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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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    Elle plaça LE DAHLIA NOIR dans un soliflore de cristal et le posa sur le piano, la couleur sombre de la fleur s'accordait à merveille avec son humeur du soir. Il se faisait tard, à quelle heure allait-il rentrer et surtout combien de temps pourrait-elle encore feindre de ne rien savoir et lui feindre de ne pas savoir qu’elle savait ? Ils s’étaient rencontrés très jeunes et ils avaient été emportés par une passion digne d’UN ROMAN RUSSE, de celles pour lesquelles il semble que L’ETERNITE N’EST PAS DE TROP. Mais un quart de siècle de vie quotidienne et deux enfants étaient était passés par là et, APRES L’EMPIRE des sens, était insidieusement venu le règne de la tendresse. Les revues féminines regorgeaient de conseils pour reconquérir l’autre, pour donner un REGAIN de jeunesse à un amour vieillissant mais elle n’y arriverait jamais, elle qu’il connaissait par cœur. Elle ne serait jamais que sa moitié d’orange alors qu'il recherchait toutes les saveurs nouvelles des fruits de la passion. Partir en voyage ? Elle le lui aurait bien proposé mais elle pressentait que le problème resterait exactement le même sur le TROPIQUE DU CAPRICORNE. Elle s’assit AU PIANO. Plutôt que de ressasser d’amères pensées elle devait travailler sa nouvelle partition, LE CHANT DE LA MISSION, la date du concert approchait. Elle commença à jouer sans cesser de penser…et si elle lui parlait ce soir, et si elle lui faisait comprendre sa souffrance, est-ce que cela changerait quelque chose ? Peut-être mais le plus probable est qu’elle n’arriverait pas à garder son calme, qu’elle deviendrait LA SORCIERE défigurée qui criait des horreurs. L’irréparable serait commis, la rupture deviendrait inévitable, il faudrait SE RESOUDRE AUX ADIEUX et cela non elle ne pourrait jamais le supporter. Quand il rentra il la trouva plongée dans sa musique. Elle l’entendit dire que décidément il aimait beaucoup cette œuvre nouvelle, qu’elle avait quelque chose qui vous transportait, et qu’il avait hâte d’être au jour du concert. Il posa ses mains sur ses épaules et l’embrassa sur les cheveux, elle se retourna et lui sourit. (Jeu initié par lbambou avec dix titres de livres à caser Remerciements à Paul Eluard pour le titre du commentaire)

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    (les textes des annonces sont entre guillemets) - Au nom du Prince : « assez discrète,avec une pointe de timidité,je recherche nom le prince charmant,sa n'existe pas ,mais une personne avec de vraie valeur. » - Allergiques s’abstenir : « j'ai une affection particulière pour les chats qui m'accompagnent. Si vous ne les aimez pas, vous ne m'aimerez pas et moi non plus » - Faut quand même être motivé : « pas tres bonne cuisisniére , pas top canon , pas de tailleur ni talon ,pas tjrs facile de caractere ,voila quelques defauts à vous de trouver mes qualités . » - Eugénique Grandette ? : « Je recherche un homme avec du charme...libre bien divorcé...DANS MES AGES STOP LES JEUNES.(49 ANS à 54 ANS).Breton... Français pur...(une évidence pour moi) » - Infini t’es si mal : « bonjour , voila je m'apel patricia , recherche relation amical et plus si infinité » - Hyper active peut-être ? « je ne tient pas en place,j aime pas le silence et je parle tout le temps, sof au cinema ou théâtre . aime pas m ennuyer,mais ne demande qu a suivre;;;;;;cherche l ame soeur pr rompre la solutude. » -Et moi et moi et moi : « je recherche une personne capable de m'écouter de me réconforter et de chasser ma solitude. Messieurs je dois vous dire aussi que mon métier de commerçante me prends beaucoup de temps.Mes week end sont courts je travaille le dimanche matin j'ai mon lundi pour me reposer . » - Question Meetic : Si je ne devais garder qu'un objet, ce serait: « ma bague me rappelle les personnes qui me l'ont offertes . » (Ils se sont mis à plusieurs, on les comprend) QM : Le livre qui m'a le plus touchée: « cent familles de jean luc lahaye parce k il raconte ce ke c est la misere et son vecu et surtout ce ke c est de se retrouver sans parents sa ses montrueux ce ki abandonne leurs enfants sans les reconnaitrent mes helas chacun et libre » - Prestige de l’uniforme ? « j adore rire je suis unique parce que mon entourage me le dit et j aime la vie :je suis petite je suis brune et je suis ronde je recherche a faire ma vie avec un policier un militaire un gendarme ou un pompier celibataire ou divorce » Le mûr du çon : « Recherche désespérément un homme jeune de corps et mur d'esprit , sans enfant , pas un célibataire endurcie , pas égoïste ou pas radin , donc généreux sans pour au temps acheter les sentiments de la personne , tolérant ,sociable .courtois , attentionné , doux , élégant , souriant , avec la joie de vivre tout en étant sérieux dans c'est propos . qui sage partager ca vie , ses loisirs , ca profession , ca famille . MOI : un bon caractère , une autonomie extraordinaire lol , un vécu comme personne lol et pour temps je crois en harmonie d'un couple » Question Meetic : Si je ne devais garder qu'un objet, ce serait: « mon chien » Quand on a le choix autant être sélectif : « PS: je priviligie les profils avec photo ;et les hommes verseau ou balance!!! » Une imagination légèrement autocentrée : « jespère rencontrer la bonne personne, car j'y crois encore. je l'imagine pouvant me faire rire, partager mes joies et mes peines, mais surtout me rendre heureuse tout comme ma petite famille. » QM : Mes loisirs en weekend ou en soirée : « Généralement je rentre du boulot et je profite des miens. La semaine c'est TV et parfois ciné, le we serait plus sorties, promenades (suivant le temps) et comme tous ménage, courses, cuisine etc..... mais je ne veux pas casser l'ambiance « - En scène La Star d’Hollywood sur Seine « Mon annonce est très explicite. Bonne chances.... Parisienne très exigeante.à découvrir.Souhaiterai rencontrer très bel homme. Parisien européen elegant chic branché brillant cultivées genglemen aimant les beaux endroits. Je recherche un profil similaire au mien. Pour les autres bonne. Chance. QM: Mes loisirs en weekend ou en soirée : "Expositions salon, salon esthétique, thé au café flore ou chez. Armani, shopping déjeuner entre copines" Voilà, pour ma part je ne peux pas lire la série sans éclater de rire sur l'une ou l'autre...

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    C’est une histoire d’amour qui finit mal alors qu’elle aurait pu être insignifiante. Si elle s’était déroulée autrement, personne ne l’aurait racontée et Perdican, Camille, Rosette n’auraient défiés le temps. Après l’empire d’une passion dévorante qui le désarçonne, Musset écrit à George Sand, sans se résoudre aux adieux, qu’il racontera leur histoire afin « de bâtir un autel, fût-ce avec ces os ». Imagine-t-il alors que l’éternité n’est pas de trop pour fossiliser le squelette d’un amour impossible ? De nos jours, n’importe quel chagrin d’amour se soigne aisément grâce à un voyage en terre lointaine et c’est lors d’une escapade en Amérique, entre tropique du capricorne et du cancer, que je rencontrai Léon. Tout comme moi, il avait parcouru l’Argentine sac au dos et nous avions eu la même idée sans nous connaître: prendre un vol pour la côte caribéenne du Mexique, comme si après l’épreuve physique et solitaire, le final devait être heureux et paresseux, tel le chant de la mission accomplie. Je le vis arriver dans la salle d’embarquement, aussi loqueteux que moi. Nos shorts élimés, nos godillots poussiéreux, sa coupe hirsute et mes cheveux coiffés à la sorcière se reconnurent et de ce moment, ne se quittèrent plus. Je n’eus de mal à m’accoutumer à ses gentillesses. La douceur de son visage émacié, sa peau translucide sous ses habits me firent penser à un Léon Nicolaïevitch tout droit sorti d’un roman russe. Le maillot de bain devint notre uniforme même si nous faisions figure de patchworks ambulants avec nos bronzages kaléidoscopiques et nos ventres blancs faisaient rire les enfants sur la plage. « Tu veux des enfants ? » me demanda Léon de but en blanc. Je ne savais que répondre, j’avoue qu’à ce moment là mon idylle avec Léon me semblait être un épisode du programme anti-déprime. Mon Perdican ne se décidait toujours pas à passer dans la case « souvenirs ». Je contemplai le motif de l’écharpe de soie qu’il m’avait offerte et me servait de paréo ici, un fond bleu turquoise où le dahlia noir imprimé en son centre devenait violet sous l’effet du soleil. Plus les jours passaient, plus l’étole devenait pisseuse. Bien sûr personne n’écrivit cette histoire, ni drame, ni tragédie. Mais quand un regain de nostalgie me prend, je sors l’écharpe du tiroir de la commode, maintenant elle ne ressemble plus à rien, le temps l’a transformée en chiffon et je me dis que ma vie avec Léon est la plus belle partition de Chopin au piano qui me soit arrivée.

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    L'étoffe du vent soulève des caresses tissés au creux des manques. L'écume des frissons dentelle, au creux de l'absence, des désirs ajourés Les brumes envoilées, au creux des songes, drapent les méandres engorgées Au creux des reins, les linceuls éventés écornent la mémoire des jours.

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    Être né le jour d’un assassinat emblématique, est-ce un gage de bonne existence ? En tout cas, à très court terme, non, puisque les premiers jours ont vu le monde s’embraser (comme on dit) dans une cascade infernale de violence (il aurait mieux valu s’embrasser dans une cavalcade joviale de vaillance). De Funès a maintenant cent ans, un peu plus jeune que la terrible Gisèle Casadesus, mais à la différence de cette dernière, toujours pétillante de vie, cela fait plus de trente que le petit chauve énervant est allé grimacer ailleurs. Quel dommage d’ailleurs. Louis de Funès est parti quelques mois avant le véritable démarrage de la carrière de celui qu’il aurait pu mimer à merveille. Enfin, juste en mettant une perruque. Petit, agité, avare, rapace, égocentrique, agaçant, énervé, plein d’énergie, de dynamisme, plein d’humour aussi, affectif, odieux, revanchard, immoral, vénal, injuste… mais oui, vous avez bien deviné, il aurait pu jouer l’un des rôles clefs de la République d’il y a quelques années. Un justiciable comme les autres, dit-on de lui aujourd’hui. Alors, puisque j’en suis à imaginer des rôles en or, je vous propose de deviner qui aurait pu être joué par certains autres collègues de Louis de Funès. Michel Galabru, par exemple, pourrait jouer un concessionnaire plein de bon sens, moderne malgré l’âge, futuriste même, fier d’avoir pu diriger l’Économie et l’Éducation sans aucun diplôme et arrivé au sommet de l’État. Enfin, presque, au numéro deux sur le podium. Fernandel, lui, avec sa grande gueule, son accent du midi, ses yeux capables de faire peur les moins fidèles, aurait pu jouer un premier flic du pays, plein de verve, plein de bluff, autoritaire, et n’hésitant pas à se salir les mains le cas échéant. Michel Bouquet, lui, l’a déjà joué, il avait ce rôle à merveille, avec ce chapeau ridicule, la rose à la main, l’ortolan de l’autre, prince de droit divin, capable de faire et défaire des destinées dans une vanité toute nombriliste. Je verrais bien Christophe Malavoy dans le rôle d’un ministre éconduit, chirurgien vénal, rafistoleur de chevelures, menteur et fraudeur. Son tempérament posé, parlant bien, précieux, sans se déstabiliser, aurait parfaitement convenu. Jean Lefebvre aurait continué ses navets en prenant l’énarque artiste, créateur de l’un des meilleurs spectacles du pays, dans un département plein d’activités pour les estivants, candidat à l’élection présidentielle et même sous-ministre. Pierre Doris, qui s’en est allé il y a cinq ans, aurait sans doute pu mimer l’actuel locataire de l’Élysée, en scooter, sous casque ou sous parapluie. Le regretté Roger Pierre, de sa voix lente et posée, aurait été un très bon ministre de la République, celui qui a démissionné quand même trois fois, qui l’a même théorisé en disant qu’un ministre, ça ferme sa gu**le ou ça démissionne, et qui, miraculé de la santé, continue encore aujourd’hui à siroter à la buvette sénatoriale. Chauve comme le sont les arrogants, moustachu comme le sont les amuseurs, Michel Blanc pourrait interpréter un ministre clef du début du siècle dernier, pacifiste ultra, ennemi juré du Tigre, inventeur de l’impôt sur le revenu et… mari d’une meurtrière. Et je laisse le dernier rôle pour une femme : Mathilde Seigner, au caractère bien affirmé, ne serait pas invraisemblable en jouant le rôle d’une camionneuse qui se prend pour Jeanne d’Arc, le pucelage en moins, architecture en béton, voix de stentor, mâchoire d’acier… http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=103880 Enfin deux derniers rôles, car j’en ai encore un autre pour Natacha Régnier qui pourrait faire cette superministre du même âge, ambitieuse aux dents longues, héritière et intelligente, à l’accent vaguement bourgeois vaguement vulgaire, et qui avait voulu être la reine de la Tour Eiffel. Saurez-vous retrouver les dix personnages évoqués ? (Euh… quant à l’ami De Funès, surtout, ne lui collez pas l’image du gendarme, il vaut dix mille fois mieux que ces déplorables navets).

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    JEAN JACQUES CHANTEUR DE MES 20 ANS DE PAR CES TRES BEAUX TEXTES BIEN RYTHMES ENTRE BLUES SOUL ET POP ROCK... A RYTHME MA VIE CONSOLE MES PEINES DE COEUR AIDE A NE JAMAIS BAISSER LES BRAS ET DANS CETTE DROLE DE SOCIETE DEVENUE DE PLUS EN PLUS VIRTUELLE SUPERFICIELLE INDIVIDUALISTE...A CRIER ENSEMBLE TOUJOURS... IL EST PASSE DANS L OMBRE POUR UNE AUTRE HISTOIRE VOIR GRANDIR SA NOUVELLE FAMILLE CE QUI A UN SENS MAIS CONTINUE LES ENFOIRES CHAPEAU!!! IL A INSUFFLE UN NOUVEAU SOUFFLE DE CHANSONS POPULAIRES A CONTRE SENS DE LA MODE RNB ELECTROACOUSTIQUE AVEC UNE NOUVELLE GENERATION DROLE CHALEUREUSE VRAIE QUE J ADORE CAR JE M Y RETROUVE ET JE VIBRE AVEC EUX... ZAZ FIORI GREGOIRE...

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    POLARS HISTORIQUES LA SUR L EPOQUE VICTORIENNE A LONDRES A TRAVERS UN COUPLE D ENQUETEURS LES PITT OU LA FEMME SE DECORSETTE S EMANCIPE AVEC BRIO ET NOUS DONNE D INENARABLES FRISSONS... TRES BIEN DOCUMENTE VERITABLE PLONGEON DANS LE PASSE EMPORTE DANS UN TOURBILLON DE CRINOLINES ET DE SOMBRES FRAYEURS DANS LES RUES SOMBRES DE WHITECHAPEL.. CETTE COLLECTION DE POLARS HISTORIQUES 10/18 EST PASSIONNANTE A DECOUVRIR AUSSI SUR LE MOYEN AGE AVEC FRERE CAFDAEL D ELIS PETERS OU SUR LA CHINE ANCIENNE DU TEMPS DES EMPEREURS AVEC LE JUGE TI DE ROBERT VAN GULLICK

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    5 ans ! 5 ans, il avait fallu entre le moment où j'avais commencé à écrire le premier mot de mon tout premier roman et celui où enfin il était là, devant moi, dans la librairie principale de ma ville. Dans 30 minutes aurait lieu maintenant mon premier rendez-vous avec mes lecteurs, mes premières dédicaces. 5 ans quand même ! Il est vrai que j'avais mis plus d'un an à écrire ces "relations internelles". A l'époque, j'avais tout juste 30 ans, j'étais célibataire et internet commençait à prendre son essor. Je m'étais inspirée de mes aventures ou plutôt mésaventures pour créer une jeune femme, sensiblement de mon âge, qui souhaitait rencontrer quelqu'un par ce biais là. Même si j'avais repris quelques uns de mes traits, j'avais emprunté certaines composantes de son caractère à mon entourage, mais aussi à des personnages de roman qui avaient pu me marquer. J'avais transposé la réalité, agencé de manière plus colorée les anecdotes vécues, développé des embryons de conversations, imaginé des rencontres, mêlé, mélangé les traits des hommes qui fréquentaient ces sites pour rajouter un peu de tension dramatique et aussi de l'humour. Bien sur, j'écoutais aussi avec attention, ce que mes amies racontaient de cocasse. J'en intégrais certains faits pour étoffer les péripéties de cette faune masculine décrite à travers cette jeune héroïne. Chaque chapitre évoquait, ainsi, l'une de ses rencontres avec un homme. Je voulais, par ce biais, évoquer, de manière un peu sociologique, l'évolution conséquente de ce mode de rencontre, dresser une typologie de cette nouvelle façon d'aborder le couple. J'avoue que j'ai été fière quand j'ai mis le point final à cette histoire. J'avais été capable d'achever ce projet qui me semblait au départ insensé. 20 minutes avant que la librairie ne s'ouvre. Je suis un peu fébrile. Tiens, il y a déjà des personnes qui sont devant. Pour moi ? ! Je ne le réalise pas vraiment. Je passais l'année suivante à peaufiner mon livre. Je trouvais le fil conducteur, autour de toutes ces rencontres, pour qu'il y ait une progression dans l'histoire. En résumé, après avoir cherché toujours mieux et multiplié les rencontres, après avoir fantasmé sur des princes charmants héroïques et bien évidemment utopiques, la narratrice s'acceptait enfin comme elle était, humaine et non parfaite. Le dernier chapitre la faisait retrouver, au cours d'une soirée, par hasard, le premier homme rencontré. Et là, elle ne comprenait plus pourquoi il l'avait fait fuir. Il lui plaisait énormément et tous les deux repartaient ensemble. Il y a déjà une bonne dizaine de personnes qui attendent devant la prote. Plutôt des hommes, il me semble. Deux années étaient passées. J'avais refermé le livre, me restait à trouver un éditeur. La quête se prolongea quelques temps mais j'eus la chance, au bout de quelques mois, d'être retenue par le comité de lecture d'une grande maison d'édition. Mon livre, dans l'air du temps, était considéré comme plein de fraîcheur tout en apportant une réflexion pertinente alors que ces sites, au fil du temps, n'avaient cessé de se développer. Entre le travail de relecture et de correction avec le chargé d'édition qui me suivait et sa parution, deux autres années suivirent jusqu'à ce jour. Et là, dans pas moins de 10 minutes, j'aurais l'honneur et la fierté de faire cette première séance de signatures. C'est un peu étrange aussi parce que ce livre me semble très loin. Il m'avait permis de me penser écrivain. Il m'en avait donné le statut. Grâce à lui, ma plume se libéra pour pouvoir enfin écrire ce que je considérais comme mon vrai premier livre, un roman dont il était prévu une parution l'an prochain. J'avais relu ces "relations internelles". J'en voyais les défauts, je savais que je ne pourrais plus l'écrire ainsi maintenant. Je ne sais même pas si le sujet m'intéresserait encore, moi qui entre-temps m'étais mariée et avais eu un petit garçon. Cela me semblait tellement loin. Comme si, déjà, il ne m'appartenait plus. Je sors du bureau et m'avance vers le magasin. Je vois encore des personnes qui arrivent. C'est vrai que les critiques ont été encourageantes et positives. Beaucoup d'hommes, cela me surprend. Ca y est. Le rideau métallique se lève, la porte s'ouvre. Du bord de la réserve, je peux enfin les regarder de plus près mes lecteurs, voir à quoi ils ressemblent. Je les vois s'avancer vers la table où je dois m'installer, une majorité d'hommes. Mais non, pas une majorité, il n'y a que des hommes ! J'ai l'impression que certains visages me sont vaguement familiers. Tiens celui-ci me fait penser à l'un que j'ai rencontré, il doit bien y avoir 5 ans maintenant. Se peut-il que... Mais lui aussi, je le reconnais ! Je les regarde plus attentivement les uns les autres... Je ne rêve pas ! Je les ai tous rencontrés ces hommes-là, qui sont là à m'attendre, avec mon livre à la main. Le libraire s'impatiente. Je suis attendue. Il faut que j'y aille. Je ne peux pas tergiverser ou faire demi tour. Dès qu'ils me voient, tous, ils brandissent mon livre à la main. Chacun l'a ouvert sur un chapitre particulier, des passages sont soulignés ou surlignés, d'autres ont écrit au rouge dans la marge. Ils sont tous là, ceux que j'ai rencontré cette année-là, l'année de l'écriture de ce livre. Comme une conspiration, ils se sont ligués. Ils me regardent menaçants. Ils vocifèrent. Je suis dans la fosse aux lions. Ils voudraient me déchiqueter. Ils en arrachent des pages, me les jettent aux visages, revendiquant tous leur part de paternité ! NON, Non, je ne vais pas signer de suite le bon à tirer pour impression, me dis-je en me réveillant en sursaut, en sueur. Il faut que je le relise ce livre, attendez ! Dois je craindre le pire de mes futurs lecteurs ?

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    Pour faire simple je vais l’appeler Pierre Simoni. J’ai connu Pierre en Zambie, une petite ville complètement paumée à la frontière du Zaïre et dépourvue de tout : quand tout allait bien au marché, deux étals, oignons et tomates. Un homme comme il y en a tant parmi tous ces vieux chiens d’Afrique, gentil, chaleureux, drôle, patient et fataliste. Je lui laisse la parole : « Je suis né en Algérie d’un père aux origines Corse et d’une mère Kabyle, j’ai eu le bonheur de passer mon enfance dans les mechtas de mes petits copains, les vignes et les champs d’oliviers. Mauvais élève mon adolescence fut consacrée à l’entretien des vignes avant d’être appelé sous les drapeaux. Je choisis les parachutistes et après mes classes, j’intégrais la 10e Division Parachutiste et le 3e Régiment de Parachutistes Coloniaux commandé par le Colonel Bigeard . Ma parfaite connaissance de l’Arabe me propulsa au service renseignements, en d’autres termes aux interrogatoires musclés, le sale boulot……… Mais bon, je n’étais pas assez naïf pour croire qu’une guerre puisse être propre, et puis quand tu visites un café pour y compter une vingtaine de corps d’adolescents déchiquetés par un engin explosif, quand tu sors de ce merdier tu n’es plus réellement un homme…. En 58 nous avions gagné la bataille d’Alger, le sale boulot était fini. Cependant après le discours de De Gaulle nous sentions bien venir une Algérie Algérienne au sein de laquelle aucune place ne serait laissée aux natifs non musulmans et je rejoins alors l’OAS. En 61 le vent tourne mal, très mal, ma participation aux actions des commandos Delta de Roger Degueldre me vaut d’être condamné à mort par contumace, je décide alors de mettre de l’espace entre les fous furieux et moi. Le délai de prescription de 30 ans échu, je décide de rentrer en France, plus précisément en Corse dans le village natal de mon père, l’accueil y est glacial, toute la famille se demande si je viens pour réclamer les parts d’héritages qu’ils se sont appropriés. Je refais mon sac, je n’ai plus personne, nulle part, sauf peut être mon enfance algérienne. Trois jours plus tard je débarque à l’aéroport d’Alger. Contrôle immigration, l’employé devant son écran me fait signe de m’asseoir et de patienter. Je me dis : Pierre, t’as peut être fait une connerie de revenir. 10, 20, 30, 40 minutes plus tard un lieutenant et deux soldats se présentent et me demandent de les suivre. Pierre t’as probablement fait une connerie de revenir……… On embarque dans un véhicule militaire, je suis tout ému de retrouver la ville blanche. Vingt minutes plus tard notre Jeep s’arrête devant un petit immeuble : Direction Générale de la Sûreté Militaire. Pierre tu as bel et bien fait une grosse connerie. Assume ! Une cour, quelques marches d’escaliers, un couloir. - Asseyez-vous. Sur la porte il y a écrit : Sécurité Militaire Directeur Général de la Wilaya d’Alger Je patiente une dizaine de minutes et on m’invite à entrer. Un vaste bureau, avec assis derrière un Général, un gaillard bien plus grand que moi, cheveux poivre et sel, probablement le même âge que moi. - Je suis ravi de vous retrouver Mr Simoni, asseyez vous je vous prie. Je suis bien embêté de savoir qu’il me retrouve…. ce gaillard là ne me dit rien qui vaille. - Je vous prie de m’excuser mais j’ai du mal à vous remettre. - Nous nous sommes pourtant déjà rencontrés …. - Je ne suis pas revenu en Algérie depuis trente ans…. - Laissez moi vous aider : Septembre 1957 ? - ………… - Arrêté en 1957, c’est vous-même qui m’avez interrogé. Je viens de comprendre, je sais qui il est : - Vous êtes Abdelsalam Marzouzi, vous avez été arrêté à l’époque de la capture de Yacef Saâdi ! - C’est exact. Je suis heureux de vous retrouver en de telles circonstances. - Ainsi vous vous souvenez de moi ? - Je garde le souvenir d’un jeune homme chétif, un jeune garçon qui y croyait et qui savait qu’il jouait sa vie. Un jeune homme qui n’avait pas parlé. - Et qui fut transporté dans le coma à l’hôpital militaire d’Alger. Il paraît que c’est Bigeard lui même qui avait exigé que la mort me soit épargné…. Ce Général m’inquiète de plus en plus et ça doit se voir ! Il se lève et fait le tour de son bureau, il me fait face. - Ne craignez rien Monsieur Simoni, vous étiez soldat et moi aussi, vous aviez 20 ans et moi 17, vous et moi nous avons cru très fort à nos idéaux, nous étions en guerre, aujourd’hui Dieu merci nous sommes en paix, la paix des braves, et je suis heureux de vous souhaiter la bienvenue en Algérie. Il m’attire alors à lui et me donne l’accolade. - Allez en paix Pierre Simoni, je sais que mon pays est aussi le votre. Vous pouvez disposer. C’est le lendemain que mon enfance me saute à la figure, toute ces odeurs oubliées sur la route de Ouled Brahim, les chênes lièges, les pins, les broussailles de mon enfance. Et puis le petit chemin et enfin la ferme. Deux femmes âgées, un homme affairé me semble t’il à faire téter un agneau nouveau né. Je descend de la voiture et nous nous observons mutuellement. Les yeux d’une vieille femme s’agrandissent et le cri jaillit : - Pierroooooooooooot ! Mon fils ! Dieu soit loué, il nous le rend. Mustapha cours vite prévenir tout le monde, Pierrot est revenu ! - Maman Kadidja, c’est toi ? - Oui mon fils c’est moi, mon Dieu quel bonheur ! Nous nous serrons, nous nous étreignons, nous nous aimons ! Le soir nous avons mangé la chorba, une trentaine, tous serré les uns contre les autres, les petits écoutaient cette leçon d’amour donné par les aînés Une semaine passée à sarcler les vignes avec le mulet, à curer le puits, à réparer le moulin à huile et le pressoir. Deux semaines plus tard je retrouvais Johannesburg le cœur léger, j’avais retrouvé mon pays………

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    Et voilà je me lance ! Mais comment n'y ai-je pas pensé plus tôt. Je me suis dit "tu aimes écrire", "tu te sens bien sur ce site" alors "pourquoi tu n'essaies pas ?" Ah voilà ! Pourquoi ? Étrange timidité vis à vis de vous , potentiels lecteurs, oui timidité ! De quoi vais-je bien pouvoir parler ? Du dernier film que j'ai vu ? Play-Time de Monsieur Tati-Tatischeff-Hulot est tellement riche de demi-mots, de bribes de phrases banales complètements détournées par un savant montage et de bruits orchestrés, c'est une partition si fine, chargée, truffée, visionnaire, tendre, cruelle que c'est proprement de l'ordre de l'indicible, de l'indescriptible, ou alors il faudrait revoir ce film jusqu'à le savoir par cœur, pour ne pas dénaturer le goût de ce suc ! Ah mais que c'est donc difficile ! j'ai pourtant écrit des pages et des pages au bien -aimé absent, enfui dans un pays lointain et fascinant, éloigné de moi par un amour secret,et c'était si aisé ! Ne puis-je écrire que d'amour, comme on meurt d'amour ? Si je réunissais ces courriels j'en pourrais faire un roman. Et justement c'est ce qui est impossible. Indécent. Voyeuriste. C'était pourtant si vrai. J'avais trouvé des expressions si justes pour faire le portrait de ma souffrance au quotidien. Bon tant pis je ne serai pas Bovaryenne, ni Proustiticienne, Tante Colette, viens à mon secours ! La musique ? Ah oui ! Ma passion, le chant. Mais la musique peut-on en parler ? elle passe, elle vous enveloppe, vous prend, vous fait tourner, vriller ou pleurer ou vous euphorise, mais que dire de toutes ces croches qui défilent, de ces dessins rythmiques, de l'envol de ces mélodies, de la saveur aigrelette du violon, du moelleux de la clarinette sans être pédante et sans rappeler à bon nombre (c'est ma remarque au sujet des français et de leur rapport à la musique) que la musique possède un langage et que nous sommes une poignée de privilégiés à pouvoir le décrypter. On n'a pas besoin de cela pour l'aimer me direz-vous , bien sûr. Moi je rêve d'une immense chorale française qui chanterait tout, le grégorien et Verdi et Jean-Jacques Goldman... Bon pour un premier essai, je crois que cela suffit. Il n'y a que le premier pas qui coûte. J'espère, cher(e)s lectrices ou lecteurs, s'il s'en trouve, ne point vous avoir trop ennuyé(e)s, et j'espère aller chercher dans ma musette quelque sujet plus pertinent la prochaine fois, si toutefois il y a une prochaine fois...c'est à vous de me le dire vous savez comme dans l'arène, pouce vers le bas ou vers le haut. Arrête ton char ou vas-y continue !! Allez, baci, baci Ciao a tutti

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    Les graines de soleil poussent dans l'herbe tendre des fourmis ça et là dansent autour de l'ombre sûre des papillons de vies tournent sur les calices et les coupes sont pleines de nectar et de miel des larmes des pensers de l'antique sommeil descendent sur la terre, et le soir viendra tard au sud, nulle promesse d'ennui, car l'empire est très simple des cuirassiers sont là sur les destriers fiers un pélerin de l'est revient avec sur lui des rouleaux, des parfums et quelques histoires neuves demain l'on dansera devant la fille du Sultan et la fileuse aura lors tout un peu de lectures

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    C’est une mouche qui s’abreuve à la commissure de mes yeux qui me réveille, un réveil comme les autres, trempé de sueur et de désir. Un coup d’œil à la montre, il est 14 h, j’ai donc roupillé six heures, je me lève et roule les quatre centimètres de mousse qui me servent de matelas, je suis seul, les autres ont préféré dormir dehors. Je met en route un Nescafé, place la vieille bassine en plastique bleue sous le robinet du réservoir d’eau potable et je laisse couler l’eau tout en me mouillant le visage. Je me sert le Ness, jette un coup d’œil par l’œilleton voir si il y a personne au cul du zinc et lance l’ouverture de la porte arrière, je pose mes fesses sur la rampe, avale un comprimé de quinine avec une gorgée de café puis je vais chercher la Géolink et la pose à côté, déployer la parabole, chercher le Nord Est et presser sur on. Elle se met à clignoter furieusement « vous avez quatre messages ». Tous émis par le même numéro dans l’état de Washington. Imprimer. Elle crache ses 4 feuillets qui concernent les trois semaines à venir, quatre rotations de poisson séché pour le Zaïre, deux de viande congelé pour le Congo, huit de « divers » pour le Soudan et enfin quatre pour Tiksi et son énorme aéroport. Je termine mon café en me disant que la rigueur Iakoute va nous changer la vie et que les jolies assistantes de l’armée rouge sauront nous réchauffer au moins autant que de regarder décoller les lourds Tupolev 95. Et puis Yan le mécano et Rick font leur apparition, mon polonais préféré lance les cafés et me dit que d’après John le radar de proximité lui joue des tours et il veut le reconfigurer. Les uns après les autres se ramènent pour la cérémonie du matin : café/sardines à l’huile sans pain. On cause à peine, nous nous sommes tout dit depuis tellement longtemps, je lis tellement de choses dans leurs yeux et dans leurs gestes, moment insouciant et fraternel sous les 40° du Kalahari. Yann fait remarquer que la qualité du pétrole est pas terrible, il a fallu le filtrer deux fois. Je sais que dans deux heures je lancerai le chargement : vingt palettes de matériel pour les mines du Katanga, et puis décollage vers 23 heures pour à peine 5 heures de vol, nous dormirons un peu plus demain… Tshabong vers 1985

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  • 07/22/14--01:11: Gris pâle par Sulyvan
  • Gris pâle Un soir — en bordure de l'hiver alors que je me trouvais à réfléchir ' La solitude lumineuse ' Dans mon bureau de laque sombre remontaient en moi souvenirs colorés et senteurs indiennes Comme la lune ne montrant jamais sa face cachée — La mémoire malicieuse —ne pouvait que distinguer les trésors de ces années qui suffisent à mon bonheur Comme un cargo — le ventre remplit de rêves je revis ces instants pimentés ces moments salés aux nuances lagon Le bouquet de l'hiver vient de jeter un blanc léger sur le vert de Lyon comme au hasard il avait déguisé tous les lointains en nuages Et l'on peut imaginer qu'après la fin rien ne pourrait couvrir ce gris pâle à part peut – être un rayon de soleil dansant dans le miroir — à part peut – être une toile de Vincent. sulyvan Le 22 Juillet 2014 sz Ed. première Le 15 Mars 2013 .

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  • 07/22/14--01:10: ( inachevé ) par Sulyvan
  • ( inachevé ) Elle Elle a les yeux bleus délavés Elle elle était radieuse Elle elle était gaie Elle souriait Elle elle était belle comme une bimbo Elle elle aime se voir en photo Elle elle aime se voir du temps où Elle se voit comme le temps d avant maintenant Elle elle aime jouer Elle aime jouer tant qu elle est sûr de gagner Elle aime parler Elle elle n écoute jamais Elle elle doit dire ses choses Elle doit vider son plein Elle elle ne voit pas que ça déborde dans les oreilles de l autre Elle elle est encore en vie Elle elle a des envies Elle ne peux plus que rêver les deux Elle elle est née loin Elle elle est née là – bas très loin Elle est né dans un beau pays où on mange beaucoup de riz Elle elle rit beaucoup Elle elle rit jaune aussi Elle elle ne connait pas les échecs Elle elle est tellement sûr d elle …/… à Elles voilà. inachevé signifie ici texte en cours d écriture non terminé ce texte est une pure fiction ce texte ne peut évoquer à quiconque une éventuelle ressemblance ce texte n est même pas un petit skud rose si par extraordinaire une personne croirait se reconnaître cela relèverait de son imaginaire fécond dans ce cas il suffirait pour elle de demander gentiment et poliment ce texte s auto-détruirait dans les cinq minutes ce texte n'aurait jamais existé ce texte sera achevé Mission possible. http://www.youtube.com/watch?v=8i6-EcyxoHE http://www.youtube.com/watch?v=M6SsRZ0fSNY Sulyvan Le 22 Juillet 2014 .

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    Est-ce l’évocation permanente de la guerre de 14-18 en cette année du centenaire qui m’a incitée à pousser les grilles du vieux cimetière militaire et à me promener parmi les tombes? Je déambule dans les allées et je m’interroge sur chacune de ces vies qui ont tourné court. Cet Arsène mort à vingt ans à peine dès le début de la guerre, a-t-il choisi de partir pour fuir les travaux éreintants et répétitifs de la ferme et gagner un peu d’argent qui lui aurait été propre ou bien n'a-t-il eu aucun choix? Octave, qui avait quarante ans passés et plusieurs enfants, est-il devenu officier par idéalisme? Poursuivait-il le mythe de la liberté, de l’égalité, de la fraternité tel que le lui avait enseigné l’école de sa République? Sur la tombe du jeune Emilien je lis une émouvante épitaphe « Adieu Emilien, j’ai enfermé ton portrait à l’intérieur d’un petit médaillon qui ne quittera jamais mon cœur ». Je songe à celle qui la rédigea et qui aura sans doute fini par remiser le médaillon dans un tiroir. Encore ceux-ci ont-ils un nom, une date de naissance, un abri de pierre, mais je m’engage dans la section des anonymes que l’on a regroupés en une seule et vaste concession et la pitié m’étreint devant cette parcelle herbue peuplée d’ombres. (Jeu initié par lbambou avec dans l’ordre court, partir, argent, mythe, intérieur, rédigea, section, concession, peuplée, ombres)

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    Gut faisait le pied de grue face à la porte des Urgences de l’hôpital Américain. Chaque fois qu’un nouveau malade arrivait, ensanglanté ou d’une pâleur à frémir, voire brancardé, son érythème se manifestait, aussi préféra-t-il se tenir debout à distance raisonnable des contagions et émotions fortes. Et puis les cents pas permettaient de cogiter et de maintenir la connexion avec son téléphone. Il ne s’expliquait pas pourquoi Keiko ne répondait plus à ses appels. Il avait d’autres soucis plus importants outre qu’il n’en pouvait plus de se gratter. Il revint vers l’infirmière d’accueil pour se plaindre de l’attente. Avant d’atteindre le comptoir il fut bousculé par un brancard arrivant au pas de charge, une scène comme on en voit dans les séries américaines, seuls les uniformes des pompiers rétrogradaient l’ambiance à un feuilleton de chaîne nationale. Un grand gaillard allongé appelait sa mère comme un enfant, son visage semblait un masque cireux modelé de douleur. Gut eut juste le temps d’apercevoir deux taches rouges à la place des mains. Il se figea et fit demi-tour, lui était en capacité de se gratter, d’héler un taxi et une fois confortablement assis, il repensa à ce que Keiko lui avait dit mille fois sans qu’il l’écoute : « Arrête la cortisone, remonte à la source au lieu de te t’anesthésier la mémoire. Ta peau transpire quelque chose d’enfoui. » Les saumons remontent à la source pour se reproduire et mourir sur leurs œufs. Les nouveaux nés se nourrissent de cadavre. Est-ce ainsi qu’ils acquièrent la mémoire ? Les saumons apprennent-ils quelque chose de leur ascendance en se nourrissant de leur chair putride ? Mangent-ils leurs gênes ? Les saumons ont-ils de l’érythème ? Comme par synchronicité, le téléphone s’éclaira, « Maman » clignotait sur l’écran. Il l’avait complètement oubliée, elle devait poireauter à la gare. « Maman, je suis à l’hôpital là, prends un taxi, on se retrouve à la maison. Je te rappelle. » Il ne lui laissa pas le temps de répondre et indiqua une autre destination au chauffeur. Ce n’était pas le moment, elle lui filait des boutons et il avait bien assez avec son urticaire. Sa mère habitait un gros bourg, dans la demeure familiale et se portait comme une jeune fille de 70 ans. Très investie, elle vagabondait à la poursuite de sa passion, l’architecture. Madame Salami venait à Paris pour assister à un colloque à la Cité de l’architecture. Elle faisait partie de ces femmes qui n’en ont jamais fini avec la vie, ne renoncent jamais sauf impérieuse obligation et semblent se lever chaque matin comme si un nouvel avenir les attendait derrière les persiennes. Le goût de l’architecture lui était revenu après qu’elle eut consacré une vie à sa famille. Avant son mariage, elle avait intégré l’École des beaux-arts dans la perspective de concourir au Prix de Rome. Mais elle gagna un autre lot et sa première grossesse lui fit troquer mines graphites et rapporteurs pour une ceinture de fleurs d’oranger finie par un gentil bouquet de mariée. Ses ambitions refleurirent quelques dizaines d’années plus tard comme un bon vin au nez puissant avec des notes torréfiées après des décennies de garde. Simonette Salami referma son sac et tira sa valise à roulettes jusqu’à l’arrêt des bus. Ce n’était pas la première fois qu’un de ses enfants l’oubliait, elle y accordait peu d’importance, ils étaient tous si occupés. Cela faisait longtemps qu’elle avait appris à se débrouiller sans assistance, elle brandit son parapluie et le bus marqua l’arrêt.

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    Ailleurs paraît il ,existerait une part de nous ... Une part manquante ,incluse malencontreusement dans un autre être Ah! cette part perdue tant convoitée... Si j'arrivais seulement à posséder ce fragment d'images et souvenirs mêlés ou s'est tissé une part d' histoire commune! Quelle joie prodigieuse pourrait être alors mienne A vrai dire ,j'ai vraiment essayé d'atteindre cette partie ,ce centre, ce ravissement qui m'a hélas échappé et à vrai dire aussi le puzzle semble parfois vouloir se reconstituer même avec des pièces non parfaitement ajustées! La beauté du mythe supplantant la réalité, je m'y suis emboîtée tant bien que mal...M'accrochant à la légende , j'ai passé une bonne partie de ma vie à m’accommoder de feintes et à ne pas vouloir croire que la pièce de carton que j'avais choisie , ne puisse pas s'imbriquer Il en est ainsi des rencontres de nos vies, amitié ou amour ,l'ajustement est difficile et fragile. La pièce s'arrime mais au fil du temps elle se gondole , s'effrite et puis un jour se décolle Alors on en vient à se défendre de soi , des lieux et des êtres et l'on séjourne de plus en plus régulièrement dans le sas de la rèsignation, antichambre de la sagesse... Dans cet lieu froid ,on se met à distance, tout en semblant très proche et observant méticuleusement des agitations que l'on tient pour vaines . Il semblerait bien pourtant que l'on soit à l' écoute et nul ne discerne la tristesse jubilatoire qui teinte notre regard ...On avait raison , la pièce est trop petite ou trop grande ou trop étroite ou trop large, et résolument ne s’emboîtera pas Non perceptible est cet incognito dédoublement de soi. L'ironie mordante aux bords des lèvres on les écoute se raconter , attentif et sans mot dire ,suivant le flot polissè et neutre du verbiage . Le ruisseau longe le chemin pressenti ,balisé d'avance d'un vide insondable Parvenu a  ce point de lucidité, la dureté envers l'autre à un revers.L'effroi te saisit à l'idée de cautionner davantage cet acharnement d'ajustement.Tu te fourvoies tout en trompant l'autre sur tes intentions et il se méprend sur ta compréhension de son monde... Tu veux seulement récupérer ta part manquante et il veut juste se réapproprier la sienne en identique exigence ,folle et illusoire! On arrive donc au fatidique moment du renoncement à l'atteinte de l’état de grâce Les pages du livre tournent de plus en plus vite ,et l'âge difficile d'adulte aidant ,survient le deuil de l'attitude entêtée de se relier immodérément La part manquante t' a fait toucher du doigt l'orgueil du mythe attestant haut et fort que l' Homme puisse défier le titan , en l'occurrence la fameuse part manquante , qui en fait ne vit qu'en toi! Elle peut te sembler bien inutile isolée ainsi mais c'est tout simplement un souffle porteur qui te pousse vers de nouvelles personnes ,de nouvelles cultures et de nouveaux paysages pour un partage sans péage! Tu saisis la liberté, tu ne la reprends pas. Tu ne l'as sûrement pas assez exercée jusque là Tu ne savais pas faire autrement que de tenter de retenir les pièces non ajustables , désormais tu sais t'en détacher et tu as enfin la patience de chercher les pièces qui s'assemblent sans contrepartie Tu envoies enfin promener le mythe de la rencontre et du divin assemblage! S...de Platon!

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    Cinquantenaire....... La chaleur estivale enlaçait de ses ailes douces et tentaculaires, en cette fin d’après- midi, ce bourg lorrain, où les murs se confondent souvent avec le ciel qui les avale quand il descend sur terre sous forme de chaleur épaisse, les deux se sont associés pour donner cet envoûtement dont on sait qu’il s’apparente plus à la géographie des lieux qu’à un ordre métaphysique… Les demeures, de hautes bâtisses pour certaines, imposantes de par leur frondaison pour d’autres,même de plus petites se cachaient dans l’ombre et se terraient, à l’image de leurs habitants, meurtris pour je ne sais quelle raison dans leur chair, et dont je ne soupçonnais ni le regard inquisiteur scrutant par - delà les volets clos, ni une quelconque voix, encore moins un nom aux consonances germaniques lointaines, laissant deviner une errance de vie… (…) Le cours de violon vibrait encore dans mon esprit, j’avais appris et c’était là l’essentiel, l’éphémère je ne m’en souciais guère, la plénitude du jour agonisant me rassurait et m’enlaçait sur ce chemin de campagne, où les oiseaux me faisaient une aubade vespérale à laquelle je répondais par des sons aigus de l’archet sur les cordes…. Je m’étais improvisé saltimbanque, plus jeune j’avais déjà pris les baguettes d’un musicien d’orchestre et l’image me revenait comme ce leitmotiv aux résonances musicales fines et toutes de diaphane subtilité …je ne savais pas, que bien plus tard, dans cette vallée aux songes infinis, Ivry Gitlis me fera l'amabilité d'un duo dont les trémolos encore tapissent les moindres fissures de l'abbatiale... (...) Les gammes des oiseaux du ciel, me comblaient de bonheur, je les mémorisais et essayais de les reconnaître, en bandoulière de mes pensées je les conservais telle une araignée dans son cocon de remparts…L’archet n’avait pas de flèche acérée telle celle de Cupidon, mais s’amusait du prolongement de mon tréfonds et cette grâce m’envahissait telle cette odeur de liberté qui flottait dans mon sillage sur ce chemin du retour. Le bourg réchauffé par tant d’allégresse, rentrait dans un soir fait de labeur quotidien, de traite des vaches, de nourriture à dispenser aux volailles, et autres animaux d’étables, les bruits se mélangeaient tous, une certaine cacophonie se jouaient des pesanteurs inscrites dans les gènes… (…) Ma route de liberté s’acheva avec la moiteur vespérale qui se faisait pressante, m’enveloppant et me taquinant avant que mes pas ne retrouvent mon aïeul, sur un banc assis, son regard vide de pensées, vide de vie, interrogeait –il les cieux, ou bien revoyait – il son passé , là – bas où l’étendue des immenses plaines sans fin se laissaient caresser par ces brises chaudes de tendresse en été, et froides de froidure en hiver… (…) Je l’accompagnais dans ce silence, derrière ces volets clos, le temps me paraissait interminable mais l'aiguille du siècle je voulais l'arrêter là,de suite, pour toujours, à l’heure où mes copains d’enfance s’amusaient aux soldats de plomb, ou bien à jouer à Buffalo Bill, je restais présent, pas une minute du temps ne violait de son tempo régulier et pesant, cette élégance aérienne de son regard bleu, bleu comme l’horizon de sa Prusse natale, celle de son vigoureux enracinement dans le sourire de l’Ange… (…) J’étais celui qu’il a choyé dans son parcours de vie, celui qui depuis la disparition de son épouse, partie on ne sait par quelle maladie insidieuse, sournoise, fulgurante, et dont j’avais encore l’odeur d’amour dans le miroir de mes pas enfantins…. Son visage aristocratique se mariait si bien avec son charme d’Europe Centrale, et son dévouement passionnel comme on en rencontre rarement, aura été comme ces traces indélébiles du fer sur la peau d’un prisonnier, mais ma prison était faite d’ouverture, de culture, de rire, de partage, et tout simplement de bonté…. L’âme, son âme renonça toujours à la complaisance gourmande pour les séductions du sensible, il cherchait en toute chose, en toute situation, la plus haute transcendance possible. (…) Je restais, enfermé dans ma liberté, et je cachais mon gai sourire, qui toute sa vie se promènera dans les allées du monde, à travers monts et pays multiples, et qui toute ma vie empruntera les voies tracées par celui, qui, par le fait d’une erreur de diagnostic, ou d’incapacité flagrante, n’aura jamais quitté la forge de mon cœur… J’ai gardé cet Orient, cet Occident, si différents de langues, de cultures, de mentalités, dès l’enfance il me l’inculqua…. Sans jamais me contraindre, m’ouvrant l’esprit aux beautés indicibles de la vie…m'apprenant que la vie est un combat et de faire de ce combat une félicité... (…) Tout simplement, son image, en ce jour anniversaire où un fanatique s’en prit à Jean Jaurès, attablé devant sa tartelette à la fraise, ces destins, certes différents se conjuguent dans le fourmillement d’un cheminement sur les traces d’une vérité… Une philosophie de vie belle et éprise d'une forme de candeur mêlé à un réalisme frondeur, ouverte à l’humanité, et non sclérosée, versatile, infâme comme ces rires qu’on devine dans certains estaminets… encore… Chemin_des_Dames_&_Kleindal_2014_07_31 Extrait d'un essai sur une partie de ma vie.... Ce texte aurait du être publié il y a juste un an, pour le Cinquantenaire, mais ce jour cela fait 50 + 1 ... un nombre de félicité.. que ce chiffre 51 !!!!! Cinquantenaire pour l'un et centenaire pour l'autre, tout se recoupe, tout est dans la mémoire du temps.. A poursuivre ....

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    Et voici que rosent les roses et que pluie la pluie et le gazon gazonne Etonnement heureux de la splendeur des choses du vent, du soleil, et du ciel quand il tonne J'en ai passé pourtant des orages, des rages, de vains espoirs, des nuits dures d'ivoire, perles de larmes au bord des cils, bien loin des dieux et des poignards au fond des yeux Cent fois ce fut la fin du monde Cent fois je crus mourir cent fois à te maudire.. mais je ne mourrais pas L'aurore me trouvait le matin pantelante, rassemblant mes morceaux rallumait la lumière, silencieuse, attentive, et me baisait le front et me laissait dormir Aujourd'hui, mes pensées arabesques s'enroulent dans des jardins de colline autour de tes poignets autour de tes chevilles et te font des colliers au parfum de vanille Te souvient-il de nous ? Sais-tu que je n'ai plus de larmes, c'est nue et poudrée que l' aurore à présent, désoeuvrée et morose traîne son grand manteau froissé au travers de la chambre des plis d'étoiles tirés sur ses paupières elle hante mes lèvres de poussière et de neige Qu'es-tu donc devenu ? Dans les paumes de mes mains Il y a l'empreinte de ta joue Je me souviens de tout Me glisser dans ton ombre Y dormir Y mourir s'il fallait mais tu ne le sais pas mais tu ne m'entends pas Jamais plus à l'aube ne nous dirons-nous bonjour Jamais plus la nuit ne dormirons-nous ensemble côte à côte Jamais plus dormir à tes genoux Je me souviens de tout Mais toi Te souvient-il encore de nous ? Mais voici qu' à nouveau rosent les roses et que pluie la pluie et le gazon gazonne Etonnement heureux de la splendeur des choses du vent, du soleil, et du ciel quand il tonne Ame te souvient-il de Verlaine chanté par Ferré http://youtu.be/BXrEliB0lZY

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  • 07/27/14--09:05: Le volcan par Cypou
  • Le volcan De sa gueule ouverte il crache ses mots. S’accrochant à mon oreille ils évitent la verte clairière. Refuge de paix une biche s’y attarde. Saura t’elle s’en extraire avant d’être encerclée ? Nuages de poussières s’amoncelant, poussières de maux tels ceux de ta bouche éructés étouffant tout espoir de fuite. Pas l’ombre d’une concession quand l’intérieur gronde….. Partir ou mourir. Mythe de l’oiseau aux ailes sectionnées comme pour lui redonner force de s’envoler par-dessus ce brasier sans en bruler le bout. Brasier toujours incandescent comme le fut celui de ton antre. Antre de la terre, entre nous. Entre vous pour peupler ce monde qui court. Qui court pour s’évader, vapeurs toxiques de l’argent, vapeurs toxiques de l’intolérance. Incompréhension des mots… Pour que plus jamais mots ne deviennent maux, que s’éclaircisse le ciel ; avant que la biche suffocante ne se laisse emporter par l’oiseau. « Les mots ne sont jamais définitifs Tout est relatif. Quand tout devient impératif alors humain…devient compréhensif » Saga des mots pour …..une évasion ; c’est ainsi qu’elle redigea son testament. Cypou le 27/juillet/2014 En écho a l’invitation au jeu de lbambou……

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