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Les commentaires de Pointscommuns.com : le premier site de rencontres par affinités culturelles.

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    Le début du film a de quoi rebuter. Un homme et une femme visiblement en couple s’adressent à peine la parole et, lorsqu’ils le font, semblent réciter sans même échanger un regard. La caméra s’attarde interminablement sur le regard fixe de l’homme, perdu dans son tourment intérieur, et le spectateur regarde sa montre en se demandant comment il va faire pour tenir une heure quarante-quatre minutes dans une telle vacuité. Comptant les spectateurs qui le séparent du bout de la travée, il envisage même une sortie puis finit par rester…et il fait bien. L’homme est un architecte français, Alexandre, qui séjourne avec sa femme Aliénor à Stresa sur les rives du lac Majeur. Il est venu en Italie pour y écrire un texte sur l’architecte baroque Francesco Castelli dit Borromini. Sur le bord du lac l’architecte et sa femme portent secours à deux jeunes promeneurs dont la rencontre va bouleverser leurs vies : Lavinia, adolescente fragile sujette aux malaises, et son frère Goffredo, jeune bachelier qui se destine à l’étude de l’architecture. Pour rester près de la jeune fille, Aliénor renonce à accompagner son mari à Rome et lui suggère d’emmener le jeune homme. L’essentiel du film est la relation entre l’architecte confirmé, désabusé, et son jeune compagnon empli d’idéalisme qui veut créer des espaces où tous les hommes, croyants ou non, pourront aller à la rencontre de la lumière. Ironique et distant au départ, Alexandre se laisse peu à peu toucher par le jeune homme et l’entraîne dans une magnifique balade guidée de Rome, nous dispensant par la même occasion une belle leçon d’histoire et d’architecture. De son côté Aliénor, qui a perdu son unique fille encore enfant, s’attache à sa jeune protégée. Elle fait aussi une belle rencontre en la personne d’un exilé chaldéen interprété par Eugène Green, le cinéaste, qui lui enseigne la sapience. A la fin du film mari et femme se retrouvent et s’étreignent sur le bord du lac Majeur totalement métamorphosés, réincarnés, vivants. Je n’avais jamais entendu parler d’Eugène Green, Wikipédia m’a appris que ce cinéaste, écrivain et dramaturge français était né en 1947 à New York. Il a réalisé plusieurs films dont l’audience est restée très limitée, le « Le Pont des Arts » seul ayant atteint les 43000 entrées. « La Sapienza » est le premier de ses films à toucher un large public. Deux détails caractérisent les films de Green : tous les personnages s'expriment dans un français parfait en prononçant toutes les liaisons, lorsqu’ils parlent ils sont filmés en gros plan, le regard fixé sur la caméra. Ayant lu ceci, je comprends mieux l’étrangeté qui m’a déconcertée au début du film et fait penser au « Perceval le Gallois » d’Eric Rohmer. On accrochera plus ou moins à l’histoire et au jeu des acteurs, par contre l’unanimité pourrait se faire sur la beauté des images, paysages et monuments, sur l’intérêt de la leçon d’architecture et sur la musique composée d’extraits du « Magnificat a sei voci » de Claudio Monteverdi. (Sorti fin mars, ce film passe actuellement dans 35 salles)

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    David Cronenberg est né le 15 mars 1943 à Toronto. Il vit d'ailleurs toujours à Toronto où il a tourné la quasi-totalité de ses films. Toronto est la ville de sa vie, à l'instar de Portland pour Gus Van Sant, New York pour Jim Jarmusch et Sidney Lumet, Los Angeles pour Sofia Coppola et Paul Thomas Anderson. Qu'écrire sur un cinéaste aussi connu que Dave le dépravé ? Non, non fans cronenbergiens ne prenez pas mal ce surnom. Depuis son premier long-métrage en 1969, David Cronenberg a eu droit à une flopée de surnoms, le plus connu étant Dave le dépravé (il parait que c'est un surnom affectif). David Cronenberg est Le cinéaste qui rebute, dérange, met mal à l'aise et donne pas envie de voir ses films. Il à crée un nouveau genre de films. Suffit de penser à des images de "Chromosome 3" ou de songer à James Woods qui entre une cassette dans son corps à travers son ventre dans "Videodrome". Il s'est calmé, Dave le dépravé, les monstres ne sont désormais que nous-mêmes, intérieurs. Il à pas tort. Avant les hallucinations de ses personnages, leurs folies, leurs transformations sont des métaphores à présent. Après avoir vu l'excellent "Cosmopolis", j'ai décidé de faire des recherches sur le plus célèbre des canadiens. Il as l'air sympa du haut de son mètre 75 avec son grand sourire et ses cheveux gris. Donc j'ai fais des heures de recherches sur Cronenberg. M'intéressant à son cinéma ou à cet homme discret mais fascinant ? Les deux mais surtout la deuxième. Cronenberg est le prototype Parfait de ce que j'aime chez un cinéaste. Pour moi, un cinéaste doit être Humain. Qu'importe qu'il fasse des chefs d’œuvres ou des merdes : il faut que sur un tournage, il se comporte dignement envers les personnes avec qui il travaille. Pour moi, ça fait parti de l'identité du cinéaste. Des sadiques comme Kubrick ou Kecchiche : ils font des grands films et on devrait pardonner leurs comportements, ou que ça nous regarde pas ? Bah moi, cinéphile et bien ça m'intéresse. David Cronenberg est à l'opposé total des monstres qu'il met en scène. Sur un plateau de tournage, il considère faire parti de son équipe, parce qu'un film : c'est pas un homme, mais une équipe. Ses mises en scène en l'air complexes mais tout est dans la tête du canadien : il fait trois prises maximum, ne se sert pas de story-board, se montre courtois, blagueur, très cool et extraordinairement précis. Sa direction d'acteurs en as déplu à plus d'un : refusant que les acteurs répètent avant le tournage, il les mets dans le bain directement. Mais les acteurs doivent connaitre leurs textes à la perfection. Il les laisse par contre improviser leurs interprétations. Ses tournages sont souvent courts et il improvise constamment sur le tournage : si quelque chose ne peut pas fonctionner, il essaye autrement sans se biner. L'avis de chacun et chacune de ses collaborateurs compte. D'ailleurs, il travaille avec les mêmes personnes depuis longtemps (Howard Shore depuis 1980 ! (pour citer le plus notable)). Chaque avis est important. Il a besoin de cela. C'est sans doute rassurant pour lui. A l'instar d'un Jarmusch, il a constamment l'impression d'apprendre. En dehors des tournages, Cronenberg est réputé pour être un homme calme, discret, qui ne fait pas parler de lui, il est marié depuis trente-cinq ans, as eu plusieurs enfants. Quand on apprends toutes ces choses, on se dit que c'est étonnant quand on pense à certaines images de ses films. Plus d'un, en as été étonné. Dave le dépravé à l'air cool. Et il l'est, le plus célèbre des cinéastes canadiens.

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    Takeshi Miike a tourné près de cent films depuis vingt-cinq ans, Steven Soderbergh en as tourné vingt-cinq en vingt ans. Et moi, une douzaine d'heures après mon dernier article me revoilà. La quantité plus que la qualité ? Je suis comme la plupart des gens : je préfère qu'un artiste prenne son temps pour faire un album que d'en sortir un tous les six mois et qu'il ne soit pas forcément bon ou qu'un cinéaste tourne neuf films par an (Takeshi Miike) au lieu d'un cinéaste qu'un sort un film tous les quatre ans. On est pas forcément bon à tous les coups et il y a des paradoxes. David Cronenberg a tourné vingt films en quarante-cinq ans de carrière. Plusieurs années séparent souvent ses films (trois en moyenne). J'ai découvert Cronenberg avec "ExistenZ" : moyen perso, suivi d'"A History of Violence" (chef d’œuvre incontesté) puis "Crash". "Crash" était depuis cinq ans sur ma liste des films à voir. Il était même très en haut de cette liste. Pourquoi ? Le pitch, le pitch le plus original que j'ai jamais vu de toute ma vie : l'histoire de personnes excitées sexuellement par des accidents de voitures. Avec mes idées tordus ou / et réalistes (je suis un grand fan de Sarah Kane) : c'était Par-Fait. Donc, j'estimais "Crash" avant de le voir. Estimé beaucoup (jusqu'à en parler à ma mère : la pauvre...) et en plus il y a un casting : James Spader, perfectionniste que j'ai adoré dans "The Watcher" mais aussi Holly Hunter (la Mel de "thirteen") et Deborah Kara Unger (Brooke dans "thirteen" : je l'ai pas aimé, mais je l'ai adoré dans "The Game"). "Crash" est un film génial : son pitch est retranscrit comme je l'imaginais ; il y a une histoire en plus (tirée d'un bouquin de J.G. Ballard) ; il y a des dialogues très crus et hilarants. Mais "Crash" tourne vite en rond. En dépit du fait qu'il y ai une histoire, le film finit par être une série de scènes de sexe où toutes les possibilités y passent : James baise avec Ellen, Ellen baise avec Catherine, James baise avec Vaughn, etc... Les personnes ont des cicatrices, ils ont des accidents, ils jouissent en pensant à ces accidents. Et Cronenberg, cinéaste Humain, utilise de très longs plans et de très longues scènes (comme celle où ils reconstituent la mort de James Dean) qui sont interminables. La musique de Howard Shore est très lourde (surtout au début). Les acteurs (comme toujours chez Cronenberg) sont très naturels : ils ne lèvent jamais la voix, parlent de sexe comme on parle de la pluie et du beau temps. Et le cinéaste s'épargne d'explications : pourquoi ? On ne le serait pas. Mais la dernière scène, surement la plus sensible, donne peut-être une réponse. Le film fait le portrait honnête de personnes autodestructrices. Chacun sa drogue : moi c'est l'écriture ; d'autres la cigarette, la drogue, la bouteille, etc... : eux c'est baiser dans des accidents de voiture. Ca peut paraitre tordu mais Cronenberg, génial, ne juge Jamais ses personnages : c'est l'une des qualités du film. Les personnages sont dans une bulle, à aucun moment, les personnages ne pensent que c'est bizarre ou sont en butte à une incompréhension quelconque. J'ai vu quatre films de Cronenberg, c'est peu mais "Crash" est le moins bon que j'ai vu et perso, avec "Crash", il s'est planté.

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    A tes lèvres, ma fièvre grandissante est lisse Déjà tu fermes délicatement les yeux Déjà la chaleur envahit mon tendre vice Déjà je suis reine devant les blancs cieux. Le temps, intarissable détraqué, convoite Ces gouttes échappées de ton corps en émoi Les délectueux plaisirs de ton corps si moite M'invite toujours à de plus amples ébats. Dans notre douce couche faite de petits riens L'éternité vibrante nous a presque rejointe J'imagine courant tes longs doigts sur mes reins Dévoilant à coup sûr ces dures petites pointes. L'ambiance feutrée nous emmène tant et pourtant Que la lumière apaisante et les cris si sourds Ô combien de tumultes nous rendent vivants Pillent et font de ces vies arrachées cet amour. Il est d'envie que ton corps rejoigne le mien Dure est ta besogne, servant Chevalier Sûrs, Rapides et précis sont nos va-et-viens Montant le plaisir, notre silence est sacré. Tu t'échines et tu t'acharnes, ton âme transpire Ô douce lune pour qui croit en ce moment Bercée par tes mots chuchotés, je glisse et vire Bénis soit le jour et la nuit pour les amants. Las, épuisés, ruisselants, nos corps enlacés, Puissant et unique notre amour impossible N'a de cesse de jouir au plaisir retrouvé Que déjà l'aube point à ces jours paisibles. ---------------------- Rivages http://youtu.be/jphJGyKkkJE ----------------------

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    Dimanche 10 mai 2015. 22 heures 25. 58 visites. 14 dédicaces. 6 sélections. Sur Facebook : 8 amis, inscrit depuis le 06 avril 2009, deuxième compte depuis le 31 juillet 2010. Sur Twitter : 121 Tweets , 54 abonnements, 2 abonnés, depuis le 31 décembre 2014 Sur Skyrock (blog consacré à Sarah Polley) : 15 amis, 24 fans, 2110 visites, depuis le 20 aout 2012. Un ordinateur fixe sur mon lit, je passe les deux-tiers de ma vie derrière un écran. Écrire, regarder des séries et des films, commenter, commenter, liker, faire des montages-photos, travailler sur des vidéos. Quand je ne suis pas sur cet ordinateur : je filme, je parle avec ma mère, je sors parfois. J'ai écris pas mal d'articles sur deux comptes différents sur le bien nommé "Pointscommuns.com" depuis un peu plus de trois ans. Mon premier compte sous un autre pseudo : très prolifique, mais je me suis fais juger et démolir pour chaque article que j'écrivais. Je suis revenu l'an passé, pour écrire voire rencontrer la femme de mes rêves mais on dit que l'espoir fait vivre. Je suis vraiment revenu il y a quelques semaines soutenue par deux femmes qui ont à peu près l'âge de ma mère. J'ai écris sur des films, des séries, des livres, des artistes et des albums. Et pourquoi pas sur ce site ? En fait : c'est comme écrire un texte consacré à Facebook en le publiant sur Facebook. Et depuis mon retour, on m'as démoli, encore tout à l'heure. On m'as attaqué. Il parait que je suis un des membres les plus jeunes actifs sur ce site. Comme dirait Eric Packer dans le génial livre (et film) "Cosmopolis" : "J'ai toujours été plus jeune que tout le monde et un matin ça as changé.", un jour ça va changer. Conflits de générations que voulez-vous. Avec mon style percutant, franc-tireur, sensible et très honnête, mon caractère entier, mes gouts, mon écriture (oui je fais des fautes mais qui n'en fait pas ?), ma façon de visualiser les choses du haut de mon mètre 90-91 (personne ne sait, j'ai une scoliose) et mes 23 ans. En plus je pèse 50 kilos mais je suis pas anorexique ni boulimique : je vous rassure. Alors qu'écrit-on d'un site sur un site ? C'est presque une blague : donner son avis sur le site, écrire un texte personnel et dire qu'on est fou amoureux de "Pointscommuns.com" et cirer les pompes des créateurs ? Pas mon genre : je dis ce que je pense. Moi entre nous, quand j'ai commencé à écrire ces lignes, j'ignorais ce que j'allais écrire... enfin j'en avais une petite idée mais j'improvise : je suis meilleur quand j'improvise. Et oui, en plus j'ai un putain d'égo. Ouais : le "djeuns" qui "s'la pète" : c'est moi, mais je suis quelqu'un de très humble aussi, réservé, d'une timidité maladive (mais je me soigne), j'ai des migraines atroces (je me soigne, Dieu Bénisse le Propranolol, le Kétoprofène et le Tigreat (ma doctoresse est La Meilleure)). J'arrive parfaitement à me moquer de moi-même. Des gens me détestent, enfin des gens détestent d'autres gens, moi-même je déteste d'autres gens (le pédophile qui habite à côté de chez moi par exemple ou l'oncle de ma mère qui l'as violé pendant deux ans). Oui, parce qu'en plus : j'ai un penchant pour parler de viol : c'est très dur pour les gens qui ont vécus ça, moi j'ai subit des trucs aussi. Il y a aussi de bonnes chances pour que je me fasse virer d'ici : Facebook m'as bloqué trois fois pour avoir défendu une jeune fille faussement accusée de viol ; Allociné est sur mes rangs (et j'ai eu six comptes en six ans). Mais le pire, pour mes détracteurs : c'est que des gens aiment ma prose. Ma doctoresse ; une merveilleuse jeune femme qui me soutient tous les jours ; plusieurs de mes ami(e)s présent(e)s (ou passées) et tout(e)s les autres qui ont gouté à ma prose et l'ont aimés. Cirage de pompes ? Elles ont le point commun d'être honnêtes. Il y a un truc que je fais pas sur ce site : je n'attaque pas les gens qui ne me font rien. Par contre des gens le font avec moi. Jaloux et frustrés ? Parfois : je pense que je suis Kristen Stewart masculin : la personne envers laquelle on s'obstine à dire du mal sans la connaitre. C'est une bonne comparaison, d'autant qu'elle est à peine plus âgée que moi. La plus jeune, la plus différente, la plus "à part", la plus libre en quelque sorte. ... Tiens, je viens d'écrire mon autobiographie : parce qu'écrire sur "Pointscommuns.com" : c'est parler d’œuvres mais aussi de soi. Et là j'écoute "Explain it to me" de Liz parce que ça fait 13 mois que j'ai découvert le film "thirteen" : putain ce film, je ne m'en suis toujours pas remis...

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    "L'adversaire" est presque une exception pour moi dans le cinéma français. Je n'aime pas le cinéma français : je le trouve trop niant-niant, les acteurs pas crédible qui en font des tonnes J'en ai vu assez pour me faire une idée : le cinéma étranger est meilleur que le cinéma français (et pas forcément faute de moyens quand on pense à des Jarmusch qui font leurs films pour trois fois rien). Mais il y a des exceptions, des films français qui vous scotchent au fauteuil même plus de trois ans après l'avoir vu : "L'adversaire" fait parti de ces films. Film puzzle remarquable inspiré de faits réels, "L'adversaire" est un film à part dans le cinéma français. Passionnant, puissant, fascinant et surtout porté par un Daniel Auteuil génial et impassible. Porté également par une sublime musique d'Angelo Badalamenti (compositeur de David Lynch). Le film raconte donc l'histoire de Jean-Marc Faure, marié et père de famille tout à fait respectable. C'est ça l'histoire ? Grattez un peu : il se fait une maitresse. C'est ça l'histoire ? On y est pas encore ou déjà. Par petites scènes, souvent teintées d'humour noir, Nicole Garcia montre la Vraie vie de Jean-Marc Faure : il passe ses journées à errer, souvent cloitré dans sa voiture ; va voir ses parents dont il as honte ; enregistre une vidéo où il fait des aveux. Mais des aveux de quoi ? A partir de la première scène où on le voit se filmer : on sait déjà toute l'histoire, alors que la scène est pourtant au début du film ! Et puis, soudainement tue son beau-père. Bon : c'est quoi l'histoire ? L'histoire d'un type qui derrière son image impeccable cache un menteur machiavélique et tueur né. Oui : c'est un bon pitch après tout et en plus ça tient la route. Mais nulle intention pour Nicole Garcia de montrer cela comme ça, de réduire Jean-Marc Faure à cette image. L'une des qualités indéniables : c'est son montage. Le film mérite de l'attention et de la réflexion. Le film n'as quasiment aucun ordre chronologique, les dernières scènes de l'histoire se situent au début du film, certaines scènes du début de l'histoire sont au milieu du film, etc... Grâce à ce montage pas stupide (tout le monde connait le fait divers dont s'inspire le film) : on as morceau par morceau, le portrait d'un homme qui as menti à tout le monde, se créant une vie et dès que quelqu'un le gène : il s'en débarrasse. Mais c'est aussi la descente aux enfers d'un type ordinaire. On est dans la tête de Jean-Louis Faure, comment as t-il pu en arriver là ? Avec un montage chronologique : ça n'aurait pas fonctionné. La perte des repères, du contrôle absolu de Jean-Marc Faure. Il as tout perdu et on nous montre comment. Le pourquoi : pourquoi avoir menti ? Reste un mystère. C'est une autre qualité du film : nous expliquer le comment mais pas le pourquoi. Pourquoi Jean-Marc Faure as décidé d'en arriver là ? Sans savoir le pourquoi : on ne peut pas juger le personnage et c'est d'ailleurs l'intention de la réalisatrice : ne pas le juger. Nous montrer simplement une série de faits, la déconstruction d'une vie bâtie magnifiquement sur le rien. En plus d'un Daniel Auteuil qui mériterait un Oscar pour sa performance, le reste du casting est impeccable, toujours juste : François Cluzet, Emmanuelle Devos, Géraldine Pailhas, François Berleand. Jamais niant-niant. "L'adversaire", film méconnu est l'un de ces chefs d’œuvres du cinéma français. Totalement fabuleux et à la fois magnifique. Surement le meilleur film français que j'ai vu.

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    La Nausée. Êtes-vous zombie, antidreyfusard ou pétainiste ? (désolé, il n’y a pas d’autres cases). Todd fait du Zemmour : pondre un bouquin, dire n’importe quoi qui aille dans le sens de quelques poils et évidemment, faire beaucoup de boucan médiatique. J’aurais cependant l’idée que l’opération commerciale serait un peu moins fructueuse que la zemmourienne. L’auteur s’exprime en mots un peu plus compliqués que l’autre. La chance, pour lui, c’est que tout le monde lui tombe les bras raccourcis. L’esprit logique se dirait : une telle unanimité contre lui, c’est qu’il doit dire des bêtises. Mais non ! le raisonnement est inversé parce qu’on vit une époque d’inversion des valeurs : si tout le monde le conteste, c’est qu’il a raison, c’est qu’il dit une vérité qu’on veut cacher, et donc, il est beau, il est grand (j’imagine que sur le plan scientifique, ça ferait des ravages, une telle logique ; on se demande même comment on peut faire pour utiliser un ordinateur, une liaison internet et quelques neurones pour inscrire des composants de lettres). Par ailleurs, la polémique périphérique avec le PM n’a pas beaucoup d’intérêt si ce n’est une simple bataille d’ego, et la réponse excessive de Todd sur la révolution nationale le disqualifie complètement d’un point de vue scientifique, c’est-à-dire, sur une méthode basée sur le doute, le sérieux, la raison, le démontrable et aussi, bien sûr, l’honnêteté intellectuelle. Valls a au moins pour lui le fait qu’il est un politique et qu’il n’a aucune prétention scientifique. Il a donc le droit de dire n’importe quoi, du moment qu’on le croit (et si l’on ne le croit pas, tant mieux, ça veut dire que le peuple est plus fort que lui). Todd fait de la politique et pas de la science. C’est donc un usurpateur puisqu’il se prévaut de ses titres académiques pour faire passer n’importe quoi. Il en est coutumier. Tiens, il y a trois ans, il avait laborieusement expliqué son vote pour Guimauve avec une formule choc (qui fera date sur son incompétence scientifique) : le "hollandisme révolutionnaire". Enfin, c’est vrai que depuis deux jours, on pourrait imaginer que le serrage de mains à La Havane était finalement révolutionnaire. Mais pondre "Qui est Charlie ? Sociologie d’une crise religieuse", les bras m’en tombent. Publié au Seuil le 5 mai 2015 (avec un sav à la matinale de France Inter la veille), le livre entend récupérer (il n’y a pas d’autre mot) la tragédie d’il y a quatre mois. Son but, sa cible, sa niche économique, ce sont les soixante-deux millions de Français, ceux qui n’ont pas manifesté le 11 janvier. La pensée véhiculée par ce livre est à la fois une imposture scientifique et d'une puanteur idéologique. Imposture scientifique car Todd prétend se baser sur sa grande (et réelle) compétence de la France géographique pour dire n'importe quoi : Paris, qui a donné le plus de manifestants, n'a pas une tradition catholique intégriste mais une tradition révolutionnaire (Todd connaît-il au moins l'origine du drapeau tricolore ?), Lyon n'est pas seulement la catholique, c'est aussi la principale ville de la Résistance (a-t-il oublié Jean Moulin ?), Grenoble n'a jamais été qu'une ville de résistance à l'ordre établi (premier parlement révolutionnaire), etc. Puanteur idéologique car Todd se fonde uniquement sur l'origine géographique des personnes pour tenter de les comprendre, de les expliquer, alors que personne n'est responsable de son origine, mais tout le monde est responsable de ses actes, de son comportement, etc. Todd voit le monde dans un prédéterminisme effrayant, dans un fatalisme qui fait frémir, qui signifierait que dès la naissance, l'humain n'a plus aucune liberté, est déjà étiqueté, prédéfini, à mettre dans une case (poubelle ou élite ?), etc. Considère les personnes pour ce qu'elles sont et pas pour ce qu'elles font. C'est le contraire de l'esprit républicain qui ne départage les personnes qu'en fonction de leurs seuls mérites et pas de leurs origines. C'est peut-être pour cela que Todd n'a rien compris à ces manifestations : elles défendaient justement cet esprit républicain, tous unis derrière la République. En somme, Todd pense exactement de la même manière que ces assassins qui ont tué leurs victimes parce qu'elles étaient pour certaines juives et que leur culpabilité résidait dans leur seule origine et (éventuelle) religion. Elles devaient être tuées depuis leur naissance. Il faudrait pourtant lui rappeler quelques évidences, à Todd. Il se trouve que ce qu’il s’est passé du 7 au 9 janvier 2015 n’a rien à voir avec la religion, rien à voir avec l’islam, cela n’a rien à voir avec la laïcité, rien à voir avec le mariage pour tous. Cela a voir avec le terrorisme, avec la criminologie, avec le fanatisme de type sectaire. Dans chaque tragédie, je pense d’abord aux proches des victimes. Je n’ose imaginer ce qu’ils pourraient en penser, de ces assertions péremptoires avec une couche à peine finie de respectabilité proposées par Todd. Comme si l’acte de manifester n’était commandé que par une seule motivation, un unique mouvement, d’un peuple entièrement homogène, focalisé par une seule histoire personnelle. Beaucoup avaient manifesté pourtant pour la première fois et n’étaient pas très jeunes ! L’hétérogénéité des motivations annulent d’office les étiquetages toddiens. Il y a autant de cases que de personnes. La plupart qui ont manifesté, et dès le 8 janvier, c’était simplement par émotion et par solidarité. Il n’y avait aucune raison de faire coller sur tous ces nombreux citoyens pas forcément docteurs de sociologie la capacité d’établir en deux jours des thèses très élaborées sur la laïcité, sur la réalité de l’islam dans le monde contemporain ou sur la géopolitique syrienne… Croire que les manifestants ont été manipulés, instrumentalisés, c'est les prendre pour des imbéciles. Et les participants à une marche blanche qui est généralement organisée par émotion par les habitants et proches de la victime, à chaque fois qu'une petite fille est assassinée ou qu'un autre crime atroce est commis, sont-ils aussi manipulés ? C'est délirant de voire de la manipulation dans un sentiment spontané au contraire très rassurant sur l'humanité des gens : ceux qui parlent de manipulation ne doivent pas savoir ce que sont l'émotion, la compassion, la solidarité, et tous ces sentiments qui font qu'un humain est un humain. Il faut vraiment nourrir une haine formidable et obsessionnelle contre les "élites" qui ont défilé ensemble pour croire que les manifestants se préoccupaient de celles-ci. Ils ne se préoccupaient que des victimes, pas des élites, et que ces "élites" si détestées (problèmes scolaires dans l'enfance ? jalousie sociale ?) aient défilé ou pas, ça n'aurait rien changé à la peine et au chagrin infinis des millions de compatriotes. D'ailleurs, suivez mon regard, un seul parti a appelé à ne pas défiler. Histoire de se défiler de l'esprit républicain. Le stupide, c’est aussi de croire que les caricatures seraient des appels à la haine. Il y a pourtant juste une toute petite différence entre dessiner des caricatures (parfois pas très jolies) et massacrer dix-sept personnes… un massacre typiquement nazi chez Charlie Hebdo (on ne peut rien pour toi, t’es dessinateur ou t’es Juive, bang !), mais non, ceux qui ont manifesté leur émotion ne seraient que de sales Vichyssois, intégristes, bobo et islamophobes par dessus le marché. Dans quelle puanteur résiduelle vit donc Emmanuel Todd ? À quel déterminisme darwinien veut-il en venir ? Sans compter les incohérences argumentaires (un bobo n'est pas intégriste, justement, il est libertaire). Le pire qu’il fait, c’est l’amalgame, un des nombreux amalgames, c’est considérer que si on est pauvre, d’origine étrangère, jeune, sans travail, sans formation, forcément, on va être amené à massacrer une dizaine de personnes, plus ou moins identifiées. C’est une affligeante sociologie, c’est de la récupération idéologique pourrie. D’autant plus que la réalité sur les assassins réels montrent quand même des personnes plutôt bien intégrées et pas forcément en péril social, et il a de toute façon fallu une certaine intelligence et structuration pour organiser de tels massacres sans être interrompu. Plus généralement, il considère que islman égale pauvreté (voir ce qu'en disent le Qtar et l'Arabie saoudite). L’époque mérite peut-être ce niveau de réflexion nullissime vu qu’au-delà de cent quarante caractères (le contraire de pcc !), la pensée doit être immédiatement conclue. Tiens, c’est comme sur le site Amazon pour avoir le résumé du bouquin. Il y a le début et il faut cliquer sur un mot pour lire l’intégralité du résumé. Eh bien, pour revenir à la situation antérieure, il y a à cliquer sur… "En lire moins", comme si c’était déjà beaucoup trop de lire dix lignes ! en plus, pour un site qui vend des bouquins, on peut imaginer que l’utilisateur serait prêt à lire même quelques pages sinon le bouquin en entier ! (je sais, c'est la même fonction que sur les pages profils de pcc). Quelques commentaires sur Amazon (qui sont très partagés, soit très laudateurs, soit très critiques, ce qui montre bien que le livre est avant tout idéologique)… « Livre bourré de contrevérités même sur les statistiques. (…) Todd est l’archétype du penseur prétentieux, donneur de leçons, qui a toujours raison et incompétent. Certaines de ses analyses sont lamentables voire dangereuses en particulier lorsqu’il veut expliquer le racisme par le lieu d’habitation. Il est bien connu que depuis des années, les Français ne déménagent plus, qu’ils ne sont pas mobiles… Et quand dans son livre, il parle de l’islam égalitaire de l’Indonésie, on croit rêver. C’est un travail de sociologie à deux balles comment il en fait malheureusement depuis longtemps. En tout cas, loin, très loin de la rigueur intellectuelle d’Alex Honneth par exemple ». « Ce livre est un amas de clichés, de contrevérités et de psychologisme aberrant. (…) On aurait aimé une vraie analyse plutôt qu’un calquage idéologique biaisant totalement les rares données fournies et des corrélations de cartes risiblement non contributives ». « Ici, il se met à délirer sur la question de la laïcité, arguant que finalement, celle-ci serait oppressive pour les plus faibles à savoir les musulmans qu’il présente comme les principales victimes ! Ce raisonnement est malhonnête (…) parce que ce sont tout de même les journalistes de Charlie qui sont morts assassinés. On s’est battu pendant des siècles pour mettre de la distance entre la vie civile et la religion en luttant contre l’emprise de l’Église, et voilà maintenant qu’il faudrait revenir en arrière ! L’amalgame entre laïcité et fascisme n’a pas de sens ». Alors, franchement, s’il fallait choisir entre un penseur à la noix qui veut récupérer à la fois idéologiquement et commercialement une monstrueuse tragédie, et des manifestants zombies qui n’avaient pas la prétention de penser mais juste la volonté de compatir et de rester solidaires, je n’aurais aucune hésitation : je suis zombie ! Tiens, à la place du bouquin d’Emmanuel Todd (à ne pas confondre avec son père Olivier Todd, quatre-vingt-six ans dans un mois, pour qui j’ai beaucoup de respect), je conseillerais plutôt de lire "Maudites", publié ce mercredi 13 mai 2015 chez Albin Michel, un témoignage poignant de Jeannette Bougrab (sous-ministre, elle avait réclamé la démission de Moubarak …dès le 30 janvier 2011 !). Elle a failli être la dix-huitième victime, tellement meurtrie de la mort de son chéri et des réactions publiques la concernant, mais aussi par la maladie de sa mère et les menaces de mort qui l’avaient placée sous protection judiciaire trois semaines avant les attentats. « J’étais si bas qu’il m’arrivait d’espérer ne plus me relever ». Une explication plus précise dans un hebdomadaire : « Je passe cinq heures chez un huissier à consigner ma correspondance avec Charb, plusieurs centaines de sms et des dessins pour XXX comme preuves tangibles de notre amour sincère et profond. (…) [Les membres de la famille] veulent faire passer Charb comme l’un de ces hommes qui sautent sur tout ce qui bouge et moi comme son plan c*l. Parce qu’ils veulent que l’image de Charb corresponde à celle qu’ils veulent donner de Charlie Hebdo ». D’ailleurs, maintenant, elle se barre avec sa gamine à Helsinki, nommée chef du service d’action culturelle à l’ambassade de France pour « changer d’air après la violence et la méchanceté ». La violence et la méchanceté, elles, n’ont pas quitté le pays. Lorsque tous les Français auront quitté la France à cause d'une armée de petits Todd, on sera bien avancé, tiens…

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    Je voulais juste mourir un petit peu surtout ne déranger personne seulement retenir mon souffle profiter d'une dernière brise Mais je n'ai pu tenir de me retenir la vie m'a tenu tête sans retenue mes peurs ont chassé mes cauchemars Mes rêves se sont assoupis   Il me reste une corde pour me suspendre à ton cou une balle pour percer la mémoire de la rancune une chaise pour rétablir le courant des sentiments mon sang rouge satanique pour écrire notre histoire Dans ce désert la chaleur attise le froid de notre âme La rosée se cristallise dans nos yeux Les dunes louvoient dans nos coeurs Chaque grain de sable abrite une vie Je voulais juste mourir un petit peu Lcm

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    David Cronenberg est né le 15 mars 1943 à Toronto. Il vit d'ailleurs toujours à Toronto où il a tourné la quasi-totalité de ses films. Toronto est la ville de sa vie, à l'instar de Portland pour Gus Van Sant, New York pour Jim Jarmusch et Sidney Lumet, Los Angeles pour Sofia Coppola et Paul Thomas Anderson. Qu'écrire sur un cinéaste aussi connu que Dave le dépravé ? Non, non fans cronenbergiens ne prenez pas mal ce surnom. Depuis son premier long-métrage en 1969, David Cronenberg a eu droit à une flopée de surnoms, le plus connu étant Dave le dépravé (il parait que c'est un surnom affectif). David Cronenberg est Le cinéaste qui rebute, dérange, met mal à l'aise et donne pas envie de voir ses films. Il à crée un nouveau genre de films. Suffit de penser à des images de "Chromosome 3" ou de songer à James Woods qui entre une cassette dans son corps à travers son ventre dans "Videodrome". Il s'est calmé, Dave le dépravé, les monstres ne sont désormais que nous-mêmes, intérieurs. Il à pas tort. Avant les hallucinations de ses personnages, leurs folies, leurs transformations sont des métaphores à présent. Après avoir vu l'excellent "Cosmopolis", j'ai décidé de faire des recherches sur le plus célèbre des canadiens. Il as l'air sympa du haut de son mètre 75 avec son grand sourire et ses cheveux gris. Donc j'ai fais des heures de recherches sur Cronenberg. M'intéressant à son cinéma ou à cet homme discret mais fascinant ? Les deux mais surtout la deuxième. Cronenberg est le prototype Parfait de ce que j'aime chez un cinéaste. Pour moi, un cinéaste doit être Humain. Qu'importe qu'il fasse des chefs d’œuvres ou des merdes : il faut que sur un tournage, il se comporte dignement envers les personnes avec qui il travaille. Pour moi, ça fait parti de l'identité du cinéaste. Des sadiques comme Kubrick ou Kecchiche : ils font des grands films et on devrait pardonner leurs comportements, ou que ça nous regarde pas ? Bah moi, cinéphile et bien ça m'intéresse. David Cronenberg est à l'opposé total des monstres qu'il met en scène. Sur un plateau de tournage, il considère faire parti de son équipe, parce qu'un film : c'est pas un homme, mais une équipe. Ses mises en scène en l'air complexes mais tout est dans la tête du canadien : il fait trois prises maximum, ne se sert pas de story-board, se montre courtois, blagueur, très cool et extraordinairement précis. Sa direction d'acteurs en as déplu à plus d'un : refusant que les acteurs répètent avant le tournage, il les mets dans le bain directement. Mais les acteurs doivent connaitre leurs textes à la perfection. Il les laisse par contre improviser leurs interprétations. Ses tournages sont souvent courts et il improvise constamment sur le tournage : si quelque chose ne peut pas fonctionner, il essaye autrement sans se biner. L'avis de chacun et chacune de ses collaborateurs compte. D'ailleurs, il travaille avec les mêmes personnes depuis longtemps (Howard Shore depuis 1980 ! (pour citer le plus notable)). Chaque avis est important. Il a besoin de cela. C'est sans doute rassurant pour lui. A l'instar d'un Jarmusch, il a constamment l'impression d'apprendre. En dehors des tournages, Cronenberg est réputé pour être un homme calme, discret, qui ne fait pas parler de lui, il est marié depuis trente-cinq ans, as eu plusieurs enfants. Quand on apprends toutes ces choses, on se dit que c'est étonnant quand on pense à certaines images de ses films. Plus d'un, en as été étonné. Dave le dépravé à l'air cool. Et il l'est, le plus célèbre des cinéastes canadiens.

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  • 05/13/15--09:28: Canon par Jules Félix
  • Hyon Yong-Chol ne doit rien dire en Europe. C’est le personnage tout à droite de cette photo, avec une grosse casquette, une étoile rouge sur un disque jaune et une batterie de décorations épinglée à la poitrine. http://minilien.fr/a0pgvb Le jeune sauvageon à la limite du crâne rasé qui se trouve à gauche de la photo, qui fait la moue et qui est habillé très sobrement de sombre, c’est l’enfant Kim. Kim Jung-Un qui, contrairement à son nom, n’est pas le numéro un mais le numéro trois de la génération. En effet, depuis trois et demi, il dirige la Corée du Nord comme un enfant gâté dirigerait une fourmilière. En jouant à Dieu par caprice. C’est le troisième. C’est même l’unique dynastie communiste au monde. Qui sévit depuis plus de soixante ans dans ce pays. Dans les rues de Pyongyang, tu peux être sûr de ne croiser aucune personne ayant un handicap. Aucun fauteuil roulant. En Corée du Nord, le pays est génétiquement sain. Tout le monde est parfait. Enfin, tout le monde sauf les renégats, les traîtres, les vils adorateurs du consumérisme américain. Mais l’on peut dire sans crainte de se tromper que c’est la dictature quand même la plus arbitraire et la plus cruelle du monde. Même la Chine s’en inquiète car son voisin n’est vraiment pas fiable. Car le pire, c’est qu’il détient l’arme nucléaire, et périodiquement, comme si c’était de l’hygiène mentale, Kim menace d’envoyer une bombe aux Ricains (qui restent assez discrets malgré tout, sait-on-jamais, pas la peine de s’énerver). Le jeunot a pourtant eu une éducation à l’européenne, en Suisse, mais le caprice, l’incompétence, la jalousie, la paranoïa ont fait le reste. À la demande de sa nouvelle copine, il avait fait massacrer son ex il y a quelques années, une jeune chanteuse extraordinaire, ainsi que les proches de celle-ci (histoire de bien nettoyer les vies). Il se trouve que j’avais eu la chance de la rencontrer, c’était exceptionnel, à la Salle Pleyel. Une voix extraordinaire et très populaire en Corée du Nord. Remarque, elle aurait chanté comme une casserole trouée que l’affliction ne changerait pas, bien sûr. Il a tué également son oncle qui était le numéro du régime, celui qui l’avait épaulé à la mort du père pour reprendre le pouvoir. Tonton lui avait donné toutes les assises du pouvoir et n’était plus utile : couic ! Il l’a fait exécuter comme dans les mauvais films, comme dans l’Irak de Saddam Hussein : lors d’une réunion officielle, arrestation et exécution, en une ou deux journées, maxi. L’auteuse de la bravitude avait loué la justice chinoise avant son désastre électoral ; elle aurait dû louer la justice nord-coréenne, au moins, ça ne traîne pas. On le soupçonne aussi d’avoir empoissonné sa tante, pour ne pas laisser seul le tonton. Le dictateur en culottes courtes Kim devait se rendre aux cérémonies de la victoire à Moscou le 9 mai dernier. Un bon moyen d’intégration internationale, notamment auprès de ses homologues d’Asie. Mais il a annulé au dernier moment. Pour "problèmes internes". Et Hyon Yong-Chol, dans tout ça ? Depuis une année, il était le ministre de la défense, plus exactement, ministre des forces armées du peuple. Un poste surtout commercial et organisationnel car la stratégie militaire lui échappe au profit d’une Commission de la défense nationale, les institution sont faites un peu sur le modèle chinois. Il était considéré comme l’un des trois militaires les plus proches de Kim. Il a été exécuté. Selon des sources de renseignement sud-coréennes, présentées le 13 mai 2015 par le vice-directeur des services de renseignements nationaux sud-coréens à une commission parlementaire, il aurait été exécuté "au canon anti-aérien" (c’est réservé pour les grandes occasions) autour du 30 avril 2015 dans une caserne au nord de Pyongyang. Il avait été vu assistant à deux concerts, les 27 et 28 avril. Le déploiement d’un canon anti-aérien est visible de satellite. Pratique. C’était sans doute volontaire. Être vu, bien vu. La raison ? C’est difficile à expliquer car les dépêches insistent sur le fait qu’il avait dormi lors d’une cérémonie officielle. En apprenant cela, je me suis aperçu que je ne suis pas fait pour être ministre nord-coréen. Et aussi qu’il avait répondu au grand chef. C’est le côté le plus sexy de la dépêche : exécuté parce qu’il dormait dans un défilé. Ce n’est pas "étonnant" mais simplement "cruel". Le "mouvement" est sans doute plus profond. J’écris mouvement avec un frisson dans les doigts, comme "mouvements préfectoraux", sauf que là, pas de placard, pas de "hors cadre", ou alors, hors cadre de vie. Il y a quelques semaines, quinze responsables de l’État avaient déjà été exécutés, dont deux vice-ministres. Pour manque de loyauté. Si on te propose un poste de ministre, surtout, refuse ! On n’avait alors pas sorti le canon anti-aérien ; ils étaient trop petits, ces félons. Hyon Yong-Chol était allé à Moscou en avril pour négocier des contrats d’armement mais était revenu bredouille. Cela aurait pu être considéré comme un cas de haute trahison. Selon certains nord-coréologues patentés, cela signifierait surtout que Kim est aux abois, qu’il est "frustré politiquement" et qu’il est en situation délicate car peu apprécié par la classe dirigeante. Il poursuit donc ses tentatives d’intimidation en provoquant des exécutions impressionnantes et démonstratives pour bien imposer son autorité. Il serait temps que les services psychiatriques du pays ou de son grand voisin viennent arrêter ses sanglants délires…

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    Nouveau séisme au Népal, magnitude 7,4 après le 7,6 du samedi 25 avril 2015. Encore des victimes. La veille, c’était aussi un autre tremblement de terre, diplomatique celui-là. Sur la photo, pas de désastre, mais un large sourire. L’homme est âgé. Il a quatre-vingt-huit ans, quatre-vingt-neuf ans dans trois mois. Il est debout, voûté mais l’air plutôt solide, robuste, et les yeux pétillants de vivacité. Il a un sourire de bon grand-père, un peu silencieux, très bienveillant. Les paupières sont creusées par le temps, les cheveux blancs encore abondants, coiffés avec une raie et pas en arrière comme avant. Une barbe fournie, la marque distinctive. Il porte une chemise quadrillée de camionneur, col ouvert, et un haut de survêtement noir de marque très connue (celle qui vaut encore des démêlées avec la justice à un très ancien ministre français). Quelques hommes l’entourent, hilares. Dont un tout à côté de lui, à sa droite, visiblement en train de lui serrer la pince. Bien habillé, un peu potelé, le sourire un peu niais, mais pas trop. Lunettes à la mode retour des années cinquante. Le vétéran porte un regard presque paternel sur le visiteur. http://minilien.fr/a0pgrw Il était vingt et une heures trente à Paris. Big Guimauve était à Cuba le lundi 11 mai 2015. Premier chef d’État européen à se précipiter dans l’île depuis les retrouvailles diplomatiques avec les États-Unis. Le dialogue s’est établi avec le frère, Raul, aux commandes depuis le 24 février 2008, mais c’est Fidel qui reste l’homme historique, celui qui, depuis le 7 janvier 1959, a dirigé Cuba. Vieil homme affaibli mais très fortuné (certains ont évalué à neuf cent millions de dollars son patrimoine personnel en 2006). Cuba, le contraste : excellent niveau d’éducation et de santé, mais niveau de démocratie proche de zéro, des hommes sont emprisonnés et meurent pour des raisons politiques. Droits de l’homme bafoués, libertés élémentaires refusées. Le peuple, de haute culture, n’a toujours pas accès librement à Internet. Même L’Humanité, journal communiste, a décrit le 30 octobre 1999 des scènes affligeantes dans la rue contre les "dissidents" : « Les manifestations de répudiation de dissidents étaient d’une violence inouïe, verbale en général, mais j’ai vu des gens déshabiller complètement une femme et, là-bas, la police est totalement du côté des manifestants. Je ne veux pas me souvenir de cela » (si, au contraire !). Castro, le Kadhafi de Guimauve ? Sûrement pas. Castro ne finira pas lynché mais ne finira pas non plus dans des massacres pour sauver sa peau. Il était des fréquentables qui sont devenus infréquentables, comme Saddam Hussein, Hissène Habré, Milosevic, Ben Ali, Moubarak, peut-être même Poutine ? Mais le mouvement peut s’inverser. Castro serait-il comme Pinochet ? Une terreur qui, à la fin de sa vie, va installer plus ou moins volontairement une future démocratie moderne ? Possible. Ah oui. Poutine. Non, on ne peut pas dire qu’il est infréquentable. Juste sulfureux ? Pourquoi accepter de rencontrer Castro et pas Poutine ? L’absence de la France à Moscou le 9 mai 2015 était-elle raisonnable alors que Poutine était venu aux cérémonies du Débarquement l’an dernier ? D’un autre côté, pouvait-on accepter d’assister à un défilé militaire qui signifiait une démonstration de force pour dire que de l’Ukraine, la Russie pourrait n’en faire qu’une bouchée ? C’est sûr, pour le Qatar, l’Égypte, l’Arabie saoudite, les scrupules étaient différents. On peut venir faire allégeance au même moment qu’on décapite des malheureux. Tant que les Rafales sont achetés. Ah ? Cuba s’apprêterait-il à acheter des Rafales ? Pourquoi pas ? (Little Nico doit être vert de rage, lui qui n’a pas réussi à en vendre un seul pendant ses cinq ans de potentat). Les dessins humoristiques affluent sur la rencontre cubaine historique. Qui mêlent Castro et Poutine, qui mêlent facilement le prénom et l’infidélité notoire du Français. Et la proximité sémantique du patronyme en français donne de furieuses tentations de s’amuser et il fallait bien un gros anarchiste (celui de la "pelote de haine") pour le faire ouvertement et publiquement. Parlant de Fifi encore à Matignon (mais ça pourrait fonctionner avec presque tous les locataires de Matignon), ce vieux déchu de la flamme disait le 25 février 2010 dans le Nouvel Obs : « Je sais bien qu’on reconnaît au Premier Ministre sa qualité de fidélité. Qu’on me permette aussi de critiquer son impuissance. On l’appelle Fidèle Castré ». Le mardi 12 mai 2015, Guimauve s’est ensuite rendu à Haïti, l’île d’à côté, qui a encore du mal à récupérer de son tremblement de terre d’il y a cinq ans (plusieurs centaines de milliers de morts). La comparaison est effarante. En 1961, Cuba et HaÏti étaient à peu près au même niveau de développement. Aujourd’hui, la mortalité infantile (meilleur indicateur que l’espérance de vie) est de 4,7 pour 1 000 à Cuba et de …49 pour 1 000 à Haïti ! Quant au Népal, elle a dû furieusement s’envoler depuis trois semaines…

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    Au début, c’est toujours très long. Le temps s’étire comme un chat après son sommeil. Il s’élargit, il se gondole, il se tord. Il s’éclipse aussi, car il n’y a plus de temps. Il n’y a plus que l’espace. L’espace entre toi et moi. Rapprochement du calendrier commun. Les deux courbes ne s’inversent pas mais se rapprochent. En quoi ? En asymptote verticale et l’amour sera impossible. En asymptote horizontale et l’amour sera durable. Eh oui, entre deux regards qui se font face, Et deux regards vers le même horizon, il n’y a pas photo. Toi ou moi sur la photo. Les deux, aucun, la pupille fraîchement dilatée. Le cheminement pouvait être long. C’était écrit quelque part. La tendance était pourtant connue dès le début. La petite étincelle laissait entendre le gros chaudron. Le cœur inépuisable, la création continue, l’idée renouvelée. Malgré les petits cailloux qui ponctuent de petits noirs un ciel bleu azur, Aucune déception, aucun regret, toujours nouveauté, toujours surprise. Même avec l’orage, même avec la canicule, même avec la sécheresse. Patience, tolérance et convenance. Ni jalousie, ni rancune, ni vengeance. Chacun sur sa ligne. Chacun sur son fil. Et le fil se tresse, se stresse parfois, se noue. S’étire loin à l’horizon. Pas d’ennui mais de la complicité. Pas de concurrence mais de la confiance. Les menottes aux coussinets. Ronronnements garantis. Le moteur n’a pas besoin de fuel. Il marche au solaire. Au soleil. Au soleil de la vie en rose. Ou en bleu. Ou en mauve. Deuils et joies mélangés. Malaxés dans la roue enivrante de la quotidienneté. Dans le flot permanent des heures et des jours. Des nuits et des semaines. Des saisons et des années. Valse vertigineuse d’un instant donné pour éternité. En dehors du temps, évanouissant, évanescent. Le double oui, le double clic. Devant l’univers regroupé derrière toi. Derrière moi. L’émotion à fleur de peau. Le sourire et le clin d’œil. La dérision pour se protéger des tourments du monde. Une carapace de révolte et d’indignation. De cynisme et de sincérité. Il ne peut pas pleuvoir tous les jours. Et chaque jour n’est qu’un soleil de plus. Il sera toujours au rendez-vous. Fidèle parmi les fidèles. Éclairant de sa sagesse et de sa sérénité. De son esthétique et de son détachement. Vivons langoureux En attendant la mort.

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    Le samedi 16 mai 2015, le Premier Ministre s’est rendu dans la bonne ville de Menton, la bourgade aux confins du Royaume, près de la frontière italienne, la plus proche de Lampedusa, accompagné des cadors de la politique niçoise : le maire (le motard qui parle de cinquième colonne), le président du conseil départemental (le chauve souriant aux lunettes), etc. Devant ce parterre d’hommes respectables et raisonnables (je n’ai pas cru déceler de sexe féminin), il a prononcé une allocution pour dire qu’il était contre les quotas, qu’il, mais précisons, que la France était contre les quotas. Que les quotas, pas beaux. Quotas, pas glop. Les quotas laitiers ? mais non, ma bonne dame, nous ne sommes plus dans les années quatre-vingts au meilleures heures de la politique agricole commune où les préfets recevaient dans leur bureau des camions-bennes de betteraves ou de navets (maintenant, on ne parle plus de pac mais de pacs) mais dans les années brunes de notre histoire, je veux dire, les années dix, celles de notre ère. Il s’agit bien sûr des quotas de migrants ayant traversé la Méditerranée pour se réfugier sur le continent européen. C’est la Commission de Bruxelles qui les a proposés. L’immigration est l’une des priorités de la nouvelle mandature et heureusement, car il y a le feu au lac, ou plutôt, il y a le sang dans la mer, plus de quatre mille personnes, peut-être plus, se sont noyées dans les eaux glaciales de l’espoir déçu. On ne sait plus très bien comment il faut réagir. Faut-il applaudir, faut-il grincer des dents ? Le maire de Nice ne semblait pas broncher, dans son arrière-plan fantomatique. S’il est pour, faut-il être contre ? Et lycée de Versailles ? L’explication matignonesque est humanitaire : on ne peut pas mettre des quotas sur les demandes d’asile politique. S’il y a plus de demandes, il y a nécessité à les examiner toutes. Oui, mais inversement, la Commission européenne proposait surtout de répartir la charge d’accueil de tous ceux qui arrivent. Or, la France n’est pas la plus accueillante, loin de là, malgré sa longue tradition du baratin droits de l’homme etc. En absolu, elle est classée quatrième, bien loin derrière l’Allemagne, mais aussi l’Italie et la Suède. Par rapport à la population, elle est à peine dans la moyenne européenne. On se doute bien du pourquoi et du comment : pressée de toute part par une démagogie xénophobe qui réduirait les tracas du chômage aux seuls réfugiés politiques qui se noient avant même de franchir nos frontières, la France préfère fermer les yeux devant la misère du monde dont elle a pu être en partie responsable par ailleurs (certes pas toujours). Les plus aiguisés des observateurs (donc pas les journalistes) ont pu cependant faire habilement remarquer le soir même de la déclaration manu militari que si le Premier Ministre était contre les quotas, son très proche Ministre de l’Intérieur, celui qui va à tous les attentats, à toutes les noyades et à tous les enterrements, défenseur zélé de la loi sur le renseignement, était pour puisqu’il avait lui-même négocié à Bruxelles en faveur des quotas, et que le groupe du parti qui soutient le Premier Ministre au Parlement de Strasbourg était également favorable. Une schizophrénie très habituelle en France (la main parisienne ignorant ce que la main bruxelloise fait) et qui n’est bien sûr pas réservée au quinquennat actuel. Alors, que comprendre de tout cela ? Une posture ? Un coup de menton ? Mais non. Il fallait attendre quelques minutes dans les actualités du samedi soir. Une actualité impatiente, élargie, avec trente-six correspondants spéciaux par média. Pour sûr ! Manu était présent à la soirée du samedi au Festival de Cannes. Il aime les belles robes. Il adore les soirées de gala et les soirées culturelles. Il est servi. Il fallait bien mettre son trajet sur le champ du boulot, quand même. Et même un colloque avec Fleur le lendemain. J’ai tout compris, que je suis âne ! C’est l’occasion qui fait le larron. Ce n’était pas un coup de menton. C’était juste un coup de canne.

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  • 05/17/15--08:09: Humaniste par Leon Zat
  • "Les experts : Manhattan" est à priori une série divertissante qui continue de cartonner plus de deux ans après son arrêt. C'est vrai que ses succès d'audiences, le fait qu'elle fasse partie d'une franchise ne la mets pas du côté de la critique (bien qu'elle soit considérée comme la Meilleure de la franchise) et que certains trouvent cette série mauvaise : ça c'est l'idée de la plupart des gens sur une oeuvre comme "Les experts : Manhattan". Maintenant, je vais donner Ma vision, ma perception de la série. Pour moi, "Les experts : Manhattan" n'est pas la troisième d'une franchise mais une série à part entière. Puisque je ne regarde pas les trois autres séries. Mon histoire personnelle avec "Les experts : Manhattan" part justement d'une chose qui revient fréquemment dans la série : un a priori. Un a priori qui à failli me faire rater l'une des meilleures séries que j'ai vu de toute ma vie. J'étais ado, il y a une dizaine d'années et fan de la version "Miami" et quand j'ai appris qu'une version à New York allait être diffuser : j'ai refusé de la regarder, je la détestais avant même de l'avoir vu, faisant même un cauchemar qui allait dans ce sens. Mais un jour, en 2006, sur TF1 un dimanche après-midi, j'ai regardé l'épisode 3 intitulé "1987" : l'épisode raconte l'enquête sur la mort d'un jeune homme venu vivre à New York à la fin des années 80 et qui à finit par se perdre et se faire tuer. Le scénario de l'épisode s'obstine à reconstituer le jeune homme (son squelette à été retrouvé) et sa vie avant de se faire tuer. Et très méticuleusement. La victime n'est pas un simple cadavre comme tant d'autres mais était un Être Humain. Et qui mérite qu'on lui rendes la justice. Et en plus, à la fin de l'épisode : on ne saurait toujours pas son nom ! Déjà fan de séries qui traitent le genre humain comme personne ("FBI : Portés disparus" en premier lieu, située aussi à New York), j'ai accroché à ce style et me suis rendu compte de l'Humain. Je suis devenu accro à la série et finit par délaisser complètement la version Miami. "Les experts : Manhattan" à aussi un acteur dont j'étais déjà fan : le charismatique Gary Sinise, qui en Humanisme s'y connait (le rôle lui va comme un gant notamment) et le reste de l'équipe est plutôt sympa. La série s'est terminée début 2013, après neuf saisons et 197 épisodes. Dans l'année qui vient de suivre, je l'ai revu intégralement à mon rythme (en 2010, j'avais arrêté de la regarder à partir du premier épisode de la saison 6). La redécouvrant puis la découvrant (pour les épisodes jamais vu). Et au final, la plupart des épisodes, dont les enquêtes sont inspirées par des évènements réels, parlent des personnes comme vous et moi victimes / coupables de circonstances. Pour ne citer qu'un exemple tiré de l'avant-dernier épisode de la série : une femme, pensant que son mari la trompait (il appelait souvent une femme, avait pris des réservations...) le tue, alors qu'en vérité ce dernier préparait un voyage en Europe avec sa femme pour leur cinq ans de mariage. Un a priori et les circonstances menant au meurtre ne sont que des quiproquos. Le (ou la) coupable soupçonne ou / et reproche quelque chose à la victime et l'abat alors que ce n'est pas ce qu'il ou elle pensait. Il y a aussi une autre sorte d'histoire : quand nos sentiments intérieurs explosent, quand on en as vraiment "marre", je vais citer un exemple tiré de la saison 2 : un chauffeur de métro tue un jeune homme ivre lasse des insultes, des reproches, des moqueries qu'il subit tous les jours. Il y a aussi une troisième sorte d'histoires plus classiques : les meurtres de sang-froids et autres tueurs en série. Mais même pour les tueurs en série, la série fait preuve d'une certaine Humanité (un épisode de la saison 7 mettait en scène un jeune sniper qui tuait au hasard pour que l'on prête attention à lui alors que pendant des années, l'attention à été sur son frère kidnappé par un pédophile (histoire vraie)). Mais "Les experts : Manhattan" s'est faite une spécialité des sentiments Humains : douleurs venant de la culpabilité, ressentis, etc... Elle parle des choses simples de la vie : des sentiments que l'on ressent face à tel évènement et le poids que l'on porte en nous. Comment réagir face à une situation dramatique ? A la perte d'un être cher ? La série s'interroge et donne des aperçus, mais nous révèle au final que chacun réagit différemment à la perte de quelqu'un. Parmi les épisodes remarquables de la série (il y en as pas mal), je voudrais en citer un : l'épisode 4 de la saison 9 intitulé "Unspoken" : il raconte l'enquête d'une tentative de meurtre sur un homme politique pendant un meeting, peu après une fillette est retrouvée morte. En effet, le tireur à jeté l'arme dans une poubelle dans un coin où jouait deux enfants. L'un des d'eux l'as pris pour jouer et à tirer sur son amie. La première partie de cet épisode ne contient pas le moindre dialogue ! Juste porté par des sons, des cris et des chansons du groupe "Gteen Day". Car la série est aussi une grande spécialiste de l'expérimentation : ainsi dans l'avant-dernier épisode de la série : ce sont trois enquêtes menées consécutivement, un autre met en scène Adam qui raconte à des enfants une enquête, un épisode de la saison 7 reprends le concept de "Fenêtre sur cour" ou un autre se situe exclusivement dans les bureaux de l'équipe. Par ailleurs, pour les mélomanes, "Les experts : Manhattan" est un coffre aux trésors. Comme toute série de ce genre, elle contient beaucoup de bandes-originales... sauf que nos amis de Manhattan invitent à la chaine des stars de la musique pour jouer : ainsi on peut citer Nelly Furtado, Katharine McPhee (superbe et émouvante), Allison Sudol, les "Train", les "Maroon 5" et même Josh Groban... Le reproche presque dérisoire à la série sont les happy-end, les leçons de morales assommantes (qui diminuent aux fils des saisons), les répliques parfois ridicules. Mais la série grâce à la qualité de son interprétation et surtout de ses scénarios géniaux parle à chacun de nous, à notre niveau, le dernier épisode s'intitule d'ailleurs : "Today is life".

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    Ne permet pas de se quitter ou de se trouver. Je suis et j'ai connu des gens qui "font couple"/s'entendent bien avec presque tout le monde. Pas en disant "oui" à tout ou en étant parfait, mais plutot à l'écoute, à l'attention, l'intelligence au sens proche de sympathie que ça avait au temps de la belle langue française. Je suppose que le fait d'avoir été élevé dans une grande fratrie, avec une famille élargie ...large, d'avoir connu les difficultés financières, la promiscuité et la vie en communauté, aide à supporter les autres, et à s'en faire supporter. Et puis le charme, l'épine dorsale, quelques techniques, aussi...aussie aussie...ha oui ben cette nana elle a trouvé une des clés de la rencontre par internet : ce n'est pas de trouver le bon qui est difficile, c'est de le reconnaitre parmi tous les "pas mauvais" ! d'en distinguer un dans la masse statistiques. la clé qu'elle n'a pas trouvée, et qui aboutit à cette forme de folie décrite ci-dessus, c'est que dans rencontre il y a deux termes. l'autre n'est que notre contrepartie propre ;) ( private joke , trés exclusive ). Il y a un type qui hante ce site, et qui rabache comme un vieux con : en matière de rencontre internet,... si tu cherches quelqu'un , le plus souvent tu te cherches toi-mème. La recherche identitaire , thème contemporain s'il en est, devrait faire l'objet du programme du collège ; et pas par participation, mas par axiome. En d'autre terme : ne cherchez pas trouvez, ou restez des gosses, et donc "faites pas chier, les gosses". Pour trouver il faut agir, et non pas réfléchir. J'avais pratiqué un site de rencontre( aujourd'hui absorbé dans la méduse easyflirt.com ) qui était basé sur le principe du questionnaire qu'on élaborait soi-mème. c'était vraiment super-bien. On se révèlait en faisant le questionnaire. La renconte que j'y ai faite a duré 3 ans, et ...bref ... A lire les réactions ci-dessous , j'ai l'impression que certains et certaines sont dans la situation comme une grande majorité de citoyens lambda, de ne pas savoir ce qu'ils veulent, ni ce qu'ils ne veulent pas. Comme si au fond l'image qu'ils se faisaient de "leur" vie était aussi plate et mystérieuse qu'un papier peint de chambre d'hotel ; plate parce que collée au mur, et mystérieuse à cause des fantasmes d'inconnus dans les chambres voisines, ou qui nous ont précèdé à cet endroit mème ... "ma" chambre d'hotel, dirait-on. "mon" identité... "ma" vie..."mon" amour... "mon" prince charmant, "ma" femme. Mais aussi "mon" boulot, surtout "mon" boulot. On me confond toujours avec quelqu'un d'autre. OU plutot on confond des autres avec moi. Ces derniers temps je vois des gens qui pourraient etre untel, ou unetelle. ma copine aussi croit reconnaitre ses amis dans d'autres personnes. Elle on ne la confond jamais, elle est inimitable, à cause des cicatrices et des souffrances endurées. C'est rare, en général, sauf sur ce site. Du coup une méthode serait de piocher au hasard, ce serait forcément quelqu'un d'unique, non ? Et si ça ne marche pas, ou plus, car il ne me semble pas qu'il y ait une norme de la longueur des histoires d'amour réussies, ça aurait été pour des raisons uniques aussi, inimitables.

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    Vous pensez bien qu'il n'avait pas hésité une minute. Il n'allait pas rater l'occasion. Il avait sauté dessus, trop content de pouvoir en sauter un max. Lui qui restait toujours sur sa faim, insatiable, voilà qu'on lui proposait à toute heure des repas pantagruéliques ! L'affaire avait été vite pliée, ça ne s'était pas étendu longtemps pour qu'il puisse souvent s'étendre. Il faut dire qu'il était parfait pour faire l'affaire, toujours prêt, à l'assaut de nouvelles conquêtes. Bien sur, là, de conquêtes, il n'était pas question, la maison les lui offrait toutes, gracieusement.  De suite, il s'était impliqué corps entier dans ces nouvelles fonctions, il les travaillait au corps sens dessus dessous, pour vérifier l'étendue des services proposés. Et dans le commerce, il faut savoir contenter le client, savoir accepter toute demande en fonction d'une contrepartie monétaire. Il en avait donc profité pour assouvir tous les fantasmes qu'il avait et même les plus inavouables. Au point même qu'il lui devenait difficile d'innover avec de nouveaux scénarios.  Il avait donc eu l'idée d'arrondir ses fins de mois auprès d'une maison proposant des objets de plaisir. Il avait été recruté pour les tester. Ainsi il était au fait, en avant-première, de toutes les nouvelles innovations qu'il s'empressait de tester auprès d'un échantillonnage conséquent pour qu'il puisse être pertinent. Pendant très longtemps son travail avait représenté un vrai feu d'artifesses. D'autant que, vu sa mission, elles redoublaient toutes d'effort pour le satisfaire au mieux, de peur de ne pas faire l'affaire et d'être renvoyée.  Vous imaginez baiser à volonté avec des femmes prêtes à tout pour le satisfaire ? Elles mesuraient trop le risque de ne pas accéder à toutes ses exigences.  Beaucoup d'hommes auraient aimé être à sa place. Mais n'est pas un Rocco qui veut et rares sont ceux qui auraient pu tenter de se mesurer à lui, voire d'égaler sa vigueur d'étalon et sa cadence quotidienne. Sa réputation étant faite, dans ce milieu les femmes parlaient beaucoup entre elles, d'autres maisons, peu à peu, l'avaient appelé à leur tour pour vérifier la qualité de leur étal. Arriva un moment où, quand il se promenait dans le quartier chaud de la ville, il se rendait compte que toutes celles qui appâtaient en vitrine le client lui étaient familières. Il les avait testées en avant première pour valider leur accréditation afin qu'elles fassent commerce de leurs charmes. Consultant qualité il était devenu, chargé de vérifier les qualités intrinséques, si l'on peut dire, des prostituées engagées dans les maisons de plaisir.  Je sais bien que beaucoup convoitait ce poste, la plupart utopiquement d'ailleurs. Lui finit par n'en plus pouvoir, et ne croyez pas que je jette en cela du discrédit sur ses capacités d'érection. Non, le problème ne se situait pas à ce niveau de dessous la ceinture. Il se situait beaucoup plus haut, tout en haut même...  Il ne voulait plus être réduit à n'être qu'un simple érectile.. Il était, finalement, autant client que les autres. Disons qu'il était le premier d'une longue série, qu'il avait tracé le chemin que d'autres suivraient. Mais voilà, il ne voulait plus être suivi. Il comprenait, dans sa chair même, la chanson de Brel où il est dit qu'il vaut mieux être suivant que suivi... Il s'était lassé de cette profusion qui s'offrait à lui sans qu'il ait entamé le nerf de la guerre de tous les rapports hommes, femmes, la sarabande de la séduction. Quel plaisir à faire céder la dame si elle était déjà étendue, nue sur le lit, les jambes grandes ouvertes. La reddition n'avait plus de saveur puisque tout s'imposait à lui et, même s'il bandait toujours autant, un cas exceptionnel vous en conviendrez, et bien il ne jouissait plus. La mécanique était bien rodée et fonctionnait toujours aussi impeccablement mais à vide.  Il décida de renoncer. Il avait fini par ne plus vouloir du tout de rapports sexuels. Toutefois, le chemin pour devenir d'une sagesse monacale n'était quand même pas celui qu'il souhaitait emprunter ou, disons plutôt, qu'il ne s'en sentait pas capable. Vous apprécierez ici sa lucidité. Non, il préféra étudier, plus particulièrement, certaines pratiques orient,ales et en retenut une, plus spécialement. Comme il s'investissait toujours autant dans ce qu'il faisait, il devient, en quelques années, un maître en la matière, consulté de par tout le pays par toute une génération qui était revenue de tout et qui s'amourachait, depuis quelques temps, de coaching en tout genre.   Il faisait donc très cher payer son activité de formation en tantrisme, d'autant qu'il était partie prenante pour l'initiation de ses adeptes. 

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    Etais-tu heureuse?Je ne peux pas le croire malgré tous les efforts que tu dépensais pour nous le faire croire. Comment aurais-je pu y croire, quand je te voyais exaspérée : un visage qui se rétracte, une ride au front, une main qui se crispe!? La petite fille faisait beaucoup d’efforts pour se tenir calme devant tes accents furieux face aux contrariétés de la vie : ma jumelle avait compris que seul un refus passif pouvait la sauver de ton impatience, elle recrachait tous les biberons. Hélas j’arrivais derrière, saisie d’effroi je les avalais ces biberons jusqu’à l’écœurement. Je peux dire qu’aujourd’hui le lait me soulève le cœur et avec raison ! Mais tu sais bien que j’ai gagné les grands combats même si tu remportais les petits. Si j’ai filé doux devant ce volcan qui menaçait à tout moment d’exploser, j’ai pris le gouvernement de mon temps quand tu voulais t’en emparer. Si je n’ai pas fait les études que tu espérais, bien que je m’y sois pliée : cette réussite au concours de médecine n’était que le signe de ma défaite. Rien n’allait de soi depuis le départ : 2 filles et vous espériez encore un garçon, quoique tu n’en voulais pas de cet enfant après les 2 premières. Je devais me battre contre toi pour t’imposer mes désirs parce que tu ne m’aimais pas. Tu peux encore me voler quelques bribes d’instants la nuit, je ne veux plus entendre le son de ta voix parce que je ne veux plus t’offrir ce calme de la petite fille qui souffrait de ne pas te satisfaire. Longtemps j’ai caché cette souffrance, mais je n’en ai plus honte parce qu’elle n’est pas mienne : je te la rends, pour l’avoir trop longtemps portée. A l’instar de Nina dans « la mouette », « maintenant je comprends, Costia, que l’essentiel (…), ce n’est ni la gloire, ni l’éclat, ni tout ce à quoi j’ai rêvé, mais de savoir supporter ». J’ai vogué en aveugle dans l’océan de cette vie que tu m’offrais bien malgré toi. Pour avancer, il faut repousser, refuser, et sacrifier certainement, mais dans tous les cas une rupture de l’ordre établi s’impose. Quelquefois par lâcheté, par faiblesse, la rébellion est peu probable. Mais il y a lutte à mort entre le désir et la peur, entre le vouloir et le non-vouloir (c’est ce que ma jumelle m’a appris). Le bonheur au quotidien est un leurre, le mariage un appât dont je me suis détournée. Et vous m’avez jugée dangereuse, incohérente . Et là aussi discrète que fidèle, j’ai suivi cette autre trajectoire (non pas une grande école, pas de Jean-Charles ni de Maxime de la Ferrière dans les étudiants, mais des copains bons vivants). Car la vie est bonne. Je ne te laisserai plus parler à ma place : quand on parle des autres, on se fait une représentation. Je construis une scène sur laquelle ils peuvent apparaître. Ma scène tu ne la connais qu’à travers ce que j’ai pu tenter de formuler mais que tu écoutes avec scepticisme. Toujours en retard quant à ce que j’ai à dire : c'est ta fête, hein, pauvre toi!

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    Depuis plusieurs semaines, et particulièrement ces derniers jours, l’actualité s’est portée vers l’éducation et les collèges et après tout, ce sont quand même des débats un peu moins flippants que sur le terrorisme, la délinquance, le renseignement, les tremblements de terre ou les guerres à l’étranger (bon, c’est vrai, ne pas en parler ne signifie pas qu’il n’y a plus de problème mais ça permet de mieux digérer son impuissance). Bon, c’est vrai aussi qu’il y a un vrai problème avec cette réforme, notamment dans l’apprentissage de l’allemand et surtout du latin et du grec. Mais également dans l’apprentissage du français et des mathématiques qui perdraient encore du capital horaire. Sans parler du jargon imbitable des prosateurs de pédagogie. Les sciences de l’éducation, c’est d’un compliqué ! encore que… ce ne sont pas des sciences, pas plus que l’économie, la sociologie, la philosophie… ce sont juste des réflexions, pertinentes …ou pas. Avec l’humain comme matière expérimentale, on n’a pas grand moyen de faire de la science exacte (je me demande bien ce que veut dire l’oxymore "science pas exacte"). Tout le monde est pourtant d’accord sur le point de départ. Le collège est à réformer car il y a de graves problèmes depuis une vingtaine d’années. Distorsion sociale, incapacité à former des enfants, etc. Et les évaluations éducatives internationales sont désastreuses pour la France, comparativement à avant, et comparativement aux autres pays : la France perd trois places en mathématiques (vingt-cinquième) et une place en science (vingt-sixième). Bref, l’une des nations les plus culturelles et intellectuelles du monde forme de plus en plus médiocrement ses enfants. Quelle misère ! Ce constat a été résumé très simplement par le journaliste Claude Weill sur France 5 le 19 mai 2015, dans l’émission "C dans l’air". Il expliquait avec une analogie morphologique. Avant, il y a une vingtaine d’années, la répartition du niveau des élèves dans une classe ressemblait à un ballon de rugby, une grande proportion d’élèves moyens avec quelques cancres et quelques cracks. Maintenant, cela a la forme d’un sablier : une grande partie des élèves est adaptée au système et ceux-ci sont bons, et une autre grande partie décroche complètement. Au début, les médias ne trouvaient pas beaucoup de laudateurs de la réforme, à part la jeune ministre elle-même et ses deux patrons qui, en toutes circonstances, n’ont cessé de l’épauler. Tout le monde quasiment était contre : profs, parents d’élèves, syndicats, responsables politiques de l’opposition, mais on sentait bien les réticences du côté de la majorité vu l’énorme silence émis. Big Guimauve a alors sonné la charge, ordonné aux anciens ministres de venir soutenir leur frêle successeur et c’est à partir de ce moment qu’une tripotée de spécialistes de l’éducation et de la pédagogie sont venus envahir les médias pour prêcher la bonne nouvelle (réforme). Dans ce débat public, personne ne met évidemment en doute que chacun souhaite le bien des enfants, collectif et individuel. Mais il y a quand même quelques dérapages à connotation politicienne dans les deux "camps", ce qui est inévitable dès la politisation à outrance du débat (ce qui n’aide pas les collégiens d’aujourd’hui et de demain). Le sujet se situe donc plus sur les méthodes, les moyens que sur le diagnostic et sur les objectifs. C’est donc un sujet politique passionnant où tout le monde a la même volonté mais où personne ne sait comment arriver au but de manière consensuelle. En gros, les opposants à la réforme disent que les nouvelles méthodes, c’est bien joli et même, ça peut être intéressant, mais cela va se faire au détriment des fondamentaux qui, eux, sont déjà en danger (français, mathématiques, histoire, langues). En gros (bis), ils craignent qu’avec cette réforme, le niveau baisse encore (et qu’avant-c’était-mieux). Les laudateurs de la réforme sommés de se mobiliser dans les médias ont malheureusement prouvé par eux-mêmes ou par leurs opposants (les bugs intellectuels proviennent des deux "camps") que ces opposants n’ont pas tort. Car j’ai relevé trois exemples (parmi sans doute d’autres, on se rappelle il y a plusieurs années un ministre de l’Éducation, normalien, devenu entre temps membre de l’Académie française, certes plus littéraire que matheux, incapable de faire une règle de trois en direct à la télévision) qui montrent à tel point le niveau baisse tant en mathématiques qu’en histoire… parmi les protagonistes de ce débat public. Exemple 1 Le 12 mai 2015 au soir, sur LCP, était proposé dans "Ca vous regarde" un débat classique sur le sujet de la réforme. Parmi les intervenants, il y avait Alain Bentolila, un linguiste renommé de soixante-six ans, auteur d’une vingtaine de bouquins, professeur dans une université parisienne, officier des arts et des lettres, chevalier de la légion d’honneur et chevalier des palmes académiques. Il a beaucoup travaillé contre l’illettrisme. J’avais donc tout lieu de croire que ce qui sortait de sa bouche serait très pertinent. Il connaît très bien la situation des écoles primaires, et il faisait remarquer qu’au cours préparatoire, il y avait déjà une inégalité entre les enfants sur le nombre de mots de vocabulaire connus en disant qu’il y avait un rapport de huit, et de préciser : certains ne connaissent que deux cents mots alors que d’autres connaissent déjà deux mille voire deux mille deux cents mots. Personne ne l’a repris. Pour moi, ce n’est pas un rapport huit, mais dix ou onze. On peut être linguiste réputé pour sa lutte contre l’illettrisme et être nul en calcul …niveau cours moyen. Exemple 2 Le 19 mai 2015 à la matinale de France Culture, émission toujours sur la réforme. Beaucoup de profs perplexes sur la réforme, ne sachant pas qu’en penser et ne sachant pas s’il fallait faire grève ou pas. France Culture a alors diffusé une interview d’Edgar Faure sur le latin. Edgar Faure, grand homme politique de la Quatrième et Cinquième République, chef du gouvernement, plusieurs fois ministre, aux finances notamment mais aussi à l’éducation juste après mai 1968, président de l’Assemblée nationale, et ayant failli être candidat à l’élection présidentielle contre Chaban et Giscard, était un petit bonhomme chauve doté d’une énorme culture, avait rédigé de nombreux romans sous un pseudonyme et avait même sorti un disque où il chantait en s’accompagnant au piano. Bref, comme beaucoup sous la Troisième et la Quatrième République, un homme de très haute culture. L’interview en question datait des années 1960 et Edgar Faure expliquait que malgré son amour pour le latin, il valait mieux quand même que les élèves apprissent d’abord le français et les mathématiques (pour la logique). On peut voir où voulait en venir le journaliste de France Culture : dire qu’avant le latin, il valait mieux apprendre les fondamentaux, et que c’était un latiniste distingué extrêmement cultivé qui le disait, et il y a déjà une cinquantaine d’années ! Et alors, en réaction, une enseignante invitée dans le studio a réagi ainsi : je ne suis pas d’accord avec ce que dit la personne dont vous avez diffusé une interview. Elle ne connaissait visiblement pas l’existence d’Edgar Faure dans notre package historique national. En clair, elle devait savoir un peu de latin, mais elle avait quelques carences en histoire et en culture générale. Edgar Faure faisait pourtant partie de la classe politique très médiatisée, intervenant très régulièrement dans les médias jusqu’à sa mort en mars 1988… Exemple 3 Le 19 mai 2015 au soir, sur LCP, toujours dans "Ca vous regarde", nouveau débat sur la réforme. Était parmi les invités, un intervenant récurrent particulièrement agaçant (selon mon point de vue), François Durpaire, quarante-deux ans, maître de conférence en sciences éducatives à Cergy-Pontoise, et "consultant pour la télévision et la radio". Il était en débat notamment face au député de l’opposition Philippe Gosselin, quarante-huit ans, enseignant à science po Paris. Ce dernier, goguenard, parlementaire travailleur (capable de s’éterniser dans les débats nocturnes, en particulier pourfendeur du mariage pour tous), d’une carrure imposante et très posé, égrainait ses arguments contre la réforme. Il évoquait notamment que vingt pourcents des heures d’enseignement étaient modulables en fonction du chef d’établissement, dans un projet éducatif, ce qui faisait que les heures de véritables cours étaient encore réduites. Pour dédramatiser, François Durpaire lui a juste lancé en lui coupant la parole qu’il ne s’agissait que d’une heure sur six. Heureusement, Philippe Gosselin, qui, lui, a appris le calcul dans le primaire, l’a immédiatement corrigé en disant que c’était une heure sur cinq, et pas une sur six. Là encore, on peut blablater des sciences éducatives dans tous les médias, BFM, RFO, France O et régulièrement invité dans tous les autres, et ne pas savoir faire une division basique. Bref, tout cela pour dire que oui, le niveau baisse, pas celui des écoliers, mais le niveau de ceux qui prétendent savoir ce qu’il faudrait faire pour ces écoliers. Et à mon avis, c’est cela qui craint !

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    Il fait bizarre dans ma vie. Une ombre discrète, d'un pas tranquille, se jette et se cogne contre les parois de mes rêves. Ca ne prévient pas quand ça arrive, et ça vient toujours de loin. Ca passe, repasse et parle à mon cœur comme en visite, chaque jour plus loin de moi. Le temps a presque tout dévoré. Il arrive que le gris de la ville souligne un peu mes cernes, me défasse pour me refaire toute fragile. Dans ma ruelle où la tendresse s'est perdue, je cours. Eprise de mélancolie blanche, je décompense presque lentement, en douceur, vibrant sur les cordes du violon monotone de la vie... Quelques notes Dô rë mî Sôl mî Qui suppurent De nos bouches Symphonie immémoriale Sur le silence Ballet en demi-pointes Dards en bouche Ce serait bien Nos bouches Et ce silence. Je reviens à la réalité du monde des hommes pour me rendre compte que je suis seule sur cette route, et je pars la vie devant moi, pour caser ma solitude et mes habitudes n'importe où. J'écris mon amour sur des post-it, j'écrème les heures dans l'oubli d'exister, je ressemble à son absence trop longue pour y trouver un sens. Je ne sais plus si ailleurs je vais rire, si les jours-avenirs seront meilleurs ou pires. Sur le papelard gris, où les syllabes couvent mes doutes, j'inscris ma porte close, et plus aucune clef. Je ne sais plus, entre l'indifférence et la souffrance, laquelle des deux est pire. D'ailleurs comment effacer la douleur quand la mort veut m'embrasser et que je veux l'embrasser en retour ? Le désespoir, comme les corbeaux nichant dans les ruines, se love dans les creux et rides de mon corps déchu. Comme j'ai peur, peur d'aller jusqu'à me perdre, jusqu'à oublier qui je suis. Si tout pouvait vivre dans mon crâne, tout serait moins compliqué. Y'aurait la vie en direct sans aucune pensée falsifiée ou truquée. Au bout du compte, je m'obstine, puis je m'en fous d'avoir raison ou tort. J'ai marché si longtemps pour rien. Et - s'il existe seulement, alors il est comme le Père qui a prévu de nous conduire tous au pays des merveilles. Il donne de l'air et un peu de bleu, entre nos deux corps et je respire un peu. Je ferai encore le mieux et le pire. Ou le pire pour le mieux. Je veux croire qu'un jour il entendra parler de moi. Certains se moqueront et diront que je suis blonde, sortie d'un conte, ou de l'asile. Qui aura raison ? Le temps, sans doute. Aussi il est urgent que je donne ma langue au silence intégral comme lui seul existe dans l'absolu. A présent, je dois me taire. Silentium in extenso.

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    Changement de décor est un roman de David Lodge!!!!! Le livre raconte l'histoire de deux professeurs d'université qui échangent leurs postes pour une durée de six mois. L'action a lieu en 1969, en Angleterre, à l'université de « Rummidge », ville fictive située dans les Midlands1 et aux États-Unis, à Euphoric State University, située à « Plotinus » dans la banlieue d'« Esseph » (allusion probable à « SF », San Francisco), avatar de l'Université de Californie à Berkeley ; Euphoric State est évidemment la Californie à l'époque du gouverneur Ronald Reagan, ici baptisé « gouverneur Duck ». Les deux universités sont jumelées parce qu'elles ont toutes deux un fac-similé de la tour de Pise sur le campus. Traditionnellement, un échange de poste a lieu pour un an entre deux professeurs. Cet échange est financièrement très intéressant pour Swallow (l’anglais), qui reçoit le salaire de Zapp (l’américain) qui vient d’un établissement riche. L’Américain ne perd rien car l'université américaine compense la différence des traitements, mais il se retrouve dans une université pauvre et, de surcroît, dans une région au climat souvent maussade, pluvieux et froid. Le roman suit les deux professeurs de l'échange de 1969, en pleine période de libération sexuelle et d'agitation politique aux États-Unis, dans leur adaptation à un milieu nouveau ! Les personnages : Les deux personnages concernés par le changement de décor sont Morris Zapp et Philipp Swallow. Morris Zapp universitaire déjà prestigieux est sûr de lui, est grand spécialiste de Jane Austen. Il a une femme, Désirée et une fille devenue hippie. Philip Swallow, quant à lui n'a même pas un doctorat et est spécialiste de William Hazlitt , un auteur quelque peu passé de mode à l'époque. Il a une femme, nommée Hilary. A Plotinus, Philipp Swallow est chargé d'un cours d'écriture, ce pour quoi il n'a pas de qualification particulière. Morris Zapp devient l'amant d'Hilary Swallow et Philipp Swallow celui de Désirée Zapp. À la fin, les quatre protagonistes décident de se réunir à New-York pour conférer sur leur avenir. Mais, grâce à un procédé narratif subtil, David Lodge n'indique pas quelle solution est alors choisie. On ne l'apprendra que dans un roman ultérieur, Un tout petit monde (1984), dont l'action se situe en 1979 : les Swallow ont repris leur vie à Rummidge ; les Zapp sont revenus à Plotinus, mais se sont séparés assez rapidement. • Traduction française : Rivages, Paris, 1990 • Édition de poche française : Rivages, 1991, 373 p.

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