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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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    — Je vous ai pris des mini-brochettes, artichaut mariné, tomate confite, crevette aux agrumes et pois gourmand. — Sympa. Merci. Mais à part ça, vous venez pas souvent à des vernissages, je ne crois pas vous avoir jamais vu. Et voilà, le moment fatal était arrivé. Bien évidemment, je me savais capable de l'embrouiller, de botter en touche, de raconter n'importe quel bobard, mais je ne sais pas pourquoi, je n'en avais pas envie. Il y a comme ça des moments dans la vie où on a envie de poser sa tête sur les genoux d'une fille et de se laisser caresser les cheveux en ronronnant. Et quand on a commencé par un mensonge, le ronronnement reste coincé dans la gorge. Et là, était-ce dû à la douceur de la nuit ou à un parfum de cassis et de santal qui flottait dans l'air, j'avais drôlement envie de ronronner. Elle piocha un nouveau canapé, fromage de chèvre et chutney de cerise. En fait, commençai-je, j'espère que vous n'allez pas vous moquer de moi, mais il se trouve que je suis un des peintres de l'expo... — Ah merde ! Je suis conne. J'aurais dû y penser. Et c'est laquelle votre toile ? — Écoutez, c'est un peu gênant. Si ça se trouve, elle fait partie de celles que vous qualifieriez de bouses. Et je ne sais pas si là, tout de suite, j'ai tellement envie de m'exposer à vos critiques. — Ah mais, j'ai pas dit qu'il n'y avait que des bouses, hein. Non, y a aussi des daubes ! Mais non, je vous fais marcher. Si ça se trouve c'est la vôtre la plus belle. — Ou la moins moche... Tout est relatif. Ce qui n'est pas forcément valorisant, si vous voyez ce que je veux dire. Et puis maintenant, il y a toujours le risque que, même si vous n'aimez pas ma peinture, vous me disiez le contraire, si ce n'est pour me faire plaisir, tout du moins par politesse, pour ne pas me faire de la peine. Elle me rendit l'assiette et prit le verre de Schweppes, en but une gorgée en posant sur moi son regard narquois. Si vous me connaissiez, dit-elle un instant plus tard, vous ne penseriez pas ça. Je ne suis pas du genre à chercher à épargner la sensibilité des gens que je rencontre. Si vous voulez me montrer votre truc, c'est bon, je vous dirais ce que j'en pense. Le plus sincèrement possible, je vous jure. Si vous voulez pas, c'est pas grave, hein. Parce que, moi, s'il y a bien une chose qui me gonfle, c'est le complexe de Van Gogh. Le complexe de Van Gogh ? — Ouais. Vous savez ? Le peintre. — Merci de préciser... — Tout le monde sait que ce pauvre homme n'a vendu qu'une seule toile dans sa vie… — Tout le monde, tout le monde, faut le dire vite !... — Oui, bon... Enfin. La plupart des braves gens de l'époque pensaient qu'il ne peignait que des merdes. On voit maintenant à quel point ils se sont trompés. Du coup, aujourd'hui, de peur de rater le coche, devant la moindre daube ils se disent c'est peut-être bien de la merde, mais si ça se trouve dans un siècle ça vaudra des millions. Ça donne une espèce de syllogisme à la noix : les tableaux de Van Gogh sont devenus des chefs d'œuvre, or ces tableaux passaient pour des merdes donc tout ce qui passe pour une merde peut devenir un chef d'œuvre. Imparable ! Et c'est comme ça que l'art contemporain est plein de vraies merdes, de bouses et autres daubes... Mais c'est quand même vrai que c'est pas ça qui va m'empêcher de dormir. Et de toute façon, vous je sais pas, mais moi, je vais pas m'éterniser. J'ai un autre rendez-vous.

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    Le mécène : Je lis sur la première page de votre opéra : « Au pied du mont Ararat, adossé à un cep, le patriarche Noé cuve son vin en émettant de temps à autre un rot sonore. Les disciples venus nombreux de l’Iran proche entonnent un chant lui demandant de leur délivrer une nouvelle énigme »… Niet ! C’est niet vous m’entendez ! Je ne vous suivrai pas cette fois ! Non content de rimailler vous introduisez dans votre opus des bruits vulgaires, il n’est pas question que je contribue par mon financement à la corruption de la Culture ! Le musicien : Rendez-moi mon livret monsieur, vous ne comprenez rien à l’Art ! Vous avez fait l’ENA mais vous n’êtes qu’un âne, admirez l’anagramme ! Il reprend son bien et sort.

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    AVERTISSEMENTS : J’ai longuement hésité à publier ce com, tant je réalise qu’il ne serait pas juste que celles qui ne sont pas concernées prennent quand même pour elles une « charge » qu’elles ne méritent pas... et tant je suis conscient de la violence et de l’incompréhension qu’il pourrait susciter, en fonction du point de vue où on le recevrait... Précision : ce n’est pas non plus une bouteille à la mer, aussi merci de m’épargner des interprétations et des compassions déplacées... Aussi, prenez juste cette expression comme un constat assez désespéré et désespérant sur moi et certaines autres... à laquelle il ne faut accorder aucune intention, si ce n’est de nous interroger - pour ceux et celles que cela intéressera - sur l’espèce de moment particulier que nous semblons tous plus ou moins vivre au niveau relationnel amoureux. Je pense que nous sommes pour la plupart en train de re-re-rebattre les cartes des codes, des normes et des rôles sociaux, sans que personne ne sache où on va, tout en sachant tout de même ce qu’on ne veut plus... Pour l'instant, tout le « jeu » est mélangé et les cartes que nous tirons ont assez peu de sens... Reste à savoir si nous aboutirons quelque part, tant il me semble que nous continuons, tout également, à perpétuer des fantasmes et des attentes qui nous conduisent à des paradoxes ingérables ; et au final, pour l’instant, à préférer la solitude plutôt que le conflit et le deuil de nos « vieilles peaux »... et tant pis pour le shoot amoureux... Mais passons à la petite l'histoire... --------------------------- Il y a une dizaine d’années sur un site concurrent de PCC (que je m’abstiendrai de citer, par égard pour ceux et celles qui y croient encore), j’ai fait une « blague », qui n’a dû faire rire que moi... du moins au début... Ma situation professionnelle ne me permettait pas, à l’époque, de mettre une photo et je suscitais assez peu d’intérêt. Aussi, lassé de tourner en rond, j’ai voulu voir où nous en étions de l’émancipation des femmes - juste pour voir - et j’ai inventé « l’homme parfait »... Faites-moi grâce Mesdames, s'il vous plaît, de vos sarcasmes sur le fait qu’effectivement ça ne peut être qu’une invention parce qu’il n’existe pas... puisque bien évidemment comme vous le savez la plupart des hommes pensent la même chose des femmes... C’est « pratique », comme ça au moins, de part et d’autre, on est sûr qu’on aura toujours au moins un motif pour justifier sa déception... J’ai donc créé un presque (presque, car seules 5 infos étaient fausses) pur fantasme : - homme 45 ans, jamais marié, habitant Paris (75004), - dirigeant d'entreprise, gagnant plus 150 000 euros par an, sportif, 1,85 m, 85 kilos, passionné de littérature, de voyages, de moto, ..., parlant plusieurs langues... Avec l'annonce suivante : Faisons-le à l'ancienne... Homme bien sous tout rapport, bonne situation, aimant les enfants, chaleureux, cultivé, cosmopolites et hétéroclites dans ses goûts, ... rencontrerait une femme désirant vraiment s'investir dans une relation de couple, désireuse comme lui de fonder une famille sans oublier tous les plaisirs de la vie... P.-S. : Je n'ai pas mis de photo, car (bien que ce ne soit pas honteux d'être sur ce site) compte tenu de ma situation professionnelle, je ne voudrais pas tomber sur une de mes collaboratrices qui pourrait fantasmer ou colporter n'importe quoi. --------------------------- Je le répète, un pur fantasme, car, si cet « homme parfait » existait, on ne voit pas très bien ce qu'il ferait sur un site de rencontres, tant il devrait être quotidiennement submergé de sollicitations... Ce n'est pas encore du niveau de l'expérience de Milgram (grand révélateur de nos atavismes et conditionnements les plus ancrés), mais il semblerait qu’il se confirme qu'une grande majorité de personnes ne sont pas, ou plus, prêtes à rencontrer des êtres réels... probablement moi y inclus... parce que j’ai arrêté « l’expérience » au bout de 3 jours tellement l’avalanche de demandes ne me faisait plus rire du tout... :-( En guise de « consolation » voici, ce que j’ai répondu à toutes celles qui m’ont sollicité, avant de supprimer l’annonce.... --------------------------- Bonjour, Vous venez de participer à un petit test... Qui dit mieux ? En trois jours : 48 vrais messages de prise de contact, 43 femmes qui m'ont mis dans leurs favoris (pas toujours les mêmes que celles qui m’ont envoyé un message), 26 photos dévoilées (itou remarque précédente), 61 clins d’œil, 350 consultations de « ma » fiche... Bien évidemment, ce véritable succès n'a sûrement aucun rapport avec le fait que cet homme gagnait plus de 150 000 € par an, aimait les voyages, qu'il mesurait 1,85 m pour 85 kilos, et avait l'air vraiment très bien sous tout rapport. Étonnant, non ? Et ce qui est le plus étonnant, c'est que plus de la moitié des femmes qui m’ont répondu ou fait un clin d'œil, ne répondent pas du tout aux critères stipulés dans l'annonce, notamment sur le niveau culturel ou le désir de faire des enfants... alors, pourquoi me contacter ? Je constate amèrement que l’émancipation de certaines femmes n'a pas encore atteint leurs fantasmes, car que ferait un homme sur un site de rencontre s'il était si parfait ? Et vous-mêmes qui faites-vous, si vous êtes si parfaites ? Fantasmes, purs fantasmes et sûrement tout autant, vanité et vénalité... On n’est vraiment pas près de se rencontrer en vrai... Je vous souhaite bonne continuation Mesdames et néanmoins bonne chance. L’homme parfait. --------------------------- C’est méchant ? Non ? Finalement, non... J’assume totalement de ne pas ou plus m’y retrouver dans ce que veulent certaines femmes... Je dis « certaines » pour ne pas faire de généralisations stupides et abusives... mais à dire vrai, je ne sais vraiment pas où sont toutes les autres (N.B. : merci de ne pas mettre en lien la chanson : « où sont les femmes » :-) )... Cependant, j’assume également de ne plus m’y retrouver dans ce que moi-même j’attends d’une femme... parce que si la tendresse me manque (plus que le sexe d’ailleurs), pour autant, je ne suis pas sûr de savoir ce qui pourrait faire que j’ai encore envie de faire des projets avec l’une d’elle... Pour quoi faire ?... Alors que je vis très bien sans avoir à référer de quoi que ce soit à personne, avec tout ce que cela entraîne toujours comme « complications » pour accorder les désirs... Dernièrement une amie (qui se reconnaîtra :-) ) découvrant mes talents cachés de cuisinier, et plus généralement d’homme complet n’ayant besoin de personne pour être totalement automne me fit remarquer que c’était un vrai fantasme pour elle un homme qui cuisine... et je lui répondais que je me demandais bien quel type de femmes, je pourrais attirer en mettant en avant que je n’ai nul besoin de quelqu’un pour tout ce qui concerne la vie courante... Elle me fit un aveu qui m’a touché, en me répondant : oui, ça peut être « castrateur » et en faire fuir certaines... me faisant prendre conscience en même temps qu’effectivement je ne sais plus comment me situer dans une relation de « couple ». Un vrai paradoxe - probablement à l’image du brouillage sur les rôles sociaux et de nos imagos idéaux que nous vivons (presque) tous - parce que si je n’ai besoin que d’amitiés pour vivre, qu’est-ce qu’une femme pourrait combler à part cette infime partie de moi qui continue à penser que c’est quand même mieux à deux et qu’il y a des choses que personne ne peut se donner à soi-même... Il paraît que demain sera un autre jour, oui, mais quand ?... Oui, c’est quand que « la femme sera l’avenir de l’homme » ?... P.-S. : l’explication de ce com sous le nom de Denise Desjardins est à rechercher dans son livre « Mère, sainte et courtisane » (1983). Un bouquin, assez réactionnaire, qui essayait de définir une sorte de destin commun des femmes à travers les traditions réévaluées suite à l’émancipation des femmes... À ma connaissance, cette femme sage est encore vivante et si elle a encore toute sa tête, j’aimerais bien que quelqu’un aille lui demander si elle pense toujours ce qu’elle a écrit... notamment sur le rôle « d’éveilleuse de conscience » des femmes par rapport aux mâles... parce que pour l’instant, j’ai vraiment l’impression que c’est chacun pour soi et tout le monde tout seul... Cependant, j’aurais pu tout aussi bien mettre ce com sous le livre « Le Nouveau Désordre amoureux » (1977 de Alain Finkielkraut et Pascal Bruckner) ou encore « Fragments d’un discours amoureux » (1977 de Roland Barthes), et tant d’autres qui oublieront toujours que l’essentiel n’est pas « rationalisable » en amour...

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    C'est vrai quoi ! Il a raison Eric Chevillard*. Je pense comme lui. Comme lui, cela me navre de constater combien les criminels peuvent parfois êtres stupides, en plus d'être des criminels, comme si cela ne suffisait pas à les rendre antipathiques ! Les erreurs qu'ils commettent sont tellement énormes qu'on a du mal à le croire ! Pourtant ils y mettent du coeur à prévoir et organiser leur crime. Ils le préparent avec tellement de minutie et de concentration, comment peuvent-ils négliger ce petit détail qui va causer leur perte ? Et les conduire directement derrière les barreaux ! Je ne vais pas aller chercher d'autres exemples, ceux que signale Eric Chevillard et que j'ai eus l'occasion d'apprécier récemment à la télé pendant une de mes nuits d'insomnie, parlent d'eux-mêmes. "Et par exemple, pour commencer, tu ne t’inscrirais pas dans un club de tir deux mois avant le crime, ou encore, tu n’irais pas la veille acheter un manche de pioche, une pelle et un sac de chaux dans le magasin de bricolage de ton quartier." Oui faut être balourd quand même pour aller acheter un sac de chaux chez Bricod'à côté, et conserver le ticket de caisse dans la boîte à gants de son véhicule, la veille même de son petit méfait. Collectionner les bourdes et les gaffes à ce niveau tient de la bêtise la plus crasse. On pourrait attendre mieux d'un type capable de mettre à mort un de ses semblables, cela nécessite tout de même, faut l'avouer, un sacré sang-froid et une remarquable maîtrise de soi. Dommage en effet que tout ce savoir-faire se trouve gâché par tant d'incohérences manifestes ! Bon, vous me direz, après tout, cela le regarde. Peut-être les assassins ont-ils conscience d'aller trop loin, et laissent exprès des traces de leurs crimes, histoire d'être en règle finalement. Etre pris les doigts dans la confiture en somme, ça vous évite bien des tourments ! Cela me rappelle ma petite fille lorsqu'elle s'efforce de mentir pour cacher une bêtise. Elle a une façon de se dandiner tout en tordant ses mains derrière le dos, et en sifflotant mine de rien que c'en est presque un aveu délibéré, et ma foi, cela joue dans la clémence que je mets dans l' incontournable et pédagogique punition. Faute avouée...... Plus pathétique cependant.... ces bébés dans la glace.... que l'on cache....en attendant qu'ils soient découverts, tôt ou tard.. comme si justice devait forcément être rendue. Elle le sera. Parfois dans ces cas dramatiques, avec une certaine compassion. Mais les bévues des criminels ne méritent que mépris. Bêtes en plus d'êtres méchants, leur cruauté n'a pas de bornes. Et oui, on se réjouirait presque de les savoir se faire inculper pour un détail, une négligence qui va leur coûter cher. A nous aussi. Les contribuables. Mais c'est une autre affaire. * l-autofictif.over-blog.com/ et pour les moins de vingt ans .................... "Bon dieu mais c'est bien sûr !" http://youtu.be/gSBxszwlzoE

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    Kate Moffatt était tout juste un jeune fille, de 14 ans, qui ne savait pas se comporter avec son nouveau corps, qui avait pris de l'ampleur depuis un an, elle ne savait pas comment le cacher sur cette page de méditerranée près du Lavandou dans un crique si belle au sable presque blanc sur un onde turquoise. Elle s'était entourée d'un paréo bleu foncé et assis sagement sur sa serviette de plage, elle regardait ses cousins , jeunes adolescents anglais comme elle, s'ébattre dans l'eau en riant. Kate était la nièce d'un acteur célèbre à l'époque au Royaume Uni, Rex Harrison, nièce par alliance, il avait épousé en seconde noce, sa tante, ce qui lui valait ces vacances hors normes. Rex avait les idées larges et quand il épousait, il épousait la famille au complet, il faut dire qu'il avait les moyens. Pour ces vacances, il y avait sept gamins avec un tuteur anglais pour les encadrer et les amener à la plage en leur donnant un semblant d'apprentissage de la langue. Kate vit deux jeunes adolescent poser leur serviette à coté d'elle, l'un était un grand blond et l'autre un jeune au corps musclé et à la chevelure noire de jaie, qui avait un regard étrange. Kate frémit, son corps avait des réactions nouvelles pour elle, elle était impressionné par les muscles fins sur un corps de sportifs du brun noir de jais. Elle les vit , en regardant de biais, sortir une cigarette et faire semblant d'être familier avec cette pratique. Toujours avec ce regard en coin, elle les aperçut sortir un calepin ou le blond se mit à écrire. Le brun : « on continue l'histoire du commissaire Pillière alors ? » Le blond : « oui on a bien avancé , il faut continuer » Le brun en s'affalant : « Faut écrire une scène de crime qui vaille le coup » Le blond : «  Oui tu as une idée » ? » A ce moment les cousins de Kate, viennent l'arracher à sa serviette en la prenant par les bras et les jambes « Oh Kate come on bath » Kate se mit à hurler « oh no, let me quiet » Les jeunes Anglais n'en ont que faire et l’entraîne vers la mer, mais avant d'arriver à l'eau, un type se dresse entre eux et l'eau. Le gars dit d'une voix grave « Stop, dont go further » Les anglishes lâchent Kate qui tombe lamentablement sur le sable mouillée G. lui tend la main pour l'aider à la relever, les anglais entourent G d'un air menaçant, d'un coup Titou , le pote de G , arrive et se place à coté de G. « Quiet Men ! » A ce moment le tuteur, un vieux de 24 ans, surgit « No problem, it's a mystake » Tout le monde se calme, et regagne sa place. Les gamins dans l'eau, Kate sa serviette et G qui vient mettre la sienne à coté d'elle, tandis que Titou reste discrètement sur la sienne. Kate : what's your name ? G : My name is Georges , with a "s" at the end Kate : a king name ! G : and you my princess ? Kate : « Kate, Kate Moffatt... » Georges : Kate as your Blue Eyes i Saw them standing there Faut dire qu'à l'époque Rock and Roll d'Elton John , il était un artiste préféré de G, il n'avait pas de mal à faire de la frime. Kate rougit ou plutôt rosit sous le compliment G : Come on to swin with, please, with me Il lui tendit la main qu'elle prit sans hésitation et tous deux allèrent plonger dans la mer chaude et limpide, puis il jouèrent dans l'eau, G la recevait dans ses bras en sentant son corps plein venir se loger contre son corps musclé et sec d'adolescent. G lui chantait Harvest « Old man » de Neil Young, Old man look at my life, I'm a lot like you were. Old man look at my life, I'm a lot like you were. elle lui répondait par Janis Joplin « Summertime » Summertime, Child, your living's easy. Fish are, fish are jumping out And the cotton, Lord, Cotton's high, Lord so high. En l'arrosant Ils riaient devant de tant de bonheur, tournant en rond dans l'eau , les yeux dans les yeux. Titou était parti depuis longtemps quand le tuteur vient les chercher dans l'eau en disant à Kate qu'il était temps de rentrer. Ils se donnèrent rendez-vous demain même heure , même place et se séparèrent le cœur brisé mais battant comme battent les ailes des hirondelles. Le lendemain, G était seul quand il arrive sur la plage, Kate était là , il vint à coté d'elle, s'assit , mais ne put dire un mot , elle aussi était comme sur un nuage, la seule chose qu'ils puissent faire et de se serrer la main, et sentir leur corps exprimer tout ce que l'amour pouvait faire passer par ce simple contact. Un photographe de plage passait par là , Kate lui fit signe et le photographe les prit dans son objectif en tendant ensuite un ticket à Kate pour qu'elle puisse aller chercher la photo. Kate dit alors : It's my last day, i have to leave , but tomorrow Rex organize a party in is home, would you like to join us ? » G : for sur , where ? Kate : Cap Benat Eight hours G : I 'll be there Le lendemain G prit sa mobylette , une Peugeot 105 , qu'il avait emprunté à son oncle pour les vacances et fit les 15 kms qui le séparait du Cap Bénat, en arrivant à la barrière gardée où il indiqua au gardien qu'il était invité chez Rex Harrisson, le gardien écarquillait les yeux mais en professionnel, il téléphona et du avoir les réponses suffisantes, il souleva la barrière et laissa passer pour la première fois de sa vie un invité éminent de 15 ans, en mobylette sur le cap Bénat, lieu à jamais fréquenté par les grands de ce monde. Après avoir enfilé les méandres de la route sous les pins, G s’arrêta devant le numéro indiqué, Kate était là , elle l'attendait , il la prit dans ses bras, et elle lui tendit son visage et pour la première fois de sa vie, G posa ses lèvres sur celle de Kate, le cœur à la chamade, les doigts crochetés dans les siens. Il ne savait comment faire, elle non plus. Alors kate recula et lui tendit une photo, c'était deux sur la plage, la photo du photographe, ils étaient magnifiques, les yeux levés, en voir et blanc. Kate lui dit : « turn » Au dos de la photo écrit à l'encre violette : « To Georges , with all my love »

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    Jean n'est pas parti Il a trouvé une petite chambre d’hôtel ou il passe le plus clair de son temps à m’attendre en m'écrivant de brûlantes lettres d’amour. Il parsème ses écrits de phrases angoissées .Cette phrase »Tu reviendras me voir dis? Tu reviendras ! en leitmotiv...Crainte totalement infondée car je n'ai de cesse d’inventer mille et un prétextes pour le rejoindre Jean se raconte : Sa vie,ses études interrompues après le drame.Accident de voiture, où son frère s’est tué. Ils roulaient ensemble vers la Normandie pressès de rejoindre des amis à Cabourg Il en a réchappé, il est sorti d'un long coma .Les médecins ne donnaient qu'un faible espoir à la famille quant à sa survie et leur père anéanti de chagrin pensant que son second fils allait rejoindre le premier dans la mort ,s’est pendu Terribles confidences , terrible de partager l'aveu de sa résolution , d'en finir ,de se suicider,sa lassitude de vivre, dans un monde où il se sent perdu... Effrayante responsabilité que la mienne lorsqu'il clame son espoir d'aller mieux après m’avoir rencontrée... Moi aussi, je lui raconte tout de moi, je lui confie mes pitoyables erreurs et leurs conséquences, mes pensées les plus secrètes : Tout ce que je n’ai jamais pu confier à quiconque Tous deux blottis l'un contre l'autre , frissonnants dans la pénombre malgré la chaleur de l'été , nous discutons du sens de la vie, des contre-sens dans lesquels nous nous sommes égarés et de notre joie incrédule de vivre cette attirance rare ,en parfaite dilection Bien des choses t'ont salie, blessée mais tu es hors d'atteinte de la souillure me dit-il. J’en éprouve un immense réconfort , une reconnaissance , son intuition est juste , j'ai souffert moi aussi et toujours aussi vive demeure l'humiliation d' avoir subi impassible et sans révolte Jean de ses mots, efface ma honte et restaure cette estime de moi , foulée aux pieds, rageusement piétinée. Je le trouve extrêmement fin, d’une sensible intelligence non ce celles qui écrasent l'autre mais de celles qui élèvent en partage.Il me connaît , Il m'est connu , je n'éprouve plus le besoin de dissimuler.L’essentiel dans l'amour n’est-il pas d’être compris ? Il m'est extrêmement pénible, de me cacher, de mentir pour voir Jean, mais grâce à la complicité bienveillante mon amie, nous avons pu vivre tous ces moments inoubliables. Bonheur d’une telle pureté, que mes mots ne peuvent l'exprimer ! Je n'avais jamais rencontré cette affinité intellectuelle,émotionnelle,cette pureté dans l’amour. Jean est le premier Il est mon premier vrai amour. Sans confiance totale en l'autre , ma vie de femme ne pouvait s’épanouir : Telle était ma vérité. Je pénétrais chaque jour plus en avant en sa compagnie, dans cette certitude de similitude, ce rapprochement de l’épanouissement de nos deux êtres. Il peine à croire qu’il puisse autant compter pour moi. Il me supplie de lui « garder » une petite place dans son cœur même si elle n’est pas très confortable Mon cœur lui était pourtant entièrement disponible,imbibé d’amour .Les vacances passèrent ainsi, rythmées par les baignades des enfants, nos jeux dans l’eau et sur le sable et mes fugues avec Jean. Pour la première fois, ma sexualité est en éveil. Je ne rêve que de lui appartenir. Il me parle de plus en plus souvent de l’enfant que nous aurons un jour . Concevoir un enfant par la seule force de la densité de notre communion,ce serait simple, si simple. Il faut bien que je me rende à l’évidence : ce prolongement de nous ne viendra pas .Jean est impuissant. Je ne sais pourquoi,c’est ainsi. Mais qu’est-ce que cela doit changer pour autant ? N’est-ce pas à lui que je dois la découverte la plus extraordinaire qu’il m’ait été donné de faire jusqu’à ce jour : je lui dois de m'avoir ramenée à la vie. Je ne sais pas,encore et pourrais je m'en rendre compte ?Qu'il me mène à ma perte qu’il m’entraîne avec lui dans sa folie, univers attirant en marge de la réalité médiocre de mon existence, et que je mets en danger mon équilibre précaire. C’est la fin des vacances. Il faut rentrer. Recommencer le travail. Revoir tous ces visages oubliés. La nostalgie,s’installe, la tristesse me gagne , la colère aussi devant l'injustice de la séparation.Le chagrin me rend amère et par une surprenante analogie m'arrivent alors des pensées en ribambelle de mots d''ironie mordante .Elle réitère ma douleur cette suite de mots en débandade .Cet amour partira t'il en jus de boudin? Finira t'il en queue de poisson? Sans avoir rempli sa promesse ? L'ironie pointe celle de mon sort... http://youtu.be/yig8Fmv4nIk

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  • 12/14/14--09:31: Madame par LaMadame
  • J’ai grandi dans une banlieue cossue et très traditionnelle pour ne pas dire complètement archaïque. Tous les dimanches à se taper la messe, catéchèse le jeudi matin et Jeannettes l’après-midi. Le collège Sainte Catherine, face à l’église, était au bout de ma rue, dirigé par une mafia de vieilles filles qui, après avoir fêté catherinette, n’avaient opté pour aucun voile, sinon celui qu’elles gardaient sur les yeux pour se prémunir de tout blasphème. En Français ou Philo elles évitaient d’aborder les auteurs dérangeants même s’ils étaient au programme, interdisaient le port du pantalon et le maquillage dans l’enceinte de l’établissement et elles nous faisaient goûter à l’ivresse des frustrations, pour peu qu’on ait voulu les suivre dans leur voie. En revanche, le niveau était excellent dans les matières scientifiques, ce qui faisait la notoriété de ce collège et ce pourquoi mon père avait décidé d’y inscrire ses filles plutôt que de nous envoyer dans un établissement public. J’y ai passé toute ma scolarité : 8 en philo, 18 en maths au bac. Mes parents s’aimaient, ça c’est sûr ! Vu comment ils se chamaillaient, comme si leurs disputes s’avéraient être un préliminaire nécessaire décuplant leur plaisir dans la réconciliation. Mon père avait un boulot très prenant qui le passionnait. Je n’ai compris qu’assez tard en quoi il consistait. Il partait à l’étranger souvent, plusieurs semaines. D’un côté je pense que ma mère aimait ces trêves obligées lui permettant de se retrouver, d’un autre, je crois qu’elle souffrait de jalousie chronique. Sait-on jamais ce que fait un homme loin des siens ? Plus fantasque, plus détendue et surtout beaucoup plus responsable quand il n’était pas là, elle assumait ses quatre enfants avec plus de souplesse. Ainsi le code se divisait en deux temps: ce qu’on pouvait se permettre quand le père n’était pas là et ce à quoi il ne fallait déroger quand il était présent. Mon père arrivait souvent les bras chargés de curiosités exotiques annonçant des réjouissances, mais ses traits tirés suggéraient la patience. Il était préférable de raser les murs en évitant de se trouver sur son passage sous peine de s’exposer à une volée de bois vert sans fondement. Il s’imposait de rester éveillé jusqu’à l’heure du coucher, même si cela faisait des dizaines d’heures qu’il était debout et nous subissions son humeur viciée par la fatigue. Ma mère n’a jamais travaillé. Je déteste dire cela, c’est comme un mensonge admis de tous. Ma mère était tout sauf une oisive. Elle avait peu de goût pour les usages de la féminité, ni coiffeur, ni esthéticienne, ni vêtements de prix, elle en aurait eu les moyens, mais elle était jolie au naturel, une silhouette de jeune fille même après quatre grossesses. Elle pouvait passer l’après-midi à même le sol, flottant dans un vieux pantalon de mon père en toile denim, le buste carré dans un pull feutré, à essayer de réparer une machine à laver. Passé par le génie de ses mains, un objet aussi rare qu’inutile glané en salle des ventes, devenait pied de lampe ou étagère ou simplement totem décoratif. Je pense que mon père a toujours regretté qu’elle ne soit pas plus attentive à son allure, lui-même étant toujours très élégant. Il était capable de lui faire changer de tenue avant de sortir pour une simple promenade et elle s’exécutait comme une petite fille qu’on tance. Elle avait goût pour la débrouille, le bidouillage, l’originalité et sans doute pour une forme de liberté féminine dont elle n’avait pas conscience. J’ai eu des parents aimants mais ils n’hésitaient pas à protéger leur amour en s’accordant de partir en amoureux loin du foyer. Ils ont fait bloc face à notre fratrie, nous étions les enfants, ils étaient le couple. Aucun de nous n’aurait eu gain de cause s’il s’était risqué à s’opposer à l’un de nos parents, nous étions un +un + un + un, ils étaient toujours deux. Ma mère a passé le permis de conduire en cachette de mon père, elle voulait lui faire la surprise et elle y a réussi. Mon père a toujours traité ma mère comme un être précieux. Même s’il n’avait pas un caractère facile, il la protégeait, l’infantilisait parfois aussi, cela tombait bien puisqu’elle n’avait pas eu de père. De dix ans sa cadette, elle affichait un air enjoué et une juvénilité qui participait à tempérer la sévérité de mon père. La vie, pour elle, se devait d’être tournée vers le plaisir et la joie, un peu comme si elle rattrapait les années d’insouciance dont on l’avait privée. Ballotée de droite et de gauche, elle gardait la marque d’une adolescence écorchée, elle n’en parlait pas ou n’en évoquait que les quelques bons souvenirs. Je l’avais entendue rétorquer, à une de ses amies qui regrettait le bon temps de son adolescence, qu’elle n’aurait jamais voulu revivre ses quinze ans, que c’était la pire période de la vie.

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  • 12/14/14--09:31: Monsieur par EtLeMonsieur
  • Quand j’étais petit ma mère faisait tout à la maison, nous étions deux garçons et mon père était souvent absent, accaparé par son travail qui débordait allègrement sur ses plages de loisir. Il se devait, disait-il, d’accompagner sa hiérarchie même en dehors des heures de bureau, non qu’il fût garde du corps mais simple cadre commercial d’une S.A. en plein essor. Une partie de son salaire était investie dans du matériel sportif prestigieux ou des redevances annuelles coûteuses pour être admis au sein d’un club privé. Il roulait en Mercedes, voiture à l’image de sa société. Il n’avait pas les moyens d’acheter ou de se faire bâtir une maison dans les beaux quartiers de l’ouest parisien, alors il a acheté un terrain brut, nous a collés dans une caravane pendant trois ans, jusqu’à ce qu’il ait fini de construire la maison : dimanche après dimanche, vacances après vacances, parpaing après parpaing. C’était sa façon de vivre au dessus de ses moyens et d’accéder à une société bourgeoise qui devait lui fournir joies et satisfactions que ses origines sans éclat ne lui avaient jamais procurées. Quand il était à la maison, il ne participait ni aux tâches ménagères, ni à nos devoirs ou jeux, estimant probablement que les billets qu’il déposait chaque semaine sur le coin de la table de nuit de ma mère suffisaient à couvrir ses devoirs conjugaux et paternels. Plutôt que de batailler à réclamer la hausse du salaire domestique, ma mère s’adonnait à une comptabilité serrée. Mon père n’avait probablement jamais mis un pied dans une épicerie et aurait été bien incapable de dire combien coûtait une baguette ou une paire de Claks, taille 34. Nous ne manquions de rien, nous mangions à notre faim, étions vêtus sobrement. Ma mère décrocha un emploi de bureau à mi-temps, ce qui lui permit de payer les extras, des cours de musique pour mon frère et moi et elle devint coquette, reléguant ses tenues d’intérieur au placard, optant pour le blond, un luxe qui sous-tendait un rendez-vous hebdomadaire chez sa coiffeuse, seul moment de liberté assumée. Le reste du temps, elle tapait des lettres à la machine, rédigées par un patron et répondait au téléphone en son nom. Faisait les courses avant de rentrer préparer le dîner, passait l’aspirateur dans la maison une fois que ses hommes étaient sortis, récurait casseroles, lavabos, cuvette, lavait, repassait et amidonnait une chemise par jour, étendait sur le fil à linge du jardin draps, polos et jeans, passait la serpillère, décrottait et cirait chaussures, briquait parquet vitrifié, meubles Lévitan, cousait de grands rideaux à ramages pour la baie vitrée du salon, avec motifs ludiques et couleurs vives pour nos chambres d’enfant, blanc cassé pour la leur et froufroutants pour la cuisine, la salle de bain ne connut qu’un rideau de douche acheté chez Prisunic. Puis, elle se mettait à table avec son livre de comptes, un crayon bois et son petit carnet à ressort chargé de collecter toutes les dépenses de la semaine. Par une économie ménagère scrupuleuse, elle dégageait un budget conséquent pour les cadeaux de Noël et nos anniversaires. Carine, avec qui elle partageait de longues conversations pendant la pose de la couleur en pâte, lui donnait des échantillons de produits de beauté ou des restes de tubes ou flacons à peine entamés. Vernis à ongle, fonds de teint, rouges à lèvre, crémeux veloutés, anticernes. J’aimais en faire l’inventaire tout en discutant de tout et de rien avec elle. Foulards, pinces à cheveux, broches à strass, autant d’accessoires gratuits qu’elle récupérait grâce à des bons promotionnels lui permettant d’économiser çà et là sans renoncer à son image sociale. Elle circulait à vélo jusqu’au jour où mon père eut un accident, la Mercedes s’immobilisa plusieurs mois. Ma mère passa son permis et mon père acheta une 4L. Mon père s’inscrivit au P.S. en 1980, un an avant la victoire de Mitterrand qu’il admirait sans retenue, presque autant que Ruggero Raimondi. Il aimait sans condition l’opéra. Je suis à peu près convaincu que mes parents ne s’aimaient pas ou plus. Ils avaient simplement signé un contrat des années en arrière, se souvenait-ils seulement de la date exacte ? Aucun cadre de jeunes mariés sur la commode, seules quelques clichés de poupons joufflus ou jeunes garçons en culottes courtes à bicyclette, ou d’écoliers figés, les yeux rivés sur l’objectif du photographe scolaire. J’avais vu par inadvertance une photo de moi avec ma contrebasse à tête de lion dans le portefeuille de mon père, prise le jour où l’on m’avait remis le grand prix du conservatoire. Je m’étais demandé s’il l’avait montré à ses collègues de bureau, peut-être à son directeur ou la gardait-il pour lui seul ? Ils nous aimaient chacun à leur manière, cet amour filial les unissait pour le meilleur et pour le pire et nous étions l’unique preuve d’un rapprochement physique entre eux, toutes autres relations tant sexuelles qu’affectives restant hypothétiques, voire fantasmatiques.

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    Je connais un homme qui possède très peu de choses. Je le hais parfois,parce qu'il semble ne pas avoir besoin de rien,jamais. J'ai honte de ce que j'ai pu lui dire: "Est ce que t'as cessé de rêver ?" Une question qui est d'une malice insolente , adressée comme ça , sans ménagement , à un homme qui n'a pas le goût d'en parler. Il a un cerveau d'exception dans un chapeau usé . Y'a des choses dont on ne parle pas . Rêver c'est un luxe , c'est l'avenue de Champs Elysées . Il a un trou dans sa veste d'occasion . Je crois que c'est un trou de balle . Moi aussi j'ai des éclats d'obus et des balles dans le bras droit , le cou , le cerveau , depuis la grande guerre . Le mot Adieu , c'est une balle . Tout comme : perdant salaud bâtard bête pourri battu Lui,il ne veut que se reposer ,il a trop encaissé des mots -balles et maintenant, ses os meurtris l'empêchent de s'éloigner trop de sa cabane . Une seule fois on est allé jusqu'au vieux port , des nuages gris , difformes , se sont agglomérés au dessus de tout ,chargés de gouttes lourdes de pluie . Il faisait beau. Ils créaient l'effet d'un écho de mon cri . L'homme a pris ma main , a laissé ma main, m'a fait une place de 2 jours par semaine dans la vie, m'a fait part de sa gentillesse ,m'a puni en gardant le silence en réponse à mon voeu démesuré de demeurer ensemble ... Est ce pervers de rester muet ? Est-ce un effet de supériorité ? Ou c'était pervers de ma part de ne pas lui avoir laisser le choix ? On ne s'est pas donné le choix ... J'ai bu le silence , je ne l'ai pas brisé . .. Encore un jour enterré . J'ai un cimetière sur une colline qui se tient seule , où j'enterre chaque soir ma journée qui vient de s'écouler . J'attends quelque chose atemporel .

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    Encore un matin où j’avais la tête dans le cul, un mal de cheveux qui tirait fort sur les racines. La nuit n’avait pas été de tout repos, les restes n’en étaient que de vulgaires relents de rêves mal décantés. Dans ce hall de gare allongé sur un banc en face de moi, Noé mit quelques temps à recouvrer ses esprits, tout n’étaient que pets, rots, quais et flamboyances de couleurs et de sons glauques décalquant une faune gavée de cet Iran-ci issu de ceps de pinot noir frelatés et sulfatés par la corruption. Mes nouveaux copains de boisson étaient des comiques et l’alchimie opéra dans ce cirque des monstruosités, nous n’étions qu’un résidu de mâles en fête ! Les verres c’est satanique quand ils sont encore en vous, ils font naître une prose, des édits de maudits maux dits comme une vocalisation professorales « es stomacale » reflux caverneux qui se fait échos d’énigmes anathèmes et d’anagrammes. Le père Noé, patriarche de la part dieu, fils de Mathusalem, Jéroboam, Nabuchodonosor et consort, magnum au point refusa tout niet le déluge salvateur bicarbonaté d’un agent de la croix rousse. Il n’était plus temps de rimailler et encore moins de ripailler, la ville se réveillait, il fallait faire place nette aux honnêtes gens qui se lèvent tôt et vont gagner le sel de leurs misères. Il est cinq heures et je n’ai pas sommeil. Encore un com qui ne sert à rien , un com pour rien ! Lcm

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    On a beau l'enguirlander pour le faire briller le combler de cadeaux pour le rendre plus beau il tient à en finir -mon beau moi de décembre enfermé dans la chambre- des calendes grecques il ne veut plus rêver, il en a plus qu'assez du calendrier de l' AvAnt Dans sa boule de cristal tout en haut du sapin le voilà qu' il peut lire et prédire et maudire peut-être mon maboule calendrier de l' Après Voici d'ailleurs venir bientôt et pas toujours très chaud mon long moi de janvier complètement givré mon moi glacé de février ne tardera plus guère celui de mars tout neuf tout fou suivra de près derrière mon moi de mars qui rit on le sait malgré les averses mars qui berce et prépare en secret le printemps ensuite tout se joue et s'écrit au présent mon moi d'avril tient à un fil et presse de se découvrir mon moi de mai fait fait fait c' qui lui plait il dort tout nu c'est bien connu mon moi de juin plutôt matin fait le malin poudre de perlinpimpin ! faisant la fête saperlipopette ! se levant tôt café croissant et câlins chauds Déjà voici mon chair moi de juillet qui veille tard sans cravate ni costard incendies ou feux de paille il se taille la part belle entre infimes étincelles et brasiers d'amours d'été et mon moi d'août très fatigué et sans le sou foi d'animal intérêt et principal part en congé récupérer Mon moi de septembre est de tous mes moi le plus tendre tisse en silence pour un hiver à soie sa toile d'espérances Puis vient mon moi d' octobre bien plus sobre et sombre il sombre dans le froid mon moi de novembre se cambre et se tord sous les coups retors du vent du nord Déjà l'année prochaine comme en cette ultime semaine mon futur moi de décembre finira lui aussi sous la cendre Ainsi va la vie de moi en moi de vous à moi incertaine et soumise aux aléas du temps De moi à moi de vous à moi ainsi vont et viennent ainsi vont et reviendront mes douze moi à moi et à vous autres chers doux apôtres vos douze vôtres et autant en emporte le vent

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    L’actualité est de plus en plus folle dans le monde. Tu ne trouves pas ? Si ? Oui, ce n’est pas nouveau, cela a toujours été, mais quand même, il y a overdose, pas du fait de les annoncer, mais dans ces événements eux-mêmes. Tu n’as plus la possibilité de digérer, de réfléchir, de contempler, de méditer. On te balance tout comme ça, en direct, en pleine poire, et débrouille-toi ! Aspirine ou bicarbonate. Ou antidépresseur même. Mardi 16 décembre 2014, par exemple, c’était l’horrible attentat dans un lycée militaire à Peshawar. Cent quarante et un morts. Dont cent trente-deux gosses. Tu parles ! Une véritable boucherie. Les terroristes aussi ont été hachés menu. Les six ont été zigouillés. Eh bien, il n’y a pas eu beaucoup de trucs dessus dans la soirée à la télévision. Il n’y avait pas d’image. Tu penses bien, des Pakistanais, on s’en moque. Peshawar, tu sais où ça se trouve ? Même le Président américain intello, il ne savait pas où se trouvait le Pakistan lors de sa première campagne, ça fait peur. Bon, ce n’est pas pire que Bush fils, mais justement, va voir mon avant-avant-dernier paragraphe. Résultat, le moratoire sur la peine de mort vient d'être remis en cause. La veille, t’avais un direct live pendant quinze ou vingt heures toute la journée pour une prise d’otages à Sydney. Là, c’était du sérieux. Des Australiens. Trois morts quand même. Toujours un mec qui s’est dit islamiste. Un solitaire paraît-il. Et t’étais dans une chocolaterie. Moi, ça me fout la trouille, à quelques jours de Noël. Manger ou boire du chocolat va devenir un acte héroïque. Résistons ! Miam. L’actualité du mercredi 17 décembre 2014 n’est pas plus jolie. Tiens, tu as par exemple cette nouvelle loi, définitivement adoptée par une majorité de députés autistes qui vient de bouleverser la cartographie de la France. Cela fera du travail pour les éditeurs de cartes et d’atlas, c’est sûr, mais quand même. Maintenant, t’auras un axe Charleville-Mézières/Mulhouse pour unique région, super ! Certains imaginent déjà de fixer la capitale à Louvigny, tu sais, c’est là où il y a l’aéroport régional de Lorraine, à mi distance de Metz et de Nancy, un jugement de Salomon, comme ça, tout le monde est mécontent. Remarque, c’est vrai que l’autoroute ne passe pas dans le coin, seulement à une quinzaine de kilomètres. Et en plus, ils ont implanté la gare TGV à un autre endroit, à une dizaine de kilomètres. Alors, mettre la capitale là, ce serait le pied, tu aurais au moins la justification des investissements tordus d’hier. La principale info du mercredi, c’est bien sûr la "normalisation" des relations entre les États-Unis et Cuba. Là, c’est du costaud. De l’historique. La Baie des Cochons, c’était il y a cinquante-deux ans. Fidel Castro est toujours vivant, tu te rends compte ? Quatre-vingt-huit ans, quelques mois plus jeune que Giscard. C’est le jeune frérot (quatre-vingt-trois ans) qui a signé, Raul, le chef depuis six ans. Pas de monarchie héréditaire, enfin, une monarchie fraternelle. Raul et Barak ont rendu hommage au pape pour sa médiation. La monarchie héréditaire, la vraie, fils, frère, épouse, c’est plutôt les États-Unis. En 2016, dans moins de deux ans, tu auras peut-être un duel entre Jeb Bush et Hillary Clinton. C'est officiel depuis mardi : Jeb se lance dans la bataille. Jeb, c’est le frère de George W (le junior un peu maboul, l’Irakien, diront les méchants livres d’histoire), et fils de George WH (le senior, toujours vivant à quatre-vingt-dix ans, très vieux, l’intello, lui, assez raisonnable pour s’arrêter quand il le fallait). Jeb a déjà fait de la politique, il était gouverneur de la Floride quand son frère se faisait élire à la Maison Blanche. C’est grâce à quelques bulletins mal perforés de Floride que le frérot a gagné malgré le succès arithmétique d’Al Gore qui, par dépit, s’est réfugié dans le Nobel et dans le cinéma engagé. Quant à Hillary, elle est bien connue des services de la Maison Blanche pour avoir été l’Anne Sinclair de Bill le Président, celui de l’affaire Monica, celui aussi des accords de Dayton quand même. Sénatrice, elle a été pendant quatre ans la chef de la diplomatie américaine. Si jamais elle est candidate, ce sera la première fois depuis pas mal de temps qu’un patron du Secrétariat d’État sera en lisse. Euh, en lice je veux dire. Ni Condoleezza Rice, ni Colin Powell n’ont franchi ce pas. Ni même Kissinger, toujours vivant (quatre-vingt-onze ans). Bon, je te donne quand même une nouvelle plaisante. Toujours ce mercredi, alors qu'on fêtait le soixante-dix-huitième anniversaire du pape, l’Union postale universelle a annoncé que le Père Noël (le roi UPU) croulait sous les missives des enfants : plus de sept millions de lettres ! C’est fou ! Amusant : la dépêche est localisée …au Pôle Nord ! Et quelle tuile va nous venir dans les heures qui suivent ? Les notes à l’école, c’est fait, les taxis, c’est fait, les retraites, c’est en train d’être fait, le travail le dimanche, c’est fait, franchement, si les magasins n’étaient pas ouverts le dimanche, t’arriverais à faire tes courses de Noël ? …non, je ne vois plus qu’un truc, une nouvelle bonne nouvelle sensationnelle venant de Rosetta, la p’tite copine qui flirte avec Tchouri. Passe-moi l’eau ! Tchink ! NB. Et pendant ce temps, sans beaucoup d'échos médiatiques, trois cent cinquante mille litres de mazout viennent de se déverser dans la plus grande mangrove du monde au Bangladesh, la baie du Bengale, un paradis de la diversité, au cœur des Sundarbans, après la collision d'un pétrolier le 9 décembre 2014, engendrant un immense désastre écologique.

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    Le 9 octobre dernier, on aurait dit que le ciel lui était tombé sur la tête ! En fait, chaque fois qu’on le voit s’exprimant publiquement, c’est le ciel qui lui tombe sur la tête. Patrick Modiano était particulièrement choqué d’apprendre qu’il venait de recevoir le prix Nobel de littérature 2014. Eh ben, ça y est, il l’a réellement. Il est allé le chercher à Stockholm le dimanche 7 décembre 2014 et il a dû, comme le veut la coutume, prononcer un discours à dix-sept heures trente. L’intervention est visible ici : http://www.youtube.com/watch?v=p4BpdXSB7XQ Je ne résiste pas au plaisir de proposer quelques extraits très plaisants de ce discours. 1/ Pas du tout à l’aise à l’oral : « C’est la première fois que je dois prononcer un discours devant une si nombreuse assemblée et j’en éprouve une certaine appréhension. On serait tenté de croire que pour un écrivain, il est naturel et facile de se livrer à cet exercice. Mais un écrivain – ou tout au moins un romancier – a souvent des rapports difficiles avec la parole. » Et si l’on se rappelle cette distinction scolaire entre l’écrit et l’oral, un romancier est plus doué pour l’écrit que pour l’oral. Il a l’habitude de se taire et s’il veut se pénétrer d’une atmosphère, il doit se fondre dans la foule. Il écoute les conversations sans en avoir l’air. » 2/ La raison de l’écriture : « Et puis j’appartiens à une génération où on ne laissait pas parler les enfants, sauf en certaines occasions assez rares et s’ils en demandaient la permission. Mais on ne les écoutait pas et bien souvent on leur coupait la parole. Voilà ce qui explique la difficulté d’élocution de certains d’entre nous, tantôt hésitante, tantôt trop rapide, comme s’ils craignaient à chaque instant d’être interrompus. D’où, sans doute, ce désir d’écrire qui m’a pris, comme beaucoup d’autres, au sortir de l’enfance. Vous espérez que les adultes vous liront. Ils seront obligés ainsi de vous écouter sans vous interrompre et ils sauront une fois pour toutes ce que vous avez sur le coeur. » 3/ Le métier d’écrivain : « Curieuse activité solitaire que celle d’écrire. Vous passez par des moments de découragement quand vous rédigez les premières pages d’un roman. Vous avez, chaque jour, l’impression de faire fausse route. Et alors, la tentation est grande de revenir en arrière et de vous engager dans un autre chemin. Il ne faut pas succomber à cette tentation mais suivre la même route. C’est un peu comme d’être au volant d’une voiture, la nuit, en hiver et rouler sur le verglas, sans aucune visibilité. Vous n’avez pas le choix, vous ne pouvez pas faire marche arrière, vous devez continuer d’avancer en vous disant que la route finira bien par être plus stable et que le brouillard se dissipera. » 4/ Somnambule : « Un demi sommeil ou bien un rêve éveillé. Un romancier est souvent un somnambule, tant il est pénétré par ce qu’il doit écrire, et l’on peut craindre qu’il se fasse écraser quand il traverse une rue. Mais l’on oublie cette extrême précision des somnambules qui marchent sur les toits sans jamais tomber. » 5/ Pourquoi toujours sous l’Occupation : « Dans ce Paris de mauvais rêve, où l’on risquait d’être victime d’une dénonciation et d’une rafle à la sortie d’une station de métro, des rencontres hasardeuses se faisaient entre des personnes qui ne se seraient jamais croisées en temps de paix, des amours précaires naissaient à l’ombre du couvre-feu sans que l’on soit sûr de se retrouver les jours suivants. Et c’est à la suite de ces rencontres souvent sans lendemain, et parfois de ces mauvaises rencontres, que des enfants sont nés plus tard. Voilà pourquoi le Paris de l’Occupation a toujours été pour moi comme une nuit originelle. Sans lui je ne serais jamais né. Ce Paris-là n’a cessé de me hanter et sa lumière voilée baigne parfois mes livres. » 6/ Délaissez les biographies des écrivains et lisez leurs œuvres : « Seule la lecture de ses livres nous fait entrer dans l’intimité d’un écrivain et c’est là qu’il est au meilleur de lui-même et qu’il nous parle à voix basse sans que sa voix soit brouillée par le moindre parasite. » 7/ La page blanche : « Mais c’est sans doute la vocation du romancier, devant cette grande page blanche de l’oubli, de faire ressurgir quelques mots à moitié effacés, comme ces icebergs perdus qui dérivent à la surface de l’océan. » Je rajoute également un autre court extrait des paroles de Patrick Modiano, tiré de son livre "La Place de l’Étoile" publié en 1968 : « Au mois de mai 1942, un officier allemand s’avance vers un jeune homme et lui dit : "Pardon, monsieur, où se trouve la Place de l’Étoile ?". Le jeune homme désigne le côté gauche de sa poitrine ». Cette citation a été proposée par un livre de "culture digest" qui ne savait pas que Modiano allait devenir Nobel mais qui lui avait quand même consacré quelques pages, "La Littérature française du XIXe siècle à nos jours, pour les Nuls" (de Jean-Joseph Julaud). Et cet ouvrage avait excellemment bien décrit les prestations orales de Patrick Modiano (principalement chez Pivot) : « L’auteur, débordé par son désir de taire l’essentiel tout en communiquant l’accessoire nécessaire à la dimension du petit écran, faisait prendre le départ à sa phrase et l’abandonnait ensuite dans un choix de mots où forcément elle s’empêtrait. Pendant ce temps, il laissait filer son regard sur l’oblique d’une feinte indifférence, tout en esquissant un sourire d’une telle bonté émue qu’on n’avait plus qu’une hâte : le retrouver dans "La Place de l’Étoile" ».

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    Nous étions plusieurs dans ce lit, cette nuit-là. Il ne restait plus de place pour nous, trop encombrés que nous étions par d'autres corps, d'autres peaux. Nous étions de trop dans ce lit-là pour ne pas passer à côté de nous-mêmes. Comment même ressentir du plaisir quand d'autres mains nous happent, d'autres bouches s'accolent pour usurper nos respirations. Était-ce nos corps que nous caressions ou les images hantées de ceux qui avaient précédé ? Nous étions trop tôt venu dans ce lit-là, accompagnés d'ombres qui condamnaient le devenir de cette nuit-là. A reproduire les gestes que l'autre aimait, cet autre, ailleurs, si présent dans son absence. Cet autre non encore dissous par le temps. Nous n'étions pas nous, dans ce lit tous les deux. Nous n'étions que l'ombre de nous-mêmes, corps dissociés de cette étreinte, fantômes enfermés dans les souvenirs rapaces. L'harmonie des corps ne pouvait avoir lieu quand le chant obsédant des sirènes résonnait en nos mémoire, limbant tout devenir. Nous n'étions pas dans cette nuit-là mais dans le testament de nuits plus anciennes dont nous n'avions pas fini le deuil. Deux naufragés qui n'avaient pu que jouer de tendresse, tenter d'amortir l'amer. Notre besoin de consolation était impossible à rassasier tant nous en étions à comparer l'avant. Nous n'étions pas là cette nuit-là. Deux âmes écartelées dans le même espace. Spectateurs dans l'impuissance d'être là, d'anéantir ce qui n'était plus mais restait l'axe central autour duquel nous gravitions sans fin. Nous étions tous deux imposteurs dans la nuit des temps, attendant la reverdie qui n'aurait pas lieu cette nuit-là, cette nuit qui nous avait piégés. Nuit miroir qui nous renvoyait l'image de pantins désarticulés, réfléchissant des corps trop impatients d'aller de l'avant. Nous n'étions pas nous cette nuit-là mais une juxtaposition de nous dissemblables qui ne pouvaient s'associer et fusionner. Nous n'étions pas là, cette nuit-là, dans ce lit-là.

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  • 12/18/14--06:42: Emmenez moi! par ByeStella
  • Bonjour PCC ! Le temps passe vite ! Encore une année écoulée! Celle ci j'ai plutôt hâte qu'elle se termine , elle m'a bien éprouvée avec toutes ces putineries PCC est un site de rencontres ,et depuis que j'ai débarqué en 2010, j'en ai fait de bien belles J'aimerai souhaiter à toutes celles et à tous ceux que j'ai connu ici même si la vie qui nous entraîne fait que l'on se perde parfois de vue, de belles fêtes de fin d'année en espérant que la prochaine qui va vite arriver soit un peu plus sereine dans ce monde qui semble partir à la dérive! Arrimons nous et accrochons nous bien au bastingage pour 2015 mais allons y quand même et embarquons nous encore ! A vous tous qui m'avez emmenée aux pays des écrits Vos pseudos en chanson ! S'il vous plaît, Emmenez moi y encore ! http://youtu.be/vxOBxUmEe9o?list=RDvxOBxUmEe9o Pour La vraie Petite Marie http://youtu.be/GgBgm-WbBKI Ce Jules là http://youtu.be/7rZbvi6Tj6E Mon oriental sentimental http://youtu.be/9XuP2MxhEKk La marcheuse Rock http://youtu.be/0KaWSOlASWc Untitled ...Doctor http://youtu.be/oaOyoVS-IAI Le poète montagnard http://youtu.be/VbekG3glB5g Une bien jolie fleur http://youtu.be/1fl5HJV8DYY L'indienne soyeuse http://youtu.be/kG_FxGdhF0w La belle lune bleue http://youtu.be/dqwSde_eEv4 Celle qui avait une ferme en Afrique http://youtu.be/Rjzf_cWzlp8 Le dragon voyageur au grand cœur http://youtu.be/E_Tx5ZJ8Y-8 Baba http://youtu.be/8HOlWFkJjqY Le voleur de bicyclette http://youtu.be/xZSvDn05Pz8 L'itinérante qui s'est arrêtée dans ma vie http://youtu.be/0CBeJJJs8lg Une fille de la campagne http://youtu.be/srb0lAK5wbA La chiquita de mi barrio http://youtu.be/ATW2KttIMzU Celle qui m'a fait taper sur les bambous http://youtu.be/YN-55DGNZMs A vous autres aussi que j'aimerai rencontrer ! Touchant de constater que si cela arrive petit à petit les rencontres , cela arrive quand même ! Cette semaine j'ai reçu un message dont je me réjouis m'annonçant une visite en tout début d'année prochaine. Alors les Anna, Magic,Téquila,Françoise, Philémon , Minos et compagnie ,j'en oublie surement ! C'est quand que l'on se voit? A l'an que ven ?comme on le dit chez moi!

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    Du copié coller pour se remémorer: A chaque jour suffit sa peine, à condition que la paye tombe bien en fin de mois. A l'inverse des hommes, l'océan se retire pour que la mer garde ses poissons. A l'éternelle triple question toujours demeurée sans réponse: «Qui sommes-nous? D'où venons-nous? Où allons-nous?» je réponds: «En ce qui me concerne personnellement, je suis moi, je viens de chez moi et j'y retourne». A la faculté de médecine et de pharmacie, il est communément admis que les comprimés ne sont pas systématiquement des imbéciles diplômés. A quoi servirait l'intelligence si l'imbécillité n'existait pas? Bien mal acquis ne profite jamais qu'à ceux qui sont assez malin pour ne pas se faire épingler. Bien que chacun estime avoir droit au bonheur, la plupart des gens entrent inconsciemment dans le malheur comme on entre en religion. C'est ce qui divise les hommes qui multiplie leurs différends. C'est quand les accents graves tournent à l'aigu que les sourcils sont en accents circonflexes. C'est quand on a raison qu'il est difficile de prouver qu'on n'a pas tort. Ce n'est pas en tournant le dos aux choses qu'on leur fait face. Ce n'est pas le tout d'être une femme du monde. Encore faut-il savoir de quel monde il s'agit. Ce n'est pas parce qu'en hiver on dit «fermez la porte, il fait froid dehors», qu'il fait moins froid dehors quand la porte est fermée. Celui qui, dans la vie, est parti de zéro pour n'arriver à rien, n'a de merci à dire à personne. Ceux qui ne savent rien en savent toujours autant que ceux qui n'en savent pas plus qu'eux. Ceux qui pensent à tout n'oublient rien et ceux qui ne pensent à rien font de même puisque ne pensant à rien ils n'ont rien à oublier. Concierge souhaite une loge au sixième étage pour descendre le courrier au lieu de le monter. Cyclistes, fortifiez vos jambes en mangeant des oeufs mollets. Dans la lutte pour la vie celui qui est à bout de souffle, à bout d'arguments, à bout de moyens et à bout de tout n'est heureusement et par contre pas au bout de ses peines. Dans notre société de consommation et d'épargne, un homme qui a de l'argent est un homme considéré. Un homme qui n'en a pas est également un homme considéré, mais lui, comme un pauvre type. Directeur pompes funèbres cherche personnel ayant le sens de l'humour, connaissant particulièrement la mise en boîte. Dédaigner l'argent, c'est faire preuve de désintéressement, surtout quand il s'agit de celui qu'on doit. Etre dur de la feuille n'empêche pas pour autant d'être mou de la branche et réciproquement. Il est démocratiquement impensable qu'en République il y ait encore trop de gens qui se foutent royalement de tout. Il est plus facile de faire sortir le dentifrice du tube que de l'y faire rentrer. Il y en a qui sont faits pour commander et d'autres pour obéir. Moi je suis fait pour les deux: ce midi, j'ai obéi à mes instincts en commandant un deuxième pastis. La mort n'est, en définitive, que le résultat d'un défaut d'éducation puisqu'elle est la conséquence d'un manque de savoir vivre. La seule chose qu'on puisse tenir pour certaine quand une femme vous dit: «Je serais prête dans cinq minutes», c'est qu'elle parle français. Le carré est un triangle qui a réussi, ou une circonférence qui a mal tourné. Le chemin le plus court d'un point à un autre est la ligne droite, à condition que les deux points soient bien en face l'un de l'autre. Le lagon est à la lagune ce que chacun est à sa chacune. Le plus court chemin d'un point à un autre est exactement le même en sens inverse. Le poulet cocotte n'a aucun rapport avec les policiers efféminés. Le proverbe empirique qui dit: «C'est en forgeant qu'on devient forgeron» est un proverbe de vérité, car il est plutôt rare, en effet, qu'en forgeant, un forgeron devienne petit télégraphiste ou mannequin de haute-couture. Les bons crus font les bonnes cuites. Les femmes, c'est comme les chaussures: quand on les quitte, il faut y mettre les formes. Les pense-bêtes sont les porte-clés de la mémoire. Les rêves ont été créés pour qu'on ne s'ennuie pas pendant le sommeil. Les suppositoires à la nitroglycérine sont beaucoup plus efficaces que ceux à la glycérine pure, mais se révèlent beaucoup plus bruyants. On dit d'un accusé qu'il est cuit quand son avocat n'est pas cru. Plaie d'argent n'est pas mortelle, sauf pour ceux qui en meurent parce qu'ils sont totalement démunis. Rien ne sert de pisser si on n'en a pas envie S'il y avait moins de monde dans la foule, il y aurait plus de place pour chacun. Sans l'invention de la roue, les coureurs du Tour de France seraient condamnés à porter leur bicyclette sur le dos. Savoir se rendre antipathique, c'est bien; savoir se rendre odieux, c'est mieux. Se rappeler quelque chose est encore le meilleur moyen de ne pas l'oublier Pierre Dac (1893-1975)

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    Rocky aimait autant les cimetières qu'il détestait la compagnie des hommes. Il s' étonnait toujours de la fatuité de ces derniers, de leur vanité et de leur outrecuidance. Il était consterné de les voir si enclins à la médiocrité, et se contenter de si peu. Aucune grandeur chez la plupart. Aucune ambition digne de ce nom. En fait ils parlaient beaucoup et fanfaronnaient tout autant. Mais ce n'était qu'esbrouffe ! et pathétique. Dans les cimetières, il y a des arbres centenaires, de hauts cyprès de Florence, des allées ombragées, des chants d'oiseaux, des fleurs partout. On y est bien. Il n'y a personne. Quelques jardiniers occupés. Une ou deux pleureuses à genoux sur le marbre froid, une brosse à la main et l'eau d'un arrosoir pour faire briller. Presque personne. Quelques rares visiteurs. Tranquilles et absorbés. Historiens, détectives, sociologues, ou simplement poètes, ils cherchent un nom, une photo. Les tombeaux, ils aiment ça. Tout ici est propice au recueillement. On s'y sentirait presqu' obligé. Chacun prend une mine grave. Un air de circonstances. On parle à voix basse. Sans sourire. On use de gestes étroits et de pas lents. On respecte l'injonction. On fait silence. Rocky n'est pas impressionné . Il vient de chausser ses baskets. Tous les matins, il franchit en courant sur le coup des neuf heures, la grille du Cimetière Saint Nazarre : provocation ou stupidité, il y a quelque chose de choquant dans cette légéreté. Négligeant les panneaux, faisant fi de la règlementation et de la bonne tenue exigée en ce lieu, Rocky entreprend ainsi chaque jour le tour du cimetière en petites foulées, selon le même rite, en commençant son parcours par l'entrée nord. Il le connait par coeur ce jardin là. Il en a essayé des cimetières. De plus petits, de plus grands. Celui-ci est du reste parfait. Autant par sa superficie que par son agencement qui lui permet de suivre les méandes d'allées et les labyrinthes de buis odorants sans trop s'y perdre. Rocky n'est pas un facétieux. Il ne cherche pas à troubler l'ordre public. Il fait simplement son jogging dans un cimetière. Ce n'est peut-être pas très orthodoxe, aux yeux des promeneurs médusés, mais ce n'est pas un délit caractérisé, (enfin, pour le moment) , non, ce n'est pas encore un délit, il n' empêche que cela suscite -il le voit bien- une certaine réprobation. Silencieuse et polie mais tout de même ! Il s'attend tous les jours à voir débarquer le gardien des lieux , fonctionnaire assermenté si ça se trouve, lui coller un procès-verbal, pour atteinte aux bonnes moeurs. Il reconnait qu'il pourrait paraitre offensant pour les familles de le voir ainsi courir indifférent à leur chagrin, mais après tout il reste décent et ne porte pas de short. Bien sûr que l'idée de courir dans un cimetière est saugrenue. Intolérable même pour certains. Un cimetière ça se respecte. Et il s'agit en effet de respecter "l'ordre des choses" ! D'un côté les vivants. Avec leurs affaires, leurs bavardages, leurs routines, leur petit train , leurs fêtes et leurs amours. De l'autre les morts. Avec l'éternité comme horizon. D' un côté la vie, le mouvement, le bruit. De l'autre l' immobilité, le silence. Cet équilibre est fragile, et demande à être respecté sous peine de s'effondrer. Il s'agit de nos dernières valeurs. Refuges. Le repos éternel a besoin de tranquillité. Personne n'a le droit de semer le désordre ici, derrière ces hauts murs d'enceinte. Ni de se faire remarquer, par des comportements abusifs ou hystériques. Ici, il ne s'agit vraiment pas de faire une distinction entre les uns et les autres. Morts ou vivants tous pareils. A quoi bon faire envie aux gisants ? leur faire regretter leur condition d'humains .... Rocky avait carrément négligé de lire la règlementation affichée à l'entrée principale, il ne lisait jamais les règlementations d'ailleurs. Rocky se sentait un peu anarchiste en vérité. En courant parmi les morts il s'exposait à devenir un contrevenant ! et à s'attirer les foudres d'une justice en mal de coupables ! et de petite monnaie.... Non, Rocky n'était pas homme à se laisser impressionner. Ce qui importait c'était d'avoir de bonnes chaussures. Les allées caillouteuses, les racines, les creux, les bosses, il savait les éviter. Il était devenu l'as du contournement. L' endroit était vaste. Il pouvait faire ses tours sans encombre, sans risquer de tomber sur une cérémonie ou des familles en pleurs, ce qui évidemment mettrait tout le monde dans l'embarras. Au début, il se sentait passablement gêné. Déplacé même. Il ne pouvait s'empêcher de songer à tous ces corps pourrissants sous terre ou allongés dans les caveaux glacés, déjà poussière, ou squelettes ou encore rongés par les vers, et cela le rendait un peu nauséeux. Courir entre les tombes c'est déjà l'outre-tombe et il se souvenait de Chateaubriand dont Adrianne lui avait vaguement parlé un soir, mais qu'il n'avait bien sûr jamais lu. Courir parmi les morts tout de même cela ne se faisait pas ! (Rocky croyait entendre la voix de sa mère scandalisée.) Au début, il hésita. Peu à peu, il s' habitua. Puis il se prit à enjamber les stèles sans plus de scrupules, et réalisa enfin avec soulagement qu'il ne dérangeait personne. Il avait fini par trouver ce décalage -entre lui le vivant et eux les morts-, plutôt réjouissant. Ce n'était tout de même pas de sa faute s'il était vivant, plein de fougue, les muscles bondissants, et sa foulée alerte ! Eux étaient morts, c'était dommage, mais qu'y pouvait-il, lui ? Etaient-ils seulement là ? il ne restait rien d'eux, de leur passage, de leur souffle, rien du tout. Ils n'allaient pas revenir, ressusciter et sortir de leurs caveaux scellés pour lui signifier le silence !!! Ils s'en fichaient bien du bruit, ceux-là qui dormaient à présent du sommeil des Justes ! Au fil du temps, Rocky apprit même à ne plus même se sentir si différent de tous ces immobiles. Il sentait bien qu'il courait, mais en même temps, il éprouvait la sensation étrange de ne pas bouger. De se tenir au centre de lui-même et de sa course. Même sa respiration était sereine et son souffle presqu'irréel. Il volait imperturbable au-dessus des morts, eux aussi imperturbables. Tout était dans l'ordre. Rocky ne dérangeait personne. Il se sentait même désormais plus proche de tous ces absents. Il ignorait leurs noms. Mais cela n'avait aucune importance. Dédié, si elle veut bien, à Stephanaa ...si légère, "qui marche au bord des tombes..." Tout petit divertissement à la manière de Roger-Pol Droit (101 expériences de Philosophie quotidienne chez Odile Jacob 2001)

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    Finalement, je le trouve plutôt sympathique, moi, ce Pazuzu (figure du "diable", soi-disant) et même inoffensif, sauf pour les psys et les curetons qui s'en approchent d'un peu trop près (et je le comprends). D'ailleurs, c'est une créature pleine de bon sens et d'intuitions judicieuses (citation : « ta mère suce des biiiiiiiiiiiiiiiiiiip... en enfer », dit-il au prêtre qui l'exorcise), on en vient presque à se demander si le « démon » ne représente pas une forme de sagesse directement issue de la contre-culture américaine et de la dévastatrice révolution sexuelle prônée par Wilhelm Reich and co. Bon, c'est quand même pas pour rien qu'on le ressort du placard de son antiquité (1er millénaire avant JC) mésopotamienne, le Pazuzu : car il est venu répandre la bonne parole de son évangile d'antéchrist parmi nous. Et alors devinez l'horreur et la déception, quand il se retrouve, ni plus moins, ligoté sur un lit pour on ne sait quelles séances de tortures SM impliquant uniformes de prêtraille, eau « bénite » du robinet même pas bénite, et insanités proférées du type « pater noster » et autres « ego te absolvo »... Non mais avouez qu'il y a de quoi recracher la purée de pois verts, non ? Un peu plus de quarante ans après sa sortie (1973, si j'ai bon souvenir, car je naquis cette année-là) (et, précision : je ne suis pas l'Antéchrist), « L'exorciste » est un film qui résiste. Ce, dans tous les sens du terme. Je pense même qu'il inaugure non seulement la tradition du film d'exorcisme qui se poursuit jusqu'à nos jours, mais la lignée non moins recommandable des films dits « herméneutiques », dont « Shining » (1980), « Mulholland drive » (2001), et même « Enemy » (2014) ne sont que les avatars... C'est simple (ou plutôt non, c'est compliqué), il se pourrait bien que face à « L'exorciste » nous soyons comme la troupe dubitative des psychiatres, médecins, prêtres, herméneutes, etc. face au corps hystérique de la jeune Regan : impuissants et un rien embarrassés, voire humiliés, car aucune explication ne fonctionne. En effet, de quoi s'agit-il au juste ? Ici, les hypothèses divergent. La première lecture, immédiate, du film, nous conduirait dans les allées obscures, voire obscurantistes, du renouveau du religieux en guise de retour du refoulé en cette époque d'incroyance triomphante que furent les 70s, époque qui d'ailleurs commence sérieusement à douter d'elle-même, avec la fin de la guerre du Vietnam et le reflux des mouvements de contestation dans une Amérique bientôt post-nixonienne. En d'autres termes, disons-le franchement, un discours rébarbatif du type « ben voilà, le diable, vous y croyez plus alors prenez-vous un bon coup de Pazuzu dans les gencives, hein, et qui c'est qu'arrive à nous en débarrasser à la fin ben c'est les curetons et pas n'importe lesquels, des cathos bien papistes de chez le Pape du Vatican, voilà, c'est bien fait pour vous, bande d'athées visqueux... » Cette lecture présente néanmoins quelques petits inconvénients, et puis il ne faudrait pas non plus prendre William Friedkin pour un con. Car tout le monde en a pour son grade dans le film, y compris les prêtres, qui se mettent à douter avant même d'avoir rencontré le monstre ! N'apprend-on pas dès le début du film que le jeune prêtre Damien Karras (curieuse coïncidence : Damien est le prénom du petit garçon diabolique du film de malédiction « The omen », sorti trois ans plus tard, en 1976) est en train de perdre la foi, au moment où il demande à son supérieur à être muté ? Quant au père Merrin, joué par Max von Sidow, il ne refuse guère un bon whisky quand c'est proposé par la mère de la petite, tout en confessant, n'est-ce pas, sa « faible volonté »... Et ce n'est pas la séance d'exorcisme qui va nous remettre ces joyeux drilles sur le droit chemin, même si Karras a fait le détour par Rome, car la seule façon de se délivrer du démon sera, au choix, l'infarctus, ou bien devenir le démon lui-même ! Spoiler : donc, à la fin, c'est Pazuzu qui gagne, la morale est sauve, les enfants peuvent aller se recoucher. Pour un retour du religieux, on a vu mieux (ou alors, c'est plutôt la religion de Marilyn Manson). Evidemment, pourrait-on objecter, il se passe des choses bizarres quand même, il y a des lits qui restent en apesanteur, des objets qui volent, des armoires qui se déplacent... De plus (autre objection), le fait que le retour du démon se fasse chez une famille incroyante ressemble à un rappel à l'ordre pour un siècle péchant volontiers par excès de rationalisme. Oui, c'est certain, le film prend le surnaturel au sérieux et lui donne consistance, autant que le fera, quelques années plus tard, « Shining » (et avec quel brio!). C'est tout l'intérêt de ce genre de film : donner à voir (et à tâter) de l'inexplicable. Ce qui n'implique pas pour autant l'apologie d'une quelconque foi chrétienne, ni même d'une foi au diable. Concernant le second argument (Pazuzu s'en prend aux incroyants), on peut le retourner dans tous les sens : il peut aussi bien montrer que l'exorcisme ne fonctionne pas précisément à la foi (la mère, incarnée par Ellen Burstyn, n'a pas plus la foi à la fin du film qu'au début, alors que la « guérison » de sa fille a nécessité le sacrifice de deux curetons : ingrate, va !). C'est à ce moment qu'on peut sortir un deuxième atout, une carte maîtresse, celle-là : la lecture psychanalytique ! Ah, nous y voilà... Deuxième interprétation, donc. Qui a le mérite d'être rassurante, « rationaliste », de produire une vraie de vraie explication : la petite Regan (Linda Blair, dont ce fut le rôle définitif) incarnerait tout simplement l'hystérique freudienne. Qu'on se souvienne des symptômes d'Anna O tels que rapportés par Sigmund Freud : paralysie du bras droit, soif inextinguible, oubli de la langue maternelle, souvenir d'une comptine en anglais, etc. C'est ici tout le corps qui s'exprime : le corps devient le symptôme de l'hystérique, un corps-langage, un corps-signifiant, un corps qui donne à voir le refoulé lui-même, en personne, comme un démon qui s'emparerait tout-à-coup de lui pour en faire perdre la maîtrise, et lui substituer un autre corps, un corps symbolique scarifié et ouvrant toutes les plaies des blessures remontant à l'événement traumatique. Bien sûr, la sexualité n'est pas loin (Regan est une pré-adolescente en plein questionnement sur sa sexualité et sur celle de sa mère), Oedipe non plus (le père absent), les seules figures symboliques paternelles étant soit des prêtres, soit un ami de sa mère, un réalisateur alcoolique au comportement un peu trouble, dont le « mal » semble d'ailleurs annoncer celui de Regan comme un symptôme avant-coureur. Du côté de cette lecture, on a une référence incontournable en la personne du philosophe et psychanalyste Slavoj Zizek, dont je recommande le visionnage de l'excellentissime « Guide du pervers au cinéma », un DVD de près de trois heures qui explique les grands thèmes de la psychanalyse en revisitant l'histoire du cinéma. Zizek s'attarde notamment sur la voix de la possédée, cette voix qui n'est plus la sienne : selon Zizek, la voix, c'est à la fois le « corps » de notre personnalité (de même que la langue est un corps, on oublie trop souvent que la langue est charnelle, que le "logos" s'est fait "chair", comme disait Jean), notre identité profonde, et en même temps cet autre qui se loge en nous et nous échappe, lorsque la voix se dérègle ou qu'elle continue à parler sans substrat, comme dotée d'un inquiétant pouvoir d'autonomie (un peu comme les mâchoires qui continuent à claquer toutes seules hors de la gueule du loup chez Tex Avery). Et surtout, il y le corps scarifié, le corps « couturé » de partout de l'hystérique, ce corps-symptôme, véritable plaie à vif, et qui « parle » lui-même : quelle force parvient ainsi à écrire sur la peau du ventre de la jeune fille déjà devenue « autre », les mots « HELP ME » ? Et comment en vient-elle/il à s'exprimer à l'envers (à l'envers de la peau, mais aussi à l'envers de la langue, en « verlan », méthode d'inversion qui sera réutilisée par Kubrick dans le fameux « Redrum » de « Shining ») ? La scène restée célèbre où la possédée descend les escaliers à l'envers, ou encore les tours à 360° de la tête échappant à tout contrôle, ne sont pas autre chose que les signes de cette inversion, de cette « dé-langue » inversant tous les signes conventionnels du langage et du corps, en libérant le contenu purement sexuel des mots, leur refoulé inconscient (dont Freud a beaucoup commenté les « lapsus », ces petits glissements intempestifs de plaisir). Un vrai « retournement », donc (à 360°, vous suivez?) Mais il y a, à mon avis, plus inquiétant encore dans le film. C'est qu'il ne s'agit pas seulement de l'inconscient de la petite fille, ni même de sa mère (contrainte à l'abstinence sexuelle pour une raison qu'on ignorera toujours), mais ça circule partout, dans toute la ville, bien au-delà de la maison où la famille est confinée. Freud avait bien expliqué le caractère contagieux, communicatif, de l'hystérie (comme l'exemple de ce pensionnat de jeunes filles dont toutes les pensionnaires étaient devenues dépressives par identification inconsciente à la détresse de l'une d'entre elles apprenant la mort de son fiancée, alors qu'elle n'en avait parlé à personne!) : les églises sont profanées (on ne saura jamais par qui), la statue de la Vierge brutalement affublée de phallus aux seins, le réalisateur qui emploie la mère de Regan devient un peu fou, les prêtres dépriment et perdent la foi, ce au moment même où Pazuzu s'introduit dans la maisonnée. L'inconscient ne connaît pas les frontières et traverse les murs, comme les fantômes ! Si hystérie il y a, ce serait donc plutôt une hystérie collective (représentée par les fréquents rassemblements de foule autour de la maison, dont la foule initiale sur la scène de tournage du campus pourrait bien être la prémonition). Ce qui « explique » pourquoi Pazuzu est capable de psychanalyser notre pauvre prêtre venu exorciser Regan. Pazuzu, en effet, branche tout ce petit monde sur les électrodes de l'inconscient. Juste une remarque pour rappeler, en passant, que Freud lui-même s'est intéressé aux « névroses diaboliques », dont il commente un cas qui a eu lieu au 17ème siècle (il me semble que c'est dans L'inquiétante étrangeté et autres essais). Freud prend au sérieux le thème de la possession parce que celui-ci exprime, à sa manière mystique et effusive, une vérité profonde, qui est que nous sommes bien habités par une altérité, en un sens : le refoulé. Or, là encore, ça résiste, ça ne veut pas entendre raison, ça ne veut pas être expliqué, exorcisé aussi facilement. Car voici que le père Merrin entre en jeu, revenant d'on ne sait trop quel patelin du fin fond américain, appelé à la rescousse par Karras pour exorciser Regan. Et lorsque Friedkin nous fait le coup du plan à la Magritte (« L'empire des lumières ») pour la venue du prêtre, on sent qu'on est entré dans le vif du sujet, ça ne rigole plus du tout. Et que dit Merrin à Karras lorsque ce dernier veut lui expliquer l'histoire ? En substance, « ferme-là ! je ne suis pas là pour ça ». Merrin ne veut rien savoir de ni de Regan ni de son collègue lui-même, la psychanalyse c'est « bullshit » en comparaison de ce qui va se tramer maintenant. Pas question, donc, de confondre l'exorciste avec le psy : vous vous êtes trompés de section ! D'ailleurs, a-t-on déjà vu un psychanalyste rouer de coups sa patiente en l'insultant pour la guérir, a fortiori une fillette de douze ans ? Alors voilà, c'en est fini de l'hypothèse freudienne. Que reste-t-il en magasin ? J'ajoute que là où le film devient vertigineux, abyssal, voire métaphysique et nous mène en bateau pour nous larguer en pleine mer, c'est que c'est précisément lui, Merrin, qui est à l'origine du mal, puisque le début du film nous l'a montré ramenant d'Irak des petites statuettes déterrées et regardant droit dans les yeux la statue de Pazuzu. C'est totalement paradoxal, si on y réfléchit bien : le personnage dit le contraire de ce que le film est en train de dire à travers lui, à savoir « ne cherchez pas à expliquer, ne cherchez pas les origines, trouvez directement le mal », alors que le film, lui, nous met sous le nez le personnage qui a tout « enclenché », comme s'il nous invitait à une dangereuse quête des origines. Ce qui est certain, c'est qu'avec le retour de Merrin, une boucle est bien en train de se boucler, on est sur la bonne voie. Mais laquelle ? Hé bien... mais mon com est déjà beaucoup trop long, donc je vais m'arrêter là, et réserver la troisième hypothèse pour une prochaine fois : et alors, ce sera MA lecture du film, ni plus ni moins! (la meilleure, forcément). A suivre... PS : si vous n'avez pas vu le film, faites comme moi, qui l'ai découvert le week-end dernier, il n'est jamais trop tard pour vous repentir de vos péchés

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    Dans les années 90, nous étions fauchés, ça n’a pas beaucoup changé, nous sommes une famille de fauchés, ça doit être un truc qui se transmet de génération en génération, une sorte d’inné de la dèche ! :) Les seules vacances que nous nous autorisions c’était quelques jours dans le HLM où ma sœur vivait avec son deuxième mari et ses trois enfants en Bretagne ! Nous quittions donc notre HLM de banlieue orléanaise pour nous entasser mon mari, mon fils et moi dans le F3 de ma frangine ! Tous les gosses chacun de leurs côtés étaient excités comme des puces, et même si ma sœur et moi sommes littéralement opposées: caractère, goûts, façon de vivre ; nous avons une réelle joie à nous retrouver, le lien du sang est au dessus de toutes nos différences ; je crois qu’elle était aussi enjouée de nous recevoir que je l'étais de retrouver sa tribu. Les sandwiches mous et les odeurs d’essence des stations service nous enchantaient, nous partions en vacances en Bretagne ! et rien ne pouvait atténuer cette joie intense, pas même cette odeur de pisse et de bouffe qui envahissaient nos narines dès que l’on mettait les pieds dans le hall d’entrée ! Nous passions quelques jours formidables ! Ma sœur nous mitonnaient des p’tits plats, les gosses s’en donnaient à cœur joie de cavalcades, fous rires, balades à la plage, pêche aux moules et confidences le soir dans les chambres. Parfois c’était l’inverse ma frangine débarquaient dans le Centre, ses enfants restaient même pour les grandes vacances, et nous étions heureux tous ensembles. Un jour mon mari et moi avons décidé qu’il valait mieux avoir l’impression d’être en vacances toute l’année plutôt que quelques jours par an, adieu les châteaux de la Loire et vive le sentier des douaniers ! 17 ans déjà que nous avons posé nos valises en terre celte et il suffit que je roule quelques kilomètres pour ressentir cette vive impression d’être dépaysée, apaisée, en vacances ! Les quatre cousins et cousines sont devenus des hommes et des femmes et viennent même pour deux d’entre eux d’avoir des petits bébés. Pour des raisons professionnelles, ils sont tous partis vivre aux quatre coins de la France ( les p'tits cons ! :) mais de cette période de l’enfance, ils ont tissés des liens indéfectibles. Et vous savez quoi ? cette année nous nous retrouvons tous pour Noël !!! Alors voilà j’avais juste envie de partager cette joie intense qui m’étreint à cette perspective parce que p’têt qu’on mourra tous fauchés mais bordel on aura vécu de beaux moments de solidarité, fraternité, générosité, gaieté ! Yer Mat ! http://www.youtube.com/watch?v=xOrEtCXoRDM

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    Le regard décentré, et les seins ballants, Il fait tout noir dans son corps sage blanc, L'amour découvre la nuit sur ses seins, L'air tout ému, elle étire ses bras pleins, Et montre un sein mou et impalpable, Symbole cinglant de la mort inaltérable, Les boutons des seins, fin régal des lèvres Se gorgeant de délices sucrés de fièvre, Seins lourds, puissants, dandinés, balancés, Mille plaisirs pour un amour sein chronisé, Le regard décentré, et les seins ballants, Il fait tout noir dans son corps sage blanc.

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