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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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    Aujourd’hui à 49 ans et des poussières, j’ai pris une grande décision enfin plusieurs ; Le monde a changé ; enfin non ce que je croyais être juste n’a plus de valeur, le courage, l’honnêteté, la probité existent encore chez certains mais il faut que j’arrête de me leurrer, ça va aller en empirant. J’ai toujours été une une révoltée maintenant c’est fini puisque tout est foutu. J’ai toujours aimé la nature mais c’est foutu. De toute façon les puissants de la planète (ceux qui ont l’argent) dictent ce qu’ils faut faire aux politiques qui ont baissé leurs pantalons et ceux là dictent ce qu’il faut dire à a plupart des grands médias de la planète et les spectateurs qui regardent la télé croient à leurs bobards. Moi je ne les croient plus mais je n’irai plus voter pour une gauche qui n’est plus de gauche. Je ne crois plus en rien et surtout pas en dieu c’est pourquoi je vais voter à droite la prochaine fois et même carrément FN. De toutes façons foutu pour foutu qu’on fasse exploser la planète socialement ou pour de vrai, il n’y aura plus d’humain et c’est tant mieux. Et puis j’ai toujours été féministe mais comme ça c’est aussi foutu je vais devenir une mémère (ben oui la ménagère de 50 ans c'est bientôt moi !) bien comme il faut enfin comme le Figaro et le FN ont envie qu’on devienne (et bientôt le Monde) qui votera ce que dit son homme lui aussi bien réac (il faudra que je le trouve encore mais ça ça doit être facile par les temps qui courent). Alors de temps en temps je me ferai baiser par mon garagiste ou je baiserai un pauvre énamouré de moi que je n’aimerai bien sûr pas mais je ne lui dirai rien ni à mon mari ni aux autres hommes parce que de toutes façons sois belle et tais-toi (mon poing dans la gueule si vous ne me croyez pas, j’ai de beaux restes à 49 ans). Je n’aimerai plus jamais personne sauf mon chat. Et puis aussi j’irai faire la bise ou avec un a en plus à Macron plutôt bel homme celui-là et tant pis si c’est une horreur à l’intérieur. Un coup et puis c’est tout. Et mes enfants je les laisserai pousser ; ils rejettent les repères et ben tant pis pour eux ; l’ainé deviendra macho et hyper réac et la 2e une femme révoltée et malheureuse parce que la société est faite pour les hommes de tout façon mais sur son téléphone, je lui mettrai Cendrillon de téléphone justement, la mélodie est très belle. Mes élèves je leur apprendrai par cœur la Marseillaise ce magnifique chant (la mélodie aussi et surtout) aux paroles suggestives, plus la peine de tenter d’éveiller leur conscience, internet et google sont suffisants, de toutes façons l’éducation nationale n’en a que faire, je travaille pour des hypocrites et je m’en fiche. Je dirai aux parents ce qu’ils veulent entendre oui votre enfant est magnifique, c’est un génie, il va sauter une classe (bon débarras il emmerdera moins mes collègues et le système scolaire), les instits ça ne sert à rien hein Nicolas c’est bien connu mieux vaut des curés. Ah oui pour faire bonne mesure moi qui suis une athée et qui me croyais encore dans un pays laïc jusqu’en 2014, depuis charlie je n'y crois plus, on est pas encore à prêter serment sur la bible mais ça va venir alors autant prendre les devants : demain je me voile, j’arbore une main de fatima , une kippa et une barbe (ah c’est vrai je ne suis qu’une femme), et je mettra même un bouddha ou du henné sur les mains je ne veux faire de jaloux chez aucun dieu. Aucun n’existe mais tous sont puissants puisque les hommes l’ont décidé. Et puis pour aider les plus riches encore à s’en mettre plein les fouilles (mieux vaut être avec eux en fait, c’est évident) ; je changerai de voie ; trafic d’armes ou de drogues j’hésite encore…. BREF la vie va être belle. Résolutions rédigées le 1er avril de l’année 2015

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    Longue journée de pluie, Le vent charrie des nuages noirs ! Te voici printemps Pour la 68ème fois!! Tu n'es plus la jolie comédie Des mes vingt ans : J'entrais dans les chambres du plaisir Soldat aux mains nues : Je luttais contre interdits et tabous. Finie la douceur dans ce monde de brutes, On est tous coupables, de quoi ? Je vous le demande !! Voici venu le temps des regrets, Lourds fardeaux sur les épaules : Je marche plié sous le poids De mes AMARCORDS Felliniens Svetalana Petrova, Femme ample, plantureuse, Hanches pleines, Seins gonflés, Donne la gougoutte à son chat FELIX Lui faits multi calins érotiques Sur sa queue où s'inscrivent Ses longues chroniques Ficelées, léchées, mais ennuyeuses !!! Longtemps dans mon passé, J'ai rêvé mon futur Aujourd'hui dans l'abandon, Je rêve d'un autre passé moins con !!!

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    Jerry bosse comme manutentionnaire pour un patron qui confectionne des baignoires. Tout baigne d'ailleurs pour Jerry, un boulot où il côtoie des collègues sympa et quelques jeunes femmes pleine d'atouts ;-) A la maison, tout pareil : un bon gros clebs jovial et un chat un peu peste, mais Jerry semble avoir la situation bien en main. Mais qu'est-ce qui va merder ? Où et quand la mécanique va-t-elle se mettre à dérailler ? Qu'est-ce qui fait que derrière un type bien sous tous rapports, se cache en fait un grand malade psychotique . . . Le film traite bientôt plus du dérèglement mental, du traitement de la schizophrénie, du laxisme de l'administration et de la perversion du système de santé. Ryan Reynolds (que ne connaissais presque pas....) m'a de suite physiquement rappelé Anthony Perkins en Norman Bates, bien halluciné - immergé dans son rôle pour le rendre incroyablement crédible. la mise en scène de Marjane Satrapi est elle de plus en plus Tim-Burtonienne (Cadrage - Déco - Couleurs vives - changements de tempo & surtout de Ton), drôle et vraiment décalée, mais avec toujours ce souci de surligner en rouge fluo son propos, le sujet qu'elle veut réellement traité. Bref, un bon film bien foutu, tantôt hilarant, tantôt d'une noirceur infinie et même parfois un peu gore.

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    Rien n'est jamais complet, en toute chose il manque une chose. Ainsi on doit admettre que la Beauté ne peut être Perfection. Il manquera toujours quelque chose à la Beauté. La Beauté permet de résister à la fureur du monde : elle est Patience. Par le Bonheur l'homme se réconcilie avec la Beauté : elle est Bonheur aussi. La vie est un lent pourrissement, tout meurt chaque jour, comme la Beauté est immunisée par ce Désespoir : elle est Désespoir encore. La Beauté, merveille des merveilles, touche les sens et le Beau touche l'âme, elle vient de l'Amour, elle est Vérité, car rien n'est moins vrai que le visible : elle est Amour, et puis, Vérité. Au-dessus de la Beauté est l'invisible, au-dessus de la Beauté est la Perfection, c'est-à-dire Dieu ! idéal de perfection absolue. Après la Beauté, la plus belle chose au monde est donc la Lumière. Dans ce monde réel, imparfait et palpable, la Beauté est partout et au-dessus de tout. Comme au royaume de l'invisible il n'est qu'un seul Dieu, parfait et unique, alors qu'Il s'exprime ici-bas, nous retiendrons ceci : « La Beauté, c'est la signature de Dieu. » de Charles Kingsley

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  • 03/25/15--05:06: Dans la vallée par Leon Zat
  • San Fernando Valley, Californie. Sur les rebords de la ville de Los Angeles, il s'en passe des choses. Pour un cinéphile, la Vallée de San Fernando n'est pas inconnue, soit : ce sont des séries et des films qui y ont été tournés sans jamais la mentionner, soient elles fait partie intégrante de l'histoire. A ce titre, "Boogie Nights" et "Magnolia" de Paul Thomas Anderson ont été intégralement tournés et se déroulent là bas, le cinéaste lui même ayant né et grandi (à Studio City), mais peu parlent de la mythologie et de l'ennui, dans les banlieues isolées, une espèce de communauté errante : David Jacobson, inspiré de sa propre enfance s'en est chargé. Pitch : l'histoire d'amour impossible entre Tobe, une adolescente de seize ans libérale et Harlan, un trentenaire simple d'esprit qui se prends pour un cow-boy. D'autant plus impossible que le père de Tobe est possessif. L'histoire d'amour laissant vite place à un drame familial. Il possède des atouts majeurs mais aussi un sacré handicap qui fait que le film n'est pas le chef d'oeuvre absolu qu'il aurait pu être. Les atouts : le casting : Evan Rachel Wood, impeccable, dans un nouveau rôle d'adolescente, trois ans après le déchirant "thirteen" où cette fois-ci, elle semble avoir grandi, pour ce personnage plus détachée et rêveuse. Edward Norton, connu pour ses performances déjantées, il a aussi co-produit le film, mais joue à merveille, un équivalent de "Forrest Gump" : un homme qui ne se rends pas compte de ce qu'il provoque. David Marse, solide gaillard d'un mètre 93 connu pour ses rôles de méchants, incarne ici un père possessif et brutal, qui as un penchant pour la bouteille, et une nouvelle fois, il excelle. Rory Culkin, frère cadet de Macaulay Culkin, quinze ans lors du tournage, très bon en petit frère souvent délaissé et aussi fidèle à sa sœur qu'à son père. - Les BO d'une grande qualité : allant des chansons country de Peter Salett composées spécialement pour le film, à celle du groupe "Mazzy Star" (efficace surtout dans une scène de boite de nuit) à même Patsy Clint. - Le script très original, qui évoque fort bien la mythologie de la Vallée où les personnages s'y ennuient, errent, dans un coin à la fois paisible et vide : "Il y' a rien à faire" dit même Tobe. Sauf quand un certain Harlan pointe son nez. - Le montage : impeccable, coupant le film en plusieurs parties bien distinctes et ne fait même plus apparaître son héroïne pendant les vingt dernières minutes du film (hormis la scène finale) ! Le Gros défaut du film : pour un film aussi intense, violent, percutant, entre les scènes romantiques et frontales et les violences du père envers sa fille très authentique (croyez-moi) où il fait passer notamment sa fille à travers une fenêtre, il faut une réalisation qui colle aux personnages, qui soit prêt d'eux, à titre d'exemple, pour filmer les errements et le parcours de Tracy (déjà Evan Rachel Wood) dans "thirteen", Catherine Hardwicke avait choisi l'option caméra à l"épaule ne lâchant Jamais ses personnages. Soucis : David Jacobson, si il est doué pour les scénarios, ne sait pas tenir une caméra et c'est avec des plans fixes et larges qu'il compte nous montrer l'intensité d'un baiser dans une baignoire ou la violence d'un père, ce qui est clairement raté. Il semble plus adorer filmer les hauteurs désertiques de la Vallée de San Fernando que ses personnages, sa réalisation aurait surement été mieux piloté par quelqu'un d'autre handicap lourdement des scènes qui auraient du et pu nous fait sentir les sentiments des personnages. Mais en dépit de son seul et sacré défaut qu'est sa réalisation, "Down in the Valley" est un film passionnant, puissant, avec des personnages forts et attachants (sauf le père de Tobe), et émouvant qui nous fait visiter des coins banlieues méconnues et trop calmes où l'iconoclasme n'as pas sa place. Une belle représentation de ce que le cinéma américain indépendant sait faire, un drame brut mais aussi une comédie romantique, avec des références assumées au western : tout les genres y passent et le scénario à de l'audace. Ca me donne envie d'aller y faire un tour mais vaut mieux pas que je me déguise en cow-boy...

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    Il y a dix mois, elles étaient quatre millions sept cent douze mille quatre cent soixante et une. Il y a un jour, elles étaient cinq millions cent huit mille soixante-six. Soit zéro virgule trois points de plus. Il y a trente-quatre mois, elles étaient beaucoup plus nombreuses, six millions quatre cent vingt et un mille quatre cent vingt-six, mais elles représentaient beaucoup moins. Elles ont atteint depuis un an le niveau d’alerte d’un quart des exprimées, soit un huitième du corps électoral. Elles ont perdu leur première place dans les urnes mais elles continuent à se retrouver en tête de gondole dans toutes les boutiques médiatiques. C’est simple, on ne parle que d’elles et cela leur donnent raison, puisque l’objectif, ce serait de parler de ceux dont on ne parlait plus. Toutes ces voix qui n’en forment qu’une seule, de camionneuse, vociférante, tonitruante, rassemblant tout ce que le pays compte de râleurs, de gueulants, d’aigris, de désabusés, de déçus, de candides, de crédules qui se croient incrédules… La victoire du ressenti, comme depuis plus d’un an, alors que seulement quelques sièges ont été conquis au premier round. Et au second round, jusqu’où iront-elles, ces voix des sans-voix, jusqu’à quel exécutif s’immisceront-elles ? La réalité, c’est qu’on ne gouverne pas avec un quart des voix, mais avec la moitié, dans une démocratie. La réalité, c’est qu’un parti, aussi gros soit-il, s’il n’atteint pas la moitié, doit savoir nouer des alliances. La réalité, c’est qu’un parti incapable de nouer des alliances pour atteindre la moitié est incapable de gouverner avec l’appui du peuple. Est incapable de représenter la majorité du peuple. La réalité, c’est qu’un parti qui a trois quarts des électeurs contre lui, c’est un parti dont le peuple ne veut pas. Absolument pas. Mais le story telling veut parler avec emphase, parce que ça fait vendre. Elle coûtera cher, ma voix, à défaut de mon âme.

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    Quelques temps après le début de la contamination Houllivoudienne ( dite la peste noire de Nixon), Tous les Mythes Grecs qui avaient façonné notre civilisation humaniste, Commencèrent à s'effondrer. Il était vain et inutile d'affirmer : "Fassianos est un artiste Grec " Phèdre et Hippolyte sont dévorés, Dépecés, et la SAUCE KANE, Venue d'Hollywood, Nous rend plus appétissant Notre misérable cannibalisme. Pendant ce temps là les bonnes consciences Prennent la défense des loups contre les agneaux, Les féministes défendent la liberté pour les musulmanes de porter la burka Et la dernière corrida est programmée Pour le mois de Juin à Mîmes ! ITE MISSA EST

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    Déjà comment ouvrir un texte sur un film avec le duo Terence Hill et Bud Spencer ? Aujourd'hui, il faut prendre toutes les précautions nécessaires afin de ne pas se faire démolir tant les films du duo semblent être des nanars. Pourtant, à l'époque, avant ma naissance, ces mêmes films recevaient tout de même quelque éloges et le public y allait par parquets. Ce même public, qui quarante ans après, les renie. Le truc pour ouvrir un texte où l'auteur compte glorifier un film du duo : c'est que l'auteur évoque son histoire personnelle avec ces films, ainsi le lecteur pourrait avoir de la compréhension pour lui. Mon cas : enfant, mon père nous les faisait regarder à mon frère et à moi, le samedi soir et parfois le dimanche après-midi, qu'il avait enregistré sur cassette lors des diffusions dans les années 80. Donc depuis tout petit (au moins l'âge de deux ou trois ans), j'ai regardé ces films et je les adorais pour les scènes de bagarres, j'étais un gamin aimant la violence comique et j'imitais volontiers Terence Hill (j'en ai sa carrure, grand et mince). L'enfance s'est terminée et puis est venu l'adolescence : pendant plusieurs années je n'ai pas regarder un seul film, puis un jour, à l'âge de dix-huit ans, j'ai regardé un de leurs films qui passait sur NT1 pour voir si le charme fonctionnait toujours. Au bout de 90 minutes : j'avais les larmes aux yeux... de rire. Il y a quelques mois, j'ai revu "Deux super flics" et à 23 ans désormais, ces films me font encore plus rire que pendant mon enfance : devenu adulte, je ne m'arrête plus aux bagarres mais je note tout, si la réalisation est plutôt classique, les dialogues, les situations, les personnages, le montage : tout est parfaitement calculé et "Deux super flics" est l'un des meilleurs où il n'y a quasiment pas la moindre fausse note. Nous sommes dans les années 70, à Miami Beach, deux types que tout oppose cherchent consécutivement du travail, mais ils se font tout deux rembarrés et ils sont du genre insistants et un chouilla susceptibles. Deux scènes de bagarres, de démontages de voiture, une course-poursuite (où nos amis sont à pieds) puis une dernière casse : le premier quart d'heure est bouclé et tout est absolument parfait : absolument tout. Tout fonctionne : une réplique est prononcé au bon moment, un coup de poing est infligé au bon moment, une situation arrive au bon moment : on se demande comment les scénaristes ont réussi ce tour de force où tout fait rire pendant 15 minutes. Évidemment le film ne s'arrête pas à cette ouverture, la suite est moins réussi, donc moins drôle, le bémol est le plein de bons sentiments mais les scénaristes ont absolument tout osés et si les personnages mènent une enquête (très sérieuse, ils ont depuis retrouvés un job dans la police), eux mêmes se tournent en bourrique (voir la scène où Hill va séduire une jeune femme tandis que Spencer attends seul sur sa moto) et le final dans le bowling est totalement barge. Si il y a un happy-end, les scénaristes (qui sont le plus souvent aussi les réalisateurs), laissent toujours aux personnages un gout amer : Spencer (le plus souvent) déteste sa situation. La fin la plus amère pour eux serait dans "Salut l'ami, adieu le trésor", autre merveille du duo.

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    Difficile de rédiger un texte sur un cinéaste aussi grand que Gus Van Sant. Parce qu'il y a déjà eu tellement de choses écrites à son sujet et qu'à la fois, si on veut écrire quelque chose de vraiment personnel sur lui : on en oublierait. J'ai vu treize des quinze films réalisés par Gus Van Sant, dans le désordre, j'ai vu "Will Hunting" en premier et "Prête à tout" en dernier : la boucle est presque bouclé puisque le dernier précède le premier. En fait, c'est Le cinéaste dont j'ai vu le plus de films et j'ai un avis plutôt positif concernant son oeuvre et encore plus concernant lui-même. Le plus portlandien des cinéastes à une réputation : très discret, humble, tranquille, calme, sensible et tournages très rapides. Gus Van Sant, derrière le cinéma : c'est pas le genre de type qui se prends la tête pendant des heures, il va droit au but, ne lève jamais la voix, fait maximum cinq prises, et parle aux acteurs avec une douceur infinie, s'inquiétant pour les membres de chacun de son équipe, acteurs compris. Mais surtout : il est d'une extrême sensibilité. Ouvertement homosexuel (une des rares personnalités à n'avoir jamais eu besoin de faire son coming-out), il est connu pour traiter de ses obsessions dans chacune de ses œuvres mais il le fait à sa manière. Il as une personnalité bienveillante, rassurante, ses œuvres (même celles qu'il n'as pas écrites) sont remplies d'une sensibilité qui lui est propre et sait rendre ouaté même une scène violente. De la scène de sexe gay de son "Mala noche", en passant par la mort d'Harvey Milk dans son biopic éponyme ou les caresses entre Will Hunting et sa petite amie en passant par les errances de jeunes lycéens dans "Elephant" et la première fois d'Alex dans "Paranoid Park", il montre ces moments avec une douceur infinie où la caméra filme en gros plan mais jamais voyeuse et on voit que les acteurs ont confiance en la personne qui les dirige, qui est là, pas loin, derrière la caméra et qu'ils peuvent se laisser aller et qu'il n'en profiterait pas : ils sont dans un espèce de cocon, une bulle qui laisse transpercer chacune de leurs émotions. Gus Van Sant sait créer ses moments avec sa personnalité, car ses films, même les plus impersonnels comme "Prête à tout" ou "A la rencontre de Forrester", c'est lui, c'est ce qu'il est. Même les scènes les plus violentes de ses films (où il y a quasiment un mort par film) sont filmées avec un amour des personnages, une attention presque paternelle mais jamais brutale envers les acteurs, les morts sont peut-être que le résultat d'un amour que le cinéaste à fini de leur donner. Il sait rendre aussi fascinant des faits ordinaires comme personne (arriver à nous passionner pour le quotidien banal des jeunes d'"Elephant" ou deux types qui marchent dans "Gerry"). Il sait faire plein de choses Gus Van Sant : il sait donner de la vie et la reprendre, donner de l'amour, donner aux spectateurs des moments qu'il ne verrait que dans un de ses films, et en plus d'être cinéaste, est photographe, musicien, acteur, chef opérateur, poète, écrivain, etc... : vraiment Gus Van Sant sait tout faire. Et c'est avec son talent, avec ce qu'il est qu'on aime tant qu'il fasse toutes ces (ses) choses.

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    Je suis fondamentalement conservatrice, même si, je vous rassure tout de suite, cette tendance n'influe pas sur mon orientation politique. Je me suis souvent remise en question et récemment encore je me suis demandé : pourquoi devient-on conservateur, ce lent processus qui va de couple avec l'"acquis". La réponse me paraît finalement fort simple dans un premier temps. Est conservatrice toute personne attachée à un passé qu'elle ne désire pas voir disparaître. Si je schématise je dirai à propos de la vitesse que j'aimerais revenir à l'époque des diligences alors que tout passe maintenant à la vitesse TGV . Être attaché à ce point au passé revient je pense à avoir une peur panique de l'avenir, l'avenir peut-être préfigurant celui qui nous attend, i-e, la Mort. La peur de toute "modification" hormis celle d'une amélioration manifeste telle que le TGV, l'avion et bientôt la fusée pour tous. La question est cependant plus complexe qu'il n'y paraît quand on réfléchit en termes d'évolution économique et sociale. Je "défie quiconque de me prendre en flagrant délit" (:D) de dire: "dans le temps", cette formule qui est l'apanage des personnes âgées. On peut d'ailleurs comprendre leur terreur devant tout ce qui ressemble de près ou de loin à un ordinateur, et on ne les jugera pas pour autant "conservatrices". Je reviens donc à ma question première: qu'est-ce qui trahit une personne conservatrice? En m'appuyant sur ma personnalité, je dirai que c'est l'attachement à un système de valeurs qui tend à disparaître du fait d'une évolution principalement économique. La société de consommation a fait de ce point de vue des ravages. On parle déjà d'une jeunesse en pleine désespérance...qui fuit souvent la réalité tellement l'avenir est sombre. Il y a peu je me suis offert un MP3, avec la nette impression de devenir atrocement moderne (je suis d'ailleurs déçue d'entendre plus le bruit des voitures que de la musique et les écouteurs tombent pour un oui ou pour un non). J'ai même acheté une télé afin de regarder des DVD. En somme je suis de moins en moins conservatrice, j'apprends, j'évolue, en un mot je ne suis plus fossilisée... Il reste cependant un domaine où j'aurais fort à faire, c'est celui des mots. En tant que "linguiste" je sais pourtant qu'une langue ne peut qu'évoluer, on ne peut tout simplement pas l'en empêcher. On ne peut pas éviter qu'un "pataquès" ou mauvaise liaison de mots (origine: "je-ne-sais-pas-t-à-qui-est-ce") devienne une "salade" ou pire un "fromage". Mais pendant qu'on y est serait-ce vraiment une extrapolation de dire que l'orthographe n'a plus beaucoup d'importance? Il y a quelque part en France un "club" de gens qui se rassemblent pour parler à l'imparfait du subjonctif et je les assimile à une bande de potaches. Mais quid de tous les mots anglais qui envahissent la langue et auxquels je ne comprends Couic?! C'est un comble.. Et maintenant je m'apprête bravement à la tempête de réactions qui ne manqueront pas de suivre quand je dirai que j'ai en horreur les mots "RESSENTI" et "VÉCU" en tête de ce "com". (D'ailleurs il y a peu de temps encore, je n'aurais même pas pu employer ce mot. J'ai honte, je l'avoue). Effroyable n'est-ce pas? Vous me direz que cela n'a rien à voir avec "SENTIMENT" et "EXPÉRIENCE" et je vous demanderai pourquoi. Est-ce que ces mots désignent des notions "différentes", ou bien n'y-t-il là qu'une évolution linguistique? Je vous supplie d'éclairer ma lanterne! Suis-je simplement PURISTE, ou RÉTROGRADE, ou les deux à la fois? Votre réponse sera capitale. je ne vous promets pas à l'avance d'évoluer, mais j'essaierai, j'essaierai.. :D

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  • 04/03/15--17:04: Marin Marrant par Syllabique
  • Guillaume était un marin marrant, il aimait sa mer. Bon fils quand il prenait son bateau à voiles et sortait du port du royal prince Albert Yacht Club et en tournant la cote vers le grand large, il pensait que s'il avait su , il aurait pu être un oiseau volant. Parce que les oiseaux volant , en s'envolant, se sente libres comme un marin marrant sur l'océan géant. Guillaume aimait les mots , pendant que le vent fort soufflait dans ses voiles, il passait dans sa tête des idées construites sur les consonances de mots qui assemblaient pour rire dans la solitude du grand large. Le marin marrant mari en a marre ce mardi d'être parti dans la partie. Guillaume aimait les femmes, mais il aimait l'idée de la femme plus que les femmes elles même. La rafale violent, annonciatrice d'une bourrasque de tempête , coucha à quarante cinq degré son 18 m, il bondit sur le pont pour descendre le grand spi , Guillaume était poète mais pas fou, il venait de se rendre compte que le grain annoncé commençait à arriver. Cette tempête tant pète , je l'apprends à mes dépends. Une vague énorme prit la barre en retournant le bateau. Guillaume expulsé du pont plongea dans l'eau noire, en se disant Et voilà que je me noie de coco ballot. Retourné pas les flots en furie, il ne pense qu'à penser en se retenant de respirer les mains accrochés à son gilet de sauvetage qu'il a pensé à enfiler en sortant du port. Il se sent remonter à la surface, comme par miracle. Miracle je racle les plaques Il surgit hors de l'eau, en prenant un grande goulée d'air frais qui le rassure. Au loin la quille qui s'enfonce tête en l'air, plus rien que les profondes oscillations de la mer déchaînée qu'il suite s'en pouvoir rien faire. La nuit y passe , Guillaume est transi de froid au matin. La mer s'est calmée, il n'a plus qu'à attendre des secours. Le pélican a atterri à ses cotés, une heure après, il portait dans son bec un poisson qu'il tendit à Guillaume, qu'il le prit et le mangea goulûment pour se réchauffer. Le pélican rit quand le poisson est mangé goulûment. Guillaume tout tremblant regarde le Pélican charmant. Sa tête lui tourne, ses yeux se ferment doucement. Une douleur atroce, le pélican vient de lui filer un violent coup de bec qui le réveille. Pendant 2 heures, la même scène se répète, l'oiseau surveille l'endormissement , prélude à la mort. Puis un bateau apparaît à l'horizon, le pélican s'envole vers lui et lui fait des signes en battant des ailes et en criant. Le bateau arrive bientôt sur la position de Guillaume qui fait des signes lents de son bras droit. Il est hissé par les sauveteurs et à peine lui ont t ils couvert d'une couverture chaude, le Pélican fait un piqué vers le bateau et repart dans le soleil argenté. Pélican quand te reverrai je, Mon ami , mon petit frère Pélican je t'attends en rêve Merci pour elle et ma mère

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    Le grand prêtre Piégé d’As, officiait la messe du soir depuis le règne de N’A BEAU IV ( 4 et pas 2, ce qui était un hérésie franchement condamnée par Notre Sainte Mère Eglise et son parachutiste accroché au clocher). Mais c’est sous le règne de PEDE à L’EAU que notre Piégé d’As avait pris des galons dans la hiérarchie ecclésiastique et que chaque soir, avec ses mains voltigeant sur l’écran télévisuel, il répandait un brouet en guise d’hosties que même un cochon breton aurait refusé d’avaler (autrement la pollution des côtes bretonnes eût été plus nocive en algues vertes). Les coups de 20 heures sonnés, Piégé d’As commençait à baver et à éructer des fumées soporifiques, fournies par l’entreprise ELIXIR, sise rue du château. Tout le monde en était dégoûté et on se rappelait avec nostalgie le bon vieux temps du roi Grand Charles premier, celui qui avait fondé son royaume sur la 5ème République. En ce temps là tout le monde savait que la messe du 20 heures était dirigée par Alain Oreilles d’Eléphant, duc de Provins, mais on en était moins choqués car les soldats de la COM ( Commission de l’Obscurité Mondiale) gardaient encore un peu de dignité : engoncés dans leurs noir costumes cravate, ils fixaient l’horizon bleu blanc rouge, regard immobile et scrutateur de soldat dévoué, d’où le grand Ogre donnait ordres et lignes à suivre. Qu’il était loin le temps bénit du Grand Charles premier ! Les EL KABBACHI, les frères DUDU, jumeaux en conneries, et autres minables petits soldats, étaient passés par là et avaient préparé les esprits à avaler l’innommable brouet de Piégé d’As. Or voilà ce qui fut présenté pendant la Messe du 20 heures du 2 Avril 2015, jour sacrée en jeudi Malsain !! Après un reportage sur les viandes avariées, une excursion chez les confères grévistes d’une radio de publicité malsaine, notre Piégé d’As décida de sortir le grand jeu et de nous faire pleurer un bon coup. Mais pleurer sur quoi ? Sur les millions de chômeurs ? Sur les millions de pauvres ? Sur les milliers de SDF ? Vous n’y êtes pas ! Il nous a fait pleurer sur les malheurs des grandes familles, mi bourgeoises, mi nobles, qui, ayant hérité des grandes propriétés, n’arrivent plus à financer les travaux d’entretien des dits bâtiments, châteaux et autres chaumières, aux minables 26 chambres !!! A force d’enfants ramassant des œufs de pâques dans les années cinquante, de jeune filles chevauchant de poneys, de bonnes en tout faire se laissant peloter par le vieux duc devant des cheminées monumentales, de belle maman préparant des confitures, des notaires donnant des conseils gratuits aux uns et aux autres, Piégé d’As nous expliqua, pendant des longues minutes, que ces familles nombreuse étaient au bord de la faillite, que les bâtiments ne seraient plus entretenus, que frère et sœurs allaient se déchirer, etc. etc . Nous ayant emmenés au bord des larmes, Piégé d’As nous annonça tout de go : « Et maintenant une nouvelle de dernière minute : les Shebabs somaliens ont attaqué une Université au Kénia : bilan 147 morts ». ITE MISSA EST et Piégé d’As adressa un sourire hypocrite à la France .

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    Il y a des mots dont j’aime la sonorité et dont j’aimerais une plus grande présence dans ma vie , et parfois ils s’y placent. Le mot « bienveillance » loin d’un contexte favorable a eu son com. Puis sous ma plume s’est présenté le mot « soyeux » le moelleux qu’inspire ce mot ne serait pas de refus les jours de pluie un peu gris, que l’on m’avance ce fauteuil garni de ses coussins de plumes. Parlons à présent, de « feutré » la douceur s’entend dans ses deux syllabes, chut ….plus de tumulte, elle cherche le sommeil. Pour l’heure il n’est question que d’un « désir » Laissons les philosophes théoriser sans fin sur ce mot et les publicitaires le capter pour leur seul profit. « L’attente » arrive à point loin de ses considérations, cédons à ce mot son but incertain . Et je termine avec « cadeau » à vous de voir. Le soleil fera l’affaire !

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  • 03/31/15--05:35: Tous Coupables par Nadarc
  • Il les avait tous bien bernés. Médias et populace pouvaient cracher leur fiel sur lui, la boite noire du Boeing 787 « Dreamliner » attester qu’il s’était barricadé dans la cabine avant de se suicider en crashant l’avion et ses deux cent passagers au flanc d’une montagne, il était le seul à connaître le fin mot de la tragédie. Le seul également à ne pas risquer, emportant son secret dans la mort, de révéler la vérité. C’était cela qui l’avait poussé à aller jusqu’au bout de sa folie et tout s’était déroulé comme il l’avait planifié. Les trois semaines d’avant le jour J il les avait passées à jubiler, à rire, tel un cancre névrosé fier de récolter son énième zéro de conduite, d’un rire pathologique et convulsif. Question coke, il avait surmultiplié sa consommation et s’était, vidant son compte en banque, offert des orgies pantagruéliques avec des ladyboys et des gitons imberbes choisis sur catalogue. Heureux de crever avec préméditation il avait joui de tout son saoul avant de sauter à pieds joints dans le néant. Machiavélique d’un bout à l’autre, il savait pertinemment que la police et les journalistes allaient éplucher son vécu. Ca n’avait pas manqué, ses dépressions nerveuses et la rupture amoureuse censée l’avoir plongé dans la démence faisaient maintenant la une des quotidiens et des hebdomadaires. Le tour pendable qu’il venait de jouer à l’opinion publique avait gravé en lettre de sang son nom dans l’histoire du crime et il avait atteint son but ultime : devenir à l’insu de tous le plus grand sérial killer européen du premier siècle du troisième millénaire. Pilote de ligne, cinq à dix mille euros de salaire mensuel et rien à foutre d’être maudit par ses semblables. Un punk de trente-cinq ans, toutes options nihilistes, tiré à quatre épingles et parfumé au Bleu de Chanel, auquel le diable pouvait s’enorgueillir d’être le seul à avoir une chance de faire cracher le morceau. Au Diable il se faisait fort de ne rien avouer même sous la torture. A Dieu qui n’est qu’amour il se confesserait peut-être, de son plein gré, pas pour obtenir la grâce ou le pardon, simplement parce qu’il croyait à la mansuétude d’une entité foncièrement compatissante, supérieure à la barbarie humaine. De sa barbarie schizophrène de malade mental ayant réussi à endosser, sans que quiconque dans son entourage ne lève le voile sur la supercherie, l’identité d’un citoyen au dessus de tout soupçon jusqu’à destination finale. Deux cent morts putain, la résultante d’un suicide prémédité de longue date qu’une dizaine de tonneaux en voiture, quand il conduisait défoncé, n’avaient même pas eu la judicieuse idée de transformer en un fatal accident de la route avant qu’il ne devienne un homicide sciemment assumé. Deux cent morts au compteur bordel, des femmes, des enfants et surtout, quelques businessmen arrogants surpris par la faucheuse au firmament de leur ultralibéralisme en guise de bonus. Ses collègues, les autres meurtriers en série, devaient récidiver sans discontinuer dans l’accomplissement de leur funeste labeur pour parvenir, tâcherons du couteau, de la hache ou de la scie sauteuse, à faire du chiffre. La plupart, des mâles dépourvus de remords, atteints de troubles de la sexualité, avaient une fâcheuse tendance à s’en prendre à des femmes et finissaient, identifiés par des profilers de haut vol, par se faire prendre après avoir infligé d’inimaginables supplices à leurs victimes. Lui n’avait pas fait la moindre discrimination, il s’était simplement contenté, au point d’agir en conséquence, d’écouter les suggestions de la voix intérieure qui ne cessait de lui répéter qu’il était un putain de coupable et qu’il devait payer et qu’il n’y avait pas de raisons qu’eux, putains de coupables, ne paient pas avec lui.

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    On est vendredi, à New York, sur une quatre voies. Un jour, un vendredi ordinaire, un chemin ordinaire, des voitures par centaines. Deux hommes pressés se tamponnent et finissent dans des bidons d'essence. Doyle Gipson, un père de famille quinquagénaire, en procédure de divorce Gavin Banek, jeune avocat, qui doit gérer une grosse affaire Ces deux là, deux types ordinaires, se percutent et pendant une journée, ils vont se pourrir la vie. Qui sont ces deux types d'ailleurs et que découvre t-on sur eux ? A travers les coups foireux faits l'un à l'autre, on en apprends et ils deviennent devant nous des êtres en chair et en os. Tout les oppose sauf le fait de se rendre au tribunal, ils s'excusent mutuellement, mais l'un est plus pressé que l'autre, Gavin lui fait un chèque en blanc pour réparer la voiture de Doyle, ce dernier lui demande si il peut le raccompagner : "Vous aurez plus de chance une prochaine fois !", lui lance t-il repartant aussi vite dans sa belle voiture... en oubliant un dossier apportant pour son affaire. Doyle, ne vas pas l'oublier cette phrase : "Vous aurez plus de chance une prochaine fois." : elle serait même le catalyseur de son comportement : mais ici, c'est la faute de qui ? Le film ne les jugerait pas, nous, si on est sains d'esprit, non plus. Comme quasiment chacun des films et séries que j'ai vu, "Changing Lanes" (en VO) à une histoire personnelle avec moi. Et en 2015, alors que j'écris ces lignes, mon histoire avec ce film ne remonte pas à hier. Mais à 2004, lors de sa première diffusion en clair sur France 3 un jeudi soir. J'avais treize ans et "Changing Lanes" est probablement le premier film qui ai crée ma passion pour le cinéma et depuis onze ans, je ne clame rien d'autre de ce que je pense : c'est un chef d'oeuvre. Ce film est l'un des films que j'ai vu le plus de fois : plus d'une vingtaine sans doute. Je l'ai tellement vu que je le connais quasiment dans les moindres détails. Mais il reste génial, parfait et c'est une putain de réflexion sur l'existence et ça je l'ai compris dès la première vision. A sa sortie, le film fut en partie massacré par les critiques, et les spectateurs l'ont ignorés. Il est un peu plus connu aujourd'hui : pourtant rien que les noms de Ben Affleck, Samuel L. Jackson, William Hurt auraient du faire bouger du monde. Mais je reviens au film, 95 minutes de folie, un dossier oublié, une réplique marquante, de la colère, de la colère, de la rage : et une partie d'échecs à taille humaine qui ferait cogiter ces deux personnages. Ils ne sont que tous les deux mais en se battant l'un contre l'autre (jamais physiquement) : ils vont faire exploser leur entourage sans vrai dommage du fait que leur vie n'était pas vraiment top au début. Gavin avait une maitresse qui est (toujours) l'une de ses collègues avec qui il as envie de renouer, son mariage est en apparence soudé et son beau-père est son patron ! Doyle, perds la garde de ses enfants, tandis qu'il se rends aux réunions des alcooliques anonymes et se retrouver derrière les barreaux, pendant cette journée, après avoir exploser le visage de deux types avec un téléphone. Dans leur guerre, tous les moyens sont bons pour pourrir la vie de l'autre. Mais au final, ce serait un puzzle et chaque personnage en paierait le prix. Une des scènes finales où les hommes se retrouvent dans le bureau de Gavin parlant de leur vie, de cette journée "qui as le gout d'un souvenir d'une autre vie, plus belle, que vous auriez pu avoir" (le "vous" est général), lance Gavin, philosophe, est une merveille, montrant aussi le décalage de la vie de l'autre. Ca n'aurait été qu'une journée, une journée pas ordinaire, pas banale, une faille dans un rouage parfait de routines, mais quelle journée, en tout cas, Avec eux, on as vraiment envie de la revivre, encore et encore, mais eux Pas le moins du monde.

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    Dans les ruines de l'hiver inactif Le Printemps saison de désir vif Fait et défait son grand lit glamour L'année rajeunie s'offre à l'Amour Un simple souffle fait naître la rose Belle au matin et fanée le soir morose Par sa tige épineuse, elle est poison Fragilité de la Beauté et Reine de saison Le Printemps couronné de roses Aime l'Amour qui rêve en prose Aux rayons du soleil, lapins magiciens Aux culs blancs d'écume et blonds vénitiens Respirent la nature éveillée aux beaux jours Puis retournent à leurs souterrains séjours Les parterres de fraises sauvages En forme de cœur sont un beau message Elles s'offrent à l'Amour et au Bonheur Gourmandes de poésie, gorgées de liqueur Lovées au fin fond des bois dormants Elles guettent le premier baiser du Printemps Dans sa douce solitude l'escargot avance D'un mouvement lent mais obstiné et dense Il goûte l'humidité des perles de rosée Qui mouille ses longues cornes blasées Vivez la Lumière du Printemps vermeil ! Car il n'est pas de Printemps sans soleil Une rose à la lèvre, soupir intemporel Nous dit que l'Amour est fleur éternelle Aimez la Beauté du Printemps divin ! Et cela suffira, car tout le reste est vain.

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    Je reprends le fil de mon com' précédent (cf. "L'art de l'élégie selon David Lynch, 1ère partie"), le fil du film. Attention, encore plus de SPOILERS en vue. Vraiment désolé. Désolé aussi pour la longueur démesurée de ce com' qui n'en finit pas. Je sens qu'il n'y aura bientôt plus personne dans la salle. Il faut donc prendre "Mulholland Drive" tel qu'il se donne à nous, dans sa temporalité propre, avec la chronologie des événements tels qu'ils ont lieu sur l'écran. Comme on va le voir, le film se révèle ainsi bien plus beau que toute réinterprétation rétrospective, aussi brillante soit-elle. Reprenons. Deux femmes enquêtent sur l'identité perdue de l'une d'entre elles, Rita. Au cours de leur recherche, elles tombent sur un cadavre putréfié en s'introduisant par effraction dans l'appartement d'une certaine « D. Selwyn ». Rita, choquée, paraît plus ébranlée par cette découverte que Betty : s'agirait-il de son propre cadavre ? (Non, bien sûr, selon les interprétations dominantes mentionnées dans mon com' précédent : c'est en fait Diane qui anticipe sa propre mort dans son rêve ; mais il est vrai que Camilla Rhodes, dont Rita est la persona onirique, est déjà morte à ce moment-là ; c'est donc que Rita, dans le rêve, « prend conscience » qu'elle est morte, ou plutôt, rappelle à la rêveuse que celle-ci a tué son amante... puisque Rita n'existe pas, ou plus). Ensuite... alors ensuite, il y a cette magnifique scène d'amour entre les deux femmes. Cousue de fil blanc et pourtant tellement inattendue : car si Rita avait été un homme, je pense que l'histoire eût été pour le moins téléphonée. Mais pour nous spectateur, c'est un cataclysme, car il s'agit de deux femmes, et de plus, qui ne sont pas lesbiennes. Or, la puissance dévastatrice de cette scène, sans doute la plus belle scène d'amour qui ait jamais été filmée (du reste, ce n'est pas la seule réussite de ce film, qui parvient à dépasser le cinéma de Hitchcock sur son propre terrain), accomplit un véritable tour de force, mine de rien, en renouvelant le mythe de l'amour fou cher aux surréalistes et à toute la culture occidentale depuis Tristan et Yseult et en l'incarnant par deux femmes entre elles sans que cela change quoi que ce soit à ce mythe, si ce n'est en lui ajoutant un aspect peut-être un peu plus « sulfureux » ou transgressif, mais c'est tout. Ah, si : c'est tout de même une relation en miroir (cela se voit dans leurs gestes amoureux, elles se caressent les seins, semblent obéir à la même impulsion, leur désir ne fait qu'un dans ce moment d'absolue magie, de rencontre inespérée, de découverte sans limite de leurs corps et du potentiel érotique de leur liaison). Ensuite, que se passe-t-il ? Rita se réveille en plein cœur de la nuit en prononçant des mots en espagnol d'une voix angoissée et mécanique (« Silencio... No hay banda... »), dans un état intermédiaire entre le sommeil et l'hallucination somnambulique (cet air de poupée mécanique que prend parfois Rita a été voulu par David Lynch, comme en témoignent les archives du tournage). La folie guette. Puis c'est le Club silencio. Mais auparavant, il y a ce moment où Rita et Betty empruntent un taxi en pleine nuit à LA : et là, on s'y croirait vraiment, on arrive à éprouver ce qu'elles ressentent à cet instant précis, on a la sensation de cette chaude nuit d'été encore éclairée, à deux heures du matin, dans une ville inconnue, et l'invitation du mystère, d'une possible révélation, une sorte d'excitation diffuse. Cette sensation de liberté, dans l'extase passionnelle, juste après l'amour. Un entre-deux, un instant de répit euphorique entre l'amour et sa révélation tragique dans la crise de larmes qui dénouera son aventure. Puis le spectacle de cabaret un peu foireux (dans tous les sens du terme) où le Réel va s'effondrer (« this is all an illusion... »), et elles pleurent en voyant Rebekha Del Rio s'époumoner a capella dans une chanson d'amour en espagnol qui résume apparemment leur propre histoire, comme submergées par une émotion susceptible d'emporter l'univers tout entier dans son torrent de larmes, bien que le public de cet étrange théâtre reste de marbre autour des deux femmes. Qui pourrait nous expliquer, d'ailleurs, pourquoi cette scène, alors qu'il ne s'y passe littéralement RIEN, parvient à nous submerger à notre tour au point qu'on se laisserait volontiers aller à pleurer comme une madeleine sans jamais se rassasier de larmes, à l'image de Betty et Rita ? Par quel miracle ces simples mots, « llorando », se voient-il soudain dotés du pouvoir performatif de provoquer en nous ce qu'ils disent, sans même qu'on les comprenne, et sans qu'on soit dupe des fausses larmes dessinées au rimmel sur le visage de la chanteuse comme pour nous avertir que « c'est du toc », « c'est pour de faux », « it's all tape-recorded ». Pourquoi se laisse-t-on prendre au piège de ce qui se revendique comme une illusion de bastringue ? Comment se fait-il qu'une simple voix a capella, sans orchestre, puisse bouleverser à ce point ? Où est la « chose », ici ? (« Il n' y a pas d'orchestre » : quand on pleure, c'est toujours sans raison, et c'est précisément ce « sans raison » qui nous fait pleurer ; sans orchestre, la voix humaine acquiert une puissance d'expression à la limite du supportable). Et voici Betty et Rita qui s'accrochent l'une à l'autre, s'interrogeant sur ce qui se passe (« que se passe-t-il donc ? » serait la formule même de l'angoisse passionnelle). Peut-être aussi qu'elles ne veulent pas se perdre ? (songeons à cette autre scène, dans « Lost Higway », où Pete tente désespérément de retenir Alice après l'acte sexuel dans la solitude du désert, ne recevant que cette réponse : « You'll never have me... ») Betty découvre alors la boîte bleue, provoquant le retour à la maison, le trou noir de Rita désormais seule dans l'univers, le bref passage de la tante Ruth (tiens, qu'est-ce qu'elle fait là, elle?) et le réveil de Diane. La deuxième partie du film récapitule les étapes de la première sur le mode d'une descente aux enfers, d'une chute vertigineuse, sorte de dégénérescence cauchemardesque du rêve dans lequel chaque personnage est comme affecté d'un devenir moindre de celui, antérieur, dont il est la copie. Où l'on retrouve Laura Harring et Naomi Watts avec d'autres prénoms (Camilla Rhodes et Diane Selwyn), sous d'autres identités, mais cette fois dans un couple lesbien qui semble la réplique caricaturale de leur amour. Diane retrouve Camilla (on pourrait dire : celle qui fut Betty retrouve celle qui fut Rita, mais elles ont changé, quelque chose a changé sans qu'on sache vraiment ce qui s'est produit), comme si elles étaient toutes les deux revenues de très loin, d'un autre monde, d'un univers parallèle (« Camilla ! you're back », fait Diane, les yeux gonflés de larmes, le visage bouffi de chagrin) mais les voici désormais loin de leur entente fusionnelle. Cet abîme qui les sépare à présent ne va cesser de s'accroître, puisque Camilla/Rita a rompu avec Diane/Betty, afin d'épouser Adam Kesher, et la pauvre Diane/Betty ne peut qu'assister, impuissante et mortifiée, à la rapide désagrégation de leur relation amoureuse. Elle en tirera toutes les conséquences, jusqu'aux plus mortelles : une balle dans la tête. « Mulholland Drive » est un rêve qui tourne mal, qu'on aimerait rembobiner, mais où il est impossible de faire marche arrière. C'est une histoire d'amour qui se noue, et puis sombre brutalement, juste après ce moment d'éternité où deux êtres ont fait l'amour pour la première et unique fois, un hapax dans un univers voué à la désertion la plus totale. Tel que le film se présente, donc, le moment d'intense découverte charnelle entre Betty et Rita a des effets dévastateurs sur leur histoire et le cours du film : tellement dévastateurs que c'est tout le Réel qui s'engouffre dans un trou noir pour passer de l'autre côté du film, et verser dans le cauchemar. Il faut prendre cet événement, ce récit, car il s'agit bien malgré tout d'un récit, au pied de la lettre et ne pas vouloir lui faire dire plus que ce qu'il dit, ou plutôt, montre : littéralement, il montre qu'un amour peut avoir la puissance quasi-démiurgique de faire vaciller le réel jusqu'à la folie, au point même de changer l'identité des personnages, de les rendre réversibles, de les faire sortir de la route qu'ils avaient prise initialement, au point de faire imploser toute la réalité, de faire valser les êtres et les choses dans un tourbillon qui n'a pour seule issue que la mort. Cette catastrophe cosmique et vertigineuse n'a d'équivalent au cinéma que les films surréalistes sur l'amour fou (je pense à « L'âge d'or », de Bunuel) et le magnifique « Melancholia » de Lars von Trier. Elle fait également écho, à mon sens, avec certaines thématiques très anciennes du gnosticisme. Car tel est bien le propos du film de David Lynch : donner à voir le caractère extrêmement labile du désir comme une force cosmique qui dépasse les êtres dont il s'empare, cette force hallucinatoire par laquelle le sujet aimant se dépasse et « fait monde » en projetant sur l'univers son état intérieur (le monde devient amoureux à son tour), au point que le désir paraisse capable de migrer d'un individu à l'autre, par un effet de métempsychose (n'est-ce pas de cela qu'il s'agit dans toute cette histoire finalement ? D'un devenir des âmes...) avant de se fixer de la manière la plus décisive et irréversible lorsqu'il rencontre son objet : ainsi, lorsque les regards de Betty et Adam se croisent sur le plateau de tournage, en plan rapproché bien qu'une considérable distance les sépare, un possible s'ébauche, mais un possible qui n'aura pas lieu. On sait déjà que Lynch n'empruntera pas ce chemin. Ce dont il est question là, c'est d'un désir qui se cherche, et ne s'est pas encore trouvé. Il se trouvera deux séquences plus tard, entre femmes. L'histoire souligne également la dimension essentiellement narcissique de toute passion amoureuse : narcissique et spéculaire. D'abord parce qu'il s'agit de deux femmes : du Même au Même. Ensuite, parce qu'on comprend très bien que ce dont Betty est éperdument amoureuse, ou plutôt Diane, c'est en fait de ce qu'elle aurait voulu être : une star (mais cela n'est dit que dans la seconde partie du film). Or, loin de démystifier la passion amoureuse, cet arrière-fond narcissique (voire calculateur : les analyses de Sartre ont amplement insisté sur le caractère « calculé » de nos émotions) ne fait que renforcer sa dimension sublime de mythe : comme si les aspects les plus prosaïques et terre-à-terre de la passion amoureuse faisaient partie de sa beauté même et de son étrangeté. Le mélange de calcul et de don absolu, de laideur ignominieuse (la scène où Diane se masturbe désespérément sans pouvoir se donner le plaisir, scène symptomatique, car elle révèle que son amour découle d'une déception narcissique vis-à-vis d'elle-même, vis-à-vis de son image, et que la libido qu'elle investit sur Camilla a été puisée dans les réserves de son propre moi désormais blessé) et d'incommensurable beauté (l'enchantement de chaque instant qui, dans le délire hallucinatoire de la passion, devient le dernier) participe décidément de l'énigme de la passion. Voilà, je m'arrête là pour le moment, mais ce n'est pas fini : la conclusion dans une 3ème partie, plus courte, mais je crois qu'il est plus opportun de "couper" juste avant afin que mon message ne soit pas trop long tout de même. (cf. "L'art de l'élégie selon David Lynch, 3ème partie").

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    Voici peut-être la sixième ou septième fois que je revois « Mulholland Drive » depuis sa sortie... ou la huitième ? Ou plus ? A vrai dire je ne sais plus. Mais c'est seulement la seconde fois que je le vois en salle. Serait-ce la raison pour laquelle mes retrouvailles avec le film, il y a deux semaines, m'ont bouleversé comme jamais auparavant ? Non pas que je sois resté froid lorsque je l'ai découvert sur grand écran, deux ou trois ans après sa sortie (ou quatre ? Je ne suis pas sûr...), en compagnie de quelques amis, au Champo, à Paris. Je me souviens avoir été un peu déçu en sortant du ciné : sans doute parce qu'en réalité j'appréhendais de subir le choc trop fortement, et qu'il y avait en moi une résistance à la tonalité anxiogène et dépressive du film, d'autant plus que je m'en étais fait toute une montagne avant d'aller le voir. En 2001 déjà, on s'était programmé une séance avec une amie, mais j'avais choisi d'esquiver, car je ne me sentais pas prêt. Je soupçonnais qu'il y avait là quelque chose d'autre qu'un film (non, je ne parle pas de cette amie, mais du film, là...). Ma déception initiale tenait au format étrangement télévisuel de l'image, plus proche du carré que du rectangle, avec peu de profondeur de champ, comme souvent chez Lynch. Une image moins rutilante et sensuelle que dans ses précédents films, y compris « Sailor et Lula » (au départ, le projet était un pilote pour une série destinée à la chaîne ABC, qui l'a refusé...). Une image dont la luminosité trop lisse, trop propre pour être vraiment belle à mon goût suggère une saleté sous-jacente (ah ! les plans lumineux sur les crottes de chien dans un patio de Los Angeles, ah ! La candeur blonde de la ravissante Betty...) De plus, le film versait beaucoup moins dans le fantastique que le somptueux « Lost Highway », à mon sens d'ailleurs plus érotique et plus labyrinthique que « Mulholland Drive ». Bref, la beauté plastique du film ne m'avait pas frappé comme elle aurait dû. Etais-je passé à côté ? C'était certain... Et puis, comme tant d'autres, je n'avais rien compris à l'histoire. Mais alors, rien... Et pourtant... Le soir même de ma première rencontre avec le film, juste après la projection, j'ai immédiatement éprouvé l'impérieuse nécessité, en rentrant chez moi, d'en retrouver les images sur le net, ces images qui déjà me hantaient, de Betty et Rita ensemble, la blonde et la brune, bouche bée, toutes les deux regardant... regardant quoi, au juste ? Je l'ignorais. Et je me suis mis à parcourir compulsivement les multiples interprétations qui s'étaient accumulées sur divers sites et forums de cinéphiles depuis pas mal de temps, faisant et refaisant l'histoire sous toutes les coutures. Puis le lendemain j'ai acheté le DVD afin de voir et revoir le film peut-être jusqu'à quatre fois tard dans la nuit sans pouvoir me coucher. J'étais amoureux, sans comprendre de quoi, ni pourquoi. « Mulholland Drive » fit en moi son effet très progressivement, une bombe à retardement, un « coup de foudre » naissant qui prendrait plusieurs années avant de se formuler dans la lumière d'une évidence, mais une lumière très sombre : voici que je suis touché, atteint ; je suis amoureux... « I'm in love with you... » Sans doute a-ton affaire là à l'un de ces très rares objets qui touchent directement l'intimité du spectateur en une zone inexplorée de son être, quelque chose de très profond, là, en ce point précis où l'on peine à trouver un langage, où l'on est sans voix, sans les mots, juste les images, et cette musique obsédante, lancinante et funèbre... Mais qu'est-ce que c'est ? Et puis, ça parle de quoi ce film au juste ? A priori, c'est assez simple. Dans une limousine noire engagée sur la route de Muholland Drive, une jolie brune à la mine sombre et méditative, est soudainement menacée d'un revolver par ses inquiétants chauffeurs, et n'échappe à une mort probable que par un improbable accident de voiture qui éjecte ses assaillants de la limousine et la laisse seule survivante, totalement amnésique. Elle erre dans Hollywood, de nuit, jusqu'à se réfugier dans la maison d'une jeune actrice débutante fraîchement débarquée de son Ontario natal, qui va l'aider, au cours d'une sorte d'enquête policière, à retrouver son identité perdue. Lynch nous égare par ailleurs dans un imbroglio d'histoires parallèles, avec notamment un tueur à gages cherchant à s'emparer d'un énigmatique carnet noir où serait consignée « l'histoire du monde en numéros de téléphones », un jeune homme angoissé venu confier un cauchemar récurrent à son ami dans une chaîne de fast-food, un réalisateur en proie à une mafia souterraine qui veut le forcer à engager une actrice pour son nouveau film, etc. Et tout-à-coup, au bout d'une heure trente, au moment précis où l'on sent que les deux femmes vont enfin connaître le fin mot de l'énigme, et le spectateur avec elles, le film bascule. Pour ne jamais revenir à son point de départ, malgré la sensation de « déjà vu » prégnante dans la dernière partie du film. Nous sommes violemment arrachés à ce qui ressemble à un rêve, pour sombrer dans un autre, en plein cauchemar : dans l'abîme de la dépression amoureuse. Et Lynch nous le montre, cet abîme : c'est un trou noir dans lequel la caméra s'engouffre irréversiblement au fond d'une boîte bleue. Ce trou noir autour duquel s'organisent probablement nos malheureuses existences en quête de l'amour absolu. Ce trou noir où le réel vacille, où les images se désorganisent, où les fantasment se défont, avec les coordonnées imaginaires de notre désir. Rien à faire... Cette manière très lynchienne de « désymboliser » le réel a quelque chose d'assez psychotique : le trajet du cinéma de Lynch consiste à passer du symbole à l'objet, et non l'inverse. Là où nous disons « voici donc la clef de l'histoire », Lynch nous montre... une clef, et c'est tout. Une clef qui n'ouvre sur rien, qui ne sert à rien. Une clef bleue. J'appelle cela « démétaphoriser ». Le langage humain, comme les rêves, se définit par sa capacité à produire de la signification, du symbolique, de la métaphore, au moyen de signes, ces mystérieuses inscriptions dont la matrice fut historiquement plus proche du hiéroglyphe que de l'alphabet, et dont nous nous servons pour désigner autre chose : quelque chose, un référent, lui-même inaccessible. Or, le cinéma de Lynch effectue le trajet inverse du langage, et nous invite à régresser en-deçà du signe ou du symbole : montrer l'inscription elle-même, la trace, sans sa fonction signifiante. Une clef est une clef, prise au pied de la lettre, une boîte est une boîte, même si elle est bleue, point. Le seul référent, dans tout ça, c'est le trou noir. Là, il n'y a rien à voir, parce qu'il n'y a rien. De même que la scène du Club Silencio, est vide, et que tous les personnages qui tentent de la peupler à la manière de spectres, de fantômes qui hantent (tentent? te hantent ?) la scène primitive (ces spectres sont les images, bien sûr), s'avèrent condamnés à disparaître au plus vite, ne laissant d'eux qu'une trace sans support, une voix sans personne, et finalement le rien, « silencio ». C'est parce qu'il n'y a rien à dire sur le fond, parce que le Réel est indicible dans son fond (le fond de la boîte), que toute interprétation du film ne peut que révéler son inanité. Non pas que je néglige cet art délicieux de l'herméneutique (les sites web consacrés à « Mulholland Drive » sont passionnants et toute cette fan-base franchement réjouissante), mais je ne peux m'empêcher de voir en celle-ci une tentative (tentation, de ce qui tente, te hante) désespérée pour réintroduire du sens, du symbolique, là où décidément quelque chose nous échappe. Une façon de se rassurer, de s'en tirer à bon compte, car il est toujours difficile d'admettre qu'il n'y ait rien. Alors d'accord (BEWARE : SPOILER ALERT, tous les voyants s'allument, si vous n'avez pas vu le film, ne lisez pas ce qui suit, mais en ce cas vous êtes vraiment impardonnable de ne pas connaître le chef d'œuvre du 21ème siècle, donc, vous n'avez plus qu'à aller le voir, et en salle de préférence)... alors, d'accord, l'affaire est entendue (tentant dû, chose promise) : toute la première partie du film est un rêve, le rêve de Diane (Diane la chasseresse, la gardienne des zones interlopes, des points de passages, des forêts obscures entre nature et civilisation, selon la mythologie gréco-romaine). Ce rêve lui représente ce qu'elle aurait pu être : une actrice de talent en passe de devenir une étoile, une « star » de Hollywood. Et puis, c'est le choc : le coup de foudre avec Rita l'amnésique (toujours dans le rêve, donc), choc anticipé par un croisement de regard éloquent avec le metteur en scène au cours de la seule rencontre entre Betty et lui, car celle qui retrouvera Adam Kesher dans la seconde partie du film n'est plus la même, il s'agira de Diane. La seconde partie du film correspondrait au réveil de Diane, qui ne quitte en fait jamais son appartement durant le film. Elle hallucine le retour de Camilla, dont Rita était la persona onirique, tandis que Betty était la persona de Diane, puis se souvient de leur relation torride, de leur douloureuse rupture, et de cette soirée fatale où le monde, son monde, s'est effondré sur elle, emportant tous ses espoirs, toutes ses illusions. Elle se souvient enfin du moment où elle prit la décision sans retour possible de faire assassiner son ancienne amante par dépit. Fin des flash-back : Diane est seule face à sa table, dans son salon, et entend frapper à sa porte : la police, probablement. Sujette à d'atroces hallucinations, au bord de la folie, elle se suicide. Je tiens à préciser que cette interprétation ne fait nullement consensus, mais c'est selon moi la plus plausible en termes de « cohérence rationnelle », si l'on cherche une histoire classique. Une question demeure (pas qu'une, en réalité) : à quel moment prend fin le rêve de Diane ? Selon certains, Diane se réveille au bout d'une heure cinquante de film, lorsque le cow-boy (ou plutôt son spectre onirique) passe la réveiller. Ensuite, jusqu'à son suicide, ne s'écoule qu'une journée au plus, avec la visite de son inopportune voisine entre-temps, ou peut-être même quelque heures seulement, voire quelques minutes. La durée de l'action est de toute façon extrêmement comprimée dans le temps Comme l'espace, aussi : nous sommes dans l'appartement de Diane, c'est-à-dire la boîte bleue de son cerveau dépressif. Mais selon d'autres interprétations, le rêve ne prendrait pas vraiment fin : c'est-à-dire qu'il se situerait en réalité après tous les événements que je viens de décrire, après le passage de la voisine, après les hallucinations de Diane, et même après le coup de revolver qu'elle s'envoie dans la bouche... Entre le moment précis où elle se tire une balle, et le moment où elle s'abat pesamment sur l'oreiller, laissant échapper un dernier souffle comme pour s'endormir. C'est pourquoi dans le rêve, au moment où Rita va ouvrir la boîte, Betty disparaît et Rita reste seule : c'est que Diane est en train de mourir, ce qui explique la disparition de Betty, son incarnation rêveuse (magie du cinéma qui parvient à faire disparaître un personnage par la grâce d'un hors-champ et d'un mouvement de recul de la caméra...). Et le trou noir dans lequel Rita bascule est le trou noir de la mort de Diane : mort cérébrale, néant, écran noir. Peut-être... Mais je crois que toute interprétation fait fausse route, comme le film lui-même qui part d'emblée sur une sortie de route (Mulholland Drive, donc). Pourquoi ? Parce que, comme je l'ai dit plus haut, le cinéma de Lynch repose sur un travail de régression du symbolique vers le non-symbolique. L'image chez Lynch ne symbolise pas, ne vise pas à « dire » quelque chose, contrairement aux rêves, dont la fonction est précisément de recouvrir de sens (mais un sens fantasmatique) les blessures de notre vie qu'a occasionnées un réel bien absurde, lui. Le cinéma de Lynch vise au contraire à nous montrer la pure présence de l'image comme objet : juste une clef bleue. La matière de l'image, pour ainsi dire. L'image a toujours quelque chose de décevant (« deceptive », disent les Anglais : trompeur) : elle nous fait miroiter l'espoir qu'un sens ultime se révélerait en elle, à travers elle, un sens qui ne se donnerait pas d'emblée, qui se déroberait pour mieux provoquer notre désir. Mais en réalité, l'image ne montre rien, ne veut rien dire, elle ne montre rien d'autre qu'elle-même. C'est un spectre issu du néant et destiné à y retourner. Une trace, mais une trace de rien. C'est la raison pour laquelle la meilleure façon d'aborder le film de Lynch serait peut-être de le prendre au pied de la lettre, tel qu'il se donne, dans son apparente non-signification (je préfère ce terme à « absurdité »), sans chercher de cohérence, puisque le propos est précisément de dénoncer la mystification de toute cohérence rationnelle (sur ce point, « Lost Highway » faisait effectivement moins de concession, dans la mesure où il ne proposait aucune explication rationnelle de la transformation de Bill Pullman/Fred en Balthazar Getty/Pete). Mais je choisis d'interrompre ici mon com' qui n'est déjà que trop long, en espérant ne pas avoir lassé mes lecteurs éventuels. La suite au prochain épisode (cf. "L'art de l'élégie selon David Lynch, 2ème partie")

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    "Alors qu'Anna, George et leur fils viennent d'arriver dans leur maison de campagne, deux charmants jeunes hommes leur rendent une visite inattendue : ils sont polis, souriants et habillés chic. Anna n'a pas de raison particulière de se méfier de ces jeunes gens qu'elle croit être des invités de leurs voisins, elle les reçoit donc aimablement. Mais la situation se dégrade assez vite et la petite famille réalise bientôt qu'elle a affaire à deux dangereux psychopathes violents, pervers et prêts à tout. D'ailleurs ceux-ci leur proposent de participer à un jeu dont les règles sont simples : « Vous pariez que vous serez toujours vivants demain à neuf heures ? Nous parions que vous serez morts. OK ? »" (source Wikipedia). A l'origine film autrichien réalisé par le très subversif Michael Haneke en 97, le remake américain, mis en scène également par Haneke (??), est une relecture au plan près, à l'image près. On a vu avec Gus Van Sant ce que cela avait donné pour "Psycho", résultat totalement désastreux, qui avait fait un bide retentissant et ultra-mérité au box-office. N'ayant pas vu le film autrichien, je ne peux pas me permettre de jouer au jeu de la comparaison. Mais force est de reconnaître que le casting est particulièrement soigné, avec Tim Roth et Naomi Watts dans la peau du couple torturé, et une mention spéciale à Michael Pitt, un des bourreaux, acteur remarqué dans le film "Innocents - the dreamers" de Bertolucci. "Funny Games" est montré du doigt pour sa violence quasi-insoutenable, et il faut dire que ces adolescents en font voir de toutes les couleurs à cette malheureuse famille. Mais ne vous attendez pas pour autant à des effusions de sang : tout est dans la suggestion et non pas dans la démonstration, à l'image du "Massacre à la tronçonneuse" de Tobe Hooper. Antithèse parfaite d'un torture porn comme "Saw" ou "Hostel", "Funny Games" reste bien entendu très éprouvant pour les nerfs (quelquefois, la suggestion peut être pire à supporter que des effets gore), d'autant plus que ces tortionnaires, incarnant une jeunesse désenchantée, sans repères, faisant étrangement penser aux protagonistes d'"Orange mécanique", ne tuent pas pour des motifs crapuleux, ni par vengeance, mais bien par plaisir ludique! Et Michael Haneke de "jouer" (c'est le cas de le dire) avec nos nerfs, quand il nous propose que l'un des 2 jeunes se fasse tuer, et que finalement, en appuyant sur un simple bouton de retour à l'arrière, cet événement profitable à la famille ne se produise finalement pas ! Le "Funny games" version US a donc bien fière allure, bien que je ne comprenne pas vraiment l'intérêt pour un réalisateur de faire 2 fois le même film avec un casting différent. A ne pas mettre entre toutes les mains.

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    Une gare. Galadio est assis à l'ombre d'un wagon, dans la poussière grise. Il fait une sculpture avec des canettes de bière. Galadia saute par la fenêtre ouverte du train, enjambe les bancs, virevolte avec des postures d'oiseau et atterrit aux pieds de Galadio. Elle pose un sac entre eux. Ils s’assoient l'un en face de l'autre. Galadio enlace ses jambes tendrement autour des jambes de Galadia et inversement. Galadia a des perles de sueur qui gouttent jusqu'à la naissance de ses seins. Galadio a des gouttes de sang qui perlent au bout de ses doigts de sculpteur. Galadia : Devine ce que j'ai rapporté pour nous. Galadio : Vu la forme du sac et ta bouche gourmande, je dirais que c'est une boîte à bombecs. Si tu l'ouvres, nous serons submergés de provisions gourmandes jusqu'à la fin de nos jours. Galadia : Perdu ! Tu t'es laissé aveugler par ton propre désir. Galadio : Alors, vu l'atterrissage en douceur que tu as fait, je dirais que c'est un panier à serpents. Quand tu lui fera sortir la tête, il s'enroulera en bête obscène autour de tes jambes. Mais je t'enlacerai et te rassurerai et … Galadia : Je connais cette chanson. Je préfère que tu te taises. ( silence) En fait ce n'est pas le serpent que je crains. J'ai surtout peur que tu te laisses emporter par ton rêve. Et que tu m'embarques avec toi dans ce rêve qui n'est pas le mien. Si ce voyage n'était qu'un rêve éternel je prendrais le billet pour partir avec toi. Mais voilà , il y a ce quotidien dans lequel on s' abîmera. Ce quotidien de chaussettes sales, de casseroles et de tuyauterie et ces corps qui bougent. Bref ce voyage que tu me proposes est un aller-retour. Je le sens bien et je n'aime pas les retours. Galadio : J'aimerais tant que tu oses rêver. Mais revenons-en à ton jeu. C'est une devinette, et c'est toi qui poses les questions, n'est-ce pas ? C'est donc moi qui dois trouver la réponse. Continuons de faire comme si tu connaissais la réponse et que moi je l'ignorais. Mais ce sera la dernière fois. Puis nous déballerons l'objet et l'affranchirons de son mystère. Galadia : ça marche. Galadio : ma troisième réponse va pour une boîte à lettres, une sorte d'urne avec une fente pour déposer et une clé pour prendre. A l'intérieur il y aura autant de messages que d'enveloppes déposées. Nous aurons le temps d'un voyage pour déchiffrer. Hochement de tête de Galadia et mine déçue de Galadio. Galadia dénoue les liens. Ils retiennent leur souffle et se regardent dans les yeux. Galadio finit de dégager l'objet de son enveloppe. C'est une urne funéraire qui apparaît. Elle est massive, sans orifice et profilée pour affronter l'éternité. Galadia : Terrible signe funeste ! Notre amour est mort-né ! Galadio : Oracle d'Eros ! L'amour est un phénix qui renait de ses cendres et nous brûlons du même feu que lui ! Galadia : Mais ce que je vois c'est la mort, cette mort qui est au bout de tout : au bout de ma vie, au bout de la tienne, au bout de notre amour naissant. Galadio se lève, prend sa statue et marche sur la quai, direction : sortie de gare. Galadia : Galadio, où vas-tu ? Galadio : je poursuis ma route et cherche des gares où les trains passent. Je suis moins exigeant que toi et moins perfectionniste. J'accepterai moins de liberté. Je ne t'oubierai pas Galadia. Regarde, j'ai un souvenir de toi. Il montre ses doigts ensanglantés et sa sculpture en canettes de bière carrossée comme une Porsche et avec des seins de déesse. Galadio sort. Galadia reste seule sur un quai de gare.

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