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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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    Hier, c’était Cabu, aujourd’hui (jeudi 15 janvier 2015), c’est Wolinski, Tignous et Bernard Maris (lui à Toulouse). Entre autres. Demain, Charb et Honoré. Les enterrements se succèdent à un rythme fou, cette semaine, après la semaine d’horreur qui a précédé. Huit jours déjà. J’aimais bien Cabu et Wolinski, sans toujours naviguer dans les mêmes eaux de l’humour, ils étaient d’abord des tendres. Comme Bernard Maris. Un vrai tendre. J’aimais bien l’écouter à la télévision. Régulièrement dans "C dans l’air" sur France 5, l’émission qui décrypte l’actualité avec des "experts". L’Oncle Bernard (comme il se faisait appeler chez Charlie Hebdo dont il était propriétaire de plus d’une action sur dix), c’était un expert. J’imagine la terreur des collègues venus commenter son propre assassinat. Économiste distingué, journaliste réputé, vulgarisateur patenté, à soixante-huit ans, il était un universitaire engagé dans les mouvements altermondialistes et écologistes (sans beaucoup de succès électoral). Sa grande valeur ajoutée était plutôt d’expliquer les mécanismes de l’économie au grand public que de contribuer à une action pour les transformer. Il était aussi présent chaque samedi sur France Inter en duel avec Dominique Seux dans "J’ai tout compris à l’économie" où ils se donnaient la réplique. Le débat se voulait contradictoire, parfois manichéen (pour/contre) mais il arrivait parfois qu’à la fin de l’émission, en off, Bernard Maris se confiât à son contradicteur en disant : oui, finalement, je crois que tu as raison. C’est cette humilité qui en a fait un personnage sympathique et honnête intellectuellement. Il fut sacré "meilleur économiste de l’année" en 1995 par Le Nouvel Économiste. C’est aussi cette lucidité qui l’a conduit à beaucoup critiquer ses pairs, notamment dans quelques bouquins au titre très évocateur, comme "Des Économistes au-dessus de tout soupçon, ou la grande mascarade des prédictions" (8 février 1990), "Les Sept Péché capitaux des universitaires" (14 mars 1991), "Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles" (1er avril 1999), "Petits Principes de langue de bois économique" (5 novembre 2008), "Psychanalyse et humanisme : Manifeste contre les impostures de la pensée dominante" (8 janvier 2009), et les deux tomes de son "Antimanuel d’économie" (27 octobre 2003 et 6 octobre 2006). Auteur d’un portrait de Jacques Delors, alors Président de la Commission européenne, "Jacques Delors, artiste et martyr" (14 janvier 1993), Bernard Maris avait voté oui à Maastricht le 20 septembre 1992 et oui au Traité constitutionnel européen le 29 mai 2005, mais il avait regretté son adhésion à l’euro après la crise des dettes souveraines en 2010 : « Moi-même, je pense qu’il y aura une nouvelle crise financière, que la zone euro éclatera, que l’Europe se balkanisera, elle est déjà balkanisée. Mais un certain nombre d’événements surgis depuis dix ans n’étaient pas prévisibles : la méga-crise financière, qui pouvait la prévoir ? Les Twin Tower ? » (Charlie Hebdo du 15 décembre 2010). Keynésien, il avait prôné quelques mesures assez révolutionnaires, comme le principe du revenu universel (à l’instar de son collègue libéral feu Jacques Marseille) et la semaine des trente-deux heures. Son premier écrit fut sa thèse de doctorat (quatre cent cinq pages) sur la distribution personnelle des revenus, une approche théorique dans le cadre de la croissance équilibrée, qu’il a soutenue en 1975 à Toulouse. Homme passionné par la culture et l’histoire, il avait sorti "L’Homme dans la guerre. Maurice Genevoix face à Ernst Jünger" le 9 octobre 2013 chez Grasset. Il fut le gendre de Maurice Genevoix (qui a écrit entre autres "Vlaminck" en 1954, devenu le nom du héros principal de la bande dessinée "Quai d’Orsay" de Lanzac et Blain). Il s’était marié en effet à Sylvie Genevoix le 21 septembre 2007 et le resta jusqu’à la disparition de celle-ci le 20 septembre 2012. Journaliste et futur membre de CSA, Sylvie Genevoix avait écrit entre autres "La prochaine fois je le tue !" (16 octobre 2002). Bernard Maris fut également un grand ami de Michel Houellebecq (sur lequel je m’étendrai plus tard) qu’il considérait comme un excellent observateur de la situation économique actuelle, assez pourrie il faut bien le dire avec ce chômage qui ne cesse de croître, au point de consacrer l’un de ses nombreux ouvrages à l’écrivain : "Houellebecq économiste" qui est sorti le 3 septembre 2014 chez Flammarion. Je l’avais remarqué en faisant mes achats de Noël dans une grande librairie très connue et cette union entre deux personnages que j’apprécie m’avait un peu intrigué sans forcément m’avoir étonné, car ils sont tous les deux de l’espèce des "gentils" qui observent,témoignent et racontent (oui, j’ai bien écrit "gentils" !). C'était précisément sur le dernier livre de Houellebecq, sorti le même jour que l'attentat, que Bernard Maris posa ses derniers mots. Bernard Maris avait écrit au moins vingt-quatre livres, dont trois romans, surtout des essais de vulgarisation sur l’économie comme "Capitalisme et pulsion de mort" (7 janvier 2009), "La Bourse ou la vie" (19 avril 2000) et "Gouverner par la peur" (28 février 2007). Il avait aussi publié …"Pertinentes Questions morales et sexuelles dans le Dakota du Nord" (24 août 1995). Le 15 avril 2015, il avait prévu de sortir chez Grasset son dernier livre : "Et si on aimait la France". Et si on aimait Maris ?

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    Je ne comprends pas le ton agressif que tu prends, notamment en me disant que j'étais un penseur du dimanche au sujet de cette manifestation collective pour Charlot. En Afrique, j'ai embauché un Béninois (catho), un Tchadien (musulman) , des Marocains (musulmans), moitié moitié filles et garçons , plus le Français (catholique) que je suis et la communauté que nous avons formé fonctionne bien avec de la solidarité et de l'égalité. La parole est libre, le rapport de classe existe, syndicat (non officiel) mais revendiquant, patronat (myself) essayant de trouver des accords pour préserver les équilibres entre justes revendications et performance de l'entreprise au service de son développement. Pas un mot sur Dieu entre nous, nous n'en avons pas besoin. Par contre un respect pour les traditions, Aït el Kebir, Noël, etc...et surtout des bons vœux échangés pour ces célébrations. La vie sociale respecte la vie intime qui en retour respecte la vie sociale. Est-ce que notre vie intime respecte les vies intimes différentes ? Est-ce qu'on ne confond pas traditions et religions ? Qui y a t il de commun entre un basque et un alsacien ? Entre les fêtes de Bayonne et le marché de Noël de Strasbourg ? Pourquoi s'étonner des réactions de révolte alors que les Chouans le faisaient avec la répression que l'on sait. J'ai été invité à faire un séminaire dans une école d'ingénieur , sur la connaissance ou j'ai expliqué comment le concept de Dieu naissait dans les esprits et pourquoi, en présentant les principales théories philosophique depuis Aristote en passant par Averroès ( Ibn Rush) jusqu'au rôle de Kant, en insistant sur le rôle de cet Averroès dans l'apport sur la libération de l'homme alors qu'il risquait sa tête dans l'Andalousie arabe. Les jeunes ont réagi violemment face à cette attaque de leurs croyances, mais ils ont écouté. Ils ont refusé que je remette en cause leurs croyances, j'ai rétorqué qu'ils allaient devoir vivre dans une vie sociale avec les autres et qu'ils devaient prendre de la hauteur. Est-ce qu'en faisant ça , je ne faisais plus que de défiler avec une pancarte "je suis Charlie" dans un groupe bien encadré par les forces de l'ordre ? Pourtant j'ai eu l'impression d'être allé au charbon, culture contre culture face à l'élite de la Nation marocaine pour expliquer que la vie sociale, il fallait la respecter, Qui en a fait autant ? Dans les quartiers, dans les zones en France ? Je n'ai pas parlé de laïcité, concept inconnu ailleurs, mais de vivre ensemble pour construire le bien être commun. Pourquoi on a réussi à passer de Charlot à Charlie en 70 ans ? Qu'Est-ce qu'on a gagné au passage ? Charlot au moins était la cible de l'establishment politique et il a du s'exiler... Dans le monde que nous avons construit, toi aussi tu y as participé (et bibi aussi), comment pouvoir considérer qu'un mouvement aussi innocent de la réalité du monde, le Charlie Show, puisse considérer que c'était la liberté qui était en cause, alors que c'était notre modèle de société qui l'était, modèle qui a perdu ce qui en était la force historique, la connaissance et la parole portée sur la connaissance ?. Est-ce que tu crois que les 8 millions de pauvres en France se sentent libres ? qu'ils revendiquent la liberté d'expression comme étant le poids dans la balance qui leur permet de crever la faim avec la joie nécessaire d'avoir une liberté théorique pour accepter leurs conditions ? Il y a eu 3 millions de manifestants , mais c'était 3 millions de nantis, les fonctionnaires en tête qui défilaient pas pour la liberté de la presse, mais pour leur liberté à eux de vivre comme ils le font sans être emmerder par ceux qui sont au tapis. Même pas un incident , un petit dégradation pendant cette manifestation où on criait merci les flics, et bravo, Que de chemin parcouru vers une société anti-libertaire. Et surtout il faut bien cotiser au téléthon Charlie 5 Millions de journaux vendus....La peine au cœur rapporte un max. Quand nos jeunes vont devoir mettre le treillis pour aller raser la Syrie et l'Irak pour en finir avec la terreur et rassurer ceux qui ont défilé, quand ce moment sera venue, les pleurs que nous aurons rempliront les rivières plus que le réchauffement climatique. Je suis d'accord avec toi, il y a un chiisme essentiel entre nous , mon univers c'est ton dégoût pour les théories, pour les systèmes de pensée, pour les dogmes, pour les idées qui construisent un futur en partant d'un passé. Ton univers à toi, c'est ce qui me ramène à terre à tes peurs, à ton pipi-caca, à ton confort, à ta volonté de te survivre comme tu es. Pourtant l'un et l'autre nous agissons dans ce monde , mais pas pour les mêmes buts et surtout pas pour les mêmes ambitions Mais comme on vit l'un à coté de l'autre, je t'embrasse et portes toi bien

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  • 01/17/15--08:01: Sagesse par Perssephone
  • Celui qui sait marcher ne laisse pas de traces Celui qui sait parler garde ses paroles Celui qui sait compter n'a pas besoin de boulier Celui qui sait garder n'a que faire de verrous et de clefs Celui qui sait lier n'a pas besoin de liens et nul ne peut défaire les noeuds qu'il a serrés. Ainsi le Sage se dédie au secours des hommes Il n'en rejette aucun. Il est dans la lumière Tout plein de soleil Le Sage est le maître de celui qui ne l'est pas et ce dernier est la matière sur laquelle il agit Ainsi, ils ont besoin l'un de l'autre. Voilà une vérité. Un vérité subtile. Car tout ce qui est essentiel pour l'homme, tout ce qui lui est indispensable, reste une énigme. C'est l'inconnu pour lequel, on lutte, on travaille. C'est l'inconnu qui nous donne la force de vivre, la force d'espérer, la force de croire. Car ce que l'homme veut savoir lui reste inconnu à jamais. Lao-Tseu.

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  • 01/17/15--01:55: Liberté par Cypou
  • Liberté Je la cherche depuis longtemps, il ne faut pas jouer avec elle, elle m’accompagne depuis que je suis vivant. Pourrai-je pour autant vous parler d’elle sans me faire couper les ailes ? Ok ! Couper les ailes c’est rien, faute de pouvoir voler on peut toujours marcher, marcher comme l’on fait plus de quatre millions de personnes. Ce dimanche là j’ai même vu marcher des paraplégiques… J’ai les neurones qui tremblent et je ne suis pas tout seul. Non ! Cela ne me fait pas plaisir, j’aime bien la solitude ; la solitude de la différence… Voltaire, la liberté de la presse, la séparation de l’église et de l’état….. autant de mots qui sonnent depuis la porte de mon enfance… Autant de mots qui n’avaient jamais jusqu’alors suscité chez moi autant de réflexion… Je suis un gros fainéant, j’ai besoin qu’on m’aide à réfléchir alors souvent je me tais et j’écoute. J’écoute les débats, débats souvent de passion plus que de raison…. Je ne vais pas critiquer, j’aime…passionnément. Eux, ceux qui parlent, ne tuent pas ; ceux qui écrivent non plus…. Enfin ! J’ai entendu parler à la télé de « paroles assassines » alors j’y comprend plus rien….. Vous ne croyaient pas que dimanche beaucoup ont défilé chez eux ?.... Enfin ! Chez nous c’était samedi matin ; la place n’était pas pleine… Il n’y a pas eu de contestation des chiffres…. Dimanche je défilais autour d’une bonne table. Pas un mot sur cette (je ne trouve pas de qualificatif) semaine écoulée, j’écoutais faute d’entendre ; étrange impression d’une sagesse retrouvée. Peut être d’ailleurs n’y a t‘il rien à dire, plutôt que d’exacerber les passions se taire et penser ….ou écrire C’est ce que j’ai voulu faire : moment de recueillement seulement perturbé par les notes du clavier dans le silence de la nuit…. Comment ? Je ne suis pas dans le même registre que d’ordinaire ? Laisser du temps pour que les mots d’amour chassent a jamais ces nuages qui s’amoncèlent, ne soyons pas dupe de cette éventualité sauf a s’inventer un monde plus doux… mais pourquoi pas ! C’est si bon….. et j’en rêve…… Je pense à toi papa qui ne m’a jamais trop parlé de cette putain de guerre et a vous, enfants du monde….. Liberté….. Cypou le 17/01/2015

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  • 01/18/15--13:32: Tout va par Sulyvan
  • Tout va , Tout va, L'Occident se couche sur ses acquis. Et, tout va bien... Le pouvoir en poche, installé depuis quatre ou cinq siècles... C'est déjà ça ! Tout va..., Quand dans certaines régions il fait jour, dans d'autres, il fait nuit. Lorsque dans l'une le jour se lève, dans l'autre la nuit tombe. Tout va, Le soleil roule autour de nous. Il se lève pâle sur l'Occident et, se couche rouge sur l'Asie. Il est toujours voilé de noir en Afrique et, au Moyen-Orient ! Tout va, Combien, pourtant la Terre est bleue, dans son écrin noir, ...vue de l'espace intersidéral ! Tout va, Rien n'est fait pour moi. Mais il y a de l'air. Et rêver... A un air démocratique... ! Tout va. sulyvan Le 18 Janvier 2013 (version restaurée) c est dans l air (Live) http://www.youtube.com/watch?v=d7uQbOssaRk c est déjà ça http://www.youtube.com/watch?v=jBIWL9S32QQ Victor Deme http://www.youtube.com/watch?v=SdPsJw5DVJA&feature=youtu.be genre humain http://www.youtube.com/watch?v=KMOedP3YW3A🌓

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    Hommage à Elsa Cayat, la psy de Charlie > > Texte prononcé par le rabbin Delphine Horvilleur lors des funérailles d’Elsa Cayat, le 15 janvier 2015, reproduit avec l’accord de la famille. > > Elsa avait l’habitude de commencer chacune de ses séances de thérapie, en disant à ses patients : « Alors, racontez-moi ! ». > > Alors j’aimerais que nous écoutions cette invitation qu’elle donnait à la parole de l’autre, et que nous racontions, même si ce cimetière est aux antipodes de son bureau en désordre, même si sa fumée de cigarette ne tournoie plus dans les airs. Racontons ici, en ce lieu, qui fut Elsa Cayat, ce qu’elle fut pour ses parents, ses frères et sœurs, pour sa famille, son compagnon, ses neveux, ses patients, ses collègues, pour sa famille de Charlie Hebdo, pour sa fille. > > Il nous faut raconter ici la femme exceptionnelle d’intelligence, de vivacité d’esprit et d’humour que vous avez connue. Il faut raconter la vie d’une femme hors du commun comme on raconte une histoire – et je crois qu’elle adorait les histoires. Comme elle adorait les livres. > > Adolescente, elle avait dit à sa sœur : « Tu dois lire au moins un livre par jour ! Nietzsche, Heidegger, Freud… Peu importe ! ». C’était là le régime minimal de la culture et de l’amour du savoir et des mots tel qu’elle les concevait. > > Elsa aimait passionnément les livres, surtout les polars… parce qu’elle adorait les intrigues et les romans qu’on ne peut plus lâcher et qu’à la fin, disait-elle, « on découvre toujours l’identité de l’assassin, et même son mobile ». > > Quel assassin, quel mobile font que nous l’accompagnons ici aujourd’hui ? Qu’aurait-elle dit de cette intrigue-là ? Peut-être qu’elle aurait su en rire, qu’elle aurait même pu partir dans un éclat de rire contagieux. > > Je sais combien sa présence manque déjà à tant de gens réunis ici, proches, familles, patients, confrères, voisins. Elle avait tissé des liens avec tant d’êtres et ne laissait personne indifférent. > > En tant de points, elle avait créée son unicité, sa façon d’être hors du commun. Y compris dans sa pratique psychanalytique dont d’autres parleront bien mieux que moi. Elle n’était ni freudienne, ni lacanienne. Elle était « Cayatienne », une école à part, l’école de quelqu’un qui chérit la liberté au point de l’enseigner continuellement à l’autre, l’école de quelqu’un qui sait vous scruter en profondeur et vous dire exactement où ca fait mal, où placer les mots, comment jouer avec eux pour que le langage vous soigne. > > Ces jeux de mot, cette passion du langage et du débat, vous le savez, est très chère au judaïsme et à ses sages. Je me dis qu’elle aurait peut-être pu faire un très bon rabbin – qu’elle ne m’en veuille pas de lui dire cela, à elle, la juive laïque, l’athée pratiquante. > > J’espère qu’elle ne m’en voudra pas non plus, elle qui aimait tant les histoires et les intrigues, de vous raconter à sa mémoire une histoire, un enseignement du Talmud qui me semble parler un peu d’elle. > > Le Talmud raconte un célèbre débat entre des grands sages à la maison d’étude. Ils débattent comme ils savent si bien le faire. Le ton monte et chacun défend avec passion et virulence son point de vue. Imaginez l’ambiance d’une conférence de rédaction à Charlie Hebdo , transposée au monde de la Yeshiva. > > Rabbi Eliezer dit alors : « J’ai raison, j’ai forcément raison. Pour le prouver, dit-il, que cet arbre soit immédiatement arraché ! » Dans la seconde, l’arbre est déraciné et planté 100 mètres plus loin. Réaction des autres rabbins : ils haussent les épaules : « Et alors ? Cela ne prouve rien ! » > > Alors, Rabbi Eliezer poursuit sa démonstration : « Si j’ai raison que les murs de la maison d’étude s’effondrent sur nous ». Immédiatement, les parois de la Yeshiva commencent à s’affaisser. Les autres sages se tournent vers les murs et leur disent : « De quoi je me mêle ? Ceci est un débat entre les sages, ne bougez pas et restez en place ! » Les murs s’immobilisent. À bout d’arguments, rabbi Eliezer en appelle à Dieu lui-même et dit : « Si j’ai raison qu’une voix céleste le confirme ». Immédiatement, une voix céleste annonce : « Rabbi Eliezer a raison ». Silence à la maison d’étude. Alors, se lève un homme, Rabbi Yoshoua et il dit à Dieu : « cette discussion ne te regarde pas ! Tu nous as confié une loi, une responsabilité, maintenant elle est entre nos mains. Tiens-toi loin de nos débats. » > > Voilà comment les rabbins du Talmud parlent à Dieu, avec une certaine insolence, en lui disant : « N’interviens pas dans les débats des hommes, car la responsabilité que tu nous as confiée est entre nos mains. » > > Cet épisode s’achève de façon plus étrange encore, par la réaction de Dieu. En entendant cela, affirme le Talmud, Dieu se met à rire et il dit avec tendresse : « Mes enfants m’ont vaincu ! ». > > À l’heure qu’il est, Dieu est peut être déjà sur le divan d’Elsa > > Pourquoi vous raconter cette histoire ? Quel rapport a-t-elle avec Elsa ? En apprenant à découvrir son univers ces derniers jours, il m’a soudain semblé que cette histoire était très « cayatienne ». > > C’est l’histoire d’un divin qui rit et se réjouit d’une humanité impertinente, d’une humanité qui dit avec humour à son dieu « Prière de ne pas déranger – nous sommes aux commandes ». > > C’est l’histoire d’un dieu qui rit et se tient à distance, d’un dieu qui se réjouit qu’on lui dise : le monde est « athée », au sens littéral du terme, c’est à dire que Dieu s’en est retiré pour que les hommes agissent en êtres responsables. Ce dieu-là n’est pas le dieu des Juifs mais le dieu de tous ceux qui, croyant en lui ou n’y croyant pas, considèrent que la responsabilité est entre les mains des hommes, et tout particulièrement de ceux qui interprètent ses textes. Bref, un dieu de liberté. > > Dans sa toute dernière chronique, publiée à titre posthume dans Charlie Hebdo, hier matin, Elsa écrit :« La souffrance humaine dérive de l’abus. Cet abus dérive de la croyance, c’est-à-dire de tout ce qu’on a bu, de tout ce qu’on a cru. » > > Tel est son dernier et puissant message : Soyez assez libres pour dépasser tout ce qui vous a abusé, c’est à dire tout ce qu’on vous a fait ‘boire’ au biberon, tout ce qu’on vous a fait avaler tout cru, sans que vous ne l’ayez pensé, repensé et, surtout, interprété. Tel est l’héritage de la psychanalyse, de la pensée critique, et (je veux le croire) d’une pensée religieuse mature et vivante. > > Les héritages, les croyances, et les textes – surtout les textes – sont là pour être interprétés, pour être digérés, parfois très loin de leur sens littéral. Sans cela, ils nous aliènent, nous enferment dans la souffrance, nous imbibent de leur abus. Ils nous condamnent. > > Cette toute dernière chronique, ce dernier message d’une intelligence profonde, est comme sa toute dernière séance de thérapie, pour tenter de nous faire aller un peu mieux, au cœur de la tragédie. > > À l’heure qu’il est, Dieu est peut être déjà sur le divan d’Elsa. C’est à lui qu’elle dit : « Alors racontez-moi ! », tandis que les volutes de sa cigarette forment des nuages sur nos têtes. > > Puissiez-vous envelopper de votre affection ses proches, ses parents, sa famille, et surtout sa fille. Qu’elle chante encore dans la rue, comme elle le faisait avec sa mère. Qu’elle soit nourrie du souvenir précieux d’une mère hors du commun, qui aimait la vie et dont nul ne peut assassiner le souvenir. > > Que, selon les mots de notre tradition, son souvenir soit tissé dans le fil du vivant. Que son histoire soit cousue à vos existences – après tout, son nom de famille « Cayat », signifie « couturier », à la fois en hébreu et en arabe – et puissions-nous chérir ensemble la mémoire d’une femme libre. > > œuvre en tête de cette page: Elsa Cayat par ANYA ULINICH (via The Forward)

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    Il arriva vers midi. Elle l'attendait en haut dans la chambre. Elle l'entendit monter l' escalier. Il monta gravement. Sans précipitation. Il monta, et elle l' attendit davantage encore. Elle serra davantage encore ses mains entre ses jambes. Elle serra plus fort encore ses cuisses sur ses mains. Il entra dans la pénombre, ôta ses chaussures, et vint s' asseoir contre elle, très près. Il l' embrassa. Elle l'embrassa à son tour. Sa bouche contre sa bouche. Ses lèvres contre ses lèvres. Sa langue contre sa langue. Sa joue. Son nez. Ses yeux. Il l'embrassait. Il n'arrêtait pas de l'embrasser. Et elle. Elle aussi l'embrassait. Ils s'embrassaient. Sa langue dans sa bouche. Pleine. Humide. Sucrée. Elle le cherchait. Ses mains à lui sur elle. Ses mains la cherchaient. Sa main à elle sur sa main à lui. Et puis sa main à lui qui glissait sous elle. Elle finissait par s'allonger. Il la tenait contre lui. Dans ses bras. Elle s' allongeait contre lui. Il s'étendait sur elle. Et l'enveloppait. De ses mains il l'enveloppait. Il déboutonnait sa chemise. Elle dégrafait sa robe. Elle l'aidait à se déboutonner, il l'aidait à dégrafer sa robe...Il glissait sa main. Elle glissait sa main. Ses doigts et puis sa langue. Des mots mouillés au creux de son oreille. Des allitérations, des onomatopées...Des plis d'elle mouillés, qu'il cherchait à déplier. Qu'elle déployait larges et trempés. Elle était toute d' eau... et lui la buvait toute. Les choses sont douces dans la paume des mains. Des baisers s'y noieraient. De si loin, les événements de la journée paraissaient manquer singulièrement de sens.

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  • 01/20/15--10:35: voir les îles par Magic one
  • Elle voulait partir vers les îles sur un voilier nommé désir quelle dessinait sur le papier voiles gonflées le mât dressé caressant de sa mine fine l'onde gainée de doux reflets d'écume brodée en blancs secrets elle se sentait vraiment tranquille voguant sur ce très long navire qui venait l'enlever la faire onduler et chavirer c'était comme un doux élixir que préparent les sorciers les soirs de lunes argentées pour un voyage solitaire en sursauts sur la mer des pépites de lumière à chaque assaut des flots l'horizon devient rouge seuls les doigts bougent vient le trouble le temps dédouble le tour du monde en un instant finis la mers les océans adieu pays et continents vive le printemps

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    Je ne suis pas Charlie, je l’ai été quand j’étais plus jeune il fallait bien que le côté réactionnaire se déchaîne un peu, dynamiter les dogmes et les institutions évitait de trop réfléchir et permettait de s’acheter une opinion à bon compte. Mais la vie m’a appris que pour être respecté il fallait savoir être respectable et que cela passait par le respect des autres. Je ne suis ni Voltaire ni Rousseau (enfin si un peu quand même) mais la liberté d’expression ça me cause de temps en temps, des fois ça me crie très fort dans les oreilles pour couvrir tous ces persiflages des anticonformistes se conformant à des doctrines normalisées. Je ne suis pas un mouton et pourtant j’ai défilé, certes, un peu dégoûté que le politiquement incorrect se fasse organisateur avec des couacs rattrapés à la sauce amère. Je n’ai retenu que le côté spontané et rassembleur, de mes frères et sœurs prolos qui voulaient nourrir le projet de vivre ensemble. Nantis nous le sommes mais l’estomac plein n’empêche pas moins de réfléchir que l’estomac vide. Je ne suis pas athée, pas plus que religieux, la laïcité cela ne veut peut-être pas dire grand-chose pour vous mais pour moi cela veut dire beaucoup, ça veut dire que des millions de femmes et d’hommes sont morts debout pour arrêter l’hégémonie des gourous fous sanguinaires de tous poils qui ont déferlé et déferlent de par le monde depuis que l’homme est homme. Cela veut dire que nous sommes les porteurs d’un projet qu’il faut continuer d’élever. Je ne suis ni infidèle ni mécréant, encore moins une brebis égarée ou n’importe quel autre qualificatif visant à m’humilier, je n’ai jamais pactisé avec un dieu fantoche qui voudrait me voir agenouillé ou courber l’échine et je refuse que l’on m’insulte de la sorte. Je suis l’avocat du diable à qui l’on voudrait faire porter tous les maux de nos faiblesses. Je n’ai pas d’idéologie, ni de maître à penser, à chaque jour suffit sa peine pour construire un demain plus juste. Depuis plus de 400 000 ans que l’homme s’est brûle les doigts avec son silex s’il existait un mode de société idéal et viable, cela aurait fait résonance dans les cavernes ayant abrité l’humanité. Et pourtant la terre continue de tourner même si je l’entends de temps en temps vaciller et je crois toujours en l’idée de vivre tous ensemble avec nos différences. J’aurai voulu être Charlie, mais je ne pense pas savoir faire preuve d’abnégation et d’accepter de mourir pour cette liberté d’expression que l’on nous a offert sur un plateau d’argent. « Eux » comme tant d’autres ont su ! Lcm

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    Is fecit cui prodest. Il fallait malheureusement s’y attendre. Inside job. Ou encore false flag. Les théories du complot se multiplient sur Internet pour expliquer les attentats des 7 au 9 janvier derniers. J’imagine la douleur des proches des victimes, endeuillés, qui doivent encore supporter des élucubrations délirantes et manipulatoires de ceux qui veulent récupérer le massacre à des fins idéologiques ou religieuses. Ainsi, le Président tchétchène, sous allégeance poutinienne pourtant, a certifié à la foule (très nombreuse) réunie à Grozni lundi 19 que les « incidents » (incidents !) venaient des services secrets israéliens ou américains. En Turquie et en Iran, cette hypothèse est posée comme affirmation à un peuple qui aurait du mal à s’informer par lui-même en toute pluralité des sources en raison des censures sur le web (au contraire de nos contrées où l’on peut lire toutes les stupidités émises partout dans le monde). En général, les théories s’amorcent par cette question qui paraît toute logique : à qui profite le crime ? Pour ces attentats, on pourrait tenter d’y répondre rapidement (voir le dialogue dans mon com’ précédent sur Luz). Luz : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=111943 Principal bénéficiaire, c’est le pouvoir : le Président double sa cote de confiance à quarante pourcents et le Premier Ministre gagne presque autant, à soixante pourcents. Bref, l’opinion publique s’est retournée comme une crêpe en moins de deux semaines. L’opération est réussie. Et Flanby, qui est loin d’être un imbécile (c’est même un malin), veut ainsi avancer ses pions en demandant le 19 janvier 2015 l’union nationale aux partenaires sociaux alors que la situation sociale et économique n’a rien à voir avec les attentats. Big Guimauve est en fait un faux mou. On le sait bien puisqu’il avait déjà pris avantage dès 2011, à une époque où il était très bas dans les sondages. Il a suffi du scandale sexuel de son principal concurrent pour récupérer toute la mise et se retrouver à l’Élysée. Qui a été à l’origine des déboires new-yorkais de DSK ? Cela paraît évident. Voyez, je ne dis rien ("je dis ça, je dis rien"), mais le doute est mis. L’autre piste, comme indiqué dans mon dialogue, c’est bien sûr Charlie lui-même. S’autocommanditer un massacre zigouillant douze de ses employés ou prestataires, dont le patron lui-même, pour sortir du trou financier et reprendre de l’audience. Très fort, là aussi, le raisonnement. Hautement perspicace. Aussi fort que si les Américains avaient commandité eux-mêmes le massacre de plus de trois mille de leurs concitoyens. Tout cela est très très logique… Mais allons plus loin. Qui va diriger la nouvelle rédaction ? Un dessinateur, Riss, qui a été blessé pendant le massacre. Vous avez vu ? Seulement blessé. Il devait être au courant, lui, sinon, il aurait été lui aussi massacré. Pourquoi l’ont-ils épargné ? C’est louche. Remarquez bien que le nouveau dirlot doit bien être pris parmi les vivants, donc, la suspicion pourrait toujours avoir cours avec n’importe qui, en fait. Et puis, toute le monde n’a pas des visées managériales, surtout pour des artistes dont l’attrait est plutôt la notoriété et la reconnaissance. Et là, bingo pour un autre dessinateur, évidemment, celui qui a couvert le nouveau numéro. Luz a justement fêté ses quarante-trois ans le 7 janvier 2015. Du coup, il était en retard pour sa réunion du comité de rédaction. Du coup, il est arrivé après les deux terroristes. Du coup, il a eu chaud et est toujours vivant. Il travaille chez Charlie depuis une vingtaine d’années, et aussi pour Fluide Glaciale, entre autres. C’est donc lui qui a dessiné la une du 14 janvier. Maintenant, il a atteint la célébrité mondiale. Grâce à un service marketing défiant toute concurrence et bien implanté dans certains pays "chauds". À l’évidence, les attentats lui ont donné un sacré coup de pouce à sa carrière de dessinateur. Et vous savez quoi ? Parce qu’il n’y a jamais de hasard. Luz, ce n’est pas anodin. Chaque dessin qu’il balance, c’est comme s’il envoyait un scud au monde entier. Eh bien, pour lui rendre hommage, les Israéliens ont même donné son nom à leurs premiers missiles sol-sol. Trois mètres de long et vingt-sept kilomètres de portée. De là à croire que ces attentats, ça vient du Mossad… En tout cas, c’est sûr que ce n’est pas le lobby des hôtels de luxe parisiens qui a fomenté ce coup : il faut voir leur chute d’activité ce mois-ci, une cata ! Bon, évidemment que je délire, ou plutôt, que je divague, intellectuellement bien sûr. Car bien sûr, doutes et suppositions ne sont étayés sur rien de concret sinon de la spéculation purement intellectuelle (l’exercice est même stimulant). Car la question "à qui profite le crime ?" ne répond absolument pas à la question "qui a commis le crime ?". C’est d’ailleurs sur cette divergence que les meilleurs polars ou films policiers font leur sucre : laisser entendre qu’untel soit le coupable pour, au dernier moment, contre toute attente, l’innocenter. Cette question est nécessaire à se poser, car elle peut fournir un mobile (indispensable dans une enquête policière) mais n’est pas suffisante pour conclure. C’est une question parmi d’autres. Comme on le voit ici, si le crime profite a priori au meurtrier, tous ceux à qui ça profite ne sont pas nécessairement les meurtriers. C’est une simple formulation logique : en mathématiques, une implication n’est pas une équivalence. De plus, en évoquant le pouvoir exécutif ou Charlie lui-même comme profitant du crime, on parle non pas des attentats et du massacre lui-même, mais de leurs conséquences au deuxième ou troisième niveau (la marche, les sondages ; le numéro suivant, la contestation internationale). S’il n’y avait pas eu de marche républicaine, pas sûr qu’il y aurait eu rebond marsupial. Et dans ce cas-là, pourquoi n’irait-on pas plus loin dans ce raisonnement alambiqué ? Comme ça profiterait au pouvoir, à Charlie, ne pourrait-on pas dire qu’au contraire, ça va profiter à ceux qui vont les dénoncer ? Et ainsi de suite… Il y a d’autres non-raisonnements dans les théories du complot, qui sont toutes basées sur le doute. Jamais on n’accuserait ouvertement. Même Papy FN y va avec toute la subtilité et l’insinuation : « Bien sûr, nous n’avons pas de preuve. Je ne dis pas que les autorités françaises sont derrière ce crime, mais qu’ils ont pu avoir permis qu’il ait lieu ». Par exemple, ce qui est cité très souvent, c’est le fait qu’un terroriste a oublié sa carte d’identité dans la voiture. Il est clair que c’est une erreur étrange pour un type qui s’était préparé très minutieusement à ce carnage. Pourtant, les deux assassins n’étaient pas à leur première erreur. Ils s’étaient déjà gourés d’adresse (de numéro dans la rue). C’était pourtant facile d’éviter cela (moi-même, je serais allé voir avant l’opération, à leur place). Et les munitions qu’ils ont oubliées dans la voiture avec la carte d’identité, c’était aussi la signature de l’inside job ? Un second exemple, certains observateurs attentifs ont aperçu le changement de couleur des rétroviseurs du véhicule des terroristes sur des photos à des moments différents. Du coup, ils suggèrent que ce n’est pas la même voiture et qu’on veut nous tromper (notez bien que les "comploteurs", s’ils existaient, seraient quand même bien débiles de se tromper sur un tel détail). La photo est ici (publiée par L’Express dès le 8 janvier) : http://minilien.fr/a0nwa6 Le problème, c’est que tous ceux qui posent des doutes avec la plus grande sincérité (pourquoi ici vouloir la remettre en cause ?) sont des billes d’un point de vue scientifique et technique, et donc, tout ce qui leur est étrange scientifiquement devient suspicion à leurs yeux. Pour reprendre l’exemple, les rétroviseurs étaient chromés, un matériau qui reflète la lumière et donc, qui prend différentes teintes en fonction de la luminosité extérieure. C’est assez facile de comprendre mais au lieu d’aller rechercher la nature du matériau des rétroviseurs, au lieu de se renseigner sur les propriétés de ce matériau, on a préféré simplement apporter un point supplémentaire à cette longue série de …complots. Troisième exemple parmi plein d’autres tout autant démontable : des journalistes de l’agence Premières Lignes s’étaient retrouvés sur les lieux quelques minutes après l’attentat en portant des gilets pare-balles (par précaution). Les complotistes y ont vu tout de suite la preuve que ceux-ci étaient renseignés sur l’attentat bien avant qu’il n’ait eu lieu. Pourquoi eux ? Mystère ! Alors que l’explication simple, c’est que beaucoup de rédactions ont maintenant des gilets pare-balles à leur disposition et leurs membres peuvent donc les porter très rapidement. On voit que cette mesure n’était pas superflue. C’est là le problème avec les théories du complot : d’une part, on insinue le doute là où une explication rationnelle et plutôt banale suffit ; d’autre part, on ne prend pas en compte les avancées concrètes de l’enquête qui, elle, accumule preuves et faits reconnus, et infirme la plupart les fausses affirmations qui végètent d’un site web à l’autre. Par ailleurs, les théories complotistes ne tiendraient la route que si un nombre extrêmement élevé de complices restaient silencieux, or, c’est de plus en plus difficile, avec les réseaux sociaux, les smartphones qui peuvent enregistrer la voix et l’image, les sites Internet, de ne pas recueillir, par aveu avant de mourir, par scrupule, par mauvaise conscience, par négligence, au moins un seul témoignage rompant ce supposé silence ! Mais peut-être qu’il s’agit simplement d’une autre dimension, dans laquelle je suis incapable de m’introduire, et que tout cela n’est que jeu de l’esprit… sauf pour les victimes et leurs familles, malheureusement…

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    Je ne les énumérerai pas, car elles non RIEN de nouveau. Les rites républicains (hymne national, drapeau, devise) seront appris. Réappris, disons-le, car ils étaient déjà obligatoires en primaire... Nouvellement créés les référents "laïcité", les référents "mémoire et citoyenneté", les référents "éducation aux média". Rien de nouveau là dedans. Un simple laïus. Enseignement moral et civique ( discipline etc. :D). Tous ces thèmes existent déjà mais seront réorganisés. OUF! D'ici juillet 2015, mille premiers "formateurs" seront "formés" pendant 2 jours [ Inspecteurs (que ferait-on sans eux), professeurs, documentalistes, directeurs d'école, chefs d'établissement, CPE, personnel d'orientation, personnel de santé (on en aura besoin :D)] afin qu'ils puissent répondre aux "besoins" de leurs pairs au sein des établissements: 1000! Où ça, qui ça, en quelle proportion? Chiffre impressionnant s'il en est.. Le contrôle de l'instruction à domicile sera renforcé (?!) Il y en a et on ne le saurait pas? Mais c'est magnifique! Et on va "finalement" alphabétiser le tiers de la population scolaire laissée de côté... Là encore je dis bravo. Mais c'est pour quand? Et comment? Avec quel argent? Avec 30 élèves par classe dont bon nombre ne supporte plus aucune forme d'autorité? Alors qu'il est toujours interdit d'interdire? Alors qu'ils ont tous les droits, en particulier celui de ne pas "comprendre" quand il n'y a rien à comprendre? A l'heure où l’Éducation Nationale fait de la publicité pour "recruter", parce que les enseignants commencent à manquer, malgré la sécurité de l'emploi et les LONNNGUUES vacances, parce qu'ils n'en peuvent plus de ce métier impossible dans lequel ils ne sont plus respectés, on voudrait les instruire en matière de laïcité? Ignore-t-on par hasard qu'il y a de l'éducation civique au collège? Non, rien de nouveau dans ces 10 mesures, rien de nouveau sous le soleil. Mais la FRANCE ne veut pas renoncer à ses "programmes" gargantuesques, à ces bourrages de crânes-qui-s'endurcissent dans une semi-obscurité. On entend peu de choses quand on passe dans les couloirs car on réussit quand même à maintenir la vapeur sous pression dans cette cocotte minute qu'est devenu le collège dans de nombreux endroits. On ne veut pas mettre à bas le monstre, comprendre que le temps des gentils petits élèves obligés d'écouter est passé et qu'il est urgent de donner le goût d'apprendre. Dix mesures sur la laïcité? De qui se moque-t-on? Laïus, Laïus, Laïus

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  • 01/22/15--04:39: Vanité par Fragonarde
  • La peau s'est refermée repliée Corps asséché tari Vieillesse en toile de fond d'images inanimées L'acteur a enlevé son masque de vie Il l'a posé par terre sur la scène inerte Dos voûté démarche lente il a quitté l'espace Redevenu spectateur posé sur un strapontin bancal Avancer dans les rapides sans question Attendre sans fin la faim Sans faim la fin La poussière a envahi les plateaux désertés le rideau s'est fermé Tout n'était que vanité et poursuite du vent

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  • 01/20/15--00:22: SUITE DU POEME par Minos36
  • Oh ! Myriam Muse de mes chants passés, Rends mon verbe brûlant, Que je trouve le mot juste Pour dire ta langue qui me déguste. Ou que de ma langue de velours Je parcoure ton sillon lunaire Avant la vague de volupté Qui fera danser tes hanches. Que cette danse dévergondée Montre ton cul impudique Offert aux caprices de ma trique Ou à ma langue en feu. Je suis caresse et toi jouissance Lorsqu’en ta bouche tu prends ma lance ! Mes lèvres donnent une étreinte convulsive A ton clitoris nourri de mon appétit ! Je vois dans ton regard cette volupté Qui m’engloutit dans son abysse ! Et dans tes yeux une lumière nouvelle se fait jour ! Je chante à nouveau, tu vois, mais il se fait tard ! Je chante encore mais j’ai une idée obscure De l’avenir de ce poème et des mes chants futurs ! PS oui je sais, à cliquer sur les phrases - clichés de PCC c'est déprimant, mais quand on n'est pas abonné pas d'autres solutions en vue ....

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    Un vent puissant tire le souffle du mépris sous mes ailes, Mon dédain comme ma morgue me donne l'impression d'être folle Militants quotidiens de l'inhumanité sur des milliards d'yeux affamés, Les médias et leurs faveurs volent les profits flatteurs Un ange passe Un ange passe Cerveaux en miettes dans la toile des réseaux consuméristes, Comètes humaines asservies et avides de pourriture fournie Magie futile du vide et de l'ennui sentences et morale perverties, Si cette bulle pleine de rien voulait bien se crever demain Un ange passe Un ange passe J'ai rêvé tant de saisons des torrides et des moins blêmes, J'ai encore gardé ton nom je peux aussi te dire que je t'aime Notre futur est tellement incertain.

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    C’est un homme nu qui est sur une femme nue, sur un lit. Ils font l’amour. Une paire de chaussures de femme et une paire de chaussures d’homme sont posées au pied de la chaise où traînent quelques vêtements. Par terre, une petite culotte négligemment retirée. La femme tient par la main un autre homme, allongé mais dans l’air, en lévitation, les yeux fermés, et lui-même est tenu par une sorte de représentation de Dieu, avec barbe blanche et robe trônant sur un petit nuage. C’est le dernier dessin de Wolinski, retrouvé par sa femme Maryse dans son bureau et affiché durant la cérémonie d’adieu au Père Lachaise le 15 janvier. Il avait réalisé ce dernier dessin avec cette dernière musique qu’il avait écoutée, Mile Davis et John Coltrane, "Kind of Blue". Maryse, quarante-six ans de mariage. Rencontrée lors d’une conférence de rédaction au JDD. Seconde femme après une première morte jeune d’un terrible accident de voiture. L’une des cartes de vœux qu’il avait réalisée, c’était elle et lui, dessinés à la manière des amoureux de Peynet, montrant les grands sentiments qu’il avait pour elle. Loin de ce que ses dessins laisseraient entendre, Wolinski était en fait un homme sérieux et fidèle en amour : « Plus je vieillis, plus j’aime les femmes. Je les dessine toujours, en particulier la mienne, que j’aime regarder se tortiller dans l’appartement ». De même, dans l'émission Apostrophe du 1er juin 1984, Wolinski répondait à Pivot : « Je suis marié, monsieur Pivot. Donc je ne drague pas des minettes. Je fais l’amour avec ma femme » et à Jean d'Ormesson : « Je ne saute pas une fille, je fais l'amour avec ma femme ». Lors de leur dixième anniversaire de vie commune, il s'était émerveillé dans une belle lettre d'amour et avait rappelé qu'ils n'avaient passé que trois nuits séparés. Le matin du mercredi 7 janvier, il était parti plus tôt que d’habitude mais avait quand même pris le temps de dire à sa femme qu’il l’aimait beaucoup et qu’elle était très belle… Ce ne l’a pas empêché d’être un obsédé des fesses. Normal. Pour lui : « Le sexe sans amour, ce n’est pas toujours drôle… mais c’est plus drôle que l’amour sans le sexe ». Par exemple, devant des étudiants de science po qui l’interrogeaient l’an dernier sur l’affaire du scooter présidentiel, il racontait plutôt comment il avait maté les fesses de Valérie lorsque tous les deux travaillaient pour Paris Match. À une étudiante, il expliquait sa représentation des femmes : « C’est une façon des les posséder. Mes copines de Charlie Hebdo, je les imagine nues et je les dessine, tout comme je pourrais vous imaginer et vous dessiner ». L’une des citations qu’il aimait entendre était de Maupertuis : « Nous n’avons reçu que depuis très peu de temps une vie que nous allons perdre. Placés entre ces deux instants, dont l’un nous a vus naître et l’autre nous voit mourir, nous tâchons, en vain, d’étendre notre être au-delà de ces deux termes. Nous serions plus sages si nous nous appliquions à en bien régler l’intervalle ». Son père Ziegfried a été assassiné d’une balle dans la tête quand Georges avait deux ans… Il lui était resté fidèle en fêtant son dernier anniversaire, le quatre-vingtième, le 28 juin dernier et pas le 29 juin, la vraie date. Son père s’était trompé au moment de la déclaration. Ayant eu beaucoup d’amis arabes dans sa Tunisie natale, il avait même croqué sa propre vie (voir un des liens ci-dessous) en la faisant commencer par un muezzin proclamant sa naissance du haut d’un minaret. La grivoiserie n’est pas sans observation sociale ni tendresse. Wolinski aimait raconter les scènes de vie quotidienne parfois paradoxales. Par exemple : « Je lisais toujours sur un divan d’où on voyait la rue. Passe un Américain complètement pété, il tombe à terre. Horrifié, je vois sa braguette ouverte sur un bout de sexe qui dépassait. Une femme voilée qui traversait s’est arrêtée pour la refermer ». La journaliste du Figaro Pauline Verduzier a mis en parallèle ce genre d’anecdote avec le travail de Wolinski qui disait : « C’est exactement ça, le boulot de dessinateur de presse, mettre en valeur les contradictions de la politique et de la morale ». Pendant longtemps, Wolinski s’est cru gauchiste et a même collaboré pendant sept ans avec "l’organe" (officiel du parti communiste), L’Humanité. Mais en 1981, quand on lui a demandé d’être plus raisonnable dans ses critiques du nouveau gouvernement (dans lequel quatre ministres communistes siégeaient), il s’est barré. Il avait compris qu’il était plus anarchiste que gauchiste ! Il le disait à sa manière : « Un homme de droite avec des idées de gauche, c’est sympathique. Un homme de gauche avec des idées de droite, c’est répugnant ». Anarchiste mais aussi avec un mode de vie bourgeois : cigares, truffes qu’il adorait (il en avait encore acheté la veille de son assassinat), grand appartement, beaux costumes, bons gueuletons dans restos chic, etc. mais l’œil toujours vif, la plume toujours acérée, l’esprit toujours contestataire et anti-institutionnel. Il n’avait même pas craché sur la Légion d’honneur que lui avait octroyé Chirac en janvier 2005, parce qu’il considérait qu’elle avait quand même de la valeur, ni sur le Grand prix de la ville d'Angoulême la même année. Adorateur de jolies femmes, mais avant tout, adorateur de sa femme. Il avait lancé un jour : « Je veux être incinéré. J’ai dit à ma femme : tu jetteras mes cendres dans les toilettes, comme cela, je verrai tes fesses tous les jours ! ». Il avait ressenti son premier émoi sexuel à neuf ans, quand sa tante (qui ne parlait pas un mot de français, il est né en Tunisie) l’emmena au hammam où il s’était dévêtu au milieu de toutes les femmes également nues. Ses modèles pour le dessin, c’était Copi, Topor, Dubout, etc. Dans son dernier dessin, il y a aussi un peu d’Effel. Il avait été surpris et très honoré de la rétrospective que lui avait consacrée la Bibliothèque nationale de France en 2012 : "Wolinski, cinquante ans de dessins". Il avait surtout apprécié de ne pas avoir été réduit au seul dessinateur de presse qui a fait sa renommée. Très humble malgré ses quatre-vingt cinq albums édités et toujours de bonne humeur, il ne se prenait pas la grosse tête et se focalisait toujours sur son imagination débordante, son acuité de l’actualité, sa vision alerte de la société. Mais finalement, si, il a bien été réduit au dessinateur impertinent qu’il était. En bouillie. (Sources : Paris Match et JDD, journaux dont il fut collaborateur, et Figaro). Quelques jolis dessins… Dernier dessin : http://minilien.fr/a0nwkx L'autoculture près de chez vous : http://www.bedetheque.com/media/Planches/PlancheA_117575.jpg L'univers luxuriant de Wolinski : http://minilien.fr/a0nwmo Wolinski par Wolinski : http://minilien.fr/a0nwjx Wolinski et Maryse : http://minilien.fr/a0nwn3 Je ne pense qu'à ça : http://minilien.fr/a0nwmr J'hallucine : http://www.bedetheque.com/media/Couvertures/autwolinskijhallucine.jpg L'amour reste abordable : http://www.bedetheque.com/media/Planches/AlbautWolinski11_07082008_135500.jpg Joli décolleté taille basse : http://www.bedetheque.com/media/Versos/Verso_53531.jpg Le roi des c... : http://minilien.fr/a0nwmy Il n'y a plus de valeurs : http://minilien.fr/a0nwmz S'appuyer sur les forces positives : http://minilien.fr/a0nwmp Examen à repasser : http://minilien.fr/a0nwmq Les pensées : http://www.bedetheque.com/media/Couvertures/Couv_117575.jpg Mitterrand : http://minilien.fr/a0nwn1 Dis-moi que tu m'aimes : http://minilien.fr/a0nwl0

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    Plutôt que de nous laisser endoctriner par les politicards de tous bords et les religieux de sinistres engeances pourquoi, au lieu d’accorder tant d’importance aux propos de ces racailles de prêcheurs orthodoxes ou à ceux de ces sous-fifres en col blanc que nous avons la bêtise d’élire au nom d’un suffrage universel censé garantir la consensualité démocratique, ne pas utiliser, à des fins subversives, les réseaux sociaux pour y a parler de la joie, du plaisir que nous éprouvons, hommes, femmes, travelos et non-sexués, à lécher une bonne grosse chatte super-baveuse à l’odeur fauve ou à pomper, comme si c’était une question de vie ou de mort, un putain d’enculé de chibre au garde à vous ? Du cul, de la baise, du rock’n’roll, des drogues pour certains, pas de drogues pour d’autres mais par pitié foutez-nous la paix avec les dogmes, qu’ils soient idéologiques ou religieux. Nous n’en voulons plus de vos diktats, nous en avons soupé, les avons bu jusqu’à la lie. Voici, me semble-t-il, venu le temps d’aller nous agenouiller devant la cuvette des chiottes et de vomir cette merde une bonne fois pour toutes. Jusqu’à la bile je gerberai votre propagande, à m’en retourner l’estomac même, tant que j’ai la certitude d’avoir à manger de la chagatte juteuse à souhait en retour. En tant qu’homme, hétérosexuel à trois cent pour cent, je parle du con parce qu’il est le centre de gravité de mon existence. Tout à fait entre nous, mais c’est une autre histoire, il m’est arrivé de tomber amoureux fou d’un travesti tapinant au bois de Boulogne et c’était réciproque. Cette parenthèse mise à part, revenons à nos moutons. Vous les femmes, pourquoi ne pas hurlez sur fesse book et autres, votre joie d’être sodomisées, les deux mains agrippant la table de la cuisine, en vous faisant, pour vous exciter plus encore, traiter de salope, de chienne en chaleur ou de sale pute par votre queutard préféré, celui que vous nommez parfois votre seconde moitié, le père de vos enfants voués à devenir délinquants, toxicomanes, braqueurs ou terroristes ? J’écris n’importe quoi, d’accord j’écris n’importe quoi, mais je n’y peux rien si je trouve les femmes au-dessus de tout et que j’ai un perpétuel désir de leur plonger la tête entre les cuisses pour leur bouffer la moule à pleine bouche. Entre-nous, est-ce que ce n’est pas beau une gonzesse en train de hurler « suce, c’est bon lèche, continue comme ça, ne t’arrête surtout pas » pendant que vous n’en pouvez plus de sombrer dans les profondeurs d’un bonheur abyssal en lui dévorant la koukoune ? Un peu que c’est beau, d’une beauté aussi intemporelle que celle de Lesbos ou de la Métamorphose du Vampire et je ne crois pas que Charles Baudelaire prétendrait le contraire. Et glisser son tampax dans la fente d’une bombasse quand le sang de son cycle menstruel aspire à s’écouler par l’orifice dont l’a pourvue dame nature, c’est pas beau ça non plus ? Un peu que c’est beau, c’est même l’absolu de lui introduire, en profitant du merveilleux spectacle de ses cuisses écartées en grand, ce tampon conçu pour recueillir ce dont son corps doit se débarrasser parce que Dieu l’a voulu ainsi. Alors faites pas chier bordel de merde, faites pas chier avec vos lobotomies par médias interposés, faites pas chier avec vos politiciens manipulateurs servant les intérêts d’une minorité de puissants en prétendant servir ceux des pays et des peuples. Non, faites définitivement pas chier parce qu’on s’en branle de votre crise économique qui voit s’enrichir ceux qui étaient infiniment riches et s’appauvrir à en crever dans la misère ceux auxquels le destin n’a pas permis de déféquer dans la soie. Allez-vous faire baguer, déclenchez, si cela vous chante, une troisième guerre mondiale avec le fondamentalisme Islamique comme prétexte pour permettre aux trusts occidentaux de faire main basse sur le pétrole des pays non-alignés du Proche et du Moyen-Orient, mais laissez-nous, nous qui n’avons rien à foutre de vous, baiser, en bonne chair à canons, comme des sauvages jusqu’à ce que nous cueille la rafale de pistolet-mitrailleur qui nous ouvrira les portes de la vie éternelle

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    Il est mort le poète. Dimanche dernier, dans sa résidence de campagne de Bergerac, au cœur d'un vignoble qui l'a longtemps inspiré, Amadou Février, homme de lettres et misanthrope de génie, s'est tiré une balle dans la cervelle, en laissant juste ce mot, laconique "Je vous emmerde". Amadou vivait reclus depuis de longues années, accompagné de son chat Staline, et ne sortait plus guère ou seulement pour insulter ses contemporains. Il y a une semaine, on le surprit néanmoins dans la marche citoyenne avec un tee-shirt sur lequel était inscrit "Tous des charlots". Amadou février, libre penseur, détestait l’hypocrisie, les faux-semblant. Les derniers événements auront eu raison de sa santé mentale.

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    Longs sont mes jours Comme tant de détours Longue est ma route Pour un cœur en déroute Bruyant est le souffle du vent Sur le tempo de l'amour naissant Hurlant sont les cieux Comme tonnent mes yeux Lente est ma nuit Sur la lumière enfouie Lourdes sont mes paupières En la morsure de l'aube Diluviennes sont mes eaux ruisselées Sans jamais le seul risque d'y tremper Morbide est l'arbre Planté en ma poitrine Eculée est ma blessure de vie Grattée et prestement endormie Régurgités sont tous mes mots Pour nourrir mon ventre chaud Alors te dire, sans superflu En quelque rime fendue Oh bébé, je suis perdue.

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    Elle l'attend. Elle l'attend tout le temps. Sa vie s'est mise en parenthèse autour de lui. L'interphone se manifeste, elle répond oui à son silence. Il est déjà rentré hâtivement dans l'immeuble. Il sonne à la porte. Elle ouvre. Enfin leurs corps impatients se rejoignent, se retrouvent. Sans mot, ils s'abouchent et leurs lèvres ne se quittent plus. Collés l'un à l'autre, ils s'acheminent vers la chambre. Leurs mains s'activent. Chemise retirée du pantalon qu'on déboutonne, bras levés pour retirer le pull, seins libérés. Les peaux se cherchent, les peaux se veulent. Et les habits tracent le chemin qui les mène jusqu'au lit dans lequel ils finissent de se dénuder, fiévreusement. Ils sont dans l’impatience d’être là où est leur place. Sans mots échangés. Il leur faut retrouver leur unité initiale. Bouches collées, son corps sur elle, son corps en elle. Cette fusion-là. Il n'est plus temps de différer, il leur faut cet apaisement-là que tout recommence là où cela s'était arrêté. Tout ce qui précède n'est que préliminaire inutile. Son corps l'attend. Son corps l'attend tout le temps. Les salives se mélangent, les parfums s'unissent. Leurs peaux glissent. Son corps à lui érigé la possède. Plaisir qui les submerge de vague en vague. Ils voguent toujours plus loin, là où ils ne savaient pas cela imaginable. Désir volcanique dont la lave absorbe le temps. Onomatopées d’extase et chants de transe fleurissent. Les mots sont accessoires. Les corps se plient, les corps s'accolent, les corps exultent. Les heures passent. Les corps n'en peuvent plus malgré le désir incessant de n'être qu'un. Ils se retrouvent à la verticalité tout en étant encore ailleurs. Les premiers mots sont maladroits, futiles, trop quotidien. Les autres, les seuls qu'ils ont en tête, sont interdits. Ils mangent un peu, reprennent haleine. S'ils ont la nuit, ils reprennent vie en se chevauchant de nouveau, dans l'urgence du manque à venir. Ils s'arc-boutent l'un à l'autre, à la dérive des sentiments qui les animent, à fleurs de peaux du bliss qui les dépasse. Arrive le moment où ils doivent se séparer. Il se lève, se lave, s'habille. Il est déjà parti, revêtu de ses habits de tous les jours. Elle reste dans son empreinte, dans son odeur, le regarde se préparer, déjà dans l'absence. Avant même que la porte ne se referme, elle est dans l'attente. Il est parti. Elle ne change pas les draps, les renifle pour encore revivre ces moments-là. A nouveau elle l'attend. Elle l'attend. Elle l'attend tout le temps.

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  • 01/23/15--18:13: Engrenages par Fragonarde
  • - Pourquoi tu ne dis rien ? - Pardon ? - Pourquoi tu ne dis rien ? Jamais. On est ensemble depuis quelques semaines et je ne sais toujours pas ce que je suis pour toi. - Tu attaques toujours aussi direct au réveil ? - Et voilà, tu pirouettises par l'humour pour ne pas me répondre. - Tu ne veux pas te recoucher à nouveau que je te saute dessus ? Tu l'auras ta réponse ainsi... - Je sais bien que tu aimes faire l'amour. Mais quand on aura fait l'amour, ça voudra dire quoi pour toi ? C'est cela que j'aimerais savoir. - Pourquoi veux-tu de suite coller une étiquette sur ce que l'on vit ? Ça ne te suffit déjà plus de le vivre ? Il me semble que si on est ensemble, ça doit vouloir dire quelque chose, tu ne crois pas ? - Tu ne veux pas répondre. Tu me les renvoies toujours mes interrogations, comme un miroir sans te mettre à nu. Ça t'est plus facile de te mettre à nu physiquement que de me dire ce qu'il en est de nous. Ne crois pas que je sois dupe, tu réponds toujours par une question à mes questions. - Ben voilà, je suis déjouée. Tu vois que tu me connais bien en fait ! - Arrête s'il te plait ! Arrête la rhétorique. Tu te caches derrière, tu te caches tout le temps. Derrière l'humour, les jeux de mots, pour ne pas te dévoiler. Aimer c'est s'exposer et prendre le risque d'oser, tu ne crois pas ? - Tu insistes un peu trop. Que veux-tu que je te dise ? Je ne suis pas douée avec les mots. En fait, non. C'est plutôt que je leur accorde peut-être trop d'importance, plus que la plupart des gens. Je ne les utilise pas à tout va car, à force de les galvauder, ils en perdent leur signification. Tu comprends ? Paroles et paroles... Qu'en reste-t-il ? Il me semble que les actes sont souvent plus significatifs que les mots jetés. Je les préfère aux paroles, les attentions plutôt que des paroles creuses qui ne veulent rien dire. Je ne dis pas de mots d'amour à tout bout de champs. Je ne comprends pas ceux qui rencontrent l'amour de leur vie toutes les semaines, qui sont dévastés le temps de rencontrer le lendemain le vrai amour de leur vie, encore une fois, le temps que ça durera... Mes mots d'amour, ils sont pesés, nourris pour qu'ils conservent toute leur aura quand je les exprime. - Ah oui, donc si j'ai bien compris, je dis n'importe quoi. Quand je dis je t'aime, ça ne veut rien dire ! - Arrête un peu. Ecoute, si je n'étais pas bien avec toi, je serais partie. Je ne discuterai même pas de cela avec toi. Je suis bien avec toi, tu comprends ? - Comme déclaration, j'ai connu mieux. J'ai l'impression que mes mots attentionnés te pèsent, que mes mots d'amour t'importunent quand je te les dis. Y'a plein de nanas qui reprochent aux mecs de pas savoir dire leur sentiment, je comprends maintenant ce qu'elles ressentent. J'ai l'impression d'avoir rencontré la seule nana à être aussi peu loquace que la plupart des mecs. - OK ! Je vais te dire ce que je pense, et ça ne va pas te plaire. Quand tu me dis "je t'aime", je ne le ressens pas comme une déclaration d'amour mais plutôt comme une injonction "Et toi ! Dis moi que tu m'aimes aussi". Tu ne me le dis pas gratuitement, tu attends de moi en retour que je te rende la pareille. Tu me déclares ton amour pour entendre les mêmes mots en écho. C'est ainsi que je le ressens, comme une réclamation. Je ne sais pas répondre quand je me sens forcée. J'ai l'impression que tu ne respectes pas mon rythme. - Tu as tout dit là, en fait. Nous ne sommes pas au même niveau. Je ne sais plus qui a dit "en amour il y en a toujours un qui aime plus", ici c'est très clair, ça ne fait aucun doute. En fait, je ne me trompais pas dans mon impression. Si tu ne me le dis pas, c'est tout simplement que tu ne m'aimes pas... - Mais t'es gonflant à la fin ! Tu me prends la tête depuis le réveil. Tu ne me laisses aucune latitude. Si je ne dis pas comme toi, c'est que je suis contre toi. Tu ne m'écoutes même pas ! Tu ne peux pas vivre le moment présent ? Ne peux-tu pas accepter que je fonctionne différemment ? Que je n'accorde pas la même valeur aux mots que toi ? Que je ne dis pas forcément des mots d'amour au bout de... même pas 3 mois ! Tu ne me donnes absolument pas l'envie de te les dire vu tout ce cinéma ! Si cela ne te va pas, pourquoi restes-tu avec moi ? Ne me reproche pas ce que je suis. Tu n'as qu'à partir et te mettre en couple avec une fille qui te dira "mon cœur, mon amour" dans toutes ses phrases, et ce, dès le premier baiser, et qui parlera mariage dès que vous aurez tiré un coup, si c'est cela dont tu as besoin ! Moi, je ne sais pas faire, je ne suis pas ainsi. Non mais merde à la fin ! T'es lourd aujourd'hui. J'aime bien déjeuner en paix le matin, moi ! - Je suis lourd parce que je te dis "je t'aime" et te demande ce qu'il en est pour toi ? C'est toi qui es barge, qui es incapable de sentiments ! Je suis lourd parce que je te dis que je tiens à toi ? Plutôt crétin, je dirais ! En fait je ne suis pour toi qu'une distraction, un passe temps pour prendre ton pied de temps à autre ! Un coup à tirer comme tu le dis si vulgairement ! Voilà tout ce que je suis pour toi ! Non, mais dis le ! Dis le ! - Merde ! Tu me fais chier ! Je me casse ! - C'est ça ! Casse toi ! j'en ai rien à foutre de toi, pauvre conne !

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