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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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    Attends moi jusqu'à dimanche, je veux te revoir une dernière fois. Je veux prendre ta main avant qu'elle ne soit froide. Laisse moi emporter cette dernière image de ton beau visage que tout ce temps a sculpté mais n'a pas enlaidi. Je veux revoir cette ride du souvenir de ton sourire. Celle au coin de ta bouche, cet amusement discret et tendre qui était ce que préférait. Pour la première fois depuis si longtemps, je n'ai pas pu te souhaiter cette nouvelle année qui arrivait. Les dernières fois que je t'ai téléphoné, je n'ai pas pu t'entendre. La dernière fois que je suis venue à Paris, je n'ai pas pu te voir. Tu n'étais déjà plus vraiment toi. Depuis dimanche dernier, je sais que je ne reverrai pas ton regard. Cette nuit, encore une fois le sommeil a fuit et moi avec... Mais cette fois, je me suis arrêté et j'ai commencé à sortir doucement les plus beaux souvenirs que je garderai de toi et à les ranger précautionneusement. Pour cela il m'a fallu refaire le ménage et me décider à jeter définitivement une grande partie d'autres sans intérêt qui encombrent ma mémoire. Cesser de me disperser, d'empiler inutilement, de camoufler, de confondre...il faut enfin finir ce travail que j'ai commencé depuis un an et je te remercie de m'obliger à l'achever. Le plus grand de tous est partagé en deux, c'est l'amour et le respect que vous avez l'un pour l'autre. J'ai dégagé les tromperies des uns et la soumission des unes. Ce calme et cette gaité qui est toujours présente. J'ai effacé les colères explosives du type enfouies déclenchées par le moindre frottement et les ruisseaux de larmes qui les accompagnaient. Les discussions posées, le regard attentif sur le monde, un rien désabusé mais jamais cynique. J'ai gommé ces querelles sans fins mais qui toujours recommençaient sur des prétextes les plus divers et largement avariés. L'intérêt pour l'art, le théâtre, la littérature et la psychanalyse que j'ai pu partager très tôt. J'ai jeté il y a déjà longtemps l'apparat, les poncifs, le bien-pensant et le mal-faisant, j'ai fait un tri très sélectif et n'ai gardé que quelques notes de musique. J'ai accroché tout cela à des petits riens, à tes pas dans l'escalier que tu descendais encore en courant il y a deux ans, à la gravure du palier d'une édition de tête de "Jamais un coup de dés n'abolira le hasard" de Mallarmé, aux fenêtres courbes de l'appartement de la Folie, aux baies vitrées du boulevard Raspail, à l'alpine Renault de Dieppe, aux poules au pot avec potiron, et à pleins de détails qui roulent comme les bouts de verre polis par les vagues. Ils ont rejoint ceux figés depuis bientôt trente ans, de ton fils qui n'avait que quelque jours de différence avec moi, des tandems au soleil de l'île de Ré, des airs de jazz quand il revenait d'Australie où vous avez vécu tant d'années et qu'il me disait : "I'm very glad to be back home". Nous les filles de tes sœurs, nous ne te l'avons jamais dit mais c'est grâce à toi, c'est grâce à vous deux, que nous n'avons pas recommencé les mêmes erreurs que nos parents, nous n'avons pas toutes aussi bien réussi pour nous mêmes mais nous avons transmis à nos filles cet amour de la vie simple, vrai que tu nous as donné généreusement.

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    Allez zou ! le dernier (pour le moment) ''Il a posé cinquante balles sur la table, et sa queue. C'était pas une petite somme à l'époque, c'est qu'il était généreux, le vieux ! ''. Autour de la table, un silence épais (comme la brume au sommet de l'Arcellin un petit matin de décembre) s'est insinué entre les convives et, avec les chandelles, on aurait cru qu'on veillait un mort, puis quelques rires embarrassés ont fusé, mon mari a piqué du nez dans son saumon fumé et mon andouille de fils a ri aussi, un peu plus jaune que les autres, son visage était blanc comme un linge. J'avais fait mon petit effet dès l'entrée, quelques coupes de champagne et le traitement que j'avais pris avant la soirée m'avaient rendue d'humeur joyeuse. J'étais très fière de moi, je me trouvais vraiment drôle. Je m'apprêtais à raconter la suite de ma petite histoire mais la maîtresse de maison a fait diversion. Comme si la provenance de la dinde farcie qui serait servie plus tard avait le moindre intérêt, pfff ! Mais ils ont tous semblé passionné d'apprendre que le foie gras venait de Sarlat et la bûche aux marrons, de la meilleure pâtisserie de St Jean. Ca devenait d'un ennuyeux, mais d'un ennuyeux ! Alors je me suis abstraite de la tablée, je les ai abandonnés à leurs conversations domestiques, leurs voix ne me parvenaient plus guère que dans un brouhaha et je me suis mise à repenser au vieux, il était gentil le vieux. Il est sénile aujourd'hui, parait-il, mais il faudra bien que je pense à souhaiter une bonne année à sa famille. Je les avais quittés voilà 45 ans et depuis je n'ai jamais oublié de les appeler au jour de l'an.La mère m'avait placée chez eux, j'avais 15 ans. 5 ans plus tard j'étais revenue dans ma vallée pour m'engager à l'hôtel du Commerce. J'étais femme de chambre, serveuse, je faisais le linge, le ménage... bonne à tout faire, quoi ! C'était du boulot mais je n'étais pas une paresseuse et ce que je préférais c'était être derrière le bar. Je trônais comme une reine sur la petite estrade.Les types, une clientèle de VRP et d'ouvriers de l'usine voisine, me charriaient tout le temps et comme je n'avais pas ma langue dans ma poche et un peu d'intelligence, j'avais toujours une répartie amusante. J'aimais leurs boniments, Il y avait ceux qui me tournaient un gentil compliment et les autres qui me pelotaient les fesses. Qu'est ce que j'ai ri ! Quand ils me plaisaient je les suivais dans leur chambre sans faire de manière. Et quand ils quittaient l'hôtel, certains me glissaient la pièce et les moins radins, un petit paquet de billets. Je m'offrais une place de cinéma mon jour de congé (c'était mon évasion, et Danielle Darrieux, Nathalie Wood, mes modèles. Ah ce qu'elles pouvaient me faire rêver ! ), le reste gonflait mon modeste pécule. Un des gars avait voulu me marier, j'approchais la trentaine, j'ai dit oui et je suis partie au hameau d'à côté. C'était plus la même vie, fini le cinéma, plus de compliments, ça rigolait pas souvent à la maison. J'avais un gosse de 6 ans qui me tapait sur les nerfs quand le docteur, un jour, est venu m'annoncer que j'allais me requinquer à Sainte Madeleine, une maison de repos où je serais bien soignée ; les gens disaient que c'était un asile de fous. J'y suis restée longtemps, sa tante s'est occupée de lui. Depuis, quand il venait nous voir (il étudiait à la ville) c'était toujours chez elle qui vivait au rez-de-chaussée, qu'il s'arrêtait en premier. Pourtant moi, je l'attendais à ma fenêtre, le cœur battant quand j'apercevais sa voiture rouge au détour du virage. J'étais impatiente de le serrer dans mes bras. J'aurais voulu, dès son arrivée, qu'il grimpe l'escalier en courant. C'est normal, c'est mon fils, je suis sa mère. Mais mon crétin de fils, c'est toujours elle qu'il embrassait d'abord. Enfin plus aujourd'hui. Parce qu'un jour elle a attrapé une cochonnerie au sein, puis à l'intestin et à la tête pour finir. Un genre de crabe et quand son corps s'est mis à grouiller de crabes, elle est morte. Tant mieux. Mon imbécile de fils, je l'ai pour moi toute seule maintenant. J'ai mal, j'ai froid, je ne comprends pas ce qui se passe, pourquoi est-ce que je pense à tout ça, et le dîner... je m'ennuyais ; des sirènes hurlent, des gens crient, je les entends dire qu'il y a des morts. Je me souviens. Nous rentrions du réveillon. Mon fils conduisait et mon mari était à son côté. Ils ne parlaient pas. Puis mon mari est entré dans une colère noire. Il m'a dit qu'une fois encore je leur avais fait honte, que j'étais juste bonne à raconter des insanités ou faire la gueule. Il hurlait que j'étais une vieille folle, une folle à lier. Que j'allais finir à Ste Madeleine, que je devrais y être depuis longtemps et même que j'aurais dû y rester. J'ai pleuré et mon fils a crié aussi... Je me rappelle que la voiture a glissé, et d'un choc violent.

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    Passion dévorante, Envie envoûtante, Déraison raisonnable Ou folie responsable ? Douce vie, sagement vécue, Bonheur attendu Je me languie. Quelle est cette ordalie ? J'ouvre l’œil, je traque, j'attends, je piste, Pas de panique ! Je suis... je suis lasse. La scène est là Mais personne, ma pomme ! De cette idée folle Je suis seule responsable : Vide colossal. Enterré, passé, Bonheur oublié. Passion coulée, noyée, Sous la vague a sombré. Ils reparaîtront sûrement Accidentellement... Puis... Une envie dévorante Une passion raisonnable Une folie envoûtante Un amour responsable Un bonheur mûri Doucement amené De cette aventure nourri Et joliment posé Au pied de la belle, Tel un présent Légèrement passionnel, Il était temps ! Joyeuse St Valentin à tous et toutes! http://www.youtube.com/watch?v=JBh1CV4YF7o

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    Un enfant. Qui racle ma porte avec ses ongles. Il faut qu’il arrête ça immédiatement, je ne pourrai le supporter. Sait-il que ce qu’il fait est insoutenable ? - Arrêtez ! Vous me faites peur, jeune homme. Vos bruits sont effrayants et ce n’est pas gentil. Vous êtes trop proche. Rentrez chez vous, s’il vous plaît. Je veux bien qu’on agonise là-bas mais ici c’est trop proche. Entendez-vous ? Il n’entend rien. Et ça glapit dessous, ça hurle, ça se tortille. Les poussières leur mangent donc vraiment la peau ? J’ai peur maintenant. C’est insoutenable, je ne pourrai le supporter. Faut-il taper le sol d’un manche de balai pour qu’ils comprennent ? - Arrêtez ! Faites moins de bruit ou descendez plus bas. Vous plaît-il d’effrayer un vieil homme ? Partez plus loin, je ne vous connais pas. Je ne veux pas vous connaître, ni vous entendre. J’ai peur, comprenez-vous ? Vous êtes trop proches. Arrêtez enfin ! Je ne peux pas vous entendre mourir, surtout les enfants, c’est trop près d’ici. Soyez gentils. Peut-être faut-il en terminer d’un coup ? Pour leur bien. Je ne supporte plus leurs cris. - Et vous, jeune homme derrière la porte, arrêtez de gratter, vous abîmez vos ongles. Si encore vous saviez où est le centre, où part l’équilibre. J’entends que vous vous cognez tous, vous n’êtes pas les seuls, ma tête cogne aussi, le sol se dérobe, ce n’est pas agréable pour moi non plus figurez-vous, ça bouge encore, se fend, les lézardes s’élargissent, on y voit à travers, l’immeuble se disloque, je me plaindrai au syndic, à l’architecte, de mauvaises fondations, on nous met en péril. A présent ça veut s’infiltrer tout de même, cette saloperie rentre de toutes parts. La sécurité dans ma cuisine, mes boîtes, mes couvertures, draps, vêtements… se blottir dans un coin…ne plus bouger… se boucher les oreilles… qu’ils s’éloignent, on dirait qu’ils me touchent. - Taisez-vous dessous, taisez-vous, je ne veux pas vous entendre mourir tout haut ! On n’extermine plus comme à Auschwitz. On ne doit plus voir de traces d’ongles sur les murs. C’est défendu, fini, ce temps-là est révolu. Vous me faites pleurer, je me vide et j’ai peur, voyez, je suis un pauvre vieux, je me fais dessus à présent. Appelez l’infirmière, soyez charitables, pourvu que vous cessiez ces gémissements on va réparer ça, vivre ensemble, je ne savais pas, il fallait me prévenir à temps. Prends un calmant, prends en un autre… Tu es ton propre centre en conséquence respire, il ne t’arrivera rien… Respire… Des ongles d’enfants sur un mur à Auschwitz… les miens gravant celui de ma cuisine où s’infiltre la poussière… Respire… Tu es ton propre centre, en conséquence il ne t’arrivera jamais rien… Le crépitement de mille insectes sur les draps qui m’enveloppent… Tu es ton propre centre … Des ongles d’enfants à Dachau… Déjà la morsure de l’acide sur mes cheveux qui fondent… le jus des boîtes pour me frictionner la peau… serrer les dents… tenir… Respire… Des ongles à Treblinka … Tu es ton propre centre... Respire.

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    Un tableau de Magritte. Il y a deux heures des milliers de blocs de terre ont commencé à s’abattre sur la ville. D’abord énormes, puis très gros. Maintenant de la dimension d’une voiture. De belles trajectoires verticales zèbrent un ciel très bleu. L’immeuble n’a pas été touché. Des toitures ont été emportées en face, à droite, à gauche, partout. De mes fenêtres, là-haut, la position est confortable. Aux premiers impacts la mère Duchmoll, du second, est sortie en hurlant, certainement pour rapatrier sa gosse de l’école. Je l’ai suivie du regard zigzaguer une cinquantaine de mètres dans le chaos de l’avenue, et paf ! En voilà une que je n’entendrai plus. Des têtes incrédules tentant de circuler en rasant les murs, des autos en travers, des bus abandonnés, quelques cris vite étouffés, blessés laissés à leur agonie, tous aux abris, l’impression de panique n’a pas duré plus de cinq minutes. Depuis il semble que je sois seul ici, personne ne moufte. En un certain sens quel calme, quel bonheur ! Deux heures de bombardement intensif et les moteurs se sont tus, les sirènes d’ambulance se sont tues, tous les bruits de la ville se sont agenouillés, déférents, devant la lourde charge des barbares. L’ensevelissement est en cours, pelletées après pelletées jetées sur la fosse commune. Les rez-de-chaussée ont disparu, on commence l’inhumation des premiers étages. Plus d’électricité, bientôt plus d’eau c’est à parier, aucune information, aucune communication possible. L’étrange désastre qui va anéantir notre fourmilière a surgi, totalement incompréhensible. Mais au fond personne ne devrait en être étonné : voilà le jour du grand coup de propre qui emporte toute la crasse sottise du monde. Noblesse et grandeur du vaste cimetière sous lequel confisent dans leur jus tous ces décérébrés qui s’agitaient en tous sens, à toute occasion, gesticulant hier encore leur petite vie médiocre. Je les imagine se serrer, bientôt asphyxiés, qui dans les caves, qui dans le métro, qui dans un chez soi ou un bâtiment administratif, condamnés enfin à l’immobilité, à la sagesse, la méditation, du moins faut-il leur souhaiter. Et mes enfants ? Sont-ils écrasés, réduits en bouillie mes chers petits qui passent voir une fois par trimestre le grand appartement - et le vieux aussi, par acquis de conscience – mais surtout le grand appartement dont je n’occupe plus que l’une des pièces, la cuisine ; le grand appartement qui sent la pisse, la pisse du vieux, et dont ils espéraient un jour l’héritage ? Je ne sors plus – je le pourrais encore avec un minimum de volonté, mais je répugne à me mêler à la foule, laquelle répugne à se mêler à moi, finalement on s’entend bien – je me fais livrer des conserves. Des boîtes, des boîtes, des boîtes : je pourrai tenir des mois. Rien n’arrivera ici. (...)

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  • 02/12/13--08:28: L'homme brisé par Lola lola
  • Je remets en ligne deux textes que j'avais écrit sur deux bouquins, Mille Morceaux de James Frey et Lark et Termite de Jayne Anne Phillips, deux livres que je souhaite faire découvrir à des personnes absentes sur le site au moment de la parution de mes commentaires, si ça peut leur donner envie de les lire.... Amicalement votre :) Eden et Lola Il fallait toujours qu'elle commente les manifestations de son corps, fascinée par ses transformations, ses bouleversements, sans cesse étonnée. Aujourd'hui le sang coulait de son ventre dans un flux chaud et moite et elle se croyait rivière, alimentée par une source secrète, concentrée sur le parcours du ricochet des cailloux contre ses ovaires jusqu'à l'écoulement final au parfum de végétaux stagnants dans l'eau glacée. Consciencieusement au fil des années, Lola avait recensé, répertorié et assimilé aux éléments naturels chaque plaisir, chaque tension, chaque satisfaction, chaque douleur. Un jour Eden s'était levée brusquement en criant " j'ai des fourmis dans les jambes" et Lola avait vu et perçu dans son propre corps une armée de fourmis noires conquérantes et besogneuses lui grignoter les orteils. Elle les avait senties le long de ses veines, longer ses nerfs à fleur de peau pour finir par lui paralyser la jambe. La moindre manifestation, un léger bruissement, l'onde la plus infime qui résonnaient dans son corps donnaient lieu à une interprétation d'images ou d'odeurs. Lola n'avait jamais été triste d'être muette, elle s'était inventée un monde de sons singuliers qui ne se découplait jamais du reste de ses autres sens. Un soir qu'elle revenait de son école spécialisée où la maîtresse avait tenté dans un premier temps, de lui inculquer le principe de la division au moyen de sa voix mielleuse ( au début elle n'avait pas compris pourquoi ce terme était péjoratif mais en se concentrant sur le miel qui recouvrait ses cordes vocales, elle avait établi un parallèle avec la voix sirupeuse et le sucre qui avait fini par lui râper et lui brûler le fond de la gorge) pour finir dans un deuxième temps par descendre dans les graves et lui hurler dessus qu'elle était « bonne à rien », elle s'était félicitée de ne pouvoir sortir aucun son. Parfois elle imaginait que sa voix était bleue et sentait le thym, parfois elle la coloriait de teintes plus vives et d'odeurs plus musquées, jamais elle se ne lassait de la faire vivre dans une palette de nuances et de parfums étendus. Eden parfois lui laissait utiliser ses pastels et sa voix imaginée se traduisait par une débauche de couleurs que même l'arc- en- ciel aurait semblé pâle à côté. Un jour elle savait qui lui faudrait quitter Eden et la maison au bord de l'eau mais elle emporterait partout emmagasinée dans sa mémoire et gravée dans son corps, la trace sensitive de ses souvenirs. Texte inspiré par le livre Lark et Termite de Jayne Anne Phillips mais ce n'est pas un résumé, j'ai confondu, mélangé intentionnellement les histoires, celles du livre et celles que le livre a provoquées. L’homme brisé J'ai 50 ans, hier soir j'ai réussi à bander sans avoir bu. La première fois que j'ai avalé une gorgée de vin c'était au Centre, maintenant ils disent Institution, entre gosses on disait Centre, c’est vrai normalement nous aurions du être au centre des préoccupations, des attentions, des considérations et pourtant la plupart du temps nous étions des laissés pour compte, zéro + zéro = zéro. Je m'en souviens encore, Nico avait piqué une bouteille au réfectoire à la table des éducs et l'avait ramenée dans le dortoir, calée entre ses cuisses, une couverture recouvrait le tout : ses jambes maigres, la bouteille et presque les roues du fauteuil, il a bien failli se prendre la couvrante dans les rayons ce con là, il s'en foutait un peu Nico de se prendre des gamelles c’était un dur à cuire. Quelques mois auparavant je fumais ma première cigarette, oh ! la douce brûlure de la clope, le tabac et l’alcool allaient devenir mes tuteurs, ma famille d’accueil, mon père et ma mère. j’ai su lorsque le liquide un peu épais a tapissé le fond de ma gorge puis les parois de mon estomac que rien d’autre ne me procurerait cette chaleur, ah ! la bouffée de rouge aux joues du vin ! J’ai 50 ans, hier soir j’ai réussi à baiser sans avoir bu. Quelques années plus tard j’ai découvert l’euphorie procurée par le shit, et comme rien d’autre ne m’intéressait que de me réchauffer et rire, je n’ai plus cessé ni de boire ni de fumer. Je suis né à l’hôpital comme la majorité des individus mais je n’en suis jamais sorti, je suis tombé malade par négligence médicale, j’ai été ballotté de mains en mains, langé, nourri, manipulé sans tendresse, scruté, harnaché, sanglé, attaché, plâtré, corseté, découpé, mon corps ne m’a jamais procuré que douleurs et contraintes, il ne m’a jamais vraiment appartenu, je ne me regarde pas, j’évite les miroirs. L’ivresse m’a donné un corps, l’ivresse m’a fait sentir et connaître le plaisir, la bouteille comme unique assurance d’une compagne fidèle. J’ai tout enduré, le froid, la faim, les privations de liberté, le manque d’amour, la solitude épaisse et gluante, le rejet, la honte, le deuil, les sévices, les humiliations, les viols, la crasse, je n’aurais jamais pu supporter sans l’alcool et mes minables copains d'infortune et de boisson. J’étais un enfant terrifié, j’ai endormi la terreur et l’horreur a pris sa place. L’horreur du manque, du comportement des hommes et de la solitude glaciale, encore. Mais j’ai 50 ans et hier soir j’ai réussi à faire l’amour sans avoir bu. * Très librement inspiré par le livre de James Frey, Mille Morceaux.

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    En sortant du cinéma, je fus saisie par le brouhaha qui régnait autour de moi. Mon esprit bouillonnait encore de ce film si troublant, Soleil vert, à l’affiche depuis quelques jours, qui commençait comme un polar et finissait avec la révélation d’un terrible secret qui signifiait la déchéance de l’humanité. L’aérogare sud bruissait de multiples sons assourdis - les pas des voyageurs qui se hâtaient, les bavardages des visiteurs flânant d’une boutique à l’autre, le ballet des garçons de bar dans un cliquetis de verres - ponctués du jingle (à chaque fois je sursautais, je ne pouvais me défaire d'une légère nervosité), qui précédait les voix suaves des hôtesses annonçant les départs. Je me hâtais vers le terminal ouest ; il était temps. Je scrutais chaque visage quand je l’aperçus. C’était un joli garçon, d’une discrète élégance mais ce qui me frappa c’était son regard doux, si doux (Longtemps après je le chercherai dans les yeux des hommes… ). Il fallait que je l’aborde. ‘’S’il vous plait, pouvez-vous me dire où arrive le vol Londres Paris ? Je viens accueillir une personne et je crois m’être égarée’’ La glace était rompue. Il me raconta qu’il partait à Rio après avoir séjourné 4 semaines sur la Côte d’Azur, qu’il resterait là-bas quelques jours, chez des amis, avant de regagner Sao Paulo où il vivait depuis 3 ans. C’était jour de chance pour moi, je rencontrais l’homme qu’il me fallait… à tout prix. Il avait du temps et me proposa de boire un verre.. Moi aussi, et c'est avec plaisir que j'acceptai, j'en oubliai mon amie ! J’étais une femme très séduisante et ne doutais pas de mon pouvoir. Dans ce bar, je le savais subjugué. je plongeais mes yeux dans les siens et il rougissait en me parlant, à chacun de nos mouvements nos mains se frôlaient. Je n’étais pas insensible à son charme, non plus. L’air était chargé d’électricité, d’ondes magnétiques qui nous isolaient du monde (comme on le lit dans les bluettes). Cette rencontre était magnifique et dramatique à la fois, se trouver pour se perdre aussitôt… Le temps passait vite en sa compagnie et je le suppliais d’ajourner son départ jusqu’au lendemain, même heure. 24 heures, je lui demandais exactement 24 heures, qu’il m’accorda sans beaucoup réfléchir. Nous avions alors un temps infini pour nous connaître et nous aimer. Un hôtel sans charme accueillit notre désir. Nuit magique ! Nos corps se sont cherchés, trouvés , nos esprits étaient à l’unisson, nous nous sommes racontés, je sus tout de lui, il sut tout de moi. Apaisés, nous sombrions dans un sommeil léger et il suffisait de nous frôler pour reprendre notre joute corporelle. Notre temps, hélas, était trop court. Il allait falloir nous quitter. Promesse fut faite de nous revoir, nous nous aimions déjà. Alors je lui offris une montre, assez grosse, au bout d’une chaîne, en or. Un cadeau précieux qu’il voulut refuser mais je l’assurais qu’il ne s’agissait pas d’un don, juste d'un prêt gage de nos retrouvailles, et qu’elle rythmerait son temps passé loin de moi, l'obligeant à ne pas m'oublier. Tic tac tic tac tic tac tic tac … J’étais depuis longtemps chez moi, sereine, plongée dans un thriller, ma mission accomplie. Flash spécial : Un boeing 707 de la Compagnie brésilienne Varig assurant la liaison Paris-Rio s’est abîmé en mer après une forte explosion. On ne peut exclure l’hypothèse d’un attentat. Je me disais que j'allais peut-être enfin savoir quelle obscure personnalité devait absolument être éliminée ce jour là. Depuis, je repense souvent avec nostalgie à ce charmant garçon qui s’appelait Michel je crois. Il aurait pu être l’homme de ma vie.

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  • 02/11/13--12:02: Dormir.. par Tourdyvoir
  • Dormir...m'éloigner de vous.. lâcher vos bras de pensées... reprendre des forces pour vous aimer demain encore de toute mon âme. Être dans vos bras.....peau contre peau.. Toute intimité en nous...sentir votre sang.. votre cœur à mon cœur donné... Le chaud de la vie qui traverse nos corps et se donne comme l'eau coule dans le lit de la rivière... Vous êtes mon Amont...je vous sens glisser en moi, toute tendresse en cour paisible...tout bonheur de n'être qu'un dans le flot du désir... Je vous veux pour vie.. Je vous aime..

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    Être amoureuse j'en avais soupé, trop envahissant, trop prenant, trop....tout, au point de ne plus laisser de place pour tout le reste. Après vous me direz, c'est ma faute, c'est moi qui gère mal l'ensemble. Ah ça c'est certain, sur ce coup-là, je ne peux dire le contraire. La gestion, l'ordre, la mesure...toussa, toussa...ce n'est pas vraiment moi. Quand j'aime, c'est de tout mon corps, de toute ma tête et de tout mon cœur...alors du coup ça entraîne un sacré bazar dans ma vie. Je suis sur mon nuage, je vole, je vole, de plus en plus haut, et vient le moment où vlan... je tombe et atterris comme un albatros ! Voilà ce que c'est de vouloir tutoyer le ciel. Ne plus vouloir être amoureuse, mais tu rêves là, on ne choisit pas, l'amour vous tombe dessus, me direz-vous...foutaises que tout cela. Il ne vous tombe dessus que si vous êtes en-dessous. Je m'explique : Je rencontre un homme qui me plaît, à qui je plais et puis un petit quekchose en plus commence à se ressentir (enfin quand je dis un petit, c'est tout à fait relatif !) et bien c'est là qu'il est temps pour moi de me décaler d'un pas et de détaler ...voila, le tour est joué, l'amour tombe à côté ! Je vous assure ça marche...les ¾ du temps. Je vis ainsi mes rencontres amoureuses depuis plusieurs années maintenant. J'ai eu la chance de rencontrer des hommes avec qui j'ai partagé une complicité et des moments de plaisir très intenses. Faire l'amour, permet de s'octroyer des parenthèses, les seules en ce qui me concerne, de lâcher prise total, mon seul guide à ce moment-là est l'écoute du désir et la recherche du plaisir....et dieu que c'est bon. Une des conditions à laquelle je ne déroge pas est de ne pas dormir ensemble, ne pas passer de nuit avec ces hommes de passage....Faire l'amour avec un homme est une chose, s'abandonner au sommeil et se réveiller entre ses bras en est une autre. Quand le sentiment amoureux ne vient pas encombrer l'ensemble, tout se passe au mieux. Je repense à tout cela aujourd'hui en attendant cet homme que j'ai rencontré, comme les autres, par le biais de ma petite annonce. Aujourd'hui, nous ne ferons que boire un verre et je veux lui dire que c'est terminé. Cet homme qui ne devait être lui aussi que source de désir et de plaisir, commence à prendre trop de place et à m'encombrer l'esprit, le cœur et la tête. Chaque semaine, j'attends avec de plus en plus d'impatience nos rencontres. Non seulement mon corps, mais mon cœur commence lui aussi à se mettre de la partie. Mais pourquoi ne suis-je pas un poisson-zèbre avec un cœur qui peut se régénérer... si le cœur est en morceaux allez zou, un petit coup de régénération et c'est reparti ! Il ne sait rien de ma vie tout comme je n'ai pas voulu qu'il me parle de la sienne, ni de son passé, c'était d'ailleurs le deal de départ et il l'avait accepté. Lorsqu'on se voyait, à part faire l'amour, on parlait de tout, rarement de rien, mais surtout pas de nous. En tout cas, je n'ai pas souvent rencontré un homme autant à l'écoute du désir et du plaisir de sa partenaire. Mais là, je ne peux plus continuer au risque de tomber....tomber en amour, y a plus grave me direz-vous...certes.....mais pour moi cela équivaudrait à ne plus avoir la maîtrise d'une partie de ma vie, en étant envahi par l'amour. Et puis, je n'ai aucune envie de rejouer l'atterrissage de l'albatros, ce qui ne manquerait sans doute pas d'arriver sous peu. Il arrive... Voilà, j'ai été lâche jusqu'au bout des ongles, à vomir mais bon. Je lui ai dit qu'on ne pourrait pas se voir la semaine prochaine, que je serai en déplacement professionnel et lui ai laissé un numéro de téléphone pour qu'il puisse me joindre. Il a souri. Jusqu'à maintenant, je n'avais pas même voulu qu'on s'échange nos numéros. Je n'ai pas pris le sien, j'ai dit que je préférais que ce soit lui qui appelle. Le numéro que je lui est noté, ce sont des chiffres pris au hasard, en tout cas ce n'est pas le mien. Mais l'histoire ne s'arrête pas là, elle serait trop convenue ... A SUIVRE

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    Je pense à john lennon lorsqu'il a dit:quand j'avais 5 ans ma mère me disait que le bonheur était la clé de la vie.A l'école ,ils m'ont demandé ce que je voulais être quand je serai grand,j'ai répondu:HEUREUX ils m'ont dit que je n'avais pas compris la question.j'ai répondu qu'ils ne comprenaient pas la vie.Et je me prends à réver.à rêver d'un monde ou il est possible d’être heureux,au lieu de vies faites d'une succession d’éphémères jubilations et d'une enfilade d'interminables épreuves. je me prends à rêver d'un monde ou les gens s'aiment,les voisins s'entraident,les citoyens se soutiennent. un monde ou il n’y a ni pauvre ni riche,juste des gens qui vivent bien. un monde ou les coeurs ignorent l’égoïsme,l'orgueil et l'envie.ou les âmes sont trempées dans l'altruisme.l'humilité et l’empathie. un monde ou la religion n'est plus facteur de division entre les hommes,mais un puissant aimant d'attraction entre les âmes. un monde ou jamais un homme n'agresse un autre,pas plus qu'il ne violente sa femme,ses enfants,ses prochains.un monde ou les lieux de travail ne sont pas des coupe-gorge,des endroits de maltraitance mentale,mais des espaces de fraternité et d'entraide. un monde ou un enfant n'erre seul dans les rues,aucun adulte ne tend la main pour survivre,nulle femme n'échange son corps pour sa pitance quotidienne. un monde ou les théâtres de guerre ont cédé la place à des Elysées éternels.ou les milliards du complexe militaro-industiel,destinés à flatter l'ego des nations,servir leurs politiques impérialistes et enrichir les lobbies d'affaires,au prix de millions de vies sacrifiées,que ces millions financent une autre guerre,celle menée contre la pauvreté,pour l'amélioration des vies de milliards de démunis. je me prends à rêver du monde de THOMAS jefferson quand,en 1776,il avait inscrit dans la déclaration d'indépendance des ETATS UNIS:((tous les hommes naissent égaux,le créateur les a dotés de certains droits inaliénables,parmi lesquels figurent la vie,la liberté et la recherche du bonheur). je me prends à rêver d'un monde ou les individus valent ce que valent leurs contributions au bien-être de leurs communautés et non discriminés en raison de la couleur de leur peau,leur origine,leur religion,leur sexe leur position sociale. je rêve d'un monde ou règne:PEACE AND LOVE.

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    Assis tout au bord du canapé, très inconfortablement installé .Tu es énervé Prêt...Je te sens prêt à te lever et à partir au premier mot que je vais mal prononcer Nous nous affrontons du regard ... Le mien est tendre et amusé, le tien est aigu et glaçè Et je ne peux pas te réconforter Face à toi,dans le rocking chair en osier...Je me balance Cela t'agaces que je me balance ainsi, je le vois bien, aux mouvements incessants que tu fais . Tu ne tiens pas en place Et je ne peux pas te calmer Tu me dis arrête de me regarder ainsi! cela m'exaspère! Et puis sache que je ne suis pas ton lot de consolation! Et je ne peux pas te rassurer J'ai un peu bu ce soir mes pensées ne sont plus claires Je ne comprends pas tout et comme une idiote je me mets à rire Tu as toi l'esprit bien affûté ,et tu poses trop de questions Et je ne peux pas dissimuler Es tu sure que cela soit fini entre vous ? Es tu sure de ne plus l'aimer ? L'as tu oublié? Et je ne peux pas te l'assurer Je ne réponds pas, pas envie de me disputer... Je souris …bêtement Tu es furieux contre moi maintenant , tu me détestes Tu te lèves et me tire brusquement par le bras Nous nous faisons face je sens le souffle de ta colère sur mon visage Tu répètes ... Arrête de me regarder comme cela! J'aimerais endiguer ton courroux, l'apaiser et je ne peux pas te rasséréner Alors j'en rajoute en plaisantant maladroitement Comme cela? Comme quoi? Comme qui? Tu es agréable à regarder ,pourquoi m'en priver ! J'aimerais être désarmante...te désarmer Je te fais de la peine Et je ne peux pas te consoler Je me lève, te caresse les cheveux et mets ce disque de Sinatra Cette chanson de Cole Porter … It's the wrong time and the wrong place Though your face is charming, it's the wrong face It's not his face, but such a charming face And it's alright with me It's the wrong song with the wrong style Though your smile is lovely, it's the wrong smile It's not his smile, but such a lovely smile That it's alright with me You can't know how happy I am we met I'm strangely attracted to you There's someone I'm trying so hard to forget Don't you wanna forget someone too It's the wrong game with the wrong chips Though your lips are tempting, they're the wrong lips They're not his lips, but they're such tempting lips That it's all right with me It's the wrong time and the wrong place Though your face is charming, it's the wrong face It's not his face, but such a charming face And it's alright with me It's the wrong song with the wrong style Though your smile is lovely, it's the wrong smile It's not his smile, but a lovely smile And it's alright with me You can not know how happy I am we met I'm strangely attracted to you There's someone I'm trying so hard to forget Don't you wanna forget someone too It's the wrong game and the wrong chips Though your lips are tempting, it's the wrong lips They're not his lips, but they're such tempting lips And it's all right with me And it's all right, it's all right It's all right with me It's all right with me

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  • 02/16/13--09:39: Haïkaï par Persone_sz
  • _________________________________________ HaïKaÏ ( douze Haïku ) Ce matin est blanc comme l'or Et la rivière dans son lit dort Une chambre y voir dans ses yeux gris souris un lit renversé Sa présence vole d'un souffle sur le hamac au zénith exactement La terre est-elle bien ronde que ce soir dansent les ombres du monde Une étoile une étoile sur le rosier une étoile dans l'encrier Au jardin des délices dans les allées où glisse l'anis Je n'ai pas peur du chemin des mots bleus gardées au fond de l'âme Ce n'est pas qu'une aventure avec mesure la raison reste au futur... Sur ces marches à chaque printemps je m'assiérai va-t-elle revenir... J'ai demandé à la lune fantasque elle m'a encore menti De l'origine à l'issue nous marchons seul même si nous composons Est-ce que les dieux auront comme nous besoin d'être immortels... http://www.youtube.com/watch?v=VyS71gZbAQI http://www.youtube.com/watch?v=IrQh2cf1rc8 M .

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    Chaque jour tu arrives là à 10 heures précise, il est fort probable que tu attendes patiemment en bas l'horaire permis des visites. Tout le service te connait et admire ton dévouement, il faut dire que tu n'oublies jamais d'avoir une attention pour chacun, un mot de gentillesse, quelques fruits de jardin... Tu rentres dans la chambre avec un bouquet de fleurs à la main et ton grand sourire de femme heureuse de me retrouver. Tu t'approches pour me dire bonjour même si tu ne peux que frôler mon front. Et je vois les pétales voler à travers toute la pièce. Avec un ton bienveillant, tu me demandes si j'ai bien dormi. Tu t'excuses de filer aux toilettes pour vider l'eau du vase et jeter les fleurs de la veille. Tu n'attends pas pour entamer tout un échange de questions réponses en monologue. Très vite de retour, tu disposes tes fleurs avec soin dans le vase. Immobilisé et sans voix, je ne peux pas te dire que toutes tes fleurs me donnent la nausée. Tu commentes le bilan quotidien de mon état de santé. Et puis tu entames à voix haute la lecture du journal. J'ai tout autant droit aux problèmes internationaux, économiques, philosophiques que la rubrique des chiens écrasés. Après tu me proposeras de t'aider à faire un mot croisé ou tu me feras part des derniers commérages. Tu t'épanouis pleinement dans cet échange particulier mais tu me regardes peu. Tu prends toute ton aise, t'en jouirais presque de ton rôle de sainte Madone des familles que tu m'imposes. Tu n'irais pas jusqu'à bénir cet accident qui m'a rendu pantin à ta disposition, mais quand même. Tes prières pour que je te revienne ont peut être eu une incidence. Tu m'as à disposition tout entier sans plus de cris et de scènes. Il ne me reste que mon regard noir sur lequel tu évites de t'attarder car il darde sur toi sa colère concentrée. T'es là à me regarder furtivement avec cet air familier d'épagneul breton et je voudrais t'étrangler. Chaque jour ta gentillesse m'oppresse, avec ta sollicitude imposée, ta présence obstrueuse. Ton vase, je voudrais te l'arracher des mains et le faire valser en mille éclat à travers la pièce. Que ton visage se décompose et se transforme en rictus. Tu revis et moi j'en peux plus de devoir te supporter encore. Tu as tout cadenassé, recomposant le tableau familial en gommant la silhouette dérangeante qui te faisait de l'ombre. Même nos enfants ne peuvent me voir seul à seul. Les visites me sont filtrées, tu ne voudrais pas que je me fatigue. Tout juste tolères-tu quelques vieilles douairières tout heureuses de me vanter ta clémence et ton si grand pardon. Ta bonté d'âme me vrille les sens mais tu n'en as cure. Tu as choisi l'amnésie avec dedans la valise aussi que j'avais emporté. Je ne suis jamais arrivé, la voiture a fait un tête à queue, mais le demi tour n'a jamais été prévu. Dès que tu as été prévenue, tu t'es imaginée que c'était une chance pour notre couple. Et tu t'épanouis pleinement dans le rôle de la femme qui se dévoue sans compter pour son tendre époux. C'est chair payée la compassion écrasante avec laquelle tu m'asphyxies. Je voudrais crever pour ne plus voir ta gueule ... Mais tu serais encore là aux premières loges pour pleurer mon départ en femme éplorée, recevant les condoléances. C'est dans la haine que tu m'inspires que je puise la force de me battre pour un jour me relever. Et échapper enfin à la violence de ta douceur. Comme dirait Lola, inspiré très, très librement du début du livre "Apprendre à finir" de Laurent Mauvignier que je recommande. "Mais maintenant qu'il était revenu je me disais qu'il reviendrait de sa colère. Qu'il réapprendrait à me voir, je me disais qu'il s'adoucirait, lentement, doucement, au rythme de ses progrès, je me disais tout ça parce que moi je n'avais plus peur, je ne craignais plus son regard de pierre sur mes yeux baisés et sur la salive que je renvoyais d'un coup au fond de la gorge. Je me disais : nous allons réapprendre. Nous allons refaire les gestes de ceux qui apprennent, de ceux qui commencent. Nous allons faire ça, nous, à rebours, retourner vers le début..."

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    ...des renoncements, des ouvertures imprévues..." … plaisant, oui, bien sûr. Mais je préfèrerais, (rien de tel qu'un fantasme bien agencé pour me donner envie d'en déranger les rouages), je préfèrerais que ce soit lui, qui te branle. Il ne serait d'ailleurs ni forcément très beau, ni très jeune, ni très lascif, juste très attentif à ton plaisir. Et toi, impavide (autant que faire se peut), chauffant ton verre dans ta paume, tu ne lâcherais rien : discussion serrée, arguments et contre arguments, questions précises, réponses vagues, ou l'inverse, digressions, ruses du discours, légèreté et ironie — on fera feu de tout bois. Toi, oscillant entre trois excitations contraires: ses attouchements, nos mots, mon regard. Contraires, ou, soudain, convergentes.

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    La bouche m’avale tout rond et me recrachera 3 stations plus tard. Ce matin, j’ai pu m’assoir. C’est rare. L’angle de vue en est changé, tout au fond du wagon mes yeux en plongée balayent le sol. Place Guichard ! Le calme règne au ras du plancher. A l’observer avec attention, une nuée, drôle de mot en ce lieu confiné, de pieds qui semblaient d’abord très immobiles s’anime. Il y a là bien campés, deux pieds arrimés qui ne bougeront pas un cil à l’ébranlement de la rame, j’en mettrais mon pied à couper puis un autre, aisé, botté d’un cuir de qualité, qui à n’en pas douter s’offre les services d’un bon chausseur. Et celui-là qui fait sa coquette sale, sa botte sophistiquée, toute strassée n’a pas vu le cirage depuis belle lurette, j’ai envie de le gronder. Et celui-ci qui s’impatiente, un mouvement saccadé l’agite, pour un peu on aimerait le calmer. Ces pieds d’hiver, biens couverts, dénués de sensualité, sont un peu tristes, résignés peut-être. Sauf celui qui s’est caché derrière un autre insignifiant. Il est menu, se moque des frimas, déshabillé d’un escarpin mordoré au décolleté plongeant qui lui découvre la naissance des orteils. A son côté, un pied musicien bat la cadence, adagio man non troppo. Je fredonne, quand élargissant le champ j’aperçois deux baskets blanches, ponctuées de touches rouges et noires, viriles indéniablement. Ce serait peu remarquable si ne leur faisaient face, deux pas plus loin, presque les mêmes, féminines et toutes noires avec une pointe de blanc et de rouge. Ying Yang. Est-ce une coquetterie du hasard ? je me plais à penser qu’elles chaussent des pieds amoureux dont on dirait, tout attendri, qu’ils ont trouvé chaussure à leurs pieds. Je cadre serré. Elles sont l’objet central de ma photo sur toile de fond en camaïeu de noirs, bruns et gris et insolentes, explosent d’une belle vitalité. Saxe Gambetta ! Elles sortent du champ. L’arrière-plan fugitivement flouté réacquière sa terne réalité, la photo était mouvante et éphémère. Jean Macé ! A mes pieds de jouer, qu’ils me guident sans y penser à ma destination.

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  • 02/14/13--05:48: Gné ? par Novaplanet
  • Les pluies diluviennes finirent par se fatiguer, les nuages s’en allèrent comme des effiloches de queues de pie par dessus des frocs essorés et nul ne vit les nuées s’enfuir dans la nuit. Au matin, le linge du ciel dégorgea en rosée et Être sortit de terre. La tête droite et la peau encore humide et fraîche. Sans bras, sans jambe, comme un torse vainqueur qui ne demanderait qu’à respirer. Très vite, Être apprit à se mouvoir, rouler, contourner, regarder, observer, contempler, se laisser entraîner, là par une eau claire en filet qu’il sembla vouloir tisser. Ici par un torrent d’idées dans lequel il feignit de se noyer simplement pour rire ou pour pleurer ou même pour rien, mais dont il finit toujours par émerger comme un bouchon de liège dans la tempête. Être se laissa porter par l’environnement, tout contenu dans la jouissance de ses sentiments, il apprit à les maîtriser, les canaliser, les trier, les contrôler pour parfois laisser tout filer, il appela cela: mon « laisser-aller » et dans sa bouche, ce mot tout droit sorti de « la la land », prit des allures de mystères, seule une érudition particulière permettrait de le comprendre dans son infini luminosité. Être était heureux, pourtant, il se sentit une incomplétude qui le gratta et devint une sorte de douleur sporadique qui l’envahit comme une colonie de champignons pousse après la pluie avant de pourrir sur pied. Jusqu’au jour où, après avoir dévalé une prairie suffisamment inclinée pour qu’il puisse se griser de vitesse, il tomba nez à nez avec un drôle d’être : tout carré, des chiffres voletant tout autour de sa tête comme une armée de mouches mues par une activité calculée; ses membre étaient forts, musculeux et robustes. Être ne put qu’admirer ce corps sculpté de tant de beauté. Pétri de contemplation, il fermenta d’idées et d’interrogations à son sujet. Jamais il n’avait rencontré si belle personne, si différente de son petit être. « Je m’appelle Faire, et toi, quel est ton nom ? - Je réponds à celui d’Être. Faire hocha la tête et un instant les mouches de chiffres s’interrompirent comme scellées dans l’air. Puis Faire reprit son ouvrage et les mouches avec. Il creusait la terre pour faire une route qui permettrait de monter jusqu’en haut de la montagne. - Et que fais-tu dans la vie Être ? demanda-t-il en soulevant une pelle lourde de cailloux pour les rejeter sur un tas de pierres. - Je suis… Je ne sais rien faire d’autre. - À quoi bon être si c’est pour ne rien faire ? Faire ne décocha pas un seul sourire. Son visage était aussi aride et blême qu’une figue sèche saupoudrée de farine. Harassés de fatigue, ses yeux semblaient définitivement éteints. Sans interrompre son travail, il invectiva Être d’une voix contrainte à l’effort. - Comment vas-tu faire pour remonter la pente que tu viens de dévaler ? - Pourquoi y retournerais-je puisque j’en viens ? - Parce que je m’échine à construire une route pour que des gens comme toi puissent retourner d’où ils viennent triple idiot ! - À quoi bon construire une route qui remonte en arrière ? Je vais de l’avant, toujours. - Parce qu’il faut bien faire quelque chose de sa vie, parce qu’il faut réussir, avoir des objectifs, s’acharner à la tâche jusqu’à ce que mort s’en suive. - Qu’est-ce que réussir sa vie si on ne peut en jouir ? Faire regarda Être comme s’il parlait javanais. - Jouir ? Quel est ce mot ? Moi je fais pour remplir ma vie, est-ce que « jouir » remplit une fonction ? - Jouir est un mot qui m’est aussi indispensable que l’air pour respirer, exactement comme tu as besoin du mot faire pour exister. Faire ne comprit rien à ce charabia existentiel. Mais il fut intrigué et les mouches se mirent dans un coin de tête pour tricoter. Il laissa tomber la cognée et vint s’asseoir à côté d’Être qui contemplait la vallée. De ce jour, ils ne se quittèrent plus. Oh, bien-sûr, ils se chamaillèrent tant et tant qu’ils vécurent bien des ruptures, mais comme aimantés, ils finirent toujours par se réconcilier. De leur union naquirent Maison, Chagrin, Bonheur, Camion, Fabrique, Tolérance, Livre et surtout Dictionnaire à qui revint la charge de trouver un nom à chaque nouveau-né.

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  • 02/16/13--03:37: Aucun horizon par Kaifi
  • j'avais écrit ce texte hier soir puis effacé puis je le remets, un peu modifié .... en hommage , Germaine elle arrive, là les yeux brisés , subexcitée l'histoire de sa vie sur les épaules un sourire radieux sur les lèvres, feint (ne pas exprimer l'intérieur de l'être dans ce brouhaba, elle n'en s'est rien ) Rires immotivés, masque figé l'espace vital morcelé depuis des années Germaine étiquettée schizophrène respire l'angoisse, apeurée Cette angoisse qui déchire, vide, désespère compagne aride de la danse mène souvent à l'acte fatal à la sortie du bal des étres désemparés dans ce décor brisé leurs corps ..... Sa décompensation psychotique n'est pas de taille aujourd'hui, Germaine est plus sereine l'expression de sa détresse s'est focalisée là, au niveau du sein qu'elle grignote " cette chose est mon amie comme Germaine dit " Jour après jour, elle oeuvre, Germaine l'espère Elle aimerait qu'elle fasse des petits des métastases , ce serait plus vite fini ..... Elle est venue, ici, cette fois pour mourrir la clinique psy a des allures de statut de liberté dans sa tête, Germaine est apaisée Elle reste blottie dans son lit position foetale le plus souvent elle attend ! Son sourire figé, ses yeux larmoyants elle est Belle Germaine .... Le poids des années , en errance à lutter pour chercher un centre introuvable à subir le regard des gens bien portants qui ne supportent pas la différence Ce poids devient léger, acceptable Elle ne veut plus se soigner .. Germaine, je comprends ton choix Tu es vraiment très Belle je ne t'oublierai pas

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    Ah ? ce n’est pas ta fête ? Bah tant pis… moi je l’ai décidé ainsi et tu le mérites bien ! Alors voilà, j’ai un cadeau à te faire… Depuis ce jour où je t’ai vu à contre jour dans cette rue… je t’ai cherché. Nous nous connaissions déjà un peu, et j’aimais la douceur de ta voix, l’éclat de ton sourire, et ce charme naturel dont tu ne semblais pas vouloir jouer. Je suis allée à ta rencontre pour donner du sens à l’attirance qui était la mienne. Quelques mois se sont écoulés au cours desquels nous échangions de temps en temps autour d’un repas, d’une conversation téléphonique, d’un échange de textos. Un soir j’ai osé t’écrire ce que je ressentais… et tu m’as répondu à quel point tu avais été touché, combien mes mots t’avaient fait plaisir, mais… (mais..c'est le mot qui tue..) tu m’as avoué une relation depuis une quinzaine d’années, relation qui s’étiolait et à laquelle vous veniez de donner un nouveau souffle. Nous n’avons pas pour autant arrêté nos échanges… jusqu’au jour où tu es venu chez moi un après midi pour m’ouvrir tes bras. Et cela fait plus d’un an maintenant que j’ai enfilé le costume de maîtresse. Je m’étais pourtant bien juré de ne plus jamais entrer dans ce rôle pour lequel je n’ai aucune compétence. Tu ne te sens pas vraiment bien non plus dans ce costume d’homme qui trompe, et tu culpabilises de ne pas être en mesure d’être acteur de ta propre vie, de prendre tes responsabilités pour retrouver un équilibre quel qu’il soit. Tu es empêtré avec la hantise de faire du mal… Je sais que tu attends que la vie décide pour toi… tu te laisses porter. Alors, pour ta fête, pour que tu ne te sentes plus obligé de venir ne serait-ce que 10mn quand ton emploi du temps le permet, au point où parfois tu ne retires même pas ton manteau… pour que tes nuits retrouvent le sommeil, pour que tes rides cessent de se creuser.. Je te libère ! Vas ! Vis ! et ne reviens pas.

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  • 02/16/13--03:49: ... par Coucou c est ginou
  • Puis on revient à l'ordinaire. Après. Après l'enchantement. C'était l'extase, ou la tendresse immense, ou le déchirement — douleur peut-être, mais respiration, aussi. C'était un moment de grâce, c'était la rencontre, l'engouement, l'envol. C'était l'enthousiasme, le ravissement. Ou cette étrange sérénité dégagée de tout, du désir même, de soi. Ou cette joie, cette insolente joie, qui transfigurait le banal. Quoi qu'il en soit, cette sensation de toucher au réel. D'être (enfin) dans le vrai. Puis on revient à l'ordinaire : le vent faiblit, il faut tenter de vivre. On louvoie, on tire des bords, au petit bonheur. Tout petit. La tentation de l'acédie. La tendresse à marée basse, vague clapotis, indifférence. Douleurs rapetassées de fil blanc, bouche cousue. Rien de grave, rien de dramatique (même pas). Petites blessures d'amour propre, petites raideurs. Lourdeur maladroite, lourdeur besogneuse. Avancer pas à pas, tout encombré de soi. S'agacer d'un rien. Se sentir un peu engoncé, un peu séparé de soi, des autres : ce goût de déjà-vu qui masque la saveur des choses. Des êtres. Faire avec. On craint de s'enliser : surtout, ne pas se débattre. Faire le bois mort, se laisser porter. Par l'ordinaire, par l'ordre des choses, par cette boue grise et douce.

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  • 02/12/13--08:29: La désillusion. par Plume B
  • Quand je pense que j 'ai défendu Sadok Chourou, l 'un des dirigeants du mouvement Islamiste Nahdha, quand il était en prison. Je suivais ses nouvelles sur le site de Horria wa Insaf, j'étais triste pour lui, surtout quand j 'ai su que la police en été ,ne lui donnait pas tout de suite le couffin que sa famille lui envoyait , mais on le lui donnait après que la nourriture ait été avariée par la chaleur, et donc il jetait le tout à la poubelle, et avait pris la décision de ne plus manger que du pain et de l 'huile d'olive. Il m 'est arrivé même de culpabiliser en prenant mes repas, car je pensais à lui, et je me disais que c'était terrible de ne manger que du pain et de l 'huile. On l 'appelait le Mandela de la Tunisie car il a passé presque 20 ans en prison , tout comme Mandela. Bien qu'au fond de moi_même je n 'appréciais pas cette comparaison, car Mandela était un homme pacifique, et dans ma tête et d'après mon expérience, les Islamistes que j 'ai connus durant 30 ans étaient loin d'être des gens pacifiques . Et sans que j 'eus jamais vu son portrait, je me suis forgée une image de lui, comme mon esprit ou plutôt mes sentiments me la dictaient: grand, avec une belle allure, des lunettes de vue, je l 'imaginais gentil, avec une voix douce ... Mais après la révolution, quand je l 'ai vu pour la première fois, j 'étais très déçue, il ne correspondait pas du tout à l 'image que je me suis faite de lui. Je sais qu'il n 'est pas responsable de son portrait, mais ce qui m 'a frappé le plus chez lui, c'était son regard dur. Et pourtant je me suis dit qu'après tant d'années en prison, il est normal qu'il ait ce visage pâle et fatigué et ce regard dur. Je continuais à croire qu'il ne fallait pas juger un homme d'après son regard, jusqu'au jour où il a parlé à l 'assemblée Nationale Constituante, pour menacer les grévistes de leur couper les pieds et les mains et les crucifier. Et là c 'était la fin de mes illusions! J 'ai barré définitivement cet homme de mon esprit, car il n 'y a pas de place pour quelqu'un qui a été torturé, mais au lieu de sortir de cette expérience éprouvante tolérant, il est sorti aigri , violent, et même méchant. Maintenant, je regrette d'avoir eu ce sentiment de compassion à son égard, Je reconnais que j 'ai commis une erreur. Je l'ai toujours dit et je le répète encore, de l 'Ettijèh El Islami des années 80 à la faculté des Lettres de Tunis, à la Nahdha d'aujourd'hui, à part le nom rien n 'a changé : la violence , l 'intolérance, la haine sont les mêmes, si ce n 'est plus dangereuses encore, car avant, Bourguiba et après lui Ben Ali les tenaient en laisse, mais à présent, ils sont libres, ivres de cette liberté; la conséquence en était l'assassinat de deux hommes : Lotfi Nagdh et Chokri Belaïd, sans compter les agressions physiques et verbales sur tous ceux qui s'opposent à eux depuis qu'ils sont arrivés au pouvoir. Pourvu que d'autres têtes ne tombent pas!

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