Fin de partie
Terre et Ciel en avaient-ils fini de leur merveilleuse entente ? Avaient-ils vraiment renoncé à leurs dialogues tendres et subtils ? Pas plus elle que lui nenvisageaient, on aurait dit, de continuer à mettre dans le pot commun. Chacun semblait vouloir récupérer ses billes et ranger ses pinceaux. Elle avait enroulé à son cou fragile une écharpe de deuil, et lui, dordinaire dazur ou de feu, prenait des airs sinistres et des teintes lugubres.
Visiblement ils navaient plus de projets pour eux deux. Ils ne tenaient plus à mêler leurs couleurs. Palette, godets, tubes en désordre, tout était desséché. Le pittoresque atelier sous les toits manquait soudain de luminosité et le petit poêle à bois et même le chat ne ronronnaient plus.
Derrière la vitre, poudrée de larmes, une branche du cerisier tremblait un peu. Un rameau bien frêle que le froid de la nuit ne tarderait pas à recouvrir de gelée. Pour linstant, il se balançait, en grinçant, et souffrait sous les coups du vent mauvais.
Cette fois, ils ne feraient plus route ensemble.
Rien navait annoncé cette mort imminente. Bientôt, plus de second soi-même. Plus jamais ce sourire, ce regard bienveillant.....
A cette seule pensée, soudain, la glace les saisit.
« Jai un peu froid » pleurnicha telle, en resserrant son manteau.
Alors lui, de sa belle main dartiste, écarta les nuages, balaya les champs, et d'un geste fiévreux, redressa le soleil.
Le Vingt et un décembre de l'an deux mille douze
Ce vendredi soir sur la terre
Il y aura bal à la porte du ciel !
et un merci à René Char pour son souffle, dont nous -je manquons terriblement
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