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Sémantique et toc... par The Dreamer

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Il fut un temps, pas si éloigné de nous, où le travail était considéré comme un droit fondamental de l’être humain. Aujourd’hui, au vu de la marche économique mondialisée, de la concurrence acharnée que se livrent les nations et les entreprises et du chômage de masse, ce droit ne peut plus être garanti. Les dirigeants européens l’ont bien compris, qui ont guillotiné sans coup férir avec l’absolution des politiques français, le préambule de la Constitution de 1946 ainsi que l’article 23 alinéas 1 et 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 qui établissaient (bien après la constitution de la 2nde république en 1848) : «Le devoir de travailler… et le droit d’obtenir un emploi» - Préambule Constitution du 27 octobre 1946. «Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage» - Art 23 alinéa 1 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. «Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine…» - Art 23 alinéa 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Articles remplacés eu égard à la difficulté de trouver un emploi à la précarisation galopante des parcours professionnels par : «Toute personne a le droit de travailler et d’exercer une profession librement choisie ou acceptée» - Art 75 alinéa 1 du Traité de Lisbonne. Nous sommes donc passés, discrètement, en à peine 50 ans, d’un droit fondamental et inaliénable au travail, à un droit à travailler. Différenciation sémantique importante, sous entendant, que le travail n’est plus un droit, mais, une possibilité éventuelle, qui ne sera dès lors respectée, qu’en fonction de l’offre et de la demande du marché. Jusqu’à la seconde moitié du 20e siècle, pour chaque individu le travail était un droit fondamental, droit respecté dans la plupart des cas, eu égard au faible taux de chômage dans les pays industrialisés, mais, dès le début des années 80, le chômage devenant massif, le droit s’étiola petit à petit. A présent, que la précarisation de l’emploi devient la norme et qu’elle s’essuie allégrement les talons sur la rémunération équitable et la dignité humaine des individus, il apparaît impossible et dangereux pour les politiques de tous pays et de toutes tendances de défendre un droit au travail. Par conséquent, on le remplace hypocritement et discrètement, par un droit à travailler. On pourrait inscrire dans le marbre cette nouvelle loi : «Vous travaillerez, si vous trouvez un emploi». Voilà en substance, ce que nous ont donné comme loi régissant le travail, les hommes à qui nous confions mandat de représenter nos intérêts et nos droits et ce qu’érige en principe fondamental, l’article 75 alinéa 1 du Traité de Lisbonne.

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