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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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    Avant "Magnolia", le cinéaste Paul Thomas Anderson, devenu cinéaste "de la solitude" depuis, à écrit, réalisé et co-produit un film violent comme comme autant d'uppercuts qu'il n'à de personnages. "Magnolia", chef d'oeuvre absolu et incontestable (il est mon deuxième film fétiche) à marqué une date dans la vie de son cinéaste et aussi dans sa filmographie. Après "Magnolia", sa carrière à pris un autre tournant, aussi bien dans la durée de ses films que dans le nombre de personnages. Il y a eu aussi un avant "Magnolia" : trois ans avant. Et c'est "Boogie Nights", troisième film du réalisateur de Studio City, réalisé alors qu'il avait à peine 25 ans, mais PTA (pour les intimes) à déjà quelques années d'expérience et un égo de la taille de son ambition. Dans "Boogie Nights", il y a une douzaine de personnages principaux et le film se déroule sur une décennie. Le film en lui-même dure 2 heures 29. Il n'est presque qu'un entrainement avant "Magnolia", un défouloir pour infliger à ses personnages (et aux spectateurs) des souffrances physiques, émotionnelles voire sexuelles. Un exutoire pour laisser libre cours à ses obsessions. La passion pour le porno ; les destins entrecroisés de multiples personnages ; les Êtres Humains ; un gout profond pour les bandes-originales et la nostalgie. On suit ainsi le parcours de plusieurs personnages, mais c'est de Dirk Diggler auquel le réalisateur s'intéresse le plus mais sans jamais faire de lui la vraie star du film. Un adolescent de 17 ans qui travaille comme videur se fait repérer par un réalisateur de films pornos dans son bar préféré. On va connaitre avec lui, plein de personnages, entrer dans un monde à la marge : la production de films pornographiques à la fin des années 70 (puis début des années 80) et au lieu de caricaturer ses personnages, le cinéaste va faire de chaque personnage, un Être Humain. Success-story, déceptions, humiliations, (auto)destruction, etc... : qu'importe peut-être dans le monde dans lequel ils vivent (bien que ça handicape leur existence à l'extérieur de ce monde) : ce sont, au fond, des gens ordinaires. Des personnes faillibles qui nous rappellent que la vie est faite de déceptions, d'échecs, de réussites, d'expériences... L'ascension puis la période de transition et d'échec (dans n'importe quel ordre) pour Dirk Diggler et les autres se révélerait passionnant grâce à un montage ultra-efficace et surtout une réalisation "andersonnienne" virtuose avec ses plans-séquences à un mètre du sol, ses mouvements de caméras virevoltants. "Boogie Nights" est un film qui fait rire (notamment par l'attribut de Dirk), mais qui sait émouvoir, choquer, retourner, mais toujours au bon moment. PTA sait ce qu'il fait, ce qu'il montre, il va jusqu'au bout des choses, teste ses personnages, la fragilité de chacun, pour dresser des portraits incroyablement justes de personnes ordinaires. "Boogie Nights", comme "Magnolia" évidemment, est un film de Destins.

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    « Chaque fois qu'un enfant dit "Je ne crois pas aux fées.", il y a quelque part une petite fée qui meurt » Peter Pan « Je crois à ces histoires de fantômes spirituels, D'esprits ailés qui hantent les couloirs obscurs, Créatures translucides fuyant à travers les murs, Le drap blanc d'une fée évaporée jusqu'au Ciel, Mon rêve froid et noir, sur un défilé d'étoiles Visible par la poussière endormie sur deux ailes, La voilà envolée ! ma petite fée sauvage Lance le sort par sa baguette à message, M'envoie au sol pour quelque enfantillage, Ce rêve, murmure de la nature, fantôme littéraire De mes sommes, dans un monde de fées ordinaire, Mon fantôme féérique porte un collier de perles, Il se déplace comme une ombre dans la nuit belle, Je ne veux pas croire à ce cauchemar étoilé, Tous ces esprits dans mon placard fermé, Le corbeau qui passe dans l'ombre voilée, Des sorcières, des vampires, dans ce bas monde, Pour aller et venir parmi nos ondes profondes, L'aile de mes chimères conduisant cette ronde, Ma fée m'échappe impossible à saisir maintenant, Comme ce que je ne peux avoir, je l'aime éternellement, A part ce vide immense ma petite fée citadine, N'aura laissé que son reflet sur la promesse divine, Qui disparaît ou réapparait dans ces esquisses fantômes ? Le Bonheur peut-être, magique et sournois comme l'opium ».

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    J'ai déjà écrit un texte sur ce film l'année dernière mais bon. Désormais, cela fait plus d'un an que je l'ai découvert. Découvert, à titre personnel, le 10 avril 2014, "thirteen" fait parti des films marquants une date dans celui qui l'as vu. Comme peu de films, mis à part "Magnolia" de Paul Thomas Anderson, "thirteen" m'as Marqué. Tellement Marqué que dans ma prolixité coutumière, j'ai écris plus sur ce film que sur n'importe quel autre autre film, tellement publié (sur Facebook) et je finis toujours par revenir sur ce film découvert un jeudi après-midi avec un temps californien. Pourquoi il m'as marqué ? Outre sa fin qui vous déchire le cœur, il à résonné en moi me rappelant une époque que j'ai vécu : cette époque de l'adolescence ou tout semble possible, ou vous devenez plus adulte et pour gagner en maturité et maintenant, hélas, révolue mais qui peut toujours faire écho à votre vie présente. Il faut rencontrer une Evie. Soit on est une Evie, soit on est une Tracy. "thirteen" peut marquer selon le niveau de sensibilité de chacun. Moi je suis hyper-sensible. Ce pour cela aussi surement que la fin, le parcours traverser par Tracy me passe en tête tous les jours et dès fois jusqu'à me déprimer complétement. Certains diraient : "C'est qu'un film", non c'est une Expérience. C'est avant tout un monde. Catherine Hardwicke, réalisatrice et co-scénariste du film à observée sa belle fille Nikki Reed (Evie dans le film) pendant la période la plus charnière de son adolescence et s'en est inspirée pour écrire, avec elle le scénario du film... en seulement six jours. Nous sommes en 2002 (soit il y a 13 ans) à Los Angeles. L'adaptation de cette période de l'adolescence de Nikki Reed serait aussi vite bouclé : quatre semaines de tournage, en décors réels, et parfois sans autorisations avec un budget dérisoire : l'équipe de production est infime, plusieurs techniciens faisant plusieurs travaux. L'interprétation, parfaite, à été quasiment improvisée, les actrices ont crée leurs personnages sur le fil et des bandes-originales ont été enregistrés parfois en direct. Avec ces restrictions, tout le personnel à donné son Meilleur au film et ça se ressent, car chaque plan, chaque image, chaque scène, chaque réplique, chaque bande-originale vous resterait définitivement dans le crâne. Je pensais oublier "thirteen" et j'ai vu une trentaine de films depuis, mais aucun film ne m'as autant Marqué, Bouleversé que "thirteen". Le film, hyper-réaliste voire documentaire, est un trip dans l'adolescence mais aussi dans le monde adulte : il nous donne de multiples points de vues et le portrait des personnages est d'une justesse intense, crédibilisé par l'intensité de l’interprétation : Brady : le petit ami (ancien ?) junkie (Jeremy Sisto étonnant), Mel : la mère dépassée (Holly Hunter, co-productrice, immense) ; Evie : l'amie mature de treize ans (Nikki Reed naturelle) et surtout Tracy : dont on suit méticuleusement le parcours s'étendant sur quatre mois (Evan Rachel Wood impressionnante). Car "thirteen" dont on doit absolument refuser de juger les personnages, est une expérience pour Tracy, mais aussi pour son spectateur : avec la réalisation (extraordinaire) en 16mm caméra à l'épaule avec des faux-raccords qui nous immerge complètement dans son univers voire dans la tête de son héroïne : c'est un trip, comme je l'ai déjà écrit. Mais un trip amer, complètement Déchirant et qui fait aussi peu de cas de vous que de Tracy. Le film est le parcours d'une adolescente ordinaire, dont le passage obligé, pour nous 1 heure 40, ne la laisserait pas indemne. Non nous plus et c'est tant mieux.

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    Il ne s’agit pas ici de faire du complotisme de hall de gare mais de balayer toute l’étendue des possibles pour se faire une idée. Version classique : le suicide. Déjà le 22 novembre 1974, il s’était jeté du cinquième étage d’un hôtel genevois et avait dû son salut à un talon de chaussure qui s’était miraculeusement accroché au troisième étage (y en a qui ont de la veine, comme une navigatrice). Dépressif, harcelé par ses fans, désorganisé par sa vie de patachon et son succès trop rapide, et même traumatisé par le conflit israélo-palestinien. Version Dalida : il était fâché contre son producteur qui lui refusait le pognon et l’ouverture internationale dont il rêvait avec un contrat signé le 1er juin 1974. Il lui avait dit qu’il préféré sauter d’une fenêtre à continuer à bosser avec lui. Le producteur lui aurait alors dit : « Chiche ! Eh bien, saute ! ». Bing ! Version drugstore : un accident. Il avait arrêté de prendre des antidépresseurs car ça le faisait grossir et les bourrelets sur une plage déserte des Maldives, c’est pas beau. Pour tenir le coup, il a pris de la drogue en compensation. Comme il avait besoin d’air, il a mis son nez dehors, et paf ! il a heurté un truc et est passé par-dessus bord du balcon. Version œuvres d’art : il faisait du trafic d’œuvres d’art et on l’a liquidé. Version James Bond : même topo que la version œuvres d’art mais avec le Mossad. Version Wajntrop : ah-wikipédia-c’est-super ! Le rédacteur encyclopédiaque a dû mal lire son brouillon en le confondant avec Weintraub, le producteur en question. Le producteur se serait disputé avec le chanteur. Résultat, un chanteur sur la terrasse. Pendant l’enterrement, le producteur s’est disputé avec la mère qui, du coup, est morte d’une crise cardiaque. L’histoire est morale, le producteur s’est finalement tiré une balle dans le museau au bois de Vincennes un peu plus tard. Vilain producteur ! Version métro : ça-n’a-rien-à-voir-sauf-sur-wikipédia. Quelques années plus tard, le secrétaire du chanteur s’est jeté sous une rame de métro à Paris. Résultat, le secrétaire était louche (il l’aurait poussé au balcon ?) et une demi-journée de travail a été foutue en l’air pour plein de travailleurs franciliens (que fait le gouvernement ?). Version martienne : il a été enlevé par les Martiens et un corps a été déposé à sa place. Version vénusienne : même version que la martienne, mais avec des nymphomanes en délire (Version plus crédible, car les femmes viennent effectivement de Vénus). Version Elvis : il en avait marre de la célébrité et a voulu revivre normalement, faire ses courses chez Carrouf sans être submergé par l’adrénaline, boire un coup de mousseux au bar de chez Marcel et jouer à facebook pendant que la planète est à feu et à sang. Euh… Aaah, j’ai oublié le début. Le plus important. Les faits : le vendredi 25 avril 1975 à onze heures et quart du matin, un jeune garçon bien rasé de vingt-huit ans aux cheveux longs et aux pattes d’éph a été retrouvé sans vie au bas du balcon du sixième étage de son appartement du seizième arrondissement. Quarante années plus tard, les anciennes jeunes adolescentes pleurent encore… Qui saura ? http://www.youtube.com/watch?v=iCJSTqW-q3I http://www.youtube.com/watch?v=ts0_GNyJA9A

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  • 04/21/15--12:55: Dina par Aupiedemonarbre
  • Elle disait, avec son accent moscovite: "J'aime quand ton chibre vient se planter en moi et s'y enraciner". Elle était grandement mon aînée et m'avait enseigné l'amour du plaisir qu'elle tissait et tressait malicieusement avec celui des mots français qu'elle cueillait au fil de ses lectures en les consignant dans un livre blanc à couverture de toile noire. Ce livre est là, sur ma table, et je le feuillette et caresse comme en ce 21 avril 1979 où Dina choisissait de disparaître avant que la maladie ne l'emporte.

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    Je me sers de Jules pour donner quelques nouvelles et résoudre son énigme. Côté nouvelles, après 5 semaines d'hosto avec rayon X+chimio+greffe de cellules souches, je suis rentré chez moi très fatigué. Un mois après, j'ai repris le boulot à 50 %. Je n'aurais pas dû, je me sentais en forme, avais envie de revoir les copains/copines, voulais ne plus être seul à la maison, mais la grande fatigue a très vite repris le dessus. Les médecins m'avaient prévenu. Donc arrêt buffet durant 3 semaines supplémentaires. Depuis dimanche d'il y a une semaine, je ressens un tout petit mieux. J'ai repris le boulot à 50 % le mardi 14 dernier. Ça a l'air de tenir, mais la fatigue (inévitable) est toujours là. Pour la tête, ça fonctionne toujours. la preuve. Quand Dominique dit qu'il sait que Claude ne peut pas savoir la date, il nous dit qu'on lui a susurré avril ou juin, car ce sont les seuls mois dont chaque jour est commun avec un autre des quatre autres mois. Claude connait le jour. En disant qu'il vient de trouver la date, il donne une indication importante à Dominique qui connait le mois et qui finit par dire que lui aussi, connait la date; En effet, supposons que Dominique ait entendu "juin". Le jour ne peut être que le 20 ou 21, car le 22 ne convient pas (commun à avril, Claude n'aurait pas pu trouver). Mais si c'est le 20 ou 21 juin, Dominique ne peut trouver la date. Or, puisqu'il l'a trouvée, c'est qu'il a entendu "avril" et que Claude a entendu "19". C'était donc le 19 avril. Q. E. D

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    Personne vendredi pour venir célébrer un sacré anniversaire. En effet, le 24 avril 1990, soit il y a vingt-cinq ans, un quart de siècle, quoi ! (ça ne me rajeunit pas !), Hubble a été lancé. Hubble, du nom de cet astronome américain, Edwin Powell Hubble (1889-1953), qui a observé le 30 décembre 1924 qu’il y avait d’autres galaxies que notre bonne vieille Voie lactée et que toutes les galaxies s’éloignaient les unes des autres, à une vitesse proportionnelle à leur distance (en spectro, il a vu un décalage vers le rouge en 1929), le rapport entre la vitesse et la distance est la constante de Hubble qui, en fait, n’est pas constant mais décroît très faiblement par rapport au temps. Décalage vers le rouge : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=91759 De nos jours, la constante de Hubble vaut soixante-dix kilomètres par seconde et par mégaparsec, avec un parsec un peu supérieur à trois années-lumière un quart. En fait, c’est un petit peu plus compliqué que cela et le physicien américain Saul Perlmutter (pas très vieux, cinquante-cinq ans) a affiné ces observations en découvrant en 1998 une accélération pour les galaxies très lointaines (ce qui lui valut le Nobel en 2011). Si bien qu’avec cette loi, Hubble a démontré l’expansion de l’Univers (loi de Hubble) également proposée deux ans plus tôt par Georges Lemaître (1894-1966), un astronome et prêtre belge qui fut l’inventeur du Big Bang en 1927. Loi de Hubble : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=75310 Mais revenons au début. Ce n’est pas la dépouille de l’astronome qui a été lancée il y a vingt-cinq ans, mais un gros instrument d’observation, l’un des plus intéressants du monde (à l’époque), c’est-à-dire, le premier véritable télescope spatial. Un outil très onéreux. C’est le fruit d’une collaboration entre la Nasa et l’Agence spatiale européenne (ESA). Le lancement a été réalisé par la navette Discovery (mission STS-31). Le télescope a été installé sur orbite le 25 avril 1990. L’intérêt est double : un grand miroir de deux mètres quarante de diamètre et le fait qu’il ne soit pas installé sur Terre, ce qui évite toute l’opacité due à l’atmosphère terrestre. L’outil mesure treize mètres deux cents de long et pèse onze tonnes, et est placé sur une orbite à cinq cent quatre-vingt-dix kilomètres d’altitude. Sa dernière opération de maintenance (grâce aux navettes spatiales américaines) a eu lieu en mai 2009 et la retraite du télescope est prévue pour 2020 (il n’y a plus de capacité à faire de la maintenance car les navettes ont été rangées dans les musées). À l’origine, la durée de vie du télescope était de quinze ans, elle aura doublé. Le projet a démarré dans les années 1970 et a pédalé rude pour trouver des financements et pour zigzaguer avec des événements dramatiques comme l’explosion de la navette Challenger en janvier 1986. Après le lancement du télescope, un bug optique grave (une "aberration" optique) a été décelé et n’a pu être corrigé qu’en décembre 1993, sa première maintenance avec une navette spatiale (mission STS-61). C’est aussi une aberration dans le management du projet, car ce défaut de "platitude" du miroir primaire aurait dû être détecté bien avant le lancement du télescope qui, du coup, fournit dans ses premières années, des clichés pas meilleurs que des télescopes terrestres (le flou provenait du fait que tous les rayons observés n’étaient pas retransmis par le miroir au même point de convergence). Ce scandale a même fait l’objet d’une commission d’enquête créée le 2 juillet 1990. D’ailleurs, il n’y a pas eu que l’aberration optique qui a été corrigée en décembre 1993, mais aussi beaucoup d’autres pannes ou défauts (panneaux solaires, gyroscopes, mémoires de l’ordinateur embarqué, alimentation de deux instruments, etc.). D’autres missions de maintenance ont eu lieu, en février 1997 (STS-82), en décembre 1999 (STS-103), en mars 2002 (STS-109) et enfin, en mai 2009 (STS-125). J’ai parlé du projet (quelque chose de concret, avec des difficultés technologiques, comme je viens d’expliquer) mais sur le plan théorique, l’idée avait été imaginée dès 1923 par le physicien allemand Hermann Oberth (1894-1989) puis, précisée en 1946 par le physicien américain Lyman Spitzer Jr (1914-1997) qui fut bombardé à la tête d’une commission de réflexion sur le sujet en 1965. Le congrès américain a fini par allouer son financement en 1977 mais en réduisant la voilure (initialement, le miroir aurait dû faire trois mètres de diamètre, donc une bien meilleure résolution). Le télescope a coûté en tout un milliard de dollars (ce qui est finalement très faible) dont trois cent cinquante millions pour le miroir primaire. L’avantage de placer un télescope dans l’espace, c’est que sa résolution passe de un seconde d’arc à un vingtième de seconde d’arc parce qu’il n’y a plus l’atmosphère (du gaz qui ne cesse de bouger et donc, de troubler l’observation), seulement la diffraction. Mais au-delà de la résolution, il y a aussi la visibilité bien plus large (dans le spectre) puisque les ultraviolets et les infrarouges proches sont visibles, ce qui n’est pas le cas sur Terre où l’atmosphère absorbe tous ces rayonnements (pour notre plus grand confort, les êtres vivants ne resteraient pas longtemps vivants sous rayonnement ultraviolet !). Mais à quoi ça sert ? À mieux observer l’Univers et donc, à mieux affiner nos observations mais aussi nos théories en cosmologie. La communauté scientifique utilise ce prodigieux outil avec beaucoup de demandes : environ deux cents sur plus de mille sont honorées chaque année. L’une des observations de longue durée fut la cartographie d’un tiers des étoiles de la galaxie d’Andromède, ce qui a permis d’avoir des vues plus précises qu’à partir de la Terre. Il y a eu aussi une meilleure précision du calcul de la constante de Hubble ainsi qu’une meilleure compréhension de l’expansion de l’Univers. Formation des galaxies, formation des étoiles, compréhension des systèmes planétaires, apparition de la vie extraterrestre, premiers instants après le Big Bang, etc. Plus l’outil est fin, plus l’observation sera fine et permettra de voir non seulement loin dans l’espace mais aussi loin dans le temps. Hubble, c’est un rêve d’enfant qui est devenu réalité. C’est aussi fabuleux que la sonde Voyager 2 dans les années 1970 qui, vingt ans après, n’avait pas encore fini sa course en bordure de notre système solaire. Le successeur de Hubble sera le télescope spatial James-Webb qui devrait être lancé en octobre 2018 par la fusée Ariane V et qui est le fruit d’une collaboration non seulement entre l’Europe et les États-Unis mais aussi avec le Canada. Il pèsera six tonnes deux et le miroir primaire aura un diamètre de six mètres et demi (en 1995, huit mètres de diamètre avaient été envisagés). Il ne pourra observer que dans l’infrarouge (spectre entre six dixièmes et vingt-huit micromètres en longueur d’onde), avec une résolution d’un dixième de seconde d’arc et pourra prendre une photo neuf fois plus vite que Hubble. Surtout, il sera placé à un million et demi de kilomètres de la Terre. Le budget total de ce nouveau télescope frisera les dix milliards de dollars. Ce meilleur outil pourra peut-être réussir à déceler l’inflation cosmique qu’on avait cru à tort détecter l’an dernier. On a su l’erreur grâce à la cartographie du fond diffus cosmologique (micro-ondes) réalisée par l’observatoire spatial européen Planck. Inflation cosmique : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=109726 http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=110573 Même si on est hermétique à la science, on peut ne pas l’être en même temps à l’art et à la beauté des formes. Voici les cinq plus belles photos du télescope Hubble déterminées par le site spacetelescope.com, et c’est vrai que ces images sont pleines de magie. http://minilien.fr/a0prcv http://minilien.fr/a0prcg http://minilien.fr/a0prch http://minilien.fr/a0prci http://minilien.fr/a0prcj Les liens… Décalage vers le rouge : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=91759 Loi de Hubble : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=75310 Inflation cosmique : http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=109726 http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=L&id=110573 Les belles images de Hubble : http://minilien.fr/a0prcv http://minilien.fr/a0prcg http://minilien.fr/a0prch http://minilien.fr/a0prci http://minilien.fr/a0prcj

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    le 1/5/2015 Cœur de Loup ? Toi ici ? Je n'en crois toujours pas mes yeux et même je refuse d'y croire. Après toutes ces années, je t'ai retrouvé. Est-ce que tu te rappelles de moi ? J'étais une gosse de banlieue pas mal roulée, mais, il faut bien le dire, qu'avait pas appris à lire comme il faut. Te rappelles-tu que tu me faisais danser sur Cœur de lou ou ou ou ? Je pensais que j'étais belle parce que tu me le disais dans des billets fous. Tu vantais mes charmes, en vrac, du sous-sol au plafond, ma p'tite bouille de donzelle et mes appâts de Vénus. Et tu me faisais croire que tu n'en pouvais plus dans ton désir impatient. Moi, je riais et je te croyais. Et puis, il y avait la danse, ce rythme qui me fait craquer à tous les coups, et même encore maintenant. Comme ça swinguait bien sur ce tube ! Je dansais en damnée, en boulimique de force vitale. Je suivais le rythme sans m'occuper des paroles. Je ne chantais qu' au moment du refrain «  le coup de gong du king, bong » Pour moi, il n'y avait que le choc des consonnes dures, calées sec dans la mesure. Qu'est-ce que j'ai pu le hurler ce refrain en me déhanchant sauvagement. Maintenant encore je le hulule en regardant la lune à travers ma fenêtre. Et toi, tu me regardais et moi je savais que tu me regardais. D’œil à œillet on se lançait des œillades en se faisant croire qu'on n' avait rien vu. On la jouait nature, quoi ! Et pourtant, je me suis retrouvée dans tes bras. Ai-je craqué ou t'ai-je fait croire que je craquais ? J'aurais pu m'enfuir pour éviter ce baiser et son emprise éternelle. J'aurais pu avoir peur et ne jamais revenir, comme une future sacrifiée qui se sauverait pour ne plus rien voir, ne plus rein entendre. Et toi, tu aurais pu te taire et attendre que je donne le premier signe, la première note de musique, le tempo qui me correspond bien. Mais non, nous nous sommes noyés dans les vertiges de nos bordées d'amour. Sur la piste d'une salle de quartier, devant plusieurs paires d'yeux assemblés autour du ring, nous avons échangé nos désirs obscurs. Toi et moi, coupables d'un crime si gai, d'un délicieux délit. Est-ce qu'à un moment j'ai été victime, aveuglée par de faux « je t'aime » ? sache que si tes «  je t'aime » étaient hypocrites, mes «  je m'aime » étaient sincères. Et je ne te dirai pas le chemin que j'ai dû faire pour parvenir jusqu'à toi. Et je ne te dirai pas combien de temps il m'a fallu pour te regarder à nouveau, même si c'est important le temps. De toute façon, il me reste au moins assez de minutes pour finir cette lettre. Et je ne te dirai pas le courage qu'il m'a fallu pour accepter de reconnaître ne serait-ce qu'un cil de tes yeux, ne serait-ce que l'ombre de ton visage dans le miroir, quand j'ai compris que l'emballage et son pli sous lequel tu te faufilais ne faisaient pas tout et que quelques rimes en simulacre permettaient bien des choses. Et je ne te dis pas tout ce que j'ai dû déjouer pour rester LIBRE et garder vivant le souvenir de notre union. Vivantes épousailles envers et contre tout, en vers et contre tous. Et si tu me demandais maintenant, s'il fallait vraiment danser dans ces silences, et m'immerger dans ces mots là, je te répondrais dans un murmure : oui. Je sais que tu n'es pas encore mort et que j'ai encore un peu de temps pour chanter. Alors sans rancune et sans remords je nous souhaite bonne route. Baiser en souvenir de ta chère Cœur de Lou http://www.philippelafontaine.com/Pages/Spectacle.aspx?spectacle=2 http://www.philippelafontaine.com/Pages/Spectacle.aspx?spectacle=3

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  • 05/01/15--06:52: Such love par Sysy serenity
  • Love is away L'Amour est loin Son ombre discrète surgit Sans laisser de bruit Et mon rêve se poursuit Such love dreaming Le temps se dépense Essence de rose intense Il se fond en ton absence Such love missing Quelques mots sur le clavier Un silence en réponse voilée Sur le parler d'un ange ailé Such angelic love De gare en attente Se croiseront abstinentes Deux destinées agonisantes Such love dying L'Amour revient au loin Love is back away.

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  • 05/01/15--06:51: La solitude par Syllabique
  • Qu'est - ce qui ne va pas ? Vous n'êtes pas sans ignorer la déliquescence de notre Nation. Nous sommes gouvernés par des politiques qui pensent qu'il n'y a qu'une vérité, celle qui se dégage de la propagande des penseurs modernes où tout est régit par les échanges d'un monde libre où les flux monétaires sont la traduction d'un état de fonctionnement des échanges entre les Hommes. L'instrument de mesure des échanges devient l'objet principal en lieu et place de l'objet mesuré. Pour faire simple, vous rentrez à la maison, elle ne représente que 200,000 € en hausse de 3 % par rapport à l'année dernière. Vous avez 18 assiettes et 32 couverts en Inox, deux enfants dont l'un a obtenue la mention au bac et l'autre un contrat d'apprentissage dans une boulangerie. Votre femme , que vous avez connue alors qu'elle taillait du 38 , un beau 60 – 90 – 60, bonnet M, niveau d'activité sexuelle autour de 12 fois par mois est devenu un 42 encore présentable, avec un 90 – 90 -120, niveau d'activité 1 fois tous les 12 mois. Vous avez des problèmes psychologiques ? Une cellule a été mise en place dans la commune où une équipe est en charge de réguler vos chiffres. Le gouvernement ne part pas en guerre pour lutter contre le terrorisme, il vote 4 milliards de crédit pour augmenter le budget de l'armée. Le gouvernement incite les entreprise étrangères à s'installer en France en contrepartie d'un versement du crédit impôt recherche, dont il prive les entreprises françaises qui sont de toute façon partis ailleurs pour survivre. Le gouvernement lutte contre l'inégalité sociale en supprimant à l'école les matières et les études qui sont celles qui permettent aux enfants de se différencier des autres par leur talent. On supprime les aides à l'apprentissage, la boulangerie qui prenait un apprenti dans le temps, permettant à un jeune d'apprendre un métier qui était sa passion permet à celui là de rejoindre la cohorte des jeunes standards, rejoints pas ceux qui auraient eu le goût des études. Dans le temps d'avant, on prenait un jeune pas un apprenti, il était sous payé le temps qu'il apprenne le métier, mais il était logé et nourri. Puis on a inventé l'apprentissage pour le payer un peu (40 % du smig la première année pour aller vers 80 % smig 3 ans après) et on a aidé les entreprises pour mettre en place ces contrats d'apprentissage. Puis on a supprimé les aides dernièrement, avant de les rétablir partiellement. Tout cela résultant de savants calculs mathématiquement exacts ou la courbe de la baisse de l'accroissement baissait moins vite qu'avant de 0,05 points. Je suis sorti de chez moi ce matin, pour aller acheter un baguette de pain (1,05 €, j'avais la monnaie mais l'appareil me l'aurait rendue de manière exacte si j'avais présenté un billet de 5 €), il n'y avait même plus de vendeurs de muguet à la sauvette, il flottait comme vache qui pisse. Les feux rouges fonctionnaient correctement, deux voitures de pompiers intervenaient sous un balcon au 4 ème étage d'un immeuble, la boulangerie était fermée, mais pas l'épicier du coin qui travaille pas avec des apprentis mais en famille. Dans son échoppe, il y avait un grand père de 80 ans avec son cabas, deux femmes dans la soixantaine bien tassée , je faisais un peu ado dans l'atmosphère. Je suppose que le reste de la population active dormait , écrasée par la fatigue ou abattue par les anxiolytiques ou cuvant les restes indigestes de l'émission de télé de la veille au soir, rêvant de jours meilleurs sans savoir comment faire pour les faire naître. Même la révolte , les chiffres ont réussi à la tuer.

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    Comme elle avait ce blues dans l'âme soeur, le vice nous unissait Ma folie, nos insomnies, les O.d, quelques taudis oubliés Mon asile maudit, sa veine sclérosée puis nos deux déchéances Amours déçues et contrariées par les seringues foldingues Masturbations ici, et gigolo torride dans sa bedroom cradingue Pour le smack elle jubilait, moi je jouais à la barbie en transe Elle s'est faite arnaquer, on m'aura internée, encore le même refrain Suicide, coma, sida, psychose, overdose, internements, délires paranos Dans les mains des sorciers de l'enfer, pas lavées, la mort soprano Chantant le vice par tous nos pores et quelques néocodions en main Deux zombies sur le fumier des asiles, drôles d'égouts sans fond No friends, seules à mourir, crados et trainardes sans pardon Aujourd'hui je couche mon spleen sur l'papier et pour elle un micro L'esprit anar proche de la punkitude sur une tribune bateau One woman slam pour ses états d'âme et ses vers en sanglots Elle est Femme, lonesome killeuse, je suis triste, Barbie déchue La fin est le commencement de notre noblesse perdue Fuck off. p.s : (Dans ce texte, une Femme, en lieu et place, de ce qui se fait de plus beau et de plus viril : l'Homme ; et pourquoi pas ? Je fréquente des réunions d'anciens camés sur la voie de la rédemption, des junkies sublimes, fragiles, et humains en diable. Mon parcours de vie atypique m'aura placée sur leur chemin, mais de l'autre côté, je me comprends... Ce texte juste pour leur dire que je les aime. Ainsi soit-il.)

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  • 04/21/15--12:55: Dina par Aupiedemonarbre
  • Elle disait, avec son accent moscovite: "J'aime quand ton chibre vient se planter en moi et s'y enraciner". Elle était grandement mon aînée et m'avait enseigné l'amour du plaisir qu'elle tissait et tressait malicieusement avec celui des mots français qu'elle cueillait au fil de ses lectures en les consignant dans un livre blanc à couverture de toile noire. Ce livre est là, sur ma table, et je le feuillette et caresse comme en ce 21 avril 1979 où Dina choisissait de disparaître avant que la maladie ne l'emporte.

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    Je me souviens de la haine que je portais dès nos premiers rendez-vous, sans accepter de la voir en face. Cette manière de ne pas te soucier de moi. De me dénigrer. De trouver moche ce que je trouvais beau. De contester les propositions que je faisais. De me reprocher systématiquement d'avoir fait un choix quand tu hésitais. De faire tout, toujours à côté, comme par nécessité de recevoir une remarque. Rien ou peu pour me faire plaisir. Toujours à côté. Les humiliations familiales seule en bouclier humain, sans que tu me défendes. A accepter, même que cela te fasse rire. Les diminutifs outrageants que tu aimais me donner. Me rabaisser quand je te le faisais remarquer. Tes refus pour être sûr d'être bien malheureux. La violence psychologique qui s'invitait toujours un peu plus. De jours en jours, de mois en mois, d'années en années. J'étais tout le temps si seule contre toi et les autres. Devoir me battre pour survivre. Pourtant, nous n'étions pas trop à plaindre. Mais les murs étaient sales et nos coeurs pourris. Je repense à nos amis qui nous ont fui à force de ne plus supporter que tu me parles mal, et moi de te répondre pour me défendre. Toute la violence d'un couple à la dérive. Forcément j'étais la méchante. Les rires nous ont quitté. L'amitié aussi. Les sorties, les envies aussi. La vie nous a abandonné. Et l'on s'est enterré vivants, en recouvrant toujours un peu plus nos carcasses de notre compost. J'ai tout arrêté. La musique des notes, des mots. J'ai ravalé les mélodies pour les digérer acides. J'ai cessé de rire, et je me suis mise à hurler. Après toi, après les enfants, après le monde entier. J'ai fermé les vannes, coupé les infos, les images, l'activité sociale. Je me suis plongée vivante, dans un appartement que je détestais. J'ai tout fermé, tout bouché en attendant que ça passe. Je ne sortais plus. Je regardais les gens de ma fenêtre. Je fuyais les autres parents. Je fuyais la douche et les choses normales de la vie. Tout était effort, et je voulais pas les faire. Je refusais le diktat de la société. Je voulais crever mais ne savait pas comment faire. Tu te battais mal et tu me le reprochais. Mais ça ne passait pas. Tu as cessé de me faire rire, et tu t'es mis à crier. Les mots forts sont sortis. Tu as tapé les coussins, cassé une chaise. Et tu sortais. Oh non, jamais la main. Une seule fois tu m'as menacé avec ton doigt dressé et tes mots en arbalète. Mais je t'ai tenu tête, et j'aurais trompé la mort s'il avait fallu me défendre plus. Je n'avais pas peur, j'avais la rage. La rage que tu m'aimes si peu au point que ça te paraisse normal ce traitement réservé à ta femme. Alors j'ai essayé de réagir, et j'ai recommencé à respirer. Je me suis forcée. Chaotiquement. Toujours en me battant, et en abattant tes railleries, tes moqueries. Je faisais un effort pour m'apprêter, effort qui me coutait terriblement vu mon estime de moi. Et tu me disais grosse, et pas faite pour les jupes ou les chemisiers. Et que je n'avais pas besoin de ça de toute façon. Tu me disais, que j'allais draguer, quand j'avais juste envie de reprendre de l'air, remonter à la surface. Moi je n'avais pas l'impression d'en faire trop. Un peu de maquillage. Un vêtement confortable pour me mouvoir. Guère plus. Le plus dur était de sourire et de discuter avec les gens, mais ça toi, tu n'arrivais pas à le comprendre. Et puis est venu ce soir de janvier. Ce soir à table, où tu as tenu ta joue, les larmes aux yeux. Tu devais voir un dentiste depuis un mois, et tu aurais pu le faire plus tôt, mais comme tout dans notre vie, tu as laissé pourrir. Ce soir là, tu avais mal. Mal au point d'en avoir les larmes aux yeux. Alors quand j'ai compris, je t'ai suggéré de filer aux urgences, puisque de toute façon tu ne pouvais pas manger. Tu m'as regardé avec haine. Je le comprends. La douleur est un mal terrible et que nous sommes seul à pouvoir gérer. Mais impuissante, j'ai insisté, doucement en te proposant même d'appeler un taxi qu'il te mène vite. Et là... tu m'as insulté. A table, devant nos enfants. "Mais tu vas pas la fermer ta gueule conasse !". Je t'ai ordonné de sortir de table. Tu as renversé ta chaise. Tu as pris tes chaussures, ton blouson et avant de claquer la porte, tu m'as envoyé un : "va te faire foutre". Je suis restée debout, seule avec les enfants qui me regardaient, paniqués, à chercher des réponses dans mes gestes. J'ai expliqué et je les ai rassuré comme j'ai pu. Je n'ai pas pleuré. Il n'était plus le temps des pleurs. Je n'avais pas peur, car j'étais vide. Tu es revenu. Et tu t'es assis silencieusement. Je n'ai pas voulu te croiser. J'attendais quelques mots. Un geste tendre. Des excuses. Une explication. Un début de quelque chose à quoi se raccrocher. Rien ne venait. Alors c'est moi qui me suis déplacée. Et je t'ai menacé de plainte si une telle scène se reproduisait. Tu as essayé de t'expliquer, de me dire que je t'avais énervé, que tu avais mal. Mais je n'ai pas bougé d'un iota. Je ne me suis pas énervée, je n'ai pas crié. J'ai renouvelé ma menace, et je t'ai demandé si tu avais compris. C'était mon uppercut et tu es tombé K.O. Le lendemain, j'allais pour me détendre. Et j'ai vu le monde autrement. Les gens souriaient, heureux. Une chaleur humaine, un besoin de contact. Je l'ai vu. J'ai su que je voulais vivre le restant de mes jours avec le sourire en bandoulière. Parce ça c'était moi. Intrinsèquement joyeuse, et vivante. Je t'ai réveillé en me couchant. Tu t'es levé hagard et je t'ai dit que c'était fini. Tu as voulu me forcer à l'amour. J'ai dit non. Je me suis débattue. Mais tu étais lourd. J'ai pleuré, et dans un dernier sursaut, j'ai hurlé. Là, tu as relâché ton étreinte, je t'ai fait rouler sur le côté, et je me suis levée en rage. Tu as pris un autre uppercut et tu t'es rendormi comme si tout était normal. Il a fallu deux mois pour que le chemin se fasse. Moi je n'ai pas bougé de mon choix, parce que ce n'est pas un choix. C'était une nécessité. Une urgence vitale. Réanimation. Soins intensifs. Surveillance. Rémission. Sans visite autorisée. Fragile. Aujourd'hui, le temps des rangements, des souvenirs, des constats, des grottes à éclairer. J'ouvre cette boîte. Elle est rose, avec des plumes décolorées, froissées. Des plumes de poule. Plumes que j'avais dans les cheveux ce jour là. Ce jour blanc. Ce jour de la mise sous les barreaux. Le jour de notre mascarade. Il reste quelques ballotins de tulles. Quelques dragées au chocolat. souvenirs de longues soirées seule, avec ces milliers de dragées. Les petits personnages en plastique, mal finis, de nos gâteaux en étages. Ce carnet avec les invités sur polaroïd et leurs voeux instantanés de bonheur. Aujourd’hui absents. Des rubans, roses, et blancs, en tulle. Effilés. Une petite fleur et un morceau de tissu de ma robe en satin. Rêche. Des souvenirs. L'absence de nuit de noce. De voyage. De partage. Là, avec mes idées noires, j'aimerais le voir, mon évidence et qu'il me prenne dans ses bras. Qu'il me serre fort et me dise que ça va aller, qu'il est là, et qu'il accepte ce passé qui me blesse et me paralyse. J'aimerais qu'il ouvre son coeur et qu'il comprenne que j'ai besoin de lui, que je ne veux plus jamais être seule. Je voudrais qu'il entende mon cri, et qu'il soit homme. Le mien. Mon soutien. Un pilier. Dans le silence de son amour., pour faire taire mes vents assourdissants. J'aimerais qu'il me protège de moi-même. Qu'il me camisole. Mais qu'il soit là. J'aimerais qu'il passe la montagne. J'aimerais le voir, oui. Besoin de lui. Plus de forces. http://youtu.be/Z2OawuAcIF4

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    Qui a dit que les scientifiques étaient des fonctionnaires ?… euh, je veux dire, avaient la mauvaise réputation souvent donc démentie des fonctionnaires ? Ils bossent tous les jours de la semaine, y compris le dimanche et les jours fériés, toutes les heures de la journée, y compris la nuit. Quand on a un outil aussi coûteux (six milliards et demi de francs suisses, dont deux milliards deux de masse salariale), aussi perfectionné (le plus bel outil du monde, le plus puissant du monde, et je ne parle pas de sexe), et également aussi passionnant que le LHC, on ne regarde ni sa montre ni son agenda, on l’utilise quand on en a la possibilité car la liste d’attente est ultralongue. C’est le dimanche de Pâques, le 5 avril 2015 à dix heures quarante et une, que le plus grand accélérateur de particules du monde a redémarré ses travaux. Le LHC, pour large hadron collider, qui veut dire grand collisionneur à hadrons. Vingt-sept kilomètres de circonférence à Genève, à cent mètres sous la Suisse et la France. Le LHC a en effet redémarré dans la grande discrétion des premiers titres de l’actualité. Il faut dire que l’actualité ayant de nombreuses sources de morosité et d’angoisse, les petites pépites éblouissantes sont forcément mises de côté, juste pour le dessert pour ceux qui arrivent jusque là. Certes, ce n’est pas un outil hyper-écolo vu qu’en 2012, par exemple, il a consommé six cent cinquante gigawatts heure et à partir de 2015, on évalue à sept cent cinquante gigawatts heure la consommation annuelle (pour comparaison, la production mondiale annuelle d’énergie électrique est de vingt mille térawatts heure et la production française de cinq cents térawatts heure, soit près sept cents fois plus que ce dont a besoin le LHC). Redémarré car il s’était arrêté plus de deux années pour une opération de maintenance, ou plutôt, pour améliorer ses capacités. En somme, comme une mise à jour Windows, mais avec la volonté que ça bugue un peu moins. En effet, après un premier démarrage le 10 septembre 2008, et ses premières collisions à sept téraélectronvolt le 30 mars 2010, le LHC s’est éteint le 14 février 2013 à sept heures vingt-quatre pour cette opération très lourde de home staging. Pendant les trois mois qui viennent, les physiciens vont remettre en route la grosse machine et les premiers essais de collisions auront lieu au début de l’été 2015. Grâce à ce relifting, le LHC va augmenter largement ses capacités d’énergie. Pour cela, il a fallu souder de nombreux câbles sur de nombreux aimants trempés dans de l’hélium liquide pour renforcer encore l’accélération des particules dans la boîte torique. Le principe est facile à comprendre, on envoie une particule dans les tuyaux et à chaque virage, grâce à d’ingénieux électroaimants, on l’accélère et on l’accélère. Les opérations réalisées durant ces deux dernières années ont été précisément les suivantes : remplacement de dix-huit des mille deux cent trente-deux dipôles supraconducteurs chargés de guider les faisceaux de particules ; installation, sur plus de dix mille jonctions électriques reliant les dipôles, de shunts pouvant absorber onze mille ampères ; équipement d’une plus grande protection contre les transitions résistives des aimants supraconducteurs (capable d’absorber les énergies dissipées quand l’aimant quitte accidentellement sa phase supraconductrice) ; réparation des compresseurs froids qui maintiennent à un kelvin neuf les neuf mille cinq cent quatre-vingt-treize aimants supraconducteurs ; rénovation des stations de refroidissement ; réalisation de plus de quatre cent mille tests électriques pour vérifier que les systèmes électroniques résistent correctement aux radiations ; amélioration du vide du tube de faisceau par le recouvrement de la surface intérieure de matériau qui absorbe les électrons ; et quelques autres... Depuis donc un mois, le LHC peut obtenir treize téraélectronvolt, ce qui est gigantesque, mais pas forcément suffisant. La limite avant 2013 était de huit téraélectonvolt. L’année prochaine, il pourra même atteindre quatorze téraélectronvolt. Ce n’est pas l’énergie nominale de l’outil mais le double, puisqu’il s’agit, comme son nom l’indique, de faire heurter deux faisceaux de particules l’un contre l’autre, ce qui double l’énergie possible. Pour donner une idée de comparaison, l’énergie de collision de deux faisceaux de protons qui sont très petits (de l’ordre du milliardième de micromètre) est équivalente à celle d’un train de quatre cent tonnes, comme un TGV, qui serait lancé à une vitesse de cent cinquante kilomètres par heure. Autre amélioration non négligeable, le canon à hadrons pourra fonctionner toutes les vingt-cinq nanosecondes (milliardièmes de seconde) au lieu de toutes les cinquante nanosecondes, soit une capacité de doubler le nombre de collisions par unité de temps. Les faisceaux se composent de centaines de milliards de protons se déplaçant à la vitesse de la lumière. Les paquets envoyés à chaque pulsation seront en revanche moins nombreux qu’avant, ce qui permettra une meilleure observation des évènements (faisceaux plus serrés). En clair, cela signifie qu’il pourra y avoir jusqu’à six cent millions de collisions par seconde (on parle même d’un milliard de collisions par seconde). Et ce joujou de luxe, à quoi sert-il ? Toujours la même question. Contrairement à son premier démarrage, il n’y a plus eu dans les médias toutes les escroqueries verbales sur la supposée création de trous noirs et l’inquiétude injustifiée suscitée par ce genre d’événements. La crédulité est aussi grande que l’ignorance, mais il faut bien reconnaître qu’y comprendre quelque chose en physique quantique et en relativité générale, ce n’est peut-être pas donné à tout le monde. Or, c’est bien de ces théories qu’il s’agit, celle de l’infiniment petit et celle de l’infiniment grand, et cette incapacité à les faire continuer l’une vers l’autre. Les deux marchent bien à leur échelle, mais l’idée de tout perfectionniste, c’est de trouver une loi générale qui unifier tout ce foutoir à équation. Ce LHC plus puissant pourrait y contribuer en découvrant de nouvelles particules. Car plus on monte dans les énergies, plus on peut espérer voir apparaître, très rapidement, ou plutôt, très furtivement, de nouvelles particules, éventuellement prévues par certaines théories, comme le boson de Higgs détecté le 4 juillet 2012 et qui a valu le 8 octobre 2013 un Nobel à ses théoriciens encore vivants, Peter Higgs et François Eglert (Robert Brout a disparu malheureusement trop tôt pour bénéficier aussi de la récompense). Cela permet aussi d’infirmer certaines spéculations intellectuelles, en démontrant l’inexistence de certaines particules. Même si ce n’est pas aisé de démontrer une inexistence (je mets au défi tous les athées du monde de démontrer l’inexistence de Dieu, mais on ne peut pas plus démontrer son existence). Jusqu’à maintenant, ce qu’on appelle depuis une cinquantaine d’années le "modèle standard" a été systématiquement confirmé par cette exploration de plus en plus approfondie des lois de la nature, tant dans l’infiniment petit (comme avec ce gros instrument à particules) que dans l’infiniment grand avec les télescopes spatiaux (comme Hubble ou Planck). C’est cela qui est beau, notamment pour le boson de Higgs, imaginé il y a quarante ans et découvert concrètement il y a trois ans : la puissance du cerveau humain est inégalable ! L’une des voies d’espoir des physiciens, c’est la supersymétrie, le malaxage des fermions (les constituants de la matière) avec des bosons de jauge (les vecteurs des interactions). Le meilleur candidat serait le neutralino qui devrait être la plus stable des particules supersymétriques prédites. Mais il y a aussi les squarks, les sélectrons, les gluinos, les winos et les photinos (c’est joli, comme nom, n’est-ce pas ?). Pas de guano, en revanche ! En principe, le LHC devrait continuer à fonctionner jusqu’en 2035. Mais l’expérience montre que les joujous durent toujours plus longtemps que prévu : par exemple, le télescope spatial Hubble n’avait qu’une quinzaine durée de vie et devrait prendre sa retraite seulement à sa trentième année d’utilisation. Hubble : http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-cinema-112750.html Bien entendu, peut-être que ce ne sera pas suffisamment comme énergie pour découvrir les particules prédites, si bien qu’il faudrait construire un nouvel accélérateur, beaucoup plus grand, puisque c’est son diamètre qui détermine en fait l’énergie maximale des particules dans le tore. Les Américains, en pointe dans l’hégémonisme scientifique depuis un bon siècle, avaient voulu construire à Los Angeles un accélérateur de particules qui devait faire plus de quatre-vingts kilomètres de diamètre, mais finalement, l’enveloppe budgétaire (colossale) a été supprimée ce qui a laissé aux Européens le leadership de l’exploration des particules à très hautes énergies pour la décennie 2010 et suivantes 2020 et 2030. Certains estiment qu’il faudrait atteindre des énergies bien plus importantes, de l’ordre de dix mille milliards de teraélectronvolts pour avoir une petite idée de ce que serait la théorie de l’unification de toutes les interactions. Et la meilleure idée pour construire le plus grand accélérateur possible sur Terre, ce serait de fabriquer un immense tore le long de l’équateur, avec un diamètre qui serait le diamètre de notre (petite) planète. Là, ce sera un premier temps, car le second temps, évidemment, ce sera de construire un tore dans l’espace, et pourquoi pas, suivant l’orbite de notre bonne vieille planète autour du Soleil… (mais qui n’est pas circulaire). LHC : http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-lecture-103772.html http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-lecture-108380.html http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-medias-107953.html http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-medias-89503.html http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-lecture-101706.html http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-cinema-100191.html http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-lecture-105027.html http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-lecture-86835.html Gravitons : http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-musique-68228.html http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-cinema-81506.html http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-lecture-81064.html Hubble : http://www.pointscommuns.com/c-commentaire-cinema-112750.html

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    Drogue dure. http://youtu.be/vOznRtE4fOg ------------------ Pièce noire et paupières closes. Il est assis en tailleur dans un coin de la pièce, dos au mur. Il n'a pas la notion de l'espace. Ses sens sont en alerte. Il entend une respiration lente et profonde. Il n'est pas seul. Pièce noire et paupières closes. Elle est assise dans un coin de la pièce, pieds contre terre, genoux relevés, dos au mur. Elle n'a pas la notion de l'espace. Ses sens sont en alerte. Elle entend une respiration lente et profonde. Elle n'est pas seule. Il cherche du plat de ses mains, un objet auquel se raccrocher, un élément de décor connu, une texture. Mais rien. Juste lui, dos au mur, et cette respiration lente et profonde. Son rythme cardiaque s'accélère, sa respiration se fait plus rapide. Étant seul dans son coin avec sa présence au loin, il cherche à se réconforter. Il se frotte le flanc du plat de la main. Il n'a pas de pantalon. Pièce noire et paupières closes. Seul dans le coin de la pièce, dos au mur, il entend l'autre respiration changer de rythme. Elle cherche du plat de ses mains, un objet auquel se raccrocher, un élément de décor connu, une texture. Mais rien. Juste elle, dos au mur et cette respiration lente et profonde. Son rythme cardiaque s'accélère, sa respiration se fait plus rapide. Étant seule dans son coin avec sa présence au loin, elle cherche à se réconforter. Elle se frotte le cou et le décolleté du plat de la main. Elle n'a pas de haut. Pièce noire et paupières closes. Seule dans le coin de la pièce, dos au mur, elle entend l'autre respiration changer de rythme. Il ne comprends pas la situation mais la trouve terriblement érotique. Ses joues se mettent à chauffer. Cette respiration qui se fait plus présente, là tout près, sans pouvoir la sentir. Il se l'imagine lui souffler quelques mots dans le creux de son oreille, et il sent la chaleur de son souffle. L'excitation le gagne. Il aimerait parler mais tremble à l'idée de briser le silence et la magie ambiante. Pièce noire et paupières ouvertes, il distingue une ombre en face de lui. A deux dans les coins de la pièce, dos aux murs, il sent son afflux sanguin se concentrer. Elle ne comprends pas la situation mais la trouve terriblement érotique. Ses joues se mettent à chauffer. Cette respiration qui se fait plus présente, là tout près, sans pouvoir la sentir. Elle l'imagine remonter le long de sa jambe jusqu'à l'intérieur de sa cuisse, et elle sent la chaleur de son souffle. L'excitation la gagne. Elle aimerait parler mais tremble à l'idée de briser le silence et la magie ambiante. Pièce noire et paupières ouvertes, elle distingue une ombre en face d'elle. A deux dans les coins de la pièce, dos au mur, elle sent ses reins se tendre. Il devine ses contours, là, en face de lui. Il voit ses cheveux ondulés, en bataille et son bras plongeant dans sa tignasse. Il suit la courbe de son bras et découvre l'arrondi de son sein. Il tend sa main comme pour le frôler. Ferme au toucher velouté. Il remonte son autre main le long de sa cuisse et prend en main son érection. Il a le souffle court et presqu'haletant. Il laisse échapper un : "J'ai envie de toi". Pièce noire et paupières ouvertes, il transpire et l'odeur de sexe envahit l'espace. A deux dans les coins de la pièce, dos au mur, il voudrait la rejoindre. Elle devine ses contours, là, en face d'elle. Elle passe sa main dans sa tignasse ondulée. Elle voit qu'il tend la main dans sa direction, ouverte et avec des petits mouvements, comme pour lui caresser le sein. Ses tétons se dressent et lui picotent l'intimité. Elle mouille ses doigts, les glisse entre ses lèvres et se saisit de son bouton. Elle a le souffle court et presque gémissante, elle laisse échapper un : "Rejoins moi". Pièce noire et paupières ouvertes, elle sent ses tempes battre la chamade et l'odeur de sexe envahit l'espace. A deux dans les coins de la pièce, dos au mur, elle voudrait le rejoindre. La tension monte, excités par la situation et leurs frustrations, ils se touchent chacun en osmose de leurs imaginations fertiles. Quand le désir atteint son paroxysme, l'envie irrépressible, le besoin vital, le courage sans mesure, ils trouvent, enfin le chemin. Ils se rejoignent au son de leurs respirations, à la chaleur de leurs corps approchants, à l'odeur de leurs sueurs. Pièce lumineuse, et paupières ouvertes, ils s'observent, se reniflent, se goutent, se découvrent, se reconnaissent et s'abandonnent. A deux, au centre de la pièce, l'un contre l'autre, sans dessus-dessous, au dessus, par dessous, sans sens des essences, peaux contre peaux, mouvements pour ralentissements, coups de reins et tension des mains... Dans le silence malmené, un cri se relâche, puis deux, à tour de rôles, plus fort, ensemble, les corps se raidissent, les dents se serrent, les mains se referment sur la chair... Ils se cramponnent l'un à l'autre, s'en remettent à la vie... La retenir... encore... un peu... Éclairs simultanés... Tonnerres étourdissants... Corps tremblants... Haletants... Point d'orgue... Lumière crue... La mort vient de les saisir. L'un pour l'autre, ils sont éternité. ------------------ LE SILENCE Il est l’ami des cœurs farouches et meurtris ; Lui seul nous parle après que plus rien ne nous reste ; Dans l’émoi d’un regard ou la ferveur d’un geste Il fait tenir tous les aveux et tous les cris. Il est persuasif autant que l’éloquence ; Il nous ouvre, loin des propos habituels, D’autres espoirs, d’autres âmes et d’autres ciels ; Il enseigne le prix sacré de ce qu’on pense… Il redit les serments qu’on n’a pas entendus, Il murmure ceux qu’il fallait que l’on devine ; Près de nous le silence est une voix divine, Qui continue alors que les mois se sont tus. Certains soirs désolés, sous le halo des lampes, Il éclot cependant que meurt le dernier bruit ; Puis il ferme nos yeux et caresse nos tempes, Et mûrit gravement le rêve comme un fruit. Il porte dans ses mains patientes et sûres Les pavots du sommeil, le lierre des tombeaux, Le calme de la mort et l’ombre du repos… Il guérit le chagrin secret et la blessure. Après la passion brûlante, il rentre en nous, Pur comme un crépuscule où perle la rosée ; Le silence renaît de la fièvre apaisée ; Il est puissant, il est invisible, il est doux. Alors les souvenirs fleurissent la mémoire Et, dans un instant noble, intime et précieux, Il semble que l’amour encor chaud vienne boire A quelque source calme où se mirent ses yeux… — Il fait nuit ; le silence est maître de la terre ; Il remplit les chemins ; il baigne l’horizon, Il endort le feuillage et bénit la maison Et le jardin où le jet d’eau vient de se taire… Je suis loin d’elle… Alors, silence qui veillez, Je vous donne à deux mains, ce soir qu’elle est absente, Ma tendresse isolée et toujours frémissante, Mon labeur simple et mes songes émerveillés !… Dites-lui, si jamais son cœur vain vous écoute, Que les espoirs muets sont les moins inconstants ; Silence, parlez-lui très bas, troublez-la toute, Silence, frère obscur et fidèle du temps… JACQUES CHENEVIERE. Revue des Deux Mondes tome 10, 1912 ------------------

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  • 05/04/15--01:10: Je te veux par Cypou
  • Je te veux Je veux continuer ce rêve d’architecte. Ô toi douce main par le temps éprouvée, a qui j’ai désormais, pour le reste de ma vie, réservé le plus doux des chantiers. Je te voudrai chansonnière de tes doigts de fée sur la palette des couleurs de ses roses nuancés. Je te voudrai pinceau pour, sur le chevalet de ses sous vêtement chamarrés, t’attarder Je te voudrai mirette aux doigts majeurs pour dans le creux de sa glaise humide te glisser. Je caresserai de ma langue de chat ton téton cuivré tandis que, gauche sur ton autre seins jaloux, je ferais des ronds dans l’eau jusqu'à l’épicentre révolté. Ô comment te dire sans te vexer ? Toi qui a toujours pris un malin plaisir à déposer le long des trottoirs de l’amour les fleurs en sous vêtements enchanteurs de Princesse au balcon ou en jupons de Châtelaine aux tisons. Comment sans te le dire ne pourrai-je mieux que te l’écrire en me promenant sur les collines qui se reflètent au matin dans le miroir de la salle du bien au soleil levant ? Mes doigts en seront les rayons aux vices des formes de ton corps s’éveillant. Devant la boutique des souvenirs ton vieux vélo nous attend. J’adapterai pour toi une liane pour que tu puisses monter en amazone. C’est toi qui guideras de ta voix haletante, sur le guidon, ma main droite sur la sonnette impatiente. Je passerai par-dessus ton épaule, mes lèvres babilles mordillant le lobe de ton oreille, un regard furtif plongeant dans le creux de tes seins. Point trop de freins je m’en souviens, qu’en ce jour que j’attends, en bas de la pente, petit vaurien, non je plaisante, un tapis de mousse s’invita a confidences. Ô douce fleur qu’entière humide en ce printemps perlant, dans mon esprit qui vagabonde, fasse qu’encore mes rayons sur ton corps reste ombre pour ne point assécher ton ruisseau qui m’inonde. Derniers désirs, derniers soupirs.... N’oublie pas d’accrocher ton sac à main au guidon. Je prendrai ta main délicate pour, à pieds, rebrousser chemin …..en chantant. Cypou le 04/05/2015

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    Ce week-end end on est partis 3 jours avec Polo en rando ,ses parents vivent à saint Nectaire , et lui ayant avoué que je ne connaissais pas cette région, il m'a donc proposé d'organiser un petit périple dans le parc des volcans . Polo et moi avons donc atterris à Saint Ours !Cela ne s'invente pas et c'est très paradoxal parce que Polo est très empressé envers moi, C'est un vrai galant homme Écrire ce texte m'amuse à l'avance car j'entends déjà les cris d'orfraie fuser  "Koa ! Faire l'éloge de la galanterie ?" C'est la marche à reculons et toutes les luttes de ta môman , t'en fais quoi ?" Je les admire et ne les renie pas mais toutefois , je ne mélange pas ! Et oui j'avoue ,n'en déplaise aux féministes les plus radicales, la galanterie me touche et je ne la considère pas comme un comportement à visée sexuelle utilisé par un homme pour me sauter, mais comme une marque d' attention La galanterie serait elle encore taguée de comportement prédateur par les femmes ? Franchement, je n'ai pas l'impression de me vendre ou de me galvauder lorsqu'il m'aide à mettre mon manteau, me tient la porte, me paye le resto ou porte mon sac. Je me sens chouchoutée, parce que je le vaux bien et je sais pertinemment que je ne passe pas à ses yeux pour une petite chose fragile et dépendante. Il me sait forte et indépendante mais désire me montrer que mon confort lui importe et le rend heureux. Je n'ai jamais demandé à quiconque de m'aider sous prétexte que je suis une femme ! je peux prétendre à l'autonomie et à des choix de vie, sans me comporter en fragile poupée de porcelaine ayant sans cesse grand besoin d'être secourue sous peine de se briser Je suis consciente génétiquement ,d'avoir moins de force et je ne confonds pas politesse et ga lanterie La politesse s’exerce envers autrui indépendamment de son genre.  Aider quelqu'un dans l'avion à caser ses bagages en cabine par exemple , laisser sa place à une personne âgée ou tenir la porte à la personne derrière nous C'est un minimum d'éducation! Je veux parler ici de galanterie. Au resto,il n'y a aucune raison à ce que l'homme qui m'accompagne règle systématiquement l'addition .Je ne suis pas un objet et ma présence n'est pas tarifée.Ce raisonnement est aussi valable pour lui et je règle galamment le fâcheux dilemme. La galanterie c'est réversible non? Nous réglons donc l'addition une fois lui, une fois moi car j'aime aussi lui démontrer de l'attention et lui faire plaisir Et d'ailleurs au fait pourquoi devrions nous encore établir un lien systématique entre le fait de se faire offrir un repas, et l'obligation ensuite d' avoir une obligation sexuelle! Cela date! Cela vient du temps ou les femmes n'avaient pas de revenus et une femme invitée , acceptait peut être de fait , la suite dans la suite! Ces stéréotypes de relation dominant/dominé sont dépassés Ils datent de l'an pépin , mais perdurent dans pas mal d' esprits étriqués encore imbibés d'une sacre dose d'influence paternaliste . Petit sondage je cite 8% des Européennes se disent conquises par la galanterie en général. Mais c'est quoi être galant? Pour 43% des femmes, c'est se faire raccompagner en voiture, en taxi ou même marchant après un premier rendez-vous. Pour 39% d'entre elles, c'est ce petit geste qui consiste à présenter l'autre lorsqu'on croiserait quelqu'un par hasard, en sa présence. Enfin, 36% des Européennes estime que l'homme galant n'interrompt pas la femme qui lui parle.Mais ces chiffres ne sont pas exempts de spécificités culturelles. Si 97% des Espagnoles et 98% des Françaises disent apprécier la galanterie, ce chiffre tombe à 79% pour les Norvégiennes ou 71% pour les Allemandes. Nord-sud Le macho latin aurait donc encore de beaux jours devant lui. Car ce sondage confirme bien qu'il existe! La preuve? 97% des hommes Espagnols aiment être galants, ce qui est le cas de 91% des Français. Côté masculin l'écart nord-sud est même encore plus fort puisque seuls 22% des Allemands et 42% des Norvégiens ont affirmé ne pas aimer être galant.Pour achever de nous convaincre que ces différences témoignent de perceptions différentes quant aux rôles attribués aux deux genres dans ces sociétés, les femmes d'origine latine comme les Espagnoles ou les Françaises sont plus nombreuses à privilégier la galanterie de geste. Tenir la porte, prêter son manteau s'il fait froid, autant de réflexes protecteurs.À l'inverse, les femmes d'origine nordique sont celles qui estiment surtout que la galanterie c'est de ne pas être interrompue, et donc écoutée.Et là où les latines privilégient les gestes protecteurs comme de se faire tenir la porte ou offrir une veste s'il fait froid, les femmes du Nord de l'Europe privilégient comme critère le fait de ne pas être interrompues. Qui va payer l'addition? Après le premier rendez-vous, vient le moment délicat de l'addition. Si les femmes sont libérées, les hommes doivent-ils payer la note? La réponse est partagée. Si les femmes se refusent à prévoir de payer l'intégralité de la note (seulement 2%), 55% des hommes sont prêt à le faire. Et une femme sur deux (49%) à partager l'addition. Les mentalités évoluent mais les deux sexes tiennent encore à certains principes. Fin de citation Ps : Il a porté mon sac la plupart du temps en rando et le soir il m'a massé Bah oui c'est normal :Il est kiné !

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    Je me souviens de la haine que je portais dès nos premiers rendez-vous, sans accepter de la voir en face. Cette manière de ne pas te soucier de moi. De me dénigrer. De trouver moche ce que je trouvais beau. De contester les propositions que je faisais. De me reprocher systématiquement d'avoir fait un choix quand tu hésitais. De faire tout, toujours à côté, comme par nécessité de recevoir une remarque. Rien ou peu pour me faire plaisir. Toujours à côté. Les humiliations familiales seule en bouclier humain, sans que tu me défendes. A accepter, même que cela te fasse rire. Les diminutifs outrageants que tu aimais me donner. Me rabaisser quand je te le faisais remarquer. Tes refus pour être sûr d'être bien malheureux. La violence psychologique qui s'invitait toujours un peu plus. De jours en jours, de mois en mois, d'années en années. J'étais tout le temps si seule contre toi et les autres. Devoir me battre pour survivre. Pourtant, nous n'étions pas trop à plaindre. Mais les murs étaient sales et nos coeurs pourris. Je repense à nos amis qui nous ont fui à force de ne plus supporter que tu me parles mal, et moi de te répondre pour me défendre. Toute la violence d'un couple à la dérive. Forcément j'étais la méchante. Les rires nous ont quitté. L'amitié aussi. Les sorties, les envies aussi. La vie nous a abandonné. Et l'on s'est enterré vivants, en recouvrant toujours un peu plus nos carcasses de notre compost. J'ai tout arrêté. La musique des notes, des mots. J'ai ravalé les mélodies pour les digérer acides. J'ai cessé de rire, et je me suis mise à hurler. Après toi, après les enfants, après le monde entier. J'ai fermé les vannes, coupé les infos, les images, l'activité sociale. Je me suis plongée vivante, dans un appartement que je détestais. J'ai tout fermé, tout bouché en attendant que ça passe. Je ne sortais plus. Je regardais les gens de ma fenêtre. Je fuyais les autres parents. Je fuyais la douche et les choses normales de la vie. Tout était effort, et je voulais pas les faire. Je refusais le diktat de la société. Je voulais crever mais ne savait pas comment faire. Tu te battais mal et tu me le reprochais. Mais ça ne passait pas. Tu as cessé de me faire rire, et tu t'es mis à crier. Les mots forts sont sortis. Tu as tapé les coussins, cassé une chaise. Et tu sortais. Oh non, jamais la main. Une seule fois tu m'as menacé avec ton doigt dressé et tes mots en arbalète. Mais je t'ai tenu tête, et j'aurais trompé la mort s'il avait fallu me défendre plus. Je n'avais pas peur, j'avais la rage. La rage que tu m'aimes si peu au point que ça te paraisse normal ce traitement réservé à ta femme. Alors j'ai essayé de réagir, et j'ai recommencé à respirer. Je me suis forcée. Chaotiquement. Toujours en me battant, et en abattant tes railleries, tes moqueries. Je faisais un effort pour m'apprêter, effort qui me coutait terriblement vu mon estime de moi. Et tu me disais grosse, et pas faite pour les jupes ou les chemisiers. Et que je n'avais pas besoin de ça de toute façon. Tu me disais, que j'allais draguer, quand j'avais juste envie de reprendre de l'air, remonter à la surface. Moi je n'avais pas l'impression d'en faire trop. Un peu de maquillage. Un vêtement confortable pour me mouvoir. Guère plus. Le plus dur était de sourire et de discuter avec les gens, mais ça toi, tu n'arrivais pas à le comprendre. Et puis est venu ce soir de janvier. Ce soir à table, où tu as tenu ta joue, les larmes aux yeux. Tu devais voir un dentiste depuis un mois, et tu aurais pu le faire plus tôt, mais comme tout dans notre vie, tu as laissé pourrir. Ce soir là, tu avais mal. Mal au point d'en avoir les larmes aux yeux. Alors quand j'ai compris, je t'ai suggéré de filer aux urgences, puisque de toute façon tu ne pouvais pas manger. Tu m'as regardé avec haine. Je le comprends. La douleur est un mal terrible et que nous sommes seul à pouvoir gérer. Mais impuissante, j'ai insisté, doucement en te proposant même d'appeler un taxi qu'il te mène vite. Et là... tu m'as insulté. A table, devant nos enfants. "Mais tu vas pas la fermer ta gueule conasse !". Je t'ai ordonné de sortir de table. Tu as renversé ta chaise. Tu as pris tes chaussures, ton blouson et avant de claquer la porte, tu m'as envoyé un : "va te faire foutre". Je suis restée debout, seule avec les enfants qui me regardaient, paniqués, à chercher des réponses dans mes gestes. J'ai expliqué et je les ai rassuré comme j'ai pu. Je n'ai pas pleuré. Il n'était plus le temps des pleurs. Je n'avais pas peur, car j'étais vide. Tu es revenu. Et tu t'es assis silencieusement. Je n'ai pas voulu te croiser. J'attendais quelques mots. Un geste tendre. Des excuses. Une explication. Un début de quelque chose à quoi se raccrocher. Rien ne venait. Alors c'est moi qui me suis déplacée. Et je t'ai menacé de plainte si une telle scène se reproduisait. Tu as essayé de t'expliquer, de me dire que je t'avais énervé, que tu avais mal. Mais je n'ai pas bougé d'un iota. Je ne me suis pas énervée, je n'ai pas crié. J'ai renouvelé ma menace, et je t'ai demandé si tu avais compris. C'était mon uppercut et tu es tombé K.O. Le lendemain, j'allais pour me détendre. Et j'ai vu le monde autrement. Les gens souriaient, heureux. Une chaleur humaine, un besoin de contact. Je l'ai vu. J'ai su que je voulais vivre le restant de mes jours avec le sourire en bandoulière. Parce ça c'était moi. Intrinsèquement joyeuse, et vivante. Je t'ai réveillé en me couchant. Tu t'es levé hagard et je t'ai dit que c'était fini. Tu as voulu me forcer à l'amour. J'ai dit non. Je me suis débattue. Mais tu étais lourd. J'ai pleuré, et dans un dernier sursaut, j'ai hurlé. Là, tu as relâché ton étreinte, je t'ai fait rouler sur le côté, et je me suis levée en rage. Tu as pris un autre uppercut et tu t'es rendormi comme si tout était normal. Il a fallu deux mois pour que le chemin se fasse. Moi je n'ai pas bougé de mon choix, parce que ce n'est pas un choix. C'était une nécessité. Une urgence vitale. Réanimation. Soins intensifs. Surveillance. Rémission. Sans visite autorisée. Fragile. Aujourd'hui, le temps des rangements, des souvenirs, des constats, des grottes à éclairer. J'ouvre cette boîte. Elle est rose, avec des plumes décolorées, froissées. Des plumes de poule. Plumes que j'avais dans les cheveux ce jour là. Ce jour blanc. Ce jour de la mise sous les barreaux. Le jour de notre mascarade. Il reste quelques ballotins de tulles. Quelques dragées au chocolat. souvenirs de longues soirées seule, avec ces milliers de dragées. Les petits personnages en plastique, mal finis, de nos gâteaux en étages. Ce carnet avec les invités sur polaroïd et leurs voeux instantanés de bonheur. Aujourd’hui absents. Des rubans, roses, et blancs, en tulle. Effilés. Une petite fleur et un morceau de tissu de ma robe en satin. Rêche. Des souvenirs. L'absence de nuit de noce. De voyage. De partage. Là, avec mes idées noires, j'aimerais le voir, mon évidence et qu'il me prenne dans ses bras. Qu'il me serre fort et me dise que ça va aller, qu'il est là, et qu'il accepte ce passé qui me blesse et me paralyse. J'aimerais qu'il ouvre son coeur et qu'il comprenne que j'ai besoin de lui, que je ne veux plus jamais être seule. Je voudrais qu'il entende mon cri, et qu'il soit homme. Le mien. Mon soutien. Un pilier. Dans le silence de son amour., pour faire taire mes vents assourdissants. J'aimerais qu'il me protège de moi-même. Qu'il me camisole. Mais qu'il soit là. J'aimerais qu'il passe la montagne. J'aimerais le voir, oui. Besoin de lui. Plus de forces. http://youtu.be/Z2OawuAcIF4

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    J'ai une copine, elle s'appellera Emilie. On est copine de boum. Boum boum de nos coeurs, swing swing de nos petits pas, et blas blas de cocottes emplumées ! Ma copine, elle est belle comme tout. Moi j'aime son sourire, elle me réchauffe. Elle est complice par devers moi. Elle a la voix éraillée de l'oiseau qui a trop chanté. Elle a des gambettes de sirènes, des froufrous lisses à pan de chasseur, des cheveux raides et courts à la garçonne façon épis de blé, des petits yeux bleus rieurs, et une bouche que je n'arrive même pas à dessiner tant elle est mystérieuse. Elle rit de bon coeur, et elle ne triche pas. Le physique de ma pote. Quand elle me prend dans ses bras, elle me tient fermement, mieux que certains poulets. On n'aurait pas des ptits Bleus dans le coeur, qu'on s'embrasserait presque ! Elle aime aussi quand on change les rôles, et par dessus tout, quand on explose les codes. Tous les codes. Ma copine, je l'écoute dès qu'elle en a besoin. Parce qu'elle a été là pour moi, sans me poser de questions, à accepter les silences, et les trous de mon histoire. Ce n'était pas facile pour elle, parce que je suis une poupée peinte, mais décousue. Alors elle rapiéçait par petits morceaux. Mais comme elle a des doigts en or, et qu'elle est pudique, elle me laissait gentiment séparer mon huile de mon vinaigre. Elle me fait du bien quand j'ai besoin de pleurer. Elle me laisse pleurer en silence, sur son épaule. Elle m'enlace de sa présence. Il lui suffit d'un regard vers moi pour savoir comment je vais. Pas plus. Et moi en miroir, c'est la même chose. J'essaye d'être juste un peu douce pour elle, plus présente que je n'ai pu l'être dans ma vie passée de pomme potes de cocottes. Elle a peut-être elle aussi de gros trous dans son voile. Je ne sais pas. J'essaye donc de composer des ptites mélodies avec les gammes qu'elle me donne. Elle complète avec quelques altérations, quelques notes, ou contrechants glissés en surplus. Ma copine, y'a deux ans environ, elle a rencontré son ptit oiseau bleu. Un gars pas si petit, monté sur ressort. Il est tout doux. Il ne parle pas beaucoup. Paraît même que ça va mieux aujourd'hui qu'avant ! Tu parles quand elle me dit ça, moi je reprends immédiatement espoir ! Son ptit oiseau, on a l'impression que c'est un enfant dans un corps d'homme. Quand je le lui dis, elle trouve l'image parfaite. Je ne les ai pas connu y'a deux ans, moi. Mais depuis que je refais la java avec ma bombe atomique, je les ai remarqué de suite. J'ai même dit à mon rêve bleu : "Tiens regarde, comme ils sont drôles, on dirait qu'ils sont aimantés, ces deux-là !". Et je le pense vraiment. Ils sont complices, ils aiment se toucher, jouer, se tourner autour, se rattraper, sautiller, virevolter et tous les rythmes font ventre, dès qu'ils s'aperçoivent. C'est tellement joli qu'on s'écarterait presque d'eux pour leur laisser la place d'exécution de leur chant d'amour. Nous y voilà... Ma copine, elle m'a dit que tout le monde pense qu'ils sont ensemble, mais qu'en fait ils ne le sont plus ! Ok, flirter, coucher, tout ça, je comprends mais moi je lis pas la même chose qu'elle. Moi quand je les vois, je lis qu'ils s'aiment. Et ils font pas semblant en plus ! Elle, elle me dit que lui joue avec elle et que leur histoire n'a pas duré parce qu'il ne portait pas ses couilles d'oiseau. Elle, elle voulait absolument une histoire comme les autres, une épaule pour se reposer dessus (oui ok, moi aussi, et alors ?). Faut dire qu'elle a pas eu une vie facile ma copine, et c'est vrai qu'elle en a quand même presque pour deux. Oui mais voilà, elle voulait poser ses bagages. Bouger ses ptits pieds, mais et surtout poser les valises. Et elle aurait bien aimé que sa valise bleue fasse du charme à sa valise rose. Alors elle lui reproche, elle veut lui imposer un comportement, attend de lui des réponses, cherche les signes, devine ce qui n'existe pas. Et lui, en plus il ne sait pas bien ce qu'il veut et n'a pas l'air tellement capable de répondre à ce désir cristallisé. Elle avance d'un pas, il recule de deux... Elle s'en va, il revient la chercher. (Ca me rappelle quelque chose ça, ptêt un coeur croisé de play boys rose et noir, ou un oiseau de bon augure... qui sait). Un vrai tango, plein d'émotions fortes. Ma copine, du coup, elle se perd, se mélange les pinceaux et se fait des croche pieds. Elle tombe, se fait des bleus, oui oui de temps en temps quand elle l'a saignant dans l'assiette, elle se relève, pis casse à nouveau. Elle se met en grève, et fuit les boum alors qu'elle aime la lumière et les particules virevoltantes. Tu l'as compris, ma Copine, elle se fait du mal toute seule ! Moi je lui ai dit l'autre jour, qu'elle joue tout simplement contre elle-même. Comme si elle menait une bataille sauvage au dedans de son petit corps. Elle n'a pas dit non. Elle sait que j'ai raison. Mais, ça l'a mise en colère. Assez fort même. J'ai essuyé ses vents violents, sans ciller, parce que j'ai raison, parce que à l'intérieur de moi, à ce moment-là, le silence prenait toute la place, et que le calme et la confiance le berçait tendrement. Je n'arrivais pas à lui faire comprendre ce qui me gênait dans son refus d'accepter cette relation "étrange", "différente", "unique", "hors norme" d'avec son oiseau bleu. Et toute à son écoute que j'étais, j'ai été chercher, loin dans mon coeur, dans mes souvenirs proches, dans mes pensées, dans les mots, les touchers, et toute la volière de mon cerveau, et j'ai repensé à toi, mon Oiseau de Paradis. J'ai repensé à ce que tu étais pour moi, Mon oiseau unique, qui ne rentre dans aucune des cases du diktat de la société, dans aucun dessin de mon propre labyrinthe, omnipotent, omniprésent, solide, liquide, aérien, vivant, mort, femme et homme, sage comme enragé, noir comme lumière, remuant comme réfléchi, terriblement génial et irrésistiblement potache à la fois... un tout, toi, exactement toi. Et comment pourrais-tu rentrer dans ce moule ? Et ça a été une de mes peurs. Que deviendrions-nous, si nous nous contorsionnions pour s'étaler dans ce moule à gaufre ? Et ça me paraissait tellement impossible qu'il m'a fallu m'en faire une raison. T'oublier ou accepter que notre histoire soit unique, magique et le plus grand trésor que j'avais. Mais là encore, il me fallait comprendre pourquoi et surtout où se trouvait notre exception, notre or fin. Pourquoi ne pouvais-je pas me livrer totalement à ma Copine ? Comment lui expliquer, que son histoire aussi est UNE histoire, LA SIENNE, et qu'elle est unique, magique et son trésor. J'ai écouté encore un peu, et j'ai mis des mots sur ses doutes. En même temps, ce n'est pas très difficile, puisque c'est le mal de tous. Le mal absolu a un nom vulgaire et effrayant : LA COMMUNICATION ! Ma copine a un problème de communication avec son ptit oiseau bleu ! Elle qui aime envoyer au pilon les codes, qui se fout des regards et des cancans, se trouve dans le plus grand paradoxe, d'avoir envoyé se faire foutre LEUR CODE, à eux, en créant leurs figures mais en abandonnant son loup de carnaval ! Alors elle se perd, à bout de questions, de larmes, d'incompréhensions, de bouteille à la mer, amère. Je suis triste pour elle, parce que je revois toutes mes dernières années sans avoir jamais trouvé cette chose essentielle, et vitale. La base de la communication, c'est un émetteur, un récepteur, et au milieu, il faut un référent, un message, un code et un canal.* Ca paraît simple comme ça. Mais s'il manque un élément, c'est là qu'on plonge du haut de la tour de Babel. Et j'ai repensé à mon Trésor de conte, et là, la lumière s'est allumée. Non seulement notre histoire se construit avec une véritable et vraie communication, la nôtre, celle qu'on invente chaque jour, et que l'on comprend l'un et l'autre, mais aussi parce qu'elle n'a pas besoin de subir le jugement des autres. Elle EST. Intrinsèquement et sans efforts, elle est, la NOTRE. Peu importe sa forme. De toute façon, elle est difforme, parce non normée ! Et quand j'ai compris ça, exactement, et précisément çà, je n'ai plus eu peur. Plus peur de moi, de toi, de nous et de notre trésor à écrire, à deux voix, et quatre mains gauches. Plus peur aussi, parce que jamais je n'avais vécu une telle chose, une telle évidence, une telle limpidité. J'ai donc expliqué à ma copine qu'elle devait absolument trouver ou rétablir les "éléments" manquants à leur communication, afin d'anéantir les doutes. Pouvoir se projeter vers de nouveaux horizons, quels qu'ils soient. Des horizons délimités à deux, parce qu'une histoire, ce n'est pas seulement projeter ses désirs et fantasmes de vie parfaitement normés, tracés, répertoriés et convenus de la réalité ! Une histoire, c'est surtout, être LIBRE ! Libres de s'exprimer, libre de recevoir, libre de jouer avec les contextes, libre dans le fond et la forme du message, terriblement libre ensemble, parce que le même référentiel, la même langue, libre de passer du canal au bras de mer, de l'océan lettré au lac de sueur. Libres d'être DIFFERENTS. Et si en plus, on saupoudre cette formule magique avec un peu de douceur, de tolérance, de compréhension, de respect, d'envie, de besoin, de remise en question, de couleurs, de tendresse... alors on peut même caresser l'histoire d'Amour dans le sens de sa plume de Cocotte et s'autoriser la patience. On peut même, effrontément se payer le luxe de s'allonger contre le Temps, et de jouer à la roulette russe avec le tic tac de ses aiguilles. Ma copine, elle a pris un uppercut, parce qu'évidemment, ce n'est pas tellement ce qu'elle s'attendait à ce que je lui dise, mais je crois que ça a fait un peu écho chez elle. Elle a rajouté, que l'on peut s'appliquer ce principe essentiel à soi-même... J'ai souri, parce que j'ai su qu'elle avait compris. A l'intérieur comme à l'extérieur, pour comprendre, il faut écouter... Et moi, je reste debout, et j'attends que de l'autre côté de la montagne maintenant, elle m'envoie le signe qu'elle s'est remise en route vers les neiges éternelles. Je met ma main en visière et me tourne vers mon torrent pour lui dire qu'il peut fondre tranquillement, briser les roches, charrier les alluvions et abreuver le troupeau parce que le berger ne dit pas dans quel pâturage, il l'emmène, pour éviter qu'on ne lui disperse. Ses bêtes, c'est toute sa vie. http://www.sculfort.fr/articles/grammaire/approfondissement/communication_files/image-1.jpg Bande annonce Babel http://youtu.be/T7ho5PSXl9Q Le film La boum (ouep punition !) http://youtu.be/p4_ITAg-qHg AU CHOIX Le bal des oiseaux http://youtu.be/QJuxku06cG8 Le petit bal perdu http://youtu.be/tVWl-9vl25Q Mon homme http://youtu.be/BFvYjlgqh4Q Le bal masqué http://youtu.be/j-48Xg2cKyg Tu vas au bal http://youtu.be/uCifav1B6ms Salade de fruits http://youtu.be/-5n3U2yjfDM

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    Où il est question de génération . Six ans déjà, qu'il est mort. Depuis sa disparition les hommages n'ont cessé. Et lorsque je pense à lui, je pense à eux. Ils étaient trois à accompagner en fond sonore mes déambulations dans Paris, en ces années 80/90. ces années qui me menaient vers la trentaine . Alain Bashung, Charlelie Couture, les Rita Mitsouko, deux, au fil du temps, sont restés très présents sur les ondes, puis nous avons vieilli . Pour l'un, sa santé s'est dégradée, Fred Chichin est parti . Alain B a suivi quelques années plus tard. Les enfants ont grandi. Aux trois, j'ai été à leur concert, Bashung, sur scène n'était pas à son meilleur, c'était la période « osez Joséphine » dans ce théâtre à Pigalle qui a brûlé depuis et dont je ne me rappelle plus le nom *. . Les Rita mitsouko Je les ai entendus avec d'autres au moment de leur émergence avec Marcia Baila au Zenith en 1987 ,puis sur scène quelques années plus tard lors d'un de leurs concerts et ils m'ont légèrement agacée, à arranger leurs tubes et les faire durer sans fin . C'était un soir d'hiver au milieu des années 90 sur la même scène que pour Bashung . Quant à Charlelie, c'est lui qui tout de suite m'a vraiment séduite avec " son loup dans la bergerie " fauchée à l'époque, et peu consommatrice de disque je ne voulais que cette chanson mais c'était poème rock ou rien, presque tous les titres étaient bons sur ce disque de 1982, (une réserve pour un avion sans aile) ,. Les disques qui ont suivi ont été tout aussi réussis, je les ai achetés, pourtant j'étais toujours aussi fauchée. les Rita malgré la réussite de leur 1er disque j'ai attendu la compil en cd., mais avant cet achat en 1988 on m'a offert le vinyle « Marc et Robert «. et Bashung, pour Bashung pas de vinyle pourtant il était incontournable dans cette décennie 80/90 il s'est imposé dans mes goûts peu à peu. je me suis entichée de son disque " passé le rio grande "  bien longtemps après sa sortie , nous avions déjà en cassette les disques qui ont suivi ce disque de 1986 . Ces trois là ont été transvasés sur mon mp3. leur musique dans les oreilles ,à leur écoute, j'ai, à nouveau, la presque trentaine, libre et insouciante dans les rues de Paris . Nous avons bien vieilli. * le nom m'est revenue «  la cigale »

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