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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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    Il y a dix mois, elles étaient quatre millions sept cent douze mille quatre cent soixante et une. Il y a un jour, elles étaient cinq millions cent huit mille soixante-six. Soit zéro virgule trois points de plus. Il y a trente-quatre mois, elles étaient beaucoup plus nombreuses, six millions quatre cent vingt et un mille quatre cent vingt-six, mais elles représentaient beaucoup moins. Elles ont atteint depuis un an le niveau d’alerte d’un quart des exprimées, soit un huitième du corps électoral. Elles ont perdu leur première place dans les urnes mais elles continuent à se retrouver en tête de gondole dans toutes les boutiques médiatiques. C’est simple, on ne parle que d’elles et cela leur donnent raison, puisque l’objectif, ce serait de parler de ceux dont on ne parlait plus. Toutes ces voix qui n’en forment qu’une seule, de camionneuse, vociférante, tonitruante, rassemblant tout ce que le pays compte de râleurs, de gueulants, d’aigris, de désabusés, de déçus, de candides, de crédules qui se croient incrédules… La victoire du ressenti, comme depuis plus d’un an, alors que seulement quelques sièges ont été conquis au premier round. Et au second round, jusqu’où iront-elles, ces voix des sans-voix, jusqu’à quel exécutif s’immisceront-elles ? La réalité, c’est qu’on ne gouverne pas avec un quart des voix, mais avec la moitié, dans une démocratie. La réalité, c’est qu’un parti, aussi gros soit-il, s’il n’atteint pas la moitié, doit savoir nouer des alliances. La réalité, c’est qu’un parti incapable de nouer des alliances pour atteindre la moitié est incapable de gouverner avec l’appui du peuple. Est incapable de représenter la majorité du peuple. La réalité, c’est qu’un parti qui a trois quarts des électeurs contre lui, c’est un parti dont le peuple ne veut pas. Absolument pas. Mais le story telling veut parler avec emphase, parce que ça fait vendre. Elle coûtera cher, ma voix, à défaut de mon âme.

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    Jerry bosse comme manutentionnaire pour un patron qui confectionne des baignoires. Tout baigne d'ailleurs pour Jerry, un boulot où il côtoie des collègues sympa et quelques jeunes femmes pleine d'atouts ;-) A la maison, tout pareil : un bon gros clebs jovial et un chat un peu peste, mais Jerry semble avoir la situation bien en main. Mais qu'est-ce qui va merder ? Où et quand la mécanique va-t-elle se mettre à dérailler ? Qu'est-ce qui fait que derrière un type bien sous tous rapports, se cache en fait un grand malade psychotique . . . Le film traite bientôt plus du dérèglement mental, du traitement de la schizophrénie, du laxisme de l'administration et de la perversion du système de santé. Ryan Reynolds (que ne connaissais presque pas....) m'a de suite physiquement rappelé Anthony Perkins en Norman Bates, bien halluciné - immergé dans son rôle pour le rendre incroyablement crédible. la mise en scène de Marjane Satrapi est elle de plus en plus Tim-Burtonienne (Cadrage - Déco - Couleurs vives - changements de tempo & surtout de Ton), drôle et vraiment décalée, mais avec toujours ce souci de surligner en rouge fluo son propos, le sujet qu'elle veut réellement traité. Bref, un bon film bien foutu, tantôt hilarant, tantôt d'une noirceur infinie et même parfois un peu gore.

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  • 03/27/15--06:54: Tempo par Jean-use72
  • Whiplash de Damien Chazelle (30 ans) avec l'excellent mais rare J.K. Simmons. The Movie de ce tout début d'année 2o15, qui bouscule et martyrise la peau ! Lomdacoté n'avait pas trop aimé, une grande partie de ceux qui l'ont vu pensent sans doute autrement, juste en jetant un œil intéressé sur les notes postées sur divers sites Cinéma :-p Mais mon propos n'est pas là, peu importe que truc ou chose est aimé ou détesté, l'essentiel est que moi-même y ai pris un grand plaisir. Ce qui m'a d'abord plu dans ce premier Film, ce sont les risques délibérément pris par D. Chazelle : se lancer dans un scénario reposant sur l'approche du difficile apprentissage de la musique au plus Haut Niveau, l'envers du décor et ce monde hyper-concurrentiel du Jazz en mode professionnel, surtout dans une ville comme New-York. Cette Exigence perpétuelle, cette bagarre exacerbée avec l'instrument - le professeur mais aussi les circonstances & opportunités, ce cursus assaisonné de tyrannie même si là, je le concède, le bouchon est parfois poussé un peu loin. Tout le monde n'est pas né fils de... avé une cuillère en Or massif à la bouche, façon Depardieu - Moati - Deneuve ou tant d'autres, et en effet, le seul exemple qui me semble judicieux dans le monde du Djazz est bien celui de Christian Vander, fils adoptif du Grand Maurice VANDER qui accompagna entre autres Claude Nougaro. Alors oui, dans le milieu de Muzik, il faut bosser et bosser encore et toujours même si vous vous appelé Michel Petrucciani - Peter Erskine ou Pat Metheny. Ça, Whiplash le décortique à fond, tout comme les rivalités, les vacheries courantes dans ce type d'établissement, d'Académie. Mais ce que je retiens surtout de ce film, c'est ce sens du Montage collant au discours, ici le Jazz, la difficulté du Bigband et forcément la batterie, cette Capture d'images et évidemment cette Bande-Son omniprésente qui fait la part belle aux formations typées D. Ellington - C. Basie ou encore le NDR Bigband. Le Bon Tempo oui, car ici tout repose sur la symbiose entre rythme - action & images, et je pense que sur ce point, Damien Chazelle a carrément tout Bon ! https://www.youtube.com/watch?v=zIP_gtjDtfE https://www.youtube.com/watch?v=f_bmXeLbr7k

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    Ce matin je me faisais la réflexion que tout le monde aime Camus. Les membres de PPC n'échappent pas à la règle. Que ce soit par conviction ou par l'aimable suggestion du logiciel PPC, on se jette sur Camus comme la misère sur le peuple. Camus ou le sens de l'absurde! Prométhée enchaîné! Le mythe de Sisyphe! On connait tout ça. On sait que L’Étranger commence par "Maman est morte ce matin" ou "Ce matin maman est morte", ou encore "Maman est morte aujourd'hui". Je ne sais plus. Un jour que je discutais avec une jeune anglaise en proie aux affres d'une dissertation sur le grand homme, je me vis asséner cette vérité irréfutable que L’Étranger était un roman de l'Absurde. J'en fus un peu interloquée, car j'avais jusqu'alors interprété ce roman comme une satire sociale qui dénonçait l'hypocrisie (quand on veille sa mère morte "aujourd'hui", on ne boit pas goulument un café au lait. Bon, goulument est peut-être un peu fort. Librement, peut-être?) Et d'expliquer à cette jeune anglaise qu'il y avait une grande différence en France, entre un café noir (un petit café même pas un "mug") et un café au lait. Elle ouvrait des yeux ronds comme des billes. Ce Meursault m'avait semblé à l'âge candide de l'adolescence, un personnage candide justement, qui ne s’embarrassait pas de faux semblants. Et bien sûr il était jugé pour la "désinvolture" qu'il avait montrée aux funérailles de sa mère (désinvolture qu'aucune société bourgeoise qui se respecte ne pouvait tolérer) à laquelle il ne vouait pas l'affection qu'on pourrait attendre d'un fils attentionné. Bref, j'avais une certaine considération pour ce Meursault si peu soucieux des conventions, indifférent à tout certes mais bon camarade, vivant au jour le jour. Mais un jour quel ne fut pas mon sentiment d'horreur quand je tombai sur une critique "très" critique, qui traitait Meursault de personnage "falot". J'étais indignée. Un homme qui ne craint pas de boire un café au lait auprès de sa bonne vieille morte, un homme qui a le courage de son manque d'émotion, ne méritait pas pareil qualificatif.. Je dus tomber d'accord avec l'auteur de l'article : ce personnage (que je ne jugeais pas "falot") n'avait pas de sentiments intenses, il était même dépourvu de tout sentiment, il n'avait aucune vie intérieure, c'était un "absent". Et cet homme sans existence sortait grandi de son combat avec la mort (ou l'idée de la mort), ce que Heidegger considère comme le début de la vraie vie (ce n'est pas de la prétention :D j'ai lu ça quand j'étais malade ça m'avait frappée) le début de vie...quand on en réchappe. A tout prendre Meursault était un héros malgré lui, peut-être à notre image si les circonstances l'exigeaient. Pour en revenir à l'objet de ce com' il est clair que c'est l'extrême simplicité de ce roman qui lui a valu d'être traduit dans une quarantaine de langues. Aucun autre exemple ne me vient à l'esprit. C'est pourquoi sur les quelques 10 œuvres que nous les PPCéens choisissons pour faire connaître nos goûts en matière de littérature il y a si souvent Camus, et si c'était 10 livres "L’Étranger" figureraient sur toutes listes.. "Le Premier Homme", publié en 1994, retrace la vie des ancêtres de Camus qui s'étaient vu donner des terres à défricher. C'est un livre très émouvant. J'espère que Cypou ne m'en voudra pas d'avoir abordé ce sujet dans un moment si dur pour lui. 28/03/15

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    Vaut-il mieux mourir à petit feu ou que la déchéance s’abatte d’un coup sur soi ? Dans les deux cas, de toute façon, l’issue est fatale mais le deuil est différent. Enfin, je parle de deuil, de fatalité, de mourir. Mais ce n’était pas de mourir qu’il s’agissait, c’était de vivre, et de vivre pleinement ce qu’il restait, peut-être de nombreuses années, peut-être quelques minutes. C’était le matin, il y avait du soleil, un soleil doux, un soleil auguste, mais quelques nuages tempéraient l’aridité. Il était tôt, environ dix heures du matin. Il valait mieux profiter de la journée. On est venu la chercher. Elle était prête, comme d’habitude, le sourire aux lèvres. Son dentier blanc ne faisait pourtant pas trop illusion. Elle n’était plus de la toute dernière fraîcheur. C’était donc debout, en forme, un peu courbée, très ridée, qu’elle a quitté son épade. Non, pas sa tablette tactile, mais son établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. On y entrait comme dans un moulin. On y sortait aussi comme dans un moulin. Des vols de vieux, serait-ce possible ? Techniquement, oui, c’était beaucoup moins sécurisé que les crèches et les écoles. On concevait plus facilement des vols d’enfants ou d’ados, mais des vols de vieux, incapables de vivre tout seuls, qu’il fallait laver, habiller, nourrir, soigner… franchement, qui en voudrait ? C’était d’ailleurs là le drame social, plus personne n’en voulait, et même les plus proches, les plus aimants, parfois s’épuisaient à la tâche, se tuaient même à les aider, tuer dans le sens propre du terme, encore que tuer, c’est toujours sale. Le seul garde-fou était le double bouton poussoir en bas et en haut à la fois, sur lequel il fallait appuyer simultanément et qui permettait d’ouvrir les portes, et le code pour en sortir. Il fallait être un résident drôlement doué et somme toute, qui n’avait pas besoin d’une structure médicalisée aussi aiguë, pour pouvoir en sortir tout seul. Elle, elle ne sortait pas toute seule, elle était avec des proches. Elle les reconnaissait même si cela devenait de plus en plus difficile de savoir exactement qui ils étaient pour elle. Elle reconnaissait les voix, les visages, les regards, l’humour, le respect, la personnalité. Ils étaient des familiers, c’était sûr, peut-être des amis, ou des parents, ses parents ? ils étaient peut-être trop jeunes, ou des frères et sœurs. Elle n’avait pas de frère. Des camarades d’école ? elle n’était pas allée à l’école très loin. Des enfants ? En avait-elle au moins ? Tout cela était assez confus mais ce qui était clair, c’était qu’ils étaient des proches, des familiers, sur qui s’appuyer, sur qui elle pouvait compter, qui la rassuraient, qui l’accompagnaient, qui la soutenaient. Ces images ont été à jamais fixées dans la mémoire flash. Le visage érodé par le poids des décennies, tellement qu’il était presque difficile de les compter avec les doigts des deux mains, les lunettes presque modernes, en tout cas, à la mode, les yeux un peu baissés, regardant le trottoir pour ne pas tomber, la bouche esquissant un léger sourire, comme une promesse de la joie annoncée, et cette chevelure blanche, le mouvement de ses cheveux coupés récemment, cette mèche presque romantique qui s’agitait discrètement sous la brise. La joie l’avait emporté sur la préoccupation de ne pas tomber. Elle était plus dans la discussion que dans la préoccupation. De ses sourires, on pouvait distinguer la jeune femme qu’elle a été, sa capacité à se laisser séduire et conduire, son incrédulité face aux plaisanteries. C’est qu’on ne pouvait pas la mener en bateau longtemps, même si son établissait avait été construit au bord du grand canal. On pouvait cependant la mener en automobile. Elle a pu ainsi atteindre une petite maison aux confins de l’agglomération. Le jour était très ensoleillé. Un soleil d’été si éclatant, où le soleil, si bleu, malgré quelques nuages limitrophes, ne mentait pas. Elle portait quand même un gilet costaud en laine, histoire d’éviter toute chute brutale de température. Ah, ce n’était pas un soleil de matin mais un soleil de début d’après-midi, en fait. Il était plutôt dans les quinze heures. Elle avait déjà déjeuné dans sa cantine collective et elle avait encore un dessert à prendre au soleil. Elle était ravie devant cette tarte à peine sortie du four qui donnait une apparence lunaire avec ses cratères formés de fruits plus ou moins bruns. Elle prit quelques morceaux de tarte et les apporta jusqu’à sa bouche. Elle avait tous ses sens, toute sa mécanique, toute son acuité intellectuelle. Même les quelques oublis se dénouèrent devant cette journée exceptionnelle. Elle se préoccupait même des vivants. Du jus d’orange et des fraises faisaient figures de pièces rapportées. Le sourire, toujours le sourire. Au moins, elle ne pouvait avoir ce sentiment d’enfermement ou d’isolement que tant de ses corésidentes devaient ressentir. La digestion fut introduite par une petite promenade sur la pelouse densément verte. Elle alla jusqu’au fond, le mur n’était même plus visible tant la végétation avait poussée. Elle s’est même permise de picorer quelques fruits sur des arbres en pleine production. Ève à l’oméga. Pas de serpent. Des cerises. Et puis il y a cette image, incroyable, à l’ombre, elle un peu petite, recroquevillée, une main au bras de sa jeune fille beaucoup plus grande qu’elle. Les trois quarts de la photographie sont verts, vert de la pelouse, vert du feuillage des arbres fruitiers. Et au font, entourée, assiégée par les feuillages, la maison, la petite maison d’où elle avait rempli son ventre, sur un fond nuageux très lumineux. Le contre-jour des deux visages n’annulait nullement les deux sourires et les deux regards qui apportaient comme un air de paradis. Et puis, elle est allée s’asseoir sur un banc, s’assoupir quelques minutes au soleil, le chapeau bien installé sur le front, les lunettes de soleil bien programmées pour éviter tout abus solaire strictement interdit. La peau était craquelante, toute rugueuse, comme celle d’un lézard, un kaléidoscope de pores et de peaux éclatés qui contait, sur chaque parcelle, une histoire longue, très longue. Le sourire, le détachement, la joie du soleil, la joie au soleil, la joie des choses simples. Comme un air de paradis. Mais pour l’atteindre, il a fallu passer l’épreuve. L’épreuve du souffle, l’épreuve du cœur. Elle l’a brillamment passée. Un mois après cette exaltation champêtre, exactement, elle y entrait par la grande porte, auréolée de sa nouvelle étoile au-dessus de la tête. Ce n’était plus le sourire qu’elle avait laissé, c’était la beauté. http://minilien.fr/a0nte4

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    Voyageons léger, léger et avisé. Les cadeaux d'abord. Puis remplir la petite valise avec les combinaisons judicieuses de mes vêtements préférés. Couleurs et textures : noir, rouge et taupe, jeans presque cuir, chemisiers qui vont de soi. Plissés transparents, amples et doux. Tee-shirts manches longues rouille, gris, noir, orange. Sous-vêtements corail, rose indien, noir et bois de rose. Petites chaleurs, grosses fraîcheurs d'avril, feux de bois, cashmere, leggings et chaussettes en laine de chevreau blanches, écrues, collants noirs à l'unanimité. Trousse de vitamines, médicaments. Trousse de crèmes et produits de beauté. Vive, efficace, une voyageuse aguerrie. Trousse de maquillage : Alerte ! Depuis longtemps, j'ai cassé tous les boîtiers duo d'ombres paupières. Posés sur le plateau de la vieille machine à coudre noire et or Singer transformée en table de maquillage, ils gisent pulvérisés. Vite, scotcher les deux boîtiers YSL, renoncer à la gym. Se déshabiller pour se rhabiller, empocher le cher boîtier boiteux, le seul, l'unique, l'indispensable « corail et taupe » et d'un coup de vélo montrer le tout chez Marionnaud pour trouver le même mais valide, costaud, le boîtier voyageur. Je sais ce que je veux, sors le boîtier orphelin, le rescapé de ma brusquerie. « On ne le fait plus. Mais nous avons les mosaïques. » Tour de mosaïques donc, mosaïques irisées, subtiles, gourmandes et chaudes. « Voulez-vous que je vous maquille ? » Je bafouille que je suis maquillée avec le duo YSL sans préciser que je l'avais acquis soldé. Je sais me taire lorsque je mesure l'enjeu. Flash beauté donc, je l'apprendrais sur la facture : « Flash Beauté : 00,00 euros ».  - « Couture Palette Afrique YSL, 5 couleurs dont une de base, une deuxième illuminatrice » sur les paupières.  Je maîtrisais le duo, je pensais duo, voulais, réclamais duo. Et me voilà, irisée, pailletée jusqu'à mes vieux jours fardés. Détaillons les opérations dans l'ordre et tâchons de nous en souvenir : - Le moyen clair, la base cuivrée, c'est simple, appliquer sur toute la paupière. Lire sur l'emballage à ne jeter en aucun cas : Case B comme Base (en haut à gauche de la boite). Repérer les « 1, 2, 3 couleurs » (cases centrales « couleurs ») à ne pas confondre avec la case H (en haut à droite). H comme Highlighter. Relire, reprendre la notice enfuie de la boîte. Cinq cases et me voilà à confondre « base », « couleurs » et « illuminateur ». Le H s'applique à la fin, sous l'arcade sourcilière, or clair. Border les cils, allonger l’œil avec la couleur 1, chocolat au lait.  Et je viens de trouver le minuscule petit pinceau caché dans l'écrin noir. Youpi! Garnir la paupière mobile avec la couleur 2, vieil or. Avec la couleur 3, rose-orangé, poursuivre autant que possible sans recouvrir toute la base. Modeler! Illuminer avec H sous le sourcil, dans le coin intérieur de l’œil. Noter la présence d'un applicateur à deux embouts, l'un rond, l'autre en pointe. L'embout pointu servira au bord de l’œil à allonger sans démesure. Je suis à peu près certaine que mouillé, le petit pinceau  pourrait faire eye liner. Jamais réussi un seul eye liner. A vérifier dimanche s'il y a du soleil, avant la gym et s'il n'y a personne à la maison. L'embout rond sert à étaler, fondre, confondre les illuminations modelées. J'observe le visage de la maquilleuse. Quelques boutons blancs entre commissures et joues, joues et tempes, tempes et front, mûrs au point d'en extraire le petit ver de sébum, s'esclaffent. Ailleurs, autour, des boutons morts, vides et secs, pèlent. Deux ou trois boutons de rose fleurissent, de l'acné. Je ne vois plus que les boutons sous les fards clairs et mats. Tout le monde avance masqué, je ne le suis pas encore mais vais l'être. Pudeur, vertiges, frayeurs, le tout alterne, varie, une enfant de cinquante ans passés ne pleure plus mais serre les poings crânement. Encore jolie, déjà mûre, pas encore fanée, fripée mais cernée, marquée au moindre manque de sommeil, il me faut de l'attention, du savoir-vivre, une régularité et plus aucun excès. Presque âgée, d'un certain âge, me voilà frémissante, émotive.  Elle m'applique la "Nouvelle Terracota Guerlain", un blush bonne mine étiré des joues jusqu'aux tempes et me tend le miroir. La barre orangée n'épargne que mes oreilles. Dieu merci. Je crie "Estompez!" Puis  au deuxième essai d'estompage, je sors mon mouchoir pour absorber le feu passé à l'orange. Vade Retro Terracotta! Arrivée à la caisse, carte de fidélité en main, elle m'interroge « Avez-vous reçu notre texto de promotion? ». Non, personne ne me dit rien. Jamais rien. « Eh bien, pour l'achat de deux produits de maquillage, le troisième vous est offert. Le moins cher. » me rassure-t'elle. Tout me paraît sophistiqué, un peu cher, pas donné dans l'ensemble. Je devrais peut-être m'enfuir. Elle doit me ferrer davantage. "Je vous parfume?". Je ne proteste pas, je suis déjà un peu parfumée du matin, "Premier figuier". J'ai un peu peur et murmure "doux et vanillé! Shalimar?". Elle me vaporise l'intérieur du poignet d'Hypnotic Poison. Je respire prudemment, attends que l'alcool s'envole et finis par agréer l'odeur "fine et féminine". Elle me parfume. Le poisson a mordu l'hameçon irisé. De quel deuxième miracle pourrais-je avoir besoin pour en mériter un troisième? "Un mascara, on a toujours besoin d'un petit mascara chez soi." Non! Le mascara n'est pas mon animal familier favori. Il s'accorde mal au vélo en plein vent le long des quais du Rhône. « Un vernis ? ». Rose indien, orange Kubrick, j'ai déjà commis ces fautes de goût. "Un blush?". J'esquisse un « Moui » comme un indien envisage la colonisation du blanc civilisé et la mouise généralisée de toute les tribus des american natives.  Duo de blush « Rose aux joues Peach Boy » Guerlain.  Un duo, enfin! Le corail aussi franc que puissant me monte aux joues tandis que le rose saumon doux et irisé me rassure et m'illumine définitivement. « Peach boy », j'imagine un garçon glacier fan des Beach Boys piquant un fard devant une starlette en maillot rouge. Alerte à Malibu! Drapeau rouge plus qu'orange et baignade à vos risques et péril. Sourire dans le petit miroir à main. Sourire dédié aux indiens, amérindiens, incas, mayas, aztèques, aux Beach Boys, au garçon glacier bouleversé, à l'érythème fessier des bébés sur la plage. Troisième miracle. Le mériter. Ne pas donner de la tête comme une chèvre soudain désentravée. Un brillant à lèvres, un gloss! L'esthéticienne aux boutons ne fleurit pas. Nous passons en revue les tubes avec pinceaux de mousse. Rouge orangé, rouge orangé rosé, rouge orangé nacré, orange rosé nacré, rose nacré. Vingt traits de couleur s'alignent sur la main de la testeuse, je confonds tout, veux celui qu'elle n'a plus, me rabat sur celui qu'elle ne trouve pas.  Assez de miracle, j'ai faim, je vais m'évanouir maquillée, torturée comme une poupée Barbie sur fond de moquette rouge. Souffle au cœur, crise d'apoplexie, je meurs. Je meurs en refusant le dernier verre de rouge, l'ultime rouge à lèvre de l' Homme qui rit, le rictus narquois du Joker. Je défaille dans cet étroit couloir de mort annoncée. Le ridicule tue, saigne les vieilles peaux en sanglots et rires poisseux. Un appui, la gondole YSL. Oh gondolier, Oh gondolier! Qu'est-ce que c'est ce truc? Le petit feutre clair, là! « La Touche Éclat YSL » ! Promet « un regard lumineux et intense ». Oui mais, comment? Aussitôt dit, me voilà à nouveau juchée sur la chaise d'arbitre. Roland Garros, la der des der. Federer. Le feutre s'active sur les cernes, sous l'arcade sourcilière. Le miroir à main me montre la belle-mère de Blanche-Neige apaisée. Scintillante, pastellisée, irisée mais apaisée. Un dernier doute m'assaille à mesure que nous vérifions les trois souhaits. Mon cœur s'emballe de nouveau. Le duo blush Guerlain « Rose aux Joues » n'est-il pas trop vif à mon âge ? « Bonne mine, seulement une bonne mine » me répond-elle assurée. Des échantillons ruissellent dans le sac. J'arrête la tombée de fond-de-teint d'un geste. Le jeune comme le vieil indien refusent le beige baveux dans son étui. Avène, Couvrance, peaux sensibles et intolérantes, couvre sans en avoir l'air. « Parapharmacie ? ». Oui. Le sourire des cicatrices après un accident de voiture, tête à travers le pare-brise. Ce que je dis peu, je me suis habituée. Mon vélo fend l'air frais. A peine rentrée, je déballe, défais les notices, lis, peine à comprendre, ré-enfourne les notices. Qui Diable a inventé le maquillage ? Qui maîtrise les palettes à cinq cases, une base, trois couleurs et un illuminateur ? Je ne veux pas savoir, me démaquille avec soin et me trouve jeune. Jeune et saine sans maquillage. Tout ça pour ça, j'entame chant et danse d'indien. J'allais écrire « enfant ». Bientôt dimanche, peintures de guerre s'il y a un peu de lumière. Demain, il va pleuvoir ou presque. Je suis presque âgée et presque jeune. Pour l'instant. V.V

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    On est vendredi, à New York, sur une quatre voies. Un jour, un vendredi ordinaire, un chemin ordinaire, des voitures par centaines. Deux hommes pressés se tamponnent et finissent dans des bidons d'essence. Doyle Gipson, un père de famille quinquagénaire, en procédure de divorce Gavin Banek, jeune avocat, qui doit gérer une grosse affaire Ces deux là, deux types ordinaires, se percutent et pendant une journée, ils vont se pourrir la vie. Qui sont ces deux types d'ailleurs et que découvre t-on sur eux ? A travers les coups foireux faits l'un à l'autre, on en apprends et ils deviennent devant nous des êtres en chair et en os. Tout les oppose sauf le fait de se rendre au tribunal, ils s'excusent mutuellement, mais l'un est plus pressé que l'autre, Gavin lui fait un chèque en blanc pour réparer la voiture de Doyle, ce dernier lui demande si il peut le raccompagner : "Vous aurez plus de chance une prochaine fois !", lui lance t-il repartant aussi vite dans sa belle voiture... en oubliant un dossier apportant pour son affaire. Doyle, ne vas pas l'oublier cette phrase : "Vous aurez plus de chance une prochaine fois." : elle serait même le catalyseur de son comportement : mais ici, c'est la faute de qui ? Le film ne les jugerait pas, nous, si on est sains d'esprit, non plus. Comme quasiment chacun des films et séries que j'ai vu, "Changing Lanes" (en VO) à une histoire personnelle avec moi. Et en 2015, alors que j'écris ces lignes, mon histoire avec ce film ne remonte pas à hier. Mais à 2004, lors de sa première diffusion en clair sur France 3 un jeudi soir. J'avais treize ans et "Changing Lanes" est probablement le premier film qui ai crée ma passion pour le cinéma et depuis onze ans, je ne clame rien d'autre de ce que je pense : c'est un chef d'oeuvre. Ce film est l'un des films que j'ai vu le plus de fois : plus d'une vingtaine sans doute. Je l'ai tellement vu que je le connais quasiment dans les moindres détails. Mais il reste génial, parfait et c'est une putain de réflexion sur l'existence et ça je l'ai compris dès la première vision. A sa sortie, le film fut en partie massacré par les critiques, et les spectateurs l'ont ignorés. Il est un peu plus connu aujourd'hui : pourtant rien que les noms de Ben Affleck, Samuel L. Jackson, William Hurt auraient du faire bouger du monde. Mais je reviens au film, 95 minutes de folie, un dossier oublié, une réplique marquante, de la colère, de la colère, de la rage : et une partie d'échecs à taille humaine qui ferait cogiter ces deux personnages. Ils ne sont que tous les deux mais en se battant l'un contre l'autre (jamais physiquement) : ils vont faire exploser leur entourage sans vrai dommage du fait que leur vie n'était pas vraiment top au début. Gavin avait une maitresse qui est (toujours) l'une de ses collègues avec qui il as envie de renouer, son mariage est en apparence soudé et son beau-père est son patron ! Doyle, perds la garde de ses enfants, tandis qu'il se rends aux réunions des alcooliques anonymes et se retrouver derrière les barreaux, pendant cette journée, après avoir exploser le visage de deux types avec un téléphone. Dans leur guerre, tous les moyens sont bons pour pourrir la vie de l'autre. Mais au final, ce serait un puzzle et chaque personnage en paierait le prix. Une des scènes finales où les hommes se retrouvent dans le bureau de Gavin parlant de leur vie, de cette journée "qui as le gout d'un souvenir d'une autre vie, plus belle, que vous auriez pu avoir" (le "vous" est général), lance Gavin, philosophe, est une merveille, montrant aussi le décalage de la vie de l'autre. Ca n'aurait été qu'une journée, une journée pas ordinaire, pas banale, une faille dans un rouage parfait de routines, mais quelle journée, en tout cas, Avec eux, on as vraiment envie de la revivre, encore et encore, mais eux Pas le moins du monde.

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    Difficile de rédiger un texte sur un cinéaste aussi grand que Gus Van Sant. Parce qu'il y a déjà eu tellement de choses écrites à son sujet et qu'à la fois, si on veut écrire quelque chose de vraiment personnel sur lui : on en oublierait. J'ai vu treize des quinze films réalisés par Gus Van Sant, dans le désordre, j'ai vu "Will Hunting" en premier et "Prête à tout" en dernier : la boucle est presque bouclé puisque le dernier précède le premier. En fait, c'est Le cinéaste dont j'ai vu le plus de films et j'ai un avis plutôt positif concernant son oeuvre et encore plus concernant lui-même. Le plus portlandien des cinéastes à une réputation : très discret, humble, tranquille, calme, sensible et tournages très rapides. Gus Van Sant, derrière le cinéma : c'est pas le genre de type qui se prends la tête pendant des heures, il va droit au but, ne lève jamais la voix, fait maximum cinq prises, et parle aux acteurs avec une douceur infinie, s'inquiétant pour les membres de chacun de son équipe, acteurs compris. Mais surtout : il est d'une extrême sensibilité. Ouvertement homosexuel (une des rares personnalités à n'avoir jamais eu besoin de faire son coming-out), il est connu pour traiter de ses obsessions dans chacune de ses œuvres mais il le fait à sa manière. Il as une personnalité bienveillante, rassurante, ses œuvres (même celles qu'il n'as pas écrites) sont remplies d'une sensibilité qui lui est propre et sait rendre ouaté même une scène violente. De la scène de sexe gay de son "Mala noche", en passant par la mort d'Harvey Milk dans son biopic éponyme ou les caresses entre Will Hunting et sa petite amie en passant par les errances de jeunes lycéens dans "Elephant" et la première fois d'Alex dans "Paranoid Park", il montre ces moments avec une douceur infinie où la caméra filme en gros plan mais jamais voyeuse et on voit que les acteurs ont confiance en la personne qui les dirige, qui est là, pas loin, derrière la caméra et qu'ils peuvent se laisser aller et qu'il n'en profiterait pas : ils sont dans un espèce de cocon, une bulle qui laisse transpercer chacune de leurs émotions. Gus Van Sant sait créer ses moments avec sa personnalité, car ses films, même les plus impersonnels comme "Prête à tout" ou "A la rencontre de Forrester", c'est lui, c'est ce qu'il est. Même les scènes les plus violentes de ses films (où il y a quasiment un mort par film) sont filmées avec un amour des personnages, une attention presque paternelle mais jamais brutale envers les acteurs, les morts sont peut-être que le résultat d'un amour que le cinéaste à fini de leur donner. Il sait rendre aussi fascinant des faits ordinaires comme personne (arriver à nous passionner pour le quotidien banal des jeunes d'"Elephant" ou deux types qui marchent dans "Gerry"). Il sait faire plein de choses Gus Van Sant : il sait donner de la vie et la reprendre, donner de l'amour, donner aux spectateurs des moments qu'il ne verrait que dans un de ses films, et en plus d'être cinéaste, est photographe, musicien, acteur, chef opérateur, poète, écrivain, etc... : vraiment Gus Van Sant sait tout faire. Et c'est avec son talent, avec ce qu'il est qu'on aime tant qu'il fasse toutes ces (ses) choses.

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    Jerry bosse comme manutentionnaire pour un patron qui confectionne des baignoires. Tout baigne d'ailleurs pour Jerry, un boulot où il côtoie des collègues sympa et quelques jeunes femmes pleine d'atouts ;-) A la maison, tout pareil : un bon gros clebs jovial et un chat un peu peste, mais Jerry semble avoir la situation bien en main. Mais qu'est-ce qui va merder ? Où et quand la mécanique va-t-elle se mettre à dérailler ? Qu'est-ce qui fait que derrière un type bien sous tous rapports, se cache en fait un grand malade psychotique . . . Le film traite bientôt plus du dérèglement mental, du traitement de la schizophrénie, du laxisme de l'administration et de la perversion du système de santé. Ryan Reynolds (que ne connaissais presque pas....) m'a de suite physiquement rappelé Anthony Perkins en Norman Bates, bien halluciné - immergé dans son rôle pour le rendre incroyablement crédible. la mise en scène de Marjane Satrapi est elle de plus en plus Tim-Burtonienne (Cadrage - Déco - Couleurs vives - changements de tempo & surtout de Ton), drôle et vraiment décalée, mais avec toujours ce souci de surligner en rouge fluo son propos, le sujet qu'elle veut réellement traité. Bref, un bon film bien foutu, tantôt hilarant, tantôt d'une noirceur infinie et même parfois un peu gore.

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    La femme ample, plantureuse, aux seins gonflés, prêts à jaillir impudiques du corsage trop serré, aux hanches pleines, fascinantes, moulées dans une jupe fendue jusqu’aux cuisses, la femme lourde et voluptueuse, qui se tient debout sur le sable, pieds nus, les jambes écartées, ressemble à une créature maléfique et bestiale, sortie de nulle part. Elle porte des bijoux de pacotille, et ses yeux cachés par les cheveux sont cernés d’un noir charbonneux, qui a coulé le long de ses joues barrées de poudre rouge. Ses lèvres entrouvertes sur un sourire agressif brillent d’un rouge plus vif encore. A vous mettre le feu. C’est justement ce que sont venus chercher, en bande, près du bunker en ruines isolé bout de la plage, ces gamins affamés et tiraillés par des désirs troubles et interdits. Ils sont venus en cachette. Monnayer quelques petites pièces contre une exhibition solennelle. L’ ancienne beauté lentement entame en se trémoussant une danse lascive sur l’ air de la célèbre Rumba de Nino Rota. Elle relève sa jupe en haillons et se frotte contre le mur du fortin en jetant des regards incandescents aux enfants médusés. La Saraghina embrase la plage tout entière, elle attise la vulgarité rien qu’en bougeant, et en s’offrant en spectacle, elle clame à sa façon ce qu’elle sait, qu’elle a appris seule, comment on attire les hommes, comment on les retient dans les filets de sa jupe ouverte, et la fumée de son chaudron ajoute à la scène quelque chose de surréaliste. Elle danse, la sorcière, l’ensorcelante, mystérieuse et terrifiante, dans la fumée, et se déhanche, la Saraghina, comme le lui a demandé Fellini, le metteur en scène du film Huit et demi. Fellini veut nous donner à voir, à notre tour, ce qu’il a lui-même découvert jeune garçon, ce trouble inouï qui l’a saisi devant une surprenante "Origine du Monde", livrée, nue, sans artifices, écartelée au soleil, candide et souveraine. Pas de dérobade chez Fellini. Pas de débandade non plus. (!) De même dans l'atelier de Picasso. Qui admirait Fellini... Sa palette de couleurs et son pinceau aussi ont sans aucun doute frissonné -et c'est peu dire- devant tant de poésie et d’ érotisme. « La touche Fellini » décidément n’est pas vulgaire : elle sème le trouble et abolit la raison...et dieu que c’est bon ! Chaud devant !! http://youtu.be/_n2s5i2i2Jg La Rumba de la Saraghina sur la plage Où vous constaterez que j'ai inventé des couleurs au visage de la Saraghina , il n'y a pas de rouge, ni de poudre...tout est en noir et blanc :)

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  • 03/31/15--05:35: Tous Coupables par Nadarc
  • Il les avait tous bien bernés. Médias et populace pouvaient cracher leur fiel sur lui, la boite noire du Boeing 787 « Dreamliner » attester qu’il s’était barricadé dans la cabine avant de se suicider en crashant l’avion et ses deux cent passagers au flanc d’une montagne, il était le seul à connaître le fin mot de la tragédie. Le seul également à ne pas risquer, emportant son secret dans la mort, de révéler la vérité. C’était cela qui l’avait poussé à aller jusqu’au bout de sa folie et tout s’était déroulé comme il l’avait planifié. Les trois semaines d’avant le jour J il les avait passées à jubiler, à rire, tel un cancre névrosé fier de récolter son énième zéro de conduite, d’un rire pathologique et convulsif. Question coke, il avait surmultiplié sa consommation et s’était, vidant son compte en banque, offert des orgies pantagruéliques avec des ladyboys et des gitons imberbes choisis sur catalogue. Heureux de crever avec préméditation il avait joui de tout son saoul avant de sauter à pieds joints dans le néant. Machiavélique d’un bout à l’autre, il savait pertinemment que la police et les journalistes allaient éplucher son vécu. Ca n’avait pas manqué, ses dépressions nerveuses et la rupture amoureuse censée l’avoir plongé dans la démence faisaient maintenant la une des quotidiens et des hebdomadaires. Le tour pendable qu’il venait de jouer à l’opinion publique avait gravé en lettre de sang son nom dans l’histoire du crime et il avait atteint son but ultime : devenir à l’insu de tous le plus grand sérial killer européen du premier siècle du troisième millénaire. Pilote de ligne, cinq à dix mille euros de salaire mensuel et rien à foutre d’être maudit par ses semblables. Un punk de trente-cinq ans, toutes options nihilistes, tiré à quatre épingles et parfumé au Bleu de Chanel, auquel le diable pouvait s’enorgueillir d’être le seul à avoir une chance de faire cracher le morceau. Au Diable il se faisait fort de ne rien avouer même sous la torture. A Dieu qui n’est qu’amour il se confesserait peut-être, de son plein gré, pas pour obtenir la grâce ou le pardon, simplement parce qu’il croyait à la mansuétude d’une entité foncièrement compatissante, supérieure à la barbarie humaine. De sa barbarie schizophrène de malade mental ayant réussi à endosser, sans que quiconque dans son entourage ne lève le voile sur la supercherie, l’identité d’un citoyen au dessus de tout soupçon jusqu’à destination finale. Deux cent morts putain, la résultante d’un suicide prémédité de longue date qu’une dizaine de tonneaux en voiture, quand il conduisait défoncé, n’avaient même pas eu la judicieuse idée de transformer en un fatal accident de la route avant qu’il ne devienne un homicide sciemment assumé. Deux cent morts au compteur bordel, des femmes, des enfants et surtout, quelques businessmen arrogants surpris par la faucheuse au firmament de leur ultralibéralisme en guise de bonus. Ses collègues, les autres meurtriers en série, devaient récidiver sans discontinuer dans l’accomplissement de leur funeste labeur pour parvenir, tâcherons du couteau, de la hache ou de la scie sauteuse, à faire du chiffre. La plupart, des mâles dépourvus de remords, atteints de troubles de la sexualité, avaient une fâcheuse tendance à s’en prendre à des femmes et finissaient, identifiés par des profilers de haut vol, par se faire prendre après avoir infligé d’inimaginables supplices à leurs victimes. Lui n’avait pas fait la moindre discrimination, il s’était simplement contenté, au point d’agir en conséquence, d’écouter les suggestions de la voix intérieure qui ne cessait de lui répéter qu’il était un putain de coupable et qu’il devait payer et qu’il n’y avait pas de raisons qu’eux, putains de coupables, ne paient pas avec lui.

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    Savez-vous que le 1er couturier à transformer le vêtement en œuvre d’art, installé à Paris dès 1845 et considéré comme le pionnier de la haute couture française, était d’origine britannique ? Ou que l’histoire des grands noms de la chaussure française remonte à l’arrivée des réfugiés arméniens, dans le quartier de Belleville, durant l’entre-deux-guerres ? Connaissez-vous les pulls aux motifs en trompe-l’œil ou le chapeau-chaussure créés par Elsa Schiaparelli, styliste d'origine italienne ayant fondé sa maison de couture parisienne dans les années 30 ? Je viens de le découvrir, grâce à une exposition fort intéressante, installée au Palais de la Porte Dorée à Paris jusqu’au 31 mai prochain, « Fashion Mix – Mode d’ici, créateurs d’ailleurs », réalisée à partir de documents réunis par le Musée de l’Histoire de l’Immigration et de pièces uniques des collections du Palais Galliera (Musée de la Mode de Paris). « Fashion Mix » retrace comment, «constituée dès son origine par l’adoption de grands talents aux nationalités multiples» (britanniques, russes, arméniens, italiens, espagnols, japonais, belges, anglo-saxons,...), l’histoire de la mode française a été enrichie, voire révolutionnée, par l’apport de leurs styles et savoir-faire singuliers, du début du 20ème siècle jusqu’à nos jours. Ici, pas de mannequins, de stars, ni de défilé de luxe ! L’ambiance y est au contraire tranquille, propice à une flânerie entre les vitrines, pour y admirer de véritables œuvres d’art, un savoir-faire artisanal remarquable, tout en parcourant les documents témoignant de l’histoire de vie de leurs créateurs, migrants aux parcours parfois chaotiques et émouvants… Chaque école stylistique y est présentée à partir de son créateur emblématique, offrant l’intérêt d’observer à la fois l’influence qu’en ont reçu ses successeurs et l’évolution au fil du temps. Si l'ensemble des présentations a vraiment suscité mon intérêt, j’ai particulièrement apprécié l’école espagnole, autour de splendides créations de Cristobal Balenciaga (ayant fui la guerre civile en 1936) et de celle qui s’en est beaucoup inspiré dans les années 80, Sybilla (ayant travaillé pour Yves St Laurent auparavant). Sans oublier l’unique pièce de Sonia Delaunay (école russe), délicate robe en mousseline de soie colorée conçue par cette grande artiste-peintre, ou celles d’Issey Miyake et d’Azzedine Alaïa… Moins séduite en revanche par les belges, auxquels je reconnais cependant originalité et avant-gardisme ! Enfin, si cette exposition ne vous attirait vraiment pas, voici d’autres bonnes raisons de vous arrêter un moment dans ce lieu d’une diversité étonnante (et aux tarifs d’accès très abordables) : - classé monument historique, de style Art-Déco, influencé par l’architecture marocaine et coloniale, le Palais de la Porte Dorée est à découvrir pour son architecture, ses bas-reliefs, ses fresques, ses salons… ; - le Musée de l’Histoire de l’Immigration mérite à lui seul votre visite, tant pour l’exposition permanente « Repères » (l’histoire de 200 ans d’immigration en France !) que pour la « Galerie des Dons », espace interactif où chacun est invité à offrir une part de son histoire personnelle (ainsi, parmi bien d’autres, Cavanna y a laissé un témoignage) ; - on y trouve également un aquarium tropical... Bonne(s) visite(s) à vous ! Liens utiles : http://www.histoire-immigration.fr/musee/expositions-temporaires/fashion-mix http://www.histoire-immigration.fr/musee/l-exposition-permanente http://www.palais-portedoree.fr/

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    Depuis que le glutamate a mauvaise presse, les industriels misent sur l’extrait de levure qui inspire d’avantage confiance. Et bien qu’Andreas Bieda, responsable du département Recherche & Développement Knorr affirme: « L’extrait de levure n’est pas un exhausteur de goût mais un aliment naturel ; il possède une saveur qui lui est propre, contrairement au glutamate, par exemple, qui n’a pas de goût caractéristique »… L’extrait de levure contient lui aussi du glutamate ! Et quand les fabricants affirment qu’il ne s’agit pas d’un exhausteur de goût, c’est en fait une invention des stratèges du marketing… Ces allégations trompeuses sont en fait des incitations à l’achat. Elles ont provoqué une levée de boucliers au sein de l’Association de Défense des Consommateurs de Hambourg. Celle-ci a décidé de passer au crible 152 produits affichant des garanties de sécurité alimentaire qui induisent le client en erreur quant à l’absence d’exhausteurs de goût. (Pensez aux sachets de produits Maggi, Knorr et autres où vous lisez « naturel - sans additifs », « sans exhausteurs de goût » « le plaisir pur ! Saveur « fait maison ») Silke Schwartau, membre de cette association explique : « On a constaté que les fabricants avaient recours à beaucoup de succédanés. Par exemple 92 % des produits annoncés sans exhausteurs de goût contiennent en fait de l’extrait de levure. Les fabricants n’hésitent pas à tromper les consommateurs, ils leur promettent monts et merveilles pour les inciter à acheter. En fin de compte il s’agit souvent de supercherie. Et ce n’est pas une nouvelle réjouissante pour le domaine de l’agro-alimentaire. » Udo Pollmer, chimiste de l’alimentation, le pense aussi : « Les fabricants mettent quand même du glutamate dans leurs produits par des voies détournées, en utilisant des additifs bon marché comme l’extrait de levure ou des substances similaires. Ils ont le culot d’affirmer que leurs produits sont exempts de glutamate. » Les associations de consommateurs exigent depuis longtemps que le législateur européen impose des dispositions plus claires en matière de déclaration afin d’empêcher autant que possible toute forme de tromperie. Thilo Bode, de l’Association de consommateurs Foodwatch, affirme : « Tant que les consommateurs ne s’organiseront pas, rien ne bougera. J’ai constaté que les politiciens agissaient souvent en fonction de la pression dont ils faisaient l’objet. Cela veut dire que nous devons faire pression sur le gouvernement ». L’entreprise Frosta, située à Bremerhaven a réagi, elle, à la pression économique. La direction a pris une importante décision à long terme. Depuis plusieurs années, ce fabricant de produits alimentaires surgelés a renoncé à l’emploi de tout additif, arôme et exhausteur de goût. Frosta a modifié son positionnement sur le marché en se distinguant des fabricants bas de gamme. Dans le département des épices, on pèse les mélanges gustatifs qui entrent dans la composition de la poêlée asiatique ou du bami goreng par exemple. Arne Döscher, Directeur du développement chez Frosta : « On ne trouve pas les substances qui sont souvent employées ailleurs. On pourrait très bien prendre un arôme du genre « asiatique », « curry » ou « bami », peu importe ! Et alors on n’aurait pas besoin de toutes les épices que vous voyez ici… En y ajoutant un exhausteur de goût, de l’extrait de levure, on pourrait obtenir une saveur similaire à celle de nos produits. »… Chez Frosta on emploie aussi de l’ail frais, il serait plus simple d’utiliser de la poudre d’ail, mais sa saveur est moins intense et cela irait à l’encontre de la philosophie de l’entreprise. Arne Döscher, ajoute : « Seul bémol, certains plats n’étaient plus adaptés au nouveau mode de production. Nous avions par exemple une recette appelée « poêlée de Louisiane », qui avait un goût de barbecue très prononcé. Nous n’avons pas réussi à la fabriquer sans additif, or sans l’arôme fumé en question, le résultat n’était pas satisfaisant. Nous avons essayé avec de la viande fumée, mais ça n’a rien donné, alors on l’a retiré du marché. »… Le repositionnement de Frosta ne s’est pas fait sans douleur. L’entreprise a bien failli mettre la clef sous la porte. En 2002, quand elle a décidé ce changement de cap radical, elle a vu son chiffre d’affaires s’effondrer. En effet, l’utilisation d’ingrédients frais fait grimper le prix de vente des produits de 10 à 20 %. Il aura fallu un certain temps pour que la nouvelle stratégie commerciale porte ses fruits. Si les enfants apprennent à connaître différentes saveurs dès le plus jeune âge, leur perception en sera d’autant plus affinée. Les produits frais comme le cumin, le poivre, le citron et le bouillon de légumes permettent de relever un plat. Par contre, les plats industriels aux gouts uniformisés et standardisés émoussent peu à peu le sens gustatif. Les additifs artificiels ne sont pas les seules substances qui posent problème. Bon nombre de produits industriels sont riches en sucres ajoutés, même le müesli et autres céréales pour petit déjeuner. Or un excès de sucre peut entrainer une dépendance… A suivre… Rappel je continue ici le compte-rendu du documentaire « Poudres et potions de l'industrie alimentaire » de Eberhard Rühle (Durée : 01h00mn – 2011). Précédents « épisodes », les liens des précédents commentaires : Sur les additifs en général : http://www.pointscommuns.com/lcp-commentaire-medias-112028.html sur les alicaments : http://www.pointscommuns.com/lcp-commentaire-medias-112096.html sur les vitamines : http://www.pointscommuns.com/lcp-commentaire-medias-112154.html sur les arômes : http://www.pointscommuns.com/lcp-commentaire-medias-112257.html NB : Noms qui cachent toujours du GMS (GLUTAMATE MONOSODIQUE) : • Les codes E 621 au E 625, • Glutamate monosodique, • gélatine, • protéines ou huiles végétales hydrogénées, • certaines huiles de mais, • extrait de levure (nom souvent utilisé dans les produits « Bio »tels que certains bouillons en cube et pâtés végétariens… (Voir la page 55 du livre A), • levure rajoutée, • acide glutamique, • caséinates de sodium ou de calcium, • glutamate monopotassique

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    Qu'y a-t-il d'autre à faire ? Je dessine un mouton Sais-tu ce que je ressens ? Indécise je suis, comptant les gouttes Les sentant tomber sur mon front Je pressens qu'il est presque temps Je pense comme sans logique Tous ceux sur qui je comptais avant Ou ceux qui devaient me distraire Ressentent la même chose que Ces quelques gouttes de pluie tombant Tout autour de moi, comme un calvaire Assise ici, je vais de l'avant Oui de l'avant Et je dessine un mouton Je ne sais pas ce qu'il y a d'autre Ce que j'ai d'autre à faire ici Je cloue tous les préjugés au pilori Je cherche ma raison de renaître Je persiste et m'enivre de poésie Comme la philo rimée de La Boétie Malheureuse malchance ! Je sais encore ce que je défends Le temps poursuit son chemin Je maintiens et ose ma chance Sans jamais trahir mon sang A la poursuite de mon rêve clandestin Je continue d'essayer de bien faire Je reviens m'asseoir par terre Et je dessine un mouton Je voudrais me réfugier dans le Ciel Ô Seigneur, le Ciel ! Comme je L'aime Je prends le pari de petits dilemmes Pour jouir d'une virile puissance Qui fera de ma vie un lit de connaissances Assise ici, je vais de l'avant Oui de l'avant Et je compte, compte les moutons.

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  • 04/01/15--16:31: Des tresses par Chabadyre
  • Il y a ce temps. C'etait il y a trois jours. Et ce fut ce temps. C'etait il y a cinq ans presque déjà. Un Homme, à l'amer, on a perdu. Qui coule ? cet homme-ci qu'on a connu, Un lui futur, encore vivant autrement, Un absent éternel, manqué manquant. Papa, Maman, et l'appel du vide. Des tresses ! j'ai dit des tresses ! Les tresses à trois se tressent, Le vide appelle Maman, Papa. Ce temps, c'etait maintenant, Ce n'est plus, mais c'etait. Cela fut. J'écoutais de la musique en conduisant Une chanson posée plus tot et tue. C'etait avant, ce "ho non !" qui chancela J'ai vu, j'ai eu des pleurs dans ce temps là, Sur le marbre, la grande roue, sur les fleurs Qui viennent et écartent les felures. Alors, errant ! comme un bout de laine dans le vent, Je reviens, à ce temps d'avant. Un brin dessus, un brin dessous, Vous dirais-je Maman, qui serai-je Papa. Ps : oui , oui, mais chut, on sait. Non, non , c'est un autre, et qui fait pourtant écho à un autre autre, et l'écho, là, lie. Bref c'est une poesie pour les enfants qui n'est pas pour les enfants, ou d'enfants qui ne seront jamais plus que des enfants. Un brin au dessus, un brin en dessous, des tresses qui filent un mauvais coton, qui tissent au silence un linge blanc. On joue on joue et puis on voit et on a peur, comme tout un chacun se doit d'avoir peur. On serre sa pelure, on se demande ce qu'on faisait, qu'est-ce que b...d...de m... on avait de si urgent à faire à ce moment là, et c'etait rien, et ce qu'on aurait pu faire, et ... rien. A ce moment là j'écoutais...surement, surement parce que je l'ai passee une bonne paire de fois, et je promets que si je ne pleurais pas je miaulais fort, et en choeur, eu égard à ceci, cela, et d'autres choses qu'on ne dit pas hors de son for interieur. http://youtu.be/2_bKXHWrVvU

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    Elle aime son chat, il s'appelle Zarathusta, elle s'appelle Svetlana Petrova... Il est rose orangé, il figure dans tous les chefs-d'oeuvre des grands peintres, de Botticelli (La naissance, Le printemps) à Salvador Dali (La tentation de St Antoine). Il danse avec Degas (tordant!), remplace Bonaparte , bicorne en tête, dans " Grand-Saint-Bernard" de Jacques David. On le voit au creux de "la merveilleuse "Grande vague" de Kanagawa Hokusai, dans "Les Noctambules" de Hopper, dans Le Baiser" de Klimt. Perché sur petit pont il contemple perplexe "Les Nymphéas bleus"de Monet. Il s'intéresse à "La laitière" de Vermeer et tient "La tour de Babel" de Bruegel dans ses bras (hautement comique). Qui aime autant son chat? Pas moi! J'ai horreur des chats... Le livre "Zarathustra the cat"sortira en septembre 2015. Watch out!

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    Des fois ça vole pas haut, voire ça branle dans le manche. Certains veulent prendre de la hauteur, veulent se persuader qu'ils sont au dessus de la mêlée et qu'il leur semble que d'autres ont choisi de se programmer en mode descente comme si quelque chose d'inéluctable les attirait dans leur tombe. On peut dégueuler sur tout et surtout dégueuler sa bile, on peut avoir peur de marcher dans la merde qui nous entoure , on peut se pincer le nez, faire des simagrées et jouer les vierges effarouchées mais quand le libre arbitre nous encourage à tracer notre voie, sommes nous sûrs d'être en odeur de sainteté dans la grâce de cette nouvelle bienséance si personnelle ? Lcm

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    Il y a eu déjà plusieurs commentaires sur "Requiem for a dream" sorti en 2000, film culte s'il en est, mais je ne l'ai vu que récemment et il m'a tellement frappée que j'ai eu envie d'en parler. Un film coup poing, presque insoutenable sur la descente aux enfers de la drogue. On pourrait pleurer en regardant ce film de même que l'on peut pleurer en écoutant le Requiem de Mozart, sa dernière œuvre (non achevée), ce chant bouleversant dont on ne peut se lasser, à commencer par l'Introitus et le Dies Irae Rex Traemenda Majestatis.. "Colère de demain là Dans les cendres de la vie profane La créature se lèvera Pour le jugement dernier." Insoutenables sont les images des effets de la drogue dans "Requiem for a dream" et plus insoutenables encore les ravages causés sur la mère, une femme âgée prête à tout pour "entrer" dans sa robe afin de pouvoir si elle est sélectionnée, participer à un lamentable concours télévisé. Bourrée de pilules, jusqu'à en être hallucinée (il s'avère que ce sont des amphétamines prescrites par son médecin) elle est le symbole d'un société dépravée qui donne l'illusion de bonheur pour pas cher. Ou payer cher sa vie. Touchante l'affection entre la mère et son fils qui sans cesse rapporte à sa mère la télévision qu'il a mise en gage pour se procurer sa drogue. Un film plus dur que "La Chambre des Officiers" qui se termine sur un sourire. Un film sans "happy end", un film sans espoir. Mais un film à dimension humaine.

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    Des nuages noirs errent comme un cirque diabolique, et le soleil va se lever. Je me suis réveillée dans ma chemise de nuit, il n'y a personne dans la rue, je peux à peine entendre la pluie. Je vis dans un flash black, alors que le temps passe vite. La pluie fraîche agace mon cerveau, le ciel pleure aussi. Je regarde de quel gris est la pluie. Le silence se prolonge comme le brouillard du matin. Epais et immobile. La ville s'allume peu à peu, d'un mauve distingué rappelant le même pointillé bleuté de la plage que mes pieds ont foulée hier au soir. C'est un dimanche lent. Je fronce les sourcils sur un monde jamais vu, je suis là avec mon cœur à pleine vitesse, réalisant que tous les mots révélés sont comme l'or dans l'obscurité, comme des lèvres brûlantes dans ma nuit. Mon âme ressemble à un piano désaccordé, les blessures de l'âme hurlent peut-être sur les dents acérées de ces accords. Et je songe à Chopin au piano, qui ralentirait le temps, en une succession de beaux frissons. La pluie est bonne, surtout quand le bruit est musique. Puis, j'ai fermé ma porte, oublié ma clef et loupé mon bus dans l'averse. J'ai oublié aussi son numéro, froissé ma jupe et renversé mon café. J'ai mis mes bas dans mes bottes pourpres, appelé un taxi, enfilé mon blouson. J'ai eu quelques conversations, promené mon chien, balancé la poubelle. A présent, je pense trop à demain, à lui ; et je culpabilise en me demandant pourquoi. Je veux que ces foutues projections sortent de ma tête, je leur ai demandé de partir comme elles le font tant de fois. Le monde est gris dehors, la terre est bleue pourtant, et dans les étages translucides de mes humeurs, un corbeau crie. J'idéalise ce piano ruiné en mon âme, avec le V noir du corbeau tourbillonnant sur lui. Sous mes yeux, route et vapeurs se confondent, il est vrai que le brouillard est tel. C'est l'habituel dimanche avec une grippe. J'arrache le voile du silence pour crier son nom et ouvrir toute la lumière derrière nos nuances. « Lumière ! tu es notre or, nos défauts fragiles et mélodie mystique. » Ne vous moquez pas de l'aveugle qui ne voit pas la lumière qui brûle. Il faut reconduire notre foi, brûler tous les vieux mensonges, retrousser ses manches et réessayer. Je cherche du regard un petit coin simple et chaud, à mille lieux des journaux, de la foule, des magasins et du brouillard... Loin de l'inconnu, du non-être. « Darling ! laissez moi vous dire que le blues ce n'est pas du confort. Notre vie est la vie que nous choisissons. Permettez-moi de me perdre dans vos bras, de trouver mon chemin dans votre étreinte. Laissez-moi mes rêves de danse érotique… sous cette bande de nuages d'un gris nacré. » J'enfile une dernière fois mes bas dans mes bottes pourpres, je décroche mon téléphone, mon combiné démodé à mon oreille, j'écoute sa voix gravée, puis le brouillard sonore de ses mots fragmentés, la voix de l'absence. Absence encore. Je n'ai pas ri, je n'ai pas pleuré, écouté simplement la mélodie de l'absence dans le silence. Maintenant que je tombe, je tombe doucement.

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    Je ne sais pas comment vous réagissez aux différents comportements de la gent animale, mais personnellement je nourris vis à vis elle une méfiance teintée de curiosité et de peur. Peur phobique des chiens en liberté, y compris des roquets hurlants devant ma "caravane" qui n'ose passer. Peur atroce des taureaux que je compte par centaines dans un troupeau de mille vaches. Quand je crois en voir un, je meurs d'effroi et "m'amollis comme une serviette" tel le boulanger dans Cyrano. Peur du bélier dans un troupeau de moutons, peur des reptiles vivants ou en caoutchouc, et j'ai honte de l'avouer, peur des souris. A tout bien considérer, tout ce qui bouge, à part les humains, me fait peur. Nul doute que cette phobie ne corresponde à une névrose particulière et peut-être ai-je "une araignée au plafond"... Pour les souris cependant, je dirai à ma décharge qu'il nous en filait sous les yeux dès que nous allumions la lumière de la cuisine dans la maison familiale. Ou bien encore une de ces insolentes créatures traversait ma chambre tranquillement le soir alors que j'étais figée dans ma lecture. Je pense rétrospectivement que ça devait plutôt être un loir ou un mulot. Blanc, 15 cms..! C'est ainsi que pendant 20 ans je dormis enfermée sous mes couvertures à moitié asphyxiée. Je ne suis pas non plus très amie avec les guêpes et encore moins avec les cafards. Il suffit de dormir une fois dans une chambre sans fenêtre envahie par ces énormes insectes capables de faire un bruit de mandibules à réveiller un mort pour être traumatisé à vie. Quant aux araignées je préfère ne pas en parler, leur seul nom sème la terreur dans mon esprit. A la campagne d'ailleurs je dors sous une moustiquaire depuis que j'ai aperçu un de ces monstres près de mon lit. Mais la théorie de la relativité n'est pas une notion vague ni vaine, nous en avons des exemples tous les jours. Je me permets donc de vous demander quel serait votre réaction si vous croisiez sur un terrain de golf un alligator de 3 à 4 mètres de long. Hausseriez-vous simplement les épaules d'un air blasé, sans même vouloir épater la galerie? Nous européens tomberions immédiatement dans le syndrome d'Amok pour nous mettre à courir comme des fous. Réaction bien normale étant donné la réputation funeste de cet animal au profil préhistorique. Et pourtant l L'alligator qui se promenait récemment sur un terrain de golf en Floride n'aurait peut-être pas fait de mal à une mouche (dommage, je les déteste aussi :D), mais de là à ne pas arrêter une compétition, c'est fort! Dixit le propriétaire du golfe : "Si nous arrêtions de jouer à cause des alligators, nous n'aurions jamais de golfeurs..". On pourrait presque voir dans cette attitude stoïque une justification à la tendance américaine de se vanter à tort et à travers des mérites de leur "patrie". Ils sont les meilleurs en tout, c'est un fait qu'il faut accepter une fois pour toutes. :D

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