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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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    Comment peut-on à la fois apprécier (et comment) les Béruriers Noirs quand on aime (profondément) des artistes aux antipodes comme Robert Wyatt, Malicorne ou Miles Davies ? Ça tient peut être en un mot : la sincérité. La musique des Bérus est brute de fonderie, sans fioritures, directe : une énergie animale, sans tabou ni retenue, mais aussi une musique qui donne énormément d'énergie, de saine rébellion (à l'opposé du rap), sans alibi artistique ni arrière-pensées commerciales. Des paroles qui sonnent comme des slogans et des riffs simples mais qui cognent juste et une économie de moyens remarquable. Des débuts minimalistes en duo, deux voix, une guitare et une boîte à rythme à deux sous, jusqu'à la troupe finale avec saxo, tities choristes (croisées à la fac de Tours - c'était difficile de ne pas les remarquer à l'époque), cracheur de feu, acrobates, et même souffleurs de biniou, le groupe ne s'est jamais départi de son parti-pris pur et dur même si ils ont viré à la fin vers des préoccupations de quarantenaires comme en témoigne "Invisible", leur dernière et remarquable production en date (voir ma critique sur Amazon). Depuis, François le chanteur s'emploie à traduire des œuvres extrêmes-orientales, et Loran le guitariste fait du punk bretonnant (Alan Stivell sous amphés) avec les Ramoneurs de Menhirs. Quand aux autres... ils ont disparu des radars quand ils n'ont pas disparu tout court (Noël/Elno, fondateur des Négresses Vertes, mort noyé dans la vodka-héro). A noter sur un album de remixes (Manifeste Electronique), une version belle à pleurer de "Vivre libre ou mourir" par Josselyn Syllard & Popof, à faire écouter à tous ceux qui pensent que les Bérus c'est que du bruit (le reste du disque est dispensable).

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  • 09/15/13--15:52: Mitigée... par LunarSanctum
  • Série découverte en tombant dessus par hasard sur TMC après en avoir entendu parler plusieurs fois, je suis très indécise quant au fait d'aimer cette série ou pas, et ça n'est pas si souvent que cela arrive. Tout d'abord je confirme les dires de la grande majorité des gens: Les costumes sont sublimes, les acteurs plutôt très bons, les décors très travaillés, on est totalement transporté dans l'ambiance de cette époque et c'est, selon moi, la grande force de cette série. Il y a quelque chose de majestueux dans l'interprétation, une délicatesse, une finesse qui traduit bien les coutumes et manières de ces années. Là où je suis plus mitigée, c'est sur les intrigues. Il est dit partout que le scénario est sublime, parfait, très travaillé, la trame passionnante. Huuum... oui et non. Quand on y regarde de plus près, la majorité des intrigues tient en peu de points: liaisons tumultueuses, jalousies entre domestiques, règles à ne pas bafouer. On suit le quotidien de cette bourgeoisie anglaise sur son domaine qu'il faut à tout prix conserver, entre repas de famille guindés et discussions de couloir. Et franchement, tout cela semble parfois anecdotique: c'est très romantique, mélo-dramatique, c'est fleur bleue, très en retenue, c'est plutôt lent aussi, mais en même temps c'est sans doute le choix de la période traitée qui veut ça. Ce parti prix aura au moins été respecté dans son entièreté. D'ailleurs, et c'est bien pour ça que je ne peux pas massacrer cette série malgré ce que me dicte ma conscience, je l'ai quand même regardée d'une traite et sans m'ennuyer, pas sure d'en être très fière mais après tout, c'est bien l'ultime critère, non? Dernier point: la musique est tout simplement sublime, dommage qu'elle soit souvent utilisée lors de passages là encore anecdotiques: une mélodie hyper-dramatique accompagnant un problème de plat au menu, non mais sérieusement, c'est un brin ridicule! (Ah, et surtout: à regarder absolument en v.o, pour le plaisir de travailler son accent anglais et aussi parce que c'est dans cette série un aspect très révélateur des différentes classes sociales!)

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    Povera Anna Perdita, tu parais morte, non je suis vivante Tu n'es pas là, mais bien sûr que je suis là tu es comme absente, non je suis bien présente tu es pâle, non mes joues sont roses tu as les traits tirés, non, regarde, j'ai bonne mine tu es malade, que dis-tu, je n'ai jamais été mieux tu sembles triste, pourtant je t'assure, je suis heureuse tu as l'air seule, moi seule, jamais tu as pleuré, non c'est la pluie mais tout de même ! tu n'as pas de vraie maison, j'ai un abri pour la nuit tu dors mal, pas du tout, je fais même des rêves tu manges mal, si si, je me nourris bien tu es gelée, mais non, touche mes mains elles sont chaudes ton regard est vide, mes yeux sont pourtant plein d'étoiles tu n'as pas de véritable travail, mais si, je bricole tu n'as pas d'argent, qu'importe ça me suffit tu n'as plus d'amis, détrompe-toi, j'en ai deux c'est beaucoup je te trouve vieillie, je me sens si jeune on voit tes rides, j'ai ma crème et mes onguents tu es mal peignée, t'as un épi ....dans les cheveux , oui je sais tu as le même tes cheveux blancs, je les déjoue avec des mèches tu marches péniblement, s'il le faut, je sais encore courir tes mains tremblent, je peux encore dessiner tu ne dessines plus, je griffonne toujours sur mes carnets tes carnets sont bientôt pleins, alors j'écrirai sur le sable rien qui vaille vraiment ! tout va mal, tout va bien je t'assure plus de forces on dirait, je suis pleine de forces plus la force alors, j'ai la force crois-moi plus la foi, je crois en moi tu n'as plus la volonté, si j'ai la volonté tu dis n'importe quoi, je dis la vérité tu n'as pas le droit de parler, pourtant je parle tu n'as pas le droit de chanter, pourtant je chante pas le droit de crier, pourtant je hurle pas le droit d'être bien, je suis bien pas le droit de vivre, mais je vis tu n'as pas le droit de lever les yeux, si, je les lève pas le droit de répondre, je réponds pas le droit de rétorquer, je rétorque pas le droit de courir, je cours pas le droit de partir, je pars pas le droit de mentir, mais seulement par omission pas le droit d'aimer, c'est pourtant ce que je fais le mieux, d' aimer pas le droit d'être aimée, si, bien sûr que l'on m'aime tu n'es pas si sûre de toi, tu te trompes tu hésites, pas du tout tu dois rester, je n' en ai plus l' envie tu as besoin de moi, plus du tout tu n'es rien sans moi, moi je suis bien sans toi tu n'es rien du tout, pas du tout, pas du tout prouve que tu existes, je n'ai plus rien à prouver je t'ai tout appris, et tu m'as tout repris je t'ai appris à marcher, désormais je marche seule je vois bien que tu ne m'aimes plus, je t'aime toujours tu le sais Pourtant tu me tues, et moi je me tais Tu es loin, mais non, je suis là Tu finiras mal je t'assure ! Povera Anna Perdita, ma fille, je l'ai toujours dit, il n'y a pas pire étranger que son propre enfant. "Don Ramon courba la tête sous cet anathème ; le front pâle et l’âme remplie de remords cuisants, il rentra lentement dans l’hacienda." — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, 1858) vous avez dit Anna thème ? oui j'ai dit Anna t' aime crois-moi mais c'est de haute lutte

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    Auteur prolifique, Zappa a produit dans l'univers du rock une musique d'une richesse et d'une complexité sans équivalent, qui lui a valu un respect bien au delà des frontières de la musique populaire. Pierre Boulez considérait qu'il était un des musiciens américains les plus importants du XXème siècle... Mais Zappa était aussi pourvu d'un sens de l'humour ravageur et souvent cynique qui lui a ouvert les portes du grand public. Imaginez la musique de Schoenberg avec des paroles de Coluche et vous aurez une bonne idée de ce que peuvent être des œuvres aussi déroutantes que "The Adventures of Greggery Peccary" (sur les disques "Studio Tan" et "Leather"). Zappa a aussi produit beaucoup de rock parodique ("You are what you is"), de funk déjanté ("Apostrophe"), de jazz ("Waka Jawaka) et même, reconnaissons-le, quelques belles daubes qu'on passera sous silence. A écouter sans modération, avec la traduction des paroles sous les yeux si on ne comprend pas l'argot américain. "Jazz is not dead, it just smells funny" (le jazz n'est pas mort, il a juste une drôle d'odeur)

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    Lundi J’ai décidé d’en faire ma tête de turc. J’ai eu cette idée, alors qu’aucune pendant trente ans. Je l’ai visé hier avec des morceaux de pain pour que des centaines de pigeons viennent l’emmerder, chient sur ses pompes ou sur son grand chapeau, sur les piécettes dispersées alentour, qu’il fasse son mariole au milieu d’une volière. Des fientes pour l’embellir, lui faire de belles variations de gris. Lui et les autres, plus loin, tous ces parasites de la place Beaubourg, ces bons à rien. Aujourd’hui je raffine en trempant au préalable dans de l’eau, que la mie colle bien à ses frusques, sa grande cape ondulante. Mardi Quand j’ai ouvert les volets, au réveil, il était déjà à sa place, mais complètement tourné dans ma direction, le bras tendu vers ma fenêtre. Il me pointait du doigt, forçant son large sourire gris, épouvantable. J’ai recommencé mon petit jeu jusqu’à midi, une centaine de boulettes, puis je me suis fait cuire des œufs. Au retour, il pointait toujours l’index dans ma direction, sans avoir bougé d’un millimètre. Je n’ai pas osé recommencer. Il y a du monde. Il devient trop évident que je suis seul responsable de ce bombardement. J’ai regardé la télé l’après-midi, j’ai essayé en vain de l’oublier, et toute la soirée. A minuit il était encore là. S’était-il approché ? Il me semblait que je pouvais l’atteindre plus facilement. J’ai balancé quelques salves et me suis fourré sous les draps. Mercredi Oui, il s’approche. Mais comment ? Raide et droit, toujours debout, cette fois presque à l’aplomb de mon appartement, entre deux boutiques de souvenirs, le visage renversé vers le haut. Toujours son rire. Une grimace. Toujours l’index. Son corps de statue immobile, à la verticale, d’un gris neutre, d’un gris terne, triste, triste, triste. Et, à présent, un petit attroupement permanent qui regarde ce qu’il vise. Des curieux, des touristes. Tous avec le visage renversé vers le haut. J’ai sorti rapidement ma tête : « salopard, tu vas foutre le camp ? ». Et fermé mes volets. Sont-ils encore restés longtemps ? Je n’ai plus osé reparaître, je tourne en rond. La télé. Demain il faudra bien que je sorte, acheter les médicaments. Jeudi Un œil jeté. Personne ? Personne. Disparu. De bonnes crampes ? Sorti tranquillement chercher mes médicaments. La pharmacie derrière l’esplanade Pompidou, le centre culturel, les tubes de Rogers et Renzo Piano, toute cette tuyauterie dégueulasse, viscères à l’air libre, conneries d’artistes. La queue des touristes, les amuseurs publics, les cracheurs de feu, le ramassis misérable. Mes médicaments en main. Mon immeuble. Pourquoi cette réunion ? Ma parole, encore lui. Que faire ? Comment l’éviter maintenant ? Il s’est planté au centre du hall, avec sa rigidité perpétuelle. Figé, tragique, toujours gris, un gris poussiéreux d’ampoule basse consommation. Son expression horrible, l’index toujours tendu vers moi. Encore plus de monde que la dernière fois. Et aussi des voisins. Tous me sourient. Que faire ? Comment les éviter maintenant ? Il faut courir, les bousculer, monter l’étage quatre à quatre. Claquer la porte. Prendre mes médicaments. Vendredi Réveillé en sueur, en pleine nuit. La nausée. J’ai ouvert la porte des toilettes. Il était assis sur le trône, les plis de sa grande cape gondolant le sol, me fixant, lèvres tordues, commissures exagérément tournées vers le bas, avec une tristesse infinie, la tristesse infinie des clowns. « Comment as-tu fait ? Barre-toi, barre-toi ! » n’ai-je pas pu dire, aussi pétrifié que si son art m’eut été inoculé d’un coup d’un seul. Alors, dans le couloir, j’ai entendu des murmures. « Il a son public, barre-toi, barre-toi » ai-je pu me dire. Quelque chose s’est débloqué à l’intérieur et j’ai pu respirer. Quand j’ai ouvert, ils ont applaudi. Puis hué immédiatement parce que je me suis enfui. Dimanche Deux jours que je traîne dans le quartier, en pyjama rayé. J’ai dormi sur un banc parmi les gens, les indigents. J’ai marché, me suis calmé, même sans mes médicaments. J’ai beaucoup pensé. Je ne savais pas. Ça m’a obligé. Enfin j’ai compris qu’il n’y avait plus trop de solution. Que je me trouvais dans un de ces traquenard de spectacle de cabaret où les tables sont disposées jusqu’à l’avant-scène, l’une d’elle est un peu décalée devant et vous vous y asseyez, l’obscurité tombe mais pourtant vous restez écrasé de lumière. Alors vous réalisez alors que vous faites partie du show. On vous désigne, tout le monde le voit, on aura beau faire on ne pourra plus revenir en arrière. Voilà ce que j’ai compris. Alors je suis rentré. C’était la tombée de la nuit. Ils étaient là, patientes ombres autour du lit, tous bien gentils, bien indulgents. Son chapeau nous dominait de très haut. Il se tenait debout sur un des bords du matelas, presque absolument noir, dans sa fixité professionnelle impeccable. Je ne voyais quasiment rien mais j’ai pu sentir les ondes d’une approbation générale quand je me suis coulé sous les draps. Il fallut des heures pour qu’il saisisse les angles de sa grande cape, des heures et des heures pour qu’il les écarte peu à peu, faisant grossir démesurément sa silhouette incertaine, des heures et des heures et encore et encore pour qu’il me prenne à l’extrême ralenti, dans un grand mouvement enveloppant.

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    Hier un type m'a raconté sa vie. Il m'a gonflé. On s' était déjà croisés dans les couloirs de l'hôtel- bonjour- au- revoir en passant-, mais là il m'est littéralement tombé dessus pour tout me raconter. Et vraiment ça m'a gonflé. D' abord, il a commencé par des tas de choses sans intérêt, ensuite il a tourné autour du pot pendant un quart d'heure, puis a fini par m'avouer, sans plus de pudeur, que s'il était ici c'est que sa femme l'avait fichu dehors et qu'il avait pris une chambre à l'hôtel en attendant. Il avait choisi cet hôtel pour s' éviter trop de frais, car c'était bien sûr le moins cher, et qu'il préférait patienter là que d'aller rechercher un appartement avec tout ce que cela impliquait de dépenses, démarches et paperasses, et puis ce serait inutile, parce que de toutes façons, selon lui, cela ne durerait pas et que forcément sa femme finirait par le rappeler et qu'il rentrerait chez lui. Du coup, il vivait à l'hôtel en attendant. Il aurait pu aussi choisir d'aller vivre dans la famille qui bien entendu était prête à l'héberger le temps qu'il faudrait, il avait plein de frères, de soeurs et de cousins qui pouvaient l' accueillir sans problème, et même qu'il aurait pu aller crécher chez des potes. D' ailleurs il rajoutait comme pour me convaincre, qu'il avait plein de potes qui lui avaient proposé un lit chez eux, et même un qui lui prêtait un appart en centre ville, mais qu'il avait refusé parce que le centre c'était loin de chez lui et que cela lui compliquerait la vie. Et puis il n'aimait pas le centre ville. Il avait choisi cet hôtel exprès justement parce que lui, c' était le périph qu'il préférait. Lui et sa femme habitaient la banlieue et avaient leurs habitudes. Là dans cet hôtel c'était pareil, il s'y sentait comme chez lui. Avec l' autoroute à côté. Les parkings remplis de belles bagnoles brillantes. La nuit il regardait par la fenêtre de sa chambre, il pouvait voir les lumières des centres commerciaux clignoter, multicolores, les panneaux des annonceurs, les phares des automobiles sur la bretelle en face l'hôtel, et puis le bruit, ça lui plaisait, la rumeur de la route, la musique des boîtes de nuit, des bars, des auto-radios des gamins en bas de l'immeuble, le choc des canettes de bière qui roulaient sur le béton, il aimait ça car c'était plus vivant que n'importe où dans la ville. Ca lui faisait penser à Las Vegas. Une fête perpétuelle. Et des nuits folles. Ca le faisait rêver ce coin de périph. Il était donc là, chambre 308, avec la télé, au-dessus de la tablette, branchée en permanence même s'il ne la regardait pas tout le temps, mais pour l'ambiance-, avec douche sur le palier, et vue sur le parking, en attendant que sa femme se décide à l'appeler. Elle ne tarderait plus. Il avait l'habitude. Elle finirait par lui dire de rentrer. D'abord il faudrait qu'elle lui fasse des excuses. Il ne rentrerait pas tant qu'elle ne se serait pas excusée. Là elle devait encore être en rogne, mais il la connaissait bien, il savait que ça finirait par lui passer et qu'elle allait le rappeler. Voilà pourquoi il était ici à l'hôtel. En attendant. De toutes façons, il ne resterait pas longtemps. En partant, il n'avait d'ailleurs pris qu'un simple sac. Pas une valise. Juste un sac, de quoi tenir quelques jours tout au plus. Il la connaissait bien sa femme ! elle ne tarderait plus à lui faire un signe. C' était pour éviter de dépenser trop qu'il avait choisi cette formule. L'hôtel là, cela lui permettait de faire de sacrées économies quand même. Avec quatre petits à charge, sa femme serait contente de voir qu'il avait fait le bon choix. En attendant, moi, ça m'a gonflé son histoire. C'est vrai quoi, j'avais choisi cet hôtel pour être tranquille. Et pour son atmosphère à la Edward Hopper. Quand j'ai besoin d'être seul, quand j'ai besoin d'air, c'est ma bouffée d'oxygène. Inspiré de l'hypnotique documentaire d' Emmanuel Marre : Chaumière (2012) diffusé dans la nuit de lundi sur Arte

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    Après la 403, il avait opté pour une 404 blanche, avec ses feux arrières piquants, pointus, dépassant du coffre, comme deux ailerons, 2 ogives-2 fenêtres ogivales où se seraient superposées non pas des scènes de l’ancien ou du Nouveau Testament, mais les feux, les 3 feux que connaissaient les voitures : feux de position, feux stops et clignotants. En ce temps-là les voitures n’avaient pas de feux de recul. En ce temps-là les voitures n’étaient pas faites pour reculer mais pour avancer. Et elle avançait la 404. Je me souviens du jour où elle franchit la barre fatidique des 100 000 km. Nous étions quelque part du côté du Perray-en-Yvelines, sur la Nationale 10 et il était fier, mon père, car c’était comme si sa voiture, nous expliquait-il avait fait plus de 2 fois le tour de la terre. Et ce moment unique, ce basculement, ce changement d’ère, ces cinq zéros qui s’étaient alignés au compteur, cette transfiguration de la 404, avaient eu lieu, par une sorte de miracle, ou d’étonnante concordance, à l’instant même où nous passions auprès d’un panneau qui indiquait solennellement, mais avec une nonchalance toute parisienne «vous êtes à 50km de paris Notre-Dame». Ainsi la 404 était relié au cœur même de la France, à ce parvis si beau, à l’île de la cité, mais aussi à l’Eglise, à Dieu. A moment même où elle franchissait-comme d’autres avaient franchi le Cap de Bonne Espérance-le cap des 100 000 km, voilà qu’un signe du ciel nous était adressé. Des fils secrets reliaient notre humble voiture à cette cathédrale qui avait vu le sacre de Napoléon, le Te deum de 1945 du Général de Gaulle, et dont les 2 clochers robustes, carrés, symétriques, étaient pour moi les plus beaux que ceux de Chartres auxquels il vouait un culte qui me restait mystérieux. Je crois que cette révélation du lien ténu mais désormais avéré qui unissait la 404 à Dieu et à la France dût consoler mon père de bien des humiliations, de bien des déboires et lui rappeler , lui qui ne le savait sans doute que trop , que la rédemption et la grâce ne nous touchent que dans les pires moments, qu’au cœur de l’épreuve, qu’à l’instant même où nous allons basculer dans le désespoir, la révolte ou la colère. Car le Perray-en-Yvelines, ce village en apparence inoffensif, était en fait un calvaire pour l’automobiliste-et comme ces hameaux, bourgades ou rivières perdues qui ont donné leur nom à un désastre national (Waterloo, la Bérésina, le chemin des dames) on ne le prononçait et le nommait qu’avec une sorte de consternation mêlée de respect. D’ailleurs on ne disait même pas «le Perray-en-Yvelines». Non, on disait bien plus brutalement, avec des airs de connivence face à l’allant-de-soi du malheur, à sa bêtise et à sa simplicité, on disait donc «le feu du perray-en-Yvelines ». Car il y avait un feu au Perray-en-Yvelines, un feu rouge. Et bien qu’il ne servît qu’à livrer passage à quelques échappées d’une départementale insignifiante, il occasionnait, les jours de grand départ ou de grand retour, un bouchon conséquent sur la Nationale 10- et dévastateur pour le moral de mon père. Comprenons bien : nous venions de la banlieue où nous allions à l'école et nous avions livré bataille des heures durant à Paris. C’étaient les temps héroïques: le périphérique était en construction, les voies sur berge inexistantes. Il fallait se faufiler parmi des hordes de parisiens menaçants, sûrs de leur fait. Mon père variait les approches, changeait d’itinéraire au dernier moment , improvisait quelque coup d’éclat, trompait l’ennemi par un de ces stratagèmes osés que seul un provincial peut tenter, et qui, à la guerre, en amour ou au volant, décident parfois du monde, du bonheur d’un jour ou de la fin heureuse d’un voyage. N’empêche : nous n’arrivions jamais tout à fait indemnes au Tunnel de St Cloud et souvent la 404, jeune encore et comme fragile, perdait-elle son calme, s’émouvait, s’échauffait. Nous nous arrêtions pour la laisser refroidir. La traversée de Paris révélait cette vieille faiblesse des Peugeot , cette maladie qu’elles eurent toutes jusque dans les années 80, de chauffer, de ne pas supporter les embouteillages. Elles étaient faites pour rouler, pour avancer, elles n’acceptèrent le monde et ses lenteurs que tardivement. Quand enfin nous quittions Paris,quelle joie! Quel ! Mon père se relâchait, oubliait d'en vouloir à sa 404 qui l'avait trahi en plein combat, reprenait confiance en lui, en l'humanité et franchissait avec aisance le triangle de Roquencourt. Mais, comme ces nations qui, une fois la paix revenue aux frontières, se plongent subrepticement et avec délices dans les horreurs de la guerre civile, à peine les dangers écartés que mes sœurs et moi reprenions nos chamailleries sur la banquette arrière. C'en était fait de l'union sacrée, les querelles reprenaient, les vieux démons resurgissaient et bientôt, mon père, comme ces chefs de guerre qui ont mené leur peuple à la victoire, nous lorgnait par le rétroviseur et nous menaçait des pires avanies si nous ne nous décidions pas à lui foutre la paix. Ce que nous tâchions de faire, vivement invitées par les remontrances de notre mère qui se retournait de temps en temps pour nous implorer de nous tenir à carreaux. Chartres seraient bientôt en vue. Chartres : la plus belle cathédrale du monde (affirmait-il) dont mon père nous invitait à deviner les clochers, qu'on apercevrait bientôt, et qui marquait, sur la terre comme au ciel, le terme proche de notre voyage, l'arrivée dans le pays de ma mère, la table en Formica de la cuisine où mes grands-parents nous attendaient, les lumières qui éblouissent quand on arrive à demi éveillé. Mais nous n'en étions pas là, le pire restait à venir. Car si s'embourber dans Paris, y perdre des heures, s'y buter aux boulevards comme une mouche folle qui ne parvient pas à sortir de son bocal, est fâcheux et plongeait mon père dans des rognes grondeuses, c'est quand même plus intéressant et pour tout dire un peu plus chic, que de s'empêtrer au Perray-en Yvelines. Et c'est pourtant ce qui ne tardait pas à arriver. On passait Trappes et là mon père se serait bien arrêté pour nous détailler les charmes de cette berline vouée au succès. Il avait un rapport étonnant à l'espace et aux autres. Seul deux sortes de choses trouvaient grâce à ses yeux : les églises et le confort moderne.Il aurait aimé que la France, non contente d'être la fille aînée de l'Eglise, s'évertuât à être la grande puissance moderne qu'elle méritait d'être. Cela valait à nos promenades, à nos voyages, à nos vacances d'osciller entre les chapelles, les églises de village, les cathédrales et les barrages, les ponts, l'Atomium de Bruxelles. Peut-être que ce qui se cachait, mais si peu, dans cet amour des églises et des réalisations techniques qu'un patriotisme conséquent, sensible à la grandeur spirituelle de la France, mais aussi à sa vie toute terrestre, à sa richesse et à son bien être matériel. C'est pourquoi, sans doute, le jour où la 404 franchit joyeusement la barre des 100 000 km au pied du panneau « vous êtes à 50 km de Paris Notre-Dame » mon père fut-il heureux. Car c'était comme la rencontre et l'union inopinée, inattendue mais douce de tout ce qu'il aimait : sa voiture, l'Eglise, Paris, le cœur même de cette France tant aimée.

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    Quelle histoire! Je suis arrivée chez moi hier. Personne pour me dire bienvenue ,ça va, bonjour . La souris que j'abritais , nageait morte dans la baignoire ;2 tomates pourries dans leur récipient en forme de petite barque et une pêche molle, flasque sur la table. Et du courrier électronique de mes amis invisibles au coeur en silicone. J'avais passé 3 jours dans la haute montagne avec mon fils . Que nous deux! car il est au chômage et sa copine n'apprécie pas la marche. On a découvert un glacier . On a longé la crête de la moraine toute la journée en traversant des nombreux couloirs ,une zone de rochers rouges , puis noirs , une petite descente et plusieurs montées . ( chaque montée n'est t-elle pas suivie d'une descente ? .....laisse tomber ...) Chaque fois que le sentier approchait le bord du précipice , je regardais en bas et mon fils jetait des pierres dans les crevasses . Il rigolait: " - Embarquement immédiat ! couplez vos ceintures !" et tout d'un coup, il jeta sa casquette dans la fossé de glace. Stupéfaite .......Lui, il ne rigolait plus, il a été un geste involontaire , l'hommage d'un vassal à son seigneur ,la nature accablante . Le temps se dilatait et je voulais entasser vite dans cet intervalle gagné ,une aventure ,de l'amour ,apprendre la langue de mon garçon ,rajeunir .... Mais ça ne marche pas comme ça! Dès que tu bouges , l'horloge se met en route ,accélère .... à moins que tu ne roules à la vitesse de la lumière . Mais bon.... En tout cas ,la nuit d'après mon retour a été très courte , n'a durée que 3 heures.En compensation au ralentissement du temps d'hier, elle a subi une contraction . Je cherchais dans le noir , sur mon écran , parmi les êtres en plastique aux yeux de cellophane . ....Un peu de sang a coulé ....

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    Ma grande sœur Ce n’est pas ma grande sœur mais c’est ainsi que je l’appelais. En retour elle m’appelait « petit frère ». Aujourd’hui je pleure parce qu’elle n’est plus là ; plus jamais je ne pourrai l’entendre au téléphone. Regret de ne pas être passé te voir en rentrant de Sète : quel con ! Tu étais une si belle femme ; c’est ce que je voudrais dire a ceux qui ont croisé ta voie sans te rencontrer. Nous nous sommes quelques peu côtoyé, apprécié et aimé ; aimé d’amour car en amitié l’amour existe et nous aimions ce partage. Le trois février 2012, lendemain de mon anniversaire, tu écrivais un très beau commentaire à mon intention. Prisonnière de cette terrible addiction, qui a empoisonné l’environnement de mon adolescence, nous nous sommes compris. Libre j’étais ; libre je resterai pour crier mon indignation. Honte aux institutions judiciaires qui t’ont laissé moisir dans ce dix huit mètre carré. Environnement de merde et manque d’amour : comprenez vous ? Je sais l’amour que tu avais pour tes enfants et petits enfants que tu voulais protéger. Jamais de jugement ; voila ce qui te caractérisait toi qui pourtant trop souvent n’avait pas été comprise. La vie n’a de valeur que si l’on est libre. Jamais tu n’as empiété sur la liberté des autres a qui tu as pardonné. Je t’ai admiré grande sœur ; comme une étoile tu as su parfois me guider par des mots d’amour. Je t’entends encore me demander « et toi comment ça va ? » Moi çà va aller grande sœur ; nous nous retrouverons plus tard. Ce sera ma dernière lettre. Qu’importe si, comme toi, je suis incompris une fois encore. Je sais que d’autres que moi, qui sont encore sur ce site, avaient de l’affection pour toi et t’ont aidé a te battre... Nous en avons souvent parlé quand tu n’allais pas bien et j’ai envie de leur dire que pour toi désormais le chemin de la liberté, de la paix et de la sérénité t’as ouvert ses portes. Elle s’appelait Piap …. PS: je n'ouvre pas les réactions a ce commentaire; c'est a elle, encore inscrite mais qui ne fréquentait plus le site, que doivent aller vos réactions..... Cypou le 17/09/2013

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    Au printemps 1956 nos parents s’étaient mis à tenir à longueur de journée des conciliabules dont nous étions exclus mais, en tendant bien l’oreille, nous avions réussi à saisir le mot boxe. Mon frère aîné me soutenait tout excité que nos parents allaient nous emmener voir un match de boxe. Du haut de mes six ans je lui avais répondu que c’était impossible puisque mon père éteignait le poste de télévision dès qu’il s’agissait de ce sport considéré par lui comme imbécile, inhumain, casseur de nez et broyeur de cerveaux. Le mystère prit fin le jour où nos parents nous habillèrent de pied en cap pour une sortie surprise qui nous mena droit au box loué pour abriter la première voiture de mon père, une Frégate Renault neuve qu’il venait d’acheter à crédit pour ses quarante ans. Nous restâmes sans voix devant la belle en robe bleu grisé et adorâmes immédiatement l’élégance de ses lignes et la douceur de sa forme arrondie évoquant une savonnette. Cette voiture devait nous permettre de gagner le sud de l’Espagne à la rencontre de la famille de mon père, qu’il n’avait pas revue depuis son exil deux décennies plus tôt. Mais, nous expliqua-t-il, pas question de la brusquer par un long voyage intempestif. Il fallait d’abord l’habituer en douceur, la rôder. Tous les week-ends nous quittions donc Paris en direction de la forêt d’Ermenonville ou de celle de Fontainebleau pour habituer notre Frégate bien-aimée. Lorsque les grandes vacances arrivèrent, la belle était fin prête pour le long voyage qui se ferait en trois jours car les routes d’alors, spécialement du côté espagnol, ne permettaient guère la vitesse. Quel bonheur de partir vers un pays et une famille inconnus dans cet habitacle confortable! Ma mère, ancêtre vivant du GPS, ne s’occupait plus que du trajet et mon père se concentrait sur sa conduite car son permis de conduire était aussi neuf que le véhicule. A l’arrière faute de gameboys et lecteurs de DVD, nous improvisions des jeux. Suite à un tirage au sort l’un se voyait attribuer les 4L Renault et l’autre les 2 CV Citroën, le gagnant étant celui dont le modèle avait été croisé le plus de fois pendant une période donnée. Nous étions aussi mauvais perdants l’un que l’autre, aussi le jeu était généralement suivi d’une période de brouille pendant laquelle celui de gauche n’avait plus le droit de regarder vers la droite et vice-versa, sous peine de coups. En France la route était agréable, nous filions bon train sur la mythique nationale 7. Contrairement au père de Tzigane50 le nôtre n’attirait jamais notre attention sur les églises, qu’il aurait volontiers fait disparaître du paysage, mais nous dispensait des leçons d’histoire et de géographie au hasard des régions traversées et nous sensibilisait à la dure condition du prolétariat lorsque nous croisions des travailleurs occupés à refaire la chaussée sous un soleil de plomb. Parfois nous quittions la nationale et empruntions une route secondaire pour pique-niquer dans la verdure. Nous en profitions pour visiter brièvement un site et parfois, bonheur suprême, goûter une friandise locale comme le nougat de Montélimar. Les étapes à l’hôtel étaient une source d’enchantement même s’il s’avérait difficile de trouver le sommeil dans le lit aux draps rêches d’une chambre inconnue surplombant une rue fréquentée. En Espagne les choses se corsaient. Les routes bombées et étroites étaient sillonnées par d’innombrables poids lourds et mon père n’en menait pas large. Il nous signalait parfois un routier sympa qui avait sorti le bras de l’habitacle pour nous faire signe de le dépasser et que nous devions en retour saluer de grands gestes. Mais le plus souvent nous restions interminablement coincés derrière des camionneurs teigneux qui se faisaient un malin plaisir de se déporter vers le milieu de la route pour empêcher le passage du vacancier étranger dans sa voiture rutilante. De mon côté je compliquais involontairement le voyage. Aux nombreux arrêts que nécessitait déjà en France mon mal de cœur quasi permanent s’ajoutaient en Espagne ceux que la chaleur provoquait en déclenchant chez moi d’abondants saignements de nez. Je me retrouvais régulièrement allongée sous un arbre, ma mère m’appuyant une compresse sur le nez et mon père m’appliquant le remède miracle, son jeu de clefs froid dans le cou. Nous finîmes pourtant cette année-là par arriver à destination et les premiers jours se passèrent à visiter la pléthorique famille paternelle. Je crois bien me souvenir que l’enthousiasme pour la belle Frégate « Rrrrenaoulte » éclipsait le plaisir de retrouver l’exilé et sa famille française. J’étais fière du succès mérité de notre voiture mais parfois gênée lorsque des enfants pauvres aux ventres ballonnés et aux jambes torses, vêtus de haillons, s’agglutinaient autour d’elle. Je ressentais alors douloureusement ma chance et aurais donné cher pour disparaître. La Frégate était une voiture d’une incroyable robustesse qui donnait une sensation de sécurité absolue. La première année tout se passa bien mais il nous arriva plus tard d’être pris dans un carambolage en série et de voir notre voiture en sortir indemne, avec quelques enfoncements de pare-chocs, alors que le véhicule de devant et celui de derrière étaient sérieusement endommagés. A mon grand regret, mon père changea huit ans plus tard la Frégate Renault pour une Opel Rekord dont je détestais les lignes géométriques et dont la mince tôle se froissait au moindre choc. (Un grand merci à Tzigane50 dont la 404 paternelle m’a fait replonger dans mes propres souvenirs et donné envie de les partager )

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    Ses films bien sûr et aussi l'homme qui se révèle à travers eux. Une curiosité, une attention à l'autre qui font se sentir proche de lui. La Femme d'à côté, La Nuit américaine, et aussi La Chambre verte, film tellement personnel, avec en plus son jeu, son timbre de voix. Pas de bavardage, toujours une pensée qui éclairent sans en avoir l'air la réalité, émeut, fait se sentir moins seul. Son oeuvre n'a pas une ride, certainement parce qu'elle est le fruit de l'intelligence, pas de l'intellectualisme. Preuve qu'il a marqué son temps et est intemporel, d'autres artistes -cinéastes, chanteurs...- lui font des clins d'oeil et c'est toujours un moment d'émotion quand je les repère.

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    Soixante-seize ans. Diable, c’est beaucoup, ce qu’on m’attribue. Pourtant, je n’ai absolument pas l’impression d’avoir dépassé depuis longtemps le seuil de sénescence (les spécialistes venus d’on-ne-sait-zoù évaluent le début de la sénescence entre soixante et soixante-quatre ans, méfiez-vous d’où vous mettez vos futures bougies d’anniversaire). Bon, c’est vrai que du côté des bijoux de famille, c’est le calme plat. Le plat pays, qu’on pourrait même dire. Que sauf miracle de la médecine moderne, ce n’est pas demain que la descendance piaillera dans mes zoreilles. Piaffera, j’oserais dire. Enfin, biologiquement parlant, parce que j’ai de la descendance, de la belle descendance. Cette petite jeunette, par exemple, que j’ai prise sous mon aile. À l’époque, elle n’avait que quelques années. Je lui ai tout appris. À ne pas se pencher par la fenêtre. À ne pas mettre les coudes sur la table. À se laver complètement même quand maman n’est pas là. Eh bien, maintenant, elle est une belle jeune personne, à la chevelure longue et épaisse, adepte de la French-manicoure. Belle, mais avec une obésité naissante. Elle glande trop à la maison, cette fille. Pas assez d’exercice. Elle a plus de trente ans. Pas loin de trente-cinq même ! Déjà ! Comme le temps passe vite. Quelle misère que cette accélération toute einsteinienne. Si seulement on pouvait vivre à la vitesse de la lumière, ça ralentirait un peu l’existence. Chaque fois que je la revois, ses yeux s’illuminent. Elle reste toujours un peu intimidée. Je suis l’autorité. Et j’ai mes caprices. Mais elle n’hésite pas à jouer avec moi. Elle est même capable de subtiliser mes clefs de voiture et de faire un bout de chemin à ma place. Elle serait même prête à s’interposer si mes ennemis voulaient m’occire. Tiens, j’avais aussi cet horrible adolescent. Un gosse sans gêne, pas mal élevé mais élevé dans la doctrine laxiste qui veut que les enfants, ce sont des petits objets précieux qui doivent avoir toujours raison. Quand on s’extasie devant leurs petits exploits, c’est normal qu’on ne puisse jamais rien obtenir d’eux, car tout leur est permis. Je l’avais accueilli alors qu’il avait dans les vingt ans. Un jeune homme plein d’énergie, de dynamisme. C’est moi qui lui ai appris à parler. Il sait, grâce à moi, dire merci ou bonjour. En revanche, il n’a jamais compris que je n’avais plus son âge, que les chahuts, ça allait bien deux minutes, mais pas deux heures. Eh bien, maintenant, il se fait appeler pépère. Ce n’est pas pour rien. Pas par paternité (il est contre la surpopulation et refuse obstinément d’avoir une copine), mais parce qu’il a maintenant vingt-neuf ans et qu’il fait comme les jeunes de son temps, il glande à la maison. Résultat, il s’est pris la moitié des kilogrammes en trop. Il n’a pas l’air gros encore, car il est solide et costaud, mais il a des petites jambes et paraît un peu renégat (c’est un vil lâche, j’ai raté mon éducation sur le plan des principales valeurs : courage, bravitude etc.). Un qui ne sera jamais obèse, c’est ce jeune homme encore bien élancé de trente-cinq ans. J’avais cru qu’il était plus costaud que moi mais c’était une erreur d’illusion optique. Sa coiffure un peu des années 1970 (genre cheveux tout ébouriffés) lui donnait un semblant de musculature qu’il n’avait en fait pas. Lui, il passe sa vie dehors, à faire de l’exercice. Il adore le sport. En revanche, j’ai déjà voulu le tester sur le plan intellectuel, c’est une burne. Ne serait même pas capable d’attraper des points au test des bidasses à l’époque du service militaire. Mais, bon, c’est un sympathique convive. Il ne se bat jamais, il est fidèle en amitié, je l’adore, il m’adore un peu moins, mais je ne peux pas lui en vouloir, moi le croulant. J’ai bien sûr quelques ennemis. Tiens, ce jeune blanc-bec, enfin, ce rouquin. Je n’ai rien contre les taches de rousseur. Juste contre les taches. Celui-ci, il a trente-quatre ans, et je deviens rouge de colère dès que je le vois. Maintenant, il m’évite. Tant mieux. Je suis d’humeur pacifique. Ah, il y a aussi celui-ci, aux cheveux noirs bien lisses, les yeux en amande, hyper-timide. Il a maintenant vingt-cinq ans mais au début, j’étais terrorisé. Ou plutôt, traumatisé. Je ne comprenais pas ce qu’il se passait. Je crois qu’il est homo. Ce n’est pas grave, mais ça me mettait en gêne. Il me reluquait dès sa puberté. Heureusement, j’ai vite compris qu’il était inoffensif. Incapable de se servir d’une seule arme. C’est un doux, un tendre, un pacifique aussi. Du coup, c’est aussi un copain. Mais il sera toujours malheureux, le pauvre gars. Son milieu est trop machiste pour lui. Et des vraies femmes ? Ah oui, j’en connais bien une. Elle grimpe même aux arbres comme aux rideaux, histoire de se rapprocher du septième ciel. Pourtant, elle doit déjà avoir une bonne quarantaine d’années, à mon avis. Ou même quarante-cinq ans. Elle aurait pu avoir le pedigree parfait pour devenir ma maîtresse. Mais elle est devenue obèse. Et elle refuse obstinément le contact. Zutalors ! Et puis une autre. Celle-ci n'est pas drôle du tout. Elle a soixante-dix-huit ans, ultra-mince, une silhouette de mannequin anorexique. Mais une grande souplesse, elle saute sur tout ce qui bouge. Elle a l'esprit à la limite d'Alzheimer mais son corps est d'un effroyable dynamisme. Elle me fait peur chaque fois que je la croise. Elle a une voix épouvantable de poissonnière. Elle m'insulte comme du poisson pourri. D'ailleurs, elle sent le poisson pourri. Est prête à m'envoyer balader pour un rien. J'essaie de l'éviter, franchement. Pourtant, elle est très belle. Pas glop. Alors, c’est vrai, j’ai parlé de certains qui glandaient et on pourrait me demander : et toi, ne glandes-tu pas ? Eh bien non, justement. Car je fais beaucoup de sport. C’est peut-être le privilège des retraités de pouvoir faire ce qui leur plaît. Ainsi, pas de stress inutile (bon, en fait, si, je stresse pas mal quand je crois quelques voyous dans la rue, ceux qui ne respectent rien, pas même les vétérans). Je multiplie ainsi mes activités sportives. Je fais de la chasse à courre. Je fais régulièrement du sprint. Du saut en hauteur. Je jardine aussi, c’est très bon pour la santé et la durabilité de la vie. Je fais enfin du yoga qui me permet d’acquérir une très grande souplesse et d’être superdétendu. Du coup, j’ai pu éviter l’embonpoint qui se pointait à l’horizon de mes rétines. Donc, oui, septuagénaire, mais toujours aussi pétillant de vie. Certes, mes cheveux ont un peu blanchi. Ma peau s’est un peu tannée au fil des années. Mais je reste toujours aussi frétillant, le même qu’à l’époque de ma jeunesse, tout prêt à recommencer des zaventures avec toutes les perverties du monde. (miaou) http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-lecture-82159.html http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-lecture-98881.html

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    Roméo venait de réaliser son rêve : acheter une voiture. On était en avril 1959, et après deux belles saisons D'hiver dans la musique (en plus de son emploi régulier) il était à la tête d'un joli pécule qui lui permettait d'acheter cette belle "Aronde" 1957 qu'il lorgnait depuis quelque jours dans la vitrine du garage Simca... Ses allées et venues n'avaient pas échappées au vendeur du garage... Sans être copains, ils se connaissaient et après quelques discussions et négociations l'affaire fut conclue... C'était une occasion certes, mais une très bonne occasion... le client changeait de modèle tous les deux ans bien qu'il roulât peu... Et puis, pour une première voiture, c'était bien pour aller jouer et promener sa petite famille. Roméo n'avait pas encore son permis, mais cela ne saurait tarder, il était inscrit depuis peu à l'auto-école du coin,... indispensable pour se présenter au permis,... mais sans obligation de prendre beaucoup de leçon. La voiture était garée là au pied de l'immeuble,... l'assurance payée et le plein fait... il fallait bien s'entrainer à la conduire,... un petit peu tous les jours dans les chemins vicinaux à cinq cents mètres de la maison... Ainsi, avec femme et enfants, en fin d'après-midi, en rentrant du boulot, Roméo se mettait au volant, pour conduire dans la campagne toute proche... C'était l'heure où le bétail était à l'étable pour la traite, donc la route était libre... enfin, le croyait-il ! Que c'était agréable de rouler sur cette petite route en contrebas de la colline bordée de grands arbres et de haies qui commençaient à feuiller. Le double débrayage n'avait plus de secret pour lui,... il l'avait bien en main son "hirondelle", tout baignait,... il était fin prêt pour le permis prévu pour la fin avril... Soudain, déboulant d'un sentier sur la droite, poursuivie par un chien furieux et un paysan hurlant, une jeune vache est venue s'écraser contre a portière avant droite, l'enfonçant en plein centre et finissant sa course en rayant la portière arrière de son sabot... puis a continué sa route au petit trot en direction de son étable... - C'est de la faute du chien,- dit le paysan, - la vache était restée au pré, parce qu'elle attend son premier veau... Roméo avait le sang chaud, et fort de son droit sur la route,... pâle de rage en constatant les dégâts,... (les siens silencieux, tassés au fond de leur siège),... a brandi un constat tout neuf qui aussitôt a adouci le pauvre paysan qui a proposé de prendre à sa charge la réparation... Les deux hommes ont "topé" de la main droite, l'affaire était réglée... Ouf ! a fait Roméo se dégonflant comme une baudruche, moi je n'ai pas le permis, mais lui n'a pas d'assurance...Dorénavant la voiture restera au parking jusqu'à l’obtention du permis... Permis qu'il a obtenu la semaine suivante après une seule leçon de conduite ... C'était il y a cinquante cinq ans... Les choses ont bien évoluées,... pas toujours en bien,... et il y a toujours des gens qui roulent sans permis... Capucine7434 - 19 septembre 2013

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  • 09/20/13--05:24: Rivages par Fragonarde
  • Réédition d'un texte retravaillé Tu me parlais de Baalbeck et j'entendais Fairouz Beyrouth m'entrainait dans sa clinquante symphonie Près des Cèdres, tes pas se sont rapprochés de velours De ces rivages en doux voyage le temps nous fit alors sillage A Palmyre, nous avions arpenté les souvenirs des baisers enpistachés près des norias d'Alep Damas, Mosquée des Omeyyades, accolés nous étions De ces rivages en paysage le temps nous fit dès lors partage Notre avenir s'offrait, à Samarcande, du haut d'une medersa A Boukhara, Nasreddin Hodja souriait, témoin de nos serments Vers Khiva, le vent nous mena à l’unisson vers un concert impromptu Mais de ces rivages en mirages le temps nous fit soudain ombrage Pour Ispahan je t'aurais suivi les yeux fermés pourtant Persepolis nous fis perdre plus que de raison La citadelle de Bam reflétait nos méandres ravagés De rivages en sombres ravages le temps nous fit ainsi outrage Dans les souks cairotes pleure Oum Khalsoum A Assouan je m'illusionne au Old Winter Palace Abou Simbel et comme un manque lancinant de toi

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    Douce renaissance de l'Ame, Il est des temps de peines et de regrets des instants d’espoir, des heures noires, des moments de solitude frissonnante, où le cœur déchiré s’habille de glace.! … Absence Les rayons du soleil ont égaré leurs reflets et dans l’esprit, se drapent des brouillards, s’entrechoquent des pensées empoisonnantes et la mélancolie, en relents, s’y fracasse.! … Silence L’âme sur son fil tente encore quelques quolibets mais elle se perd et penche vers l’abîme blafard luttant avec ses dernières forces espèrantes pour retrouver le souffle de vie ténu et fugace.! … Déliquescence Le cœur s’abîme, se griffe, se lacère, inquiet, l’esprit se tourmente sous de sombres cafards et l’âme se délabre en larmes agonisantes avant que la vie tout simplement se délace.! … Urgence Un reflet bleuté une étincelle, un signe discret, et l’esprit respire, retrouve vie d’un mot d’espoir, l’âme s’éveille en cristallines dentelles naissantes et le cœur, en un éclat, de la nuit froide brise la glace.! … Résurgence De vos sensuelles paroles, vous avez réveillé mon âme et de la glace brisée, renaissent mes dentelles. De nos échanges se sont animées des étincelles et la passion embrasent désormais nos cœurs de sa flamme.... Stuttgart_2013_05_25

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  • 09/19/13--18:01: Vivre d'Amour par THEO1890
  • Vivre d'Amour, Pourquoi, pourquoi mourir un jour quand on peut mourir d'amour, quand on aime, c'est le printemps qui revient à chaque moment, de chaque sourire renaît l' enchantement, de chaque caresse surgit un ravissement. Pourquoi, pourquoi mourir un jour quand on peut mourir d'amour, en se noyant dans le bleu de l'été et que dans les yeux de l'être aimé se dessinent les jeux de sensualité qui s'emparent des corps enlacés. Pourquoi, pourquoi mourir un jour quand on peut mourir d'amour, quand, dans les bruits des feuilles d'automne, ensemble se croquent les pommes, les pommes d'amour aux doux aromes des plaisirs des sens interdits ad-libitum. Pourquoi, pourquoi mourir un jour quand on peut mourir d'amour, en attisant, dans les cœurs à couvert, la flamme enivrante du feu d'hiver qui, dans l'âtre, crépite en concert et nous met les sens à l'envers. Pourquoi, pourquoi mourir un jour quand on peut vivre d'amour quand on peut vivre l'amour ! Paris_2013_09_18

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  • 09/19/13--04:27: Etoiles par Sulyvan
  • Etoiles C'est peut-être l'étoile de l'hiver... Elle palpite au cœur de la neige en poudre. Sa lueur éclaire sa parcelle de ciel saphir. Elle est si loin. Elle cligne à nos yeux ( rémanence de son temps – jadis ? ). Peut-être est-elle déjà sans vie... Ou l'étoile du printemps... Vive et vigoureuse, elle brille tant en apparence. Promesse de renaissance, Sur la Terre aux champs d'or, avant leur nuit de noces. Fiancée de la Mort, couronnée de fleurs, Elle aussi serait défunte, naguère, dans sa robe blanche... Etoile - soleil de la lune... Ici coule en silence le miel des moissons d'été. L'oiseau d'or ouvre ses ailes, s'envole, Au-delà du ciel. L'oiseau d'argent s'envole à son tour, Vers son étoile... L'étoile s'installe dans les nuits équinoxes... Noyée dans ses pensées d'immortalité. Elle chante à l'univers obscur, L'infini de son espérance. Le soleil pâle et déclinant, Renaît encore après les nuits... Etoile et soleil s'embrasent vers leur destin commun ! Sulyvan Le 27 Août 2013 .

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  • 09/19/13--18:02: Foutaises par Postman33
  • A quoi, à qui ça sert mon pays Handicapés, orphelins et malades Belles femmes,bagnoles et poissons divers Escrocs, frères et millionnaires Paris, lotos et croque-morts Ça pue sur un territoire millénaire Analphabètes et politiques vulgaires Des mots que je ne comprends plus Le blé, les banques et les télés perverses La mort au coin de la rue Ivrognes, droguées et pastillées heureux Ont trouvé le bonheur permanent Des gitans qui ne chantent plus A quoi, à qui ça sert la tristesse ? Voie ferré à proximité Chiens castrés et maisons populaires HLM à quatre étages de l'autre côté Le bureau de police longe la ligne Beaucoup d'infidélités Les enfants jouent à l'étranger Les vieux jouent aux échecs politiques Les adultes jouent aux foot avec Messi La misère est a son apogée L'alcool s’achète à bas prix Les cigarettes cherchent des accises nouvelles L'ours vend sa fourrure Les lapins se cachent dans le forêt Travaux publiques L'eau chaude s'est arrêté Douche froide jusqu'au premier Ça me rappelle une coupure d’électricité Les bougies d'autant Somewhere, sometimes, Pas de monnaie oubliée Pas de jeton new-yorkais Seulement une vanne à nouveau cassée

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    M. Duras in "La vie matérielle" : "Mais le séjour de la femme dans la maison reste de la même nature. Il s’agit toujours d’une existence comme écrite, déjà décrite, même à ses propres yeux. D’un rôle en quelque sorte, dans le sens habituel du terme mais qu’elle jouerait inévitablement et sans presque en avoir conscience : ainsi, dans le théâtre de la solitude profonde qui est pendant des siècles celui de sa vie, de cette façon, la femme voyage. Ce voyage, il n’est pas dans les guerres ni la croisade, il est dans la maison, la forêt, et dans sa tête criblée de croyances, souvent informe, malade. C’est dans ce cas qu’elle est promue sorcière, comme vous l’êtes, comme je le suis, et qu’on la brûle. Pendant certains été, certains hivers, certaines heures de certains siècles, les femmes se sont en allées avec le passage du temps, la lumière, les bruits, le furetage des bêtes dans les fourrés, les cris des oiseaux. L’homme n’est pas au courant de ces départs des femmes. L’homme ne peut pas être au courant de ces choses-là. L’homme est occupé à un service, à un métier, il a une responsabilité qui ne le quitte jamais, qui fait qu’il ne sait rien des femmes, rien de la liberté des femmes. Très tôt dans l’histoire, l’homme n’a plus de liberté. Très longtemps au cours des siècles les hommes qui sont proches des femmes sont les valets de ferme ; ils sont souvent arriérés, rieurs, roués de coups, impuissants. Ils sont là au milieu des femmes à les faire rire et elles, elles les cachent, elles les sauvent de la mort. A certaines heures des jours de ces siècles, des oiseaux solitaires criaient dans le noir clair d’avant la disparition de la lumière." Cette citation est sortie de son contexte et il ne faut pas y voir une séparation femme-maison/homme-travail; elle est à resituer dans une historicité beaucoup plus large, avec les marques qu'elle a pu laisser dans l'inconscient collectif pour arriver à la définition de ce qu'on entend par masculin et féminin, et qui façonne en partie aussi la manière dont les individus se constituent en tant que masculin ou féminin. Ici aussi, masculin et féminin est à ne pas prendre comme sexe (je suis biologiquement une femme donc une femme, ou un homme donc un homme), mais plutôt comme genre. Cette citation me parle à moi en tant qu'être féminin; mais reste assez obscure pour ce qui concerne la part de l'être masculin. Aussi, j'aimerai beaucoup savoir comment chacun d'entre vous comprend et entend ce texte.

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    C'est une impression ou j'ai un peu froid aux pattes au réveil ces jours-ci ? je n'aime pas ça du tout.. bon, je sens que je vais devoir, dans un effort surhumain, descendre mon ami clim whirlpool à la cave et remonter mes bains d'huile dans la foulée ..alors dit comme ça ces derniers font rêver et sonnent très exotique voire salace mais ce ne sont malheureusement que des amas de ferraille aux promesses de sensualité orientale aussi mensongères que ces pubs hilarantes de septembre vendant des HP sous windows 8, avec imprimante offerte, hp elle aussi.. rires.. Enfin, ils m’aident bien à survivre mes bains d’huiles sous ces latitudes arctiques durant onze mois dans l'année.. ils sont marrants à voir, une petite famille presque : il y a le petit qui me suit partout, les moyens plutôt multi-rôles, et le grand qui du haut de son autorité toute darth-vaderienne est chargé de veiller sur mes pieds du coucher au réveil.. tous en tôle noire, ça colle bien avec l'intérieur urbain.. noir et blanc, avec la pincee de rouge ds la cuisine, "genre".. histoire que je puisse dire : "non je t en prie passe devant" ..et quon me reponde : "humm.. t as de beaux goûts tu sais.. la déco est sympa.. ça me plait bien chez toi" .. … et qu’alors je pense : "mais nunuche va, jai juste reçu, comme chaque mois de septembre, comme toi et les autres 12 millions de couillons de cette Ile-de-France loufoque, la même tonne de catalogues et pubs d'enseignes de déco bang-olufsienne-cheap à faire gerber ma pauvre boîte aux lettres.." .. Allez les couillons, bouffez-en du mélaminé stylé, laqué par des creuvards et qui plie sous le poids des 3 premiers bouquins dignes de ce nom.. ces liasses de catalogues et pubs vendant du Cinna pour tous, du sol au plafond, mais à 29e l’étagère, livraison au pied de l’immeuble comprise, avec supplément de 399e pour livraison en étage, le petit détail que tu ne vois jamais la première fois, quand tu en commandes 6 dun coup bien sûr… tiens, moi ma première confrontation avec cette minuscule clause plus roublarde que toutes celles des contrats de credit revolving, cetait pour un matelas.. super cher, en mousse super dense et super technique, avec differentes zones, differents sens, differentes saisons, .. au point que tu tournes autour un peu ému une fois la chose grutée et déposée correctement sur le pauvre et vaillant sommier du coup digne des puces de st ouen, t oses meme pas te coucher dessus la premiere fois de peur de te planter et d activer une éjection dans les airs avec sirène hurlante et des flashs lumineux partout: "warning !" "wrong use !" "starting ejection procedure !" .. "Vouuuiip Vouiiip Vouiiip !" ..éjection du perturbateur antisocial qui a osé se coucher sur face hiver en plein été, les pieds sur la zone striée pour la tête.. BANG ! "aaaahhhhh !!! …mon dieu en plus jai pas changé de caleçon la hoonteeuuuu ds la ruuuue" ..bref, un matelas aussi complexe à piger que les schémas de synchronisation du serveur n.a.s .. justement il y avait même le mot nasa sur le descriptif et tout, qd tu vois le sigle nasa sur une pub matelas forcement tu te dis putain si je dors mal là-dessus cest que je l ai cherché.. je m imaginais dejà allongé avec la meme position absurde que tintin allant sur la lune prêt à affronter enfin en toute stabilité et sécurité tous les G de l espace.. et toutes les dangereuses prises d’amazones fréquentant les clubs de gym de la ville, cette fois sans casser de lattes à la bonne longueur toujours introuvable au casto, car l’air de rien l’éliptique ça muscle vachement les cuisses des nanas urbaines, tiens moi jai totalement arrêté de me moquer gentiment de leur gueule qd je passe devant elles sur leurs machines de sisyphes pour me rendre au fond de la salle, là où ya les machines pour vrais mecs, tout au fond, là où ça pue ..le mec et où tu finis par te demander si l abonnement aux cours collectifs avec que des nanas dedans aurait pas été plus raisonnable surtout que vu qu avec un seul appareil plutôt marrant elles ont les cuisses aussi épaisses que toi et tes quatre 4 machines à poulies aussi risquées que des trébuchets médiévaux et que tu partages qu’avec de sales types puants et pas une seule paire de seins ingénus qui pointent sous le jersey à l horizon.... donc, jappris ce jour là, à la livraison "au pied de l'immeuble" du matelas, que le materiel de la nasa acheté sur les 3 suisses est très lourd pour un seul homme quand l'ascenseur est en panne.... mais je passe la scène lamentable de moi un matelas de 50 kg sur le dos dans l escalier de mon chic immeuble, une honte mémorable..et retour à l’invitée du soir : « mais tant mieux, tant mieux que ça te plaise jolie nunuche, parce que toi, vu d'où je suis, ce levi's taille basse il te met vachement bien en valeur.." .. ...suit la question plate ultime mais qu'y puis-je, il faut bien la poser : "tu veux visiter ? ...oh tu vas voir, ce sera rapide .. tiens, reste devant moi va (mon dieu quel cul..), je te guide..".. ..elle : "tu sais, tu devrais vraiment adhérer à un syndicat au boulot, parce que l assistante sociale c’est la numéro deux du mien et là tu vas la voir et t’as le double de surface en 6 -10 mois…mais tu dis pas que je te l’ai dit hein, ça va me retomber dessus après.. mais serieux crois moi ça marche.. après tu fais aussi joli dans deux fois plus grand .. ..et j’adorerais venir t’aider à décorer.. puis on invitera tout le monde pour la pendaison de crémaillère, ce sera carrément sympa" .. …alors perdu dans mes pensées : "By Jove! ..c’est une vraie de vraie.. elle faisait pourtant bien illusion l’autre soir entre collègues… dire que je pensais sacrifier une de mes 3 dernieres bouteilles de cartagène si chères à mon cœur pour cette personne… ..une bouteille du monop avec ecrit bordeaux dessus sera largement suffisante tiens.. car là tt de suite je sens l’affaire mal engagée ..au-delà d’une nuit ..voire du souper.. alors on verra "ensuite" ce qu’elle mérite .. même à Paris, il y a dès fois de belles surprises.. sans rien voir venir je risque de me retrouver violemment bouffé tout cru puis retomber lourdement du plafond, exsangue, prostré, hypersalivant, aux anges.. puis, rampant, obséquieux, honteux de mes à prioris de couillon provincial, je lui proposerai d'en laper autant qu'elle voudra de mon précieux cartagène.. même du bio si elle veut car ils font une série spéciale pour touristes affectés à la cave du village"... … pensées optimistes brusquement interrompues : "tu m'écoutais dis?" ... .."oh excuse, je pensais à la bouffe.. ..comment ? ..ah ok, très bien, je prends aussi des verrines au monop...".. ..et là je m'entends ajouter cette phrase consternante, insensée, digne de l’enfermement en asile sibérien : "c’est vrai, c’est toujours sympa des verrines ! " ...anéantissement brutal de mon code moral personnel longuement construit au fil d’années d’erreurs et de leçons de la vie ...soupir étouffé ...remontée brusque d'atrabile ravalée avec trois fausses routes au passage ...mon sourire le plus fumeux et confus en façade... "oui oui, la sdb est là bas, surtout prends ton temps, je file acheter tout ça.."... grumpf...putain, celle là une fois au pieu elle a pas interet à se la jouer carpette en croyant que tout lui est dû, sinon je la soule au bordeaux.. mon dieu, faut absolument que je capte dès l'entrèe du monop à quelle caisse est la nouvelle, l'etudiante canon, pour l'éviter ensuite, trop risqué les verrines, quelle honte.. ..clic, activation du radar.. Pour l’ambiance fleurie.. Quelques classiques avec au centre BS, les patrons, et en vrac tout autour quelques dignes et valeureux-ses acolytes, pour rester ds le seul genre musical qui me reveille vraiment le matin avant midi : la guitare électrique ondoyante et éventuellement saturée, avec douze cafés et du froid parisien aux pattes.. ..un trio avec lequel seule une femme d’exception peut rivaliser ds l entreprise de m'éveiller à l'aube froide.. je veux dire une femme qui sent sous les bras qd il faut ..une femme qui boit de la bière au goulot de temps en temps.. une femme qui te reveille en te murmurant adorablement l'heure qu'il est déjà.. ensuite une femme qui humm.. qui tout un tas d'autres choses qui méritent trente comms.. enfin, une femme qui ignore l'usage des mots, expressions, interrogations qui suivent (liste très partielle) : "c'est trop sympa", "c'est carrément sympa", "c'est juste trop sympa", "j'adore huster dans le dîner de cons", "toulouse, c'est vers bordeaux non?", "pendaison de crémaillère", "et si on prennait/se faisait des verrines?", "inviter tout le monde", "c'est dimanche! on sort bruncher chéri ?", "avec yves calvi je comprends tout, ce mec est juste énorme", etc..etc..etc.. encounter https://www.youtube.com/watch?v=qr78oBvVoS0 i live alone with someone http://www.youtube.com/watch?v=XT4Lr_oVGQY the wind cries mary http://www.youtube.com/watch?v=4bFfsgzXzIE blind man http://www.youtube.com/watch?v=wyTS-2PX1xA lazy lady (version beach volley) http://www.tunesbaby.com/watch/?x=yt-GwfE5nqao7U dead love jug fulla sun https://www.youtube.com/watch?v=q0DZcM9LsgE since I’ve been lovin’ you (version originale) http://www.youtube.com/watch?v=DqmcckH4fqg amo-te https://www.youtube.com/watch?v=XuCwUyiRZig evil woman http://www.youtube.com/watch?v=ey2zwdErPvQ come back life http://www.youtube.com/watch?v=4xgi91s7zf8 no hope goat farm . https://www.youtube.com/watch?v=wePJIy8drm8 dazed and confused (version originale) http://www.youtube.com/watch?v=pTsvs-pAGDc dirty women http://www.youtube.com/watch?v=MFEWdOu2jeU legavaan satellite http://www.youtube.com/watch?v=qo8HkvBOwFk snowblind http://www.youtube.com/watch?v=aLq8KZQ0L_8 dirty witch http://www.youtube.com/watch?v=JsqDFU3P4gM simple man http://www.youtube.com/watch?v=vc9DjPQljgY lazy lady (version gulli compatible) http://www.youtube.com/watch?v=cR-S0Y_EZIM catamaran https://www.youtube.com/watch?v=93BmUH__iPw i can see http://www.youtube.com/watch?v=bU0CaEi0g3U stoney lonesome https://www.youtube.com/watch?v=XoK973xLZ_g&list=PL76873C4D0EC1FA2E electric moon http://www.youtube.com/watch?v=Unfsk-kDA8k aquamaria https://www.youtube.com/watch?v=xFVR9tnUYdE sand whip https://www.youtube.com/watch?v=TevISMxtck8&list=PL76873C4D0EC1FA2E stairway to heaven (version originale) http://www.youtube.com/watch?v=jJUdnTKlP1E coda https://www.youtube.com/watch?v=hn6KNvR7znI alright now http://www.youtube.com/watch?v=R1Chx2lJ-wY Un lien au pif pour les ami(e)s nordistes en quête d’orgasmes multiples, hallucinants, garantis snowblind-side-effects-et-chlamydiae-trachomatis-totally-free ..ce qui est toujours appréciable, l’efficacité de nos mutuelles étant devenue ce qu’on sait. Vous me remercierez.. je prends tous les paris.. ça se commande chez ts les bons domaines et caves coopératives du radieux Languedoc actuel, plutôt côté littoral ou pas loin ce qui est toujours mieux en toute chose, et sauf erreur on en trouve même jusqu’à perpi ou un chouia plus loin (mais pas trop) de l’autre côté aussi. Bref, il faut vraiment y mettre du sien pour ne pas arriver à tenter le diable ! http://languedocwinetales.blogspot.fr/2009/03/carthagene.html bises

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