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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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    Je cherche l'homme qui irait bien à ma vie... Non je ne cherche pas, je voudrais le croiser... Enfin, nos regards se croiser. Ce moment subtil où la curiosité ronge, quand un regard interroge, ce frisson au creux du ventre d'aller vers... Ce désir fou de se lancer mais cette peur évidente de l'échec, de la fin, de la douleur, de la rancœur, même si le torse bombée j'avance, une main qui balaie les mauvais souvenirs, les souvenirs blessants, humiliants, les souvenirs déstabilisants mais j'existe. Je suis, avec mes maladresses, leurs malhonnêtetés, leurs bêtises et ma crédulité. La peur donc, mais l'envie encore de ne pas en rester là, ils n'auront pas ma peau. Je ne suis pas femme à croire que je ne suis là pour personne. Son regard, je le désir si profond que mon ventre l'imagine bien plus que mon cerveau, j'ai besoin de sentir cette animalité, ce désir profond d'être pour l'autre son inéluctable, qu'il soit mon indispensable. Je voudrais ressentir une atmosphère d'intense émotion, comme un brouillard troublant mes mots et les siens, une timidité adolescente, comme si neuves nos âmes redevenaient. Croiser ce regard et vouloir... Ne plus vouloir qu'il disparaisse de ma vision, sans pour autant être poison, je le souhaiterait vivant en moi, me secouant dans toutes mes vérités, mes oppositions, mes aberrations. Cet instant serait déterminant. Ni un pas en avant, ni un pas en arrière, je reste là, relâchant les muscles de ma mâchoire, la tête à droite, la tête à gauche, mes cervicales claque en un bruit sourd comme si je peçois à demi mot les prémices d'une union émouvante, mon seul combat : l'écoute du moment. L'homme qui croiserait mon chemin, devrait ralentir, se retourner et s'arrêter. Idéalement, il devrait faire marche arrière, comme on remonte le fil d'un instant, et, nos visages à hauteur de nos yeux, il m'obligerait à l'affronter, à affronter la peur qu'il disparaisse en un éclair de corps à corps. L'homme qui irait bien à ma vie, arrêterait le cours de la sienne le temps d'une pause, d'un silence, d'une émotion, puis conscients d'être là l'un pour l'autre, c'est face à face que nous engagerions notre première expédition vers l'inconnue. Il me parlerait, je lui répondrais, le menton posait sur mes mains en fleur, je l'écouterais, je l'écouterais attentivement, consciencieusement, précisément. Car cet homme là, ne pourrait me mentir, si attentive à chacune de nos connections possibles, je ne remettrait pas en question ce que je suis et ce qu'il est. Nous ne pourrions nous manquer de sincérité tant nos yeux nous trahiraient. Inutile de faire semblant, si nos regards se croisent, je saurais, tu sauras.

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  • 03/03/14--13:35: Poudrerie par BARDAMU
  • Sur son manteau et sur sa peine La lumière d'avril lui sourit Elle s'étale, en poudrerie Ses espérances sont hors d'haleine De ce discret poison L'œil du vulgaire ne le discerne pas Il le cercle pourtant au compas Global positioning system sans trahison Puisiez-vous le voir sur vos têtes Vous chantant votre déroute Et sans crainte et sans doute Vous en faire le noir poète... Et puisse alors le narguant Malgré tout le grand vent Vous en faire aussi le maître Ensuite alors peut-être.... Faire de vous un matelot hardi..... En attendant le paradis !

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    C'est sur un coup de tête que j'ai décidé ce petit voyage, mardi matin. La veille, il n'était question de rien. Il n'était question de rien d'ailleurs depuis des lustres. J'étais devenue un chantre du voyage immobile. Et voilà que soudain, l'envie d'aller faire un saut "à la Capitale" m'a saisie. Le temps de glisser dans un sac un plan du métro, deux tickets de survie, et un livre en guise de casse-croûte, quatre heures de train plus tard, j'étais accueillie par un soleil radieux, gage d'un séjour parfait ! Devant moi, deux longues journées pour flâner. Clandestinement. En effet, personne ne sait où je suis. Ni où je crèche. J'ai opté cette fois -crise oblige mais pas que -pour un vieil hôtel -une étoile oui ça existe- au confort plutôt spartiate à trois pas de Bastille. J'apprécie l'inconfort, c'est un de mes malins petits plaisirs. Cela me fait me sentir plus vivante, et me tient en éveil mieux que n'importe quoi. Je ne saurais expliquer pourquoi. Disons que l'inconfort est mon luxe. Je peux me le permettre. Je n'ai jamais manqué de rien. Ou plus franchement, je me contente de peu ! C'est mon côté "ascète".... Dès que je suis à Paris, à peine tombée du train, en gare de Lyon, depuis toujours, mes pas me portent automatiquement vers le Jardin des Plantes que j'adore. Tout d'abord pour sa proximité, ensuite pour sa modestie, il n'est vraiment pas prétentieux, idéal pour un rendez-vous, on ne peut pas s' y manquer, enfin pour ses merveilleux parterres quand ils sont en fleurs. Simplement enjamber la Seine, piétiner un peu aux feux tricolores, vérifier que le dormeur sous sa cahute de carton est bien pourvu en couvertures, et m'engager enfin dans les allées tranquilles, désertes à cette heure. Ce matin, sous un beau ciel de nacre, un arbre immense et nu héberge sur ses plus hautes branches un groupe de corneilles, cela exige une photographie. Immédiatement s' impose cette mythique scène de cinéma, devant l'école quand les Oiseaux attaquent les enfants et s'accrochent aux blonds cheveux de la diaphane Tippi Hedren paniquée . Tout le monde connait. Moi je ne risque rien. Je ne suis pas blonde. Au fond du Jardin, dans la perspective, la Grande Galerie de l' Evolution. J'enfile les quatre étages, somptueux, au petit pas de course, sans état d'âme : je n'ai pas le temps de fignoler ! de toutes façons, j' y suis déjà venue plusieurs fois et je compte bien revenir mais là, j'ai déjà envie de soleil, et vite de me retrouver dehors. Sur les pelouses. De parcourir ensuite la serre tropicale, parmi les orchidées et les lianes, un véritable enchantement ! Depuis un balcon de pierres aménagé au-dessus de cette nature luxuriante, je me tiens comme en contemplation, suspendue, fascinée par l 'harmonie des courbes et tous ces verts qui rivalisent dans des jeux de lumière. Cris d'animaux et chants d'oiseaux exotiques, bruits d'eau et de cascades, en fonds sonore : on s'y croirait. J'ai une pensée mesquine : je voudrais être vraiment riche pour m' offrir une pareille jungle devant ma porte ! Il est vrai que j'ai déjà chez moi, l' agrément d' une véranda et le cd "ambiance véranda" ! un bon début, c'est déjà ça ! Mais je parle, je parle ! je ne voudrais vraiment pas vous ennuyer avec ce fastidieux rapport de ma visite au Jardin des Plantes, ou à la vieille -c'est relatif-, orang-outan de la Ménagerie, Nénette à la si triste figure.. Non, non, je veux surtout vous raconter cet émoi de marcher dans Paris. Pas tant un émoi d' ailleurs qu'un émerveillement ! En fait, je vais, au cours de mon petit séjour parisien, de surprise en surprise. Déjà dans le train, en face de moi, cette jeune femme silencieuse, plongée dans sa lecture, les jambes repliées sous la banquette, ... à force de la regarder, je lui trouve un air familier. "Presque" familier. Il ne lui manque qu'un chapeau et ce pourrait être Itinerrance. Sur la plateforme, au bout du compartiment, ce papa et son fils qui discutent, assis sur une marche, il me semble les connaître...Ce pourrait être M..... de retour de vacances. Plus tard, à peine arrivée en gare de Lyon, c'est dans le hall que je crois apercevoir Misty, accompagnée elle aussi d'une petite fille adorable..Elle porte une robe fleurie et des paquets dans les bras. La foule ne me permet pas de la rattraper alors qu'elle disparait emportée par l'escalier roulant. A la terrasse d' un café, c'est une joyeuse bande qui se retrouve pour un pot improvisé, je jurerais qu'il s'agit de Loli Lola, de Malki Milka, et de Lilas Loula et les autres ! En traversant la place de l' Opéra, c'est Smart que je croise. Et Magic plein soleil en remontant le Canal Saint-Martin. Alors que je rejoins Bercy, , c'est xxx et xxxxx (ces fous du volant dois-je vraiment les nommer ???) qui grillent un feu rouge en voiture. J 'esquisse un signe de la main mais les voilà déjà envolés . Sous les Arcades de la rue Rivoli, j'avise la si coquette R.... qui fait du lèche-vitrines. Au Parc de la Villette, devant l'entrée de la Géode, c'est bien Abi et ses garçons qui attendent pour la prochaine séance cinéma. Je le reconnais, c'est sûr, c'est lui. Il me me remarque pas, trop absorbé qu'il est à veiller sur son impatiente tribu ! Je ne vous citerai pas les noms de tous ceux et celles que j'ai croisés dans les couloirs du métro ! Impensable, à croire que tout le petit monde de Pcc s'est donné rendez-vous sur la ligne 14 ! Et dans la rame, même le jeune xxxxxxx déplace ses longues jambes pour me permettre de m'installer, sans toutefois me reconnaitre bien entendu. Je n'ose le déranger de sa lecture. Et ce professeur (on dirait en tout cas un professeur je ne sais pas pourquoi) en face de moi, qui regarde à travers la vitre sale, puis qui se lève, rajuste son manteau, prend sa serviette et sort à la station Pyramides.... n' est-ce donc pas xxxx ? Cette écharpe rouge autour du cou, cela me dit quelque chose .... Et la jolie dame devant le Louvre, si élégante, qui semble chercher quelqu'un des yeux, et se met à courir vers un monsieur qui lui ouvre ses bras ? N'est-ce pas S.... ? Et ces deux là qui se bécotent sur un banc public ?? Et cette autre qui secoue sa chevelure dans la lumière ? et celui-ci qui gesticule sur le parvis de la Bibliothèque de France, et celui-là fébrile, qui téléphone attablé au Flore ? Rencontres inattendues. Rencontres surprenantes. Illusions. Illusoires...oui et alors ? Au-delà de mon regard noyé d ' étranges brumes, de réminiscences et de confuses souvenances , se superposent, le long des rues, des squares, des rives, sur les visages des passants indifférents et inconnus, les petits portraits flous et incertains des profils de Pcc. De l'autre côté du couloir, dans le bus, dans le miroir de la vitre, j'entr'aperçois vaguement d'hésitantes figures que je crois reconnaitre alors que je ne les connais même pas .... C'est la première fois que je ne me sens pas seule dans Paris. Paris est habitée soudain par des centaines de silhouettes imaginées que je dessine et que j'invente, malgré moi, comme autant de petits signes et de petits cailloux blancs sur mon chemin.. Au moment de repartir et de quitter la ville lumineuse, ils étaient tous là, sur le quai numéro cinq, à être venus, pour me dire au revoir : " dis, quand reviendras-tu ?" ... Même la séparation ne m'empêchera pas d'être heureuse de vous avoir connus, vous tous. Désormais je prononcerai vos noms vrais et vos noms d' emprunt sur un tout autre ton. Oui je les prononcerai tout autrement. En riant certainement. Du bon et réel bonheur de nos prochaines retrouvailles. http://youtu.be/nUE80DTNxK4 Barbara "Dis, quand reviendras-tu ?" et un peu d'auto dérision ! http://youtu.be/wQFe3A5Rjtk

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  • 03/08/14--13:46: Vêtements par BARDAMU
  • Vieilles femmes de noir et d’ennui vêtues Jeunes femmes de peine et de noir fardées Si je peins une femme rouge Je crois que ça n’est pas pour rien C’est à vous en la créant que j’ai songé Sur le marbre des poudres vives j’ai broyé Sous mes doigts j’ai senti son ventre ému S’arrondir amant d’une cerise ardente Des rouges-gorges jouaient entre ses cuisses Et moi je voulais tant Je voulais redonner aux femmes mon sang Des couleurs dont la guerre que se font les hommes Les a privés des couleurs comme Coquelicot braise rubis soleil levant Des couleurs qu’elles ont connues dont elles puissent Tout entières se souvenir et se vêtir Et moi je voulais tant Teindre des couvertures de laine écrue Dans un bassin de pourpre les tremper Pour les en couvrir lorsque le froid les a pris Après la longue vie sans amants sans amis Et moi je voulais tant Couper dans des rideaux des robes de rubis Qu’elles mettraient se moquant des guerres des hommes Couper aux champs des brassées de coquelicots Couronnes dans leurs cheveux volant au vent Si j’ai peint une femme en rouge Je crois que ça n’est pas pour rien Sous mes doigts j’ai senti la bouche émue S’ouvrir amante d’une braise ardente Croquant comme cerise le soleil levant Et moi je voulais tant Redonner aux femmes mon sang Vieilles femmes vêtues de noir Jeunes femmes vêtues d’ennui Des couleurs fières des couleurs comme Braise rubis soleil levant coquelicot Et moi je voulais tant Être le premier à teindre de mes mots Sur le seuil du vent des vêtements nouveaux.

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    Le soleil et moi le soleil émois le soleil est moi quel titre? Le matin salue poliment la nuit Tu ouvres lentement les yeux Du lit tout doucement sortir Je voudrais te garder un peu Mais le soleil attend dehors Pour te couvrir de reflets d’or Et tout là haut à l’horizon Il annonce la saison Aujourd’hui encore il fera beau Et peut être même un peu chaud Tu restes un moment alanguie Tu fais attendre l’astre en feu Il quitterait sa galaxie Juste pour connaitre tes yeux Sans toi c’est qu’une étoilé égarée Tout ce qu’il dore s’en allait Faisant cadeau de ses rayons Un jour il perdra la raison Te voilà à présent sortie Il te suit des fonds des cieux Il te dessine à l’envie Ton ombre confirme son jeu Il te caresse le corps De si loin et sans effort Douceur chaleur à l’unisson Je dois me faire une raison Quand le foulard reste ton seul habit Avec quelques mèches de cheveux Quand sur le sable tu fais ton lit Mes doigts feraient bien les curieux Oh la la tous ces efforts Même la main je me mords J’ai le sang en ébullition Faut me prendre la tension Je vais me redormir encore Aujourd’hui encore il fera beau J’aurai même un peu chaud

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    Ils avaient discuté trois heures ou peut-être cinq. Le temps avait disparu. Les autres ne comprenaient pas. Les autres n'avaient jamais compris. Au matin, il s'était éveillé avec un sourire au bord des lèvres, merveilleusement détendu. "Lui parler me rappelle qui je suis". Il avait déjà mille fois réfléchi aux joies d'une grande amitié, à ce bonheur, simple et rare, de pouvoir être soi, âme à nu, sans voile ou presque. Toutes ces pensées retenues, ces élans contenus, ces espoirs trop frêles retombés en doutes depuis; ces joies agonisant mollement de ne pouvoir être partagées dans la vigueur de leur éclosion; cette vague de tristesse nimbée de culpabilité devant les horreurs du monde pour celui qui se sait béni par la providence de ne pas être né en des lieux où la Terre ressemble à l'Enfer; cette honte du plaisir mesquin de se dire qu'on a tant de chance, et puis l'impuissance... Il ne lui avait rien dit de cela. Il n'en avait pas eu besoin. Ils avaient parlé tout simplement et ce tourbillon intérieur lourd de tout ce qu'il avait avalé et qui l'étourdissait depuis trop longtemps avait trouvé une brèche par laquelle s'échapper et le libérer. Il voulait partager avec lui sa délectation de la virtuosité sauvage d'Oscar Wilde. Il lui avait répondu que Wilde ne le touchait pas. Il aurait pu se sentir incompris. Il l'avait écouté. Ils s'étaient écoutés. Dans le fond, ils étaient d'accord. C'est un constat qui s'impose souvent quand on prend le temps d'écouter quelqu'un jusqu'au bout. Quand ils parlaient ils avaient pris cette mauvaise habitude de faire disparaitre le temps. Il lui avait dit un jour que l'on ne commence à vraiment vivre les choses que quand le temps disparait. Il avait sans doute raison. Ce matin, il comprenait que l'amitié était plus qu'une libération, une autorisation à être soi, enfin, ce soulagement de pouvoir ôter les masques, de cesser les faux semblants. Quand la marionnette humaine reprend vie durablement, l'amitié n'est pas loin, oui! mais ce n'était pas que cela. Lui parler, le libérait d'un trop plein, de cet excès de soi qui étrangement nous aveugle sur qui nous sommes et ce que nous voulons et devons faire. C'était peut-être aussi tout simplement parce qu'il lui faisait confiance pour lui rappeler ses essentiels ou plutôt peut-être parce que la connaissance intime que son ami avait de lui l'aidait à mieux discerner ce qui dans ses préoccupations du moment était secondaire de ce qui constituait "sa statue intérieure" pour reprendre les mots de François Jacob. Peut-être son ami le connaissait dans le fond mieux qu'il ne se connaissait lui même. Il n'avait jamais envisagé cela jusqu'à présent mais l'idée lui plaisait. Nous sommes souvent brouillés avec nous même par ce que le présent charrie avec lui de graves ou de futiles. L'ami qui nous connait ne subit pas cet aveuglement permanent. Un ami en qui l'on a confiance est une seconde conscience, une formidable chance, pour soi et pour les autres. C'est peut-être pour cette raison que les rois et les empereurs sont si souvent devenus fous. On peut penser qu'ils se grisent de leur toute puissance et en veulent toujours plus comme des moteurs qui s'emballent jusqu'à l'explosion. Si les grecs nous ont averti avec tant s'insistance sur l'ubris: l' excès, l'arrogance, c'est parce qu'ils craignaient la folie des tyrans. "Le roi est nu" dit on quand le roi est secrètement découvert à son insu. En fait, c'est de ne jamais pouvoir être nu qui est peut-être le drame des rois. Enfant, on pense que les rois, tout puissants, peuvent avoir tout ce qu'ils désirent. En grandissant, on comprend qu'ils ont aussi parfois des responsabilités. Et puis, un peu plus tard on saisait que les joies d'une véritable amitié sont presque interdites à un roi. Un roi par sa naissance est condamné à perpétué à vivre sous le joug de sa seule conscience. Personne n'ose dire à un roi ses quatre vérités. Et à qui le roi peut il livrer ses pensées sans crainte d'être manipulé? Avec qui un empereur peut-il parler sur un pied d'égalité? Paradoxalement, avec l'homme qui règne sur le pays voisin, souvent ennemi. Mais tout roi sait que pour vaincre son ennemi, le connaitre est une voie redoutable, alors comment faire confiance ? Il se dit qu'il avait de la chance de ne pas être un roi. Et très naivement, il souhaita que tous les puissants du monde puissent goûter aux joies et aux vertus de l'amitié.

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    Quand j'étais jeune je me cherchais dans les livres et je flânais d'étal en étal prenant l'air frais du matin goûtant les ponts de brumes ivres ruminant les pensées précises d'un ciel vert rien ne me retenait à la douceur de vivre j'allais confiant en ma propre tristesse vers les pages blanches du temps que je croyais suivre aux berges de la Seine d'approchants hivers Mon corps tu me guidais comme un fleuve au cours libre toujours un peu devant moi gardant l'équilibre instable de ma vie au fil des vieux quartiers et maintenant je me retourne mon cœur vibre j'ai tant laissé de moi dans ces jardins altiers... Paris, mon amour... tous les lieux sont les derniers...

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  • 03/14/14--13:39: Ville par BARDAMU
  • Une ville fardée vieillie qui penche Qui joue de l’œil et de la hanche Pour se tromper sois même Et planquer ses rues blêmes Ma ville a tant souffert Ma ville a ses enfants derrière ses grilles en fer Fiévreux et fières Ma ville a ses enfants qui lui crachent au parterre Ma ville est sans manières Blasée elle retrousse ses ruines ses maisons Ses écoles sa mairie ses prisons Ses enfants se libèrent Ma ville à ses mystères ..... Et autour de la terre Ses enfants font la paire... Sans gueules d'atmosphère Ma ville manque d’air Elle allumera bientôt toutes ses belles lumières Et bercera les hommes de chants pétrolifères Enfumage des cadences ouvrières La nuit ma ville sait y faire Pour embaucher de grand apothicaire Sur sa peau noire Chewing-gum Qui colle aux pieds des hommes Ma ville est somnifère…

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    C’est un cardinal français qui l’a dit à la planète entière à vingt heures douze : « Annuntio vobis gaudium magnum ; habemus papam : Eminentissimum ac Reverendissimum Dominum, Dominum Georgium Marium, Sanctae Romanae Ecclesiae Cardinalem Bergoglio, qui sibi nomem imposuit Franciscum ». T’as vu ? Le pape a un an. C’est un pape anti-élyséen. C’est-à-dire, qui est très très populaire. Il rassemble les gens. Même ceux qui ne croient pas en lui. Moi, je l’aime bien, cet homme. Il respire la confiance et la foi. Lui-même semble aimer les gens. Cela se lit sur son visage. Je ne dis pas que ceux qui ne sourient pas ne sont pas aimant. Mais ceux qui sourient, à l’évidence, sont aimables. Il a fallu attendre un peu plus d’un jour avant de connaître le successeur de Benoît XVI. Malgré les nouvelles technologies, on ne saura pas grand chose du conclave mais nul doute qu’il y aura plein de fuites au prochain conclave : même au conseil des ministres, c’est déjà la fuite. C’est une question de technologie. Donc, le 13 mars 2013, une fumée blanche sort de la chapelle Sixtine (quelle modernité !) à dix-neuf heures six. Jorge Mario Bergoglio enfile le grand modèle du costume blanc (il y en a trois dans le placard, un petit, un moyen et un grand) et avant de sortir au balcon, il doit choisir son nom. Son collègue de Sao Paulo, cardinal Claudio Hummes, lui lance : « Et n’oublie pas les pauvres ! ». Du coup, il choisit saint François d’Assise, le saint des pauvres, symbole de paix, qui est venu dans son cœur naturellement. Ni Adrien, ni Clément. Messiaen avait joué avec cet écologisme religieux. Saint François « nous enseigne le respect profond de toute la création et de la protection de notre environnement que trop souvent, même si cela est parfois pour le bien, nous exploitons avec avidité, au détriment d’autrui ». Ce sont les mots du pape fin mars 2013 et plus tard, le 14 janvier 2014, il dit : « Dieu pardonne parfois, nous pardonnons parfois, mais lorsque la création est maltraitée, elle ne pardonne jamais ». Une encyclique est même en préparation sur l’écologie de l’humanité, annoncée par… le Président français en audience au Vatican le 24 janvier 2014. Petit télégraphiste. Sa première déclaration au balcon est très simple et pleine d’humanité. Noël au balcon, Pâques au tison. Euh, non, ce n’est pas cela. Avant la bénédiction urbi et orbi qui clôt traditionnellement les déclarations pontificales, François dit un petit truc anodin : « Et maintenant, je voudrais donner la bénédiction, mais auparavant, auparavant, je vous demande une faveur : avant que l’Évêque bénisse le peuple, je vous demande de prier le Seigneur afin qu’Il me bénisse. La prière du peuple, demandant la Bénédiction pour son Évêque. Faisons cette prière en silence de vous tous sur moi ». Après cette prière puis la bénédiction, il s’en va sur ce mots : « Frères et sœurs, je vous laisse. Grand merci de votre accueil. Priez pour moi et à bientôt ! Nous nous reverrons rapidement. (…) Bonne nuit et bon repos ! ». « Priez pour moi ! » C’est dit en langage clair et direct, sans fioriture et finalement, accompagné d’une très grande humilité. Sans le peuple de Rome, le pape n’est rien. Sans les autres, on est rien. Rien du tout. C’est un peu le principe de la communion. Le recteur de l’université catholique de Lille, qui est aussi un prêtre, le rappelait le 23 février 2014 sur la chaîne parlementaire, dans l’émission "Grand écran", en lui demandant de continuer ce type de prière dans ce sens : « François, continue à nous demander de prier pour toi ! ». Alors, François, puisque c’est ton anniversaire, Je prie pour que tu me demandes de te prier de me demander de prier pour toi. Un pape noir ? http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=106755 http://www.vatican.va/holy_father/francesco/elezione/index_fr.htm

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    Thérèse Desqueyroux, En 1930, dans les Landes, une trés belle description des mariages arrangés aux seules fins de réunir les terrains et allier les familles. Thérèse est une jeune femme aux idées avant gardistes et ne respecte pas les conventions ancrées dans la Région. Elle est mariée par raison, sans amour, seule au sein du couple, étrangère à son mari, Thérèse se sent prisonnière, sa vie ne lui appartient plus. Thérèse a alors l'idée d'empoisonner son mari. Il faut comprendre dans son geste, plus un "appel au secours" vis à vis de son mari que l'acte en lui-même. D'ailleurs c'est inconsciemment qu'elle le commet. Son mari ne l'a jamais aimé ni jamais vraiment regardé. Pour sauver l'honneur de la famille et au nom des conventions, d'abord, il séquestre Thérèse mais sa santé se dégrade jusqu'à se laisser mourir. Par respect des convenances, il décide de lui rendre sa liberté et l'accompagne à Paris où il l'abandonne à elle-même sans remords ni regrets.

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    Sa maison est un capharnaüm d'objets dépareillés : on dirait qu’elle a rapporté de ses escales toute la culture du monde et qu'il en est resté ces bribes matérielles, chacune si belle, et si vibrante de vie... un oud de Turquie, des tablas d’Inde des flutes d'un peu partout... des batiks d'Indonésie, une icône peinte d'Arménie des patchworks du Rajasthan des statuettes dogons du Mali, des petites bouteilles de sable de toutes les couleurs, une infinie collection d’objets où que quand on le retourne, il y a la neige qui tombe. des twin towers où que quand on les retourne, il y a la neige qui tombe un chameau où que quand on le retourne, il y a la neige qui tombe un cocotier des Maldives où que quand on le retourne, il y a la neige qui tombe un bouddha où que quand on le retourne, il y a la neige qui tombe. La lumière ricoche sur toutes ces traces de migration. A chacune de mes visites chez elle, à chaque thé siroté, à chaque nuit d'étape sur ma route, s’ouvre un chant du monde où ma fascination se revigore. Dans sa caverne de baba béate, dans l'air vibrant de son humour décapant, des histoires flottent, elle raconte. Elle a remarqué que je semble toujours rêveur en regardant deux objets côte à côte. Deux petits cadres ornés de nacre, l’un avec une vieille photo d’elle dans les bras d’un homme dont on ne voit pas le visage, l’autre avec une vieille photo de moi tenant une femme dont on ne voit pas le visage. Ce jour-là, avec son éternel sourire, elle me dit : « On repart ? »

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    Ma beauté mon ennemie À la place des mots que nulle ne m’a écrits J’ai tracé le poème Ma sœur mon amie Ma solitude éblouit À la place des mains pour caresser mes nuits Ont neigé des diadèmes Mes couronnes de pluies Mon infante ma folie À la place des vents pour défricher la vie Souffle un songe bohème Ma musicienne ravie Mon émerveillée mon cri À la place des pas avec les miens unis Un rouge-gorge sème Au creux labour de mon désir Des mots mes graines d’infini.

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    Aujourd’hui c’est seconde fois depuis 1997 que des mesures de circulation alternée sont imposées. A l’époque je n’avais pas de bagnole, mais aujourd’hui , j’ai une bagnole, une bagnole comme tout le monde, pour faire les courses, pour aller à la campagne, pour aller travailler. Ma plaque, j’avais jamais prêté attention à ça auparavant, elle se termine par zéro. Zéro c’est rien, c’est le néant. Celui qui conduit une zéro si ça se trouve il existe même pas. Ne pas exister ça rend soudain plus léger, plus fluide. La preuve, j’ai mis dix minutes au lieu de 3 heures pour aller au boulot, je me suis faufilé partout, les autres semblaient ne pas me voir, j’ai pris des couloirs de bus rien que pour le plaisir. J’ai passé ma journée au bureau, à ne rien faire, ce qui donne toujours les mêmes résultats que lorsque que je travaille intensément. Maintenant que je sais que je n’existe pas, j’ai compris pourquoi. Le soir je suis rentré chez moi, j’ai embrassé ma femme et mes enfants qui n’existent pas, j’ai allumé la télé, regardé un programme débile qui m’a confirmé que je n’existais pas, je me suis endormi devant, j’ai passé une nuit sans rêve, sans cauchemar, sans rien. Ce matin je me suis réveillé devant la grille d’air chaud de l’Hippopotamus du coin de la place de la Bastille. J'ai remarqué un type qui m'a remarqué. Partait-il bosser avec un voiture un plaque qui se termine par zéro ? Sur le matelas qui git au niveau des pots d’échappements, ma femme et mes 3 enfants sont emmitouflés. Leurs yeux rougis, pic de pollution ou pas, sont encore fermés. Je n’ai aucun avenir, je crains que mes enfants non plus, je suis sale, j’ai la peau qui me gratte, j’ai mal partout, j’existe.

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    Nous vivons une époque formidable. Pas sûr que nous pourrons faire la fête sur la plage de Popivka durant la nuit avancée de l’été, mais nous vivons une époque formidable. Tu penses bien. Tu vois sous tes yeux une annexion d’une région européenne en quinze jours top chrono, net vendeur. C’est historique. C’est sans précédent. Tu penses bien, la dernière fois, c’était l’Anschluss. Ca ne se dit pas, ces choses-là. Et les accords de Munich... Le pauvre Daladier. Il croyait qu’il allait se faire lyncher en rentrant chez lui, et en quittant l’avion, il s’est finalement fait ovationner : « Les c*ns ! » résuma-t-il synthétiquement sa pensée… Alors, bon, c’est sûr, il y a l’histoire. La Crimée a toujours été russe. Enfin, toujours jusqu’en 1954. Ce ne sont pas les Ukrainiens qui ont demandé à Nikita de leur livrer la Crimée. Ils n’avaient rien demandé. C’est l’histoire. Mais si on reste dans l’histoire, Vladimir, tu penses bien qu’il va devoir foncer jusqu’à Kiev. C’était là, le premier État russe. À Kiev. Pas à Moscou. Ni à Saint-Pétersbourg. À ce compte-là, la Russie pourrait aussi garder ses frontières du 9 mai 1945. Et la légitimité populaire ? Ah, voilà le grand mot. Le référendum ! Décidé …en quinze jours ! Super pour faire ta campagne. Au moins, tu as le temps de fabriquer tes petits drapeaux russes, c’est sympa. Le plus rigolo, ce sont tous ces soldats armés. Tu ne sais pas s’ils sont russes (officiellement, indéterminés), mais ils sont là, bien présents, avec l’arme au poignet. Tu serais un militaire ukrainien, ils te diraient de rester tranquillement à récurer les toilettes de ta caserne. Tu ne t’inquiéterais pas, ils penseraient à tout, ils te fourniraient en papier toilette. Ils ne sont pas comme ça, ce ne sont pas des diables. Et puis, qu’est-ce que tu as à t’inquiéter ? Aucune goutte de sang. Pas un seul blessé. Pour l’instant. C’est sûr, pour écouter les informations, tu n’as plus que la version russe. La télévision ukrainienne a le mal du pays, elle a rendu l’âme. Franchement, tu interroges un mec au fond de l’Arkansas, tu lui dis : bouh, les Ukrainiens n’ont qu’une télé russe, on te regarde avec des gros yeux, style BigMac explosé. Déjà, savoir où se trouve l’Ukraine. Ensuite, faire la différence entre l’ukrainien et le russe. Trop savant, tout ça. Bon, et puis tu as la question. Elle est sympa la question. Elle est jolie. On te demande : tu veux que ta Crimée soit russe aujourd’hui ou qu’elle soit russe demain ? Tu vois, c’est hyperdémocratique. Tu peux aller aux urnes sous la vigilance bienveillante de tous ces militaires anonymes. Tu es bien protégé. C’est important la sécurité. Il faut être sécurisé dans un pays démocratique. Pas de liberté sans sécurité. Tu peux aller répondre tranquillement à la question. Attention, c’est vrai, il te manque la mention : J’veux rester ukrainien, mais franchement, tu veux vraiment rester dans un pays fasciste, extrémiste où sont au pouvoir plein de méchants qui veulent manger du Russe ? Tu n’as aucun sens de l’intérêt des autres, toi. Aucun sens de la mesure. Du coup, dimanche 16 mars, ça te donne quatre-vingt-seize pourcents soixante-dix-sept. Là aussi, c’est surper. Et très subtil. Ce n’est pas quatre-vingt-dix-neuf pourcents comme autrefois. Non, quatre-vingt-seize pourcents soixante-dix-sept. Seulement. Il y a quand même trois pourcents vingt-trois qui sont un peu lents. Ils préfèrent prendre le temps. Ils préfèrent réfléchir un peu. Bon, il paraît qu’ils sont déjà en route pour la Sibérie. Nan, pas dans un goulag, juste pour visiter leur nouveau pays, voyons ! Tiens, donc, ce lundi, tu devrais avoir une demande officielle. Puisque mon peuple veut russoyer, je te demande officiellement mon rattachement à toi, ô grande Russie ! ô beau Vladi. Tu penses bien que Vladimir va être rouge de confusion. Lui, le macho karateka, comment peut-il laisser la gonzesse faire elle-même tout le boulot, la demande en mariage ? La Douma va d’ailleurs se prononcer. Démocratiquement. Elle va dire oui. Parce que dans ce pays, tout est impeccable. Le peuple, les parlementaires, tout le monde a la parole. Même les kalach. Au cas où. Bon, c’est vrai, tu vas te retrouver dans une tragédie typique des Grecs. Le père de la mariée n’a pas eu son mot à dire. À peine au courant, qu’il est. Il est fâché. Normal. Il réfléchit sur quoi faire. Vladimir vient de signer un décret reconnaissant l'entière liberté de mademoiselle Crimée. Super. Monsieur Kiev n’est pas content. Il a plein de copains avec lui. Et qui en ont des aussi grosses que Vladi. Mais va-t-il se bagarrer ? Car le problème, c’est que si tu transposes l’opération en France… Admettons, l’Alsace (oui, je prends exprès). Le conseil régional d’Alsace se réunit et annonce la couleur : j’veux devenir allemand. D’ailleurs, l’histoire… Heureusement, les soldats allemands avaient bien protégé les conseillers régionaux, sait-on-jamais. Puis, le conseil régional t’annonce un référendum pour dans deux semaines, comme ça. Tu passes trois ans à faire ta campagne électorale et là, hop ! c’est la Blitzkrieg ! Chut, il faut pas le dire, ça godwine sinon. La question, un truc comme : Veux-tu que l’Alsace soit allemande au 1er avril 2014 ou au 1er mai 2014 ? Toi, si tu veux rester français, tu restes chez toi. Ou plutôt, tu as intérêt à déménager. Comme en 70 ! Dommage que mémé ne soit plus là pour me raconter ! C’est là tout le problème de ce qui se passe aujourd’hui en Crimée. Si la presqu’île est essentiellement russe, elle est officiellement ukrainienne et les règles du droit international, c’est qu’il y ait accord entre la Russie, la Crimée mais aussi l’Ukraine pour qu’il y ait ce transfert de souveraineté. La constitution ukrainienne bafouée ? Le droit international bafoué ? Le contrôle des urnes par des militaires russes ? La diffusion interdite de la télévision ukrainienne ? Pfff ! Tu exagères, franchement ! La démocratie, je te dis, le peuple a parlé ! Comment peut-on douter de la sincérité et de la liberté d’un vote qui va dans le bon sens, voyons ? Là, c’est vraiment fait avec les gros sabots (lorrains). Pas très subtil, le Vladimir, mais efficace, hyper efficace. Enfin, pas du tout subtil. Il te prend pour un gogo. Adolf aussi nous prenait pour des gogos. Ca comme par l'Autriche. Puis la Tchécoslovaquie. Enfin la Pologne. La Pologne. Justement la prochaine après l'Ukraine. Que va dire la Biélorussie ? Qu'en dit Loukachenko qui voulait lui-même annexer la Russie et prendre la place de Vladimir ? Au fait. La différence avec l’Alsace ? C’est que l’Ukraine n’a pas d’accord d’alliance en cas d’agression extérieure. C’est peut-être là, le véritable enjeu. Une course contre la montre. Entre l’annexion de fait de la Crimée à la Russie et la signature d’un accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne. La signature doit intervenir le 21 mars. Vendredi. À partir de cette date, peut-être que l’Ukraine sera en droit de demander une aide en cas d’agression extérieure. Peut-être puisque c’est toujours en négo. La Crimée sera-t-elle intégrée à la Russie avant ou après cette date ? Malgré un pays de bureaucratie très longue parfois (essaie de faire des paperasses en Russie, il y a de quoi s’arracher les cheveux et même apprécier la diligence des fonctionnaires français), la Russie pourrait faire très vite. Lundi, mademoiselle Crimée demande officiellement à monsieur Vladimir sa main. Mardi, madame Douma, mère de Vladimir, dit ok. Mercredi, Vladimir se fait beau. Jeudi, Vladimir et Crimée se marient. Vendredi, monsieur Kiev se marie avec madame Europe. Karamba ! Trop tard ! NB. Plus fort que la musique : l'accord de rattachement de la Crimée à la Russie a été signé le mardi 18 mars 2014 par le tsar Vladimir. Épisodes précédents : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=109530 http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=109580 http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=109594

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    Je ne sais pas si vous avez eu l’information, mais elle a fait exploser les considérations de tout genre sur l’état actuel de la science. La principale indication, ce n’était d’ailleurs pas son contenu mais l’idée que cela pourrait valoir un prix Nobel, comme si c’était suffisant pour s’extasier (c’est vrai quoi, il y en a un voire plusieurs tous les ans, pas de quoi non plus s’arracher le cœur). Le problème, avec ce genre d’information, c’est que les journalistes qui essaient de retranscrire la chose sont parfaitement ignorants du domaine et cherchent donc à coller au plus près avec les déclarations des scientifiques qui annoncent ou qui commentent. Tout provient d'un petit article dans "Nature" publié sur Internet et d'une conférence prononcée le lundi 17 mars 2014 après-midi : "Telescope captures view of gravitational waves : images of the infant Universe reveal evidence for rapid inflation after the Big Bang" dans le volume 507, pages 281 à 283, daté du 20 mars 2014. Le lien est ici et accessible au tout venant (même au non abonné) : http://www.nature.com/news/how-astronomers-saw-gravitational-waves-from-the-big-bang-1.14885 L’article commence par une jolie photo avec cette légende : « The Bicep2 instrument at the South Pole has detected signs of ripples from the Universe’s first moments ». En gros, l’article explique que le radiotélescope Bicep2, opérationnel depuis novembre 2009, a réussi à capter, dans l’Antarctique, les soubresauts de la création originelle de l’univers. Ou plus exactement, les ondes gravitationnelles primordiales consécutives au fameux Big Bang. Au moment de ce qu’on appelle l’inflation cosmique (très forte et rapide expansion de la matière). C’est une équipe internationale dirigée par John Kovac qui a fait la découverte. En clair, ce qui a été observé, c’est un résidu du tremblement du cosmos pendant la première pouillième seconde après l’instant zéro, le zéro absolu du temps, le Big Bang, détecté à partir d’un rayonnement émis trois cent quatre-vingt mille ans après. Ce sont des tremblements très diffus qui ont été produits en même temps que l’énergie se transformait en matière avec une très forte accélération (énergie égale masse multipliée par la vitesse de la lumière dans le vide au carré, la fameuse équation d’Einstein). Ces petites ondes diffuses ont été prédites par la théorie de la relativité générale en 1915. Il y a presque un siècle ! Jusqu’à maintenant, les astrophysiciens n’avaient pu les observer que de manière indirecte, en étudiant des couples de trous noirs ou à coups d’étoiles à neutrons. Ce qui est nouveau, c’est qu’on vient donc de les détecter de manière directe, ces ondes proviennent, réellement, du Big Bang et parviennent jusqu’à nous maintenant parce qu’elles étaient très éloignées. Bien sûr, cette découverte n’est pas suffisante pour sabler (sabrer) le champagne. Il faut une confirmation par d’autres moyens d’observation, comme le télescope spatial européen Planck dont l’équipe a assuré qu’elle publierait en automne 2014 ses propres observations sur l’ensemble du ciel (alors que Bicep2 n’a observé que 1% du ciel). La localisation du télescope au Pôle Sud n’est pas anodine ; elle permet de pointer vers le "sud" de la Voie lactée, notre galaxie, et de réduire au maximum (mais pas complètement, d’où la nécessité de faire ensuite des corrections) la pollution en micro-ondes des poussières, gaz et étoiles de notre galaxie (qui émettent à peu près aux mêmes longueurs d’onde que le rayonnement fossile). Les corrections peuvent se réaliser à partir des observations déjà faites par le télescope Planck sur les poussières de la galaxie. En fait, les chercheurs du télescope Planck sont un peu amers par cette découverte car ceux de Bicep2 n'ont pas présenté de résultats très "propres" (il y a encore des corrections à apporter ; en d'autres termes, le travail a été bâclé) et ceux de Planck auraient voulu, eux aussi, être à l'origine de la découverte (c'est une course de vitesse). Ils ne seront que ceux qui confirmeront la découverte, pas les découvreurs... Cette observation de Bicep2 reste cependant exceptionnelle dans l’histoire de la science et signifie un certain nombre de choses. D’une part, les prédictions d’Einstein sur ces ondes sont exactes et confirmées. Encore une fois, Einstein, par le calcul et son puissant modèle, a pu comprendre les lois de l’univers sans les outils d’observation très sophistiqués et très puissants mis aujourd’hui à la disposition des chercheurs. Cela confirme aussi les prédictions du physicien théoricien Alan Guth (du MIT, Massachusetts Institute of Technology) qu’il avait proposées dès 1980 : « This is a totally new, independent piece of cosmological evidence that the inflationary picture fits together ». Il avait ainsi émis le fait que le cosmos s’était étendu avec un taux exponentiel pendant les quelques premières dizaines de billionnième de billionnième de billionnième de seconde après le Big Bang (soit environ dix puissance moins trente-cinq seconde, un un derrière trente-cinq zéro après la virgule). De plus, cela renforce la complémentarité entre la relativité générale et la physique quantique. Ces ondes gravitationnelles découvertes ont été provoquées par la polarisation des photons lors de cette inflation cosmique et libérées trois cent quatre-vingt mille années après lors de la formation des atomes. Le refroidissement par l’expansion et la dilution de l’univers a permis la capture des électrons par les protons, ainsi que l’émission d’un rayonnement fossile de l’ordre des micro-ondes. D. Hanson et al., "Detection of B-mode polarization in the cosmic microwave background with data from the South Pole telescope", Phys. Rev. Lett. 111, 141301, publié le 30 septembre 2013. http://dx.doi.org/10.1103/PhysRevLett.111.141301 Petit retour personnel sur la polarisation du vide : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=89503 D’autre part, cela permet de mieux dater le Big Bang puisqu’on a un témoignage patent de celui-ci. Mieux dater et, avant tout, c’est le principal, confirmer son existence. L’expansion de l’univers à cette époque était gigantesque. L’univers date avec ces mesures de treize milliards huit cent millions d’années. Enfin, d’un point de vue intellectuel, cette observation va permettre d’approfondir un peu plus la théorie sur le Big Bang et en observant bien la cartographie des ondes détectées, cela va permettre d’éliminer une très grande partie des spéculations intellectuelles oiseuses associées au Big Bang. Les frères Vokdaboff (surtout, ne prononcez pas leur nom exact dans ce com’, c’est sous observation google) n’ont plus qu’à aller se rhabiller ! Nous vivons une époque vraiment formidable. Les découvertes décisives se multiplient, en ce moment, pour confirmer la théorie. Higgs : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=108380 Après la découverte du boson de Higgs, la détection de l’inflation cosmique est un élément majeur dans la compréhension des premiers instants de l’univers. Un peu comme lorsqu’on retrouve, à soixante ans passés, un cliché d’échographie lorsqu’on était dans le ventre de sa mère… De quoi fondre en larmes. Les ondes observées : http://lc.cx/GZM La tête de John Kovac : http://goo.gl/aTQEpT

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    Dans le silence du temps .... Le jour semble long Et les phrases sont à l'abandon. Le soleil est présent, Mais du coeur il est absent. La nuit s'égrène, Le vide coule dans les veines La lune s'efface Et les voiles restent de glace. Rien ne danse, Rien ne chante, Tout s'arrête en cette absence. Et les mots s'évaporent dans le silence... Bruissement timide des limbes de vie Qu'on entend dans la campagne à l'envi... Vauclair_2014_03_18 Pensées délicates inspirées par ces pierres douées de mémoire et auprès desquelles les voiles d'une Muse se devinent secrètement ....

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    Conciliabules d'une Muse,d'une Princesse,d'une Femme.... Dans un discret jardin Aux couleurs printanières, Parmi les herbes folles Un corps alangui paresse. Et le soleil le caresse, A travers ses voiles légers Qui laissent par endroit Sa peau dénudée. La bouche framboisée Sourit sous la chaleur, En pensant à l'amant Qui pourrait se pencher Et goûter son baiser fruité. Une brise légère dévoile Un sein au teint laiteux, Qui frémit sous l'effleurement, Tel celui des doigts de l'amant, Léger , doux, amoureux... Imaginant les arabesques Par les mains dessinées, Tout au long de ses courbes, Ce corps se remplit d'envies Et de désirs ardents, Telle une fleur naissante Désireuse d'eau fraîche Pour éclore plus belle. Viendra-t-il cet amant, Ce jardinier attentionné Prendre soin de cette fleur Qui l'attend et l'espère.... Chemin_Des_Dames_2014_03_17

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  • 03/20/14--14:00: fascination par Magic one
  • C'est le printemps alors.... Coquillage rosé, aux lèvres carmin, il est le centre des couleurs. Secrètement caché sous un satin diaphane, Du rose le plus pâle au plus vif vermillon. Il est là, source de nuances, attirant, Prêt à se montrer, impudique, à la douceur des yeux aimés. Bouton de rose, tendu, prêt à éclore, il est le centre du désir. Douillettement pointé entre deux lèvres dodues, De l’audace, ou du plus total secret il va à la plus folle exubérance. Il est là, source de plaisir, frémissant, Prêt à se dresser, héroïque à la douceur des doigts aimants. Fleur vénéneuse, aux senteurs enivrantes, il est le centre des senteurs. Langoureusement lové entre des jambes sculptées, Des odeurs, de jasmin le plus léger aux plus lourdes flagrances. Il est là, source de parfum, envoûtant, Prêt à embaumer, magique, pour le bonheur des sens. Friandise sucrée, aux contours moelleux, il est le centre des saveurs. Discrètement couché sous sa toison dorée, Son goût, du nectar le plus doux au plus vif piment. Il est là là, source de sel, exhalant, Prêt à s’offrir, bucolique, à la douceur de la bouche qui le touche. Fourreau d’amour, écrin divin, il est le centre de l'amour. Amoureusement creusé dans un ventre plat, La moiteur, de la rosée la plus légère au plus torride orage. Il est là, source de plaisir, éclatant, Prêt à s’ouvrir, extatique, à la raideur d’un désir. Convulsé de folie, dans l’extrême plaisir offert, Des mains accrochées à des reins, dans l’exquise extase de l’abandon Dans les regards rivés, dans les larmes dorées aperçues, du bonheur A l’harmonie de la vue, à la musique des paroles, à la mélodie du plaisir l’ esprit sera comblé.

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  • 03/21/14--18:00: Caramba. par Zigzagone
  • Peret : Que levante el dedo. Quelque part entre Jerez - pas le terremoto - et Tijuana, aux confins du gitano et du chicano, des airs à se danser parmi, une espèce de flamencorazon : ça swingue suave, ça mixe moelleux. Y a des trémolos dans les chœurs, du très mollo dans le macho. On mâche un caramba; on apprend les femmes (Ella es asi), leur perfidie (Para olvidarla), la sagesse (La fama no me cambiara),le slow tangoté (Que voy a hacer), les dissonances (Xavi). On sait plus ce qu'on apprend. On fait de la rétention de joies. C'est comment qu'on draine ?

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    Un trajet en RER, rapide pour une fois, mais j’étais malheureusement entouré de deux zigotos, des "djeunes" d’origine indéterminée, et surtout, à la langue indéterminée, je pencherais pour de l’indonésien, je n’avais rien contre eux mais les effluves d’aisselles de fin de journée plus la bière vitaminée plus des chips en forme de petits cornets dont le quart est tombé sur mes genoux, cela me donnait une idée très irrespirable de la promiscuité. La correspondance avec le très moderne tramway qui borde le périphérique n’était pas meilleure : la ligne est désormais complètement saturée, un peu comme la ligne treize du métro. Du coup, compression de genre boîte de sardines, et une malheureuse femme a quand même réussi à y mettre sa large poussette (quelle ambitieuse !). Pendant tout le trajet, particulièrement chaotique (les chauffeurs de tramways aiment bien les manèges pour enfants), j’ai eu droit à un bras juste au niveau de mon cou, parfois jouant le rôle de guillotine à l’occasion d’un arrêt (toujours brusque), me faisant par ailleurs bénéficier de la fraîcheur d’une aisselle de fin de journée (bis). J’ai pu déceler à l’occasion que le bras et l’aisselle appartenaient à un monsieur aux cheveux blancs un peu en bataille arborant un joli badge de l’union des poètes. Du coup, je me suis dit qu’il allait à la même destination que moi. Porte de Versailles à Paris. J’étais un peu en retard. Il était 17h56 aux portes du parc des expositions. Pas de queue, c’était déjà cela. Pas mal de policiers et d’autres personnes de sécurité. Mais, à mon grand étonnement, aucune fouille, aucune vérification de rien du tout. J’aurais eu dans mon sac un couteau ou un revolver qu’ils seraient passés inaperçus. Heureusement, j’avais mon précieux carton d’invitation. Un sésame nécessaire (quand j’étais parti, je l’avais oublié parce que j’avais changé de veste, mais je m’en étais aperçu à temps, ouf). Pas de quoi pavoiser quand j’ai vu les milliers de personnes déjà à l’intérieur. Ce jeudi 20 mars 2014, c’était l’inauguration du trente-quatrième Salon du Livre de Paris. L’édition 2014 donc, qui est ouverte du vendredi 21 au lundi 24 mars 2014. Et ce jeudi soir-là, donc. Pour cette année, le pays à l’honneur est l’Argentine et la ville à l’honneur est Shanghai. Je suis toujours étonné de cette conception (originale) de mettre un pays et une ville du monde à l’honneur. Un moyen de multiplier par deux les manifestations et échanges culturels. J’imagine le boulot que ça sous-tend. Première opération, donc, se dévêtir (car il faisait très chaud) et chiper un plan des stands (sans localisation des toilettes) et la petite sélection des nombreuses manifestations qui s’y dérouleraient. Je dois bien avouer que l’orientation n’est pas mon fort et que les indications sont fort mal faites pour s’y retrouver. Les lettres, les nombres, comme damier pour se localiser, sont très mal indiqués, comme d’habitude. J’ai donc laissé mon sonar intérieur me guider secrètement. En fait de sonar, c’était le bruit et la foule qui m’ont attiré. À 17h58, je me suis retrouvé au grand stand de l’Argentine. Une table derrière laquelle étaient assises cinq personnes bien habillées faisait face à une foule d’une ou deux centaines de personnes maniant des petits appareils photos, des smartphones, et même d’énormes caméras avec micro perché. Certains levaient même leur tablette électronique pour prendre des photos, bousillant le reportage d’une ou de deux chaînes de télévision. Au début, je n’avais pas vu grand chose. J’avais réussi à m’insérer au milieu de la foule, mais impossible de m’avancer plus près. Grâce à l’agitation (avec cris à consonance espagnole) des personnes devant moi, j’ai pu quand même découvrir l’orateur dont la voix ne m’était pas inconnue : Jean-Marc Ayrault, le Premier Ministre de la France, parlait assis, lisant et peut-être découvrant en même temps que moi son discours, rappelant les liens qui unissaient la France et l’Argentine, les cinquante ans de partenariats culturels et scientifiques. A priori, le discours devait commencer à 17h30 mais je doute qu’il ait duré aussi longtemps. Du soporifique classique. Jean-Marc Ayrault : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=105063 Ayrault semblait particulièrement épuisé, les cernes pendantes, sans doute entre deux meetings de campagne et la gestion du pays. Je l’ai beaucoup observé. Il y a quand même une grande chance pour que cet état ne soit pas permanent. Peut-être que dans dix jours, monsieur rendra son tablier, par nécessité institutionnelle ou électorale… Mais la plupart de mes voisins se moquaient bien de l’ancien maire de Nantes. Ils n’avaient d’yeux que pour sa voisine. Une dame charmante. Elle a pris la parole à 18h05. En espagnol. Je n’ai donc rien compris. Sauf les mots approchant du français. J’ai remarqué par la suite qu’il y avait deux traducteurs uniquement pour des oreilles ministérielles. La dame était entourée, à sa gauche, de Jean-Marc Ayrault, et à sa droite, d’Aurélie Filippetti, la ministre de la culture et de la communication. La dame, c’était Cristina Fernandez de Kirchner, Présidente de la République d’Argentine depuis le 10 décembre 2007 (officiellement "Présidente de la Nation argentine"). Elle a soixante et un ans, a été élue le 28 octobre 2007 et réélue le 23 octobre 2011. Avocate, elle avait succédé à Nestor Kirchner (1950-2010), son mari, Président du 25 mai 2003 au 10 décembre 2007. Visiblement, Cristina est une femme qui a un très fort charisme. Beaucoup l’applaudissaient sans cesse. Elle a évoqué Peron dans son allocution, ainsi que Mafalda, héroïne de bandes dessinées argentines, qui a fêté ses cinquante ans cette année. « Mafalda a du caractère (…). Son objet préféré est sa mappemonde : elle voit en elle une représentation du monde, monde qu’elle juge malade. Elle a une aversion viscérale pour la soupe et raffole de la meringue » (wikipédia). Dommage que je ne l’ai pas connue étant petit. Je me serais bien amusé avec elle. Je ne la connaissais que de vue. Le discours s’est terminé à 18h21. Tout le monde s’est levé. Ce fut la cohue. Cristina a embrassé Jean-Marc. Beaucoup de gardes du corps, mais aussi beaucoup de contacts avec les gens. Visiblement, beaucoup d’Argentins résidant à Paris. Jean-Marc Ayrault et la reine Cristina sont allés dans le stand limitrophe pour voir des dessins humoristiques argentins. Ayrault s’est éclipsé très vite tandis que Cristina est restée faire quelques photos avec le public, une fillette était là, tout impressionnée de l’honneur qui lui était fait, etc. Puis, à 18h28, Cristina s’est hissée dans la petite voiture du Salon. Vous savez, les voiturettes pour le golf ou dans un camping pour aller d’un bungalow à l’autre. Pourquoi une voiturette et pas un peu de marche jusqu’à la sortie ? Je ne le sais pas. Cela a duré aussi longtemps qu’à pieds. D’ailleurs, elle était suivie par tous ses admirateurs jusqu’à la sortie du grand hall donnant sur la rue empruntée par les VIP. Là, une grosse voiture française l’attendait, avec un petit drapeau argentin sur le capot. Encore une petite séquence de dédicaces et de photos pour ses admirateurs. Puis, grand sourire, elle s’est enfournée dans l’automobile qui a quitté les lieux à 18h35, suivie de quatre ou cinq autres voitures officielles. Alors qu’elle n’est pas loin de la fin de son second mandat, je ne savais pas qu’elle était aussi populaire dans son pays. Question sécurité, comme j’expliquais plus tôt, je me suis retrouvé à plusieurs reprises très près d’elle et j’aurais pu sortir de mon sac n’importe quelle arme de destruction massive (des croquettes maléfiques par exemple). Cette agitation passée, je suis allé donc un peu au hasard des stands visiter le Salon (en gros, tous les stands en étaient à l’apéro, pour se goinfrer avec leurs invités). Il y avait beaucoup de monde un peu partout et ça arrivait en permanence. Mais je me suis retrouvé très vite au stand de la Fnac, à 18h42, où il y avait une autre inauguration. Il y avait l’Argentine mais aussi Shanghai : « Charmes de Shanghai, splendeurs de Chine ». Là, les officiels étaient de rang inférieur. Je suis arrivé juste quand l’ambassadeur de Chine à Paris a commencé à prendre la parole. Un ton monocorde particulièrement ennuyeux (et inaudible), doublé par une jeune et jolie traductrice qui lisait sa traduction. Je me croyais dans un compte-rendu d’un congrès du parti communiste chinois. Cependant, il disait des trucs plaisants, que chaque nouvel échange culturel entre la Chine et la France était enrichissant, et qu’il fallait multiplier ces occasions. Le public était beaucoup moins dense qu’avec Cristina. Essentiellement des journalistes chinois ou des Chinois résidant en France (apparemment). Je n’avais pas trop de souci pour atteindre le premier rang. Derrière l’ambassadeur, il y avait deux autres officiels chinois, dont sans doute (si j’ai bien compris), l’un des responsables de Shanghai. Cela n’avait l’air de rien, mais cela correspondait à une personnalité politique très influente en Chine. (Hélas, je n’ai pas retenu les noms). Et puis, il y avait le seul officiel français à la manifestation, un visage qui ne m’était pas inconnu et qui a l’habitude du Salon du Livre, à savoir l’ancien ministre (bien oublié) Xavier Darcos, en tant que président de l’Institut français. Ce dernier a pris la parole à 18h50. Ce n’était pas plus percutant que le précédent orateur. J’avoue ne pas avoir tenu plus de deux minutes supplémentaires. Du blabla conventionnel. Pourtant, Darcos semblait un peu stressé ; derrière l’ambassadeur qui blablatait, il révisait ses notes. À 18h53, je suis passé au stand de la littérature russe, toujours présent au Salon depuis quelques années. Un peu plus tard, j’ai vu qu’il y avait aussi un stand, beaucoup plus petit et éloigné (hasard…), d’un éditeur ukrainien : "Open Ukraine" (stand U77). Encore du bruit à 18h55, des acclamations et, attiré par la lumière, je me suis dirigé vers le stand des éditions du Québec pour quelques minutes. Là, une assistance qui applaudissait, et quelques écrivains. Au micro qu’elle venait de prendre, une personne très grande qui ne m’était pas inconnue, Dany Laferrière parlait des écrivains canadiens. Je savais que c’était le stand où il fallait parler du Québec, mais c’était amusant de voir que cet écrivain revendiquait sa québéquitude (le mot est de moi). Assez modeste, pas un mot, ni de lui, ni des organisateurs, sur sa récente élection à l’Académie française (le 12 décembre 2013). L’animateur a ensuite repris le micro et a rappelé qu’il y avait aussi un prix Québec-France pour récompenser des Français s’enthousiasmant sur le Québec et a demandé à ceux qui ont été récompensés de lever la main. Dans l’assistance, le prix 2010 et le prix 2012 se sont signalés. Dany Laferrière : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=108891 Comme j’étais un peu perdu et que le plan ne m’était d’aucune aide, j’ai cherché (comme pour les puzzles) à retourner vers un bord. C’est là, à 19h08, que j’ai aperçu Joseph Joffo. Il était tout seul, assis sur sa petite chaise, derrière une petite table bleue sur son petit stand, toujours au même endroit, une année après l’autre. Habillé d’un pull bleu clair léger, le dos courbé, il s’ennuyait sec alors qu’autour de lui, ça rigolait et ça grignotait. Il va avoir dans quelques jours quatre-vingt-trois ans. Joseph Joffo : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=86548 J’ai découvert tout près de là, à 19h10, une exposition intéressante qui présente des planches de bandes dessinées avec pour thème la femme dans l’histoire. Il y a notamment du Claire Brétecher. J’y suis resté sept minutes. Peu de monde. Peu de planches aussi. Mon attention s’était portée sur "La Geste d’Aglaé" (éd. Misma) d’Anne Simon qui fait vivre une oie féministe qui tombe dans l’épluchage des patates (la planche des Océanides est assez rigolote sur l’amour classique). Aussi sur "Savoir vivre ou mourir" (éd. Les Échappés) de Catherine Meurisse qui met en scène une femme trouvant que seul Chirac sait saluer (avec un baisemain) alors les autres saluent avec une main tendue et l’autre dans la poche : « C’est de l’ordre de l’insoutenable » dit-elle en sautant de colère. Il y avait des planches un peu plus "sexuelles" comme "Démon du soir" (éd. Dargaud) de Florence Cestac, ou encore "Un petit goût de noisette" (éd. Dargaud) de Vanyda. Je suis passé ensuite devant le stand Haribo, si si, Haribo a un stand au Salon du Livre. Certes, près d’une crêperie, mais quand même, hihi ! En face, un énorme stand de la SNCF. Quasi-désert. Peut-être que les cheminots sont des amateurs de confiseries ? Puis, à 19h19, je suis tombé sur une chanteuse avec ses deux musiciens qui faisait sa (belle) prestation dans le (grand) stand de la littérature du bassin du Congo. Quand je suis repassé du même côté, à 19h27, Joseph Joffo, ankylosé, s’était levé pour se remuer un peu, comme dans un avion. Quelle tristesse de le voir dans cet ennui. Ses voisins de stand étaient sans compassion. Il y a pourtant une affiche en grand pour appâter le chaland : « Joffo, premier grand prix RTL » pour "Le carré d’as". Pendant sept minutes, à 19h29, je me suis retrouvé au stand des éditions du Monde. Il y a des numéros spéciaux (anciens) de Télérama et du Monde, sur Aragon, sur De Gaulle, sur Turner, sur Hopper, sur Dali, sur la Chine… J’ai résisté. Pourtant, une revue gratuite pour l’achat d’une autre. J’ai vu aussi des petits fascicules dans une collection particulière sur l’état du monde. Vingt tomes. J’ai entendu que la collection s’était arrêtée, dommage me disait-on dans l’oreille. Derrière moi, j’avais deux auteurs de ces livres. « Vous avez fait quel tome ? …Ah oui, moi, c’est… ». « Je ne sais pas s’ils ont mis Nasser dans les hommes du Vingtième Siècle »… Bride de conversation entre auteurs même pas cités dans la page de couverture. Il y a dans certains stands quelques bornes de lecture avec liseuse électronique, mais méfiance, j'ai arrêté tout de suite, car au centre, il y a une caméra qui semblerait filmer les mouvements des yeux pour les étudier... Pas envie d'être un cobaye sans en être averti. J’ai zigzagué du côté de l’entrée où le flux ne cessait toujours pas et à 20h05, j’ai enfin entrevu les abonnés du Salon, les fameux frères Tokbunoff, tout habillés en noir. Ils sont venus du côté de Grasset l’un après l’autre vers l’entrée, se sont fait happer par des touristes, ont accepté une photo d’un petit bonhomme entouré d’eux et sont repartis vers là d’où ils venaient. Pourquoi s’étaient-ils déplacés ? Ma seule réponse, pour se faire voir par les gens qui affluaient. Je ne vois aucune autre explication. J’ai poursuivi mon petit tour de reconnaissance. Beaucoup de monde dans les allées. À 20h16, j’ai croisé le physicien Étienne Klein, les cheveux toujours en bataille, le jeans négligeant avec une veste de chercheur sans souci de look. Je me suis très peu attardé à un stand de littérature pour la jeunesse, à 20h19. Les éditions Balivernes (j’aime bien le nom) proposaient plusieurs titres félins dont : "Le chat perlipopette". La foule faisait que ça venait de partout. Inutile de dire qu’il y avait un peu de tout. Des vieux beaux, de jolies jeunes filles très séduisantes, parfois avec des talents hauts avec lesquels une séance de Salon devrait éreinter les plus sportives. Oui, beaucoup de belles femmes dans les salons, en général, et en particulier (petit clin d’œil à l’amateur !). À 20h23, j’ai croisé aussi Cynthia Fleury, l’air plutôt soucieux et dynamique. Enfin, j’ai retrouvé deux stands qui ne me sont jamais indifférents : à 20h28, le stand du CNRS, quoique je ne trouvasse aucun nouveau livre intéressant, si ce n’est une biographie de Robespierre. Et à 20h35, j’étais au stand assez embouteillé d’Arte où j’ai quand même succombé à la tentation d’un dvd, le film "Les ailes du désir" de Wim Wenders. Ensuite, je me suis encore attardé devant des livres (bon, c’est un peu normal, hein). Ce qui est moins normal, c’est l’offre immense de bouquins. Comment avoir des lecteurs avec une telle production ? Bien sûr, c’est rassurant pour la création, pour la liberté, pour tout ce qu’on veut, mais comment choisir des nouveaux auteurs ? Au hasard ? par les libraires ? par des prescripteurs (de type pcc) ? Cela donne vraiment le vertige. Chaque fois que j’ouvre un bouquin dans ce Salon, je me dis : "c’est pas mal". Les contingences ne suivront jamais. Aux éditions du Pommier à 20h49, quelques livres scientifiques, un (ancien) qui explique bien la physique quantique : "Le Nouveau Monde de M. Tompkins" de George Gamow et Russell Stannard (éd. Le Pommier). À 20h58, j’ai demandé au stand du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) un gros badge en couleur "J’aime la géologie" et le rapport d’activité. Puis, tout près, je suis tombé sur le programme des "Rencontres des sciences". Programme dense mais aucun thème ne m’a vraiment alléché. À côté de moi, trois jeunes filles charmantes qui se goinfraient de petits fours (« T’as vu ? Elle s’est pris un énorme morceau de gâteau au chocolat »). Les Rencontres des sciences ont aussi un stand de livres et deux m’ont particulièrement plu à 21h00 : "Le grand roman de la physique quantique ; Einstein, Bohr… et le débat sur la nature de la réalité" de Manjit Kumar (éd. Lattès) qui raconte le très historique cinquième congrès Solvay réunissant tous les physiciens du monde à Bruxelles du 24 au 29 octobre 1927, congrès essentiel pour comprendre comment les idées se sont développées. Et puis, ce livre assez original "Datavision, mille et une informations essentielles et dérisoires à comprendre en un clin d’œil" de David McCandless (éd. Robert Laffont) qui présente beaucoup de données statistiques (surtout anglo-saxonnes) sur plein de sujets, comme, sous forme d’une spirale, les probabilités de chance de mourir… d’un arrêt cardiaque (un tiers), d’un cancer (un cinquième), etc. d’un accident d’avion (une chance sur trois cents et quelques), etc. et à la fin, d’une invasion d’extraterrestres, etc. Beaucoup d’humour et de vérité à la fois. Dernière étape au stand de FIP où une émission se produisait, l'interview de Bertrand Morisset, le commissaire général du Salon, qui expliquait pourquoi il mettait à l’honneur chaque année à la fois un pays et une ville. J’ai quitté le hall à 21h25, laissant derrière moi un vendeur de merguez brochettes sans succès, arborant fièrement le logo de la CGT comme au temps nostalgique des mythiques meetings de Méluche. Le ventre des gens était de toute façon rempli de petits fours et ce n’était pas trop le standing des circonstances. Méluche : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=102235 Comme tous les salons, errer le long des allées, c’était du sport. C’était la première fois que j’avais réussi à me dégager pour arriver à l’heure aux allocutions. L’an dernier, c’était Big Guimauve lui-même qui avait fait l’inauguration. Maintenant, il bosse. Rue du Cirque. Pour avoir le programme complet, c’est sur Internet : http://www.salondulivreparis.com

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