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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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    ( ... à Barioline) On lui annonce qu’elle est décédée. On lui dit qu’on n’a pas jugé utile de la prévenir. On lui épelle les coordonnées d’un notaire. Elle ne pose pas de question, elle raccroche. Voilà, ça y est, elle est orpheline pour de bon. La terre l’a avalée en silence. On l’aurait jetée aux chiens ou à la fosse commune, ce serait le même silence sidéral, glacé. Il y a très longtemps, un dimanche matin à l’aube, elle avait rejoint son père. On était venu la réveiller avec précaution, c’est fini, il a eu une belle mort. La veille au soir, elle l’avait laissé, comme l’avant-veille et celle d’encore avant, mi- là mi- plus là. Elle s’était fait une place près de son oreiller, elle l’avait pris dans ses bras, lui avait chantonné des mots. Elle avait été surprise de sentir en lui caressant le visage sa barbe dure du matin, lui qui avait la peau légère. Il aurait passé sa main, il n’aurait pas aimé. Elle avait vite couru au bout du couloir supplier qu’on lui prête un rasoir. Aujourd’hui encore elle garde l’empreinte de la tête de son père dans son giron, elle le barbifie une dernière fois, le temps, en toute tranquillité, les enveloppe dans leur douceur. Elle qui ne croit qu’au néant sait que ce geste-là est le geste juste. Elle, elle n’aurait plus à la toucher. Elle ne le pourrait pas. Vraiment pas. Longtemps elle l’avait accompagnée, dorlotée. La dernière fois qu’elle a entr’aperçue, elle l’a spontanément vouvoyée pour dire en trois mots froids et polis tout le mal qu’elle pensait d’elle et serré la mâchoire pour s’en tenir là. Après ? Elle s’est jetée dans l’exil, ce serait plus simple. Exilée. Amputée. Tout cela était d’une bêtise à pleurer. Les amis les plus sensés avaient compris appel du désert ou grandeur d’âme des chameaux. Ce n’est pas faux. La neige et le sable ont la même générosité de garder les traces. Et le vent, celle de les effacer.

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    C'est un commentaire ancien qui évoque, plus que la Naqba (exode des palestiniens / 1948), le massacre de Sabra et Chatila (1982) . Je ne suis pas très en verve pour faire du neuf mais je pense que ce peuple mérite qu'on ait quelques fois une pensée pour lui. 1982 - Liban (septembre) Ils sont entrés en fin d’après-midi - et du haut de nos terrasses, nous regardions - sous la bienveillante impassibilité de Tsahal. ‘’Des non juifs qui massacrent des non juifs, en quoi cela nous regarde-t-il’’ disait le premier ministre. L’histoire jugera, peut-être, et peut-être qu’il sera dit un jour que le ’’boucher’’ a les mains couvertes de sang. Ils voulaient anéantir toutes les infrastructures terroristes, traquer à la lueur des fusées les derniers fedayins, - et du haut de nos balcons, nous regardions - quelle démence s’est alors emparée de leurs esprits, les poussant à perdre leur humanité ? 2 jours, 40 heures, 36 heures ? 700, 1300, 3500 ? civils massacrés, hommes, femmes, vieillards, enfants, bébés. Crânes défoncés, cuisses arrachées, bras coupés, corps éventrés, fœtus arrachés. 1982, j’avais 25 ans et je m’occupais d’un petit centre social dans une cité de transit. J’ai reçu de plein fouet l’horreur de cette abomination et partagé l’émoi de mes ’’frères et sœurs’’ arabes. J’ai compris ce qu’était la douleur, la haine, la culpabilité. 2004 - Liban (mai) Nous arrivons à Borj al Barajneh le jour de la commémoration de la Naqba (la catastrophe). C’est festif ; une foule immense, tout le camp est présent, se presse sur le terrain vague devenu ‘’place du village’’. Une estrade est dressée, et de magnifiques enfants vêtus des costumes de chaque région palestinienne dansent pour notre plaisir. C’est même joyeux. A Chatila, l’atmosphère n’est pas la même. La tension est palpable et tout le temps que durera notre séjour là-bas, nous ne serons jamais détendus. Je dors dans la famille de Marmhoud, toute la nuit la lumière reste éclairée hormis lorsqu’il y a des pannes d’électricité (fréquentes ). Ils sont sans cesse sur le qui-vive et je me rappelle l’affolement qui les gagne à chaque passage des voitures de police, toutes sirènes hurlantes quand elles circulent à la périphérie du camp. Je visite leur arsenal, ils veulent être prêts lorsque la foudre s’abattra encore sur eux, lorsqu’ils retourneront en enfer. Nous communiquons dans un mauvais anglais mais il n’est pas besoin des mots pour ressentir le tragédie d’un peuple marqué par l’exil forcé et l’impossibilité d’intégration, un peuple sans identité. Un peuple martyr dans l’incapacité de faire la paix avec son destin, et de laisser la mémoire faire œuvre d’apaisement. Un peuple traumatisé poursuivi par son malheur, terrible legs à ses enfants. Ce devait être un terrain vague. Il fut transformé en fosse commune après le massacre, sur laquelle a été édifié par manque de place un immeuble. C’est un des cimetières de Chatila, dans un rez-de-chaussée désert sur les murs duquel on peut lire une longue litanie de noms. « Je ne vous pardonnerai jamais d'avoir bouleversé un pays que j'aimais, dans une débauche monstrueuse de bêtise et de mort. Dans les camps de Sabra et Chatila, mon père et ma mère, que j'ai perdus dans l'holocauste, ont été assassinés pour la seconde fois. Itzhak Orpaz Irak, Tchétchénie, Rwanda, Afghanistan, etc… et du haut de nos balcons, nous regardons.

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    Tiens pourquoi pas s'amuser , écrire un com' ...enfin bon faut 400 caractères ...et bla bla bla .. mais si vous saviez comme le com est difficile pour moi !!! suis obligé de compter .chaque lettre et vérifier l'orthographe enfin bref ...je clique sur Ravel...puis je jette un coup d'oeil sur ceux qui l'aiment !!! que des gueules sympa.. ouf ça fait du bien... La prochaine fois je clique sur Mallarmé.... Non pas Nietzsche rien que son nom j'ai déjà le torticolis pouvait pas s'appeler NITCH .....tu prends un bouquin ; tu poses le doigt n'importe ou ; tu lis et vlan : plusieurs façons d'interpréter le funambule......Y A Proust quand on est vieux...Wagner pour les souffres-douleurs......................mais Ravel a des silences de génie Mais je vous en prie s'il vous plait ne mettez pas le Boléro

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  • 05/13/13--12:57: Havre 2... par Annainessa
  • Il était furieux de son coup de fil, non mais comment pouvait-on traiter les gens ainsi ? il n'en revenait pas et c'était moins deux qu'il se déplace directement pour lui dire en face sa façon de penser. Il se passa les mains dans les cheveux d'un geste brusque tout en jetant un coup d'oeil furtif à la jeune fille qui n'avait cessé de le dévisager tout au long de sa conversation. Sa silhouette mince se dessinait sur le soleil qui déclinait, elle avait l'air un peu ailleurs, sa tête légèrement penchée sur le côté, ses longs cheveux blonds retombant en cascade sur ses frêles épaules. Elle n'était pas spécialement jolie mais il y avait quelque chose de très touchant dans sa façon de se tenir là, comme si quelque chose était sur le point de se produire à chaque instant et qu'elle l'attendait là, sereine et confiante. Il rangea son téléphone portable dans sa poche et hésita un moment. Cela faisait longtemps que son regard ne s'était pas posé sur une jeune fille, encore meurtri de sa précédente histoire qui s'était terminé dans le silence et le coeur brisé. Ses yeux se voilèrent un instant à cette douloureuse réminiscence. Combien de nuits avait-il passé depuis les yeux grands ouverts dans l'obscurité à fixer son plafond, le coeur lourd de chagrin et le corps destitué de tout désir. Jamais plus se disait-il, je ne pourrais aimer quelqu'un comme je l'ai aimé elle, un amour entier et dévorant où chaque seconde l'enivrait d'un parfum intense et capiteux. Sa soif inextinguible d'elle l'avait mené sur tous ses chemins de traverse jusqu'à ce qu'elle décide que non, ce ne serai pas lui l'homme de tous ses voyages à venir. Il baissa la tête et regarda de côté pour vérifier si elle était toujours là. Debout maintenant, elle lissait doucement les pans de sa jupe qui se soulevait légèrement sous une brise naissante, ses gestes étaient lents et gracieux. Il lui sembla que rien ne pouvait l'atteindre comme si tout ce qui l'entourait n'était un décor interchangeable à tout moment, elle aurait pu tout aussi bien être dans une forêt en Amazonie ou sur une plage au bout du monde que ses gestes auraient été les mêmes. Ses doigts étaient fins et colorés d'un rose vif, il imagina un instant sa main parcourant ses boucles brunes, s'arrêtant ça et là pour caresser sa nuque. Pourquoi était-elle là d'ailleurs, dans ce parc, aujourd'hui ?, indifférente aux enfants qui criaient et aux jeunes qui passaient à toute vitesse à vélo. Sa tranquillité, sa posture immobile et son regard fixe le laissait perplexe et décontenancé. C'était comme si ils étaient seuls au monde tout d'un cou, elle s'appuyant contre son muret, les pieds bien droits et les bras croisés, ses yeux verts voyageant vers lui telle une embarcation cherchant son ancrage, et lui qui se sentait en pleine perdition face à elle. Finalement il ramassa sa vieille sacoche et se dirigea d'un pas incertain vers elle.

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    Je vois passer à l'instant un comm sur Ravel de labelobois qui dit des choses très intéressantes sur Ravel, quoique fort succintes, alors je complète avec Léon-Paul Fargue. Il en parle dans "Refuges", que j'ai lu il y a peu. (1942) " Nous avions à peu de chose près les mêmes goûts, dans la vie comme « en art ». Et c'était fort heureux pour des gens aussi passionnés que nous l'étions. Car on ne peut discuter, a dit quelqu'un, qu'avec des gens qui sont déjà de votre avis, et seulement sur des questions de nuances... Ravel partageait nos prédilections, nos emballements, nos faibles pour l'art chinois, Mallarmé et Verlaine, Rimbaud et Corbière, Cézanne et Van Gogh, Rameau et Chopin, Whistler et Valéry, Les Russes et Debussy... Si l'on nous avait contraints à établir une liste, nous nous serions donc entendus presque aussitôt. C'est ainsi que nous avons passé notre jeunesse ensemble. Chacun de nous savait, chacun de nous comprenait, jour par jour, ce que pensaient et faisaient les autres. Ainsi voyions-nous la carrière de Ravel se dessiner, sa ligne se fixer de plus en plus nettement. Nous entendions qu'on commençait à réunir à son propos des mots épars, les mots plus ou moins juste de debussysme plus cohérent de concision, de subtilité, d'harmonie « sans seconde », etc. Aujourd'hui, tout, ou à peu près tout, a été dit sur cet sorte de prince et sur la qualité de sa musique. Tout a été dit sur son ingéniosité, sur son humour intelligent, sur son vaste savoir. Comme Hokusaï était fou de dessin, Ravel était fou de perfection. Il n'a laissé sortir en public que des choses achevées, parfaites comme de beaux objets, joyaux, ivoires chinois, laques. Je pense à la joie enfantine que je lui vis, un jour ancien, comme nous visitions ensemble une exposition de laques qui venait de s'ouvrir chez le vieux Durand-Ruel, à la rue Lafitte. Il y a bien de cela trente ans... " Je veux pas pourrir son comm en réacs sur Ravel par des réacs ici, alors je ne mets pas de SAV ici, c'est lui qui s'en chargera PS : je n'ai rien à voir avec lui, je n'ai pas de fake

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    Après avoir frugalement dîné d'un délicieux morceau de pizza froide, je me suis endormi devant ma télévision où la belle princesse de Montpensier se consumait dignement sous le joug d'un impossible amour. L'arrivée d'un sms m'a réveillé du côté de "la grande librairie". En fin d'après-midi, nous avions convenu de nous retrouver un jour de juin prochain, rue Croulebarbe, chambre sur jardin. " Nous voir bientôt me remplit d'allégresse ! " Il s'en suivit un incandescent échange de textos qui l'amenèrent à s'interroger "Crois-tu que nous réussirons à vivre cela ?" Lui répondant " Aimons cet instant, sans impatience, et savourons...", elle rompit séchement d'un "Bonne nuit", m'informant qu'elle allait monter en sa chambre, lire et dormir. Je venais de commettre le crime de ne pas promettre que cette rêverie, assurément, deviendrait réalité. "J'ai horreur du virtuel !" me dira-t-elle demain, je le sais. Et moi, cette étiquette péjorative a le don de m'agacer fabuleusement ! D'un captivant roman, dira-t-on " Oui, mais ce n'est que virtuel ! " ? Il est des complicités à distance dont les foisonnantes libertés forgent des délires qu'en folies douces aucun passage aux actes ne saurait approcher ! Bien chère, ton pragmatisme consumériste me désole !

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    Ode à ma Muse, Où sont –ils partis mes oiseaux de passage emportant avec eux mes messages au-delà des tristes barrières et des frontières vers d'autres pays, vers d'autres univers ? Où sont-ils partis mes ambassadeurs de fortune saupoudrant le ciel de leurs plumes vers d'autres fleuves et d'autres mers vers d'autres campagnes, vers d'autres terres ? Où sont-ils partis mes messagers du vent se sont-ils perdus dans leurs fougueux élans ou ont-ils trouvé ma douce destinataire, celle à qui je dédie mes rimes et mes vers ? Où sont-ils partis, ont-ils trouvé mon amie ? Peut-être ont-ils découvert son paradis où peut-être se sont-ils à tout jamais perdus, gardant dans leurs plumes mes poèmes impromptus? J'aimerais revoir mes beaux oiseaux blancs volant et planant dans l'azur comme dans le vent, m'apportant les mille bruits et couleurs du monde et de ma Muse la poésie et les pensées vagabondes. J'aimerais ressentir encore la douceur de leur plume tout comme sur le rivage s'écrivent des mots d'écume. JPS

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    Sex on the beach Il n’y eut ni sexe ni beach (pas plus que de sun d’ailleurs), ce n’était ni le moment ni le lieu, hormis dans le verre d’icelle. Le rendez-vous annuel de l’amitié est devenu incontournable. Un réel plaisir de retrouver l’un, l’une et les autres. La connection IRL * (In the Real Life, faut écrire avec son temps) se renouvelle à chaque rencontre. Les affinités vraies ne se démentent pas au fil des ans. Et chaque édition nous amène de nouveaux pseudos, de nouveaux visages et la promesse d’élargir « la bande » de ce noyau devenu solide depuis…. déjà ? Et si PCC c’était mieux avant, quelle chance nous avons eu d’établir les bases de nos amitiés dans ces années-là ! Merci à tous de ces éclats de rire et de ces émotions partagées (pas vrai, Mame Cordier ?). * Pour moi, c’était aussi un rendez-vous ORL…. Mais pourquoi donc avoir subi justement ce week-end là une rhino féroce ?

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    Gris (-perle, -mat, -anthracite, -bleu, -argent, -fumée) mêlés en crèmes, grèges, écrus, argiles ; univers fondants se confondant en une lente procession, à l’infini. Des montagnes figurant des royaumes, et, au-delà, à nouveau des montagnes, et à nouveau des royaumes. D’autres gris plus bas (-zinc, -ardoise, -plomb , -étain, -acier, -fer, -béton) agglutinés en un fatras de légos se chevauchant comme renversés d’une benne à gravas. Des légos abritant des souris, et, au-delà, à nouveau des légos, et à nouveau des souris. Puis, d’un coup, d’un seul jet fulgurant, l’intense faisceau de particules irradiantes projetant son « fiat lux » sur un morceau de ville, le baignant pour quelques minutes dans des couleurs surnaturelles. Puis le ciel lourd, chargé de pluies, comblant cette inexplicable trouée avec quelques nuages, tous prêts à crever. Puis chaque son, soudaine timidité, se couvrant d’un carré de feutrine. Apparaissant pendant un bref moment, opalin, à la verticale très exacte de mon poste d’observation, une physionomie de visage d’un grand calme, d’une immense sérénité ; ce visage-nuage étant celui d’un sourd. Les considérations acoustiques de ce qui se trame au-dessous ne le concernant en rien. Passant doucement, se déchirant, peu à peu disparaissant. La pluie commençant à tomber, ruisselets pénétrant sur la scène par les entrées centrales et latérales, colonie de termites investissant le cœur d’une fourmilière désertée à présent.

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    Moi j'aime le Dimanche. Jour de marché. Cet arrêt hebdromadaire oblige à se pauser et à se causer sans bosse. Vrai faux rendez-vous d'amis, au bistrot, fin de marché. Les uns sont là, les autres pas... et ça charrie varie d'un Dimanche à l'autre. On ne sait jamais qui sera là. Moi pareil. Les patrons adorables connaissent tout le monde. Savent dire qu'untel est là ou pas ou qu'il est passé plus tôt... Ca parle ça cause polituque voyages projets d'hiver d'été et de ceux qui sont pas là (nan z'avaient qu'à y être)... ça se claque la bise ça se salue de loin ça incline la tête légèrement ça se sourires en coin et ça rigolent en me regardant de haut en bas (ben quoi? c'est l'été en haut l'hiver en bas puis... colorée comme d'hab) ... les enfants sirottent les fraises et les menthes à l'eau, les grands.... ça dépend de la veille :) café perrier ou jus de raisins ... les enfants "majeurs" prennent aussi les zhabits tudes des parents. Alors on les voit grandir, passer le BAC, et tout et tout et tout... puis partir bosser et revenir le Dimanche zhabillé d'un petit copain (ou d'une copine) ou en bande à la table d'akotée. Bravo les parents :) Les tablées s'élargissent de ceux qui partent à ceusses qui arrivent. Amis d'amis de passage, familles en visite ... toutes générations et horizons confondus j'adore... L'ambiance, toutes les tablées sont chouettes, les familles en poussette, les couples, les vieilles copines qui boivent le p'tit blanc du Dimanche, les brassées de fleurs.... on est les uns sur les autres à s'échanger les chaises, à glisser les paniers là où on peut, à reluquer ce que les autres ont acheté de bons ... Et puis y'a ceux qui arrivent toujours très très très très très très très tard ... marché fermé.... les yeux collés.... Direct zoo bistrot..... Restent debout au bar ceux là. La position verticale les aides à se réveiller. Sur la table, chacun sort son petit kek'chose à partager.. Fromages de bique fermier, olives, pain aux lardons, cochonailles, les huitres parfois... on a le kit facile et tout qui va bien avec ... Puis le départ ... Whaoua t'as vu l'heure? Tu fais quoi ? On bouge ? Vélo Ciné expo.... Tu viens ? Voilà on met tout ensemble et c'est reparti pour un aprem de pluie... Tout poissons crustacés confondus. Moi j'aime le Dimanche et Le Lundi je suis souvent fatiguée :-)

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    Ce film est merveilleux, il parle du sud des USA, en particulier du fleuve Mississipi. Le titre évoque ce que tous les riverains, les habitants des rives, connaissent. Bien sur c'est à double sens, parce que les gens ont des préjugés et disent des méchancetés les uns sur les autres. Le héros est un garçon auquel on s'identifie, et par lequel on découvre deux autres personnages avec son copain. "Mud" lui-mème, et sa copine qui arrive. Du coup ce garçon finit par les prendre pour ses vrais parents, un peu, parce que ses vrais parents se disputent. Enfin c'est compliqué. Mais justement ça va bien avec les paysages d'une aventure sur le Mississipi. Alors les gens pas de préjugés, allez voir ce film si ce n'est pas déjà fait.

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  • 05/22/13--03:14: Song for Marion par JANUS72
  • J'ai toujours aimé Terence Stamp, cette dégaine, ce regard de chien fou ou peut-être d'écorché vif. Ce magnétisme qui aspire l'image, empli la Salle du Cinéma. Cette classe naturelle qui vous scotche et fait que vous n'oublierez plus jamais cet acteur. " Song for Marion " de Paul Andrew Williams, est aussi un magnifique écrin pour la grande dame qu'est Vanessa Redgrave, poignante et tellement lumineuse. Sans oublier Gemma Artenton ( Tamara Drewe - Good Morning England ) dans rôle pivot, fort et valorisant. Et puis il y a ce chouette scénario avec plusieurs facettes, qui pour certains aura sûrement un "air" de déjà vu... mais cette histoire est à mon sens, belle, sensible et surtout terriblement humaine. J'aime les Acteurs et ce film m'a sur ce point comblé, me faisant aussi briller les yeux sur plusieurs scènes superbes, difficiles car quelques étapes dans une vie ne seront jamais acceptables. Un film à voir sans hésiter. http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19478796&cfilm=197124.html

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    Il venait de la repérer ! Là, au milieu de la foule serrée. Depuis qu'il l'attendait ! C’était Elle ! Cette fois, il ne se trompait pas. Justement la voici qui avançait dans sa direction. D’ici quelques secondes ils se croiseraient. Elle ne pourrait pas le manquer. Peut-être même le frôlerait-elle avec son coude ? Elle ne pourrait pas ne pas le voir ! Elle sentirait forcément sa présence, il ne pourrait en être autrement. L’attraction serait inéluctable. Quasiment fatale. Elle portait un T-shirt en coton blanc, plutôt ajusté, presque moulant, et assez court qui dévoilait le ventre à chacun de ses pas. C’était un T-shirt personnalisé avec une inscription qui lui barrait la poitrine. Bien sûr, normalement il détestait ces slogans aborés ainsi, à tout va, pour un oui pour un non, cela fait vulgaire. Mais sur elle, c’était sublimé, disons qu’ elle le portait haut et avec panache. De toutes façons, tout allait lui plaire chez elle. Il était formel. D’ailleurs la chance lui souriait . Le T-shirt impudique annonçait presque insolemment : « JE SUIS A LA RECHERCHE D’UN HOMME ». Au moins, c’était direct, elle ne manquait pas d’aplomb. Il aimait ça . Et cela tombait bien ! Il se sentait déjà cet homme là. Il n’eut pas le temps de réaliser. Elle venait de passer. Sans même le remarquer. Il n’eut qu’une fraction de seconde pour se retourner avant qu’elle ne disparaisse, engloutie, au milieu des passants ... Il eut à peine le loisir de lire la suite sans équivoque du message dans son dos : »MAIS CE N’EST PAS VOUS » ! Au même instant une pluie glacée de grêlons s’abattit sur sa tête.

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  • 05/23/13--06:45: poisson chat par Magic one
  • C’était un délégué peu élégant Malgré le costume la cravate et les gants « Est ce pas donc toi l’Espadon » Dit il à son chat qu’il ne reconnaissait plus « Laisse pas donc traîner tes croquettes » Espadon préférait les pâtés Çà l’épatait les pâtés salés « Laisse pas donc traîner tes crocs Kate » Dit il à sa chatte mordante Qu’il confondait avec sa dame Qui chatte, au sang chaud pensa t il Lui dom quichotte « C’est show le chat ?dit il » « C’est ça chat dit elle » Il pensait à ces couples d’un soir En pantoufle sans lacet Mais de tout çà il s’en lassait Il prit son style haut habille Et se mit à écrire L’état se tue L’agent se tasse Je suis pétrifié MO

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  • 05/23/13--13:32: C'est par Mudra
  • C'est ainsi que le mur se voit et qu'on éprouve un peu sa chaleur sa couleur et son jeu le songe bruyant des vies qui sont parmi les rames dans les pas pavés nus des arpents de la ville un soleil entre deux nues expose sa dolente deux petits enfants crus échangent des amendes verbales et sous la pluie qui confesse les toits un rêve s'abandonne dans la paresse entière des filles sous la lâcheté même du si noble exercice de leurs mâles qui nous fait croire aimer alors que ( oui ) Il ne faut pas rêver .

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  • 05/23/13--13:31: l'Affaire ! par JANUS72
  • Une PCCiste caustique m'a fait parvenir cette petite annonce ce midi. Je ne résiste pas au plaisir de vous en faire profiter ;-) " Offres Voitures - Pas-de-Calais " Accueil > Pas-de-Calais > Voitures > "Superbe Twingo vert pomme" - Modèle 2002 - 87000Km Mise en ligne par Monsieur . . . . le 20 mai à 19:22 3 photos disponibles Prix: 2 999 € Ville: Bruay-la-Buissière - Code postal 62700 Année-modèle: 2002 - Kilométrage: 87 000 Km - Carburant: Essence - Boîte de vitesse: Manuelle Description: Bonjour, Je mets en vente cette superbe twingo essence de 2002 qui vous étonnera tant par sa couleur sympathique que par son intérieur entièrement synthétique. La direction non assistée vous évitera de dépenser tout votre argent en protéines ou abonnements fitness totalement has-been. Les pneus changés en septembre 2010 ont fait 16 000 km en marche avant (beaucoup moins vers l'arrière). Vidange faite, filtre à huile, plaquettes de freins, delco et bougies changés à 86 000 Km Consommation : 6,5 L/100Km en ville (SP98). Cette voiture exceptionnelle comporte : - 1 moteur 1,2 L essence - 4 roues - 2 portières - 1 coffre - 2 vitres mobiles électriques - 4 vitres immobiles - 2 essuies glaces - 1 affichage numérique à la pointe de la technologie (donne même l'heure) - 1 allume cigare (marche aussi pour se bruler les doigts comme un c..) - 1 LED antivol rouge clignotante de série - Commande de l'autoradio au volant - 2 clefs - 1 antenne - 2 airbags neufs (jamais servis) - 1 boite à lunette pour l'éthylotest et le gilet fluo - 1 boite à gants pour les lunettes - 1 boite de vitesse avec 7 vitesses!! - 5 vitesses pour aller tout droit - 1 vitesse pour aller en arrière - 1 vitesse pour aller nulle part Son petit moteur vous emmènera partout dans la limite de ses capacités. On est bien d'accord, ce n'est ni un J5 de ferrailleur, ni une BMW racing GT turbo avec carburateur titane réalésé et jantes 46 pouces quadriphoniques digitales laser. Pas la peine de me faire remarquer le petit coffre ou le manque de patate sur un démarrage en côte en troisième, vous achetez une Twingo. De même : si vous voulez faire des ruptures, faire peur aux vielles dames, jouer à fast and furious dans les zones industrielles ou faire du rodéo avec la maréchaussée, cette voiture n'est pas pour vous. La voiture est vendue avec un lecteur cassette Renault de série (ou pas), une cassette collector d'ACDC (non je la garde), le plein de liquide lave glace, un cric, une clef à goujon ainsi qu'une une magnifique roue de secours gonflée à 2 bars ! Personne n'a fumé à l'intérieur et elle n'a jamais transporté d'animaux allergisants (chat, chien, écureuil ou belle mère). Contrôle technique passé haut la main sans corruption du contrôleur. Aucun frais à prévoir sinon un autoradio, un triangle, un gilet fluo et un grattoir pour l'hiver. Pas de vice caché, pas de chatterton sur les durites ou de crotte de nez derrière le pare soleil, juste quelques défauts mineurs : - jeu mineur sur la coupelle de suspension avant gauche, - un poc de 2 cm dans le plastique du parechoc avant, la trace d'un anneau de remorquage laissée par un (une?) génie de la marche arrière, - le premier chiffre de l'affichage kilométrique un peu terne mais lisible, à vous de faire la différence entre 30 et 130Km/h, - des ptits coups de portières inévitables quand on se gare sur un parking. En bref: Voiture propre et entretenue totalisant 87 000 Km. - Prix : 2999€ négociables (dans une certaine limite hein, on peut jouer avec mais pas s'y suspendre). Paiement en petits billets uniquement (10-20-50 EUROS). Pas d'échange, pas de billet monopoly, pas de chèque en bois, pas de don d'organe, pas de mandat cash, pas de virement Western Union ou autres techniques de Mugu. Première sélection des concurrents par mail. Comme j'ai les yeux fragiles, je ne donnerai pas suite aux orthographes de sanglier du type "Slt je suie intéressez apelai m0a svp URJENT". Pour les mails injurieux : Ezequiel 25 verset 17. Merci de votre attention, bonne fin de journée à vous. Merci à l'équipe du bon coin de ne pas re-re-désactiver cette annonce, la voiture est bien à vendre. Sauvegarder l'annonce Sauvegarder l'annonce Signaler un contenu abusif Ajouter à mes favoris ?

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  • 05/23/13--02:16: Parlons en par Cypou
  • Parlons en Elle ne me fait pas peur….encore. Demain sera un autre jour. Devrais-je m’inventer alors un monde de résignation pour toujours ? Vous m’en avez parlé souvent ; je n’ai pas encore compris pourquoi elle était, pour vous si belle, source de tourment. Je n’y pense jamais serai ce par déni ? Comment pouvez-vous imaginer que, le temps s’écoulant désormais paisiblement, je ne puisse demain vous aimer comme je le fais à présent ? Ma vie n’a de sens que dans la fidélité. Ah oui !....je vous entends ; pas celle communément louée mais celle qui de vous ne m’éloignera pas pour autant. Ce soir mes paroles vont à vous, sans fioriture comme toujours, d’ailleurs n’osez vous pas parfois me traiter sans scrupule de canaillou que d’ailleurs avec vous, certes, je me complais d’être sans détour ? Serai je à ce point intimidé que je vous vouvoie pour vous le dire ou sera ce le respect dans mon enfance inculqué qui me conduit sur ce chemin de tendresse a vous écrire ? De délire encore avec vous j’ai envie. C’est comme vous voulez Madame ! Autour d’un whisky ou aux pieds de votre lit…. Qu’importe ! Le miroir n’est pas la qui, vous le dites par trop souvent, vous blâme. Ne m’attribuez pas les vertus de la sagesse. Je ne sais pas trop ce que veux dire ce mot….. Comment ? ….une nuit d’ivresse ? Je n’attendais pas plus beau cadeau. Promis ! Hors de question que je ne lorgne : parole de minot… a moins que le soleil levant, entre les volets s’infiltrant pour inonder votre peau, ne me laisse entrevoir votre silhouette de diamant. N’en doutez point c’est ainsi que je vous aime. Tordez le coup a ces foutus clichés qui n’entrainent que tristesse. Comment !.....je vous vois sourire en devinant ma petite bedaine ? Alors rions ensemble ; rien n’est plus savoureux…. …..que le parfum délicat …..de la vieillesse. Cypou le 23/05/2013

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  • 05/23/13--13:33: La source... par Annainessa
  • Se rapprocher de la source, toucher au sens oublié dans les ténèbres du passé. Je médite sur cette eau claire qui coule en moi, obscurcie par les enchaînements de duels jusqu'à la rendre poisseuse et noire. Pourtant j'ai été un jour cette petite fille aux grands yeux clairs ouverts sur le monde et au sourire ravi, je ne savais pas encore à ce moment là de quel voeu funeste et contradictoire j'étais le noeud. Regarder le monde, sans savoir ce qu'il est, paysages que regardent les patients, mais qu'y voient-ils au juste et quel aurait été leurs chemin sans ce voile de folie déposé sur leurs vies. Mariage de rêve dans un château, ils sont beaux et ils s'aiment et je l'aime aussi cette jeune collègue pleine d'énergie qui traverse ce monde telle une fée chaleureuse tendant la main aux plus démunis. Moi je suis plus en retrait maintenant, c'est une course d'endurance, 23 ans ont passés et je ne vois plus les choses avec la même netteté. Vingts trois ans de cheminement dans la douleur des autres,leurs cris, leurs souffrances, leurs violences, et leurs rires cristallins déchirant les murs blancs d'où l'on ne sort pas sans clés. Je pense à cet homme que j'ai acceuilli, presque de mon âge, persuadé que sa venue ici est le fruit d'une conspiration dont je fais aussi partie. Tout glisse sur la surface de son délire et chaque mot va nourrir sa puissante toile d'araignée. Je ne sais trop quoi lui dire car en fait il n'y a rien que je puisse dire, en tout cas pour l'instant car nos réalités ne peuvent se rencontrer, nulle part, alors je reste douce, rassurante et posée. Il vit seul depuis longtemps, pas d'amis, d'amante ou de passe temps, juste pleins de petits riens pleins de folie qui s'accrochent les uns autres et ont finis par le faire trébucher là, chez nous. Tout est si bien organisé et agencé que c'en est presque fascinant, comme une maquette à réaliser avec minutie et adresse. Un homme lambda, un métier, une maison, une mère et un chat, impossible de le deviner sur ses traits comme c'est parfois le cas, impossible aussi de savoir de quelle source empoisonnée ou tarie en découle sa folie. Je l'écoute, me déroulant calmement tous les pans de cette conspiration et j'imagine quelle autre vie il aurait pu avoir sans cela, une vie de couple peut-être, des enfants courant dans son jardin, des amis autour d'un barbecue le dimanche, une vie professionnelle plus épanouie, de l'amour dans ce vide sidéral et le tic tac de l'horloge qui ne mène nulle part. Je me demande alors quelle aurait été ma vie si j'avais été suffisamment aimé et si ce à quoi je pouvais prétendre m'avait été donné. Si l'on avait pas semé sur mon chemin toutes ces embûches et ces ouragans qui à chaque fois me privaient de parties de moi, je serai devenue chanteuse ou danseuse, actrice de théâtre, écrivaine, metteur en scène, médecin, j'aurai utilisé mes facultés pour vivre plutôt que pour survivre. Je le regarde évoluer parmi les autres, accumulant les papiers et prenant des notes pour préparer sa défense contre ce qu'il estime arbitraire, méticuleux et rigoureux, qui sait si un jour on pourra se croiser au détour d'un chemin où il pourra comprendre un autre sens, pour l'instant c'est une forteresse qui s'élève vers le ciel au sein de laquelle il doit sûrement se sentir à l'abri. Moi je dors encore dans la crainte que ne surgissent ces bruits étouffés des monstres d'autrefois, quand je ne savais pas qu'il m'aurait peut-être suffit de ne pas les croire ou de savoir que je n'en mourrai pas. Au coeur du cyclone se trouve la source, peut-être vais enfin la voir, je l'imagine claire et limpide, calme en sa surface mais dense en profondeur, peut-être sera t-elle fraîche quand je la porterai à mes lèvres...peut-être.

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    Alors voici comment les choses commencent. Tranquillou. Sans fanfare. Dans un petit village de chez nous, bien pénard. Où rien jamais n’arrive. Où jamais rien ne se passe. L’avenue principale, désormais vidée de ses commerces, grilles baissées, désertée de ses habitants ordinaires, les derniers qui résistent vivent fenêtres fermées, reclus dans leur tour d’ivoire. (Ah le double vitrage « nouvelles normes » qui va sûrement se doter tôt ou tard d’un quadruple feuilletage, il a bon dos ! On ne voit rien, on n’entend rien, on se la boucle.) S’accrochent les deux derniers cafés. D’un côté de la rue, celui du coin. . Et de l’autre côté, celui d’en face. Celui d’en face c’est un repaire de vieux cow-boys, un peu brigands, mais sympathiques, qui avaient misé autrefois sur la future idole des jeunes, Johnny, et dès ses débuts, alors qu’il chantait, à peine remarqué, accompagné d’une une sono de misère, sur une estrade en planches dressée au milieu de la salle des fêtes, et sur lequel personne n’aurait parié un kopeck. Ici, on joue aux cartes et si on n’y joue pas, on regarde en face le café du coin, pour voir ce qui s’y passe, en tout cas on « espinche » les va-et-vient des uns et des autres, on scrute au cas où quelque chose se passerait. Le café du coin, justement, on n’y entre pas comme ça, et n’y entre pas qui veut. Le patron veille au grain. Faut montrer patte blanche. Surtout après vingt heures le soir. Les stores sont d’ailleurs baissés, ça fait très club privé du coup. La tranquillité des consommateurs et aussi des derniers riverains en dépend. En revanche, si on y entre, malencontreusement, même sur le coup de midi, sans y avoir été amicalement invité, on prend le risque d’en être éjecté aussi sec. Sans apéro. Et sans sommation. J’y consens : l’intrus là, dont il s'agit, et qui insiste pour entrer, a de quoi énerver. D’abord il est « étranger ». Je veux dire « nouveau » dans le pays. On ne sait rien de lui. Il a débarqué y a pas deux mois et sillonne les rues du village en scandant des slogans incompréhensibles au quidam mal préparé, dans une langue hermétique, et avec un timbre de voix métallique qui a le don de vous vriller les nerfs dès la seconde tirade et de vous irriter au plus haut degré. Cela fait comme des grands coups de cymbales dans les oreilles. Ensuite, bien que grand et athlétique, il déambule vivement, appuyé sur des béquilles, qu’il n’utilise qu’un jour sur deux, et le comble c’est que l’autre matin il a même eu l’audace de se présenter sans ses cannes dans la dernière quincaillerie (du département sans doute, peut-être même de la région,) pour acheter deux pelles de belle facture, sans en discuter le prix et qu’il a réglées en liquide ; le vieux quincaillier qui pourtant en a vu d’autres, n’en est toujours pas revenu ! Voilà plus de dix ans, depuis l’ouverture du Bricorabanne en périphérie, qu’il n’avait plus vendu un seul outil de jardinage ! C’est vous dire le raffut que ça a du soulever, lorsque le bonhomme a osé mettre un pied tout à fait vaillant, dans l’établissement du coin, à cette heure propice où les bons clients déjà lourds d’effluves d’alcool et de tabac (zut cela ne se peut plus, la loi est passée par là aussi j’imagine !) fraternisaient joyeusement entre potes très autochtones. Manu militari évacué, et pas qu’un peu, mais sans violence, j'en atteste, un bâton braqué dans le dos, poussé sur le trottoir par un patron excédé –trop c’est trop- le fauteur de trouble en un instant et en moins de cent mètres, fut mis hors d’état de nuire. Nous n’étions que très peu à cet instant sur l’avenue. Une petite dizaine de témoins. Pas davantage. Une petite dizaine aussi, et pas davantage, de secondes. Pas plus. Tout s’était déroulé proprement, sans cri, sans heurt, sans bavure. Personne n’est intervenu. Le bâton était très dissuasif et l’atmosphère ne s’y prêtait guère. C’était comme dans un de ces vieux films de Charlie Chaplin. Quand on vire Charlot un peu ivre, en le rudoyant par la manche, sans un mot –uniquement les sous titres- et sans autre forme de procès. Avec seulement, l'accompagnement du piano mécanique. Mi tragique, mi burlesque. A vous de choisir. Un film muet, de l’époque, en noir et blanc. Tourné dans un village où il fait bon vivre comme le certifie le dernier fascicule de l'Office des toutes nouvelles et réhabilitées Habitations à Loyers Modérées. Chez nous quoi. Mais aujourd’hui. Entre Noirs et Blancs. Et en multicolor. C’était midi. Et le soleil plombait le pavé. « C'était le même soleil que le jour où j'avais enterré maman et, comme alors, le front surtout me faisait mal et toutes ses veines battaient ensemble sous la peau. A cause de cette brûlure que je ne pouvais plus supporter, j'ai fait un mouvement en avant. Je savais que c'était stupide, que je ne me débarrasserais pas du soleil en me déplaçant d'un pas. Mais j'ai fait un pas, un seul pas en avant. »* Non, ce n’est pas vrai. Je n’ai pas fait un pas. Ni même un geste. De toutes façons, cela n’a rien à voir, ce n’est pas la même histoire. J’ai poursuivi mon chemin. Comme si de rien n’était. Simplement, depuis, j’ai comme une tache au milieu du front. Bleue, presque marine. * Albert Camus bien entendu / L'Etranger, la scène du meurtre de l'arabe. Et aussi : la scène du meurtre de l'homo, du paralytique, du malade, du vieux, du pas pareil, du voisin, du cousin, du frère même, du moment qu'il dérange. Et voilà comment les choses commencent..........................et cristallisent.

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  • 05/24/13--01:56: Les Anges par Mudra
  • Elle s'arrête au tournant d'une ville, comme cessent un peu les rumeurs de l'enfance . Son pas arpent du ciel féconde une oeuvre malhabile, tandis que des lévriers courent en dedans de son songe, ainsi son rêve déserté peuple pour un reste de vivre ici le midi qui s'attarde . La banlieue a des airs de matin, le pianola ronronne sous un zeste de be-bop lui aussi d'accasion, et des bandits-manchots manchotent leur soucis . Un saxophone ténorise le levant, des bars à baise entrouvrent leurs tiroirs-caisses, deux ou trois clients de la si pauvre musique entrent et disent : " la carte ! " Alors le waiter du motel lui reprend les clefs, elle va vers le bus et attend toute sa nuit, une nuit à fumer et à jouer les starlettes . La ville est lente à mourir toute une saison, les pavillons se ressemblent et les jardins sont bleus de toute leur pelouse . Photo . Ne jamais réaliser des rêves qui ne sont pas de soie ...

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