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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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    R e f l e t s du M o n d e Je suis le dauphin du lagon je suis à l'abris des squales avec la baleine de Jonas avec les madrépores Je brûle le silence marin sur une mèche de mots Là où les sirènes chantent autour du temple des algues où la mémoire se tait Le temps est l'air des éponges temps albâtre et limpide depuis le commencement du monde un monde dans le sable incliné Un monde mouvant maintenant L'évangile naufragé du temps repère de mots envolés est sur les mers que j'image Dans ces eaux d'embruns bleus dans les abysses de l'enfer Au-dessus des flots amères en haute - mer l'albatros suspend son vol et plane sur les reflets du monde http://www.youtube.com/watch?v=Q46KCNksq9E M .

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    Haïkaï – 17 Haïkus OCCIDENTALISES - Sourd au printemps et à l'été Forme infuse Sous la rosée de l'enfer Le vent d'Octobre Glacé punit mes cheveux Pointe l'hiver véreux Muet face à la rose tordue La fièvre de l'hiver Fond l'amour Telle une tombe à l'affût Dressée comme un i Temps logique La joie n'est pas une nation Elle est sans limite Lucidité libertaire Ce monde est celui du démon Je m'assois et j'observe Homo sapiens Le singe se balance avec son sexe L'homme est une métaphore Plume de mort Là s'avance le bleu des sources Qui pleurent vers la mer Marées perpendiculaires Les eaux de ton visage Hâtent l'hélice Jardin des délices Dans la lumière et dans l'amour - Les ombres des filles Fleurissent en volumes Mise à nu je vois son cœur Sa plage de chair En Vénus de carrare Sur ce sable de cachemire Posée nue - Elle semblait marbre de chair Le sang dans les soleils bleus Aspirant la mort Et la nuit s'invente en jour Dans un vent qui se réveille Et se brise sur terre Etonnement muet dans l'air Mon rire et ma joie c'est vous Muse des déserts Avec les strophes de vos poses Les mots sont nos esclaves Sur tous les chemins - Des jardins de la pensée Ebloui par un visage Poème à faire Soleil d'Or et droit à l'amour ( un arc-en-ciel un immense sapin de Noël ) http://www.youtube.com/watch?NR=1&feature=endscreen&v=VmWCJpAtB9o M .

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    Ca peut sembler glacial comme introduction mais il faut bien que je le dise quand même : je suis un môme qui a grandi durant la préhistoire, c’est à dire dans les années soixante, et peut-être qu’avec cette seule phrase je suis en train d’inquieter certains d’entre vous. Alors je le dis bien fort, maintenant avant qu’il soit trop tard : les lignes qui suivent traitent effectivement d’une époque barbare. Ames sensibles, s’abstenir, et je réponds sans hésitation oui si vous vous demandez si ceci est bien un avertissement. Pour commencer, à l’époque, les hypermarchés n’existaient pas. Il y avait deux épiceries au village, et dans l’une des deux on te donnait des timbres correspondant au montant de tes achats. Les timbres devaient ensuite être collés sur des feuilles spéciales qu’il fallait rendre à la dame chaque fin d’année, et selon l’épaisseur de colle blanche que tu avais sur la langue ta mère obtenait sur ses achats une ristourne plus ou moins importante. En fait, il y avait en tout trois épiceries mais curieusement tu n’avais pas le droit d’aller dans la troisième - c’était une époque pleine de secrets, de choses que les enfants ne devaient pas savoir, à aucun prix, et les enfants obéissaient en principe à leurs parents qui étaient de grands despotes ayant pouvoir sur tout - sans blague. Les oeufs et le lait étaient livrés tous les jours par la fermière, et c’étaient de vrais oeufs, rustiques, avec un peu de marron sec dessus. Ta mère supportait le marron sur les oeufs, parce que c’était somme toute une hisoire assez logique - une histoire de tuyaux et d’orifices. Mais curieusement elle avait du mal à accepter les même taches brunes sur le pot à lait, surtout que certains matins les taches n’étaient pas tout à fait sèches. Quand j’avance que les adultes étaient de grands despotes, je veux dire par là qu’ils étaient capables d’interdire toutes sortes de choses et de te faire monter dans ta chambre lorsqu’ils avaient envie d’aborder certains sujets entre eux. Ma chambre, j’y montais tout seul dès que j’entendais parler de ma tante Jocelyne. Puisque de toute façon on allait me le demander, je voyais pas pourquoi attendre. Je préférais disparaître tout seul, sagement, ou alors je demandais poliment si je pouvais aller lire «Caramel le Petit Chat Vaniteux» dans ma chambre. C’était pratique, que je sache lire, que j’aime lire et que j’aie toujours l’air sur une autre planète. Cela me permettait de ne pas être soupçonné et d’écouter paisiblement sans être vu, tout en haut des marches. Je ne dis pas que ce qui se racontait en bas était passionnant, ni que je comprenais tout, mais le simple fait d’entendre ma mère et ma grand-mère paternelle parler à voix basse était tous simplement trop intrigant. Tout ce que je savais, c’était que la Tante Jocelyne était partie dans le midi, tout près de la frontière italienne, et que c’était une garce. Garce était souvent répété trois fois : la garce, la garce, la garce, et ma grand mère avait l’air très fâchée. Et le pauvre oncle Jacques qui avait toutes les qualités et se retrouvait maintenant tout seul - le pauvre, le pauvre, le pauvre. Garce était un de ces mots que je ne comprenais pas et dont le sens me semblait réelement terrible, au point que j’en étais paralysé. Quelques pas jusqu’à la chambre de mes parents. Contourner le grand lit jusqu’à la table de chevet. Soulever sans bruit le gros dictionnaire Larousse. Ne pas le faire tomber. L’ouvrir à la lettre G. Je savais depuis toujours que j’avais le droit de consulter le dictionnaire sans demander la permission, mais quelque chose me disait que ce pouvait être un livre contenant des vérités terribles. Alors je restais dans ma chambre, entendant vaguement ma mère répliquer d’un ton agacé que la tante Jocelyne était peut-être une garce mais que l’oncle Jacques n’était certainement pas un ange. Non, sûrement pas, puisque même marié il ne s’était pas gêné pour tourner autour de la Denise - qui se trouvait être la soeur de la tante Jocelyne - et tout le monde savait bien que la Denise ne s’était pas fait prier. Pour survivre à ces choses-là, le soir il y avait la télévision. Une énorme boîte qui diffusait exclusivement des images noir et blanc. Selon les jours, on pouvait voir des astronautes aller sur la Lune pour la première fois ou bien des westerns. La plupart du temps, les images étaient terrifiantes. C’était le Viet-Nam. On parlait de napalm et je crois que rien ne me semblait plus laid que le visage de Nixon. Les speakerines, elles, étaient très jolies. et se tortillaient toujours un peu sur leur fauteuil - comme s'i elles avaient des vers. J’aimais beaucoup lorsqu’elles disaient «nous interrompons notre programme pour vous annoncer la mort du président de la République.» Ces jours-là, les adultes étaient tous plongés dans la consternation tandis que moi j’avais des pensées secrètes. Quelque part, ces journées-là étaient belles car le Général de Gaulle était quelqu’un qui me faisait horriblement peur - je le voyais souvent dans mes cauchemars, en même temps qu’une énorme araignée noire. Elle avait d’immenses pinces et lui de très grands bras. Le pire, c’était que certains soirs les speakerines prenaient un ton encore plus grave pour annoncer que le film était diffusé en rectangle blanc. Le rectangle blanc était un symbole géométrique incrusté en bas à droite de l’écran à l’époque, très net, très visible. Quand tu le voyais, tu savais que là aussi tes parents allaient te dire de monter dans ta chambre. Michelle Mercier dans la Série Angélique était toujours accompagnée du rectangle blanc. Le rectangle blanc, tu savais qu’il annonçait que l’énorme cube à images allait montrer deux centimètres de fesses et un peu de la peau des seins aussi. Alors tu obéissais. Là aussi tu filais, tu disparaissais dans ta chambre et, en secret, tu avais envie d’une seule chose : grandir le plus vite possible, sortir de cette époque de sadiques et ne plus être obligé de passer des journées entières dans les arbres.

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    J’ai été patiente, d’une patience exemplaire. Une vraie patiente. Je me sentais un peu malade. Depuis des mois......et quelques années... Le doute m’a saisie. Le médecin « référent » ça vous bloque son homme. Cela vous coince. Il faut du cran pour le quitter. Pourtant, aujourd’hui j’ai changé de médecin. Ils sont deux dans le village. Même cabinet, même salle d’attente, même décor. Mais ce n’était pas lui, en congé, et c’est sa collègue qui m’a reçue. Elle a sursauté au vu de mes dernières analyses. Elle a tout repris de zéro. Alors, vous. L’AVC de votre mère. Le cancer de votre père. Celui de votre sœur. Non, c'est pas drôle. Vos antécédents. Vos maladies. Vos opérations. Vos accouchements. La mammo ? La gynéco ? Votre bilan global. Fumer ? Boire ? Votre boulot. Votre moral. Allongez-vous, et que je vous palpe, que je vous tourne et que je vous retourne, prise de la tension, les réflexes, les yeux, les oreilles, le nez, les pieds, l’équilibre, tout, tout, tout. Une véritable consultation. La première depuis quinze ans au moins. Oui je sais, vous allez me dire.......! Bilan plutôt joyeux : re-analyses les mêmes et plus encore, plus poussées, exploration, scanner cérébral, doppler, la to-ta-le. Pas d’affolement siouplé, c’est juste histoire de savoir .......................simple curiosité ! Investigation banale quoi ! J’ai retenu en autres termes sympathiques « tumorale », « moelle », « lymphocytes » « transaminases » « infection virale » , j’en passe, bref, toute une panoplie réjouissante Elle a dit qu’elle n’était pas du tout inquiète. Mais alors pas du tout. Moi non plus. Enfin, pas trop.

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    Je n’ai encore jamais parlé d’elle, parce que je n’ai jamais pu - alors qu’il y aurait tant à dire. C’est sans doute mon souci d’éviter les histoires tristes qui m’a retenu. Ainsi que la peur, je ne vois pas d’autre mot. Mais la peur me faisant moins peur depuis quelques temps, je veux bien essayer. Juste une esquisse, quelques touches choisies parmi ce que je connais de moins effrayant. Mars 2002, pour situer. Le weekend de Pâques, pour être encore plus précis, et il faisait un temps magnifique. Nous n’avions pas voulu la prévenir de la mort de maman, et encore moins de la date de l’enterrement. Par peur de la voir arriver dans son état habituel. Quinze verres de Muscadet, les miasmes d’une demi-douzaine de calvados - pas ce jour-là. Frères, père, nous avions passé une longue heure à débattre sur le sujet. L’exclure d’un événement dans lequel lui revenait de droit la même place que nous ne nous plaisait pas. Mais ce qui nous inquiétait encore plus, c’était ce qu’elle aurait pu faire ou dire durant la cérémonie. Car en gestes ou en paroles, elle avait le pouvoir de se montrer redoutable - ou spectaculaire, au minimum. Avec le recul, je sais que nous avons bien fait de nous abstenir car sa présence n’aurait fait qu’assombrir ce qu’il faut bien appeler un bel enterrement. Beau, oui, parce qu’une force supérieure avait décidé que ce jour là ne serait ni lourd, ni pénible. Quiconque la connaissait un peu aurait frémis à l’idée des paroles qu’elle aurait pu prononcer pour meubler un moment de silence durant la cérémonie. Moi le premier. Et ce n’était pas qu’une vague crainte de mots. Non, ce qu’elle possédait de plus terrifiant c’était un don inné de la déclamation, un talent qu’on n’atteint nulle part en dix ans de conservatoire - car qui peut prétendre que dans une école on enseigne à parler sur un ton qui fait taire les orages, par simple intimidation. Déclamer les pires passages de Sade les yeux levés vers la nef romane de la petite église, je savais qu’elle ne l’aurait pas fait. Elle avait dépassé l’âge des scandales purs. Et, perfectionniste, elle aurait à n’en pas douter trouvé très ordinaire de reproduire un effet déjà expérimenté une fois - car la répétition, qu’était-ce sinon une technique pauvre réservée aux comédiennes de théâtre. Pour les mêmes raisons, je ne l’imaginais pas en train de scander l’une ou l’autre de ces formules qu’elle me forçait à apprendre par cœur sans que je les comprenne, lorsque j’avais quatre ans. Même pas la seule qui avait un vague sens pour moi à l’époque car elle me faisait penser à une publicité pour pneus : "Vive l’increvable anarchisme ! " Ces mots-la, je savais que je ne les entendrais pas puisque chez elle le nihilisme avait enterré les utopies. Non, ce que je redoutais, c’était qu’elle se cite elle-même. Car elle écrivait depuis toujours des poèmes troublants qui provoquaient immanquablement le silence. Une plainte. Une mise en garde. Cela aurait pu donner ceci : "Et la peau de mes pieds se détache à chacun de mes pas... Vous verrez, un jour il n’y aura plus hippocampes!" Quelques jours plus tard, elle était venue nous voir mon père et moi. Je revois l’arrivée d’un taxi bleu devant la maison, vers midi, et le mouvement d’une portière refermée d’un claquement sec, comme un coup de fouet. Le cocher à peine renvoyé, la voilà qui avançait déjà à grands pas dans l’allée du jardin tout en s’en prenant au silencieux cocker des voisins : - Infâme chien d’ivrogne, bâtard castré et puant, quadrupède gominé, saucisson dégénéré... A mon père, à moi aussi qui me trouvais chez lui ce jour-là, elle était venue dire que nous ne l’avions pas vexée en ne l’invitant pas à l’enterrement de la Castafiore. La Castafiore, au cas où nous n’aurions pas su, c’était : - Ah, je ris de me voir si belle en ce miroir.... Et nous pouvions garder le collier de perles, les bijoux, God save the Queen, et tout le tralala. Cela, c’était une allusion au deuxième surnom qu’elle donnait à ma mère : la reine d’Angleterre - dame au sceptre ou dame au chapeau étant deux autres variantes possibles qui revenaient assez souvent dans sa bouche. La reine d’Angleterre, elle tenait à nous dire qu’elle ne s’était jamais senti de parenté réelle avec cette femme-là. A sa plus grande satisfaction, d’ailleurs. Car la reine d’Angleterre, fille d’un impuissant congénital, était le fruit d’une insémination artificielle. Les Windsor, tous fabriqués à la pipette. Et les Windsor, en plus, il fallait bien que nous le sachions : la cinquième colonne ! Des Boches! Car Windsor, c’était un nom d’emprunt, un cache-pot adopté par patriotisme, en 1917, pour faire oublier la consonance inappropriée de leur vrai patronyme : de Saxe Cobourg et Gotha. Assez logiquement, elle avait ensuite enchaîné sur George Bush - ce gnome microcéphale, petit-fils du banquier d’Hitler. Le jour venu, elle avait déjà tout préparé pour lui cracher dessus, mais pas n’importe comment : la gueule ouverte dans sa tombe. Moi ? Juste après sa tirade, alors que je venais de lui refuser le verre de vin rouge qu’elle exigeait, elle ne m’avait pas épargné non plus. Et c’était parti pour : vermisseau, piaf à écraser du talon, laquais de la Gestapo et probablement aussi de la Stasi. Elle était partie très vite, aussi rapidement qu’elle était arrivée, et sans doute était-il réaliste d’imaginer qu’elle était descendue jusqu’au café du village. C’était l’endroit où elle aurait trouvé tout ce dont elle avait besoin : un téléphone pour appeler un taxi, des clients à tourmenter, du vin rouge qu’on aurait bien voulu lui servir jusqu’à extrême limite du supportable. Et à mon tour, j’étais descendu au village. Mais en ayant pris la précaution d’attendre un délai de trois heures - c’est à dire, une marge de sécurité suffisante. Trois heures : dans son état, plus qu’il ne lui en fallait pour finir de se soûler et rentrer chez elle. Non pas que j’aurais eu honte de la croiser. Mais c’était au cimetière que j’avais le projet d’aller. Parce qu’après un décès récent j’avais encore l’habitude d’aller dire quelques mots à ma mère. Un jour sur deux. Et je n’aurais pas voulu la croiser vociférant entre les croix. Debout devant la tombe, j’avais regardé la mer : quelques centimètres, une portion d’océan coincée entre la silhouette d’un hôtel blanc et la ligne verticale d’une falaise. Il y avait un peu de jaune, celui des ajoncs en fleur qui poussaient sur l’à-pic. Je ne ressentais rien de particulier. Ou peut-être un léger soulagement. Sans plus, rien d’extraordinaire, car rien de ce que je venais d’entendre ne dépassait les limites de l’ordinaire. Cela allait chercher au maximum un 2 sur l’échelle de Richter à laquelle je me référais à son sujet depuis maintenant vingt ans. Phase 4, ce devait être lors du premier rendez-vous pour la succession, et je me rappelle que cette fois-là je n’avais pas d’appréhension particulière. Parce que je connaissais un peu le notaire - un homme simple derrière un habit de dignité, sympathique dans sa façon de concilier la souplesse du roseau et l’impassibilité granitique. Et aussi parce qu’il me semblait impossible que ce rendez-vous-là dépasse en complications une certaine consultation psychiatrique à laquelle ma mère et moi l’avions accompagnée un jour. Cela remontait aux premières années de son délire, alors qu’elle était encore très conciliante. Elle avait bien voulu de nous deux : ma mère à ses côtés face au médecin, tandis que j’attendais devant la machine à café de la clinique. J’avais clairement remarqué le nom du psychiatre sur la porte : Docteur Lachau. Et, connaissant déjà assez bien son état à l’époque, je ne m’étais étonné ni des éclats de voix que j’avais entendus, ni du récit que ma mère m’avait fait le soir. Assise très droite, elle avait commencé par des mots qui n’étaient pas encore d’une grande ampleur : - Docteur Dachau, je présume. Après quoi elle avait calmement récité la liste des principaux camps de concentrations, avant de finir par demander à son interlocuteur nazi quel était celui où il avait eu le plus de plaisir à exercer ses talents. Et donc, pourquoi penser que chez le notaire les choses auraient spécialement dû monter d’un cran. Pourquoi imaginer le pire puisqu’il n’était pas question de fouiller dans son âme. Nous n’étions là que dans le simple but qu’on nous fasse la lecture de textes ennuyeux. Et, chacun des quatre enfants, on ne nous demandait rien d’autre ce jour-là que décliner notre état civil. Dire si nous étions marié, si nous avions des enfants - avec qui, combien, rien d’impossible en somme. Lorsque son tour était venu, elle avait commencé de la façon qui suit, avec dans la voix toute la lassitude froide que sait montrer une femme agacée de devoir répéter des évidences sues de tous : - Armelle C., épouse légitime de Jésus Christ. Je crois bien qu’il y avait eu une crampe dans le bras du notaire, et que la bille de son stylo était restée deux secondes sans rien noter, flottant au dessus du panier. Elle avait évidemment profité de ce moment-là pour compléter notre information. Jésus Christ, fils du charpentier et plus grand multiplicateur de pains qui soit. Des enfants, elle en avait deux puisqu’il l’avait engrossé deux fois. Deux gestations non désirées- car Jésus Christ, bonimenteur sous-payé, ne rapportait pas un gros salaire à la maison. Alors, avant de lui jeter la pierre à elle, qu’on se me mette un peu à sa place et qu’on fasse l’effort de situer l’affaire dans le contexte d’origine. L’époque ? C’était celle lointaine d’avant le planning familial. Tout ce qu’une femme pouvait souhaiter pour le repos de son ventre, c’était que l’homme ait à sa disposition un torchon à jus dans lequel se répandre avant d’ensemencer la zone dangereuse. Deux fois, cela n’avait pas pas fonctionné à temps. Elle n’avait donc pas eu d’autre choix qu’ébouillanter les deux petits, car cette époque reculée ne connaissait pas encore les congélateurs modernes où il est si facile de nos jours de placer les bébés encombrants. Quatre sur l’échelle, cela ne montait pas au delà. En dernier lieu, elle s’était tournée vers moi pour s’assurer que je l’avais bien écoutée - non seulement cette fois-là mais aussi celle d’avant. J’avais reconnu le ton de sa voix, celui de l’institutrice lorsque nous jouions autrefois à l’interrogation écrite. Deux mots que je devais compléter : - George Bush ... ? Et parce que je lui devais au moins de temps un temps une preuve de complicité, j’avais répondu sans l’ombre d’une hésitation, avec une spontanéité qui me remplissait de fierté : - La gueule ouverte dans sa tombe...

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  • 06/15/13--23:07: L'endroit clos par Vera50
  • Je ne peux pas vivre sans toi . Non,je peux pas . Mais faut d'abord que je te trouve !.......T'as déjà vu un crapaud qui se transforme en prince? Sois crédible, zut! ça fait 3 ans que je traine sur ce site. Au début, je me suis donnée 6 mois pour le rencontrer .... Le site est mon coin caché, un hébergement ,un squat où je loge à titre gratuit. J'entends à travers les murs mes voisins de palier qui tapent de manière névrotique sur leurs claviers . Chez moi ,c'est le marché aux puces . La peinture ambre jaune comme un manteau lourd ,vieilli . Seules y ont accès les araignées qui ruminent la toile piégeuse . Des bibelots démodés , des bagatelles, chinoiseries ,souvenirs oubliés par les anciens locataires . Je suis vite tombée amoureuse dès le début mais hélas, le vieux pensionnaire de l'établissement m'a coupé l'élan . Il dégoulinait son miel et son mystère dans ma tasse et avec le temps, l'est parti le petit marchand de pain d'épice . Peureux que l'amour pourrait lui nuire. J'ai pleuré dans mes gilets et sur mes bibelots , comme un oiseau tombé du nid , qui marche et volette , attaché d'un fil rouge à ma cheville et son poignet ..... Mon site , un endroit clos , un hôtel à l'ambiance trappeur où on communique beaucoup mieux que dehors ,un défoulement fou , sans contrainte , sur le canapé virtuel, à l'abri de l'anonymat . Tous les mots permis, interdit de se toucher .

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  • 06/16/13--13:39: Spam mon amour par PoinG
  • Parfois, quand tu habites seule, quand il n’y a plus pour te distraire que les ronrons des machines, le bruit du chat qui se gratte, la mélodie du passage des voitures qui le dispute au chant des oiseaux, parfois quand les habitants de ton silence deviennent transparents à ton oreille, vient un autre silence, plus profond et indifférent. Un vrai silence si intense que tu te demandes si ce n’est pas ça la mort. Un peu plus et tu serais presque prête à tirer le couvercle comme on tire sa révérence. Comme on ne croit plus à rien, ni au loto, ni à la valeur d’une âme, ni au coït de l’escargot. Parfois dans ces moments-là résonne le clink comme celui d’un revolver d’enfant, un jouet te réveille et la voix de Dark Vador éreintée souffle : « Tu as reçu un message ». Et tu ne regrettes pas d’avoir passé une matinée à programmer ce gadget qui te fait rire aux éclats même s’il annonce la réception d’un spam.

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  • 06/17/13--11:12: Chapeaux bas par Cyn0484
  • * C'est arrivé au tôt du jour, au beau milieu d'un paysage quotidien. Il fallait bien ce cadre insoupçonnable pour que deux mains déchirent le rideau par le milieu, que la folie douce prenne le pas. Entre deux rangées de platanes sages, une envolée soudaine a cherché à t'imiter, s'est leurrée de pouvoir te rattraper. Triste violence en point de mire. Pourquoi pas. Puisque mille faux pas, pourquoi traîner toujours des rêves à la Samson ou à la Léonard ? A quoi pensais-je alors ? A tant perdre le je tu il, à mélanger le nous vous ils, je me demandais : faudra-t-il tout assassiner, et moi avec ? Matin pâle, il est trop tard, il faut t'oublier, il faut te fuir. * Puis un drôle de chapelier change la donne. "N'avalez plus votre par-dessus la tête, portez-le haut et fort !" qu'il disait. Une bien belle perspective ma foi, une façon plutôt vendeuse d'aborder les choses... Mais ensuite ! Dans la neige je perdis mon gibus : sa présence au monde pourtant était si forte qu'une telle disparition aurait du me sauter aux yeux. Par un vif coup de vent ma casquette me fit faux bond. A visées sans visière, je découvris bientôt tant de charmes et beautés que je me crus la plus heureuse. Pour finir, alors que mon regard se posait sur un fanal éclatant à l'horizon, un garnement m'arracha mon bandana, dernier objet de ma névrose couvre-cheffière. Les auspices étaient clairs, les cieux avaient perdu leur abscons symbolisme habituel, les oracles pouvaient se taire. Flûte et triple croche, désormais j'irais chauve et fière. * Un peu plus tard encore : se serait-il agi de vous le dire, pourquoi et comment, la question n'est toujours pas tranchée. Parce qu'au bout du compte je me disais : avec vos visages je me suis reconstruit une lune. Je pensais même parfois y avoir oublié mes creux exorbités, que dans vos sourires mes larmes étaient devenues rigoles. J'entendais tout cela à la dérobée. After la lassitude et l'oubli, je laissai mon esprit plonger dans les eaux musicales, (pour qu'il y nage avec brio ou qu'il s'y noie un instant). Quelque chose alors rappela l'élégance et le blême s'éclipsa. A quoi je pense, maintenant.. A quoi penser ?

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    Tout en nuances, sans pathos, la vie, une vie .. La rencontre, l’amour, le mariage, un couple heureux. Puis, la déchirure, l’anéantissement Vivre entre parenthèses Pleurer sa peine Se saouler de travail, s'enfermer dans sa bulle Pour tenter de continuer à vivre sans. Puis, subitement, un baiser donné à un homme Cet Autre, doucement, va effleurer sa vie L’envelopper du manteau de sa protection L’homme délicatesse qui la réconcilie La vie peut reprendre son cours. Un film guimauve diront certains, mais normal qu'un chamallow ait aimé cette histoire :-)

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  • 06/08/13--07:08: Je vais par Persone_sz
  • Je vais ( jour et nuit ) Je croyais à la lune blanche J'allais dans le droit chemin Je désirais le rayon de soleil J'suis tombé ma douce J'suis tombé Tombé Cette terre sauvage n'autorise pas les rêves Ce soir ma vie est limpide J'ai réglé cette question Le chemin cruel est fatal La face sombre est réalité Partout c'est la bestialité That's life Brutale et extrême La vie en rose ! Les hommes sont erronés Je suis un homme c'est vrai Noir et blanc échec et mat Je marche sur la diagonale Je suis le fol espoir de la reine Droit chemin Chemin courbe Quelle est cette notion ? J'aime la lumière sous verre fumé J'aime la nuit avec une capote claire (Si j'croise une dame toute prête) Passe une exquise nuit Je suis mon chemin J'traverse le pont Jour et nuit De l'autre côté Je vais vers ma Déesse Elle est bandante J'le ferai sans vous Je chanterai la mort ( jour ou nuit ) http://www.youtube.com/watch?v=tKjSr1zOTq0 M .

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    Le bar n’avait même pas de nom, ou du moins pas de nom qu’on pouvait lire. C’était... C’était presque dans une autre vie, on pouvait dire ainsi. Et, accessoirement, c’était aussi un de ces soirs où l’on est prêt à entrer n’importe où après avoir marché trop longtemps sans but et sans se soucier non plus d’avoir déjà quelques verres de trop. Il pleuvait ? Il faisait simplement froid et c’était déjà le milieu de la nuit ? Quelque chose comme ça, oui. Peut-être tout cela en même temps, d’ailleurs, avec du vent par dessus le marché. Du vent, oui. Il se rappelait que son regard avait été attiré par un détail saugrenu : une cage en osier suspendue à un crochet au dessus de la porte d’entrée, au niveau du premier étage, et la cage où était enfermée une poule en plastique se balançait dans tous les sens. Un quartier infect, presque une poche de pus, et on entendait le vacarme d’un train de marchandises qui sortait de la gueule du tunnel, un bruit interminable qui devait être celui de quarante wagons de céréales qui roulaient vers les silos de Saint-Nazaire. Que c’était un bar, il ne l’avait pas compris tout de suite : pas de nom, pas d’enseigne, des rideaux abominables derrière lesquels on devinait des tables, quelques silhouettes. Il avait fallu qu’une des silhouettes ouvre la porte pour qu’il perçoive des rires, la couleur fade d’un carrelage triste, une bouffée d’air chargée de l’odeur du vin. C’était n’importe où, cela avait l’air d’être n’importe quoi et il n’avait pas hésité longtemps à entrer, sentant qu’il était lui-même n’importe qui. Et il avait bu un premier verre, probablement un verre de n’importe quoi, en considérant le carrelage fade qui était aussi triste que celui d’une certaine boucherie de son enfance. Tout en buvant, il continuait à penser aux quarante wagons qui fonçaient vers Saint-Nazaire, où se trouvait une usine d’oléagineux qui produisait également des farines et des tourteaux de soja pour l’alimentation du bétail. Comment il le savait ? Parce qu’il était né là-bas, à soixante kilomètres, et parce qu’il connaissait depuis toujours l’odeur prenante des matins d’hiver où, par vent d’est et parfois aussi de nord, la ville semblait prisonnière d’une cloche où stagnait l’odeur de la friture, mélangée à une autre qui lui rappelait un peu la compote de pommes encore chaude. Il avait sympathisé avec la patronne, qui était dans un état similaire au sien et devait avoir quelques années de plus que lui. Il n’y avait pas eu d’entrée en matière. Relevant les yeux au milieu du deuxième verre, il avait constaté qu’elle était assise sur la banquette en face de la sienne, d’où elle observait la salle tout en lui adressant la parole, s’efforçant de conserver une certaine dignité de langage. Depuis combien de temps elle lui parlait ? Il ne savait pas. Et puis, est-ce que cela avait tellement d’importance ? Un peu trop d’alcool et quelqu’un ou quelque chose était là à un moment précis avant de disparaître la seconde suivante, parce que tout se mélangeait. Quel moment ? C’était le stade où on ne voit pas encore les choses tourner, où les objets semblent encore occuper une place déterminée, avoir des contours précis - sauf la cage en osier, dehors, qui continuait à aller dans tous les sens parce que les rafales redoublaient. Et le train qui dans le même temps devait continuer sa course, traversant des gares minuscules toutes plus ennuyeuses les unes que les autres. Après tout, c’était peut-être lui qui avait prononcé les premiers mots, parlant justement de cette cage qu’il trouvait bizarre, et de la poule en plastique à l’intérieur qu’il avait d’abord pris pour un véritable oiseau. Son prénom ? Elle avait dû lui répéter deux fois pour qu’il le retienne, parce que c’était un prénom comme tant d’autres, un prénom de femme qui commençait par un J. Jacqueline ? Jeanine ? Ce qui était certain, c’était qu’il ne lui avait pas donné le sien parce que même ivre il abordait toujours les rencontres avec une certaine prudence, en s’interdisant de tomber dans la familiarité. L’alcool déliait les langues ? Pas la sienne, ou en tout cas il n’aimait pas se livrer. Des banalités suffisaient, des propos de surface qui ne disaient rien de lui. C’était son idée que les mots qu’on prononce dans un bar la nuit étaient sans plus d’intérêt que la poussière sur le trottoir. Les deux hommes qui bavardaient à la table à gauche de l’entrée, sous une affiche rouge dont les grosses lettres commençaient à danser ? De la poussière, ça aussi! Il suffisait de les entendre : - Au fait, je t’ai dit que j’ai déjà mon idée de couverture pour le premier numéro ? Le premier numéro de quoi ? En écoutant machinalement, il avait appris qu’il s’agissait d’un magazine que le moins imbibé des deux hommes, celui avec la chemise jaune, avait le projet de lancer. Ce serait local mais très audacieux, et la fameuse couverture était une composition de visages de femmes en noir et blanc, des visages fixés sur des encriers. Ce qui était effectivement audacieux. L’homme parlait avec de grands mouvements de la bouche, comme une marionnette de ventriloque. Mais curieusement, au dessus de sa tête, ce n’était pas une main agitant des fils qu’on voyait, mais une étagère sur laquelle se trouvaient alignées des poupées qui observaient la salle serrées les unes contre les autres et sans rien dire : d’odieuses poupées au bras de cire et aux paupières lourdes. Puis un homme était entré, ivre lui aussi mais ce n’était pas une condition suffisante. Le serveur était immédiatement sorti de derrière le comptoir pour le mettre à la porte car il n’avait pas le style de la maison. Dehors, la pluie commençait à se transformer en neige, une neige hésitante, et au fur et à mesure que les flocons grossissaient les lettres de l’affiche rouge s’étaient mises à décrire des cercles. Le matin lorsqu’il s’était réveillé les trottoirs étaient blancs. Juste en face de son lit, de l’autre côté de la fenêtre, une poule muette enfermée dans une cage l’observait gravement. Il n’y avait personne d’autre que lui dans la chambre, mais il n’avait pas la certitude qu’il en avait été ainsi durant toute la nuit.

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  • 06/07/13--12:35: MP par Mudra
  • La voix monte et s'ouvre alors dans le coeur symbolique des jours un abîme d'espace à lire et pour entendre aimer de vrai la voix des vivants nous avons besoin de dire de dire et de nommer un souffle sans croyance hormis celle d'être ici Tu es le monde mon rien qui ignore et qui sait je ne suis rien sinon un autre hors ça qui sera dans le souffle un lieu blanc sans avoir ni fortune empires en gouffre d'être à mêmes un rien plus substantiel que la course des nuits aux soleils hiémaux vois-tu les anciens lieux cet arbre d'où monte commune sève la lumière sans aucun des termes du commerce des âmes souffles montent et descend en tout l'esprit elle a vivre par tout qui nous délivre Elle ? Un seul et même esprit dans le nombre entier . Le vendredi sept juin deux mille treize, en mémoire de Matta El Maskine .

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    Trois « poèmes » ou trois proses, d'amour, d'eau et de fraîcheur (tentative de...) The first one : Il est des voyages et des distances Imprévues,qui mènent vers la stance, Du temps et de l'Opium Pour dire le vertige et l'Onde L'Onde est cette courbe Qui va et vient lancinante, Celle de ton corps, celle de tes yeux, Entre quelques échos des mots, Et ta résistance, entre tes bras, Et tous les espaces de ta chair, Je m'égare, fumée du bois, D'un bois où tu m'accompagnes Je parcours les feuillages, écarte Tes brindilles, tes feuilles douces vertes, Roses de soie,rouges de tes baisers Je cherche la fleur mystérieuse De ton plaisir et de ta joie J'avance malgré moi, Et me laisse m'emporter Vers de parfaits effleurements Qui, du parfum à la couleur, Au tremblement t'apaiseront. J'ignore si la transe, Ou le marbre te convient, J'accepte d'ignorer, Et ne fais que t'aimer A ma façon , sans modèle Sans pâte ni manigance, J'inscris mes lèvres sur Ton cahier de vie, et l'encre vit Tu ouvres les pages de cette nouvelle Après Le baiser vient l'écrit, Je mêle la fin au début  Je suis au début, de cette suite, Ne suis que les versos Les lettres fâchées se détachent, Et refont mille mots Bleus et rondeurs Enfin apaisé par ton regard embrasé Je reste et contourne, tant je vis A l'orée de tes yeux, le miroir De mes « je t'aime »... Enfin, j'efface cette larme , Qui, d'abord m'effraie, Et donne au plaisir Le rappel du temps... The second one : Eau Au cours de son bois, Coule un ruisseau Ru de l'âme, Fleuve de larmes Mes yeux regardent Onduler les cils La barque des pupilles L'océan de tes paupières, Tant pis, j'accoste ces rimes Sans prendre trop de soin, Des flocons d'écume, Me disent que tu existes, Je m'écoule, je me coule, Entre les vagues et l'ambre Je fasseye, me raidis, J'aborde ce liquide de toi Les flux nous emportent, Inutile de rester feu, L'eau nous enveloppe Nos rêves flottent Embarcations de nos vies Et lorsque s'achève le ru, Il vient une rivière, un fleuve Et l'horizon de toutes mers Pour éveiller , réveiller Et s'aimer. The third one : For the joke, ou la volupté fille de la légèreté... Ce matin , au petit déjeuner, Un couple de russes s'est assis à ma table, Avec un marmounet, bien mignon, et très sage, Papa s'occupe de son fils, maman semble heureuse, Papa a 2 œufs, un dans sa main, il confie l'autre à son chéri, Mains fermées sur leurs œufs Papa et son fils jouent au jeu de l'oeuf tamponneur, Et Poum, l'oeuf de l'enfant vient à exploser et tout Se splashe sur la table à la terreur du marmounet. Grand sourire de tous, L'enfant est scotché Mais devant la bonne ambiance A compris qu'il n'avait rien « cassé ». Légèreté : J'ai mot-dit La répétition Je sautille, Je grapille Je fourmille Je m'allonge Je respire, Je dors Je souris Je ris aussi Je comprends Je vacille Me reprends Et m'abandonne Je ne pense plus. Les couleurs sont aquarelles, L'air est léger Et tout peut redevenir volupté.

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    C'est vrai que ce film date de 2011 mais moi c'est tout à l'heure que je l'ai vu. Où se trouvent ces ailleurs où la vie semble glisser sur les gens pour n'en laisser que des miettes éparpillées sur le sol que le chagrin, la colère, les remords et la violence balayent sans cesse. Peter Mullen offre là une présence presque insupportable dans toute la violence qu'il contient, toujours prête à déborder de ses fragiles frontières et finissant immanquablement par tomber sur celui qui ne cherche pourtant qu'à l'aimer ou l'éviter, ses silences sont lourds d'un passé qu'on n'ose imaginer, ses regards se perdant dans un horizon où les nuages depuis longtemps ont obscurcis le reste, pourtant il se déplace au milieu de ses tourments comme un homme qui cherche encore son salut ou sa rédemption. Face à lui il y a cette femme dont une devine une existence paisible ayant échappé aux frimas de ces hivers là, une croix autour du cou et une foi inébranlable en Dieu qui fait oublier un moment la désolation du quartier et des gens qui l'habite. Mais l'enfer se pare aussi des plus simples vies, derrière nous même se dresse l'ombre d'un autre qui peut nous faire vaciller ou nous atteindre violemment. La force de ce film est de nous emmener du début jusqu'à la fin dans sa lente dérive tout autant que renaissance des gens qui s'y perdent ou s'y retrouvent, je n'ai sans doute pas beaucoup respiré complètement happée par leurs histoires où s'entremêlent tout ce qui peut défaire une vie ou lui donner du sens. Un film vraiment à découvrir, seul avec soi même pour ne pas être distrait par le souffle ou l'émotion d'un autre car il pour chacun nous une réflexion profonde sur ce qui fait l'humain dans toute sa lumière et sa noirceur.

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  • 06/07/13--12:34: trajet par Elena21
  • Le matin pour me rendre au travail, j’aime bien passer par la rue La Fayette à cause du magasin «Coquelicot». Aujourd’hui encore je suis aspirée par la vitrine, sublime et raffinée. J’évite les prix affichés. Revoir les éléments du budget. J’y pense depuis quelques temps de toute façon. Comme je décolle de la devanture, un téléphone portable sonne dans mon dos, sans doute à quelques pas de moi. Un homme répond – Allô, oui…. non, je me réveille juste ! non, non, je ne dormais pas, j’allais me lever… comment ? ah oui c’est vrai ! Je ne sais pas, on verra demain … Culotté ! et cocasse. J’aurais bien aimé voir la mine du gars disant ces mots dans l’une des rues les plus passantes de Toulouse ! Il marche toujours derrière moi. Je ne le vois pas mais je peux l’imaginer. La voix est plutôt assurée, grave et un peu rocailleuse. Un fumeur sans doute. Léger accent parisien, j’aime bien. Le timbre est voilé. Il a découché, j’en suis certaine. Je l’imagine grand (très grand) et brun. Non, plutôt grisonnant. J’ai envie de l’aborder et de sourire avec lui de cette supercherie. Mais comment me retourner. Il en serait sans doute gêné. Je l’aperçois latéralement dans le reflet des vitrines qui défilent à ma gauche, au rythme de mes pas. Après je vais devoir traverser la rue Alsace-Lorraine, puis le square du Capitole. Et sans doute le perdre de vue. Je l’aperçois encore. C’est la dernière vitre. Une stature haute. Je l’avais deviné. Et un pardessus sombre. Bien !!!! il a de l’allure. Je ne l’entends plus, il a raccroché sur un « au revoir chérie, à demain ! » Ça y est je ne le vois plus … Bref instant dépressif. Je franchis la rue Alsace. Toujours se méfier des vélos qui zigzaguent à cet endroit. Alors que l’espace est piétonnier. A Toulouse, c’est connu, les cyclistes sont rois. Je rejoins le square. Grand et maussade dans la grisaille de ce mauvais printemps. Je vais le traverser en diagonale. Cela me raccourcira le parcours. - Elena ! C’est Pierre… mon voisin. D’un bond, il avance à mon niveau – Bonjour, je lui dis, tu n’es pas au boulot ce matin ? et je lui demande aussi s’il était derrière moi dans la rue La Fayette. (J’ai osé cette petite provocation. ! ) – il dit non et ajoute pourquoi ? Il précise qu’il sort de la gare et qu’il revient d’un congrès à Biarritz. Ouf, rassurée. Pierre vit avec Natie, Un couple très sympathique et joyeux. On s’apprécie. Mais je suis en train de me retarder … Je le dis à Pierre. Il répond moi aussi, on s’embrasse. A bientôt. Le baiser amical dévie vers mon oreille. J’entends doucement « Tu es sympa, tu ne dis pas à Natie que tu m’as vu. Je suis censé ne rentrer que demain matin … » Il a fait une petite moue, j’ai opiné, on s’est séparé. M’adapter à ce nouveau regard que je porte sur leur couple depuis moins de trois minutes. Je suis maintenant sur la place du Capitole. Il pleut encore. Il y avait un joli bustier vert pâle dans la vitrine de « Coquelicot ».

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    L'homme qui voulait changer le monde, de Raphael A. Levy et vous vous sentirez mieux. Extrait: Une vision sublime s’offre aux yeux de Justin : les tout premiers rayons de soleil viennent effleurer l’or des cheveux de Lisa. En la ramenant et en la serrant davantage contre lui, il sent l’odeur iodée de sa peau de satin et le souffle tiède qui s’écoule de ses lèvres entrouvertes. Elle dort du sommeil des sirènes légendaires qui, le matin, s’étendent sur une plage, quand l’aurore demande au temps de suspendre son vol… Ainsi en est-il, chez les êtres qui se sont longtemps cherchés. Ils se reconnaissent au premier regard, à la première larme. Alors, ils ne déplorent plus cette laborieuse errance ni cet épuisant espoir d'une passion qui ne vient jamais. Ces âmes tourmentées renaissent de leurs cendres. L’hymne à la joie qui les transporte leur révèle qu'elles ne se sont pas usées à force de ne rien donner…

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  • 06/06/13--11:07: ô soleil par Magic one
  • Il l’a tant regardé Qu’il peut la dessiner En ombre ou projeter Sur les murs des doux rêves Elle avait des secrets Qu’elle savait cacher Mais pas à son ami Qui vient après la nuit Déjà elle attendait A peine le jour levé Qu’il vienne s’installer Aux travers des volets Elle essuie du regard Le ciel et ses splendeurs Ce n’est pas un hasard Toutes ces belles couleurs Alors le Dieu S☼leil Lui fait doucement la cour Pour donner à sa peau La couleur de l’amour A peine est elle vêtue D’un courrant d’air frisson Qu’un malin petit ray☼n L’habille à sa façon Quelles sont les pensées Lorsque vient déposer Le chanceux inconnu Chaleur sur le corps nu Il faut alors comprendre Sans jamais se méprendre Qu’il faut bien Laisser la nature Aux d☼uces créatures

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    Le monde va mal, tout n'est qu'agressivité, rancoeur et jalousie ! Moi je garde le sourire,quand je ne peux pas je reste chez moi, le sourire c'est une belle parade à la bêtise humaine en principe cela fonctionne pas trop mal , sauf sur les cons. Depuis un mois j'ai adopté une petite chienne Isadaura, teckel nain à poils longs, un vrai bout de chou, devenue la meilleur copine de ma minette, pas de jalousie entre elles, les animaux sont plus intelligents que les humains ! Cette petite demoiselle se promène partout avec moi, les commerçants du quartier l'acceptant car elle se blottit sur mes genoux et ne bouge pas et curieusement depuis son arrivée les gens de mon immeuble me parlent voir même m'ouvrent les portes un vrai aimant cette petite boule de poils ! Nous revenions tranquillement des courses sur la piste cyclable, seul passage praticable en fauteuil Mademoiselle Isadaura trottant dans l'herbe et moi roulant à son rythme, le soleil présent un vrai moment de paix. Voyant un vélo arriver vers nous je rattrape le bout de chou (800gr 15cm au garrot, un vrai molosse) la dame sur le vélo s'arrête à mon côté, moi souriante je m'attends à ce qu'elle s'attarde sur la miss … Que nenni !!! La dame, vélo hollandais, coupe et couleur de cheveux à la Marine la fille à Jean-Marie, chaussures richelieu, se met à m'agresser verbalement sous le prétexte que je ne devais pas me trouver sur la piste je n'étais pas un vélo et que si je la tamponnais elle porterait plainte ! Moi qui ai plutôt la répartie facile, je suis restée bouche bée, heureusement que j'étais assise sinon je serais tombée par terre ! Je parviens à lui dire que si elle veut porter plainte pas de soucis si elle a envie de se ridiculiser c'est son choix ! Elle de me répondre,que "je suis « mazo » et que de toute façon vous les handicapés vous croyez avoir tous les droits et je vois bien que vous ne comprenez rien vous êtes idiote, en faite ce ne sont pas vos jambes qui sont atteintes mais votre cerveau" et elle repart j'ai juste réussi à sortir « espèce de connasse » ce qui est peu par rapport à ce qu'en temps normal j'aurais pu lui rétorquer avec humour, mais là je me suis sentie blessée, humiliée et minable, et surtout mes pensées sont allées vers les personnes affaiblies intellectuellement et qui croisant autant de haine gratuite ne peuvent réagir. J'ai pleurer de rage devant tant de bêtise et violence verbale, un Monsieur arrivant sur son vélo c'est arrêté lui il avait plutôt la moustache de José Bové, qui lui non plus n'a pas tout saisi, comme moi la même question « Pourquoi ? » Je pense que cette personne, doit avoir un contentieux avec les personnes à mobilité réduites, et que sortant de confesse elle devait avoir son ardoise vide et qu'elle a pu attaquer son nouveau quota de pêchés ! J'ai du mal avec la méchanceté gratuite, les mots sont aussi violents que les coups, voir plus, car les bleus à l'âme ne disparaissent pas, alors que sur la peau ils s'effacent ! Agnès

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  • 06/06/13--14:15: Faux bond par Qui va la
  • Ma vieille amie s’est évanouie dans la nuit sans bruit. Nous avions encore un bel été devant nous. Elle m’a prise au dépourvu, le tarmac, on oublie, ce n’est plus la peine. Au dernier voyage, tout était blanc. La neige était tombée toute la nuit, j’étais arrivée l’avant-veille, du soleil, du sable et le cri des mouettes dans ma valise. Je savourais ce bonheur retrouvé des matins de première neige, je tendais l’oreille pour ne rien perdre de ce silence si particulier. «Tout est prévu. Ils s’occuperont de tout. Le crématorium, et puis voilà. Je ne veux personne. » Elle avait soufflé ça très vite, en sautant du coq à l’âne. Le ton m’avait un peu chiffonnée. C’était sa volonté ? Inutile de jouer l’effusion. Si on attrapait les perches qu’elle faisait mine de tendre, la herse tombait aussi sec. N’empêche, maintenant qu’on y était, elle n’allait pas s’en tirer à si bon compte. Effacée pour de bon ? Je ne saurais plus rien d’elle, d’aucune manière ? Tout simplement impossible. Je savais bien qu’elle se glisserait dans mon sommeil pour un dernier mot. Ce qu’elle fit, telle qu’en elle-même. Elle est bel et bien morte, l’affaire est entendue, mais il lui reste ces quelques heures offertes, le temps de se retourner. Je l’aide à ranger deux ou trois choses, elle tient absolument à mettre un peu d’ordre dans sa maison, avant de descendre en ville. Un rendez-vous apparemment important. Elle s’installe à côté de moi, à la place du mort. Très vite les embouteillages l’exaspèrent. Je ne comprends pas son impatience, j’aimerais plutôt qu’elle hausse les épaules, une dernière pagaille, un léger contretemps, il n’y a plus mort d’homme, mais je connais mon oiselle, elle peut devenir un tantinet odieuse si on ne devine pas ses désirs. « Ton cercueil, c’est ça ? Tu veux que je t’accompagne ? » Elle me jette ce coup d’œil en coin que je reconnaîtrais entre mille, un petit cocktail défi-malice savamment déconcertant. Je nous vois arpenter les allées du show room, et surtout je l’entends, elle, répondre à l’homme au costume sombre qui lui parle poignées cuivre ou argent, capitonné satin ou soie « m’en fous, c’est pour brûler ». L’urgence, c’est d’aller là-bas, encore une fois. Il faut marcher un peu, contourner un chicot rocheux, longer la falaise. Visage plein de bruine, semelles pleines de glaise, elle dépasse la cascade et m’entraîne plus loin, là-bas. Ce lieu, je serais incapable de le décrire. Ce n’est ni un temple, ni une forêt, mais ce n’est rien d’autre non plus que cette sensation vaguement sacrée qu’on éprouverait en s’asseyant par effraction sur le banc le plus reculé d’ une vaste cathédrale à ciel ouvert, les yeux happés par je ne sais quelle scène improbable qu’on ne pourrait que regarder indéfiniment.

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    Le frisson précède toujours la pensée. La petite pensée. Celle qui façonne le souvenir. Celle qui transcende le passé. L’émotion originelle est toujours là. Elle ne cesse de tarauder ce cœur mélancolique. Pourtant, aucun regret. Aucune idée d’inachevé. Tout a été dit. Rien n’a été dit. Tout a été dicté par un inébranlable destin. L’inéluctable était là, devant nos yeux. Devant tes yeux, lucides. Lucide. Lucide tu étais. Ce mot rempli de lumière. Ces rayons qui éblouissent l’esprit et le cœur. Ceux qui font chavirer les plus secs. Au fond de l’écorce, une chair en pleine mouvance. Au fond du trou, une vie qui se mouvait à petit pas. Terrible angoisse. Terreur des anguilles invisibles. Ces petits pas qui allaient cesser. Ce cœur qui, pourtant, était d’une discrète solidité. La tête haute au milieu d’un océan de tempête. Jamais une larme sur ton propre sort. Du moins, devant les autres, devant la terre. Ce qui, pour certains, était un horrible calvaire, N’était pour toi qu’une sorte de transcendance. De transhumance. De dépouillement. Celle de la non-souffrance, celle du non-ressenti. Ces mois, ces années, ont plus compté que les décennies d’avant. Le cœur, le charme même, ont imprimé fortement. Sont revenus des lueurs lointaines d’une jeunesse éclatée. Tu étais finesse. Plus finesse que géométrie. Mais le monde était un bulldozer. La comète s’était approchée de près. Elle s’est maintenant éloignée. Éloignée. Éloignée. « Toi qui rêvas Des îles et qui jamais n’arrivas Là-bas » « Des jours et des jours tu dérivas Mais jamais jamais tu n’arrivas Là-bas ». http://www.youtube.com/watch?v=sUVcfj6KR9o&NR http://www.youtube.com/watch?v=hhDEeFIZ3-0 http://www.youtube.com/watch?v=evxTBvAxMGg

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