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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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    Un peu rebelle ,un peu docile Elle est nomade dans le sang, Née d'une pluie fine et du soleil C'est un mélange pas si facile, L'Andalousie ,le Morbihan... Petite fille haute comme trois pommes, La foret lui servait de cour. La nature lui a toujours offert Gerbes de fleurs et de fruits murs Les animaux la fascinaient Les tout petits et les plus gros Couchée dans l'herbe ou le ruisseau Elle leur trouvait tant de beauté Ceux des fermes ou bien des bois Avec des plumes ,avec des poils ou des écailles Ils étaient tous de beaux cadeaux. Point avec eux de dures batailles Pas de barrières aux courses folles... Sauf les jardins si bien gardés Qu'elle maraudait sans un regret. Les champignons ,les pissenlits ,les noisettes Elle cueillait tout sans états d'ame Jusqu'au blé qu'elle glanait! En respirant à plein poumons le parfum du foin coupé, Grimper aux arbres ,faire des cabanes Et puis jouer à la tarzane Elle sentait peu la différence entre sa vie et celle d'en bas Au village elle était l'Espagnole Une étrangère qui ne partageait pas Leurs jeux de filles, les robes neuves et les rubans Elle n'était pas du tout douillette Portant des nattes serrèes Un jour ,elle a eu dix ans ,s'est arrètée sa vie d'enfant... Depuis ,adieu son insouciance Elle n'est jamais en paix longtemps ! à la petite fille d'avant : ;-) Capucine le 30 -12 -2013

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  • 12/29/13--11:15: L'échappatoire par Street
  • Enclencher le mode survie, même si le mot « survie » était exagéré, il n'était peut-être pas très loin de la vérité. Il fallait tenir, traverser la zone de turbulence, de l'autre côté, il y avait forcément le ciel bleu, dégagé, où elle pourrait de nouveau relever la tête, ne plus sentir le poids sur les épaules. Même si elle savait que ce n'était pas qu'une question de temps car il y avait à FAIRE, à faire sur tous les fronts, parce qu'on l'attendait d'elle, parce qu'elle savait qu'elle était la seule à pouvoir le faire et ça ne l'enchantait pas, la nausée l'envahissait, ça lui demandait un effort de plus en plus considérable au fur et à mesure que la fatigue s'installait mais elle ne pouvait pas faire autrement, elle n'avait pas envie de regretter demain. Et puis elle guettait le bout du tunnel qui allait forcément arriver, elle le savait d'expérience. Progressivement, l'étau se relâcherait, en attendant, chercher l'échappatoire, la bouffée d'oxygène comme quand au fond de l'eau, on donne un coup de talon pour remonter tout doucement, chercher la branche où s'accrocher, guetter la petite lumière porteuse de rêve. Rêver, penser à Mojacar par exemple, oui, se concentrer sur Mojacar pour arrêter l’emballement du cerveau, Mojacar, ce village entre désert, mer et crêtes montagneuses. Elle avait aimé cette escapade andalouse, voyager seule pour être libre, libre d'être disponible pour toutes ses envies, ne se contraindre en rien. Manger à n'importe quelle heure par exemple, s'installer dehors dans un lieu ombragé au bord de la plage. Elle ne s'ennuyait pas avec elle-même même si cette pensée lui semblait prétentieuse. Et puis, il y avait tant à voir, à sentir et ressentir, à écouter, à vivre. Ce lieu était magique, surtout à la tombée de la nuit, quand elle partait en voiture sur la route à la recherche d'une adresse, un peu comme dans une course au trésor. Les paysages s'adoucissaient, devenaient bleutés, une beauté à en pleurer.

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    « Ecrivez un texte érotique avec les mots suivants : velours – écume – frémissement – chaleur- pointe – soie – bijou – oiseau – nouille – écrin » Je voudrais faire sauter les verrous de ta bienséance comme je ferais sauter les boutons de ta chemise. Introduire ma langue dans les ouvertures, mouiller ta peau, arracher le tissu, mordre dans le muscle. Que mes lèvres tracent un chemin humide sur ta peau grain de beauté, soulignent ta ceinture d'Apollon, et viennent happer ta queue dressée. L'enduire de salive, la goûter, l'engloutir, la sucer avec avidité. Je voudrais que dans un frémissement de soie la pointe de ton bijou me fasse entendre le chant des oiseaux, jouons sur du velours mon amour, l’écume des jours sera un écrin pour nos ébats torrides, à Nouillegayork comme à Rio, la divine chaleur de ta peau comme une offrande sacrée.

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    Et maintenant ? Quel chemin pour les ans à venir ? Il y a bien longtemps qu'il n'était plus question d'enjeux, de preuves à fournir. La carrière avait tracé le filon qui ne s'épuiserait pas avant la retraite sonnée. Les amours avaient été dégustées et consommés. Les enfants s'autonomisaient peu à peu. Quels étaient les destinations à découvrir ? Peut être tout simplement s'agissait il de se recentrer autour de son monde intérieur. Délaissant les "paraitre sociétal", s'écoutant un peu plus pour que l'harmonie règne. Certains en couple se demandaient s'il fallait se résigner à vieillir ensemble acceptant que la tendresse et la complicité soient les seuls ciments restants des unions. D'autres envisageaient les départs, n'acceptant pas que cette tiédeur des sentiments tienne lieu d'attaches. Parmi les séparés, il y en avait qui se demandaient s'il aurait fallu ne rien changer ou si un demi tout était concevable. D'autres voulaient croire encore et toujours à la bonne étoile. Peu au final se satisfaisait de leur situation présente. Le vieillir rendait incertain les désirs, mettant en évidence la vitesse à laquelle les grains de vie vous filaient dans le temps imparti. Ce temps qui vous pressait de profiter de ce qu'il reste avant qu'il ne soit trop tard. Fallait-il encore et toujours amasser de l'argent ? Encore vouloir impressionner les autres pour leur forcer admiration ? Ce n'était que je factice de pouvoir. Le filtre du temps relativise toutes les conquêtes, qui ne sont que baudruches face à l'ultime devenir commun à chacun. Arrive le moment où la question du sens prend d'importance tout autre thématique, l'être plus que l'avoir. Finalement l'être vieillissant est plus captivant quand il a remisé son devenir social ou qu'il le relativise enfin.

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    Ce sont des gens : - de gauche ps-ecolo voire npa et egalement du centre-modem - qui gagnent leur vie correctement (qui ont un boulot parfois bien rémunéré) - qui habitent Paris intra muros et petite couronne et les beaux quartiers des grandes villes - qui ont un style de vie branchouille et limite hors budget pour des questions de frime/affichage - adorent la mixité mais sont tous en couple avec des blancs (sans deconner) - apprécient Jose Bove et les produits du terroir et sont proches telepathiquement de la nature et des paysans mais claquent jusqu’à deux mois de salaire pour s’acheter des fringues a NYC/London dans des boutiques de négriers (abercrombie, urban outfitters, american eagle) - utilise les velibs pour revenir de soirée hype mais vont au boulot avec le dernier piaggio voire un lambretta stylish avec le casque qui coute plus cher que le scooter - s’exclaffent devant une tomate mozzarella d’un resto de la rue montorgueil comme s’il avait été préparé par un cuistot 3 etoiles - pensent qu’avoir voyage au Nepal est le nec plus ultra de l’aventure solidaire (bah le tourisme c’est être solidaire avec les gens des contrées exotiques) - considèrent que le Nepal devrait mieux s’equiper en matiere d’infrastructure pour l’accès a internet (pardon a Facebook) - sont prêt a tuer au taff pour écraser les autres de leur intelligence supérieure et grimper dans la hiérarchie aussi vite que possible - sont personnellement attachés à la mixité mais envoient leurs enfants dans des écoles privées, pour des raisons d'horaires professionnels..

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    Qu’est ce qu’il est haut ! Qu’est ce qu’il est long ! Il nous transporte le camion Des pistolets pour les garçons Pour les filles des poupées et des chiffons Il apporte toutes les affaires Pour le bricoleur la ménagère Le fil à plomb ou bulles de savon Il y a tout dans le camion Qu’est ce qu’il est haut Qu’est ce qu’il est long Il nous accueille le wagon En première classe la distinction En seconde classe les bidochon La route est un chemin de fer Faut pas se pencher à la portière Défilent les rivières et les vallons On voit de tout depuis le wagon

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    Nouilles de Chine, Nuits câlines, Nuits d'amour Nuits d´ivresse, De tendresse Où l´on croit rêver Jusqu´à la pointe du jour Nuits de Chine, Nuits d’écume, Nuits d’velours Dans la chaleur de la nuit, Le p’tit oiseau Sort tout à coup son bijou D’ son écrin de soie Sur la rivière entendez-vous Ces frémissements Doux et charmants? Pour un soir de bonheur On y laisse son cœur Nuits de Chine, Nuits câlines, Nuits d'amour Nuits d'ivresse, De tendresse, Où l'on croit rêver Jusqu'au lever du jour. Nuits de Chine, Nuits câlines, Nuits d'amour P.S : ah, cette "nouille" nous fait voyager loin ! http://www.musictory.fr/musique/Marc+Lavoine/Nuits+De+Chine

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  • 12/27/13--09:15: 1 2 3 5 6 7 par Touslesbato
  • Elle adorait le regarder danser. Fascinée, elle le voyait onduler sans effort avec ce sourire particulier entre la timidité et la douceur, sourire que contredisaient tous les mouvements de son corps qui suivaient le rythme de la salsa dans ses moindres nuances. Elle le voyait faire tournoyer sa partenaire comme elle avait elle-même tournoyé quelques instants plus tôt et déjà la nostalgie de leur échange s’incrustait en elle, une danse et c’est tout, c’est déjà tout. Kizomba maintenant, oh la la c’était chaud, les deux corps se rapprochaient, la fille avait ce frémissement des hanches qui la collait au corps de S.., qui ne la refusait en rien. Ses mains la tenaient dans le dos, et elle regardait ses mains. Belles mains aux doigts longs et fins, à l’image de ce S… dont elle savait qu’elle était ni plus ni moins que tombée sous le charme en une danse et puis c’est tout. Et soudain, elle imagina ces mains sur son propre dos et la chaleur l’envahit, elle continuait à regarder ses mains et elle se mit à les sentir, troublant, elle avait la sensation réelle qu’elles étaient sur elle, et qu’elles lui faisaient partager un moment de sensibilité et de sensualité partagées. Le rythme chaloupé de la musique se prolongeait et son imagination esquissa une danse beaucoup plus suggestive, un corps à corps allongé, qu’elle chassa légèrement d’un coup d’aile, comme ce petit oiseau des îles dont elle aimait le nom portugais« beijaflor », ces danses latines decidemment étaient un passe pour une mer de sensations oubliées et pas très profondément enfouies…. J’ai envie de baiser et pas qu’une fleur, elle ne se le formula pas dans ses termes, mais s’il l’avait invité une deuxième fois, elle n’aurait certes pas dit non… Il ne la réinvita pas, les contes de fées ne sont plus ce qu’ils étaient mais elle distingua son sourire chaleureux en direction de la fille à la fin de la danse et, elle le comprenait tout à fait, quels bons moments ils avaient partagé à … trois. Vraiment c’était une chouette idée de s’être inscrite au cours de salsa, elle n’avait certes pas encore acquis le rythme de la danse, et de temps en temps, même assez fréquemment, ses pieds s’emmêlaient et elle recomptait 1 2 3 5 6 7, 1 2 3 5 6 7, un dile que no pour retomber ses pattes, clôturé par un guapea mais qu’est-ce que c’était formidablement joyeux, et coloré et savoureux ces échanges de corps qui se frôlaient et se quittaient, certaines combinaisons étant plus heureuses que d’autres, même les fiascos étaient drôles (enfin pour elle, ça elle en était au moins sûre). Sur la pointe des pieds, je te quitte, te retrouverai-je, peut-être, peut-être pas et ce n’est pas un problème…. Le tournoiement des jupes en soie, il fallait acheter des chaussures, des petites chaussures à talons si féminines, me déguiser en femme, me sentir femme enfin, ces bottines étaient bien trop chaudes, et quelle idée d’avoir mis ce jean épais, pourquoi pas du velours la fois prochaine ? Elle était en nage, mais n’avait qu’une envie continuer de tournoyer… Une nouvelle danse. C’était une bachata, elle aimait le son tintinanbullesque de cette mélodie, alors elle fila vers un autre cavalier dont elle avait déjà testé la douceur et le calme, Veux-tu danser ? Elle reçut un magnifique sourire en réponse, et c’était parti. Mais que lui arrivait-il, quelle nouille, elle faisait n’importe quoi alors que les pas de base étaient d’une simplicité enfantine par rapport à la salsa, arghh, elle ratait tout, c’était lui avec son sourire charmeur, il lui faisait encore plus d’effets que S…, il avait une douceur extrême qui la faisait chavirer… Le bato coule, qui la sauverait du naufrage ?! Et bien lui aussi pardi ! Soudain elle sentit une main ferme dans son dos et cette fermeté la surprit et la remit d’aplomb. Il la guidait vraiment, elle se sentait encadrée et empêchée de repartir dans le mauvais sens et elle fut surprise d’adorer cela, d’être guidée, elle adora être guidée par lui et elle adora la danse qu’ils partagèrent un moment, un trop bref moment comme le bref échange qui suivit. Selon ses dires, il préférait la bachata à la salsa, et il avait bien raison, il y excellait. Après ça, elle se reposa… Et but, de l’eau, de l’eau et encore de l’eau… Vivre d’amour et d’eau fraiche, à bien y regarder, ça pouvait se translater vers vivre de danses et d’eau fraiche, peut-être pas tous les soirs ni toutes les nuits mais deux nuits par semaine, mon dieu qu’elle est belle… Elle souriait les nuits de salsa sont des bijoux aux éclats lumineux qui ne brillent qu’une nuit, le lendemain, il n’a plus rien qu’une écume de souvenirs sensuels et légers… Les nuits de salsa sont les écrins des jours qui passent, cachés sous l’écrin, il y a des trésors qui n’attendaient qu’à être redécouverts et ressentis…

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  • 12/26/13--03:02: Il y a par Petite fourmi
  • Rendez-vous Chaque matin, elle emprunte à pied le même trajet. Invariable-ment, elle cherche à s’évader de son quartier si habité, populaire et populeux, avec cette foule qui la hante et l’oppresse. Devant la Poste de l’avenue, un ou deux matelas sont plus ou moins bien empilés, plu-tôt déjetés, comme un relent de la nuit précédente. Et de toutes les autres nuits d’ailleurs, ici la pauvreté est constante, vestiges des SDF qui habitent là. Vertiges, aussi. Cette misère grandissante avec son impuissance à elle l’étouffe, et ces populations qui vivent dehors dans le tumulte, une question de culture, agressivités verbales mêlées au vacarme de la circulation. Quelques préservatifs usagés traînent là, à côté du nouveau container en zinc du carrefour, côté droit pour les seringues usagées, côté gauche pour les propres. Depuis quelque temps, la détresse augmente ici. Ils sont à présent partout, ces nouveaux clochards. Sur les bancs, enroulés dans des couvertures et des couettes remontées jusqu’aux cheveux, qu’une main aux ongles en deuil retient le plus souvent. Parfois ils sont blottis sous des couvertures de survie, dans un froissement de papier doré. Paradoxe de cette vision de Noël, pour un papier si mince, trop mince pour tenir au chaud la désespérance humaine. À leurs pieds, des sacs où s’entasse toute leur vie, habits et autres. À cette heure-là, elle en voit beaucoup dormir. Les canettes de bières éparses sur le pavé témoignent de la difficulté à vivre, paradis artificiels, refuges frelatés. Elle ne juge pas, elle souffre. Elle souffre pour eux. Elle souffre par eux. Alors, follement, comme par nécessité vitale, elle rêve d’une grande et forte respiration, dans le calme d’une campagne apaisante. Elle a besoin de Beauté, comme un remerciement à la vie. Elle pense au Grand Canal à Versailles. À défaut, c’est quotidiennement qu’elle rejoint l’alignement des arbres des Champs Élysées, entre la Con-corde et le carrefour Georges V. Environ trois-quarts d’heure de marche d’ici. D’un pas alerte, elle gagne ces arrondissements aux im-meubles haussmanniens de pierre blanche, ces « quartiers à feuilles vertes » qu’habitent des gens apparemment heureux, comme elle les appelle lorsqu’on s’étonne autour d’elle du choix de son parcours. À présent, c’est d’un pas décidé qu’elle traverse la Place Clichy, pour obliquer sur sa droite vers le boulevard des Batignolles. Là commence le carré des bourgeois. Elle adore cette allée, avec son terre-plein central bordé de chaque côté d’arbres qui semblent l’accueillir exprès. Leur présence lui permet de sentir les saisons en plein Paris. En ce moment, les bourgeons se font timides, prémices d’un printemps qui tarde à venir. Pourvu qu’il n’y ait pas de gelée ! se dit-elle. Elle sait de quoi elle parle, ses grands-parents habitaient en campagne. Elle laisse la piste cyclable sur sa gauche, de peur de se faire klaxonner dessus par quelque cycliste énervé. Elle emprunte donc, comme d’habitude, l’allée de droite, piétonnière. Quel est le nom de ces arbres, se demande-t-elle. Si seulement je n’avais poussé qu’à la campagne, je serai moins ignorante ! Hélas, elle n’a pas tout retenu de ses anciens, déplore-t-elle une fois de plus. Peu importe. Elle aime ce tronçon-là de sa balade. Tiens, la voilà arrivée au marché bio, sa grande distraction. C’est vrai, nous sommes samedi. Elle slalome entre les étals, s’amuse, regarde, s’arrête puis repart. Elle baguenaude ainsi de maraîcher en maraîcher. Elle flâne avec plaisir tout du long, et observe avec une gourmandise d’enfant les carottes à la racine ensablée et les tomates à l’arrondi irrégulier. Ici, rien n’est calibré. Elle contemple ces légumes aujourd’hui rares, comme le rutabaga et les topinambours dont lui parlaient avec amertume ses parents, souvenir des restrictions alimentaires de la grande guerre. Elle retrouve avec une joie de môme la rhubarbe de ses grandes vacances, redécouvre encore une fois, émerveillée, potimarron, panais, crosnes et même scorsonères, nom savant donné aux salsifis. Elle navigue en pays de cocagne. Mais le temps passe et elle reprend sa route. Voilà qu’elle longe déjà l’école parisienne des instituteurs. Comme toujours, ses pensées s’envolent vers sa nièce, directrice d’école en campagne. Vite, elle lui fait un petit clin d’œil et salue d’un coup de tête l’église protestante voisine, à la façade sobre. Invariablement elle se promet d’aller y en-tendre, enfin, ces negro spirituals que des flyers jaunes placardés dans tout Paris annoncent régulièrement. Elle traverse la rue de Rome, et arrive ainsi au deuxième tron-çon de ce boulevard qu’elle arpente depuis son début. Ce faisant, elle se rapproche encore plus des beaux quartiers, et songe alors à quel point la misère est parquée, circonscrite. Une dame pourtant l’aborde, qui semble d’humeur liante. Mais la conversation ne roule pas sur ce printemps qui décidemment tarde à venir. Non. La femme gémit justement sur le nombre envahissant des vagabonds comme elle dit, dans ce quartier réputé « bien habité ». La randonneuse opine, dodelinant de la tête. En réalité, elle cherche à s’évader de cette rencontre imprévue, attendant la phrase raciste qui l’attristera sur le défaut de compassion de certains de ses contemporains. Vite, elle s’éclipse, arguant d’un rendez-vous imaginaire, et reprend sa route. À partir de là, c’est avec son enfance qu’elle a rendez-vous. Elle aime ces retrouvailles. La maternelle, alors tenue par des religieuses en civil. Puis le lycée Octave Gréard, déjà mixte dans les années soixante. Pourtant, rapidement, cela ne l’émeut plus. Elle cherche simplement à rejoindre au plus vite les contre-allées des Champs Élysées, et leur verdure. Elle accélère le pas et s’applique à maintenir sa cadence de randonneuse urbaine. Constance de la marche et du souffle. Elle regarde à peine autour d’elle. Il n’y a plus rien de véritablement intéressant, aucun magasin et si peu de cafés. Beaucoup de bureaux. Seule demeure la boulangerie où on achetait le gâteau du dimanche lorsqu’elle était enfant. Elle marche fermement sur le trottoir qui s’est à présent rétréci. Emportée par le tempo de sa marche, elle se met à retravailler mentalement ce texte qu’elle aimerait bien achever. Elle n’a que cela à faire dans ce bout-là de son parcours matinal. Filer vite. Ses chaussures de ville ne la gênent pas, elle est toujours attentive à porter des talons plats. Enfin se profile sur sa gauche, comme une récompense, une gratification après l’effort, le Palais présidentiel. Malgré la hauteur du mur latéral d’enceinte, elle aperçoit avec gourmandise le haut des timides, mais fières, frondai-sons du parc. Enfin d’ordinaire, car aujourd’hui elle n’aperçoit guère qu’un halo vert, comme un léger brouillard coloré. Le printemps est vraiment en retard ! Les policiers dans leurs guérites bavardent entre eux. Ou bien sont-ils gardes républicains ? Aller le leur deman-der un jour, se promet-elle. Ce n’est plus un trottoir désormais, mais une allée large et lisse. Elle lève le regard vers le ciel dégagé pour se laisser envahir par la lumière tamisée de ce début de journée. Comme une poudre dorée. Des taches de soleil dansent au sol. Et voici les jardins privés des dernières maisons, juste avant le marché aux timbres. Pas grand-monde aujourd’hui, se dit-elle, les philatélistes sont paresseux en ce début de journée. Peu importe car elle arrive au but tant espéré. Le sable crisse sous ses pieds quand elle emprunte enfin la voie qui mène aux jardins. Envisageant le tout d’un seul coup d’œil, elle se dirige derechef vers la première fontaine. La sienne, celle avec laquelle elle a invariablement rendez-vous. Très particulièrement. À chaque fois. Elle va s’asseoir sur le banc du milieu, tant pis pour les pigeons qui s’envolent. Elle contemple l’énorme vasque de pierre avec ses angelots sculptés, où retombe un brouillard de gouttelettes. À cette heure-ci, les jets d’eau sont ouverts. Elle ferme alors les yeux, bercée par le bruissement de l’eau, pacifiée. Elle imagine la mer, son sac et son ressac, scansion, mouvement de la vie. Son souffle ralentit, se dilue dans le murmure de l’eau en cascade. Elle trouve enfin le calme. Elle ouvre les yeux et regarde les plantations alentour : les parterres de fleurs, premières primevères et quelques jonquilles, et ce saule pleureur qui verdira le premier, bien avant les platanes et les acacias. Elle cherche hâtivement la première cigarette de la journée. Parachèvement du repos, joie enfin embrassée. Tout instille la paix désormais. Ce fut un bon moment. Demain, elle reviendra. Anne 26 12 2013

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    Mon dernier voyage de travail dans les territoires occupés m'a permis d’apprécier encore plus ce film de hany Abou Assad. Le dernier, "Omar" -qu'on peut encore voir en salle- est très bien aussi. A la suite de ce voyage, j'ai publié un long article sur les difficultés presque insurmontables de construire un État territorialisé pour la nation palestinienne... il est disponible mais seulement pour ceux qui lisent l'espagnol.

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    Littéralement, en grec : "cuit par le soleil". Ce qui peut aussi vouloir dire : "mûr". En latin, ça veut dire cucurbitacées. Toute la famille. Melon et ses chapeaux. Courge et ses cruches. Pastèque (l’emblème des écologistes). Cornichon et tous ses torchons. Même concombre. Parfois masqué. En français, c’est une baie caractérisée par sa cuticule dure et imperméable. Comme le plus gros fruit du "règne végétal" (l’expression est dépassée) : le cucurbita maxima (genre, le truc orange très fréquent à l’époque d’halloween). Plus exactement, sur sa fiche d’état-civil : Plantae Magnoliophyta Magnoliopsida Violales Cucurbitaceae Cucurbitoideae Cucurbita Maxima (Duchesne, 1786). Le fruit dérive d’un ovaire à loge unique. "Ovaire à loge unique". Je me frotte les yeux. Non, ovaire à loge unique. Diable ! …par soudure des carpelles. T’as les carpelles soudées, ami lecteur ? Dedans, il y a de la pulpe charnue. Plus ou moins fibreuse. Et de très nombreuses graines aplaties, sans albumen. Avantage : il peut se conserver très longtemps. D’où son utilisation pour fabriquer des outils ou ustensiles. Inconvénient : en début d’année, il peut se griser. Mais où es-tu passéééééééééée ?!!!

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  • 01/05/14--12:02: Carapace par Mahorella
  • C'est bien connu : chacun de nous porte une carapace et cherche ainsi à se protéger. Ne dit-on pas d'ailleurs de quelqu'un qui exprime sans détours ses sentiments, ses espoirs, ses peurs, qu'il se met à nu ? Ils s'étaient fait confiance dans un élan mutuel, irrésistible et qui les avait embrasés. Tout auréolés du halo doré de leur espoir revenu, ils s'étaient laissés aller à des confidences. Ils étaient déjà devenus si proches. Comment ? Ils l'ignoraient. Par petites touches, ils s'étaient d'abord flairés, devinés , se dévoilant progressivement. Leur vie, leurs attentes, chaque élément égrené semblait les rapprocher toujours un peu plus. Tant et si bien que l'urgence de leur rencontre s'était imposé comme une évidence; alors, il avait avalé les kilomètres, dessinant la diagonale du fou du nord est au sud ouest d'un territoire dont la superficie devenait soudainement dérisoire. Au début, ils n'avaient pas eu de mal à se parler. Chacun connaissait les intonations de la voix de l'autre, tour à tour caressante, implorante ou sifflante quand la réalité de leur éloignement leur revenait à l'esprit les indignant contre tant de mauvaise fortune. Puis ils s'étaient aimés pour de vrai, comme ils disaient. Le doute vient :et si jamais l'assouvissement de leur désir l'avait à jamais fait disparaître? Si cette flambée n'avait été qu'un feu de paille ? Si jamais l'amour rêvé mourait toujours lorsqu'il s'incarnait ? Si jamais, cette résonance qui les avait unies n'avait été qu'illusion ? La carapace de la solitude est retombée sur leurs vies. désormais, ils sont devenus lointains, inaccessibles l'un à l'autre...

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  • 01/06/14--13:56: allo, quoi par Magic one
  • Allo cham allo cham comment cà se fait suis pas bobo allo cham all☼ allow chamallow allo l'amante allo l'amante j't'aime dans un v'rre d'eau !_! allo la menthe allo j't'aime à l'envers c'est beau alla alla allo alla cava tout la haut allo allo alla svp ne coupez pas (bip bip bip) allo le ped' allo comment fais tu sur l'eau allo le ped'allo tu seras matelot (hello) allo le cache allo on se fait une bouff' allo on va au bufalo améne ton cash allo $ (en espèce) allo le saint m' allo pas toi t es trop à leau allo le sein allo j'aime celui au teint palot ( pas hautain mais haut, allo) allo quoi à l'eau the new year happy for u♪♫♥♫♪ allo allowww

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    Laisse couler l’eau de la rivière Laisse couler l’eau de la rivière Qui suit doucement son itinéraire L’eau c’est le courant de la vie Laisse libre cours à tes envies Laisse couler l’eau de la rivière De la source à son estuaire ! Elle nous emporte, sans fin, avec elle Sous la coupole azur de notre ciel Laisse couler l’eau de la rivière Prends confiance et espère Le courant de la vie suit son cours Sans jamais douter, nuit et jour Laisse couler l’eau de la rivière Tantôt tumultueuse et fière Puis, dans les méandres de la prairie S’apaise, comme endormie… Laisse couler l’eau de la rivière Qui ruisselle en pleine lumière Fais confiance à ta destinée Par elle, laisses toi porter… Dilha

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    Des années que cela dure. J'en arrive presque à douter de son existence même. Je veux parler de cette fille, là, ce bout de femme volatile comme un gaz. Je l'ai suivis d' est en ouest, et du nord au sud. Toujours à ses basques, et à chaque fois que j'ai cru lui mettre la main dessus, pouf, volatilisée, évanouie. Elle était à Hendaye et elle a disparue, on l'a dit emportée par une méchante vague, mais rien de tout ça, une semaine après elle réapparaissait du côté de Fontainebleau, c'est à n'y rien comprendre. Et toujours attifée comme au carnaval. Des bracelets en métal torsadé. Des boucles d'oreilles fantaisistes. Les cheveux dans les yeux. A Cadaqués, elle ressemblait à un chien mouillé. Sur les murs de la gare de Perpignan, elle a laissé son prénom, en lettre de feu. Un clochard du centre ville de Toulouse m'a assuré avoir partager une bouteille de vin avec elle. Sur la banquette d'un café parisien, porte d'Italie, on a retrouvé une de ses boucle d'oreille, une pierre de lune aux reflets argentés. Et partout la même rengaine. Elle a été aperçu ici ou là, et puis d'un seul coup plus rien, enfin presque. On parle d'elle comme d'un Attila au féminin, qu'après son passage les cœurs sont dévastés. Que sa phrase préférée vient d'un poème de Cendrars  : « quand tu aimes il faut partir ». Qu'elle séduit les hommes qui la croisent, et puis qu'elle s'en va, les laissant vidés de leurs substances, tels des pantins pitoyables en proie à des abimes d'incompréhension. J'ai senti son parfum unique, mélange d'agrumes , de vanille épicée, de musc animal, je l'ai suivit en haut d'escaliers menant à des chambres d'hôtel récemment désertée. Je me souviens la forme laissé par son corps sur un couvre lit, l'empreinte subtile, gracile, presque subliminale de ses hanches sur la couverture. Un jour sur la jetée. Sa robe est un patchwork qui décline la palette des couleurs de l'automne. Sa robe vole autour de son corps, un corps immobile, mais d'une immobilité en lutte contre les éléments. Le vent dessine sa silhouette qui se détache, irréelle, sur le front de mer. Ses cheveux en arrière, le front un peu plissé. Il s'agit de la seule photo réussie que j'ai prise d'elle, au téléobjectif. Ses yeux d'une profondeur vertigineuse, des yeux qui jugent, qui condamnent, et pardonnent en même temps. Ses cheveux agités par le vent du large. Le grain de beauté dans le cou. Un sourire triste et figé, qui réveille en moi l'ivresse de la mélancolie. Elle est le souffle et la lumière. Elle est la rumeur et le souvenir de ce qui n'a jamais été.

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  • 01/12/14--00:19: Marthe par Vendredi2
  • je suis assise derrière la vitre du café une rotonde élégante plantée sur la place, et je la vois qui marche, marche elle ne fait que marcher tout le jour tout autour de la place ronde elle a peur de s’arrêter alors elle met un pied devant l’autre va de l’avant toujours ses talons bobines martèlent le pavé et clair son visage regarde vers les toits vers les cheminées qui chantent des vers de suie toujours son chapeau charleston vissé sur ses cheveux et tremblantes ses mains font des gestes incompris secouent les mouches valse l’air valse, elle oui et s’en souvient de lui de ses belles manières des lustres tant de lumières des peurs tant , mieux vaut se taire et même ces soirs dans le cercle des hommes sans paroles elle, nonchalante, marche sur la place ronde elle ne fait que marcher tout le soir tout autour toujours une incantation dans ses yeux et frêles ses épaules se secouent comme un oiseau échappé d’un désastre de guerre elle c’est la femme qui ne dit plus rien.

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    Entendons-nous bien, s'il est hors de question d'attribuer aux propos nauséabonds de Dieudonné sur la Shoah, un caractère humoristique, cette vilaine affaire me fait songer au fait que l'humour peut parfois être dérangeant quand il est revendiqué par ceux-la mêmes qui sont persécutés. Ainsi, Germaine Tillon, grande dame et figure de la résistance a écrit sur la déportation avec ses camarades un texte étonnant auquel se mêlent des morceaux chantés : "Une opérette à Ravensbruck". Se moquer de la déshumanisation dont on est victime , jusqu'à créer le personnage d'un scientifique qui observe comme un entomologiste une nouvelle espèce, celle des prisonnières qui refusent d'être traitées comme des ·stücken", des choses, que l'on loue à des entreprises en mal de main-d'oeuvre gratuite, voilà le tour de force tout en finesse et en émotion, que réussit cette pièce si peu jouée. Le rire est grave et la gorge nouée. De mémoire je cite et m'excuse d'avance auprès des puristes si la forme en est quelque peu altérée : "on avait tout " dit l'une : "le gaz et l'électricité" . Surtout le gaz" répond l'autre. Puis , les compagnes d'infortune que lie une amitié si forte qu'elle en devient de l'amour , entonnent des chants où , tour à tour, leurs gardiennes. les S.S, et les déportées sont tournés en dérision. Oui, le rire ici peut être légitime car c'est à Ravensbrück que Germaine et ces femmes dont on sait qu'elles ne reviendront pas toutes pour Noël comme elles en rêvent, ont rédigé, dans quelles conditions on l'imagine, ce précieux témoignage qu'elles ont voulu drôle. Le rire pour résister , le chant et l'humour pour vivre encore un peu . Pour vivre debout même si la mort rôde, omniprésente. Dieudonné n'en est que plus pitoyable.

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  • 01/12/14--10:22: une confidence par Vendredi2
  • c’est mardi pardi ! elle se réveille, se lève glisse ses yeux derrière le rideau et voit le soleil d’hiver ; au soir la veille, assise sous le parasol chauffant, ses doigts gelés serrés sur un gobelet de café chaud, la fumée, la foule autour elle ne l’entendait plus, car ; c’était une évidence, ça traversait ses pensées elle avait compris, avait pesé le pour et son contraire, alors elle avait fermé ses yeux, vu tous ces visages dans sa mémoire vécu ces situations, rendu la pareille, et elle avait souri comme on sourit à un compliment comme on sourit aux fourbes comme on répond non aux coups à encaisser, elle avait sourit comme pour dire merde aux profiteurs, sans doute était-ce cela un épilogue ? ce matin, c’est mardi elle s’est réveillée, habillée, a chaussé ses souliers préférés, n’emporte que le nécessaire dans son esprit tout est clair, du reste elle n’en a que faire, elle s’est réveillée, pour tourner sa page, refermer la porte derrière elle et doucement descendre les escaliers du « sans remords ».

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    * que dire à l’ami qui passe devant sans 1 regard dans l’affront, que comprendre ? il ne vous connaît plus il a remballé sa complicité, la peur du qu'en dira-t-on, il ne vous parle plus il vous contourne, il vous jauge qu’a-t-on fait ou pas fait ou dit ou pas dit que dire à quelqu’un qu’on croyait, à quelqu’un qu’on croit plus, que dire à l'ami qui vous mot-dit ? sinon : bonne route.

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    Ma ville ( Entre montagne et mer, à deux pas du Ventoux, à trois de la Camargue, vous venez de quitter l'autoroute et suivez désormais une piste aux airs inquiétants de savane. En abordant la ville, vous pensez vous être perdu, c'est normal, vous êtes au pays de Nulle part. Votre GPS sera bien incapable de vous renseigner) Ma ville Je te hais Je te fuis Dire que j'ai vécu là contre ton sein (mes souvenirs sont tendres mes souvenirs sont doux) Je n'imaginais pas vivre ailleurs Je languissais de toi ma belle quand je partais Je ne partais jamais sans regretter aussitôt l'odeur de ta peau de pruneau séché au soleil Et ton goût de sable salé Crissant craquant sous la dent (Entrée Ouest. Suivre le canal. Passer la voie ferrée. Du haut du pont jeter un oeil aux wagons oubliés dans l'emprise. Imaginer les locos et leur chuchotement de cocotte minute. Rouler au pas. Contrôle radar. Attention, Projections de gravillons) Craquant sous la dent et le vent et le vent et le vent J'aimais ta gare, ton cossoul, tes canaux aussi tes rues l'église les bistrots la place aux vieux platanes et ses bancs bien polis J' aimais tout, sans savoir.. La maison de ma mère Les jardins ouvriers et les blanches cités ( Au milieu des immeubles, de larges cours et des lavoirs, les étendages en bois et le linge qui bat, et cette mer d'herbe drue où jouent les enfants, sous le regard léger des mères aux balcons) et le vent et le vent et le vent Je m'en moquais que tu fus moche Sans âme et sans attraits Je t'aimais voilà tout Le tort de partir un jour (Il fallut bien pourtant. Une nouvelle vie. Voyager, voyager loin bien sûr) De te quitter imprudemment Sans trop me retourner Si sûre de toi (ma gueuse ma charmeuse) Que je retrouverais sans doute La même, parfumée, (odeurs de thym ou de lavande) costumée A me tendre tes bras ouverts Avec cet air béat des retrouvailles ! Mais quoi, que s'est-il donc passé en mon absence ? (combien de temps, combien d'années) Quelque chose de toi a changé ! Ou bien est-ce moi....qui sait Je ne reconnais plus ni ton nom ni ma rue Les pins noirs disparus le ruisseau s' est tari Ils ont touché à ton clocher Fait taire le carillon (et le coq ! le coq surtout, qui confondait dit-on le jour et la nuit !) Les rideaux sont baissés Les visages plombés comme les ateliers, fermés et le vent et le vent et le vent Dire que j'ai vécu ici (comment imaginer vivre ailleurs, comment ai-je pu) Que j'ai tété ton lait Ce n'est pas possible ! Mais comment ai-je fait ? Et comment as-tu fait pour me plaire et me faire t'aimer ? Vois ce qu'ils ont fait de toi ! (Avenue Kennedy. Encombrée. Trafic. Feux. Stop. Casse-vitesse. Casse-pieds. Circulation difficile. Stationnement limité. Alterné.... Consternée...) Entre ton tunnel et ton pont tu ne ressembles plus à rien ceinturée de béton Ils ont vendu ton centre et la campagne autour Tu n'as rien fait pour garder tes enfants et tu parques tes vieux au fond d'un entonnoir Je t'en veux (toi la hargneuse, la baveuse) je te hais je n'en finis pas d' étouffer des sanglots Je me dis impossible ils ne sont pas tous perdus ces amis ces voisins ces copains grise mine ils ne sont pas tous à râler dans leur coin Sinistres Sinistrés Abattus Lessivés A se garder d'un étranger, d'un voile A se barder de murailles de Chine (des murailles marine) Contre des Barbares qui ne viendront jamais ! Je me dis qu'il doit bien en rester quelque part quelques uns qui vont bien souriants généreux et tranquilles Je me dis qu'il doit bien y avoir quelque part Des yeux pétillants et du rire et des chants et le vent et le vent et le vent Laisse-moi revenir (Ouvrir un chemin buissonnier Rue du Caire, longer le mur en le caressant de la main, de l'ongle écorcher un peu la mousse, creuser un petit trou avec son doigt) Laisse-moi revenir toi ma ville Prends moi fort dans tes bras tes peurs tes rancoeurs je n'en veux pas je ne peux pas Ouvre moi que je rentre Je veux ton ciel et puis ton eau et le vent et le vent et le vent

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