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    C’est un bien gentil garçon. C’est une bien gentille fille. Rapidement, ils se sont échangés les numéros. Il a réussi à ramasser le courage étranglé dans les nœuds de ses intestins pour le faire remonter dans son index droit : zéro, six, …. bip, bip, bip, bip, bip, bip : il l’a appelée. Et comme au premier appel on a une légère trouille on a le cœur qui bat on écoute la voix, le timbre et les intonations d’avantage que la discussion - laquelle n’a souvent aucun intérêt ; parce qu’on navigue à vue, parce qu’on ne sait pas quoi dire, alors, il ne savait pas pourquoi, ni comment, ni par quel biais, par quel interstice, lors de quel virage, comme s’il était tombé du décousu de la conversation, Van Damme avait surgit et s’était incrusté entre eux. Il avait parlé de Van Damme qu’il admirait, puis avait continué sur Van Damme, car il était gêné de parler à cette inconnue, et qu’il essayait de décrypter sa voix, et qu’il essayait de deviner sa bouche, ses yeux, ses cheveux tombant en boucle comme sur la photo ; il avait parlé de Van Damme pour se raccrocher à n’importe quel sujet pourvu que ça fasse un peu d’écho, mais là ça tombait vraiment bien, parce que Van Damme, ah comme il développe, Van Damme ah quel coffre, Van Damme ah quelle attaque, Van Damme ah quel registre de poitrine, bref elle aimait beaucoup Van Damme. Oui ça tombait bien il avait de la chance, il avait presque tous les DVD, et d’ailleurs pourquoi ne pas nous voir, justement y’a un truc un peu exceptionnel avec Van Damme qui passe ce soir au ciné, tu sais, le rôle du Commandeur, pas loin, un truc qui envoie, en 3D. Au ciné en 3D ? Oui, elle est étonnée, c’est surprenant ce genre de diffusion, mais en France on est éduqués, c’est pas comme aux States, ou partout ailleurs où le cinéma est sinistré, en France on a une culture. Bon, ben, d’accord, je veux bien, on pourra faire « plus ample connaissance », bien que ce soit peut-être un peu tôt je suis intimidée, mais d’accord, on s’y retrouve c’est où ? Pas loin pas loin à tout’ à tout’ on raccroche en tremblant. Et on a la sentiment de n'avoir rien dit mais gros d'espoir d'avoir encore tout à aborder. Et puis c’est la rencontre. Elle est en retard, elle court, ils se reconnaissent, vite c’est commencé, il a pris les billets, les lunettes rouges et bleues, il l’entraine au premier rang, malgré les sièges vides partout, malgré les trois pélés et le tondu éparpillés dans ce cinéma déserté. Vite, mais il a le temps de lui chuchoter : « au premier rang on en prendra plein la gueule ! ». Alors seulement elle prend conscience des explosions sur l’écran, du vacarme de l’hélicoptère et des mitraillettes, elle comprend qu’elle ne verra pas José - son van Dam à elle - ni Leporello, ni Dom Juan, ni la statue du Commandeur, ni Mozart, ni Losey. Par contre elle peut arrêter de faire sa moue de bourgeoise intellectuelle contrariée : qu'il se désintéresse manifestement de sa présence, depuis qu'ils sont assis, n’est pas en soi une mauvaise nouvelle : elle pourra peut-être s’enfuir. Car il est à ce point absorbé qu’il dodeline de la tête pour éviter, avec son Van Damme à lui, les coup des méchants, en marmonnant « ouais, ouais … on en prend plein la gueule… on en prend plein la gueule…» Mais il ne faut pas lui en vouloir de la délaisser, parce qu’au street fight, dans l’ultime combat, et avec des lunettes 3D, c’est sûr : on est complètement dedans, bien connecté...« aware ». La célèbre photo : http://www.siroko-web.com/wp-content/points-communs-pour-siroko-copie.jpg

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    Appeler sa compagne, sa moitié, quelle curieuse expression ! Et pour d’autres, son double, faudrait savoir ! Ma mie, comme une demie amie ? Vous savez, ma femme, elle me dit toujours que pour la séduire, il lui faut 3 conditions : qu’elle m’admire, que je la fasse rire, et que je lui fasse bien l’amour. Même si un homme averti en vaut 2, quel boulot, dites-moi ! « Femme qui rit à moitié dans son lit », mais comment faire pour avoir l’ensemble ? Pour peu que ce soit une jolie fleur dans une peau de vache, si je la fais rire, me reste-t-il la crème ? Sans compter (si j’ose dire) que si elle me trompe, que je suis cocu, je reste un entier qui partage sa moitié avec un tiers. Ca se complique singulièrement ! Allez Raymond, commandons ce demi, buvons en la moitié, il ne nous en restera plus !

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    Trente-sept heures. Pas une de plus. C’est ce que tous les journaux ont annoncé depuis un jour pour parler du grand voyage en Chine les jeudi 25 et vendredi 26 avril 2013. Ils ont même insisté pour dire que c’était vraiment très très peu, pour visiter tout. Pour aller à Pékin, Shanghai, Canton, et plein d’autres endroits où se trouvent les nouvelles usines du mooooonde. Que ce n’est pas étonnant que la France n’a que 1,3% de parts du marché chinois, en faible régression depuis vingt-cinq ans. Alors que l’Allemagne, elle, en a 5,3%, en légère augmentation. Pas étonnant quand on sait que la mère Angela y est allée neuf fois déjà, et pas pour quelques heures, ses séjours durent au moins cinq ou six jours. Sur une chaîne info, d’ailleurs, jeudi soir, un commentateur expliquait qu’à l’époque gaullienne, on misait avant tout sur la rencontre des hommes d’État, tandis que maintenant, on miserait seulement sur les préparations avec les conseillers des princes, d’où la moins grande nécessité de prendre du temps pour faire connaissance (Xi Jinping, le Président chinois est tout nouveau depuis mars et est assez imposant, question corpulence ; le Président français a l’air frêle et chétif à ses côtés). Schneidermann, qui est abonné à France Inter, a noté le vendredi matin que ces moqueries n’étaient pas vraiment raisonnables. Jean-Luc Domenach est sans doute l’un des plus grands sinologues français (il est même dans la base de pcc ; c’est dire sa notoriété !!!). À soixante-huit ans, il a publié une dizaine d’essais sur la Chine, et considère que la Chine n’est pas encore prête pour la démocratie et les droits de l’Homme. C’était l’invité de la radio publique pour dire que la brièveté n’était pas très grave : « Très bien. Il y consacre le temps qu’il faut y consacrer, pas davantage. Il n’aura pas besoin de faire antichambre ». Tant pis pour les grasses matinées et les soirées au bord de l’eau. Le roi de France n’y est d’ailleurs pas venu tout seul. C’est le voyage présidentiel le plus fourni depuis un an : près de soixante-dix Français l’ont suivi dans la délégation, huit ministres dont Fafa, et aussi Raff (à qui Nico avait proposé l’ambassade à Pékin), Titine-du-Nord, et plein d’entrepreneurs. Ce n’est pas nouveau. Chichi faisait aussi ce genre de déplacement plus commercial que politique. Cela a l’air d’ailleurs de fonctionner puisque la France a déjà réussi à faire signer à leurs partenaires un contrat d’intention d’achat de soixante Airbus à la Chine. Bon, je ne sais pas ce que vaut l’intention à Pékin, mais c’est mieux que rien. Quel étrange pays que cet empire. Dernière puissance du communisme marxiste et donc anticapitaliste par essence, et en même temps, le vrai eldorado du capitalisme et de l'ultralibéralisme, de l'exploitation des ouvriers, de l'interdiction des drois syndicaux, des droits politiques etc., là où se forment chaque année le plus de millionnaires dans le monde. Le problème reste récurrent, une vraie quadrature du cercle : comment faire des affaires avec la Chine, l’un des rares pays économiquement rayonnants (même si le rayonnement est en train de pâlir), et essayer en même temps d’influer sur les droits de l’Homme et la démocratie ? La réponse se trouve dans un unique mot : hypocrisie. Langue de bois. Double langage. Parler des droits de l’Homme n’est utile que pour son propre pays, pas pour le pays visité, donc, il suffit d’en parler très discrètement et d’en faire un tintamarre chez soi. Le problème, pour son prédécesseur direct, c’est que cela avait abouti à l’inverse, en 2008, les Chinois vexés et les Français indifférents. Pourtant, la Chine populaire et la France ont noué des liens de coopération privilégiés puisque, grâce au Généraaââaal, la France avait sorti le 27 janvier 1964 la Chine de son isolement diplomatique. Après tout, la France ne pouvait pas exclure d’un revers de main un peuple et ses quatre mille ans d’histoire… (surtout quand il habille et fait jouer la plupart de ses citoyens). Sur la Chine, quelques autres sujets... http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-musique-33271.html http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-cinema-42780.html http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-musique-68450.html http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-lecture-71851.html http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-cinema-101485.html

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  • 04/30/13--13:12: Vague à l'âme par Street
  • Qu’avait-il encore à leur offrir ? Parfois il se le demandait. Bien sûr, il pouvait encore leur donner du plaisir même si lui-même commençait à se lasser après leurs premiers émois, quand il avait compris comment elles fonctionnaient. Mais il y avait la magie des mots. Certaines savaient faire naître des univers nouveaux. C’était comme si elles agrandissaient l’espace, construisant pour lui des mondes peuplés d’histoires, de personnages et de couleurs, mélange parfois de fiction et de réalité qui le charmait. Il y avait aussi leurs visages, celles qui l’attendrissaient avaient su garder une expression d’enfance, un trésor secret d’émotions qui habillaient leurs mots. Elles passaient, se reposaient auprès de lui, réparaient parfois quelques blessures puis s’en allaient en s’excusant mais il ne les retenait jamais. Le lien se distendait progressivement. Il les voyait reprendre des couleurs, des forces et puis un jour, elles s’envolaient comme les oiseaux blessés qu’il recueillait enfant et qu’il relâchait quand ils étaient guéris. Et, il avait autant de plaisir à les recueillir qu’à les voir reprendre leur liberté. Une fois seulement, il en avait vraiment été affecté, la première. Elle était entrée dans sa vie comme un coup de vent frais, une brise légère qui était venu aérer la vie studieuse et austère qu’il avait alors, quand il était tellement sérieux et qu’il croyait encore à ses idées. Elle était là assise face à lui. C’est son béret rouge vissé sur la tête dont quelques mèches châtaines s’échappaient qui avait attiré son attention. La plupart du temps, ses yeux semblaient perdus dans le lointain sauf quand elle se mettait à prendre des notes. Un jour, elle était venue lui poser des questions à la fin du cours et il avait été sous le charme. A cette époque, il était encore jeune et plus entreprenant qu’aujourd’hui où la plupart du temps c’était les femmes qui prenaient l’initiative d’un rendez-vous avec lui. Il l’avait invitée à prolonger la conversation dans le café où il se rendait habituellement et ils ne s’étaient quasiment plus quittés. Il adorait sa spontanéité, sa fraîcheur et sa curiosité. Elle voulait écrire un roman mais elle remettait toujours le passage à l’acte. Cependant, elle lui en racontait la trame, les personnages qu’elle envisageait de créer et dans ces moments là il la regardait avec ravissement tellement elle semblait vivre ses récits. Un jour, un matin plutôt, elle avait disparu. Quand il s’était réveillé, elle n’était plus à côté de lui, elle avait emporté sa valise et les quelques objets ou livres qu’elle avait amenés avec elle. Il avait été perdu pendant quelques jours, ne sachant quelle action entreprendre, réalisant qu’il ne connaissait pas son passé, ne sachant qui contacter ni à qui s’adresser. Puis un jour dans l’amphi, il avait aperçu son béret rouge, son cœur s’était mis à battre plus vite mais il n’avait pas interrompu son cours. A la pause, il s’était précipité mais elle était déjà partie. Quelques jours après, il avait reçu une lettre dans laquelle elle lui expliquait qu’elle avait besoin de vivre pour pouvoir écrire son roman qui comptait plus que leur amour et qu’elle lui demandait de ne pas lui en vouloir. Pendant quelques années, il en avait été profondément affecté, avait espéré son retour, guetté même la devanture des librairies dans l’attente de ce fameux roman mais rien de tel ne s’était jamais produit.

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    La clinique psychiatrique est une permanence dans la pratique algologique courante. Plus de la moitié des douloureux chroniques présentent une symptomatologie psychiatrique associée. Cette clinique psychiatrique est classiquement : * soit secondaire à la douleur organique (douleur « cum materiae ») entraînant dépression et/ou anxiété par exemple, * soit primum movens sans substratum organique factuel (douleur « sine materiae »). Ce découpage est néanmoins plutôt artificiel car la pratique clinique montre d’incessantes interactions entre douleur chronique et dépression. Les traits de personnalité peuvent être communs, avec ce décodage des évènements de la vie. La neurobiologie montre la prégnance des deux mêmes neurotransmetteurs la sérotonine et la noradrénaline. L’efficacité antalgique des antidépresseurs et plus particulièrement des tricycliques n’est plus à démontrer. La psychanalyse avance que la douleur chronique peut avoir 3 grandes fonctions dans l’économie psychique : éviter la dépression et ce sera la « douleur anti souffrance » ,éviter l’émergence psychotique et enfin la notion de masochisme gardien de vie. La science défend aussi les bienfaits de la tristesse, elle serait bonne pour la santé car elle aide les personnes à changer leur vie en mieux. Serait-il dangereux de soigner ces épisodes par des médicaments ? Remarquons l'intolérance de la société pour la tristesse causée par la perte d'emploi, la perte d'un proche ou la fin d'une relation amoureuse, et le primat du bonheur personnel au-dessus de tout le reste. Le recours systématique aux médicaments pourrait affecter l'évolution de l'Homme. La dépression aurait permis la survie des espèces depuis des milliers d'années, obligeant l'humain a penser et à changer.

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  • 04/30/13--06:24: Peaux de banane par Loumir
  • Des peaux de banane, on en glisse sous nos pas. Je ne sais pas vous mais moi, je les vois et les biffe d’un trait de plume, heu … non, les écrase à coups de talon, et mon poing dans leurs gueules. Ou ne les vois pas, et les contourne innocemment. Jamais je ne me vautre. Maléfique propriété mais pas que, et je la laisserai aux malicieux leur conseillant toutefois d’autres usages comme celui de cirer les pompes, au sens littéral des mots. Plutôt que les semer au risque (calculé) de faire trébucher, mieux vaut les conserver et jouir de leurs nombreux bienfaits. Ce n’est pas Juanita Banana mais Milena Boniolo, brésilienne, et chimiste, qui a découvert qu’avec 5 milligrammes de poudre de peaux de bananes séchées on pouvait assainir 100 millilitres d’eau polluée. La banane et sa peau participeraient donc au développement durable. Et ce n’est pas Mlle Rose, au nom prédestiné, qui le contredira puisqu’elle conseille de les mettre aux pieds de nos rosiers friands du potassium qu’elles contiennent. Les siens le lui rendent bien, parait-il, en offrande de fleurs nombreuses et d’éclatantes couleurs. Ce n’est pas tout, si la peau de banane est écolo, elle a aussi quelques petites vertus thérapeutiques et soulage ainsi piqûres d’insectes, éraflures et brûlures légères. Bonne pour le corps, donc, et pour les peaux (à problème), car à l’inverse des chaussures qu’elle lustre, elle en absorbe l’excès de sébum et peut éviter à certains de sembler exsuder l’huile (trop dégueulasse !). Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin, et ça devra rester entre nous. On pourra trouver dans le Anarchist Cookbook, pour un usage récréatif, la recette originale du Banana Spliff. Un truc dans le genre (ça c’est la recette de Maître Luigi) : ‘’-vous prenez une peau de banane et avec le couteau vous grattez les restes de peau blanche dans la partie interne de la peau (d'où viennent les fils) mais surtout pas la peau (couleur jaune :D). -regrouper ce que vous avez coupé et former une pâte qui devrait tenir dans la main. -passez un léger fil d'eau sur la pâte. - bien l'étaler sur une poile (le plus possible limite comme une crêpe) - mettre la poile sur une plaque de cuisson et chauffer (thermostat max) -votre crêpe doit maintenant avoir une couleur orangée et brulée à ses extremités -la retourner si vous y arrivez ou sinon déchiqueter la en la retournant. -quand les cotés sont bien orangés ou noircis la poser sur une feuille ou n'importe où’’. Bon, allez, je me moque. La bananadine, c’est un mythe qui s’était répandu dans la communauté hippie et qui perdure depuis les années 60. Le gouvernement américain et le FDA ont dit que ça n’existait pas. De mon côté, vous pensez bien que j’ai essayé, j’avais 11, 12 ans environ et je n’ai pas plané. Rien ne vaut une bonne Marie Jeanne ! *Un peu de produit et deux feuilles de papier Je fume un baboulin et dans les draps je vais plonger ! A la sieste ! *Massilia Sound System (Frit Confit)

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  • 04/29/13--12:20: Le psy 13 par Annainessa
  • Bonjour Docteur... Mon Dieu mais c'est vous Bernadette ! Oui Dr Faymoymal ! Mais que vous est -il arrivée ? ça fait un an ! J'ai fait une dépression post prandial ! Qu'est ce que c'est que ça encore ? Un jour j'ai mangé des moules farcies et je suis tombée en dépression Les moules étaient-elles sous anti dépresseur ah ah ! excusez moi je n'ai pas pu me retenir ! Mais vous ne comprenez donc pas ? Quoi donc ? Je suis devenue une morte vivante ! Une moule vampire alors ! avez vous fait une cure d'ail ? Pfff ne soyez pas dur Docteur ! Euh..je ne le suis pas en ce moment, bon bref... Je ne pouvais plus rien manger Un petit régime ne fait de mal à personne ! Je ne dormais plus Vous avez pu relire l'Anthologie de l'histoire de France de la moule basque alors ! Je n'avais plus aucun désir Une moule qui atteint le nirvana, une première ! Je me recroquevillais en mon fort intérieur Vous n'avez pas eu de crampes ? J'étais dans le noir, perdue, désespérée Bernadette, il suffisait de rallumer la lumière ! J'avais des angoisses terribles Une moule angoisée, expliquez moi J'avais peur d'arreter de respirer Ah oui, voilà qui serai fort ennuyeux J'avais peur de m'étouffer Je me demande avec quoi une moule pourrait-elle bien s'étouffer...à creuser ça Le silence m'envellopait comme un linceul funeste et sombre Dites donc, mais vous nous avez fait une petite dépression là ! C'est ce que je suis en train de vous expliquer depuis une heure ! Ah oui c'est vrai, et en avez vous parlé à votre médecin ? C'est vous mon médecin je vous le signale ! Ah oui effectivement c'est encore vrai, mais où étais-je donc ? Aux iles Caimans, pendant 6 mois m'a dit votre secrétaire Ahhhhh oui je me souviens, j'avais un problème avec mes compt...non enfin je veux dire j'étais en congrès sur le thème de "le patient dans le non dit de ce qu'il dit sans l'avoir dit" très intéressant ! Bon en tout cas vous n'étiez pas là ! Je ne suis pas le capitaine spoke, je ne me téléporte pas ! Vous m'avez abandonnée ! Je n'abandonnerai jamais une moule en détresse ! Du coup je suis allée voir un autre psy Ah oui qui donc ? Le Dr Filetonblé eminent collègue ! A 150 euros le quart d'heure ! Un ponte dans son domaine ! et qu'a t-il dit ? Rien ! Comment ça ? Il m'a regardé Bon c'est déjà ça ! Pendant que je parlais Avait-il le choix en meme temps ? Puis à la fin il m'a tendu une ordonnance Et que vous a t-il prescrit ? Un bol de riz matin midi soir ! Euh je ne vois pas bien... Il a dit que c'était de la médecine traditionelle ! Quoi ! hum ! bon ! d'accorrrrd...bon on va en rester là pour cette fois... D'accord...je vous paye en grains de riz ? Euh...

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  • 04/27/13--15:42: Brumes... par Annainessa
  • Brumes matinales Envie d'incertitudes Sur un seuil de quiétude Et de douceur estivale De chercher encore J'en rêve sans effort A l'orée de ce qui fait bruit Pas à pas je me suis Fractures nocturnes Brillent sous la lune Dans le silence des corridors Se faufile mon angoisse de mort Je ne te lâche pas Volatile essence qui danse Au delà des contrebas Des horizons qui se pensent Ma main contre ton coeur J'écoute tes murmures assourdis Sais tu les leurres Sur la rive des indécis Dévaste la vie Sans qu'elle ne t'oublie Dévore l'envers du décor Et aime ce qui est "encore"

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    En ce jour d’avril je suis le veilleur du crépuscule, la ville est belle au soleil couchant. Seul à l’abri de ma cage de verre je la vois comme jamais il ne m’avait été donné de la voir auparavant. J’ai vécu toute ma vie dans ces lieux et je m’aperçois que je n’avais fait jusqu’ici qu’y passer, toujours en mouvement vers quelque part où aller, quelque chose à faire, quelqu’un à voir… Lorsque j’ai su, je me suis proposé comme veilleur par curiosité, par envie de faire quelque chose de neuf. Mais il me faut au contraire, l’espace d’une heure, ne rien faire et me contenter d’être là immobile. C’est étrange au début mais l’angoisse légère se dissipe et je ressens un profond bien-être. Je regarde en contrebas les toits baignés de lumière rose et leur reflet sur la rivière, j’entends le moindre bruissement du feuillage, je me sens intensément vivant… Et puis je songe aux autres, à tous ceux qui vivent dans ces maisons où ils se réunissent au chaud pour le dîner familial mais aussi à ceux qui sont seuls, à ceux qui souffrent, à ceux qui dormiront peut-être dans la rue... Plus le soir tombe et plus je suis exposé dans mon cube vitré, ma solitude est offerte à tous, un homme me regarde depuis sa fenêtre éclairée et je me demande ce qu’il peut bien penser de moi à cet instant. Je regarde l’homme qui veille debout dans sa cage de verre et cela me fascine. Lorsque j’ai su, je ne me suis pas proposé comme veilleur et maintenant il est trop tard. J’aimerais être à sa place mais voilà j’ai été comme toujours trop prudent, trop hésitant et les inscriptions ont pris fin... Depuis des mois je reste tous les soirs longuement accoudé à ma fenêtre à regarder la sentinelle du jour. Il me semble ressentir un peu de ce qu’elle ressent seule tout là-haut. Il me semble que nous sommes tout d’un coup très proches elle et moi, que nous partageons un instant précieux… Et puis j’aime cette idée d’avoir quelqu’un qui veille sur moi, même si je sais que ce n’est qu’une expérience théâtrale, elle atténue cette sensation poignante qui m’étreint toujours à la tombée du jour. Ces hommes et ces femmes me rappellent les anges de Wim Wenders perchés sur les toits de Berlin pour mieux voir les habitants de la gigantesque ville et parfois se porter invisibles au secours de l’un d’eux…Finalement, même si j’ai été le premier à railler ce projet un peu fou, j’aime aujourd’hui l’insolite et la poésie qu’il a introduits dans la banalité de ma vie. Je songe que j’aurai le bonheur de terminer et de commencer ainsi mes journées jusqu’à l’automne et cela me rend heureux. (Les « veilleurs de Laval » est une performance théâtrale pour 730 participants volontaires et bénévoles conçue par Joanne Leighton. Les designers scénographes Benjamin Tovo et Nounja Jamil ont conçu la loge qui accueille les veilleurs et s’intègre dans le panorama du jardin surplombant la ville. Pendant un an, du 15 septembre 2012 au 15 septembre 2013, au lever et au coucher du soleil, une personne se tient seule une heure dans une cabane vitrée et les habitants de Laval peuvent voir sa silhouette immobile se découper dans la lumière. Pendant que le veilleur accomplit sa veille, il est lui-même veillé de l’extérieur par un accompagnateur qui le prend en photo et recueille ses impressions à la fin de la performance. Tous les témoignages et toutes les photos sont consultables sur le site « Les veilleurs de Laval », j’en ai sélectionné une dizaine dans ma galerie).

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  • 04/23/13--15:36: Mélancolie... par Muneera
  • Quelques notes de piano, enivrantes, planantes, répétitives, lancinantes, j'y suis... Dans cet espace sans fond, entre deux eaux, je flotte. Plus rien n'a d'importance, plus rien n'existe, l'irréel régit le présent, c'est un songe, c'est mon rêve, un voyage inconscient, comme une méditation. La glace se fige, craque, le froid me glace, le vent souffle, je suis le froid... Je plane à quelques centimètres du sol, jusque dans ces lieux profonds et denses. Le ciel est plénitude, la mousse iodée échoue avec indulgence sur cette bande de terre abandonnée, Là ou les bois portent ce manteau d'hiver, protecteur, La rivière est souterraine, la verdure est prise au piège sous cette chape de cristaux... Là ou autre chose est à attendre, pas a pas, changeant de peau, éternel recommencement... Laissant les traces de la nuit pour que la lumière s'infiltre. Mais pas encore, c'est trop tôt. Le ciel se voile, triste, il neige. Plus d'horizon, plus de futur pendant quelques instants, juste le silence d'un présent incertain. Mais la vie est là, je suis témoin. Une ourse polaire, immaculée, et quatre petits, je la vois courir, je la suis, je la surveille avec cette même bienveillance d'une mère pour ses enfants. J'imagine le poids de cette survie, non, je n'imagine pas, je le sais, je le connais, je le porte... Je vois les montagnes au loin, Je suis prise dans un tourbillon... de doutes et d'espoirs. J'écoute les sons, le vent sifflant dans les fentes coupantes des rochers, le long des aiguilles de pierres, a l'étage glaçant de l'incertitude... Dans cette nature je reposerai alors que ce monde implosera, je reposerai lorsque mon monde s'écroulera, il se fissure déjà. Spectateur de nos heures dernières, souterraines .... accessoires... Puis le poids de cette transmission impossible. - Maman, tu m'accompagnes jusqu'à mon lit? Ma vue se brouille... - Maman, reste avec moi.... http://www.youtube.com/watch?v=KRrX80qdaTI http://www.youtube.com/watch?v=PXkc2GLPl6I

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  • 04/23/13--05:14: Mon Australie par Chris3669
  • Il y a 25 ans que je vis en Australie, down under, de l'autre cote de la planete. J'y suis partie pour voir le pays qui avait gagne l'America's cup, le pays ou les bebes se font devorer par les dingos, le pays ou le premier ministre de l'epoque disait que 'un patron qui ne donne pas un jour de conge a un employe qui a la gueule de bois est un con'. Le pays de 'Midnight Oil, Nick Cave, Joe Camillieri. J'y suis restee, pour les paysages, les arbres, l'odeur du bush, le soleil, le sens de l'humour, la facon dont les gens ne se prennent pas au serieux et apprecient l'absurde, pour les passagers qui disent merci et bonsoir en descendant du tram, pour la force de l'immigration et la fusion des cultures, la curiosite entre les cuisines, les musiques. Oui bien sur il y a chaque annee des idiots qui se font devorer par les crocodiles (mais ce sont des touristes) des araignees venimeuses qui vous mordent dans le jardin (mais ce n'etait pas de sa faute, c'est moi qui ai mis ma main dessus) des requins, et des serpents. Mais aussi des koalas. Bientot je rentrerais en France, mais seulement en vacances.

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  • 04/22/13--08:47: le badaud par Ashaninka
  • Les choses arrivent les bouches se font muettes, les mots sont incertains, les voilent se lèvent, le temps court, tant de gens disparaissent, le badaud ne se rebelle, il regardait le feuilleton... Je ne peux user l'écrit pour changer ce que je crains je ne peux pointer la zébrure du fouet du sermon mais je fais avec plaisir ce qui m'a été imposé le badaud ne se rebiffe il regardait le feuilleton... la profondeur du trou a des mesures ensablées, la liberté muselée, de confort est évincée, jusqu'à mes victoires n' ont été que provisoires le badaud ne renâcle il regardait le feuilleton... Quelconque information, il l'efface de sa mémoire, sa grande ambition? Très peu il ne la révèle, en a t'il seulement le pouvoir? Il dit se tordre pour un poteau mais seulement après le feuilleton... Il a beaucoup travaillé bien sûr sans intention, bien moins avec conviction, plutôt sous la résignation. IL est un monde de gens bons qui attendent d'être remorqués en raccrochant les wagons. Mais le badaud ne se soulève, il ne s'affirme ni ne se positionne, il regardait le feuilleton et le grand spectacle, de la médiocrité de sa vie. En attendant docilement la fin rêvant d'une meilleure existence sans oser y mettre le prix, pour avoir perdu la foi.

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    Bonjour mes amis. Ce soir, j'aimerais vous faire part d’une grande découverte à propos de l’une de mes nouvelles passions : le puzzle. Ma passion du puzzle va, actuellement, jusqu’à supplanter la passion que j’éprouve à venir sur pointscommuns : c’est vous dire ! Tous les amateurs de puzzle savent qu’il faut toujours débuter par la construction du bord du puzzle, puis remplir graduellement l’intérieur. Il s’agit donc, lorsque l’on commence le puzzle, une fois la boîte ouverte, de se mettre à trier l’ensemble des pièces formant ce bord avant de les ajuster. L’opération est fastidieuse. C’est la première d’une longue série d’opérations fastidieuses qui font la joie du faiseur de puzzle. Ces pièces de bord ont ceci de spécifique qu’elles ont un côté coupé droit. Eh bien, hier - vous me croirez ou pas - j’ai eu l’intuition que ces morceaux spécifiques, puisque tronqués sur l'un des côtés, devaient être, par voie de conséquence, moins lourds que les autres. Ainsi, pour vérifier cette pensée supérieure qui m’habita un bref instant (et la mettre à profit), je suis sorti en courant acheter un Ravensburger 3000 pièces chez mon marchand de puzzle, et je l'ai ramené fébrilement à la maison (le Ravensburger, pas le marchand de puzzle). Je l’ai secoué 5 bonnes minutes (le Ravensburger) avant de le laisser reposer quelques heures. Quand je l’ouvris, les pièces du bord - les plus légères - comme celles des contours du rêve qui s’échappe au réveil - étaient remontées à la surface. Je n’ai eu qu’à cueillir cette fine fleur, à la façon dont on cueille la mince couche de cristaux blancs dans les marais salants, pour avoir d’un coup, toutes rassemblées, les pièces de mon bord de puzzle. C'était merveilleux, merveilleux! J’étais bien content. Ma seule tristesse est de ne pouvoir communiquer cette grande découverte à mon ami Bartlebooth - puisqu’il repose mort et enterré comme tant d’autres héros romanesques, dans le caveau de ma bibliothèque. ---- « C'est le vingt-trois juin mille neuf-cent-soixante-quinze et il va être huit heures du soir. Assis devant son puzzle, Bartlebooth vient de mourir. Sur le drap de la table, quelque part dans le ciel crépusculaire du quatre cent trente-neuvième puzzle, le trou noir de la seule pièce non encore posée dessine la silhouette presque parfaite d'un X. Mais la pièce que le mort tient entre ses doigts à la forme, depuis longtemps prévisible dans son ironie même, d'un W. » Georges Perec "La vie mode d’emploi " (p.600 de mon édition) PS 1: Pour comprendre pourquoi le X, le W, et l’ironie, il faut lire Perec. PS2 : J’ai lu ceci sur wikipedia qui m’a fait pensé à une camarade de jeux sur pcc, que je trouve d’un drôle - mais d’un drôle - quand elle s’y met : Le saliculteur cueille la fleur de sel à l'aide d'un outil nommé "lousse".

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  • 04/22/13--08:47: Vaches Maigres par Ashaninka
  • J'aime observer ce qu'il se passe la démocratie a été le domaine de la majorité désinformée lancé par une voix enflammée avec des mots de non sens . Je suis impressionnée par l'océan de cupidité s'insinuant parmi nos représentants dans la course de la vanité le Pire se surpasse. Même de me farcir ce que je refuse m'est imposé et facturé j'aime observer ce qu'il se passe Là où l'ignorance est fluide pour atteindre un succès il faut faire abstraction du vrai talent Je suis impressionnée par les tempêtes de poisons remplaçant les encouragements Dans la course des indécents tous arrivent finalistes comme innocents.. Même de me farcir ce que je refuse m'est imposé et facturé mais... J'aime observer ce qui se passe...

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    Toi fou qui cours parfois Dans mes bois mes bois z'à moi, Aucun loup nié n'y est. J'aurais bien du en placer un, Qui t'attende au coin du bois Pour te croquer le bout d'la queue T'attraper les dents qui claquent Un pour se frotter le long de toi. Dans mes bois mes bois z'à moi, Des fleurs sauvages ont fait leur nid Des vents tempêtes se donnent le mot Pour jouer et se déjouer de tout de moi de toi. Il est tout fouillu mon ptit bois z'à moi, Et pourtant je l'aime et je m'y sens bien ; Je guette quand tu t'y perds ou t'y promènes, Toujours menton au ciel et nez au vent. Mais je ne sais jamais, dans mon bois z'à moi, Si l'on traverse sans se retourner, Si l'on s'attarde en pas langoureux, Si l'on sait ne pas passer le temps, Si l'on pense à goûter ce miel qui coule lentement là-bas, Toutes choses que parfois je vois Et qui aussi souvent disparaissent, Dans un vilain coup de sang Ou de patte de mon loup invisible.

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    Le cerf Tout est calme - alentour - les arbres qui s’endorment, Jettent leurs derniers feux chargés de lourds rayons. Leurs branches, de longs bras, s’entrecroisent ; haillons, Que berce l’infini souffle qui les déforment. Des âmes - qu’un soleil - happe en brûlant plus fort, Traversent, çà et là, des rideaux de lumière. Des voiles suspendus qui tombent en arrière, Belles larmes des bois qui montent… sans effort. Entre les rais tremblants, des ondes… se caressent Et jettent sur les troncs tristement endeuillés, Une aube - un peu du ciel - aux auvents effeuillés, Il s’approche ! Ecoutez… les arbres se redressent. Lorsque la nuit descend, frissonne… lentement, Rien ne bouge et pourtant quelque chose, murmure, C’est l’instant ; où, sans bruit, se berce la ramure, L’esprit de la beauté, ô, l’émerveillement. Soudainement au loin, apparaît, parmi l’ombre, Une nappe, un long drap, doucement déposé ; Comme l’aurore étend sur le front ; arrosé, De l’horizon - sans fin - l’étole qui l’encombre. Les feuilles sur le sol, détrempé et bourbeux, Se soulèvent - dans l’air - la brise tremble, encore. Il est là ! Et son front couronné, se décore, D’étoiles au berceau de ses grands bois ; herbeux. Sa patte sur le bord, du fossé semble un lierre, Au balcon festonné de la Nature, et l’or De ses prunelles, luit, semblant dire au décor : « Je suis l’herbe, le feu, le ruisseau et la pierre ; Ce qu’on ne voit jamais - je suis… la majesté ! » A travers l’ombre et l’eau, il s’avance en silence Et sur son mufle gris, la lune se balance, Puis, boit le soir tremblant ; d’un long brame attristé. La jeune fille à la perle (d'après le tableau de Johannes Vermeer) Une lueur surgit d’un profond crépuscule ; S’imprime et le regard, agrippé se recule. Voyez où le blanc, dort et lui fait un licou ; Aux linges de l’azur, elle tourne son cou, Comme une fleur qui boit les rayons et respire ; Elle prend le soleil, sur sa bouche et l’aspire ; Aux marges de ses yeux, une tristesse attend Et d’un souffle - à regret - l’exhale en un instant. Alors que sur le coin de ses lèvres pourprées, S’allongent les reflets, qu’aspergent, diaprées, Sur l’incarnat marbré ; les gouttes et la peau, S’enturbanne un tissu qui lui fait un chapeau. Elle parle et les mots - sa tête qui oscille - Se perdent où le jour, près de l’ombre ; vacille, Elle la penche, et l’on voit une étoffe en plus, Naissant sous le lilas, les jaunes chevelus. Tes lèvres (Sonnet pour un amour) Mêmement - par un trait, elles sont soulignées Et s’ourlent du tissu que craquèlent les mots. Peut-être aussi le vent et le froid - les marmots, Que chasse tôt, l’amour aux joues égratignées. Aimablement - par deux - elles sont alignées, L’une sur l’autre, dort, enfants de nids jumeaux. J’aime m’y allonger comme font les rameaux, Que l’arbre jette au sol en branches résignées. Me coucher tendrement sur le tapis mouillé, Des feuilles où le roux à la moiteur… ombrée ; Bordent un lit - buisson de roses - fendillé. Si tu es l’aube - un ciel - à la douceur ambrée Moi, je suis l’horizon ; caresse d’un baiser, Ma lèvre que la nuit n’a pas su apaiser.

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    Elle m’avait dit « Il peut tout faire il est bon dans tous les domaines, il est juste un peu lent parce qu’il manque de confiance en lui » Ca c’est de notre faute lui ai -je répondu, on lui répète souvent qu’il faut s’appliquer à faire les choses bien, plutôt que vite et mal » Alors moi la bonne à rien finalement j’avais mis au monde un enfant doué pour tout. Mis au monde, mais pas abandonné au monde, pas décidés son père et moi à ce que le monde moderne exige de lui qu’il fournisse un travail rapide et bâclé. Plus tard il a appris à travailler vite et bien en alliant la tête et les jambes, une pause dans sa scolarité, un besoin de confrontation au travail concret et aux gens, d’indépendance financière aussi. Après quelques années il a décidé de reprendre le chemin des études. Dans certaines familles, étudier est considéré comme une perte de temps et réfléchir comme un manque de virilité. Il faut être courageux pour braver les interdits tacites. Je n’ai pas eu ce courage, pas totalement. Aujourd’hui encore lors de ces réunions familiales, je parle haut et fort, je ris gras pour m’adapter à mon environnement, j’utilise un vocabulaire restreint, je me fonds dans la masse. Pas lui. Il ose être intelligent. C’est le plus grand des courages, oser être soi-même en toutes circonstances. Je sais que son envie de continuer après sa licence va délier les langues et faire grincer des dents, « 25 ans et encore à la charge de ses parents !, continuer pour faire quoi un master ? ça sert à quoi ça ? à être au chômage dans deux ans oui !» Et je fais exprès, et j’enfonce le clou « ah de toutes façons avec ce genre de master, c’est pas terminé, après il faut passer des concours ou entamer une formation professionnalisante. Et je ris sous cape, et je regarde leur pingrerie déformer les traits de leurs visages, même par génération interposée ça leur coûte ! Et je vois mon môme s’épanouir à mesure qu’ils se recroquevillent, Et je me dis que mon père avait tort quand il disait que je n’aurais rien, je n’ai pas eu de diplôme c’est vrai mais je suis fière de cet enfant devenu grand dans tous les sens du terme. Ouais d’accord mais qu’est ce qu’il peut en foutre de ta fierté ton fils ? J’sais pas, s’abriter dessous quand parfois il perd confiance, S’en servir comme d’un trampoline pour gravir une marche qui lui semble infranchissable Se moquer de moi parce qu’il faut savoir rire de tout, même de sa mère, surtout de sa mère La faire briller et la transformer en espoir La regarder le sourire aux lèvres, lui faire un clin d’œil et partir à la recherche de la sienne Il en fait ce qu’il en veut d’toutes façons elle est inépuisable et pis tu m’emmerdes avec tes questions ! Ah ça ma vieille t’as beau être fière, il n’en reste pas moins que les questions tu pourras jamais les éviter, tu mourras pas dans un dernier souffle toi et certainement pas avec un point final. ? http://www.youtube.com/watch?v=fs5GrZC_LnM http://fr.myspace.com/methicks

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