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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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  • 09/15/14--09:05: 97% par Misty44
  • 97% — Madame, j’ai examiné vos réponses et je peux vous annoncer que vous êtes heureuse ! L'analyste détache son regard de la dizaine de feuillets étalée sur son bureau et s’étonne. La petite bonne femme, assise en face de lui, le fusille du regard. — Vous ne semblez pas d’accord. Silence — À moins que vous n'ayez fait une erreur en remplissant le questionnaire… ? Bien, je vous propose une chose, on va reprendre ensemble vos réponses et trouver où se niche le problème. Le chercheur commence alors à égrener, une à une, les deux cent quarante questions qui constituent le test. À chaque demande, la petite dame répond « C’est juste » et ce, jusqu’à la fin. — C’est bien ce que je vous disais, conclut l’homme, sûr de lui. Vous êtes heureuse ! Aucun doute là-dessus. C’est mathématique, scientifique. Si vous n’avez commis aucune erreur, alors vous ne pouvez pas douter de votre bonheur. Mais son interlocutrice ne lui répond plus, de nouveau drapée dans son mécontentement silencieux. — Vous avez un score de quatre-vingt-dix-sept pour cent. C’est énorme ! Vous avez de l’argent, une famille, pas de maladie grave. C’est rare d’avoir le trio de tête. Sans compter les à-côtés : vous avez exercé un métier épanouissant et, malgré votre âge, votre physique obtient une note de quinze sur vingt. En revanche, je veux bien le concéder, votre veuvage vous fait perdre des points de félicité. Le silence s’installe dans le bureau du clinicien. Après quelques instants et dans un soupir d’agacement, la vieille dame accepte enfin le dialogue. — Votre questionnaire n’est pas bon, daigne-t-elle lâcher. — Ah si ! Je vous ai envoyé le 52B. Test de bonheur pour les femmes entre soixante-dix et quatre-vingts ans. Pas d’erreur. — Il est incomplet, alors. —Comment ça, incomplet ! Il y a des années de recherche derrière chaque test. Ils sont élaborés en fonction des critères d’âge, de sexe, de revenus, et adaptés à chaque catégorie de Français. — Tiens, eh bien, parlons-en, du sexe, monsieur le scientifique ! Pas une question sur le sujet. Un instant, le jeune chercheur – un beau blond d’à peine quarante ans – reste incrédule. Le sexe ! En quoi peut-il encore intéresser une vieille toupie comme elle ? — Il a été considéré qu’au-delà de soixante-dix ans, les rapports sexuels n’étaient plus une priorité. Excusez-moi de vous dire ça de cette façon, mais à votre âge, on est davantage tourné vers le tricot que vers la gaudriole ! Regardez, vous avez toutes les raisons d’être heureuse. Par exemple, vos enfants. Ils ont réussi dans la vie. Ils sont riches, en bonne santé, et votre fille vous a même donné trois petits-enfants. — Mes enfants sont des cons ! Ma fille est une écervelée qui – à 40 ans – ne songe qu’à se refaire les seins pour que son mari ne la quitte pas. Quant à mon fils… c’est un arriviste qui a mis sur le carreau des centaines d’employés pour se remplir les poches. Un vrai salaud, si vous voulez tout savoir ! Quant à mes petits-fils, ils ne viennent me voir que pour estimer le temps qu’il me reste à vivre et savoir quand ils toucheront le pactole. — Malgré tout, votre vie est satisfaisante, insiste l’homme de science. Le test est formel. Vous avez votre maison au bord de la mer, une vie sociale active et votre santé est vraiment bonne. Même si, je vous l’accorde, on peut enlever quelques points par-ci par-là, votre score reste toujours au-dessus de la moyenne. Dans une moue dubitative, la vieille dame semble reprocher au praticien son manque de clairvoyance. Elle se dit que finalement, il est grand temps d’éduquer le chenapan. — Je vous le répète. Votre test est tronqué car il manque l’essentiel. — Le sexe… — Oui, le sexe, le cul, coucher, baiser, s’envoyer en l’air, forniquer, se faire enfiler… Oui, jeune homme, il manque tout ça à votre questionnaire ! Vous croyez que c’est le grand bonheur quand on a la chatte qui ne ronronne plus et le berlingot endormi ? Rougissant comme une pucelle sous le flot du vocabulaire fleuri de la septuagénaire, l’analyste reste sans voix. Il lui semble impossible de convaincre cette nympho de signer son test 52B. Il lui faudra pourtant impérativement son paraphe. Non seulement pour valider le fait qu’il a bien rempli sa mission, mais surtout pour empocher la prime « Aptitude au bonheur ». Au-delà de quatre-vingt-dix pour cent de satisfaction, chaque chercheur perçoit une somme non négligeable. Et il en a bien besoin… — Si je comprends, bafouille la blouse blanche, il suffirait que vous…comment dire … ayez un rapport sexuel pour admettre le bien-fondé du test ? — Tout juste, mon garçon... ** Une bonne demi-heure plus tard, la petite dame ressort du bâtiment de la Délégation Locale du Bonheur. Le sourire aux lèvres, elle prend dans son sac une coupure de journal déjà bien froissée. S’asseyant sur un banc tout proche, elle revoit une fois encore la liste des délégations implantées sur tout le territoire. Cent vingt-cinq au total. C’est dans cet article qu’il est question de la prime au bonheur versée aux cliniciens… Elle n’a écumé que sa région. Il lui reste encore une bonne centaine d’antennes à visiter. Du bonheur pendant encore au moins dix ans… http://www.youtube.com/watch?v=y6Sxv-sUYtM Pharrell Williams - Happy

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    Au bout du quai des brumes là où ça brille un peu se trouve le bistrot de « Panama » dernier refuge des errants de la nuit. On l’a à peine remarqué quand il est entré avec sa boite de couleurs, le peintre, tellement il est passant, ombre des ombres… Oui Michel Kraus est peintre et il n’aime pas la vie «Quand je peins un arbre je mets tout le monde mal à l’aise… Je peins malgré moi les choses cachées derrière les choses... » Mais ce soir sa décision est prise. Il s’assoit, bourre une pipe et l’allume. Il remarque enfin dans la pièce le soldat déserteur qui est là, comme une bête traquée aux abois, il se terre…… Michel esquisse une politesse, et les deux échangent quelques mots. « Tu aimes la vie, toi ?, mais est ce que la vie t’aime ?? » Le soldat nerveux n’aime pas les questions du peintre et s’emporte. Michel se tait, puis se referme, il sait lui. Et voilà déjà qu’on ne s’attarde plus sur lui… Une romance se dessine entre le soldat et la petite fugueuse elle aussi en fuite, mais Michel n’en tracera pas le contour. Il s’est tu et il sait qu’il ne peindra plus, car il a trop vu de choses, trop supporté la souffrance. « Un nageur, c’est déjà un noyé…! » alors à quoi bon ! Il quitte le bistrot, laisse la porte ouverte..dehors c’est la nuit, il regarde la mer, le large… La mer…… elle l’appelle déjà……..l’eau est froide et il ne sait pas bien nager…il s’enfonce d’un pas assuré pourtant et disparaît dans la brume. Au matin on trouvera sur la quai ses vêtements, ses papiers, un peu d’argent et sa boite de couleurs. Michel ne manquera à personne et personne ne se souviendra de lui. Même son corps ne sera pas retrouvé comme si la mer le retenait captif à tout jamais. Puisque personne ne le réclame, pourquoi le rendre... ! Le soldat déserteur héritera de ses effets et avec une lueur d’espoir il endossera son identité et ses vêtements pour tout recommencer là-bas où il n’y a pas de guerre et pas de malheur. Car tel est le marché : Un mort pour une nouvelle vie. La mer a réclamé sa livre de chair… et le soldat aux habits de peintre a maintenant gagné le droit de prendre cette mer pour s'embarquer vers cet impossible ailleurs. Un mort pour un futur vivant, la belle affaire ! Car le costume est bien trop grand pour le falot déserteur. Emprunter la peau de Michel Kraus, s’est prendre aussi son malheur avec soi. Au petit matin il rencontrera la mort au bout du chemin……………

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  • 09/08/14--16:44: Syzygie par Jules Félix
  • La dernière fois, ce fut merveilleux. C’était un dimanche d’août. Il pleuvait comme une vache à lait sauf que c’était de l’eau et pas une vache mais des nuages. Grosse pluie. Un temps de vache. Ou de chien. Le ciel était obscurci par tout un tas de méchants nuages ruinant le peu d’optimisme que je pouvais avoir au lever. Le matin était maussade. Je m’étais dit que je ne la verrai pas le soir. Et puis, en fin d’après-midi, tout s’est arrangé. Les nuages ont été balayés par le noble vent et l’horizon s’est nettoyé, s’est purifié, le ciel était enfin digne, tout propre, sans aucun nuage, prêt à accueillir l’hôte de marque, l’invitée qui jamais ne déçoit et jamais ne trahit. C’était ce 10 août 2014 au soir, sur le coup de vingt et une heures quarante, cela aurait dû être plus tôt mais les autorités m’avaient interdit de raser toutes les constructions qui se trouvaient dans ma zone d’observation. J’ai pu ainsi découvrir la pleine lune se levant, d’un jaune orange affirmé et surtout, d’une grosseur inouïe bien qu’elle fût déjà un peu trop haute pour en être vraiment impressionné. C’est que ce jour là, c’était la première fois depuis mars 2011 que la lune frôlait si près de la Terre, trois cent cinquante-sept mille kilomètres, soit vingt-sept mille kilomètres de moins que la distance moyenne. On parle alors de périgée (apogée pour un maximum), mais aussi de syzygie, du grec suzugia, qui signifie réunion, alignement parfait des astres dans la ligne de mire, le Soleil, la Terre, la Lune au-delà qui permet, quand elle est pleine, de refléter de toute sa face non cachée la lueur solaire de la nuit. (Maintenant, d’ailleurs, on peut dire que le mot vient aussi du pseudo d’un pccnaute qui ne vient plus très souvent dans cette campagne culturelle, j’ai mis donc un petit piège pour l’appâter dans la péchécécubinoosphère). http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=24899 Ceux qui avaient leur ciel couvert ou qui ont raté cet événement parce qu’ils vaquaient à leurs occupations habituelles du dimanche soir pourront donc avoir une session de rattrapage. En effet, après le 12 juillet et le 10 août, il sera possible de voir ce phénomène de lune super-grande encore ce mardi 9 septembre 2014, et ensuite, il ne sera plus visible avant le 29 août 2015. Il y a donc eu cet été toute une surenchère sur le web pour montrer les plus belles photos avec une lune immense comme arrière-fond de jolis paysages. Comme je suis fainéant, je vous laisse trouver ces belles et très nombreuses photos sur Internet, et si vous l’êtes moins que moi, n’hésitez pas à en faire profiter les autres. NB. Tout compte fait, la pleine lune devait être dans la nuit du 8 au 9 et pas du 9 au 10 septembre 2014, la lune de cette dernière nuit étant un peu moins ronde que celle de la précédente nuit...

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    J'ouvre la fenêtre et je le vois allongé devant sa tante dans le jardin tel un lutin géant, un brin d'herbe aux lèvres, ayant gagné le pari de m'étonner là où je m'y attendais le moins. Deux jours auparavant, je lui avais raccroché au nez, car il me jouait la comédie de l'amoureux offensé et infantile, coincé dans son tunnel, alors que j'avais fait la connaissance d'un homme très ouvert d'esprit, élégant, confiant et expérimenté, loin de toutes les bassesses et mièvries de certains hommes de sa génération. Il s'était rajeuni d'au moins neuf ans, m'assurant que tous les hommes le faisaient sur pcc, et m'avait fait dévaler un frisson dans le dos, quand je l'aperçus, descendant lentement l'escalier de la gare centrale de la ville où nous nous sommes rencontrés. Je m'étais dit soudain que la sévérité qui émanait de sa personne allait réussir à me faire aller au delà de ce que mon imagination pouvait m'emmener. Il ne me vit pas et je commençais à me demander si c'était bien lui, alors que la description qu'il m'avait faite de lui au téléphone collait tout à fait. Chapeau à bord marron, pantalon noir, lunettes, barbe et cheveux blancs, grand, même ses bagages! J'attendais encore un peu et comme plus personne ne descendait, je me décidai d'avancer vers la sortie et soudain j'entendis sa voix m'appeler et il avança vers moi et m'embrasssa dans le cou, là oùle baiser ne fait aucun doute sur ses intentions. Il me prit par la main droite et m'emporta à grand pas vers l'hotel que nous avions réservé. je ne sais plus ce que je lui dis, mais je me sentis comme un enfant qu'on emmène, il connaissait le chemin pour l'avoir déjà contrôlé sur google earth, un homme sachant où il allait... à l'hôtel, il me goûta en connaisseur, gourmand, pressé, mais tendre et attentionné..... Nous nous revimes un mois plus tard, à Paris, où il est venu me chercher en moto à Orly. Le périph`à moto sous une grêle sans pareille nous amena dans son nid façonné depuis plusieurs décennies. Je suis heureuse de pouvoir vous raconter cette escapade à moto, avec un homme de 67 ans , de 15 ans mon aîné, sans complexe, ni jugement, avides de nouveautés et de caresses....

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    Le titre du film est à lui seul intriguant et suscite aussitôt la curiosité, surtout quand on sait que l'action se déroule dans un village isolé du Kurdistan, qui porte le doux nom de Qamarian Au premier abord, on peut penser que ce film produit par Robert Guédiguian n'a rien de glamour. Détrompez-vous, ce film est dans la lignée des grands westerns Hollywoodiens, avec un couple de héros caractéristique : - une charmante institutrice Govend (incarnée par la troublante Golshifte Farahani) musicienne à ses heures perdues et en rébellion contre les traditions rétrogrades de sa famille et les habitants du village hostiles à sa venue - un shérif Baran (Korkmaz Arslan dans le rôle), barbu idéaliste au regard perçant chargé de rétablir l'ordre dans cette région où un Pablo Escobar local fait régner la terreur. On se laisse bercer avec un immense plaisir par ce film qui fait alterner scènes d'humour décalé, de tendresse délicate et de violence diffuse. La bande sonore est étonnante et variée et la scène finale est simplement magique.

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  • 09/11/14--03:54: Sils Maria par Charlie_b
  • Autant vous dire, j'étais assez nul en philo au lycée, en revanche pour faire des tractions ou mettre des shoots insensés au basket, c'était moi le meilleur du bahut. Je me suis renseigné sur le titre de ce film et mon ami Wiki pas rancunier m'a répondu : 'le philosophe Nietzsche eu l'intuition de l'éternel retour en 1881 à Sils Maria lors de son premier séjour.' 'Merde, je vais dormir moins con ce soir', je me suit dit entre deux bouchées de M&M'S. L'autre jour, il pleuvait des cordes sur Paris, je suis passé trempé devant le ciné des Gobelins, j'ai alors aperçu le joli visage de Juliette Binoche sur l'affiche, et j'ai tout de suite pensé à "Rendez-vous" et "Alice et Martin". Par nostalgie, je suis entré dans la salle autant pour m'abriter du crachin que pour savourer un bon moment de cinéma. Je n'ai pas été déçu. J'ai été touché par ce film, les thèmes abordées (la mort, le temps qui passe inexorablement, le jeu d'acteur). Les deux actrices (Kristen Stewart et Juliette Binoche) sont bouleversantes. A bien des égards, ce film m'a fait penser énormément à Opening Night. Merci à la pluie.

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    J’avais raté ce film de Ben Stiller (seconde adaptation d’un roman américain des années 30) lors de sa sortie en début d’année. J’ai eu l’occasion de me rattraper, mon frère ayant eu la bonne idée d’acheter le DVD à sa sortie (le thème de la photographie le concernant directement, ceci expliquant cela). Et bien je dois dire que j’ai passé un très bon moment pour plusieurs raisons et dans le désordre : - Ben Stiller, comédien qui m’a souvent fait rire dans des films aux scénarii approximatifs et/ou déjantés (encore un comique souffrant de troubles de l’humeur ! Espérons qu’il ne terminera pas comme Robin Williams) - La chanson de David Bowie (Space Oddity) que j’avais complétement oublié - Les images de l’Islande qui m’ont rappelé de bons souvenirs - Sean Penn en reporter photo - Les scènes de rue de Manhattan (j’aime essayer de reconnaître les endroits que j’ai fréquentés là-bas) L’histoire ? Un employé du magazine Life, Walter Mitty (dont la vie intérieure, très riche et sublimée, prend parfois le pas sur sa vie charnelle, plus austère et stressante) doit à tout prix retrouver le négatif n°25 que son reporter attitré lui a envoyé, ce dernier l’ayant proposé pour illustrer la couverture de l’ultime numéro du magazine papier (la direction a décidé de le publier désormais en ligne). Walter va donc se retrouver embarqué dans une quête haletante où nous le verront enfin vivre sa vie rêvée : s’exposer à l’éruption d’un volcan islandais, affronter un requin dans l’Atlantique Nord, jouer une partie de football dans les montagnes d’Asie Centrale ou encore affronter un nouveau patron insupportable. Tout en essayant de séduire sa collègue Cheryl. Le ton du film est celui d'une comédie teintée d’un brin de poésie. Le rythme est soutenu, c’est un film qui passe vite malgré ses presque 2 heures. La qualité première de ce film, d’après moi, c’est l’image, la photographie (il a d’ailleurs été tourné sur pellicule, en argentique donc…). Ça donne envie de voyager ou de retourner dans ces endroits magiques que l'on a pu découvrir (l'Islande par exemple). Le montage est également très inventif, Ben Stiller a décidément beaucoup de qualités… Ce film est aussi un hommage à un métier en train de disparaître, celui des photographes reporters, métier incarné par un Sean Penn invisible une bonne partie du film et très crédible dans ce rôle (il y a de la profondeur dans ce film lors de la scène du léopard des neiges : savourer l’instant plutôt que le diffuser). Mention spéciale également pour Adam Scott (que j’ai découvert dans ce film) qui incarne un patron moqueur et sans compassion et qui est à l’origine de répliques savoureuses. Enfin, la bande-son joue prend une part importante dans ce film. Elle aurait même tendance à le revaloriser (à part David Bowie je n’ai pas reconnu les autres artistes). La scène où Cheryl commence à jouer Space Oddity dans un café du Groenland et que le mix se fait avec la voix de Bowie quelques poignées de secondes plus tard : génial ! Le pivot du film entre l’ancien et le nouveau Walter Mitty. Au final, j’ai donc beaucoup apprécié ce film, qui même s’il ne constitue pas un chef d’œuvre dégage plein de pensées positives ; il m’a fait du bien. Il figurera dans mon top 10 de l’année (qui comprend entre autres The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson).

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    Papa Can You Hear Me ? Nathalie Dessay, soprano lyonnaise, n'a cessé de nous étonner par le passé avec tout le registre classique de sa belle voix de soprano. Elle a décidé de faire une pause dans sa belle carrière d'artiste. Là, elle nous propose en duo avec Michel Legrand d'arpenter des terrains, des sonorités qu'on ne lui connaissait pas jusque là. Une de ses grandes qualités est de s'introduire entièrement dans le personnage, dans l'histoire, dans la scène, dans les émotions!!! Ici on ressent très fort le sens des paroles adressées d'une fifille à son papounet, on imagine ce qu'elle imagine... Je ne sais pas pourquoi, mais les femmes ont souvent une relation plus forte avec leur père à l'âge adulte que les hommes. En tous cas, c'est la cas chez nous, cela n'enlève rien à l'amour qu'on leur porte mais c'est une autre dimension. Juste une voix et un piano... Alors écoutez et ressentez ! "Entre elle et lui" Natalie Dessay sings Michel Legrand "Papa Can You Hear Me ?" Une pure merveille: http://minilien.fr/a0oh1y

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    Un texte bref où ses mots me touchent et font tellement écho. Une grande liberté dans son écriture. Les mots s'enchainent comme une pensée qui laisse trace et glisse sur la feuille de papier. Ecrire pour respirer. Profondeur et solitude de l'écriture, comme un secret. Le temps d'écriture est hors du temps et hors du monde, il engendre le silence et la distance. L'écriture ne se dit pas à l'autre. Une transmission et un partage avec des mots simples qui témoignent avec justesse du processus créatif à l'œuvre quelque soit le médium choisi.

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    Je suis Agent des Finances Publiques en région parisienne. Mon salaire est plutôt convenable, je partagerai incessamment sous peu un local F3 avec deux amis quelque peu délicats... que voici: Rafaèl, sublime quarantenaire, est chômeur de longue date, refoulé par Pôle Emploi au RSA ad vitam, il ne sera cependant pas peu fier de participer "un tant soit peu" au paiement mensuel du loyer. Il se distrait en griffonnant de-ci de-là des dessins succincts immortalisés sur le vif. Suite à un passif d'alcoolémie virulente, ses tirades me sont tout aussi familières que singulières... " L'homme viril perd ses traces... je vis à Paris. Le mythe des zigues du sud se dézingue, mais de ce deuil j'en avais déjà commencé un bout. Je suis un bout de mec à l'ancienne, ne me permettant pas le renouvellement, n'écoutant pas les suggestions, rival des uns un jour, pressé de jouir le lendemain. Je suis une peur accrochée avec ses griffes au rideau du vide. " Corina quand à elle, rêve de jeunesse éternelle, la quarantaine épanouie, elle collectionne les jeunes amants et, de crises de rage en crises d'hystérie, elle s'isole inlassablement dans la haine des cris et des larmes. Ecorchée vive jusqu'à la moelle, elle éructe et vocifère sur moi mais surtout sur les autres, incapable de tenir un poste fixe au quotidien et tributaire du RSA for ever, elle se console en se pomponnant comme une starlette de cinéma face à sa psyché in love... " Je suis malade des nerfs, ils me gavent tous, ces fils de putain! FUCK tous ces bâtards, qu'ils dégagent avec les putes à leurs potes, FUCK toutes ces merdeuses, ces connasses qui ne savent même pas laver leur cul, FUCK THEM ALL !!! " Rafaèl et Corina me sont déjà très chers, je n'ai jamais eu des amis aussi fidèles, aussi intègres, aussi démesurément accrochés à leur survie... Les propos flous de Rafaèl collent encore à une réalité distincte, les crises de nerf hystériques de Corina sont la manifestation indubitable d'une âme qui n'a pas encore capitulé. Ni l'un, ni l'autre, n'a atteint ce point de non-retour, où les délires les plus fous vous déracinent, d'enfermement psychiatriques en internements répétés. Ils n'ont pas touché au sommet de cette folie tenace qui éclate le cerveau sans concessions, de ces folies où lorsqu'un soupçon de réelle lucidité approche comme un lent filet de lumière dans l'obscurité la plus noire, on s'y accroche si furieusement que l'on dépasse pour toujours ce stade de survie pour enfin vivre... Faut-il descendre si bas et si loin dans la folle déchéance pour se lever une seule fois dignement? Oui je le crois. Tout détruire pour reconstruire sur des cendres encore chaudes un monde de sérénité, c'est mon idéal, ma conviction la plus absolue. Mon équilibre psychique en atteste, le reste suivra. Bienvenue in Paris city by night.

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    Un Mercredi 10 Septembre de l'an 2014, de l'ère Hollande. (Elle n'est pas la vache et il n'est pas le prisonnier, c'est important de le mentionner) Elle : Je croyais que tu étais parti ! Lui : Non, j’étais là, le canapé me supporte. Elle : Allez, ne fais pas cette tête ; on dirait que tu as vu un requin « sans dent », hé hé ! Lui : C’est ça, rigole, moi je ne suis pas dans la navigation maritime… Elle : Hé ho, moi non plus, hey ! Lui : Je suis écoeuré !... é QUEU ré ! C’est la télé. Elle : Oui ben, tu devrais prendre l’air plus souvent… ou lire un livre, tient… plutôt que d’y regarder les idioties qui s’y passent dans cette lucarne….sans filet. Lui : C’est hier soir, j’étais pris entre deux choix de reportages très "intéressant", puis j’ai fait un choix crucial, viscéral … et ben à coté, les chercheurs d’amour dans le pré- les "Pipette" qui vont chez les "Pipo" ! – à coté, les « pipoleries pastorales », ce que j'ai vu de mes yeux, vu, c’était…c’était « symphonie dans un bocal », et je ne trouve pas les mots ! Elle : Je ne regarde pas ces « faussetés » bucoliques à la télé, je préfère un bon roman à lire, au moins là tu entres dans la fiction, pour la fiction ! Lui : Un bon roman qui te prend les tripes ? C’est ça, c’est qui ? C’est Olivier Adam « for » l’exemple ? Elle: ...hum lui: Ce week, j’ai lu 100 pages, de « lisière » , c’est d’un tristoune ! C’est tristounet, mais attention, je ne dis pas que c’est nul, hein, mais c’est tristounet. Oh et puis, lisière, liseré, lissier… ah lisier : pouah ! Elle : T’es pas allé jusqu’à la fin… Lui ! La faim : pouah pouah ! Elle : …jusqu'au bout du roman, et puis le plaisir se retrouve quand le déplaisir s’était installé… Lui : Tu deviens philosophe, toi... Elle : Je vois simplement ce qui traîne sur la tablette… lui : Ah là, c’est laborieux, cette lecture, c’est des nœuds à se faire dans la tête… Elle : Pourquoi tu nous ferais pas un bon repas ! Lui : Ah ça, on y vient. Elle : Allez, le voilà qui refait une tête de … de veau ! Lui : Ah non, ne dis pas ça, pas veau ! Pas ça, pas veau ! Elle : eh ben quoi, tu le vaux pas, pis tête, tu t’en mets dans un état ! lui : Ah oui, dans un état, un état proche de la Californie, tient c’est ça, hein… Elle : Qui dit Californie, dit Californi CAtion… Lui : Et je dirais même plus, qui dit CaliforniCAtion, dit caliFOURchon... Elle : Bon alors, tu nous le fait, ce bon petit repas, ou te veux que je te lèche ! Lui : beurk, avec ta langue pleine de muscles ! ( il pense à Swarzi…) Elle : Té, rien qui soye avec du lard chez moi, mais tout avec l’art de faire ; alors quoi, on mange quoi ? Lui : Je propose qu’on ne se mange pas entre nous… Elle : De toute façon, j’aime pas ton lait ! Lui : Ah non, pas lait, recommence pas ! Rien rien, je ne veux plus rien manger qui soit avec du lait … Elle : Ho lala, monsieur devrait aller voir un psychiatre. Du lait ou du laid ? Lui : les deux, Monseigneur Lacan ! Elle : Attend voir Bonhomme, je vais te remettre les idées en place, je vais te faire une petite lecture thérapeutique … ( elle cherche au hasard, un passage dans un livre posé sur la tablette et lit pour elle même : « Une résolution dangereuse, la résolution …de considérer le monde comme laid et mauvais a rendu le monde comme laid et mauvais »…ha non, se dit elle, il va me faire la grande crise au mot « laid », cherchons autre chose …) - Attends, reste bien zen et bien calé dans le canapé, je te cherche un bon mot… Lui : Oui je suis tout ouïe, et tout à toi, et sans défense comme l'éléphant, et bien entaché, comme …Oh oui requinque moi… ( elle va chercher un livre…) Elle : écoute ça : aaaah ! béééé… c’est des œufs ? Et feu, j’ai hachis gît… cas ?… elle aime pas le Elfe, haineux ! Lui: Ah bah ça alors...elle est au pé-cul ?...ou Au cul Pé ? Elle : Est-ce thé ? ….Que vous voulez, Monsieur ? Lui : Oui oui, je veux bien… Et ce thé, en infusion … mais je fais à manger avant, des graines ça te dis ? Elle : Ah non, pas des graines de star ! Lui ; Ah Ah, je rigole… et merci, tu m as bien requinqué. Elle : Pas de quoi mon bonhomme…on mange quoi ! Rhhaaa, j'ai envie d'un bon steak tartare ! ....dans une bonne cuisse de barbare... Lui: Au secours, au SE cours !

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    De l’influence de PCC sur mes sorties et du bon goût de certains pccistes Ou comment je me suis retrouvée au concert de Roberto Foncesa le 10 septembre dernier . Il y a longtemps que j’avais délaissé le jazz pour la worl la musique et plus spécialement la musique venue du continent africain mais j’ai un fond musical nécessaire pour m’enthousiasmer à nouveau, pour preuve après lecture d’un brillant com sur Dhafer Youssef et suite à une réaction sous ce com j’ai acheté le disque "abu nawas ". Suis je influençable ? certainement mais cela a du bon,. Depuis un an à présent, je l’écoute régulièrement . Notez que je peux aussi passer une ma journée dans le silence (ah ça fait du bien) . Tout ça pour dire que je comprends à présent l’enthousiasme que soulève cet artiste , vanté par deux pccistes aux bons goûts avérés, j’ai adoré ce concert , le musicien était seul sur scéne avec ses pianos, sa musique cubaine jazzy portait la bonne humeur dans ses notes , le personnage chaleureux sait jouer avec la salle. le souvenir de ce concert est resté quelques jours encore .dans ma mémoire amenant un sourire joyeux sur mes lèvres

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    Un film dont je ne compte plus le nombre de fois où je l'ai vu... où chaque fois, il y a toujours au moins un moment où je me dis, tiens, je ne me rappelais pas de ça (peut-être un pré-symptôme alzheimérien :-( )... et où chaque fois, l'émotion fonctionne encore ; une vraie midinette... La première fois, c'était au Grand Rex avec mon frère, de trois ans mon aîné ; et toujours en le revoyant je pense à lui... Non pas que j'ai besoin de ce film pour penser à lui, cependant c'est en des termes différents de mes souvenirs habituels, parce que je me rappelle surtout de notre désaccord. J'ai tout de suite aimé, tandis que mon frère pas du tout. Bien sûr, on en a parlé... J'aimais cette amitié virile et transcendante, cet humour décalé, ces situations cocasses et fantaisistes, ces personnages hors du commun, cet amour si fort, cette recherche de l'absolu et du mystère, le "no limit"... Il ne supportait pas le côté "romantique morbide", cette fascination pour la "grande fusion", cet éloge de l'exploit surhumain, ce magnétisme et attrait pour ce qu'il y a après la mort ; d'autant plus qu'il pensait qu'il n'y a rien après et que seule la vie terrestre est digne d'intérêt. Plus que tout, cette fin abominable et dramatique, où Jacques se suicide (dans la réalité, Jacques Mayol également, 13 ans plus tard !) était impossible à admettre pour lui, et lui avait gâché le peu de plaisir qu'il avait pris à être dans ce cinéma, si confortable et si spectaculaire par ailleurs. C'est vrai, alors même qu'il sait qu'il va être père, alors même qu'il a terriblement souffert de la mort de son père et de l'absence de sa mère, alors même que cette femme et ce futur enfant lui offrent une chance de changer son destin de dépressif chronique, Jacques se laisse emporter par son fantasme morbide... et que dire de Johanna qui l'aide à mourir... Il ne pouvait rien exister de plus sordide et d'inadmissible pour lui, que quelqu'un à qui la vie et l'amour sont offerts, et qui préfère la mort... Je pense aujourd'hui qu'il avait raison, faire "aimer la mort", fusse à travers un film d'une esthétique flamboyante, c'est vraiment très con... mais je ne dois pas en être tout à fait encore "guéri", puisque j'arrive encore à prendre du plaisir à revoir ce film... bien que je ne sache plus très bien, si c'est à cause du film en lui-même, ou des souvenirs qui y sont associés d'une époque où mon frère était encore là. Vers la fin de sa vie, mon frère était devenu un saint et se préoccupait surtout de ce que ses proches, qu'il aimait, allaient devenir sans lui... Il est mort après une longue agonie du SIDA en 1992, 6 mois après la mort de son compagnon et 4 ans après que nous ayons vu ce film ensemble. J'ai eu le temps d'éprouver dans ma chair, pourquoi il ne supportait pas ce film et plus généralement que des gens se donnent la mort... comme beaucoup de gens condamnés, il aurait tant voulu avoir simplement, lui, le choix de vivre... Si un jour vous n'êtes pas bien dans vos pompes, souvenez-vous toujours, la mort n'est pas une option, ni même un choix, et encore moins un droit ; la vie oui... du moins, elle devrait toujours pouvoir l'être.

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    C'est le lien d'une amie sur FB, relatif au don d'organe qui me donne envie de republier ce vieux com'... pour qu'on y pense. Le téléphone a sonné, un soir d'août 92. 5 mn auparavant il avait retenti chez mes parents, les surprenant en train de dîner en terrasse. C'était une belle soirée d'été. Ce coup de fil, depuis Pâques nous l'espérions mais nous le redoutions aussi. Ce soir là, mon amie et moi avions déjà un peu bu et beaucoup fumé. Nous étions seules, nos enfants étaient chez leurs papas et comme à chaque fois nous nous nous préparions à une de nos petites soirées ritualisées ; les pommes au four caramélisaient, gourmandes nous les napperions de crème fraiche bien fraîche. Nous allions libérer comme chaque fois notre colère contre ces hommes qui avaient gâché notre vie, mais très vite, comme un exutoire, sans ressasser plus que ça l'échec de notre vie personnelle, puis rapidement nous allions en rire, nous remettre aussi en question et puis, l'avenir était à nous ... Rire de tout et surtout pour rien. Le téléphone a sonné ! papa devait d'urgence rejoindre l'hôpital cardiologique. Le coeur d'une jeune femme de 38 ans, bordelaise - depuis je n'ai cessé de penser à elle, paix à son âme !, à sa famille aussi, avec reconnaissance et respect - allait arriver à Lyon pour lui offrir peut-être la chance de vivre que ne lui permettrait plus très longtemps son pauvre coeur tellement usé. Je me souviens que je tremblais tant qu'Habiba a du m'aider à me chausser et qu' elle m'avait promis d'attendre mon retour. Je me souviens que ce voyage nous séparant d'un avenir proche qui n'avait jamais été aussi incertain, nous l'avons fait, mes parents et moi dans le silence le plus profond. Et puis l'attente, la préparation. A minuit nous lui avons dit au revoir. Je ne me souviens plus très bien des heures passées ensuite, interminables, rapides ? je ne sais plus, le temps, cette nuit là, était étrange, impalpable, je l'ai passé comme dans un songe, sans doute un reste d'effluves résineuses m'a t-il beaucoup aidée à vivre ce moment hors du commun. Au petit matin, le chirurgien nous a annoncé que tout allait bien, nous devions nous reposer et nous pourrions voir mon père l'après midi. Nous avions convenu avec lui qu'il nous ferait un signe de la main pour nous dire qu'il ne souffrait pas. Il nous l'a fait et la sérénité sur son visage traduisait à elle seule son bonheur d'être sauvé. Il n'est facile à personne d'envisager sa propre mort, mais je crois que ça vaut la peine de penser au don d'organe, d'y réfléchir en tout cas, de décider en son âme et conscience bien sûr et selon ses convictions et surtout ne pas oublier de se munir de cette petite carte de donneur, promesse d'une vie à offrir. Condamné à brève échéance, après la greffe cardiaque il a vécu encore 18 ans. Papa avait coutume de dire qu'il faisait du rab. Il a eu l'immense bonheur de connaitre son arrière petite fille. Extraordinaire et inestimable cadeau des morts fait à la vie !

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    C'était l'époque à laquelle on dissimulait tout ce qui pouvait dépasser du corsage, mais les gars eux, voulaient en voir le plus possible et c'était à qui soulèverait le plus possible de jupes pendant la récré. J'en ai eu marre! J'attendis patiemment l'heure d'éducation physique et en particulier la minute après les rondes autour du stade et je fonçais sur les pantalons de survêt' de mes congénères et les baissais pour qu'ils se rendent compte de l'impression que cela fait de se retrouver les miches à l'air au beau milieu de la cour. Et ce fut terminé. Le prof de gym m'a punie plusieurs fois mais je ne voyais pas pourquoi j'aurais dû me laisser faire. Cette histoire a même été jusqu'en conseil de discipline auquel mes parents furent convoqués ainsi que la presse locale, tant qu'à faire! Et c'est le prof de gym qui a donné sa démission car en plus, il ne voulait pas admettre que certaines filles couraient plus vite que certains garçons et nous faisaient, à nous les filles, courir 60 m et aux garçons 80 m. Il est parti se faire recycler en Lorraine. Sans parler du prof de maths qui nous tâtait les genoux, de la prof de techno qui incendia la chevelure d'une élève, ni de la prof d'allemand qui nous enseigna quelques mots de russe. Mais, dès la quatrième nous avions, pour quelques-unes d'entre nous, une arme beaucoup plus persuasive que celles, puériles de nos camarades! La stratégie intellectuelle, nous étions tout simplement plus rapides, plus performantes, plus douées que les garçons, bref, nous étions meilleures!

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    J'avais pris un réel plaisir à regarder le très drôle mais non moins intéressant "L'enlèvement de Michel Houellebecq" il y a quelques jours (acteurs justes, personnages attachants, histoire bancale) et j'ai toujours apprécié le cinéma du tandem Delépine/Kervern (qui savent traiter de sujets graves avec beaucoup de dérision). Grâce à eux je ne pourrais jamais mettre les pieds dans une Pataterie de ma vie :-) Les conditions étaient donc idéales pour ce Near Death Experience avec Michel Houellebecq devant la caméra (on dirait qu'il y prend goût, faudrait quand même pas qu'il arrête d'écrire…) et Delépine/Kervern derrière. Autant le dire tout de suite, le ton du film est très éloigné de l'univers habituel des réalisateurs. On ne rit pas du tout durant cette errance d'1h30 d'un homme arrivé au bout de tout. On parvient malgré tout à sourire (Michel Houellebecq en tenue de cycliste, c'est quand même pas rien :-) ) mais ça s'arrête là ! Ce film est une expérience, peut-être une épreuve pour certains (je pense en particulier au copain qui m'accompagnait et qui ne savait pas à quoi s'attendre), qui aborde frontalement un sujet qui concerne tout occidental victime de l'aliénation salariale : le burn-out (on dira épuisement nerveux professionnel en bon français). On assiste donc, tout au long de son cheminement à travers la nature (marseillaise), au dialogue intérieur d'un Michel Houellebecq totalement habité par son personnage (qui pourrait être celui d'un de ses romans d'ailleurs) mais tout en sobriété; à se demander si il a vraiment eu besoin de jouer la comédie pour être crédible. La scène où il parle aux monticules de pierres représentant ses enfants est très touchante. Il n'y aucun autre rôle d'envergure dans cette oeuvre, tout repose sur l'acteur principal. Le film s'appuie cependant sur une bande musicale excellente, mélangeant musique classique (j'ai l'impression de connaître, je ne pourrais donner le compositeur, mais c'est très beau :-) ) et rock, qui vient ponctuer les silences houellebecquiens (Paul dans le film). Le film s'achève brutalement, on ne s'y attendait plus, on est pris par surprise. Et puis écran noir ! On ressort un peu interrogatif/contemplatif/angoissé mais néanmoins satisfait d'avoir assisté à cette tranche de vie (ou plutôt de mort). J'ai eu un sentiment un peu similaire après la projection de Melancholia de Lars von Trier. Le film connaîtra probablement un succès d'estime auprès d'un public limité (j'ai la chance d'avoir un cinéma Art et Essai dans ma ville, nous étions 3 dans la salle), il semble que la poésie ne soit à la portée de tout le monde. Je me demande ce que sera le prochain travail des réalisateurs et si ce film est un tournant ou simplement une expérience surnaturelle dans leur cheminement cinématographique...

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    Le commissaire Benoit Bougard, "Ben" pour les intimes, aimait flâner le long des quais de Seine lorsqu'il sortait de son bureau du 36, quai des Orfèvres, souvent la nuit tombée. Il n'était pas spécialement pressé de rentrer chez lui. Pour tout dire, il trouvait son T3 de l'avenue du Général Eisenhower vide et désolé, en un mot glacial. Personne de l'attendait, à part un poisson d'un jaune déprimant dans son bocal, un putain de poisson qui tournait et retournait en rond dans son bocal d'eau dégueulasse. Il avait apprit à détester cordialement cette bestiole, à tel point qu'il se servait à présent de son aquarium comme d'un cendrier. C'était un cadeau de son ex-femme, une belle salope qui s'était tiré avec un chirurgien dentiste et lui soutirait une pension astronomique. Du coup il avait du réduire son train de vie. Il fréquentait moins les prostituées, et avait diminuer sa consommation de coke. Souvent, la nuit, il rêvait qu'il défenestrait son ex épouse. Ou qu'il l'arrosait d'essence avant de lui mettre le feu. Il se réjouissait d'entendre ses râles d'agonie et de voir son corps partir en fumée. Il se réveillait penaud, le matin, parfois avec une érection. Il était bon d'y songer, certes, mais le commissaire Ben Bougard était du bon côté de la loi, et devait le rester. Alors il s'arrêtait le soir en bord de Seine, débouchait une flasque de vodka ou de rhum agricole, s'asseyait et rêvassait les yeux dans la Seine dégueulasse. Avec son canif, il s'amusait à graver des croix gammées sur les piliers du pont, ou dans la pierre. Quand il croisait des âmes solitaires, l'envie lui prenait de les pousser dans le fleuve. Il lui semblait bon et juste que les désœuvrés dans son genre doivent mourir. Au cœur de la nuit, il suivait des femmes seules à travers les rues de Paris. Juste pour leur coller les miquettes. Il adorait le bruit de leurs talons sur le pavé, lorsqu'elles accéléraient pour lui échapper. Le commissaire savait que c'était l'ennui et la solitude qui le poussaient à agir ainsi. Il n'avait aucun doute sur le fait qu'il sombrait dans la folie. Dans une semaine, on allait lui remettre la Légion d'Honneur. Ça allait en faire chier plus d'un. En un sens, c'était assez drôle. Il restait a regarder la Seine et les lumières de la ville la nuit, hésitant à se foutre à l'eau. Il rentrait sur le coup des deux heures du matin, ivre et désespéré, s'arrêtant en chemin pour uriner sur un clochard.

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    Le dernier film d'Anne Fontaine ne manque pas de charme. On passe un très agréable moment en compagnie de personnages dont la légèreté fait oublier le tragique des figures de Flaubert. Seul point commun fidèle entre le film et le roman : le cadre, la campagne normande. Et encore... Une campagne revue et corrigée, qui se métamorphose en paysage d'opérette bucolique. Idem pour le témoin de toute l'histoire : le narrateur omniscient du roman est remplacé par un Fabrice Lucchini, devenu boulanger. L'ancien éditeur parisien qu'il incarne est las des mondanités et veut retrouver les joies simples de la vie authentique. Autant dire que très vite, il va se retrouver un peu sottement dans le pétrin ! Mais ses étonnements, parfois dignes de ceux de Bouvard et Pécuchet, donnent lieu à des scènes comiques auxquelles le grand Lucchini ne nous avait pas habitués. Joli rôle de composition. Elsa Zylberstein, en grande bourgeoise ridicule est, elle aussi, réjouissante et fait de son rôle une figure théâtrale particulièrement extravertie. En revanche, Gemma Arterton a une plastique absolument superbe, mais on a souvent envie de lui dire : "Sois belle et tais-toi." Très éloignée des tourments d'Emma Bovary, elle manque totalement de profondeur. Et la scène pendant laquelle elle est censée éveiller la libido du boulanger, est plutôt consternante : elle est en train de pétrir la pâte à pain, acte ô combien sensuel, mais comme elle a chaud, elle ramasse ses longs cheveux qui traînent, essuie la sueur qui coule dans son cou, et se remet à pétrir consciencieusement ! Comme on peut l'imaginer, le pain en question risque d'être un peu cra-cra... Flaubert, le maître du détail réaliste, a dû en frémir, et pas de désir ! Vous l'aurez compris : le film est divertissant. on ne s'y ennuie pas. Mais il ne connaîtra sûrement pas la gloire de son illustre prédécesseur, le roman "Madame Bovary"

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    Dix jours auparavant, elle ne reconnaissait plus trop l’une de ses filles, ou plutôt, elle lui demandait de ses nouvelles comme si ce n’était pas son interlocutrice (« et Jacqueline, comment va-t-elle ? ») et avait été étonnée par son âge : « Quatre-vingt-dix-huit ans bientôt, ah bon ? Je suis vieille ! » mais sa passion du jardin avait repris le dessus, elle pouvait marcher et elle pouvait cueillir les mirabelles sur les arbres du verger. Le lendemain de l’Assomption, j’ai voulu visiter la chère Lucienne. Je voulais l’emmener chez sa grande sœur, mais ce jour-là, son mari centenaire était un peu mal en point. Cela faisait plusieurs jours qu’il était alité pour une infection et l’infirmière devait passer chez eux dans la journée pour enlever une sonde urinaire. Ce n’était pas trop le moment pour les visiter. Alors, pas de Germaine ni d’Ernest pour cette après-midi-là, ce qui était dommage, car cela m’aurait permis de souhaiter à la maîtresse des lieux son quatre-vingt-dix-neuvième anniversaire quelques jours plus tôt. Tant pis, ce serait pour une autre fois. Le plan B, un goûter chez la fille qui habite tout près. Je suis arrivé à la maison médicalisée vers quatre heures de l’après-midi. Temps au beau. Quand j’y entre, j’ai toujours un peu d’appréhension. Je n’avertis jamais l’administration quand un repas n’est pas sauté, car de toute façon, l’information ne passe pas et Lucienne aura de toute façon oublié. D’ailleurs, je le signale pour les escrocs et autres méchants, l’enlèvement de personnes âgées est la chose la plus facile du monde à faire. Il faut juste ne pas hésiter pour ne pas faire germer des soupçons. Lucienne n’était pas stationnée en bas. Je suis donc monté au premier étage mais je ne l’ai pas vue dans la salle commune. On m’a dit qu’elle était dans sa chambre et une aide-soignante m’a accompagné, bien que je connusse l’endroit, a frappé à la porte, puis s’est éclipsée discrètement. En cinq minutes, j’ai vu au moins trois aides-soignants différents à cet étage, bel encadrement. À peine avais-je ouvert la porte de la chambre que Lucienne s’était précipitée à mon niveau. Elle lisait le magazine "Pleine Vie" assise dans un fauteuil, près de sa fenêtre, au fond, et je me suis étonné de la voir si dynamique. En fait, pendant toute la rencontre, j’ai découvert une Lucienne qui n’avait jamais été aussi en forme, physiquement et même mentalement, presque depuis trois ans au moins ! Il est des choses inexplicables, le bon et le mauvais ne s’expliquent jamais, seul l’immuable est compréhensible, mais tout évolue dans ce monde. Grand sourire évidemment, car chaque visite apporte un peu de liberté au cœur. Je lui ai expliqué que je venais la kidnapper. Elle était décidée à se laisser faire, impuissante. Elle a pris un gilet, a mis ses chaussures à velcro… Ah ! quelle merveille que cette invention, pour bébé, pour personnes âgées, pour malades, pour personnes ayant un handicap, et pour tous les fainéants qui renâclent à lacer leurs chaussures : inventée par monsieur Velcro en 1948… non, pas monsieur Velcro, velcro, cela veut dire velours-crochet, par Georges de Mestral, un ingénieur suisse qui en avait marre de voir son chien recouvert de boulettes de bardane, après la promenade, et qui s’était intéressé à les observer au microscope pour en comprendre le mécanisme, des petits crochets recourbés très souples. En sortant de sa chambre, n’oubliant pas sa canne (« Il faut bien que je la prenne »), Lucienne m’a raconté qu’elle accompagnait parfois une résidente jusqu’à l’ascenseur. Elle m’a dit qu’elle savait où appuyer (pour demander l’ascenseur, ce qui n’est pas facile, les boutons sont placés très haut). J’avais presque l’impression qu’elle était devenue une aide-soignante. Devant l’ascenseur, clamant un peu dans le vide, devant quelques résidents à demi ensommeillés face à un téléviseur et quelques aides-soignants, elle lança : « Ne vous occupez pas de nous ! », histoire de dire qu’elle pouvait se débrouiller toute seule. Elle avait la goutte au nez, une sorte de rhume chronique, si bien que j’ai dû prendre du papier mouchoir heureusement installé un peu partout pour lui éponger les narines. Elle m’a pris le mouchoir et l’a planqué dans une poche. Elle était très heureuse de sortir et de prendre le goûter dehors. Elle m’avouait cependant qu’elle ne me reconnaissait pas vraiment mais quand nous sommes passés à l’accueil pour sortir, elle expliquait à l’hôtesse qu’elle partait avec moi, en disant qui j’étais… (la bonne forme déconcerte autant que la mauvaise forme). Pendant les cinq minutes passés pour nous rendre chez sa fille (en plein week-end d’août, il n’y avait pas de circulation), Lucienne s’amusait comme une gosse à lire les panneaux à voix haute, elle reconnaissait le chemin, me disait où tourner, à droite après le virage du viaduc. Elle marmonnait parfois quelques phrases incompréhensibles, comme si elle était dans son trip, en disant « pas très net » et reprenant : « le grand-père, c’était le patron », sans trop savoir de qui elle parlait, de son père ? de son mari ? de son grand-père ? À la longue, je pense que c’est la dernière hypothèse la bonne, mort entre les deux guerres et particulièrement exigeant. Elle en parla assez souvent durant cette journée. J’étais subjugué par un tel dynamisme. Elle me surprit encore plus quand elle me demanda des nouvelles d’une personne à l’état fragile qui était tombée malade après son entrée dans la maison médicalisée. Comme si elle était normale, sans problème de mémoire. Nous avons passé environ une heure et demi chez sa fille qui possède un grand jardin avec des arbres fruitiers. Soleil, herbe, ciel bleu, jardin. Elle savoura avec honneur la tarte aux abricots avec une migaine composée d’un peu de poudre d’amande. Et elle parlait pas mal, de manière pas trop désordonnée. Sa fille lui expliqua pourquoi elle ne verrait pas aujourd’hui Germaine, et elle répondit : « Un an, un mois, moins un jour ! ». C’était la différence d’âge entre les deux soeurettes. Elle s’en souvenait exactement. Pour conclure, avec deux ans d’avance, un peu fataliste : « J’ai presque cent ans ! ». Elle n’en revenait pas. Cela faisait plusieurs jours qu’elle avait redécouvert cette situation. Elle remarquait aussi, avec étonnement, que dans sa maison médicalisée : « Ils me changent tous les jours », sans doute était-ce nouveau pour elle qui devait porter les mêmes vêtements plusieurs jours de suite. « Ils me laissent la porte ouverte ». Là aussi, c’était un paramètre important. Dans une précédente visite, Lucienne avait fait part qu’on l’avait enfermée dans sa chambre et qu’on rigolait dans les couloirs. J’ai eu finalement l’explication : à son étage, il y avait eu une résidente atteinte de la maladie d’Alzheimer, qui allait dans le couloir et dérangeait les autres résidents dans leur chambre. Alors, les aides-soignants avaient décidé de fermer à clef les portes des chambres, pour éviter que la dérangeuse ne les ouvrît. Mais Lucienne ne savait pas qu’elle pouvait ouvrir la porte de l’intérieur (ni comment sans doute) et cela l’avait ainsi affolée. Mais apparemment, tout lui a été expliqué par la suite et l’incident était clos. Comme pour les bébés, un rien peut devenir très gros si on n’y fait pas gaffe. Juste de la communication. Parfois, comme lorsqu’elle était nettement moins âgée, elle sortait des bouts de phrase dont le contexte resta un mystère profond, comme ceci : « Je me suis dit : ils ne me diront rien, ils ne m’ont rien dit » (avec le sens de reprocher au verbe dire), ou encore : « C’est tellement rare, y a des jours, il y en a quand même ». De quoi ? Mystère, là aussi. C’est évidemment difficile de faire préciser et reformuler à chaque détour de mots, alors, quand cela ne semble pas très important, quand cela ne semble pas concerner ses conditions de vie, les mots glissent, passent, s’en vont avec leur petite enveloppe de secret, leur petit nuage de vapeur. Elle parla aussi de son avant-dernière maison qu’elle a habitée pendant plus d’une trentaine d’années, avec le regret que chez elle maintenant, là où elle vit, cela semblerait s’oublier (forcément !) : « On oublie tout ça et on n’en parle jamais ». Mais l’essentiel était dans cette phrase, qui laissait entendre qu’elle vivotait encore assez agréablement : « Je ne suis pas malheureuse ! ». Elle a connu deux guerres, elle est donc capable de faire la part des choses entre sa déchéance, celle de ses voisins, le monde en général… Prenant une petite sieste sur le banc ensoleillée, sur la terrasse, elle désigna une des jarres où la plante n’a visiblement pas voulu vraiment pousser, et, parce que les mots lui échappaient, Lucienne s’est montrée ainsi poète avec de très jolies images : « Un petit machin qui fait semblant ». Elle le disait en rigolant gentiment, savant qu’elle ne trouvait pas ses mots mais ironisant aussi gentiment sur les prétentions florales de la propriétaire des lieux. Parmi les paroles récurrentes de Lucienne, il y a eu l’aspect matériel des choses. Une coiffeuse était venue lui couper les cheveux (ce qui était très bien pour son moral) et elle avait été étonnée qu’elle ne la payât point. En fait, elle ne payait plus rien. Plusieurs fois, elle disait même avec le sourire : « Tout est à l’œil ! ». Elle surenchérissait : « Tant qu’ils ne me disent rien, je ne paie pas ». Depuis qu’elle habite dans l’établissement, elle ne sort plus avec rien, pas de sac à main. Ce n’est plus nécessaire. Bien sûr, rien n’est à l’œil et la prestation de la coiffeuse se retrouverait dans la facture de la résidence elle-même, mais sa pension de réversion était heureusement suffisante pour éponger tous les frais sans qu’elle ne s’en aperçût. L’argument pécuniaire avait aussi contribué à lui faire accepter son exil volontaire : elle se disait que si elle revenait dans son vrai chez-moi, alors, elle devrait re-payer tout (car avant, c’était elle qui signait les chèques des abonnements, etc.). Ce qui était amusant, c’était que Lucienne était tombée en plein rousseauisme. Elle imaginait une société où tout était gratuit pour ceux qui en avait besoin, dans un cadre certes un peu contraignant d’une collectivité mais elle qui avait besoin de monde, de relations sociales, c’était au contraire une délivrance plus qu’une contrainte. Il était tard, le dîner allait être servi, j’allais la raccompagner. Avant de quitter sa fille, et bien que je la raccompagnasse, elle dit, bien consciente de cette chance : « En tout cas, je suis contente de vous avoir vus ». Le plus important, c’était "en tout cas". En tout cas quoi ? Malgré quoi ? Mystère toujours, mais peut-être aussi une forme idiomatique qui pénalise les phrases euphoriques, très courante dans cette région, comme "à la limite" utilisé à la sauce : "à la limite, nous pouvons déjeuner ensemble, cela me ferait plaisir" (plaisir, à la limite ?!) ou encore "pas mal" pour dire "très bien", cela peut déconcerter les non-locaux ! Retour motorisé donc, durant sept minutes, et là aussi, Lucienne m’a indiqué le chemin, ce qui était plus étrange, car si elle devait bien connaître le chemin pour aller chez sa fille (il n’avait pas changé depuis trente-cinq ans), là, pour aller dans son établissement, elle n’y était que depuis six mois et n’avait pas dû en sortir plus de quatre ou cinq fois chaque mois. Sa forme autant physique et mentale était donc exceptionnelle. J’ai accompagné directement Lucienne dans sa salle de restauration. Il était dix-huit heures dix et tous ses voisins de table étaient déjà installés. Elle n’a pas eu besoin de mon aide. En m’embrassant, elle m’a sorti : « Peut-être que vous ne me reverrez plus ». C’était sa pensée d’être proche des cent ans. Mais pas du tout, qu’est-ce qu’elle racontait donc ? J’ai tout de suite rejeté l’hypothèse et lui ai dit au revoir de loin, ainsi qu’à ses voisines qui me regardaient avec des gros yeux. En quittant le réfectoire, j’ai croisé une autre résidente, nettement plus jeune, qui râlait parce qu’on avait dû lui dire que le dîner allait être servi et elle pestait car c’était bien trop tôt. C’est vrai que c’était tôt. Il n’y a qu’à l’armée que je dînais aussi tôt. Croisé aussi, dans mon sillage, un nouveau mais étrange résident, Tomi, un petit caniche noir visiblement coqueluche de pas mal de résidents des lieux. Dix-sept jours plus tard, Lucienne fêtait son quatre-vingt-dix-huitième anniversaire. Épisode précédent : http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-musique-110872.html

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  • 09/17/14--04:43: Jack par Cypou
  • Jack C est tout petit Ne vous y fiez pas, c est un diminutif. Il va devenir grand, grand comme le fut celui qu elle a tant aime Elle, c est sa mamie. Je pourrai me taire et ne rien dire Elle sait que je suis un canaillou et ne m en voudra pas. Ce n est pas trop s aventurer que de penser qu elle aura verse une larme. Larme de joie Larme de bonheur Larme du bonheur qui fut avec l etre aime dont elle me parlait parfois. Larme de bonheur avec dans ses bras celui qui fait vivre en elle la memoire de l amour Il est ne le 15 septembre. Non! Pcc n a pas vocation de faire part de naissance mais il est des emotions qui m emportent hors des sentiers battus Hors des sentiers battus comme le fut celui d un amour qui dura le temps d une gestation, intense et tourmente parfois Elle n avait ecris qu un seul commentaire poignant et a desormais retrouve la serenite et deux amours Celui d un cheri attentionne..... Et d un petit fils au doux prenom de Jacques. Voila! C est a elle que j ai envie de faire la surprise de votre attention Elle s appelle marinou7....pour recherche avancee Marinou tu ne pourras pas me repondre sous ce commentaire. ... C est fait expres....nah ! Plein de bonheur a vous tous lectrices et lecteurs..... Et que vive longtemps encore l amour de la vie ... Cypou le 17/09/2014

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