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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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    C'était en 1970. Ma mère écoutait Europe 1 dans la cuisine sur un petit transistor en plastique rouge. La radio débitait son flot de variétés habituelles, Claude François, Joe Dassin... Et soudain quelque chose de très différent, un morceau de René Joly qui s'appelait "Dans la cour du roi musicien", long, lyrique, avec de longues envolées instrumentales superbes et si différentes... L'impression de découvrir un autre monde... Je suis tombé en arrêt comme un chien de chasse devant un terrier. J'avais onze ans. Il s'agissait de la reprise française d'un titre du premier album de King Crimson, "In the court of the Crimson King". Il me faudra attendre encore quatre ans pour découvrir ce groupe avec l'album "Islands", groupe qui allait accompagner mes rêveries musicales jusqu'à ce jour et, espérons-le, pour longtemps encore. King Crimson n'est pas à proprement parler un groupe, plutôt un atelier musical animé par le guitariste virtuose Robert Fripp, grand spécialiste des arpèges vertigineux à qui je dois de belles crampes dans les mains. Chaque album a une tonalité différente : pop moyenâgeuse au début, jazz ensuite, pour virer vers un style unique qui emprunte autant à la musique contemporaine qu'au métal ou au funk. Classé par facilité dans ce grand fourre-tout qu'on a appelé le rock progressif, mais sans rapport avec la pyrotechnie lourde d'un Yes ou d'un Dream Theatre. Difficile de décrire leur musique si éclectique et variée, mais un mot résume bien le fil conducteur de l'oeuvre : la tension. La musique, même dans ses moments apaisés, est toujours aux limites. Un morceau comme "Red" est à la limite de la lourdeur hard-rock, "Epitaph" à la limite de l'excès d'emphase des Moody Blues, "Indiscipline" à la limite du bordel intégral d'un groupe de free-jazz sous acide. Toujours à la limite de l'excès, mais avec une retenue et une intelligence rare dans l'univers du rock. Si vous aimez les Moody Blues, commencez par les premiers albums. Si vous aimez les Talking Heads, passez directement à "Discipline". Et si vous ne devez avoir qu'un album, c'est "Red" qu'il vous faut, qui couvre presque toute la palette du groupe. Ca demande un peu d'effort, une attention soutenue, mais ce sont tous des disques de garde qui se bonifient en vieillissant. Et si vous êtes fans de jazz, le cornétiste français Mederic Collignon a fait un excellent disque de reprises qui mérite un détour.

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  • 09/05/13--04:16: Aminata par Fragonarde
  • Elle avait à peine trente ans, son visage en paraissait le double. Sa silhouette donnait l'illusion d'une adolescence conservée. Les hommes privilégient les corps, aussi était-elle choisie, même s'ils évitaient souvent de la regarder de face. Quand bien même ils y auraient fait un rapide détour, ils ne se seraient pas attardés. De nombreuses rides avaient creusé son visage. Ses cheveux, devenus gris soudainement, étaient cassants et secs. Son regard éteint n'invitait pas au dialogue. Mais ce n'est pas ce que les hommes recherchaient quand ils montaient avec elle. Chaque jour, immuable, l'abattage des corps sur le sien rythmait, par leur va et vient crescendo, la cadence de ces journées interminables. Regards concupiscents et avides de jouir au travers d'elle, sans plus de réalité, transparente. Et cela leur importait peu aux hommes, les cicatrices qui zébraient sa peau, les scarifications sur les poignets. Elle était là, dans la routine des corps supportés, pour quelques dollars, dans une capitale encore dévastée de ces années de guerre civile. Objet de leur plaisir, marionnette docile qui écarte les cuisses. Les jours de paie, la demande augmentait considérablement. Elle restait étendue sur la paillasse attendant les suivants, la peau moite des jouissances mêlées de ceux qui l'avaient possédée. Passivité indifférente à toutes les demandes, son corps pressé, retourné, bousculé, entravé, possédé, limé. Elle ne comptait plus les passes successives. Jambes écartées, elle attendait le prochain client quand soudain elle referma vivement ses cuisses et se redressa précipitamment. Un parfum envahissait l'espace au fur et à mesure des pas qui se rapprochaient. Elle croisa les bras sur ces seins. Il allait rentrer dans la chambre. Elle avait peur. Pétrifiée, elle ne savait plus si elle souhaitait que ce soit lui ou un autre. L'homme qui passa le seuil était grand, lui aussi, sans doute métis car il avait la peau claire. Il se déshabilla rapidement et se coucha près d'elle. Son parfum qu'elle respirait pleinement à même la peau fit rejaillir des émotions qu'elle avait cru anéanties. Ses gestes envers elle étaient tendres. Les yeux fermés, elle respira son ancien amant. Son compagnon d'avant. D’avant les journées d'émeutes qui avaient mis le pays à sang en exacerbant les divisions ethniques. Butin de guerre tribale, les femmes étaient devenues déversoir des frustrations de ces hommes soldats, de leur colère, de leurs fêtes triviales. Elle avait été relâchée sans plus de raison qu'elle n'avait été emmenée de force, un jour de marché, au tout début de cette période trouble. Elle le rechercha sitôt libérée. Elle avait tout supporté, tout endurée, retenue en vie par son amour pour lui. Comme les autres expatriés, il avait été évacué précipitamment très peu de temps après sa disparition. Dès qu'elle eut son adresse en France, elle lui avait écrit l'arrestation, la fin brutale de sa grossesse, son enfermement pendant ces deux années. Elle avait tu le reste. L'homme est reparti maintenant. Sur la place du marché, elle revoit, gisant par terre, son panier en osier arraché brutalement d'où étaient tombés les fruits et légumes qu'elle venait d'acheter. Ignorés, piétinés, saccagés avant de pourrir sur place. Un autre client vient de rentrer. ll ne l'avait pas attendue.

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    Ce matin,lorsque j'ai jeté un coup d'oeil par ma fenetre ,j'ai été attirée par le spectacle de cette boule piquante qui essayait de franchir le grillage qui me sépare de ma plus proche voisine... Coinçé dans une maille ,son petit museau pointu et quelques centimètres de son corps restaient prisonnier ,je suis sortie pour évaluer sa situation . J'ai vu trés vite qu'il allait avoir besoin d'aide ,la terre tassée de mon coté du parterre témoignait que sa bataille contre l'obstacle avait du commencer bien avant que je ne le découvre Mon voisin de gauche ,appelé à sa rescousse ,d'un coup de pince lui a rendu sa liberté ... je l'ai transporté auprés d'un amas de pierres avec une assiette de lait ,je voyais se soulever son petit coeur au milieu de ses piquants et ses yeux ne me fuyait pas .Rassurée sur son devenir immédiat ,j'ai repris mes occupations... Mais je continuais à me soucier de son futur et je suis retournée dans le jardin et aprés l'avoir cherché ,je l'ai aperçu ,avec un peu d'inquiétude ,blotti contre le grillage de mon voisin sauveur... Je comprends son attitude :il veut retrouver sa liberté ,meme au prix de sa survie ! ,je le surveille depuis ce moment ,ce qui fait sourire mon voisin qui pense ,avec raison peut etre, qu'il va se débrouiller ! Si tous les grillages du secteur pouvaient le laisser filer ... Bon ,je vous laisse ,je vais m'assurer qu'il est libre ... Il l'est ,plus de trace de lui ! Je suis contente de ce petit role protecteur joué dans un jardin plus tout à fait si ordinaire ...et merci à mon voisin ;-) Capucine

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    Ce Com en catégorie "Tranche de Vie" pour les esclaves du Nucléaire, ceux qui se tapent tout le boulot Contaminant, à forte dose ou avec parcimonie mais tout aussi inéluctablement, et ce pour quelques €uros de plus qu'ailleurs. Olivier Gourmet ( extra comdab), Tahar Rahim (qui assure comdab) et.... Léa Seydoux (pulpeuse fiction) au service d'un scénario sombre - noir - effrayant. Le film est produit par Greenpeace, sous le contrôle technique de la CRIRAD. ( why not ? ) Bref, tu te retrouves bien vite plongé, en apnée en eau trop trouble, presque un véritable malaise dès le premier tiers du film, avec une lancinante envie de gerber, tout comme les protagonistes d'ailleurs, la basique peur viscérale . . . vite fuir très loin pour tenter de sauver sa peau quitte à laisser tomber pour la bonne paye ! Ce sentiment à donc carrément plombé ma propre perception du film surtout pour un final plutôt . . . prévisible et cousu de fil blanc. Autre point surligné par les Médias : Léa Seydoux, la nouvelle Bombe du Cinéma Français ? Euh.... Dubitatif :-P Si ce film existe pour dénoncer et alarmer, il oublie alors de mentionner les ouvriers venus de l'Est, pour croûter pour bien moins cher que la main d'oeuvre locale, histoire d'engraisser les sociétés d'Intérim, elles même commanditées par des prestataires en charge des chantiers plus que borderline d'EdF - Areva.... Pour ceux qui avait envie de se ruiner le moral pour une dizaine d'euros, ça marche ! Et puis rentré à la maison, on regarde différemment l'interrupteur d'éclairage de la pièce à vivre . . .

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    Quelques rayons caressent encore son corps alangui. Elle est tentée de frayer avec ces jeux de lumière sur sa peau ambrée. L'après midi s'achève sans qu'ils aient quitté la chambre. Les draps froissés respirent de leurs corps à corps. Il dort, sourire aux lèvres. Elle imagine sa bouche frôler la sienne tandis que ses mains se joueraient de lui. Elle aime le voir ainsi, endormi. Elle en profite pour dessiner du regard chaque grain de sa peau. Ses jambes se ferment et son dos se cambre de se souvenir. Son souffle si près d'elle ravive les émotions. Ses lèvres mordillent le crayon avant d'esquisser quelques fragments de mots, de ceux qu'elle ne lui dit pas, pour l'instant. Quelques papillons voltigent au creux de son ventre au fur à mesure qu'elle écrit ce qu'elle tait. Les vagues de plaisir n'en ont pas fini de la submerger. Instants volés de plénitude avant que l'envie ne la reprenne de le réveiller de ses caresses. Fragment de désir amoureux.

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    Je suis Clara !!! je suis Clara et pas Carla* et vous, vous n’êtes qu’un trublion pour tenter avec mon nom la déterritorialisation* vous me mettez le tourbillon en tête et ça fait du dégât* de taire cette situation même si Dugland* en est gaga m’embêtez pas drôle de gars baguenaudant* comme un espion j’aime pas les glands qui sont babas à la pelleteuse* j’fais sécession vague et mordant se croit le pion calembredaines* bistouilles* blablas, d’une belle gueuse j’prends pas l’option d’voir le minot* en pyjama car les fredaines dites-les plus bas que vot’ blizzard* souffle hors région de voir votre mine j’suis pas fana j’ai un mot d’ordre : mutilation ! c’est très bizarre mes impulsions quand soudainement on me fourvoie je remets ordre et précision je suis Clara, non pas Carla (jeu-pantoum)

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  • 08/27/13--08:10: CARCAN par Elena21
  • Carcan ou le pantoum n°2 (c’est le précédent en allégé) chant blanc ciel vain au vent crachin qui vient à cran crache un forban carcan sans fin forgeant l’ancien enfin greffant l’ange d’un dur sang griffant d’une main l’urgent matin des mains du vent monte un chant blanc

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    France culture fête ses cinquante années d'existence en ouvrant un studio géant au Palais de Tokyo. Depuis hier matin, les professionnels de ce média se produisent en public et offrent à leurs auditeurs l'opportunité de découvrir leurs visages. Leurs voix rythment mes jours tout en me donnant l'impression d'être intelligente. Bonne nouvelle, la chaîne gagne des auditeurs et en plus ils sont jeunes... Bonne nouvelle, l'émission quotidienne de philosophie "Les nouveaux chemins de la connaissance" est l'émission la plus podcastée des émissions de chaînes publiques. Bonne nouvelle, France culture a ouvert une web radio pour les étudiant de 7 à ....77 ans et plus avec des cours et des conférences données dans les universités et autres grandes écoles. La animateurs font merveille, ils sont cultivés, ont une excellente connaissance de leurs dossiers, respectent leurs interlocuteurs sans pour autant être complaisants... Et les formats des émissions laissent un temps de parole nécessaire aux invités pour développer leurs idées, opinions, expériences, savoirs... A une époque où le mot culture en fait sourire plus d'un... écouter France culture me rassure. Il est des jours où cette chaîne m'a aidé à vivre... Au Palais de Tokyo.... jusqu'à demain soir, ouvert à tous et gratuit...

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    Un des rares sites francophones où on peut lire des opinions très diverses et souvent à contre-courant de la presse classique. Ce n'est pas le lieu où vous découvrirez des informations exclusives, mais il offre des débats vraiment pluralistes et parfois inattendus. J'y ai commis quelques articles. Son petit frère, agoravox.tv, offre aussi une sélection très éclectique de vidéos, parfois surprenantes. Le week-end, il propose une sélection des meilleurs articles de la semaine pour les retardataires.

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  • 09/03/13--14:05: Une île... par Lbambou
  • Il est une île que j'aimerais te faire découvrir, toi que j'ai choisi, qui en est digne. Mon île ! mystérieuse et secrète. L'aborder ne sera pas si facile, mais écueil après écueil tu contourneras. Ses paysages te sembleront familiers pourtant tu ne sais pas encore ce que tu découvriras. Pas à pas, tu l'exploreras. Impatient et avide bien sûr tu trébucheras. Patience, mon ange, elle ne se dévoile pas si vite et je te prendrai par la main et je t'accompagnerai et je te guiderai sur les sentiers connus seulement de moi. Ne crains pas te perdre, il est si bon de se perdre. Enhardi, tu deviendras conquérant ! tu graviras ce mont du nom d'une déesse, Tu humeras ses enivrants parfums et gouteras à son fruit qui abonde. Je t'emmènerai jusqu'à la source où ta soif tu étancheras. Tu te reposeras sur des lits de mousse, du temps conscience tu perdras. Enivré de vertige, au bord du gouffre tu seras, viens viens, n'aie pas peur, avec moi te noyer dans cet insondable abîme.

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    Ouvrir un livre de poésie, ça peut être comme fermer les yeux, ou les garder dans le vague tant l'écrit déborde de la lecture et charrie tout un flot de sensations, de souvenirs simples de l'enfance, de doutes adultes, de choses qui battent avec le cœur et l'esprit. Comme une paille légère que l'on mâche sur le bord de la route, pour profiter du chemin... Lire Jouanard c'est comme rêver à livre ouvert, ou comme le silence après Bach, si j'ose!

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    L'ami cycliste faisait le triste constat sur le ponton des bateaux, à la Trinité/Mer. Les mois d'Été sont parfois carrément pénibles sous PCC.... Des Com cons, bientôt d'une nullité sans fond, bref du gros n'importe quoi qui permet tout juste à leurs auteurs ( sans ou sous H ? ) de gratter les 3 p'tits MPs gratos ;-) T'en es vraiment à te demander ce que tu fabriques encore, à venir traîner là, sur ce soi-disant Site Cul-terreux.... Putaing ! ¡ ! Le désert des tartares ou l'Attaque des tartes à la crème, téléphonées depuis TrouduQ-Ville, en PCV ( ça existe encore....) Le Cri du Cormoran, le Soir au-dessus des Jonques..... Le Drapeau Noir flotte sur la Marmite ! Bref, je me dis que tout ça sent un peu beaucoup le pâté de canard, au piment d'espelette.... d'escampette. Vivement les brumes d'automne, le pet des nénuphars et le chant mélodieux des crapauds !

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    Lucas soufflait le froid et le très chaud, tels le blizzard * et le sirocco (non non pas Siffredi) rhoo tout de suite !! Son cœur et son corps à elle se sont totalement déterritorialisés *, se baguenaudant " au fil de ses mots, telles des étoiles défilantes, juste pour quelques heures volées au temps, autant ? Oui ! Il n’avait rien d’un minot ", mais elle se sentait minus devant lui. Tout était clair, sans promesse aucune, sans la moindre calembredaine ". Ils se retrouvaient souvent au creux de leurs mots, sourires et attirance réciproque. Pas de déclaration d’amour à la pelleteuse ", elle savait qu’elle se devait de garder pour elle les sentiments qu’elle éprouvait pour cet homme qui la fascinait et la désirait, de peur de le faire fuir. Elle 'n’aurait sans doute pas la force de réparer les dégâts " d’une telle faiblesse, surtout ne rien lui dire qu’il n’ait déjà deviné, ne rien avouer ! Car L’Attirance " de Ladule ", Taire ! Voili voilou, j'aurai au moins participé, c'est-t-y pas le plus important ? Après ce texte sublime, allez donc vous préparer une bonne bistouille *, vous l’avez méritée.

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  • 09/03/13--14:05: Coupable par Fragonarde
  • Même si j'ai mis trop de temps pour savoir où je n'irai plus, je n'aurai pas assez de temps, pour, ici bas, m'en satisfaire. Je garderai toujours en moi de cette impuissance, le regret et puis, tapie derrière le tain, la tristesse de l'inéluctable. Coupable d'en être la cible sans en connaître la raison, coupable, tout simplement, d'être quand tout se délite peu à peu.

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    Depuis son plus jeune âge, Carla portait la marque infâme de son prénom. Avec Brigitte, ou même Emmanuelle, noyé dans la masse, elle aurait pu encore feindre l'innocence. Mais Carla, non, ça sonnait vraiment trop pute. Étrangement, son corps avait très tôt, lui semblait il, suivi la voie de ce prénom maudit. De ce qu'elle en entendait (imaginait), dans la sonorité répétée plusieurs fois pas jour devant la glace (ou pas) : C-a-R-l-A, cARRR-lAAA, proéminences indécentes. Terrifiée, elle avait tenté d'aller contre-nature. Bandant tout dépassement, elle pensait limiter les dégâts. Espoir fébrile d'un corps plat. Rien à faire. Elle avait encore grandi, contrainte d'abandonner les parties de foot avec les minots du coin, exclue par ses formes de plus en plus envahissantes, qui la privaient désormais d'une exposition sans retour d'arrière pensées, ni commentaires, au soleil, aux vents et aux regards. Riez, mais, elle a continué à cacher, à maquiller, à déguiser et à pleurer. Imaginez, autant essayer de dissimuler une pelleteuse dans un champ de mini Austin. Tout le monde dans la rue se retourne, même camouflée, interdit aussi désormais la baguenaude! Or, Carla ne pouvait raisonnablement pas se passer de bistouille, qui l'avait jusque là toujours remontée, elle n'avait pas le choix, il lui faudrait à nouveau se rendre à l'extérieur. Réfléchissant en vain à d'autres moyens, elle tourna longtemps dans sa chambre. (Internet n'était pas aussi développé à l'époque Aujourd'hui, Carla s'en serait mieux tirée) Lissant ses cheveux pour qu'ils tombent sur sa poitrine, encombrante malgré les efforts décrits plus haut, se caoutchoutant difficilement dans une gaine contre le rebond licencieux de son derrière, elle s'était résolue à sortir, de nuit évidemment. Il était donc tard et elle se réfugia dans le premier café venu, ses formes heureusement brouillées par le blizzard du rade enfumé. Se glissant au comptoir, dans un recoin rassurant, elle commanda en rougissant un premier verre, tout en tirant sur ses cheveux. Attirant malgré elle les regards, elle redemanda par intervalles rapides l'alcool qui lui permettrait de fondre seins et fesses avec ses autres membres, plus rien qui dépasse, vite. Terminant sa métamorphose, confortée par ce brouillard alcoolisé qui, elle s'en persuadait, rendrait incertaine toute vision et ferait passer pour calembredaine le souvenir d'un corps monstrueux aperçu la veille, elle ne voyait pas le regard insistant d'un de ses voisins et son habile manège pour se glisser à ses côtés Il était maintenant près elle, un sourire jusqu'aux oreilles, un peu glandu certes, mais elle se surprit à rire très haut, quand lui se serrant un peu plus contre elle, elle réalisa avec soulagement qu'elle n'était pas la seule à être pourvue d'excroissances vertigineuses. Organes dessus, organes dessous, elle se réveilla le matin émue par ce nouveau corps qu'elle distinguait dans la lumière voilée du jour, et duquel elle ne reconnaissait enfin plus ce qui lui appartenait. Non, non, il ne manque aucun mot. Lisez, 1 Verticale : CsO

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    Sur les chemins de l’espérance, Allant par les sombres allées, les pieds heurtés par les pierres des déconvenues qui t’ont fait trébucher, tu traversas le dédale de tes infortunes irraisonnées en tentant de respirer, malgré les effluves d'inhumanité, cherchant la main tendue qui pourrait te délivrer, tes yeux encore enchagrinés par tant de lâcheté. Au détour d'une ruelle de ton esprit torturé, soudain le vent de ses griffes froides vient lacérer tes joues ensanglantées de larmes par trop versées; l'affrontement est rude, le coeur prêt à se briser en des apocalypses que des mépris ont engendrés. Du passé révolu, du présent incertain, lequel va triompher ? A moins qu'un futur proche vienne tout balayer que vienne enfin un vent léger caresser ta peau égratignée qu'une lueur douce et chaude ranime ton esprit écartelé qu'une passion tendre et ardente comble ton coeur fissuré. Que vienne cet instant ... ces instants de sérénité ! Zurich_2013_09_04

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    Elle le retrouvait tel qu'il avait toujours été, imprévisible, mais charmant et tellement charmeur... Quand il avait sonné à son interphone, elle avait immédiatement su que c'était lui ; elle n'espérait rien ni personne d'autre que lui... Ils avaient échangé quelques banalités sur le ton du badinage. Il se sentait bien dans sa nouvelle vie, libéré des contraintes professionnelles. Il était détendu, apaisé, plus serein, et elle s'en réjouissait pour lui. Il était bronzé à souhait, de retour de deux mois de vacances au bord de l'océan. Elle le dévisageait, l'envisageait, elle n'avait qu'une envie se noyer dans ses yeux bleus qu'elle aimait tant. Il avait pris le large sans aucune forme de préambule. Elle s'était sentie petit bouchon au creux de la vague... Pendant ce temps là, elle avait jeté ses sentiments diffus au gré de sa peinture, une façon d'extérioriser ses états d'âme. Pourtant, elle avait tenu bon malgré son envie de se manifester, attentant de voir si le destin les mettrait de nouveau en présence. Et maintenant, elle laissait son cœur vagabonder sur un air délicieux... La magie avait de nouveau opéré car elle l'avait si fort désiré... https://www.youtube.com/watch?v=9p7hUvjrNNw

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    AÏE...AÏE ma tête s’était dit Clara au réveil, un blizzard soufflait sous son crâne, elle essaya de se remémorer la soirée d’hier, péniblement, ses souvenirs se remettaient en place. La soirée avait bien commencé pourtant, lui semblait-il, une belle chaleur, en ces derniers jours de juin régnait sur la ville. Elle et son amie Murielle avaient donc décidé de baguenauder à travers les rues en attendant l’heure du concert, proposé par la mairie sur l’esplanade du château. A peine marchaient-elles depuis 10 minutes, qu’elles étaient tombées sur Arthur. Elles auraient bien aimé l’éviter trop tard, il les avait vu et les entraînait comme d’habitude dans une conversation, on ne peut plus rasoir. Clara se remit à nouveau à chercher dans sa mémoire le sujet qui lui tenait tant à cœur hier soir, voilà çà lui revenait par brides, il était question, se rappelait-elle, de déterritorialisation. Il n’y a qu’Arthur pour trouver de tel sujet de conversation, pensa Clara amusée. Arthur avait assez vite quitté la scène où, comment et pourquoi, c’était pour l’heure un mystère. Ce dont elle était sûre c’est que bien plus tard, sur l’esplanade du château, avant que la musique démarre, elles avaient rencontré la bande à Vladimirgorski, son cousin de passage Dugland faisait partie de l’équipe, ainsi qu’un minot, un voisin, paraît-il de Vladi était là aussi. A partir de cette rencontre, pas de doute, la soirée avait vraiment dégénéré, ça lui revenait à présent, il était question d’un nouveau produit, proposé par le minot. T’inquiète, lui avait dit Vladi, je me porte garant du minot, qu’à cela ne tient, elle avait donc essayé. Eh ben…. la suite est fort simple, elle aurait fait un voyage dans une pelleteuse roulant à fond la caisse sur des chemins de campagne que cela n’aurait pas été pire et la bistouille proposé par Ladule n’avait rien arrangé. Calembredaine, lui avait fait remarqué, Vladi lorsqu'elle s’était plainte de la rudesse du produit. Celui-là il faudra qu’elle s’en rappelle, un faux ami par excellence. Toujours est-il, qu'aujourd’hui, il ne lui restait plus qu’à réparer les dégâts. Lunettes noires et à l'eau pendant huit jours au moins. (Urgent prendre des nouvelles de Murielle)

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    Le blizzard soufflait, et même les mots de Lisa ne justifiaient plus que l’on s’en sente redevable. La pelleteuse aggravait les dégâts, en accumulant ardoise sur ardoise. Sur la route, le grand hôtel dont la fortune reposait sur la bonne formule d’Anna, ne pouvait pas ne pas entrevoir sa proche déterriolisation. Sibérie ? pas encore, ces plates étendues de froid mordant ne pouvaient remplacer les calembredaines du siècle précédent, où baguenauder sur des sites non archéologiques tenait lieu de diversion. Vite, une bistouille, se dit Carla Vladimirgorski, comme si elle ignorait encore ce que bien pouvait faire sa maman avec son minot. Comme si lire-et dans ce cas ne pas pouvoir lire- remplaçait le reste, l’important. Comme si elle pouvait continuer à fonctionner comme avant, et à occulter l'aggravation soudaine d'une légèreté désormais désuète. Car le blizzard soufflait.

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    On ne le dira jamais assez : les riches ont leurs problèmes. Et quand ils se lancent dans le misérabilisme, ils y mettent les moyens (financiers, intellectuels, éditoriaux). C'est à ce travail que s'est employé Jean Marc Vittori le 10 septembre pour saluer, dans son journal LES ECHOS, la disparition de son ami Pierre Wauthier. L’ECHO D’UN POTO Le témoignage de Jean Marc laisse pour le moins perplexe. Il ne donne pas le nom de son ami. Il l’appelle par son prénom. Il donne seulement le nom de son employeur (Zurich Insurance) et de son supérieur (Josef Ackermann). Mais il fait paraître (ou laisse paraître) son article dans la rubrique « EVOLUTION PERSONNELLE » sous un titre qui laisse rêveur : LE SUICIDE D'UN DIRECTEUR FINANCIER POINTE LA DIFFICULTE DE LA POSITION. Lui-même écrit pourtant : « La mort de Pierre ne relève donc pas du fait divers ». Et il précise : « Elle s'explique sans doute largement par des enjeux de pouvoir dans une grande entreprise mondiale ». On pourrait imaginer que Jean Marc a été frappé par une révélation et qu’il va se lancer dans une critique de la mondialisation. Mais non. Il a commencé par une banalité : « Le suicide d'un ami, même perdu de vue depuis longtemps, est souvent déconcertant ». Il poursuit en faisant un portrait édifiant du disparu : fils d’une mère « très cultivée, attentionnée sans excès » (…) « Mariage à la mairie puis au temple avec une jolie femme qui avait de la classe et du tempérament, qui est maintenant sa veuve ». Il conclut ses souvenirs en écrivant : « Pierre gagnait beaucoup d'argent et appréciait le confort qu'il donne, ne goûtant guère d'en verser au percepteur. Grand blond aux yeux bleus, il était aussi très sportif. Plongée sous-marine, ski, tennis je crois, puis surf, marathon... Et enfin le rock qu'il adorait danser, excellant dans un style assez classique. Son équilibre dégageait, là comme ailleurs, une forme de puissance sereine ». On remarquera les précisions que tient à faire Jean Marc sur le goût qu’avait son ami pour les jolies femmes et pour l’argent. Ensuite, il en vient à analyser les circonstances du drame : « Si le harcèlement au travail est devenu un thème de best-seller, l'ambiance n'est pas forcément plus détendue au sommet. C'est même plutôt le contraire. Les batailles pour le pouvoir et l'argent sont d'une rare violence dans les hautes sphères de l'entreprise, même si on en parle beaucoup moins - il est malvenu de se plaindre quand on gagne plus d'un million d'euros. » Il continue son analyse en ces termes : « La profitabilité promise aux investisseurs, il y a trois ans, devenait impossible à atteindre. Comme tout directeur financier, Pierre était-il partisan d'une communication prudente ? Josef Ackermann, lui, voulait-il mettre les pieds dans le plat et pousser la rentabilité à court terme ? L'ex-patron de la Deutsche Bank, par ailleurs ancien colonel de l'armée suisse, est un adepte du management sans ménagement, en interne comme en externe. Et s'il a été nommé à la tête du conseil de Zurich, c'est justement pour bousculer une maison trop tranquille, comme le sont souvent les assureurs - même s'il n'était pas PDG. L'affrontement entre les deux hommes, avant les résultats trimestriels du 15 août, semble avoir été virulent. » Il précise enfin que son ami était « au coeur des contradictions du capitalisme actuel, coincé entre les actionnaires et les entrepreneurs, les régulateurs et les décideurs prêts à interpréter la règle jusqu'à l'outrance. Certains directeurs financiers sont malades le dimanche, avant la réunion du comité directeur du lundi. Je ne saurais jamais si Pierre s'est enfermé dans ces contradictions jusqu'au désespoir ultime. Même lui pouvait avoir des failles secrètes. Mais je sais que la vie peut être chienne, même avec ceux qui ont tout pour réussir. » C’est sur ces mots que Jean Marc conclut son panégyrique. L’ECHO DES EXPERTS Mais le journal LES ECHOS ne pouvait en rester sur ce témoignage. Il donne donc la parole, pour aller plus loin sur le sujet, à un DRH et un avocat. Leurs propos avaient été publiés précédemment, mais le journal trouve judicieux de les reproduire. Le DRH, c’est Jean-Luc Vergne, « ancien président de l’AFPA (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes) » qui « a dirigé les ressources humaines de plusieurs groupes industriels français, tels que Sanofi, d'Elf Aquitaine et de PSA Peugeot Citroën » et a été « confronté aux suicides de salarié ». Il a avait confié son expérience aux auteurs d’un livre intitulé LE GUIDE DU BIEN-ETRE AU TRAVAIL. Il n’hésite pas à faire des révélations fracassantes, mais on ne sait si elle aurait éviter à Pierre Wauthier de se fracasser. Et il va jusqu à faire des propositions Yakafaucon. « L’avocat, lui, est plus pratique. Il s’appelle Pierre Bonneau. L’article est intitulé : SUICIDE DE SALARIES : QUELS RISQUES JURIDIQUES POUR LES EMPLOYEURS ? Et il n’y va pas par quatre chemins : « L’intérêt pour cette question s’est renforcé depuis la mise en examen au mois de juillet 2012 de Didier Lombard », mais « la voie des poursuites sur le plan pénal apparaît quelque peu théorique. L’affaire « France Telecom », dont l’issue semble pour le moins incertaine, parait ainsi constituer l’exception ». Ouf ! Mais on ne sait lequel de ces deux experts apportera le plus réconfort à la famille du défunt. L’ECHO DES MONTAGNES Du côté de son employeur, on garde son sang froid néanmoins. Une dépêche de Reuters donnait l’information suivante : « Au lendemain du suicide présumé de son directeur financier Pierre Wauthier, le conseil d'administration de Zurich Insurance Group tentera de déterminer si ce dernier était l'objet d'une pression injustifiée, a déclaré vendredi le président par intérim Tom de Swaan. "Le conseil considère qu'il est de sa responsabilité de déterminer si oui ou non une pression injustifiée était exercée sur notre directeur financier", a expliqué aux analystes et aux investisseurs Tom de Swaan lors d'une conférence téléphonique. Jeudi, Josef Ackermann, ex-patron de Deutsche Bank, a démissionné de ses fonctions de président de l'assureur suisse, après avoir annoncé que la famille de Pierre Wauthier estimait qu'il avait une part de responsabilité dans son décès. Tout en confirmant que Pierre Wauthier avait laissé un mot, Tom de Swaan a précisé qu'il n'avait pas connaissance d'un quelconque comportement répréhensible au niveau du conseil. "Nous savons ce qu'il (le mot) contient et il est vrai qu'il y est fait référence à la relation entre Pierre Wauthier et Josef Ackermann", a-t-il dit, ajoutant qu'il serait déplacé de tirer des conclusions hâtives. La police suisse avait annoncé mardi que le décès de Pierre Wauthier, retrouvé mort à son domicile de Zoug, près de Zurich, était apparemment dû à un suicide. Sur le marché suisse l'action Zurich gagne 1,44%. Une autre source d’information s’exprime un peu différemment, mais parvient à des conclusion assez voisines : « Le défunt directeur financier de l’assureur Zurich Insurance, Pierre Wauthier, qui s’est suicidé lundi dernier, a laissé une lettre d’adieu. Il y a évoqué ses relations avec l’ex-président Josef Ackermann, a expliqué vendredi Tom de Swaan, président par intérim, au cours d’une conférence téléphonique. Il n’a pas souhaité s’exprimer davantage sur le contenu de la lettre, par égard pour la famille du défunt. La presse avait rapporté que M. Wauthier s’était senti mis sous pression par M. Ackermann. “Nous ne sommes pas conscients que la direction ait subi des pressions”, a déclaré M. de Swaan. Les circonstances doivent encore être examinées. Le conseil d’administration étudie actuellement si des “pressions démesurées” ont été exercées sur le directeur financier. “Nous prenons très au sérieux les questions de gouvernance d’entreprise”, a répété le président du conseil d’administration intérimaire. Il a insisté de plus sur le fait que Josef Ackermann a démissionné de son plein gré. “C’était une décision personnelle”, a déclaré M. de Swaan. M. de Swaan s’est dit “très attristé et choqué” du décès de son “collaborateur et ami” Pierre Wauthier, insistant sur le fait que ce dernier disposait d’excellentes qualifications. Le directeur du groupe Martin Senn a enchaîné en assurant qu’il n’y avait “aucun lien entre cette nouvelle et les résultats de la Zurich”. Des doutes quant aux chiffres présentés sont “infondés”. “Les événements récents n’ont rien à voir avec la qualité du rapport”, a ajouté M. Senn. “Les chiffres sont tels qu’ils sont, ils sont basés sur un établissement prudent du bilan”. L’assureur maintient de ce fait sa stratégie. “Au cas où des rumeurs circuleraient selon lesquelles les chiffres ne seraient pas corrects, il s’agirait de paroles en l’air”, a poursuivi le directeur de Zurich Insurance. M. Senn s’est référé à des articles parus dans la presse de vendredi. Le “Tages-Anzeiger” avait laissé entendre que Josef Ackermann était apparemment d’avis que “la situation de la Zurich était présentée trop positivement, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’entreprise”. (...) A 13h05, l’action montait de 1,53% à 232,30 CHF, après avoir perdu 2,5% la veille. Le SMI était quasiment stable (-0,01%). http://www.highprofilesnews.com/zurich-insurance-suicide-du-directeur-financier-pierre-wauthier-josef-ackermann-pdg-evoque-dans-une-lettre-dadieu/ CONCLUSION PROVISOIRE On ne dira jamais assez la misère en milieu dirigeant, notamment en matière affective. Certes, on peut se payer quelques rolex et les faveurs de quelques femmes de luxe. Mais quand on entend se plaindre de leur sort ces entrepreneurs et ces managers qui se vantent par ailleurs de créer de la richesse, on a envie de leur répondre comme Garance au comte de Montray : « Vous êtes extraordinaire, Edouard. Non seulement vous êtes riche, mais encore vous voulez qu’on vous aime comme si vous étiez pauvre ! Et les pauvres, alors ! Soyez raisonnable, mon ami, on ne peut tout de même pas tout leur prendre, aux pauvres ! » Pierre Wauthier a cependant quelques circonstances atténuantes. D’abord, son histoire personnelle, telle que la raconte son ami Vittori, même s’il évoque « une forme de puissance sereine », rappelle quelques pages du roman zurichois intitulé MARS qui commence ainsi : « Je suis jeune et riche et cultivé ; et je suis malheureux, névrosé et seul... » L’auteur, né et mort à Zurich à l’âge 32, se nommait pour l’état civil Fritz Angst (angoisse) et avait choisi comme nom de plume Fritz Zorn (colère). Une colère rentrée grâce à laquelle il développa brillamment un cancer très performant. La joie est exercice difficile au sein de la puritanie helvétique. Ensuite, Pierre Wauthier est sans doute aussi une victime de l’histoire de son siècle. Son ami écrit avec des accents de révolte : Josef Ackermann, lui, voulait-il mettre les pieds dans le plat et pousser la rentabilité à court terme ? L'ex-patron de la Deutsche Bank, par ailleurs ancien colonel de l'armée suisse, est un adepte du management sans ménagement, en interne comme en externe. Et s'il a été nommé à la tête du conseil de Zurich, c'est justement pour bousculer une maison trop tranquille. On entend la terreur que lui inspire ce management sans ménagement, mais on croirait la plainte qu’aurait pu faire entendre en privé un bureaucrate de l’ex URSS quand Joseph Staline faisait montre de sa brutalité coutumière. Guy Debord note dans LA SOCIETE DU SPECTACLE : « Le stalinisme fut le règne de la terreur dans la classe bureaucratique elle-même. Le terrorisme qui fonde le pouvoir de cette classe doit frapper aussi cette classe, car elle ne possède aucune garantie juridique, aucune existence reconnue en tant que classe propriétaire, qu’elle pourrait étendre à chacun de ses membres. Sa propriété réelle est dissimulée, et elle n’est devenue propriétaire que par la voie de la fausse conscience. La fausse conscience ne maintient son pouvoir absolu que par la terreur absolue, où tout vrai motif finit par se perdre. Les membres de la classe bureaucratique au pouvoir n’ont le droit de possession sur la société que collectivement, en tant que participant à un mensonge fondamental (…). Ainsi chaque bureaucrate est dans la dépendance absolue d’une garantie centrale de l’idéologie, qui reconnaît une participation collective à son « pouvoir socialiste » de tous les bureaucrates qu’elle n’anéantit pas. Si les bureaucrates pris ensemble décident de tout, la cohésion de leur propre classe ne peut être assurée que par la concentration de leur pouvoir terroriste en une seule personne. (…). Staline décide sans appel qui est finalement bureaucrate possédant (…) Les atomes bureaucratiques ne trouvent l’essence commune de leur droit que dans la personne de Staline. Staline est ce souverain du monde qui se sait de cette façon la personne absolue, pour la conscience de laquelle il n’existe pas d’esprit plus haut. (…) En même temps qu’il est la puissance qui définit le terrain de la domination, il est « la puissance ravageant ce terrain ». Quelques mots sont à remplacer dans le texte de cet autre suicidé de la société : Staline par Ackermann (c’est pour rire) ; « pouvoir socialiste » par « pouvoir financier »; « culte de la personnalité » par « culte de l’argent et du succès à tout prix ». Mais le temps est peut-être venu de la terreur dans la classe managériale, dans les milieux dirigeants de la phynance internationale. Tocqueville envisageait la démocratie comme « un despotisme étendu et doux, qui dégraderait les hommes sans les tourmenter ». Avait-il imaginé une variante : un despotisme de plus en plus étendu, mais de moins en moins doux, qui dégraderait les hommes et les femmes sans oublier de les tourmenter un peu ?

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