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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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    C'est vrai que je fus pour ma Nine un mauvais père. J'avais bien du louper une dizaine de chaleurs avant de me résoudre à l'emmener au mâle. Évidemment elle était devenu complètement hermétique au charme du gros Large White Anglais censé l'emmener à la fois au 7e ciel et aux joies de la maternité. Sans doute que la Nine attendait de lui ce qu'elle avait de moi presque chaque jour. Des compliments sur sa bonne mine, ses rondeurs, son bon caractère, des brassées de paille fraîche et évidemment des gratouillis entre les oreilles, dans le cou et de petites claques sur les fesses. Je ne parlerai pas des heures de liberté que je lui permettais de passer dans le verger où Madame se mettait en frais de le nettoyer de toutes les pommes, poires et figues tombées à terre. Ce verrat ne savait rien de toute ces bonnes manières et Nine pour tout dire avait bien failli lui coller une raclée. Malgré ma jeunesse je m'étais dis alors que la truie est bien une femme comme les autres. Le gros bestiaux lui qui n'était pas d'une ardeur exceptionnelle dans sa sagesse de gros verrat avait préféré retourner s'intéresser à sa gamelle de farine et de radis chinois... Mais les cochons ne sont pas tous aussi débonnaire... Un pote qui bossait dans un centre d'insémination en Corse me racontais un jour que pour détecter les chaleurs ils avaient dans la porcherie un petit cochon noir corse d'une ardeur toute à fait exceptionnelle. Ce dernier était enfermé dans un box et il suffisait de faire passer devant sa porte une femelle pour savoir tout de suite si elle était en chaleur ou non. Cette solution permettait de faire gagner du temps à tout le monde car le mâle était particulièrement sollicité et ne perdait donc pas de temps à essayer de détecter des chaleurs inexistantes. Un beau jour aprés la pause de midi le pote a retrouvé le cochon noir au milieu de la troupe des coches en attente. Le gredin s'était débrouillé pour s'échapper de son box puis à faire le mur pour se retrouver dans l'enclos des filles.... Sans rien dire à personne il l'a ramené à sa place. Trois mois, trois semaines et trois jours jours plus tard de nombreux éleveurs sont venus demander des explications sur l'étrangeté des fécondations. Alors que les porcelets étaient censés tous naître roses et dodus la totalité des petits fécondés cette après midi là étaient de couleurs bigarrés et d'une conformation particulièrement maigrichonne.

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    Pas de photo sur les profils voilà un problème récurrent des sites de rencontres comme le trou de la sécu l’est pour le ministère du budget sans qu’il y ait, en tout cas en première intention le moindre rapport entre les deux choses, C'est ça les métaphores, ça propose de rendre le propos évident par une analogie qui n’a en fait rien avoir et curieusement plus le fait comparateur est éloigné de la proposition à valider et plus l’exemple peut sembler pertinent, passons. Mais non, la photo n’est pas une solution, tout au plus peut elle donner une idée...et encore, à condition qu'elle corresponde encore à la personne. il m'est arrivé de rencontrer plusieurs femmes à qui j'aurais pu dire: "Vous êtes venue me dire que votre fille n'a pas pu venir?" Mais bon je déteste la goujaterie, c'est un des rares trucs positifs que je dois à ma mère , depuis tout petit elle m'avait inculqué 2 grands principes: "on n'évoque jamais avec une femme son âge et jamais , jamais on ne regarde dans son sac à main". Elle m’avait dit ça avec une telle assurance que je me demandais comment Dieu avait-il pu oublier ces injonctions sur les tables de la loi… non ce devait être du fait de Moise qui les aura supprimées en ces temps de machisme intense et de phallocratie ouverte que le Moyen Orient ne connait plus heureusement de nos jours. Le tabou du sac à main féminin c’est le genre de choses qui vous marque à vie comme le trou de la sécu pour le ministre du budget [possibilité de coller ici la remarque écrite plus haut car une fois de plus elle est vérifiée, on pourra y ajouter l’aspect multi-usage de la proposition métaphorique, donc son caractère intellectuellement économique] Un jour plongeant à la demande insistante d'une femme la main dans son sac pour y prendre ses kleenex mes doigts étaient aussi hésitant que ceux d’un curé entamant sa première inspection génitale d’un de ses enfants de chœur et au même moment ma tête fixait le lointain comme si le moindre regard dans le fatras indescriptible et mystérieux de ce lieu sacré m'eut immédiatement projeté en enfer alors qu’au même moment j'entendais une voix agacée hurler "mais enfin, tu peux regarder dedans, je n'ai rien à cacher!". Mais rien n'y faisait, à ce moment j'avais un sentiment de profanation d’un endroit à jamais interdit à ma masculinité et ma culpabilité n’était libérée qu’une fois le paquet trouvé comme le ministre du budget lorsqu’il a enfin trouvé le moyen de combler le trou de la sécu et le prêtre sus-évoqué celui de son jeune assistant. On peut vraiment écrire sur n’importe quoi quand on a un talent tel que le mien, c’est dingue. Doté de qualités intellectuelles et humaines exceptionnelles, d’un humour aux effets plus ravageurs qu’un psychotrope afghan et d’un esprit subtilement analytique, aussi cultivé, rare et fin qu’une pomme de terre primeur de Noirmoutier, peintre méconnu, dessinateur surprenant, sculpteur lumineux , auteur sensible , musicien certes médiocre , cinéphile et mélomane passionné, tous les hommes jalousent mes multiples qualités quand ils acquièrent la certitude qu’elles me permettent de phagocyter l’intérêt féminin… Alors sans que ma modestie naturelle - comme beaucoup d'amants de premier ordre - et souvent excessive - comme beaucoup d'anciens enfants de choeur- y soit pour quelque chose, je les rassure : il n’en est rien.

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    En cet fin d’après-midi estival, je me sentais une faim de loup et me lassais de traînailler à VTT dans les sous-bois attenants à la ville. J’étais prêt à me faire le premier chaperon qui passerait par là sans autre forme de procès. Alors imaginez-vous (à mon corps défendant) quand la poulette est arrivée en face de moi au détour d’un taillis, son vélo à la main! L’ingénue aux joues rosies par la chaleur et l’effort était habillée d’un débardeur blanc échancré à l’envi, laissant toute latitude à ses petits seins d’admirer le paysage, et d’une jupette rouge fraise sauvage à gros pois blancs, dimensionnée pour prendre résolument ses distances par rapport aux rayons de la roue et éviter de se faire happer. Elle me regardait en baissant la tête pour laisser passer son regard au dessus de la monture de ses lunettes de soleil pour mieux me dévisager dans la pénombre projetée par la frondaison des arbres. Je pouvais admirer le travail d’hélios qui avait doré sa peau sans avoir à dévoiler tous les secrets de sa féminité qui devaient lui avoir été offerts sans concession aucune. La croqueuse de vie avait son visage tatoué par la joie insouciante de sa jeunesse, elle ne semblait pas manquer d'air, et pourtant elle me tendit son vélo me pressant de lui regonfler un pneu. Elle voulait que je fasse vite eu égard à un rendez-vous galant qu’elle ne voulait souffrir d’avoir à faire réchauffer le plat. Pompeusement je lui soufflais à l’oreille que je pouvais sûrement remplacer avantageusement son rencart, qu'il ne servait à rien de battre toute la campagne, en l'absence de rustine il n'y aurait point de vulcanisation caoutchouteuse et je réservais mes préservatifs en latex naturel au goût vanillé pour d'autres colmatages. L'exquise ange maquinée au botox, de son air malicieux et de ses sourires sulfureux raccourcissait mon cycle circadien renvoyant ma chronobiologie aux calendes grecques. Elle pérorait et jubilait en me demandant ce qui pouvait me faire croire que je puisse être un bon substitut à l'élixir de jouissance. A coup sûr cette assurance cachait une fragilité d'enfant qui s'était émancipé avant même que sa bonne fée n'est pu lui finir sa carapace féminine, elle transpirait le besoin inavoué de trouver une âme sœur protectrice. Sur ce coup là, il me fallait ravaler de ma superbe et lui donner l'impression qu'elle dominait son sujet et menait la danse, celle qui pouvait tout envoyer valser. Après un coup de pompe méritoire qui ne fit pas bander les crampons de ses pneus, l'air un peu déjanté je lui proposais de garnir de mousses et de feuilles ses ballons de Bibendum en attendant un peu plus tard pour s’envoyer de l’air dans sa chambre pour remise en forme. Si la pauvrette native Lolita en son état civil avait le diable au corps, la technique du désespoir n’était jamais passée par la case gestion des causes perdues. Je lui expliquais l’irréversibilité des vases communicants qui se sont vidés de leur fluides vitaux, et tout comme l’époque de son adolescence quand elle bourrait son premier soutien-gorge de chaussettes et de coton hydrophile pour maintenir l’esquisse de ses seins à venir, certes elle ne repartirait pas gonflée à bloc (vélocipédiquement parlant), mais sans talonner pour autant. Peu convaincue de la technicité de mes avances, néanmoins elle ne se fit pas prier pour reprendre sa monture ainsi requinquée et écarter les cuisses pour enfourcher sa bicyclette faisant glisser le long de ses jambes le dard rehaussé de la selle. Les fesses fermement serrées et collées sur son destrier elle démarra promptement en appuyant fermement sur les pédales faisant saillir ainsi le galbe de ses mollets et de ses cuisses qui visiblement n'en étaient pas à leurs premiers tours de manivelles. Son sourire toujours à l'affiche, d'un petit geste de la tête et d'un clin d'oeil de vieux complices elle m’invita à la suivre chez sa grand-mère qui avait mis le muscat au frais…. Lcm

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    Votre petit dernier vous donne du souci ? Il finit le collège et change de relations sociales, de centres d'intérêt aussi ? Dorénavant il est rasta ; il vient à peine de découvrir Bob Marley et Peter tosh qu'il est déjà dans le trip "vie cool, tranquille, vêtements aux trois couleurs et cigarette roulée au bec"... et le séant collé à la glue dans l'angle du canapé, son Ghetto-Blaster comme repose pieds... Fini l'équipe de basket, les ballades à vélo ! Quand il se lève, c'est pour esquisser deux pas de Reggae en pantoufles (les vôtres d'ailleurs)... avant de retomber en arrière dans son recoin de fauteuil. C'est amusant un temps mais vite pénible pour un parent responsable. Pas de panique ! Vous POUVEZ récupérer votre canapé ! Bluffez-le en sortant un bon vieux CD de Jungle Beat ! Même les rastas ont pris conscience qu'il leur fallait accélérer le "Beat" de temps en temps (Beat : vitesse du tempo musical, battements par minute)... histoire de se dégourdir les jambes. Et les junglist y ont remédié à coups de synthés, boîtes à rythmes et samplers. La Jungle est un style de musique léger et festif, certes, mais malin... Il est basé sur une ligne rythmique classique du Reggae, ou de la Dub, et agrémenté électroniquement de "doubles croches", voire de triples ! La musique peut donc se danser sur deux rythmes, un lent plutôt classique, l'autre très "sportif". Ce style apparu il y a plus d'une dizaine d'années dans un quartier de Kingston appelé "Jungle" (Jamaïque) a, je trouve, redonné un second souffle au reggae. Il lui a permis surtout de réinvestir les boîtes de nuit européennes devenues "electro" et a contribué à créer le lien avec le rapp américain. Vous pouvez danser avec votre fils maintenant et le voir transpirer à grosses gouttes... dans vos pantoufles... mais pas sur le canapé ! Jungle beat (drum and bass) General Levy http://www.youtube.com/watch?v=yIX97-8O4ao http://www.youtube.com/watch?v=OZjWX3vI6lg http://www.youtube.com/watch?v=8facJWyY_m8 Duke http://www.youtube.com/watch?v=QSG1kwl-O70 Bounty Killer, Dawn Penn http://www.youtube.com/watch?v=46sQel8fslg Demon Boyz http://www.youtube.com/watch?v=TbuUInARmXU Leviticus http://www.youtube.com/watch?v=9XtDgEjZPTE Triple X & Bassman http://www.youtube.com/watch?v=zBc-e-sEBBk

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  • 08/03/14--03:43: Oubli par Rolando68
  • Il aimait lire. Il lisait beaucoup. Des romans surtout, des romans noirs aussi. Il lisait dans le train, dans le métro, dans les parcs et les jardins publics. Quand il ouvrait un livre, il était comme un passager dans un avion. Il décollait, quittait sa vie pour en vivre d'autres. Il devenait Madame Bovary, le Dr. Jivago, Martin Eden, un employé déprimé comme les décrivait R. Carver, Kurt Wallender ce flic du nord de l'Europe. Il s'identifiait à ces personnages d'encre et de papier. il vivait alors presque par procuration. Il ressentait leurs émotions, leur colère, leurs amours, leur violence donnée ou subie... Ce matin là il s'était assis comme de coutume sur un banc du jardin public proche de chez lui. C'était un matin d'été, il faisait encore frais. La rosée brillait comme des perles tombées sur les fleurs et le gazon. La cîme des arbres se balançaient doucement sous une légère brise. Le silence était à peine troublé par le gazouillis des oiseaux. Il plongea dans son livre comme dans un étang.. au bout de quelques minutes il était le lieutenant Grange "D'un balcon en forêt", descendait du train et croisait sur le quai des soldats fusil à l'épaule. A l'horizon se découpait la silhouette sombre de la forêt des Ardennes. Soudain une ombre s'intercala entre la lumière du soleil et lui. Il émergea de son livre comme un plongeur en apnée. - Bonjour! je ne vous dérange pas si je m'assois à côté de vous? C'était un homme, plutôt grand et solide aux cheveux gris et épais. le visage sillonné de rides. C'était difficile de lui donner un âge. Un chose était sûre, il était vieux. Oh! si qu'il était dérangé... - Je vous en prie. L'homme s'assit et alluma une cigarette. - Vous en voulez une? - Non merci. Il avait du mal à rejoindre le lieutenant et les Ardennes. L'homme à côté de lui fumait tout en fixant le sol. - Vous venez souvent ici? - Oui très souvent. - Vous lisez quoi là? - "Un balcon en forêt". - Ah! oui de Julien Gacq - Vous connaissez? enfin je veux dire vous l'avez lu? - Oh oui, il y a tellement longtemps... - Vous ne lisez plus maintenant? - Non plus du tout ou le journal de temps à autre. Maintenant je me contente de regarder les gens. - ... - Les gens sont plus intéressants que les livres vous savez. - Oui bien sûr... bin.. bon je ne m'ennuie pas mais il faut que je rentre. Au revoir et bonne journée. Quelques jours plus tard, à peine la grille du jardin poussée, il vit le vieil homme assis sur SON banc. Il fit mine de ne pas l'avoir vu et alla s'asseoir à l'autre bout du jardin en espérant que l'homme ne l'aie pas aperçu. Le même manège se reproduisit plusieurs fois. il voulait être tranquille. Il n'avait pas envie de parler. Il voulait lire! Un point c'était tout! Un mois plus tard alors qu'il feuilletait le journal local à la terrasse d'un café il tomba sur la photo de l'inconnu du jardin public. Francis R. écrivain français, père du "nouveau roman noir" avec JP Manchette. célèbre pour "le secret" dont R. Enrico avait tiré un film avec JL Trintignant et auteur de bien d'autres livres, Francis R. s'est éteint dans sa 89e année, seul et oublié de tous.

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  • 08/03/14--03:43: vacance par Pivert
  • Partir, s'en aller, ne plus revenir. C'est une sensation extrême finalement oui. On l'écrit comme ça l'air de rien, et petit à petit elle grandit dedans, puis elle prend tout, incendie. Dans les caves de l'ombre, partir se rejoue sans cesse, matin midi minuit, ici au bout du monde. Partir, s'en aller, ne plus revenir. Exil. Tu es bien trop belle. Tu es bien trop con. Soupir... Souvenir. Devant derrière, la mémoire oblige les corps et les esprits. Et tu peux toujours te défendre, ruer dans les brancards, te saouler, chanter, tu ne reviendras plus, elle non plus. Dessiner sur le sable son doux visage. Faire des ronds dans l'eau. Péter à table. Dormir au boulot. Insulter les passants. Te venger sur les filles. Aller avec des hommes. Tout ce que tu voudras. Rempart de brindilles là. Le souvenir à l'assaut monte les montagnes, rempli les espaces, brûle les yeux, occupe le temps de vivre. Et tu crois que les planètes tournent contre toi. Parce que même la pluie s'est perdue en chemin. Désaccord. Perdre le nord. Lourd à porter. Impossible à démonter. Oh oh oh oh hisse ! Bijou bijou te réveille pas surtout. Des feux rouges partout. Impasse. Repasser sans cesse la frontière. Se défaire. A l'envers. Jamais d'autre que toi. Partir, s'en aller, ne plus revenir. Drôle de sensation vraiment. Arsenic. Cyanure. Acide. Terre brûlée. Ca sent la cendre, la fin, la mort. A l'avenir, laisse venir... La vacance

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  • 07/28/14--10:00: Chercheurs d'or par Cypou
  • Chercheurs d’or. Depuis longtemps je m’émerveille de voir couler a leurs pieds foulée cette eau de vie ou je t’ai déposé. Ne me manquait plus que le tamis que je voulais a ta candeur et dont tu as bien pris soin de m’éloigner. Désormais je sais qu’il attend sur le bord du ruisseau. C’est toi qui l’as méticuleusement choisi alors je ne me fais pas de souci quant au choix de la maille. Pas question de t’en rendre prisonnière. Je te veux libre de danser aux arabesques du courant de la vie, libre de le faire tournoyer autour de ta gracieuse taille. Si par hasard, comme le cerceau, il retombe a tes pieds, ne t’inquiète pas qu’il trempe dans cette eau que pour toi j’ai fait bénite. Ne te soucies point de la météo. Samedi sera pour toi le jour le plus beau quand, de tamis, dans ta robe de mariée, tu vas te dévoiler a moi ……ma pépite. Cypou le 28 /juillet /2014

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    Lors d'un retour sur PCC, comme j'en connaissais assez bien les us et coutumes, sans humilité aucune, j'invitais à jouer... j'avais oublié que lorsque l'on n'est pas connu OU reconnu, on est quelques fois snobé... ce fut un flop ! Je retente ! Période estivale aidant, qui veut jouer avec moi ? Ombre – concession – mythe – section- rédigea – argent – intérieur – partir – court - peupler Rêverie Hier, j’ai vu Carolyn Carlson. Elle dansait dans ma tête. Pile à la section de l’ A2 et du périphérique, endroit infiniment dangereux où, pour regagner ma banlieusarde campagne, je dois souvent couper une file ininterrompue de camions qui se dirigent via Paris, vers le Nord Ouest. Elle dansait Inanna, pièce qu’elle avait écrite pour sept danseuses, inspirée par la figure de cette déesse de l’amour et de la guerre, un des mythes fondateurs sumériens. Mais c’était bien elle que je voyais, sa blondeur diaphane et ses gestes déliés. Je m’abîmais dans cette contemplation lorsque d’un entrechat d’esprit ou d’un saut de biche si vous préférez, je fus ramenée au bout de mon chemin, chez ma chère amie, Caroline. Caroline c’est Inanna aussi, une femme moderne, protectrice et courageuse, fragile mais intrépide, indépendante et sans concession. En cette fin de journée qui annonçait une nuit glacée, j’aspirais à gagner au plus vite son théâtral intérieur (sa maison est une poésie, une symphonie de notes douces et drôles jamais discordantes, les voiles d’argent suspendus à ses fenêtres laissent entrapercevoir le clair de la lune… mon ami Pierrot). Elle allait avoir cuisiné l’ombre comme nulle autre, d’une cuisson si précise qu’on se damnerait à coup sûr et le champagne rosé (notre péché mignon, au diable l’orthodoxie gastronomique !) ajouterait à ces plaisirs mêlés des sens et de l’esprit. La nuit était avancée, le poisson avait été parfait, chair nacrée et moelleuse à souhait, dans ma poche un billet doux glissé (un petit poème qu’elle rédigea subrepticement entre la poire et le fromage, ou plutôt devrais-je dire entre le sorbet et les mignardises), il était temps de partir. Le chemin était court, familier et je me laissais volontiers aller à peupler ma rêverie. Derrière mes paupières mi closes, Carolyn et Caroline dansaient…

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    Cette invitation chez un de mes collègues me mettait en réalité fort mal à l’aise et j’avais déjà considéré la possibilité de ne pas m’y rendre, mais il y avait en moi quelque chose d’absurdement loyal qui m’empêchait littéralement de proférer le moindre mensonge, aussi pieux fut-il, car j’avais toujours peur de blesser quelqu’un, comme si ce quelqu’un eut été un autre moi-même .Il y avait probablement là une forme de lâcheté, à moins que ce ne fut tout simplement une sensibilité maladive, ce qui somme toute revenait au même. C’était comme le grain de sable qui enraye une machine, ou le petit caillou dans la chaussure. Ces scrupules ne me faisaient pas honneur car j’attendais toujours d’autrui qu’il agisse selon ces principes, ce qui se produisait rarement, et me jetait souvent dans des états de colères larvées qui étaient généralement suivies de crises d’humilité abjecte. Si par malheur j’apercevais chez moi une de ces erreurs de discernement, je me perdais dans des excuses les plus absurdes et j’étais parfaitement capable alors de me jeter dans les bras de mon pire ennemi au lieu de lui cracher à la figure, ce qui eut été encore la solution la plus appropriée. J’en étais malheureusement incapable et je dois avouer que je ne faisais jamais le moindre progrès, je faisais chaque jour table rase de toute expérience. Je ne comprenais pas ce qui ce qui avait donné naissance à ce manque essentiel, mais le fait était là. Je continuerais à laisser brûler des casseroles tandis qu’un ami m’entretenait au téléphone, plutôt que de lui laisser croire un instant qu’il m’avait dérangé. Il m’était également impossible de laisser sonner plus de deux ou trois fois, car j’avais trop peur de manquer le moindre appel, tellement l’idée que l’on puisse s’intéresser à moi m’étonnait encore. En conséquence de quoi je passais le plus clair de mon temps à remercier ou à m’excuser, et le pire étant bien l’atroce sentiment de ridicule qui me tenaillait. Je partis donc et retrouvai bientôt l’ambiance mi-figue mi-raisin de la petite bande qui se retrouvait à intervalles réguliers chez l’un ou l’autre de mes compagnons de travail. C’était de braves gens qui s’en seraient voulu de faire du mal à quiconque, mais leurs sujets de conversation n’allaient jamais au-delà du sport, que bien entendu j’exécrais tellement on nous en avait rabattu les oreilles et qui n’était devenu ni plus moins qu’une vaste entreprise qui brassait des sommes fabuleuses et dont le moindre employé faisait figure de star, et puis les derniers potins politiques dont ils parlaient avec un sentiment de telle importance qu’on aurait pu croire qu’ils maîtrisaient tous les aléas, avec leurs « moi ce que le pense… » ou des « vous voulez que je vous dise… ? » bien sentis et destinés à attirer l’attention de tous sur quelque chose de capital, dont seul le présent interlocuteur avait la prescience. Mais ce qui déchaînait les passions et donnait lieu à de véritables morceaux de bravoure, c’était bien sûr Bourdon et Cie, dont ils faisaient leurs choux gras avec une véhémence qui semblait rajouter du piment à la conversation et le ton montait alors de façon extraordinaire. C’était des envolées lyriques, des diatribes, des indignations si vertueuses que l’on croyait vraiment alors qu’untel allait vraiment casser la gueule du contremaître qui ne l’aurait pas volé depuis le temps qu’il lui cherchait des crosses, il allait voir de quel bois il se chauffait, cet idiot. Lequel bois réchauffait leur cœur à chaque rencontre et brûlait avec la même chaleur la fois suivante. Tout cela ne mangeait pas de pain et ne les empêchait nullement de faire leur travail le plus honnêtement du monde. Je me gardai bien de mentionner mon prochain départ et rentrai chez moi les oreilles bourdonnantes et l’esprit vide. Je passai le reste de la soirée à ranger mes affaires et à faire le vide dans cet appartement que j’allai quitter sous peu.

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    Un écran géant, une nuit, un rêve dans un vent qui passe. La tête dans les étoiles et un film. Un grand film. Revoir A nos amours, trente ans après sa sortie, c’est voir le cinéma comme s’il venait d’apparaître, Être dans l’intensité de toutes les premières fois. Revoir A nos amours, c’est assister à la naissance d’une actrice, encore une fois sidéré. C’est écouter Klaus Nomi dans sa Cold song, comme si c’était la première fois. C’est voir Pialat lui-même, en apparition non scénarisée, dans une scène de dîner, devant des acteurs surpris, hébétés, obligés d’improviser, et leur balançant : « Quand Van Gogh est mort, il a soi-disant prononcé une phrase (...). Il a dit: "La tristesse durera toujours". La tristesse durera toujours. Et ça me frappait beaucoup cette phrase parce que je me disais mais... En fait, je pensais comme tout le monde. Je croyais que c'était triste d'être un type comme Van Gogh. Alors je crois qu'il a voulu dire que c'est les autres qui sont tristes. Vous pensez pas ? C'est vous qui êtes tristes.» Revoir A nos amours, c'est comme découvrir un nouvel art, celui de la vie. Pialat était un homme en colère, un insoumis. Le plus intense moment de l’histoire du festival de Cannes, c’est Pialat recevant sa palme d’or et disant, colère sourde, le point levé : « Si vous ne m’aimez pas, sachez que je ne vous aime pas non plus » J’aurai aimé rencontrer Pialat. Il m’aurait peut-être usé de sa colère, je l’aurai aimé quand même. Comme j’ai aimé ses documentaires, bien avant qu’il réussisse enfin à faire des longs métrages, tels L’amour existe (1960), film sombre, mélancolique et presque onirique. Plus tout à fait un documentaire, pas encore une fiction. Une merveille. Qu’il reniait, comme tous ses films… L’amour existe : http://www.dailymotion.com/video/xeyfz1_maurice-pialat-l-amour-existe-germa_shortfilms A écouter: Maurice Pialat : La tristesse durera toujours - Conversation avec Serge Toubiana, un enregistrement de plus d'une heure, pour France Culture, peu avant sa mort : http://www.youtube.com/watch?v=95EsGfwWh6U

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    Cette ville je l'appellerais La ville des ponts sur mer .Je sais pas moi, mais je crois qu'ils sont faits pour y aligner l'équipage qui salue les navires rentrants et sortants du port. Je me précipite jusqu'au bout du pont et je presque oublie le chemin de béton sous mes pas. La mer est gris-pétrole ce soir, elle ne monte ni ne baisse, on est en fin de marée descendante, c'est l'étale de marée basse. En période de vive-eau, le marnage peut atteindre ici 12 mètres, mais on était en période de morte-eau. Un jeune homme est passé de l'autre côté de la balustrade et fait des acrobaties, subir les affres d'une plongée dans la mer de pétrole, juste pour le bonheur des goélands . Par malheur, il finit de jouer dans l'antre de la marée noire sous les applaudissements des mouettes . Les crabes du fond de la rade installés à table pour le diner ,se mirent à picorer ses orteils sur le champs... Je vois la dent de la tempête dans le ciel. J'avais envie ce soir là de lui laisser un mot d'Adieu sur la porte . Mais comment dire adieu de façon que cela signifie le contraire? L'autre jour, la tournure qu'a pris la conversation lui a déplu. J'ai comis une gaffe en plaçant l'Empire Austro-Hongrois au moyen âge, alors qu'il date du début de l'histoire moderne . Mais ça c'est passé dans la soirée, après avoir été chez le dentiste pour soigner sa gingivite car il commençait à saigner abondamment , et après avoir acheté la cigarette électronique. Au moins une chose est sûre. L'inconscient existe. Celui dont Freud en parlait. à moi, quoique je fasse , on me dit tout le temps: " T'es inconsciente, toi!" ,comme si je passais ma vie allongée sur le canapé de Freud , ma conscience ensommeillée, mon inconscient vigilent. Par définition, il n'y a pas de connexions entre les deux, ou s'il y en a eu, elles se sont rompues . Je suis, même si je ne pense pas . ( Pardon? monsieur Descartes ?) portée par une vague qui me sert de navire, sans maitre de quart, sans timonier, j'ouvre les yeux, je les ferme, je m'embarque dans l'Easy Jet, je décolle, j'atterris, je suis le convoi et au bout du couloir, un visage souriant qui a l'air de me connaitre, je souris aussi grâce à mes neurones miroir .... Le mot d'adieu sur la porte d'entrée ,pas réfléchi : "T'as d'la soupe et une bière dans le frigo j'ai mangé la moitié de ton steak mais il te reste un billet de 20 euros et 5 pièces d'un euro dans le bol j'ai fait une fausse crise d'angor, une fausse ambulance est venue me sauver ma fausse vie fais ce que tu as à faire tu sais que je suis nulle en histoire bisou, S Mais qu'est que je fais? J'écris déjà mes mémoires comme une vieille dame assise sur un tabouret, comme s'il n'y avait plus d'avenir ,que du passé? Oui, mais plus tard ! après qu'il sera venu me glisser un mot sous la porte , me proposer de me donner des cours d'histoire tous les jours, dorénavant .... Le " plustard " c'est un avenir ....bah, oui

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    Dans un roman Russe , l'éternité n'est pas de trop pour les protagonistes ... Ce Héros là, il le serait... Après l'empire viendrait le nouveau règne et pour cela et il avancerait coûte que coûte, même piano ses pions ,jusqu'au tropique du Capricorne Fasciné il écoutait avec lui le peuple entonner le chant de la mission divine Ode au regain de la puissance tsarine La sorcière occidentale devait avec la Tauride se résoudre aux adieux ... pour hâter sa fin, Il résolut alors de lui offrir comme à Alexandre ,un dalhia noir empoisonné Ma petite contribution c'était trop tentant ...

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    Le plaisir d'être ensemble. Simplement. Pour la plupart d'entre nous, les vieux clous, certains films déroulent déjà devant nous dans le lointain, des images un peu fanées d'une époque révolue. Bientôt, et c'est peut-être déjà vrai, l 'heure viendra où l' on étudiera en classe ces oeuvres témoins d' un tout relatif récent passé , (!) un jour viendra où l'on aura besoin d'un guide pour comprendre le scenario et les dialogues d'un film préhistorique, et rencontrer dans le silence contenu d'une salle obscure l'auteur mort depuis longtemps, d'une Nouvelle Vague ou d'un monde obsolète, comme on se recueille au pied d'un monument historique. De ce qui nous a émus, de cette chair vive, rose et ferme de nos vingt ans, de ce sang impétueux qui coulait dans nos veines gonflées, bientôt il ne restera qu'une peau exsangue et blafarde, il ne restera rien, presque rien du tout. Nos visages pétrifiés disparaitront à leur tour dans un froid mortel. :( Mais les images de ce vieux film sont entrées autrefois en nous, profondément, et y sont restées. Elles s'y sont gravées. Tout au fond. Et voilà qu'un beau soir, à la faveur d'un hasard, elles surgissent brusquement devant nous, nous forçant à tout arrêter et à nous asseoir un instant, fascinés et nostalgiques, à la redécouverte de notre propre histoire. Et justement, il aura suffi que je me laisse aller hier soir. Que je m' abandonne à ce vertige, à cette sensation. Ce retour en arrière soudain c'est un face à face avec moi-même. Avec le temps. Avec la réalité. Une réalité rendue palpable et visible par la grâce magique du septième Art ! Merci au cinéaste ! Ces fragments épars, ces motifs, ces bris en émergeant de la gangue recréent ce que je fus. Ce que je suis peut-être. "Ma nuit chez Maud", c'est ma nuit à moi. C'est chez Maud la superbe, la Fabian sensuelle, avec et le si troublant intriguant Trintignant, c'est aussi la douce Françoise, la blonde et fine Marie-Christine Barrault presque diaphane, ce sont eux mes amis. Ceux d'avant. Ma nuit chez Maud, c'est que cela m'appartient. Le cinéaste, l'artiste, c 'est Rohmer. Ciné-club d' autrefois, le soir après le lycée. Après un lait-fraise au Fontenoy. On ne s'ennuyait pas. Des nuits chez Maud, plus tard, dans les chambres étudiantes, merci le Crous, il y en a eu mille. Ces soirées longues qui n'en finissaient pas, dans les brumes de tabac indien, senteurs d' encens et de vieux cuir anglais...A refaire le monde, à partir de bouquins. A le ressusciter. A parier sur dieu, sur Pascal, à parier sur la vie. Soulevés d'enthousiasme, de passion, d'espérances, d'impatience, d'orgueil, de doutes et de certitudes, nous refaisions le monde chaque nuit ! Le flot violent de la jeunesse nous emportait. Notre sang bouillonnait. Que de débordements, que de désordres ! Que d'amour ! Que d'impuissance aussi à changer la vie ........oui je sais, nous nous sommes trompés. Mais pas autant que cela, à vrai dire.... Voyez, comme nous sommes encore pleins d' illusions, même rouillés, oxydés et perclus, nous croyons encore pouvoir faire quelque chose. Car partout, j'en suis sûre, nous veillons. Au grain. A la suite des choses. Nous continuons de croire que sous les pavés la plage......Oui partout nous veillons.... Jadis désinvoltes et légers, audacieux, pleins de rêves, et de musique, les mains peintes de fleurs, nous sommes devenus des vieux croûtons à présent, mais nous ne serons jamais des sentinelles figées, je vous le jure ! Je l'affirme je signe. Monsieur Rohmer, merci pour nos nuits, merci pour nos jours, et pour nos lendemains ! Maud, merci, merci pour ce regard et cette attentive écoute au bord du lit. Oui merci pour ce plaisir d'être ensemble. http://www.cineclubdecaen.com/realisat/rohmer/manuitchezmaud.htm

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    Je n’aime pas toujours les recueils de nouvelles. C’est parfois trop court pour moi, tu t’attaches à des personnages et paf ils s’en vont et tu passes au suivant, je ne suis définitivement pas une fille du zapping. Mais ce recueil là c’est autre chose. Richard Brautigan il s’appelle l’auteur. La première fois je l’ai écouté, enfin ses mots, c’était une femme poétesse qui le lisait adossée près d’un radiateur, elle était dotée d’une chevelure brune jais et d’une classe que les maigres dégagent forcément. Elle avait une diction parfaite et tout de suite les mots m’ont accrochée. Pas loin d’elle il y avait un gars d’un certain âge qui grattait sa guitare et ça bluesait pas mal, de temps en temps il se mettait à chanter et ça bluesait encore plus, il avait un fort accent américain ( ?) mais un moment il a parlé ou chanté en allemand. Un mélange des genres qui allait très bien avec Brautigan et sa prose sans concession. La poétesse nous a lu « un avion de la première guerre à Los Angeles » c’est la dernière nouvelle du recueil. Ça parle d’un gars qui a piloté un avion pendant la guerre et qui a été poursuivi par un arc en ciel et des allemands et puis aussi de la course vers le destin, et de l’argent qui vient et qui file, et du mythe américain que les californiens ont en eux, « et je rédémarre à 0 et les échecs ne me font pas peur » (un moment le pilote achète un ranch et des moutons et par deux fois le troupeau meurt et la deuxième fois c’est là qu’il décide de partir en Californie). Brautigan écrit bien mais bien, des fois il met des mots qui n’ont rien à voir côte à côte et ils sont encore plus éclatants, j’aime quand les phrases prennent un sens anormal, illogique et pourtant totalement évident, il faudra que je vous trouve un exemple. Cette nouvelle par exemple commence normalement puis elle est divisée en petites sections chiffrées et je me rappelle que le gars chantant les lisaient en anglais juste avant que la poétesse lise les paragraphes, il avait une voix caverneuse et ça faisait comme une scansion dans le fleuve du texte, c’était beau. Il y a une section que j’aime bien c’est la 23 entre la 22 : « Cela fait maintenant vingt-trois ans qu’elle travaille comme caissière dans ce magasin. » Et la 24 : « L’entreprise de construction le licencia. En disant qu’il était trop vieux pour s’occuper des comptes…. » Twenty three : « Elle était très jolie avant ses quarante ans. » Ça me trotte dans la tête cette phrase quel âge peut-elle avoir maintenant combien de temps s’est écoulé depuis qu’elle avait vingt-huit ans, et maintenant elle est triste à mourir ou ça va encore ? c’est drôle cette histoire de chiffres , c’est drôle cette phrase qui surgit là ; comment était la fille ? Est-ce qu’elle était comme Marylin posant nue sur fond rouge, la Marylin de la couverture du livre, vous savez la Marylin encore rousse avec sa cavalcade de boucles oranges et son rouge à lèvre rouge en accord avec le drap vermillon derrière elle, qu’elle est rousse Marylin toute sa peau flamboie, et il y a un tracé de vernis blanc brillant qui parcourt sa cuisse, sa côte en dessous du sein gauche , arrogant juste ce qu’il faut et puis l’intérieur du coude, et puis tout le reste est baigné par une lumière de soleil couchant même et surtout les ombres du contour de son corps à croquer, à tomber, à aimer. Elle était bien jolie Marylin, bien trop jolie pour aller avec un Kennedy. Dans le livre il y a plein de jolies filles californiennes, blondes, blanches ou dorées avec des cheveux longs ou courts, blonds ou très noirs. Les filles sont jeunes, couchent facilement on dirait mais sont rarement accessibles à l’auteur sauf pour très peu de temps, en plus on les perd de vues très vite, parfois elles ne sont déjà plus là à la page suivante… D’autres personnages, des ménagères, des chasseurs, des maires, des vieilles folles, des ours, des ivrognes, des enfants, la fille de l’auteur et l’auteur lui-même enfant, ado et raté de la vie et les autres ratés de la vie (mais on est tous des ratés un moment et quand je pense à tout ce que j’ai raté non je n’y pense pas d’ailleurs) vont peupler le restant du livre et c’est comme ça qu’on arrive à la fin. Et pof, c’est fini. Dans le livre il y a des oies saoules puis mortes qu’on déplume et qui marchent en titubant et sans plumes car en fait elles n’étaient pas mortes. C’est dans la vengeance de la pelouse, le titre de première nouvelle et de ce recueil en même temps, et là je ne comprends pas non plus cet italien qui laisse mourir sa pelouse et puis après tue le seul poirier qu’il lui reste , c’est raide, c’est une fin à la serpe je trouve mais c’est comme ça que Brautigan rédigea la fin , c’est son choix, j’aime bien ne pas avoir le choix de la fin même si c’est triste cette fin, ça m’en rappelle une autre dans un autre livre, mais pas de Brautigan le gars coupe aussi un arbre, la colère (ou le chagrin) est mauvaise conseillère parfois, souvent même. Pauvres arbres, pauvres hommes qui meurent sous les bombes et qui n’ont rien demandés, à part de vivre mais c’est pas toujours compatible avec la vie de certain. Pour ma part, je préfèrerais tuer des gens sur le papier qu’avec des armes, c’est plus créatif… Et encore je suis tellement policée à l’intérieur de mon propre intérieur, je n’ai jamais réussi à faire mourir personne dans mes histoires, c’est encore trop dur. Il y a une nouvelle qui me plait, elle tranche un peu sur les autres, par un côté plus poétique et un peu mièvre, le truc qui n’arrive jamais dans la vie, ça se passe comme dans un rêve juger plutôt (entre parenthèse mes commentaires): « Un film de marbre pâle (déjà le titre) La pièce avait un haut plafond victorien, et il y avait une cheminée de marbre, et un avocatier qui poussait sur la fenêtre, et elle était couchée près de moi et dormait très belle et blondement. (cette invention d’adverbe me ravit) Et je dormais aussi, et l’aube commençait à poindre. C’était en septembre. En 1964. (il adore les chiffres et les dates Brautigan, y a pas à dire) Alors, brusquement et de façon inattendue, elle s’est assise sur le lit – je me suis réveillé immédiatement- et elle a entrepris de sortir du lit. Elle n’avait pas l’air de plaisanter. (ça c’est de la chute) - Qu’est-ce que tu fais ? ai-je dit Elle avait les yeux grands ouverts… - Je me lève a –t-elle dit. et d’un bleu de somnambule (et à la deuxième lecture j’ai compris après avoir aimé ce bleu de somnambule) - Reviens te coucher, ai-je dit. - Pourquoi ? a-t-elle dit, à demi hors du lit, un pied blond (Brautigan aime ce mot moi aussi surtout avec pied) déjà sur le sol. - Parce que tu dors. - Oh… d’accord (la vie est d’une simplicité parfois surtout dans les livres de marbre pâle) Elle avait compris ; et elle est revenue se coucher, s’est enroulée dans les couvertures et s’est nichée contre moi. Elle n’a pas prononcé un mot de plus et elle n’a plus bougé (le rêve quoi, le rêve américain, je dirais même plus c’est la Californie cette nouvelle). Elle était étendue là, profondément endormie ; ses errances étaient terminées et les miennes ne faisaient que commencer (cette phrase hiératique et mystérieuse provoque dans mon esprit des propres errances, merci Brautigan). Cela fait des années que je repense à cet épisode banal. Il ne me quitte pas et repasse sans cesse dans ma mémoire comme un film de marbre pâle. » Merci à lbambou et au jeu des 10 mots : Ombre – concession – mythe – section- rédigea – argent – intérieur – partir – court – peupler qui m’ont permis de rédiger ce texte en l’honneur de Brautigan (1935-1984) et de son recueil de Nouvelles. La vengeance de la pelouse de Richard Brautigan : né à Tacoma (il en est beaucoup question dans le livre) en 1935 et mort en Californie (il en est aussi beaucoup question dans le livre) en 1984 de mort pas naturelle (suicide). Un écrivain à découvrir ou à redécouvrir. Bonnes lectures et vacances (ou pas). Dans tous les cas, profitez…

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    Ce soir là, Maud invita ses amis à la retrouver chez elle, c'était la veille de Noël et elle les reçut dans sa chambre à coucher qui était aussi son salon. On buvait du thé, on fumait des cigarettes de tabac blond étourdissant. Il y avait de la musique. Des gravures sur les murs. Des tapis au sol. De grands rideaux et des tentures indiennes. Maud était assise à la place d'honneur, sur son lit, vêtue de blanc, les pieds nus, ses longs cheveux bruns épars sur l'oreiller, elle resplendissait et son visage était celui d'une Madone. Lui était assis en face d'elle, et il pouvait respirer son parfum aux notes orientales à chaque fois qu'elle bougeait. Il était un peu embarrassé parmi tous ces gens qu'il ne connaissait pas, et dont il ne comprenait pas les anecdotes ou les sous-entendus. Il cherchait Maud des yeux et essayait de croiser son regard. Plusieurs fois elle répondit en le regardant, plusieurs fois elle s' attarda... Il y avait quelque chose de triste dans ce regard. De triste et de voluptueux. Il se sentait troublé, il se sentait ému. Il sentait qu 'il sombrait. Il y avait du désir entre eux. Il pouvait presque le toucher des doigts. Mais tout ce monde autour...il se sentait impuissant. Alors, il fit un peu semblant de participer à la fête, bavarda mollement, puis marmonnant quelques mots comme pour s'excuser, se leva, pris sa veste et se faufilant au milieu des gens dans la pièce encombrée, il atteignit la porte et sortit. Avant de sortir, il se retourna vers elle, à demi couchée sur le lit, elle avait tiré un plaid sur ses jambes, et elle aussi le regardait. Ses yeux noirs et profonds le marquèrent d'un sceau secret d'éternité. Il erra à travers la ville enneigée jusqu'au matin. Quand il passa devant l' église, il entrevit une jeune fille blonde qui en sortait, un peu pressée, dévalant les escaliers du parvis, sans même le remarquer. Il sut que c'était elle. La femme qu'il épouserait. La mère de ses enfants. La femme de sa vie. Entière. Ils vieilliraient ensemble. Il en était sûr. Il se promit de la revoir. Il la revit en effet. Comme une évidence. Si on le lui avait demandé, des années plus tard, il aurait répondu qu'il était heureux. Son existence était légère et exactement comme il l'avait rêvée. Pleine de quiétude et de joies infimes. Une vie sereine. Parfois il descendait jusqu'à l' étang voisin en contrebas. Il passait des heures à le regarder. Les jours de vent, il croyait voir des milliers d'oiseaux s'ébattre sur le miroir d'eau, mais ce n'étaient que les rides croisées des vagues envolées. Si on le lui avait demandé, il aurait répondu qu'il était heureux. Que sa vie ressemblait à cette eau tranquille et claire. Il aurait dit que sa vie avait la légèreté du bonheur simple.

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    Lors d'un retour sur PCC, comme j'en connaissais assez bien les us et coutumes, sans humilité aucune, j'invitais à jouer... j'avais oublié que lorsque l'on n'est pas connu OU reconnu, on est quelques fois snobé... ce fut un flop ! Je retente ! Période estivale aidant, qui veut jouer avec moi ? Ombre – concession – mythe – section- rédigea – argent – intérieur – partir – court - peupler Rêverie Hier, j’ai vu Carolyn Carlson. Elle dansait dans ma tête. Pile à la section de l’ A2 et du périphérique, endroit infiniment dangereux où, pour regagner ma banlieusarde campagne, je dois souvent couper une file ininterrompue de camions qui se dirigent via Paris, vers le Nord Ouest. Elle dansait Inanna, pièce qu’elle avait écrite pour sept danseuses, inspirée par la figure de cette déesse de l’amour et de la guerre, un des mythes fondateurs sumériens. Mais c’était bien elle que je voyais, sa blondeur diaphane et ses gestes déliés. Je m’abîmais dans cette contemplation lorsque d’un entrechat d’esprit ou d’un saut de biche si vous préférez, je fus ramenée au bout de mon chemin, chez ma chère amie, Caroline. Caroline c’est Inanna aussi, une femme moderne, protectrice et courageuse, fragile mais intrépide, indépendante et sans concession. En cette fin de journée qui annonçait une nuit glacée, j’aspirais à gagner au plus vite son théâtral intérieur (sa maison est une poésie, une symphonie de notes douces et drôles jamais discordantes, les voiles d’argent suspendus à ses fenêtres laissent entrapercevoir le clair de la lune… mon ami Pierrot). Elle allait avoir cuisiné l’ombre comme nulle autre, d’une cuisson si précise qu’on se damnerait à coup sûr et le champagne rosé (notre péché mignon, au diable l’orthodoxie gastronomique !) ajouterait à ces plaisirs mêlés des sens et de l’esprit. La nuit était avancée, le poisson avait été parfait, chair nacrée et moelleuse à souhait, dans ma poche un billet doux glissé (un petit poème qu’elle rédigea subrepticement entre la poire et le fromage, ou plutôt devrais-je dire entre le sorbet et les mignardises), il était temps de partir. Le chemin était court, familier et je me laissais volontiers aller à peupler ma rêverie. Derrière mes paupières mi closes, Carolyn et Caroline dansaient…

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  • 08/06/14--00:28: matine par Little nemo
  • Quatre heures sur le matin de vivre ( Ah, laissez-moi vivre mon jour ! ) avec, pour suite et pour invite une qui connait tous ses détours la suite des arpents de nos nuits consolide fort un pur silence dedans une pensée que danse un noir soleil mais que t'importe, toi qui nous fuis ombre des ombres passagères sise en clarté, à ta lumière ces rais de ça qui nous suivit je ne professe nul hasard ici ou ailleurs c'est la faute des songeries et chimères tard il en sera bientôt de hautes Pour M****

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    Teeth ou Les dents de l’amour !!!! (2008) Mitchell Lichtenstein Je vais vous parler de Dawn, une jeune fille, bien proprette, extrêmement prude, belle, innocente et naïve. Elle essaye désespérément de lutter contre son désir sexuel en faisant partie d’un club de chasteté. Dawn vit dans une petite ville tranquille dans les bois, la maison de ses parents est toute mignonne ! Son univers a l’air parfait. Cependant, derrière cette petite maison sympathique dans les bois, se trouve en arrière-plan, une colossale centrale nucléaire. Dawn ne le sait pas mais elle a subi une légère mutation. Son vagin a une grande particularité : un vagina dentata !!!! Comme elle ne connaît pas son corps ! Elle prône l’abstinence jusqu’au mariage ! Elle est inexpérimentée en tout, et surtout dans ses relations avec la gente masculine. Vous comprenez bien que la découverte de ce pouvoir particulier de son intimité, va engendrer quelques désagréments aux jeunes hommes qui l’approcheront, d’autant plus que Dawn va s’en apercevoir en même temps qu’eux !!! Teeth est un film drôle, surtout pour les femmes et terrible, surtout pour les hommes, cependant, on ne peut que compatir à leurs douleur et leur effroi !!! L’actrice Jess Weixler est excellente, elle nous fait rire par sa candeur et sa propre terreur d’être un Freak !! Teeth est un petit film pour l’été frais et ensoleillé, tout à fait adapté à ces chaleurs estivales ! Hi ! Hi ! Hi ! http://www.youtube.com/watch?v=yH8yuld4DUE

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  • 08/01/14--06:23: Octobre Noir par Sulyvan
  • Octobre Noir quand l octobre noir commence à rougir de rage que l octobre noir sent le manteau blanc le manteau blanc de son pire ennemi le manteau de son pire adversaire l hiver l hiver ivre qui saoule humains et saisons (les autres) octobre ne sait il pas que l automne est en novembre encore et revient tous les ans chacun sa place chacun son tempo ce sont les saisons qui passent sulyvan Le 01 @Out 2014 tempo réaLisé en 60 sec. chrono. Ouverture exceptionnelle du 1 au 3 @Out & 9 achetés Le 10ème in the pocket : http://fr.wikiquote.org/wiki/À_la_poursuite_d'Octobre_Rouge_(film) http://www.cinemapassion.com/jaquette-dvd-A-la-poursuite-d-Octobre-rouge-1254.php http://www.youtube.com/watch?v=rPsL2WVhFCc http://www.youtube.com/watch?v=AWPBr4L1eyE http://www.youtube.com/watch?v=zsC2ETsZL0g http://www.youtube.com/watch?v=O33FK3xWFRU http://www.youtube.com/watch?v=5ak917meUoo http://www.youtube.com/watch?v=2_epfA20dOY http://www.youtube.com/watch?v=Mh0N3iG-7Uc http://www.youtube.com/watch?v=SY21jdwM9CI THE END .

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  • 07/28/14--10:00: Chercheurs d'or par Cypou
  • Chercheurs d’or. Depuis longtemps je m’émerveille de voir couler a leurs pieds foulée cette eau de vie ou je t’ai déposé. Ne me manquait plus que le tamis que je voulais a ta candeur et dont tu as bien pris soin de m’éloigner. Désormais je sais qu’il attend sur le bord du ruisseau. C’est toi qui l’as méticuleusement choisi alors je ne me fais pas de souci quant au choix de la maille. Pas question de t’en rendre prisonnière. Je te veux libre de danser aux arabesques du courant de la vie, libre de le faire tournoyer autour de ta gracieuse taille. Si par hasard, comme le cerceau, il retombe a tes pieds, ne t’inquiète pas qu’il trempe dans cette eau que pour toi j’ai fait bénite. Ne te soucies point de la météo. Samedi sera pour toi le jour le plus beau quand, de tamis, dans ta robe de mariée, tu vas te dévoiler a moi ……ma pépite. Cypou le 28 /juillet /2014

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