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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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  • 01/17/14--14:39: Toi par BARDAMU
  • Oh ! Toi être qui rebondit au bord des nues Que fais-tu sur cet asphalte de papier De ce désert ta forme survenue Oh ! Toi tellement inconnue que je crois Jeune marionnette par des doigts agités Encore l’avoir inventée mais c’est toi Qui redessines ma vie à volonté Oh ! Toi être de brume chaude et de pain Que tu partages fol avec les oiseaux Scotchés noir pochoir dans le bitume à l’étroit Les clochards et les rats passés la porte enfin De la citadelle enchantée ou le château N’est rien que le secret du dessinateur Sur le désert-parking de ses cartons en tas Oh ! Toi être de feuilles et de poussière Ricoche à chaque image ton rire moqueur Comment as-tu fait pour monter dans ce train où Je t’ai rencontré Tu n’existes qu’a travers Mes mots qui sautent les tourniquets des gares Dans les escalators s’assoient sur les genoux Des personnages fatigués de leurs histoires Et parmi les calques jetés sur le trottoir Oh ! Toi être de mirage A l’eau du pinceau Se mêlent tes désirs d’habiter un empire Se frottent les couleurs de tes oripeaux A bord de mes bulles nacelles tu te tires De la citadelle ou l’encre a le dernier mot Oh ! Tu enjambes comme on sort d’une marelle Le trait noir qui te cerne ainsi qu’un faire-part Nous dormons ensemble dans des nids d’hirondelles Oh ! Toi être qui jaillit là hors de la ville Dont je ne connaissais rien encore ou si peu Petite créature bien plus grande que Les héros les vainqueurs les sauveurs et les dieux Tu traverses le hall de la gare hostile Et viens changer ma vie d’un tourbillon de feu En posant sur ma peau le froissement fragile De ta peau tatouée par mes mots à musique Oh ! Toi être qui prend de mes mains la plume Le papier l’encrier la règle le pinceau Et les jettes très loin sur des trottoirs d’écume Tu es la dernière dont j’ai écrit l’histoire Tu chevauches sans peur des destriers de paille Plus légers qu’une feuille et perdant la mémoire Pour venir me rejoindre Oh ! mon amante canaille Toi et moi déchirant tous les livres des gares Pour venir me vêtir de tes bulles silences Toi et moi effaçant des tableaux noirs d’enfance Les mots de craie si lourds qu’ils ont tué l’histoire Oh ! Amie donne-moi rien qu’une seule chance !

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    Le bonheur des toilettes peut être minuscule. Indifférent, aseptisé, froid comme une vibration d’hygiéniste. Lorsque je veux mieux connaître, discrètement, en silence, des maîtres de maison – peut-être nouveaux amis – j’invente alors un besoin pressant de me soulager. Et alors se passent bien des choses. Pour moi, c’est très facile, j’ai eu une grand- mère et sa maison d’été. J’ai eu des grands cousins et leur diktat d’aînés, qui trouvait son acmé lorsqu’il fallait prendre son tour pour aller au petit coin. Prendre son tour au petit coin, me direz-vous, comme chez le boucher ou le boulanger ? Je ne comprends pas ! Alors voilà… Alors voilà, dans les toilettes de ma grand-mère, il y avait, balancée par terre, une pile de magazines. Des magazines pour tout le monde, me direz-vous. Et bien non, et c’est l’Os. Mon grand aîné de cousin, à l’époque tracassé par son adolescence, à tout le moins il nous en offrait l’apparence, lisait « Play Boy »en cachette. Ah oui, mais au petit coin ! J’avais beau tambouriner à la porte éperdue, rien n’y faisait. Si Benoît y était, une seule solution : filer droit au jardin derrière la haie de troènes. Quand il pleut, c’est malin ! Ma grand-mère ne l’a jamais su. Je ne me souviens pas en avoir tiré un quelconque enrichissement sexuel précoce, ô, petite pomme rêveuse. Mais je suis sûre de faire encore hurler de rire tous ces cousins germains-là, si j’évoque ces souvenirs, quoiqu’à présent grands-parents, tout comme moi grand-tante. Je ne me souviens pas de leurs toilettes à eux, mes grands cousins. Mais la rénovation de mon petit appartement me laisse libre de me souvenir. J’ai donc tapissé mes toilettes… de livres. Comme à l’ancienne. Tout en haut, les livres de voyages, inatteignables. Sur l’étagère du milieu, ma modeste collection GALLIMARD, dont je peux atteindre les volumes juste en faisant des pointes. Là, mon petit mètre soixante triomphe …je n’utilise pas l’escabeau. À la droite du tuyau de descente, des petits livres pour passer un bon moment. Pour ceux qui, tout comme moi, doutent invariablement de leur culture, quelques petits livres pour tester rapidement ce que l’on veut, de la Construction Européenne à La Culture Générale sur le vingtième siècle, Questions à Choix Multiples comme cela s’appelle. Un SNOOPY en anglais également et »The old man and the sea » pour les anglophones de passages, Zola en traduction alternée pour mes germanophones. Voilà, c’est tout nouveau dans ma vie, je doute fort que quiconque s’y arrête, sauf moi-même à m’en souvenir et à le proposer. Je regrette juste cette chasse d’eau de ma grand-mère, robinetterie de nos années soixante, qui m’obligeait à monter sur la lunette mouillée par mes œuvres d’enfant, qui faisait un bruit d’enclenchement, une cadence métronomique, avant le grand déversement de l’eau. La maison de ma grand-mère était peuplée de bibelots anciens, et de tous ces meubles chinois qui nous rappelaient, à nous les mômes, l’étonnant passé cambodgien de cette aïeule-là. Meubles d’époque aussi, rarement restaurés, comme une accoutumance à un délabrement stylé. On s’en fichait tous. Les chaises rouges de la salle-à-manger, elles par contre, nous préoccupaient. Pour mériter de s’y asseoir, il fallait avoir obtenu son baccalauréat. Il me semble me souvenir qu’il y avait même une graduation selon les mentions obtenues, ou leur absence totale. Je ne me souviens pas m’être assise par terre adulte, ouf ! Alors voilà… Alors voilà, depuis ce temps-là, à Paris, je ménage les volumes, si je le pouvais il n’y aurait aucun meuble chez moi. Il n’y a donc pas de chaises, et surtout pas des rouges, chaises dont le dossier charpenté encombre mon visuel de petit peintre, mais des tabourets que je glisse sous la table. Qu’y puis-je ? À la maison, je suis une femme de volumes. Par contrebalancement. Très peu de tableaux, en souvenir de tous ces murs familiaux encombrés jusqu’à l’outrance des toiles impressionnistes de mon arrière-grand-père Agénor, atelier de Fantin-Latour quand même. Décore-t-on joliment sa maison par réactivité ? Tout cela est nouveau, on verra. Stéphane un jour me dit spontanément, sans aucune demande de ma part : - « Ne t’inquiète pas, Anne, un homme s’y sent très bien chez toi, il s’y retrouve, il s’y love ! ». Éberluée, je ne pipai mot. En vérité, je ne m’étais jamais inquiétée de ce genre de détail… jusqu’à cet ami photographe qui, s’agissant du papier de la salle d’eau, répliqua naturellement lui aussi : « Tu regrettes ce quadrillage turquoise et rose pastel léger qu’il n’y avait plus en stock ? Pitié, ça fait nana ! « Mes amis sont ma richesse, je les écoute. Après cette première réaction légitime de ma part, que je ne nommerai pas car vous l’avez située, je découvre avec stupeur que mon appartement Alors voilà… Je n’ai pas de souvenirs d’enfance, très peu, j’ai des souvenirs d’ambiance, ceux-là tapissent mes murs.

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    Une absence ordipistolaire...longue, combien lon-ongue !... Mais je sais que tu sais que mes pensées pensaient souvent à toi(…). Pourtant, ces derniers mois le flux de mes mots avait tari, des mots aussi lourds que des pierres qui ne peuvent courir sur le courant de l’eau. J'ai réussi à en débarrasser ma vie et par la même occasion à en débarrasser le quartier! Grâce à ce projet d'exposition, je me sens à nouveau prête à retourner dans le monde. Et auprès de toi ma Petite Chose! La situation était vraiment devenue invivable! Petite Chose comme un mot tendre, une douceur qui apporte à la fois joie et réconfort; Ce seront en fait des expos (nous en avions discuté te souviens-tu ?) disséminés sur des lieux publics, lieux privés, là où on ne les attend pas, là on n’attend rien d’ailleurs, là où il reste de la place pour être surpris dérangé dérouté tout autant que ravi émerveillé. Mais désormais, je n’ai plus à les souffrir et je respiiire, je viiis! Cela a demandé beaucoup de patience mais il ne reste plus que quelques détails pour finaliser, héhé!!! Tu te tiendras prête à prendre ton sac de vagabonde dès que je t’appellerai pour le vernissage? Il est encore tôt ce matin et l’air n’en finit pas de s’emplir du chant des oiseaux. En réalité, ça a été assez facile et ma stratégie était au point. Je guette l’arrivée de ce petit couple de mésanges bleues qui a fait l’honneur à mon jardin de le choisir pour leurs ébats amoureux. J’espère que le vieux nichoir fera leur affaire quand ils auront terminé avec leurs parades nuptiales. Amusant leur petit manège où le mâle dresse les plumes de sa tête en forme de huppe et la belle répond par un bruissement d’ailes. On n’a donc rien inventé nous les femmes, quand nous froufroutons de la jupe parce qu’un regard coquin caresse nos jambes!!! J’ai fait la caressante car oui, je suis parvenue à dépasser ma haine, mon aversion, pour aller jusqu’aux caresses! Le matin est encore le moment que je préfère quand la vie s’éveille et s’étire avec langueur. La tombée de la nuit aussi, avec son lent retour au calme, ses lumières qui changent et se voilent, ses bruits qui s’étouffent… Je n’ai pas perdu mes habitudes et passent toujours ces moments dans le jardin, seule la plupart du temps, veuillez s’il vous plait ne pas me déranger ( Folke l‘a bien intégré!). D’abord, je les attirais par une bonne gamelle de pâtée (le prix que ça finit par coûter ces trucs-là, les propriétaires d’animaux domestiques sont-ils donc tous des Bettancourt?). A propos de Folke, suite à ses dernières expériences, il a décidé de s’orienter vers l’horticulture. J’espère que cet intérêt soudain pour la nature et les plantes ne vient pas de son goût pour le cannabis… Tant que la culture et la commercialisation en seront interdites il ne pourra en faire son métier!!! Chaque jour ils s’approchaient un peu plus de moi et je les flattais d’une voix douce, doucereuse, pendant qu’eux, avides, engloutissaient la mangeaille. L’avant-saison est magnifique ici et bien-entendu, nous avons repris le chemin de la côte. Hier, avec Ola de passage dans le coin, nous sommes allés à la plage; elle avait tellement hâte de prendre son premier bain de mer! Comme on pouvait s’y attendre, Magnus et Karl nous ont suivis (…lestés plutôt!). Alors, je tendais la main pour qu’ils me sentent et qu’ils viennent se frotter à elle (leur laisser l’illusion qu’ils sont maîtres de la situation!). Quelle embrouille pour trouver un coin de sable où poser les serviettes, quand l’un cherchait la proximité des femmes à seins nus pendant que l’autre décrétait ne pouvoir se baigner que sous le regard d’un surveillant…femme! Après les avoir habitués à mes caresses, tchac, je plaquais une main ferme sur leur dos et clac, de l’autre je leur tordais le cou ! Ils devraient adresser conjointement une demande à la mairie pour qu’il n’y ait que des femmes-sauveteur… les seins nus! Arianna a ré-ouvert des ateliers de danse. Bruit sec d’os cassés… Elle a concocté une expression bien à elle faite de danse moderne, tai-chi, qi-gong et de sa nouvelle passion, la plongée sous-marine! C’était si facile! Je mets un point d’exclamation car c’est bien elle que de jeter 2 radis 3 clous et un bout de ficelle dans la marmite pour fricoter la meilleure soupe. Leurs yeux se fixaient sur moi comme pour m’interroger puis se figeaient dans un éclat vitreux. Voilà les petites nouvelles du temps! Je les tous eus, les uns après les autres, les autres avant les uns, tous! J’espère que ces mots te trouveront toujours aussi énergique là bas dans tes belles montagnes. Bon débarras! Depuis des affichettes fleurissent sur les murs, perdu chat-ceci-machin, chat-cela-truc, prière de. Je t’embrasse avec affection. Oui, priez priez! A très bientôt de te lire. Et que mon âme repose en paix.

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    La petite catholique rebelle Au début de son enseignement catholique, une petite rebelle dans sa septième année a subi ce qu’elle pensait être une injustice. Depuis quelques temps cet enfant voulait savoir ce qu’on expliquait au catéchisme de son village. De plus, il y avait une estrade dans ces lieux, prévue pour faire du théâtre cela l’intriguait tout autant! Chaque jeudi, le curé de la paroisse réunissait les gamins en âge, dans une salle annexée au presbytère. Là, il leur enseignait les bases de la religion catholique. Notre petite rebelle était tombée dedans par inadvertance parce que née dans une famille catholique non pratiquante. Elle avait sans doute reçu l’eau bénite sur son front encore tout bébé et sucé le sel qui soi-disant purifie la bouche, et le reste…elle avait dû crier pendant ce rite inconfortable mais un bébé ne peut échapper au passage obligé pour faire partie de ce qu’il ne peut encore choisir . Depuis quelque temps, elle avait repéré un fauteuil rouge à l’aspect confortable dans la salle de catéchisme. Cette assise, près du prêtre, était réservée à une fille du bourg dont les parents étaient commerçants, donc riches apparemment. L’autre avait réfléchi là-dessus et ne comprenait pas pourquoi elle devait s’asseoir systématiquement sur les bancs de bois rudes avec ses camarades de même infortune. Cette petite venait de la campagne, issue d’une famille agricole. Cela signifiait à cette époque que c’étaient des pauvres. Sans doute aussi que ses parents ne donnaient pas beaucoup au curé pour le denier du culte. Les paysans, dans ce temps là étaient considérés comme citoyens de seconde zone car la plupart étaient illettrés. L’heure de la leçon arrivant, pour une fois, notre rebelle était en tête de file, ayant une idée derrière la tête. Elle fonça tout droit sur le fauteuil rouge pour au moins sentir ce que cela fait de s’asseoir sur du moelleux. Aussitôt le prélat se précipita sur elle pour la déloger de là, l’air furieux Mais, la petite résista, se débâtit tant qu’elle pouvait. Cela devenait violent même. Le prêtre tirait sur les bras de la gamine mais sans succès car celle ci était nerveuse. Il l’a menaça de tous les maux de l’enfer alors que spontanément, elle lui rétorqua »merde » …C’était avant VaticanII où Dieu punissait alors qu’après, il était amour…et pardonnait ! L’ecclésiastique très vexé, sans doute imbu de son pouvoir aussi, convoqua les parents pour obtenir une excuse. C’est la mère qui vint s’affranchir de cette mission honteuse, avec la rebelle, faisant profil bas. .Il fallait demander pardon au curé, c’était le prix à payer ! Cela a duré des heures et l’enfant ne cédait pas. Elle pensait à Dieu, jetant un regard furtif dans les nues, certaine que Lui l’a comprenait ! La nuit venue, le prêtre menaça de jeter la petite dans la douve qui entourait le presbytère, si elle ne demandait pas pardon;ses eaux noires étaient là, tout près. ..Là, la situation devenait sérieuse, que faire ? Prise de peur mais, persuadée d’être victime d’une injustice, elle murmura un vague pardon, ne pensant pas un mot de ce qui pourtant a satisfait l’ego du curé ?! Plus tard, une fois adolescente, elle rencontra à nouveau le problème d’injustice dans l’église. Un banc entier bien rembourré de coussins, était vide au trois quart de la messe. Puisque il n’y avait personne, notre ancienne rebelle s’y installa. Mais au dernier tiers de l’office, la famille noble débarqua et délogea l’intruse, avec des regards inquisiteurs…Décidément, cette être pur avait bien du mal à réaliser que nous ne sommes pas égaux même dans la maison du Père. Il y a eu beaucoup d’églises dont les places étaient réservées, dans la France profonde, par des familles nobles qui « graissaient la patte » du clergé et profitaient ainsi d’écouter les prêches assis confortablement. Les religions, et tout ce qu’elles comportent, la rebelle en fit un cheval de bataille une fois adulte, elle apprit qu’il existait d’autres systèmes de croyance appelés religions. Elle découvrit l’Islam entre autres, il n’y a pas bien longtemps grâce à des collègues qui pratiquaient le Ramadan ? Ah, faire le jeune pendant un mois et puis cinq prières obligatoires par jour ,quand même? C’est dommage de n’avoir pas su plus tôt car l’islam, le bouddhisme… etc. existent depuis bien longtemps, il n’y a pas que le peuple élu. Ne sommes nous pas tous des enfants de Dieu, qu’il aimerait pareillement quelque soient nos forces et nos faiblesses?

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    Quand le verbe se fait chair en complément d'objet du désir... Quand les mots se font gestes, et les sujets se conjuguent présent... Alors la grammaire de ces accords décline une chanson douce et le tarab nous emporte... Quand le verbe se fait chair en complément d'objet du désir... 12/01/14

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    Tout le monde le sait (ou devrait le savoir : en voilà une formule, qu’elle est agaçante !), le soleil est une énorme usine à combustion nucléaire. Et sans système de refroidissement. Avec une différence de taille par rapport à Fukushima, Tchernobyl ou même Creys-Malville : l’usine ne fonctionne pas par fission nucléaire (on casse l’atome d’uranium) mais par fusion nucléaire, c’est-à-dire grosso modo qu’on fusionne deux noyaux d’hydrogène pour en faire de l’hélium (mais ça peut se faire aussi avec des atomes plus lourds pour de plus grosses étoiles, avec du carbone et même du fer). Au réveil, j’ai la chance de pouvoir admirer les levers du soleil… quand celui-ci se lève au bon moment, et quand le ciel est d’accord. C’était le cas il y a presque trois ans, le mardi 29 mars 2011 où j’ai pu observer un magnifique lever du soleil à sept heures cinquante-quatre. L’autre chance, c’est que si le ciel était découvert, il était néanmoins rempli d’une petite brume opaque qui empêchait l’éblouissement de l’astre roi. J’ai donc réalisé quelques clichés vite faits bien faits du soleil et c’est quelques minutes plus tard que j’ai découvert un petit détail, en haut de la boule de feu. J’avais pris en photo des protubérances solaires ! Je n’aurais jamais cherché à en prendre car je me serais dit que cela aurait été impossible, sans télescope, sans appareil adapté et surtout, sans éclipse totale du soleil. Pourtant, ce sont bien des protubérances solaires que l’on peut observer sur mes photos, qui ont été prises à la même minute, ce qui donne une idée de la rapidité du phénomène. Lever du soleil : http://minilien.fr/a0ktsz Ces protubérances sont impressionnantes en vitesse mais aussi en taille. Le diamètre moyen du soleil est de 1,4 million de kilomètres. La longueur de l’une des protubérances photographiées fait environ cent cinquante mille kilomètres. Pour faire la comparaison, cela correspond à peu près à onze fois le diamètre de notre bonne vieille Terre ! Cinq cents fois le trajet Paris-Nancy. Ces flammèches sont assez froides, seulement une dizaine de milliers de degrés Celsius. Un plasma composé d’hydrogène et de l’hélium formé par fusion d’hydrogène. L’hélium a d’ailleurs eu son nom par référence au soleil (helios en grec). Ce sont des éruption solaires qui peuvent envoyer jusqu’à la Terre des particules (on appelle cela le vent solaire), ce qui occasionne de jolis effets lumineux aux pôles magnétiques terrestres, appelés aurores boréales (et australes). Aurores boréales : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=M&id=101815 Car les particules solaires (issues du plasma) sont encore ionisées et ionisent du coup les particules de l’atmosphère terrestre après avoir suivi les lignes du champ magnétique terrestre. Le flux des particules évacuées par le soleil est important puisque cela correspond à un débit d’un million de tonne de mélange d’hydrogène et d’hélium par seconde et la vitesse des particules est d’environ cinq cents kilomètres par seconde. Je n’ai jamais eu l’occasion d’admirer des aurores boréales (ni australes) qui d’habitude se nichent sur des latitudes entre 65° et 75° (nord ou sud), principalement en Laponie, en Alaska, au Groenland et au nord du Canada (et en Antarctique). Pourtant, parfois, elles "descendent" très bas, et en novembre 2003, certains ont pu en observer …à Belfort ! Et puisqu’une observation ne suffit pas, je mets également ici quelques photos de la pleine lune qui s’est levée le soir du samedi 19 mars 2011 sur la plaine picarde (la dernière pleine lune a eu lieu ce jeudi 16 janvier 2014, jour de pluie à Paris). Un événement qui paraît classique mais en fait, pas aussi habituel que prévu. Quand elle se lève, le diamètre de la lune est très gros. Vous l’avez sûrement déjà remarqué. Et quand elle monte dans le ciel, elle rapetisse. En fait, ce n’est qu’une illusion optique : à l’horizon, la lune est proche d’éléments dimensionnels palpables comme des maisons, des immeubles etc. et paraît gigantesque mais quand elle s’en éloigne, il n’y a plus ces éléments de comparaison et perdue dans l’immensité du ciel, elle paraît toute petite. Un bon moyen de rompre cette illusion, c’est d’observer le lever de la lune (ou son coucher) en mettant sa tête entre les deux jambes, à l’envers : le cerveau est alors désorienté et ne peut analyser par comparaison (attention cependant de ne pas perdre l’équilibre, et évitez cet exercice à proximité d’un hôpital psychiatrique). Néanmoins, ce samedi-là, c’était un peu différent : la lune était réellement plus grosse ! Et même après son lever, même quand elle est montée dans les cieux. Car ce jour-là (la veille de l’équinoxe du printemps), la lune n’avait jamais été aussi près de la Terre depuis dix-neuf ans. Lever de la lune : http://minilien.fr/a0ktt0 « On se donne du soleil dans la nuit, On est comme des enfants éblouis, On se donne, on se donne… » http://www.youtube.com/watch?v=Kl-ZyoQFk7c Liens… Lever du soleil : http://minilien.fr/a0ktsz Lever de la lune : http://minilien.fr/a0ktt0 On se donne, on se donne : http://www.youtube.com/watch?v=Kl-ZyoQFk7c Aurores boréales : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=M&id=101815

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    Il est l'heure. Je suis prêt. Je jette un dernier coup d'oeil dans le miroir et j'éteins le néon. J'ai eu le temps de voir surgir dans le reflet, une ombre. Mais je fais comme si de rien n'était. Je ne vais pas me laisser impressionner. Dehors les arbres scintillent de perles de pluie. Un souffle de vent et les voilà qui gouttent en petites constellations sur la route. Au loin, la fumée de la briqueterie s'estompe en se dispersant. On dirait un ogre qui ricane en s'évanouissant dans le ciel tendu au-dessus des maisons. Par la fenêtre, je vérifie que tout aille bien. La voie est libre. Je peux sortir. Sur le seuil, un oeil énorme bouche le passage. Je m'en doutais. Tous les jours c'est pareil. Je suis bien obligé de le contourner prudemment. Il me regarde d'un air torve. Il suit chacun de mes gestes. Je n'ose pas trop bouger. J'attends. Je profite d' un instant d'inattention de sa part pour déguerpir en courant. Je n'ai pas fait trois pas dans l'avenue, que je sens une autre présence dans mon dos. On se connaît. J' ai l'habitude. Cela fait des semaines qu' il me cherche. Je ne sais pas ce qu'il me veut. Il marche derrière moi, au même rythme, il accélère si je cours, il ralentit si je m'arrête. Il disparait quand je me retourne pour lui faire face. Il profite des platanes pour se cacher. Les matins ensoleillés je distingue son ombre maligne sur les pavés. Il croit que je ne le remarque pas. Ce matin, il est vrai, je ne vois rien. La bruine grise efface tout. Il n'y a plus trace de lui. Cependant je sais qu'il est là. Qu' il colle à mes basques. La façon dont il lorgne vers moi en avançant. Il traîne avec lui des chaussures crottées. Il y a de la boue grasse sur ses talons. Je le sais car une fois j'ai fait le chemin en sens inverse exprès. Je comptais le surprendre. Ce jour là, il tirait justement derrière lui aidé d'une ficelle, un pan entier de montagne. Celle de mon paysage familier. De mon village. Une montagne quand même bien connue de tous ici. Normalement impressionnante. Qui n'a pas pour habitude de bouger seule. Comme ça. Au contraire c' est une montagne plutôt tranquille. Eh bien, ce matin là, je vous le jure, il s'était débrouillé pour la tracter jusque devant la maison, en la faisant glisser, jusqu'à la décoller de sa base pour la faire crapahuter jusque dans le jardin ! où elle s'est littéralement affaissée sur elle-même, tremblotante et molle, comme un tas de gelée anglaise, avant de se liquéfier sur la pelouse en un torrent de glaise brune. Depuis je suis sur mes gardes. Je me méfie. Je ne sors jamais sans quelques munitions et mon couteau suisse, histoire de lui fichtre la peur de sa vie s'il s'en prenait à moi. Il a certainement à mon égard un plan mauvais. Je ne sais pas ce qu'il mijote. Dans le ciel, un corbeau tourne au-dessus de ma tête. Il rêve sans doute de s'en prendre à mes cheveux, ou à mes yeux peut-être. Je commence à avoir peur. Ils sont plusieurs à présent à tournoyer en criant. Je remonte mon col. Un coup de vent et sous la bourrasque, la montagne emportée dans l'élan, soudain s'échoue contre la barrière, dans un grand fracas de navire brisé. Il faut que je m'écarte, vite, si je ne veux pas être englouti avec elle. L' Autre, qui me suit, ne me lâche pas. Il insiste. Il tient bon. Il est accompagné maintenant d'un dragon excité qui crache dans mon dos des éclairs de feu et de l'écume brûlante. Je n'en peux plus. Je voudrais protester. J' entreprends de courir. C' était sans compter sur cette muraille qui soudain se dresse devant moi et arrête ma course. Et une pluie convulsive ruisselle dans mes yeux. Tant pis, puisqu' il le faut, - car j'avais tout prévu -je sors une grenade. Je dégoupille et la lance en direction du gueux qui me course. C 'est la dévastation. Mes doigts dégoulinent du sang vermeil du fruit sorti de ma poche. L' Autre couché en travers d'une allée palpite encore un instant, bouche ouverte. Je suis sûr qu'il fait semblant. Dans le ciel, juste au-dessus de ma tête, les nuages enflés se regroupent, comme une armée d'encre noire. ( Abi , Rousseau était-il vraiment parano ? ) "c'est bien grâce aux fantômes que Rousseau imagine autour de lui que son oeuvre peut esquisser les ombres de notre présent". http://tecfa.unige.ch/proj/rousseau/opinion.htm ou plus lisible là http://www.memo.fr/article.asp?ID=JJR_PUB_004

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    Je marchais dans ma ville Les yeux jusant sur l'inutile Cœurs ferraille pneus Mains grises ventre creux Tabac poudres et beu Des puits d'enfance Où descendent des nains Aux carnavals des prudences Ils tendent des zobs trop, fins À des anges à gros culs Qui dédaignent les perchoirs Trouve-moi ce que nous ne cherchons plus Ma fée d'hivers aux yeux noirs Et aux astres coquins croquants la seine Des amicales du vide se mettant en bouteille? Du soleil à Epinay sur seine ? Trouve-moi ce que nous ne cherchons plus Le miaou des PMU pour chats pelés jusqu’aux z’ oreilles… Ici le phone est cellulaire et dévore les z’inprudents Qui misent tout sur les miaulements Les oiseaux les fascinent mais ici sa surveillent Le vol(e) a une gueule d’atmosphère Et le flic est un potamochère Pas de violence ici enfoui sous des tapis lourds Mais des cités ouvrières avec de hautes collines creuses et remplies de poussières. Je suis de cette poussière avec quelques mots pour jardiner..

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  • 01/25/14--02:33: Sensuality par Sysy Lovisa
  • Tout en elle est suggestif, doux, gratifiant, parfois excessif. Elle prend son temps, ralentit, suit ses instincts et goûte la sensualité d'Edoné au quotidien. L'attachement aux plaisirs des sens est son unique religion. Elle aime chatouiller du bout du nez les pétales de lys. Le duvet nasidoux, tremblant sous les à-coups parfumés de la fleur, anesthésie son âme de picotements nerveux. Tout n'est que frisson. Elle aime aussi, accroupie sur les draps moelleux, s'enrouler moulée dans les tissus de soie brillante. Veloutes, miroir, onctuosité, douceur, finesse, velours... Tout n'est que soupçon. Elle aime la richesse du lait gourmand qui glisse sur sa peau. Ses chairs sous le palper-rouler de ses doigts agiles livrent généreusement toute leur grâce pulpe. Tout n'est que tâtons. Mais ce qu'elle aim' par dessus tout, c'est tremper ses doigts fins dans le chocolat fondu. Il coule le long de sa gorge quand elle fond sa main dégoulinante à sa bouche offerte. C'est bon, divin, moelleux, noir, puissant et crémeux. Tout n'est que passion. Miss Sysy voue toute sa vie au Royaume des Sens, entre profondeur, suggestion, richesse, séduction, douceur, somptuosité et soie. Sysy loves Sensuality...

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    Dans le ciel c'est la querelle Tout nus on les voit les anges Qui miment les hirondelles Les rossignols les mésanges Maladroits et ridicules Hors de leur décor étrange Battent des bras et reculent Trop lourd on les voit les anges Et les diables pêle-mêle Durant des siècles s'amusent Tels les a peints Michel Ange Rien du tout qui les dérange Ange diables ils abusent Tant de regards ils engrangent De ferventes étincelles Et des promesses sans ruse D'admiration éternelle Qui est diable qui est ange Nous on s'en moque pardi Ça fait un sacré mélange Sous nos plumes mais tant pis Dans la rue c'est la querelle De cette ville indocile Les petit piafs qui s'appellent Car la vie c'est pas facile Pour partager la poussière L'eau des fontaines si belles Voient venir tout nus les anges Et les diables pêle-mêle Sortir la tête des pierres De la voûte où l'ombre mange Leur corps pris dans le calcin Mais il n'y a rien à faire Car les diables et les anges Sont partis un beau matin Pour se battre garnements A l'aube de leurs chapelles Aux murs redevenus blancs Qui est diable et qui est ange Toi et moi qui s'en soucie Car tous les deux on s'arrange Avec les draps de nos lits Dans les cours c'est la querelle Entre les piafs et les anges C'est le printemps qui les appelle Les moineaux joyeux compères Ça fait un sacré mélange Une troupe tout entière Pour chanter sous les fenêtres Et pour jeter leurs costumes Dans les fleuves des gouttières Mettre de nouvelles plumes Se vautrer sacré bien-être Sous les rayons infidèles Roses ardents et orange Pas de diables et pas d'anges Qui tiennent crient les moineaux Retournez voir Michel Ange La cour c'est notre château Qui est diable qui est ange Nous choisissons toi et moi Cet incroyable chalenge D'être les deux à la fois Dans l'île c'est la querelle Tout nus on les voit les anges Et les diables pêle-mêle Ça fait un sacré mélange On leur a ôté leurs ailes Passé des bleus ouvriers Ahuris ils s'interpellent Qui leur a fait l'imposture Au lieu de se chamailler Comme les piafs de la ville Insouciants et barbouillés De fabriquer des voitures Pourquoi ont-ils donc quitté Cette fresque où rien ne change Figés pour l'éternité Par l'œil vert de Michel Ange En postures immobiles Dans un ciel préfabriqué Diables et anges fossiles Chacun son tour de trimer Leurs crient les oiseaux de l'île Qui est diable qui est ange On s'en moque tous deux Car sous les voutes étranges Orange et verte des cieux Ou nos deux corps se mélangent Être oiseaux c'est beaucoup mieux.

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    Il vint enfin le jour où le calendrier universel Mit un signe d’égalité, comme l’équinoxe, Entre les années passées en ma patrie Et celles vécues en terre étrangère. Une question se mit à me tourmenter : A quantité égale, que devenait la qualité ? La quantité ne suffisait pas à combler Les galeries par l’exil creusées dans mon esprit. En ce matin du 4 octobre 1987, Le soleil d’automne caressait la ville, Sur la Place Doyen Gosse j’attendais L’énième train pour le pays de l’illusion. J’étais au comble de la mortelle lutte Que la première langue livrait à la deuxième : Les mots me trompaient et me ridiculisaient, Parfois ils m’obligeaient à suspendre la course. Je savais déjà que le monde condamnait L’amour que je portais à la poésie. Ceux qui comptaient les jours de mon absence, Bêtes aux aguets, attendaient mon retour, J’entendais leur respiration animale Avant qu’ils me jettent à la figure Tous mes vers semi-clandestins Sortis de dessous mon manteau. Le pain de l’amitié n’était pas cuit, Ils n’aimaient pas mes vers. Rien ne pouvait se partager, Sinon mon amertume et leur indifférence. Longtemps j’ai rêvé que mon corps Soit livré par les courants de la Mort Sur les plages ioniennes, bercé Par l’éternel monologue de la mer. Ma chair corrompue finira ses jours Derrière les parapets européens, Barbelés dressés contre mes mots, Haine pour mes livres semi-avortés. Quand viendra le juste crépuscule, J’irai m’installer à l’ombre de mon figuier, Tout près de ma vigne aussi étrangère, Brûler mes cahiers, mes écrits semi-clandestins, Et tous les mots qui m’ont trahi : Que tout soit cendre et dans les cendres Mes cendres trouveront enfin la communion Des poètes morts avec les vivants.

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    Cet après midi ma psy a tout résumé en une phrase : "Vous avez un profil atypique..." Au moment où elle m'a dit ça, elle s'est transformée en agent immobilier qui faisait me visiter. Et alors que j'allais la voir pour éclairer mes sous-entendus à moi, elle m'en jetais une pleine brouette à la gueule ! Début de la saynète : Diagnostique Psymmobilier du "Profil atypique..." : _ Alors nous y voilà : c'est à dire un peu mal foutu, dans un état pas terrible, néanmoins beau potentiel. Pas super bien situé, mais dans un quartier en pleine mutation. De toutes façons l'entrée est protégée par une grille ET un digicode alors on est tranquille ! L'esprit en escalier n'est pas très pratique à emprunter, surtout avec des encombrants, mais ça n'arrive pas tous les jours n'est ce pas... C'est lumineux, sauf quand il fait gris bien sur... D'ailleurs, l'eau chaude est solaire, alors quand il fait gris trop longtemps bah... On va à la piscine ! C'est très bien insonorisé par contre ! Grande cuisine, belle hauteur sous plafond ( même s'il est à refaire )... La salle de bain et la chambre communiquent, vous pourrez faire une très agréable suite parentale. En revanche pour le moment l'atelier donne dans le salon qui donne dans le vide, mais vous êtes jeunes, vous allez imaginer quelque chose de bien ! D'une manière générale, la structure est bonne, les caves mériteraient d'être un peu mieux ventilées... Mais une fois la toiture révisée et l'électricité remise à la terre, mais je vous assure : un palace !!! Alors ? Qu'est ce qu'on fait ? Vous le prenez ? Vous savez "l'atypique" c'est ce qu'on fait de mieux en ce moment vu qu'on a pas de profil " coup de coeur " ! ... ( Silence ) _ Euh... Je vais réfléchir... Fin

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    Un vingt –huit janvier..... Dehors l’hiver enveloppait de son châle pesant Le village blotti, maisons recroquevillées sur elles-mêmes, Tels des humains engoncés dans leur manteau usant D’images de braves soldats livrés à eux-mêmes. Dans la demeure, le jour perçait, un jour de janvier Différent des autres, un jour de félicité sans détour, Instants de sérénité embrassant l’aube tant enviée Et moi du baiser gracieux, à lui je disais mon amour ! La neige au dehors avait saupoudré de ses fins cristaux, Les arbres du verger, les allées et les hangars des animaux, L’épais linceul de silence lentement au jour s’ouvrait, Des feux à la volée s’allumaient, le café se réchauffait… Mon aïeul me parlait, me conseillait, m’enlaçait de son savoir, J’étais, enfant habité du secret, le remerciant pour son avoir, Maîtriser et les langues et l’âtre, et l’humain, et l’histoire, De son cœur, il me donna l’unique trésor du jour notoire. Aujourd’hui encore, à l’instar de ce brouillard incertain, Mon regard se perd dans le limbe argenté des conifères, Quand vers l’au- delà mon âme ivre de lumière et de chant S’entremêle, elle revoit ce jour de rêve loin de l’éphémère.. Le_ Colombier_2014_01_28 Images d'une enfance lorraine, blottie dans ce village s'égrenant par ces ruelles disjointes, discontinues, aux approches de voies romaines, aux approches de la langue francique, de traces carolingiennes subtiles, en cette journée symbolique du départ vers l'au- delà de cet Empereur aux multiples images, ce personnage... sur les routes, les traces duquel mon esprit s'enracine, se fourvoie avec le temps, et comme une symbolique pour moi, jour de ma naissance..... Mais aussi, ce jour où tout me berçait, mon aïeul, dont le geste m'est ancré, comme à l'homme qu'on adoube car il est des nôtres, en partageant avec les autres, les mêmes valeurs, je n'étais qu'un enfant, qu'en ce jour du 28 janvier, en particulier ce jour-là, je devais encore, après un lever matinal, parcourir quelques cinq kilomètres dans la neige - à l'époque elle nous gratifiait de maintes libertés où l'espièglerie n'avait jamais lieu d'être ni de pouvoir... pour rejoindre les bancs de l'Ecole élémentaire... là où mon esprit se nourrissait de savoirs jamais éteints... Plus tard, un certain 28 janvier aussi, mon père, lui s'en allait subitement , terrassé non pas par le poids des ans, mais d'un seul coup, à jamais sans avoir pu dire au - revoir, il s'en est allé rejoindre les siens, là - bas vers ces lieux où les cendres sont encore autant de souvenirs empreints d'une force exquise et de pouvoir intense. Son départ était à l'image de sa vie, belle, droite, dure, intense, vraie, juste, sans acrimonie envers quiconque, C'était un 28 janvier......

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  • 01/22/14--06:31: un épicurien? par Ondine73
  • Ah, les copains d'abord...vraie tranches de vie qui traitent tout en pudeur l'essence même de l'Amitié, tout à mots couverts, véritables messages subliminaux pour qui sait lire les grains de sable au creux des oreilles? Une chanson et un commentaire...les mots ne suffisent pas toujours pour dire la force de ce morceau d'anthologie...(eh oui faut au moins 400 caractères!!!) Pour qui sait déchiffrer le talent de Georges, yahoo!!!! loriotes qui s'en dédit, la lumière peut illuminer davantage cette chanson... et qui sait? un (épi)curieux peut toujours y arriver? Un rêve...

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  • 02/01/14--07:41: The have-nots par Helena75
  • La nuit est glaciale, obscure, sans étoiles. Elle est si immense qu’elle déborde de la fenêtre. Du couloir vide, un rai de lumière blême. Je regarde la pendule pendue haut au mur. Tic tac, le temps passe, il s’égrène rapidement : déjà 6h30. D’un geste brusque, je rejette l’unique couverture posée sur mon corps douloureux. Je suis déjà habillé ou plutôt je ne me suis pas déhabillé. Cette nuit, j’ai dormi à peu près, sans coups, sans à-coups et sans cris. Il fait bon. Des odeurs de café frais et de pain grillé me chatouillent les narines. Dans peu de temps, après avoir pris un petit déjeuner, ils vont me pousser doucement par-dessus bord, comme hier, comme avant-hier, comme tous les jours. Ils n’en ont pas vraiment envie mais ils ne peuvent pas faire autrement. Je les comprends. Certains même, les plus gentils, me sourient. 7h. Je bascule par-dessus le garde-corps (c’est vrai, à quoi bon conserver ce corps informe, anonyme, inhumain ?). Le choc avec la surface de la mer est brutal. Comme le cocktail explosif des cachets multicolores à l’HP. Comme une claque en pleine figure. J’ai mal partout. L’eau est glacée. Je tremble de froid, je suis gelé. J’ai la tête sous l’eau. La gorge me brûle. J’ai la sensation d’étouffer. Je remonte lentement. Je tousse, je crache, je vomis. Je nage en eaux troubles, entre deux eaux. Pour combien de temps encore ? J’en ai marre d’avaler des serpents. Ce soir je dormirai à l’abri de piliers bétonnés de grisaille. La nuit tombera glaciale, obscure, sans étoiles. Mordante. Mais l’éclat du jour me semblera moins tranchant. http://www.premiere.fr/Bandes-annonces/Video/Au-Bord-du-Monde-Extrait-VF http://next.liberation.fr/cinema/2014/01/28/dialoguez-avec-le-realisateur-de-au-bord-du-monde_976020 Et pour ceux et celles qui s'intéressent à Bartleby, cette page : http://www.laviedesidees.fr/Bartleby-le-prefere-des.html

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    Le sable de la ville Je nageais sans bruit dans le flot, « La vague aura roulé mes os ». * L'éclair est vif dans l'orage. La ville semblable au marécage. Tombe l'éclair noir à contre-jour d'une révolte de l'Amour. Ce vent qui sur les âmes passe à l'aurore ou au soir agace. Des rues noires au gris du béton... L'urbain insignifiant piéton. L'humain, blême, fade et incolore. Vague à l'âme miroir et décor. Flottant de rivage en rivage, des tristes tropiques sans visage, aux latitudes occidentales, personne dans la foule intervalle. Ils vivent comme des automates. Ils passent sans rêve tels des primates. Ils fuient leur temps dans leur sablier. Ils font un chèque pour les humiliés. « La Terre est ronde, et ils s'agrippent, au-delà... — C'est le vide ». ** " Ce que tu as la force d'être, tu as aussi le droit de l'être. " (Max Stirner) http://www.youtube.com/watch?v=mum8n31e6jc sulyvan Le 26 Décembre 2013 *Alphonse de Lamartine « Méditations Poétiques » Méditation vingt-sixième « Adieu à la Poésie » ( Edition Originale 1823 ) ** Gérard Manset « Comme un lego » .

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    Blottis sous les arches de la place des Héros, nous sommes quelques uns sur cette terrasse à survivre au froid de l'hiver. Un minuscule carré de soleil serti entre deux piliers de granit aux allures de cerbères nous sert d'alibi pour paresser au milieu des cafés chauds. Juste en face, roulant sur l'arrête des toits, le soleil joue à cache-cache au milieu des cheminées. A ma droite, une demoiselle tente d'échapper à la fraicheur de ses éclipses en basculant régulièrement son siège en arrière.... Tout contre moi. Le reste du temps, le yeux fermés, elle se balance mollement au rythme de musiques invisibles. D'humeur galante je tenterais bien de l'aborder, lui sortir quelques mots d'esprit, exciter sa curiosité et laisser mon charme naturel opérer. Mais la probabilité qu'une paire d'oreillettes puisse filtrer mes boniments, me dissuade dans cette tentative. Peur du ridicule. Je me contente donc de surveiller la valse des cheminées pour grappiller les quelques miettes d'intimité qu'elle m'offre à chaque fois qu'elle m'effleure. Pendant les pauses je me contente de crayonner sur un carnet à élastique. Des oiseaux. Des nuées d'oiseaux. Une manière originale de combler le vide, un peu morose et excitant, qui me sépare de mes rencontres. Je la sens frissonner entre ses écouteurs. L'inclinaison de sa chaise devient vertigineuse. A petites narines gouter le vent dans ses cheveux. En sourdine me rassasier au caramel de ses parfums. Me consumer à cette lente montée du désir. Et je la vois remuer les lèvres comme pour bénir le retour de l'astre avant de s'éloigner de moi. Une fois de plus. De table en table. un clochard qui réclame sa part de survie. Imiter ma voisine et fermer les yeux sur la misère du monde. Au travers des paupières ne voir que la vie en rose. Le manant en profite lâchement pour me rafler mes Camel. Je me résigne et patiente en gobant les dernières volutes de ma cigarette... Derniers traits d'union entre moi et la civilisation. Après je ne répond plus de rien... Je retourne à l'état sauvage. Mais pas question de lâcher la place pour le tabac d'en face. Une nouvelle cheminée se profile à l'horizon. J'en oublie mes angoisses. Le vol des pigeons se fait plus lent au dessus de la place. J'enroule mon bonheur renaissant dans les rayures de son pull. Sur le trottoir mouillé, les pas délavés d'un marchand de rêve s'évaporent déjà en grésillant. J'entre sans bruit dans une nouvelle ère. Emmitouflé dans mon délire je sens les frémissements de la planète qui vibre sous le pavé. Je la sens basculer inexorablement sous mes pieds. S'accrocher à mon fauteuil. Ne rien tenter. Huit milliards de terriens partent à la renverse dans ce tour de manège intersidéral. Et tout ça, rien que pour moi ! Juste pour qu'une ridicule cheminée vienne au secours de mon destin.... L'inclinaison de son siège est diabolique. La conclusion est imminente. Elle va me tomber dans les bras. Comme une offrande. Une faveur de l'astre flamboyant. Légitime renvoi d'ascenseur après des siècles à rançonner les Incas. Emportés par le vent du soir quelques mèches me taquinent la joue. Des lianes qui tordent le cou à ma pudeur. Je m'immole dans ce brasier inattendu. Remonter jusqu'aux racines, jusqu'à son délicieux balancement et planter mes crocs dans son épaule... Et puis... plus rien. Les yeux clos je tends le cou vers ce vent du nord bien-aimé. Butine quelques flonflons de musique à la française.... J'ouvre les yeux, juste pour la voir s'engouffrer dans l'Audi de son mari. Ah son mari. Perdus dans le gris bleu du ciel quelques oiseaux luttent, prisonniers d'un filet invisible et moi je me recroqueville au milieu de cette terrasse immense. Le va et vient des derniers passants. Un couple qui se presse. Des rires qui s'envolent. Du bonheur sur papier glacé. Des images à mettre en pièces à coup de dents. Je règle et disparaît dans une bourrasque. Sans un mot. Sans une virgule. Me retrancher dans ma tanière. Me connecter au miroir aux alouettes. Aux créatures belles comme l'ennui. Ce soir elle s'appellera Marylou.

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  • 02/02/14--03:55: Sur seine par BARDAMU
  • Ils sont sur des vélos déglingués Aux allures de vieux chevaux Multicolore et embringués Au ramassage des caniveaux Orpailleur de poubelles Et aux culs des giro De policeman antique La vie est cathodique Et qu'il brise au marteau Tzigane zarbi ou romano Les déflecteurs en poche Aumône luminophore Il vend le cuivre tout moche Tzigane zarbi ou romano À des marchands aux culs d'amphores Et pas du tout marteau La chevelure est noire et la vie réciproque Nous vivons se dit il une formidable époque Le courant d'air facile et le rat abondant A Saint-Denis Nord de seine Y’ à de drôles de sirènes Qui vrillent les tympans Ici ça sent les feux de camp La merde et le ressentiment. Ça expulse ou ça dort c'est selon l'opinion Les enfants se baignent dans le fleuve en été Léthé pour indigents À deux pas il y a le stade de France Formidable et indifférent ...

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    Eh bien, voici un anniversaire qui ne passe pas inaperçu, le 4 février 2014. Dix ans que Facebook existe dans les esprits. Dix ans que le premier profil Facebook a été créé à Cambridge (dans le Masse-à-chaussettes, pas en Angleterre) et dix ans que son créateur, Mark Zuckerberg, qui à l’époque n’avait que dix-neuf ans, dirige ce réseau social mondial qui est devenu tentaculaire (tout comme Google). Aujourd’hui, Zuckerberg possède près de vingt milliards de dollars et a été le plus jeune milliardaire du monde à l’âge de vingt-trois ans (félicitation à lui). Ce n’est qu’à partir du 26 septembre 2006 que le site est accessible à tout le monde, enfin, presque, aux plus de treize ans, mais cela n’empêche pas les enfants de s’y inscrire, il suffit juste de changer de date de naissance. Facebook en 2007 : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=63947 http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=65994 Soixante-dix-huit langues sont disponibles, dont le latin, ou encore, le français, qui est arrivé sur les écrans le 10 mars 2008. Il y a actuellement vingt-huit millions d’utilisateurs en France. La barre du milliard d’utilisateurs dans le monde a été franchie le 4 octobre 2012. Aujourd’hui (plutôt, au 29 janvier 2014), il y a un milliard deux cent trente millions d’utilisateurs, sur un total de deux milliards et demi d’internautes que compte le monde. Bref, un taux de 50%. Seulement soixante-sept millions de comptes seraient des fakes. À comparer avec Twitter (deux cent trente-deux millions), Linkedln (deux cent cinquante-neuf millions) et Viadeo (cinquante-cinq millions), ainsi que QQ (huit cent seize millions : le premier réseau social chinois). Neuf cent quarante-cinq millions ont utilisé Facebook en décembre 2013 avec leur smartphone. En août 2008, l’ensemble des utilisateurs ne représentait que cent millions personne, ce qui fait, d’après mes calculs, qu’en décembre 2016, ça dépassera …les dix milliards d’utilisateurs réguliers, dont (forcément) au moins trois milliards de fakes. Facebook a fait presque huit milliards de dollars de chiffre d’affaire en 2013 (essentiellement grâce à la publicité) et au dernier trimestre 2013, cela correspondait à deux dollars quatorze par utilisateur. Il y avait au 31 décembre 2013 près de onze milliards et demi de dollars de trésorerie. Le site emploie près de quatre mille salariés dans onze bureaux américains et dix-huit bureaux à l’étranger (dont un à Paris) et dégagera un bénéfice probablement supérieur au milliard de dollars pour l’année 2013. Facebook a déposé aux États-Unis mille trois cent vingt brevets dont sept cent soixante-quatorze déjà enregistrés et à l’étranger, deux cent quatre-vingt-dix dont quatre-vingt-seize déjà enregistrés, et est en train de racheter six cent cinquante brevets AOL à Microsoft. En outre, cela fait cinq cents téraoctets (To) supplémentaires à stocker chaque jour. En août 2012, la mémoire de Facebook contenait cent pétaoctets (Po), soit cent mille téraoctets. Bref, ce site est devenu une véritable institution, celle de l’histoire personnelle de tout le monde, plus ou moins ouverte au reste de la planète. Il ne restera plus qu’à assurer le service après-vie, en mettant une croix près du nom et en plaçant le profil dans une sorte de cimetière virtuel géant lorsque l’heure sera venue. En juin 2013, une grave faille de sécurité des données privées a fait découvrir que ses propres contacts pouvaient devenir les pires ennemis dans le domaine de la vie privée. Ainsi, lorsqu’un utilisateur charge son carnet d’adresses, chacune de ces adresses reste indépendamment du profil du propriétaire de ces coordonnées. Si bien que des données privées peuvent être fournies au site contre la volonté des premiers concernés à cause de la négligence d’amis ou de relations (email, téléphone, adresse postale etc.). Tout est expliqué ici : http://packetstormsecurity.com/news/view/22713/Facebook-Where-Your-Friends-Are-Your-Worst-Enemies.hml Certains ont certainement déjà dû recevoir une demande pour s’inscrire sur le site (du reste, d’autres réseaux sociaux font de même). Tout est fait comme si c’était un message personnel mûrement réfléchi de l’expéditeur, alors qu’il n’en est rien, l’expéditeur ne sachant même pas qu’il a envoyé de tels messages. Mais les intrusions dans la vie privée sont bien plus nombreuses qu’on pourrait l’imaginer. Ainsi, rien que le bouton (débile car puéril à mon sens) "J’aime" présent depuis février 2009 sur de nombreux sites Internet (en particulier les grands médias) permet à Facebook de connaître le comportement d’internautes qui ne sont pas forcément inscrits sur le site. Cette intrusion est telle que le Land du Schleswig-Holstein avait imposé le 20 août 2011 à tous les sites Internet hébergés dans la région de retirer ce bouton, considérant qu’il était contraire aux lois sur la protection des données privées (par exemple, le fait qu’untel ait lu tel article à telles date et heure). En tout dans le monde, il y a eu mille cent trente milliards de "J’aime" en quatre ans, et le rythme est de plus de quatre milliards et demi de "J’aime" par jour ! En France, chaque utilisateur a environ cent soixante-dix-sept amis, et presque deux milliards de "J’aime" sont cliqués chaque mois. La Commission nationale de l’informatique et des libertés qui, depuis 1978 en France, surveille avec attention tous les risques d’empiètement sur les libertés privées, a juste encouragé les utilisateurs à faire gaffe (notamment à propos de la géolocalisation couplée à l’utilisation d’un smartphone, possible en France depuis le 30 septembre 2010) : « Dans la mesure où vous pouvez indiquer votre position à tout moment, le premier risque est de dévoiler trop d’informations sur vous. Par exemple, publier sa localisation au cours de la journée peut conduire à dévoiler aux cambrioleurs potentiels vos horaires de présence ainsi que votre adresse. Il faut garder à l’esprit que lorsque vous ajoutez un nouveau lieu, celui-ci sera accessible à l’ensemble des membres de Facebook et qu’il sera compliqué de le supprimer. Il faut donc éviter d’y faire figurer des informations personnelles » (c’est un avis rendu le 20 octobre 2010). Malgré cette grave et angoissante mainmise d’une entreprise privée (américaine) sur des informations très personnelles, il y a toujours un nombre croissant pour venir s’y agglutiner, avec un réel potentiel de développement en Asie (en Inde entre autres), hors la Chine pour qui c’est presque interdit (seulement quatre cent mille utilisateurs en 2011) et qui a ses propres réseaux sociaux comme QQ, créé en 1999, QZone, créé en 2005, ou encore Sina Weibo, le Twitter chinois, considéré comme la seule source d’information sociale et culturelle des Chinois, créé en 2010 (réseaux qui peuvent, eux aussi, aider à organiser des manifestations ou des grèves illégales, voir mon com’ sur Foxconn). Foxconn : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=109147 Certes, à côté des inconvénients, il y a un grand avantage, celui de la facilité de pouvoir échanger des nouvelles à tout son petit environnement social parfois éclaté dans le monde, sans nécessité d’échanger des messages personnels à chaque ami. Et pourtant, je trouve justement que les relations bilatérales sont les plus constructives et les plus savoureuses. Pour finir, une information capitale. Selon les plus perspicaces des archéologues, le site pointscommuns serait plus vieux que facebook : des pages profils auraient été découvertes datant de l’automne 2003. Étonnant, non ?!

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    Je rêve d’un mot, un seul, qui pourrait tout dompter parce qu’il dirait tout de cet instant, parce qu’il le contiendrait intégralement : ce calme illusoire, ce goût dans la bouche et cette anxiété aux entrailles, ces doutes à vibrations sourdes, ce gris d’où goutte à goutte une vie réglée qui pourtant ne mène - où ? - personne n’est là pour le dire, ni parent, ni ami, ni thérapeute, alors je rêve d’un mot, d’un seul, qui suffirait à désigner parfaitement cet instant, ne serait-ce que pour l’arrimer au réel (comme c’est peu demander !), et pourtant je n’ai jamais été capable de circonscrire à un simple point l’écheveau incompréhensible, les dislocations filamenteuses qui suintent autour de mon centre (ce centre que je m’approprie et dont je me demande s'il n'est pas factice) le calme illusoire, le goût dans la bouche et l’anxiété aux entrailles, j’essaye au moins de chercher le mot, fixant peu à peu tous ces trucs, ces machins, ce bric-à-brac de moi-même, constituant par là une phrase éclose du mot rêvé comme un ver sortant d’une pomme qu’il prétendrait ensuite incorporer entièrement - ce pourquoi la phrase s’allonge sans mesure, une logorrhée tortillant sous mes doigts, je ne peux plus me résoudre à y mettre un terme - alors je continue à écrire pour ne pas abdiquer en cours de route, pour ne pas rester une fois encore dans la camisole de cette hébétude qui suit les renoncements, et c’est ainsi que la phrase ne cesse plus de tourner autour du mot rêvé, ce simple mot qu’il suffirait d’éructer une bonne fois pour savoir qu’au moins, en cet instant j’ai conquis ma fixité, je poursuis en laissant choir sur la page tous les autres mots - les mots vains, les mots sans poids, les mots stériles - qui viennent la grossir sans arrêt, mais qui ne gonflent qu’une phrase se perdant en chemin, des flocons tombent sur sa pente enneigée, on ne distingue plus ni le pourquoi ni le comment, on n’y retrouve plus rien du rêve qui l’a fait naître, et pourtant ça doit faire des décennies que je le cherche, des décennies à le sentir si central mais si inabordable – j’ai cru parfois en devenir marteau - c’est pourquoi j’ai commencé il y a peu à tenter de le cerner par l’écrit, et voilà une nouvelle tentative, bien qu’à chaque fois je me sois fourvoyé dans des culs-de-sac, des dilutions, des artifices, des tangentes, et pire : des lieux communs, et aussi quelles autres stupidités dont je n’ai même pas conscience !, et plus encore maintenant où je suis entraîné dans cette phrase comme dans une déclivité de plus en plus raide, dévalant vers quelque chose de terrible, une avalanche d’inanités qui emporteront tout, ma raison la première, alors que l’angoisse insinue plus que jamais ce goût dans ma bouche, cette anxiété dans mes tripes, cette peur sur ma nuque, et le « que puis-je faire à présent ? », oui que reste-t-il à faire quand tout contrôle est perdu, pas un muscle ne bouge mais la sueur perle partout, c’est l’angoisse qui me prend en son entière possession, oui que faire si ce n’est y mettre un point et même trois, pour tenter d’en finir sans en finir, en quémander la suspension...

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